‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 403 sur 633 · VENIN — VENISE · texte numérisé non relu

VENIN — VENISE

nées venimeuses ; enfin les serpents ont un système dentaire organisé spécialement pour permettre l'inoculation dans la plaie du venin sécrété par une glande labiale.

Les premières recherches sur le venin des serpents ont été faites en 1843 par le prince Lucien Bonaparte; il vit que le principe toxique était précipitable par l'alcool et lui donna le nom de vipérine. En 1860, Weir Mitchel reconnut que le principe actif était de nature albumineuse, et depuis on a été conduit à admettre l'existence de plusieurs substances différentes du groupe des protéoses, d'une toxicité variable.

L'action du poison est locale et générale. Le symptôme local le plus marqué est l'oedème considérable qui se développe depuis le point inoculé avec extravasation du sang laqué. L'action du venin sur le sang avait été déjà vu par Fontana en 1787. Le sang reste fluide, l'hémoglobine diffuse à travers les globules, le sérum obtenu est fortement coloré.

Comme symptômes généraux, il faut signaler la dépression profonde de l'organisme explicable, par la chute énorme de pression, chute qui va en s'accentuant jusqu'à la mort. Le cœur accélère ses battements ; la température baisse et la mort survient dans le coma. La toxicité des venins varie avec l'espèce. Calmette a donné la table suivante, qui représente le rapport du poids du venin employé au poids de l'animal tué : cobra, 4.000.000; hoplocephalus, 3.450.000; pelias, 250.000. On voit que 0sr,00025 de venin de cobra suffit pour tuer un lapin de 1 kilogr. Rappelons que c'est la même dose qu'il faut employer avec les toxines diphtéritiques les plus virulentes.

Les traitements contre le venin du serpent ont été multipliés ; toutefois les recherches nouvelles ont permis de trouver dans le venin lui-même l'antidote nécessaire. Phisalex, Calmette et d'autres auteurs sont arrivés, non seulement à imnmniser les animaux contre les morsures des serpents, mais à traiter efficacement les sujets mordus. On obtient ce résultat en immunisant des animaux, soit par l'accoutumance à des doses progressives de venin dilué, soit avec des venins chauffés vers 80° (Phisalex), soit encore en injectant simultanément des doses mortelles et des solutions de chlorure d'or ou d'hypochlorite de chaux. Le sang de ces animaux immunisés est antitoxique, préventif et thérapeutique, non seulement à l'égard du venin qui a servi à immuniser l'animal, mais même à l'égard de venins d'antres origines. J.-P. Langlois.

IL Alchimie. — Ce mot désignait spécialement les oxydes métalliques et corps congénères. Pline s'en sert aussi.

BiBL. : Physiologie et Toxicologie. — Calmette, le Venin des serpents, 1896.

VENISE. Corn, du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Marchaux; 225 hab.

VENISE. I. Ville. -— Géographie. -^ Situation. Topographie, Climat. VemsQ(iid\. F^n6.^m), ville maritime de ritalie septentrionale, ch.4. delà province et ancienne capitale de la république de ce nom, est située sur la mer Adriatique, à 45^ 26' '1" de lat. N. etlO^ 0' 9'^ de long. E., sur trois îles élevées au milieu de lagunes et reliées à la terre ferme par un pont de chemin de fer de 3.603 m. de long. De ces trois îles, divisées elles-mêmes par des canaux en 147 îlots, la Giudecca, au S., est assez isolée ; les deux autres, au centre, constituent la Venise proprement dite et en sont séparées par une sorte de rue maritime, large de 50 m. en moyenne, en forme d'S, qui porte le nom de Grand Canal. Toutes sont en grande partie artificielles, et les maisons qui les recouvrent reposent pour la plupart sur des pilotis. La situation particulière de Venise devait lui assurer un climat spécial. Si l'air y est souvent humide, il est, par contre, absolument pur des poussières qui chargent celui des villes continentales. De plus, le voisinage immédiat de la mer adoucit les écarts atmosphériques et tempère les transitions. La moyenne annuelle de température est de + 4 3°, celle du

mois le plus chaud est de -f 23*^,92, celle du mois le plus froid est de 4- 4°, 82; l'écart annuel n'est donc que de 22M0. La population était en 4901 de 451.844 hab.

