VÉRITÉ — VERLAINE
prise en elle-même, en accord ou en désaccord avec son objet, il ne peut pas davantage y avoir de vérité ou d'erreur dans le jugement qui l'objective. On pourrait donc distinguer avec Descartes une vérité et une erreur matérielles qui résident dans la représentation (idée ou sensation) et qui consistent dans l'accord ou le désaccord de la représentation avec son objet, et une vérité et une erreur formelles qui résident dans le jugement et qui consistent à objectiver une représentation matériellement vraie ou fausse. — Une difficulté analogue se présente au sujet du raisonnement, du moins du raisonnement déductif . R y a en effet une vérité purement logique ou formelle qui réside dans l'accord de la conclusion avec les prémisses, c.-à-d., en définitive dans l'accord de la pensée avec elle-même ; et c'est la seule que se préoccupe d'assurer la théorie logique de la déduction; et il y a une vérité physique ou métaphysique et proprement matérielle qui réside dans l'accord des prémisses et de la conclusion avec la réalité, c.-à-d., en somme, dans l'accord de la pensée avec son objet, et c'est à cette vérité que se réfèrent toutes les méthodes inductives et expérimentales. La première consiste dans la conséquence, dans l'absence de contradiction ; la seconde consiste dans la possibilité de la vérification par l'observation ou l'expérience. Mais, à vrai dire, la première n'a de prix que comme condition nécessaire et préalable de la seconde. Si l'accord de la pensée avec elle-même nous intéresse, c'est parce que nous savons qu'une pensée qui se contredit elle-même est nécessairement en désaccord avec la réalité. L'accord de la pensée avec son objet, quelque idée qu'on se fasse d'ailleurs de cet accord, demeure donc la caractéristique essentielle de la vérité considérée dans l'esprit.
Considérée objectivement ou hors de l'esprit, la vérité, avons-nous dit, c'est ce qui est la réalité, en tant qu'elle est l'objet naturel de l'intelligence. Cependant il ne s'ensuit pas que l'on doive identifier absolument ces deux termes vérité et réalité. R y a entre eux au moins une différence d'aspect. Le vrai, c'est l'être sans doute, mais envisagé dans ses rapports avec l'intelligence, l'être en tant qu'intelligible, et par conséquent distinct du beau et du bien qui sont Têlre aussi, mais l'être envisagé dans ses rapports avec la sensibilité et la volonté, l'être en tant qu'admirable et désirable. R s'ensuit que le vrai est moins le réel tout entier que la partie du réel accessible à Tintelligence, c.-à-d. les éléments abstraits et généraux des choses ; le vrai, c'est l'ensemble des lois, autrement dit des rapports généraux, constants, nécessaires qui font l'unité et la pensée de l'être ; c'est la logique cachée dans les choses, la raison immanente au monde, la pensée créatrice que notre science humaine s'efforce de repenser, celle dont Leibniz disait : Dum Deus calculai et cogitaiionem exercet, fit miindus. Dès lors, le réel est concret et individuel : le vrai est abstrait et général ; le réel est sensible, objet d'intuition ; le vrai est intelligible, objet de pensée piire. En outre, le vrai, en un sens, dépasse le réel, car il enveloppe aussi l'idéal, le possible, comme on peut le voir par les vérités logiques, mathématiques et morales; Comment peut-on concevoir cette existence d'une vérité indépendante des choses réelles, antérieure à l'acte de la pensée qui la découvre? C'est là un des plus difficiles problèmes que la métaphysique ait à résoudre. R n'est pas douteux cependant que les vérités logiques et mathématiques préexistent à toutes les autres et les conditionnent, au moins idéalement; et c'est là sans doute ce que voulaient dire Platon et Hegel lorsqu'ils affirmaient, le premier, que les Idées sont les principes des choses; le second, que la Logique est antérieure à la Nature et à l'Esprit. E. Boirac.
VÉRIZET. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Mâcon, cant. de Lugny; 702 hab.
VERJON. Com. du "dép. de l'Ain, arr. de Bourg, cant. de Coligny; 378 hab.
VERJUS (Viticult.) (V. Vigne).
VERJUS (Louis de), comte de Crécy, diplomate français (V. Crécy) p
VERJUX. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr, de Chalon-sur-Saône, cant. de Verdun-sur-le-Doubs ; 854 hab.