Services publics. Industrie. Commerce, Venise est le siège d'une préfecture, d'une cour d'appel, d'une intendance de finances, d'un patriarchat catholique et d'un archevêché arménien. Au point de vue militaire, c'est une forteresse de premier ordre, défendue du côté de la terre par le fort Malghera et quatorze ouvrages placés au bord de la lagune, du côté de la mer par douze forts situés sur le Lido. Plus loin, les forts de Chioggia et de Brondolo font partie de son système de défense. L'arsenal, très étendu, renferme des chantiers, d'immenses bassins de construction, une fonderie de canons et un musée d'armes anciennes. Au point de vue intellectuel, Venise possède une Académie et un Institut royal (ou Ecole des beaux-arts), deux lycées et gymnases, un collège arménien, trois instituts techniques, une haute école de commerce, une école navale, un séminaire, une grande bibliothèque (San Marco) contenant 350.000 vol. et 40.000 manuscrits, des archives d'Etat, une Académie des sciences et des arts (fondée en 4838) et un des plus beaux théâtres d'Italie, la Fenice, bâtie en 4789, restaurée en^l836. Sans avoir recouvré son activité d'autrefois, Venise est toujours une ville commerçante et" industrielle. Sa situation au fond de l'Adriatique, les lignes qui la relient à Milan, Bologne etTrieste lui assurent une place honorable après Gênes et Naples. Le mouvement du port se chiffrait en 4894 par 423 millions à l'entrée et 54 millions à la sortie. En 4895, il a été visité par 3.549 bateaux de commerce, jaugeant 4.497.307 tonnes; il en est sorti 3.444- vaisseaux, jaugeant 4.209.924 tonnes. Les principaux articles d'importation sont les céréales, les huiles, les cotons et les denrées alimentaires; les principaux articles d'exportation, le chanvre, la soierie, les émaux, la quincaillerie et la bijouterie. Les pays avec lesquels les relations commerciales sont le plus actives sont les Indes orientales, l'Autriche, l'Angleterre, la Russie. Venise possède, outre son arsenal, outre une fabrique de tabacs où travaillent 4 .600 ouvriers, une industrie qui a fait sa réputation artistique, comprend 200 établissements et occupe 4 .000 travailleurs ; celle des objets en verre (glaces, gobeleterie, émaux, mosaïques, perles multicolores). Dans les dernières années, on y a introduit un certain nombre d'industries modernes : filature du chanvre et fabrication des allumettes en cire.

Aspect de la ville. Principaux monuments, Venise, bâtie sur pilotis, au milieu de la lagune, doit à sa situation maritime un aspect unique au monde. Quand on y arrive en chemin de fer, elle apparaît à demi voilée par la brume, comme surgissant des flots de la mer. Lorsqu'on quitte la gare pour prendre les petits vapeurs qui sillonnent le Grand Canal, on croit traverser une immense avenue, développant sa courbe entre deux rangées de palais de teinte et de style divers, d'une harmonieuse et étrange variété. Lorsqu'on arrive au bout du canal, on aperçoit brusquement l'incomparable panorama qu'offrent aux yeux : à gauche, une des places les plus monumentales qui soient au monde ; à droite, deux îles surchargées de dômes et de sculptures. Si l'on pénètre dans l'intérieur de la ville, on ne cesse d'admirer les perspectives imprévues que présentent à l'œil cette infinité de petits canaux tortueux qui la pénètrent dans tous les sens, baignant le pied de ses maisons, et sont séparés ou bordés par d'étroites ruelles (appelées calli), dallées ou asphaltées. La présence des gondoles qui les parcourent achève de compléter la physionomie, de Venise : ce sont des barques longues et effilées, peintes en noir, recourbées à l'avant en forme de col de cygne, munies au miheu d'une petite cabine couverte, surmontées à l'arrière d'une plate-forme d'oii le gondolier dirige et pousse l'embarcation avec une seule rame.

En raison de sa situation particulière, Venise ne présente pas la même unité de plan que les villes continen-

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taies. On peut pourtant y distinguer quatre parties : i» le Grand Canal; 2° la place Saint- ^Jarc et ses environs; 3*^ les monuments et les places de V intérieur ; ¥ les îles.

4*^ Le Grand Canal, qui s'étend de la gare à la place Saint- Marc, a 3 kil. de long et 30 à 60 m. de large : il est bordé de beaux palais. « La plupart sont du moyen âge, avec des fenêtres ogivales couronnées de trèfles, avec des balcons treillissés de rosaces, et la riche fantaisie gothique s'épanouit dans leur dentelle de marbre sans jamais tomber dans la tristesse ni la laideur ; d'autres, de la Renaissance, étagent leurs trois rangs superposés de colonnes antiques. Le porphyre et la serpentine incrustent au-dessus des portes leur pierre précieuse et polie. Plusieurs façades sont roses ou bariolées de teintes douces. Le temps a mis sa livrée grisâtre en fondant sur toutes ces vieilles formes. » Les principaux de ces monuments sont, en partant de la gare : l'église des Scalzi (1649- 89), curieux spécimen du style baroque; le/(?ndaco dei Turchi, transformé en musée municipal ; le palais Vendramin Calergi (1481), du commencement de la Renaissance ; la Càd'Oro,ensty\e gothique, et la fondaco dei Tedesc/ii, ancien entrepôt des négociants allemands.

Le canal est alors traversé, à peu près en son milieu, par le pont duRialto(1588- 91), d'une seule arche, surmonté de maisons, de 48 m. de long

sur 22 de large, après lequel les palais seigneuriaux se multiplient : à droite, se rangent ceux des familles Papadopoli, Barbarigo, Pisani, Persico, Grimani, Balli, Toscani, Giustiniani, Rezzonîco, Contarini; à gauche, les palais Manin, Bembo, Dandolo, Correr, Spinelli, Mocenigo, Grassi. Un pont de fer moderne (1854) s'élève alors un peu avant la fm du canal. On aperçoit plus loin : à

fauche, le palais 6'orrer délia Cà Grande(i$M); à droite, anta Maria delta Cariia et Santa Maria delta Sainte : de ces deux églises, la seconde (1631-82) dresse son dôme à l'extrémité du canal ; la première a été transformée en Académie des beaux-arts, et contient une collection unique des plus beaux tableaux de l'école vénitienne : V Assomption (15i6-18) et la Présentation (1535) du Titien, la Légende de suinte Ursule (1490-

Plan de Venise au 40.000%

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