VERKHOÏANSK. Chaîne de montagnes du N.-E. de la Sibérie, contrefort des monts Stanovoï ; elles décrivent une sorte de S et ont environ 800 kil. de long ; elles servent de faîte de partage des eaux entre la Lena et la lana; les plus hauts sommets ne dépassent pas 1.430 m, ; la route de Iakoutsk à Verkhoiansk traverse un col de i.220 m. Géologiquement ces monts sont formés de grès et d'argiles ; les mines de plomb argentifère exploitées en 1770 ont été abandonnées.
VERKOLJE (Johannes), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1650, mort à Delft en 1693. Fils d'un serrurier, il eut l'heureuse chance de se blesser à la jambe et de montrer, pendant un long repos forcé, de grandes aptitudes comme dessinateur. Son père le mit chez Jan Lievensz. EtabH à Delft en 1672, il fit des portraits et des tableaux de ^enre dont quelques-uns ont plus de finesse et de simplicité que ceux de Fr. Miéris et le rapprochent de Metzu. il fit beaucoup de gravures à la manière noire. (Euvres à Amsterdam, à Paris (Louvre et coll. de Rothschild).
Son fils Nicolas, né à Delft en 1673, mort à Delft en 1746, est surtout connu pour des gravures à la manière noire. Il traita les mêmes sujets que Johannes, avec moins de talent. E. D.-G.
VERLAINE (Paul-Marie), poète français, né à Metz le 30 mars 1844, mort à Paris le 8 janv. 1896. D'une famille originaire des Ardennes, fils d'un soldat de Napoléon devenu capitaine du génie, il vint à sept ans à Paris où il fit ses études. En 1862, il entra à la compagnie d'assurances l'Aigle, puis à l'Hôtel de ville comme expéditionnaire. Mais bientôt la vocation poétique s'éveilla en lui ; il commença à fréquenter le groupe des Parnassiens, Leconte de Liste, Sully Prudhomme, Dierx, Mondes, Coppée; en iS66, il pubha son premier livre, Poèmes saturniens, qui passa inaperçu. En 1869, il donna les Fêtes galantes, puis, en 1870, la Bonne Chanson, oti son talent se dégage déjà de l'école parnassienne. R épousa alors M^^^ Mautet, sœur utérine du compositeur Charles de Siray ; compromis pour avoir pendant la Commune donné asile à des amis, il se réfugia à Londres, puis en Belgique ; revenu à Paris, il fit la connaissance d'Arthur Rimbaud qui exerça sur lui une grande influence : les deux poètes allèrent ensemble à Londres (1872), puis à Bruxelles ; à la suite d'une discussion avec Rimbaud, craignant de le voir s'éloigner, Verlaine lui tira deux coups de revolver et fut condamné à deux ans de prison qu'il fit à Mons ; c'est là qu'il écrivit hs Roma^tees sans paroles (1874), et prépara Sagesse qui témoignait de sa ferveur nouvelle pour la religion catholique. Libéré le 16 janv. 1875, Verlaine rentra en France, où U se retrouva seul; sa femme, avec laquelle il n'avait pu s'entendre, ayant obtenu le divorce ; il passa alors en Angleterre et professa le français et le dessin jusqu'en 1877. A son retour en France, il fut professeur au collège de Rethel, puis tenta un essai de culture à Coulommes, sans succès (1881). La publication de Sagesse (1881) rendit son nom célèbre. Professeur à Boulogne-sur-Seine, puis à Neuilly, il fit paraître les Poètes maudits (d884). Jadis et Naguère (1884). Ses amis lui étaient revenus : Lepelletier, Huysmans, Robert Caze, Villiers de FIsle-Adam ; une jeunesse enthousiaste acclamait son génie : Charles Morice, F. -A. Cazals, Gabriel Vicaire, Ary Renan, Jean Moréas, Laurent Tailhade, Rachilde, etc. La mort de sa mère (juil. 1886) acheva la ruine de Verlaine, et sa vie misérable de bohème et de gloire commença. Malade, il dut, en 1889, entrer à l'hôpital Broussais ; dès lors, il ne sortit d'un hôpital que pour rentrer dans un autre. Proclamé prince des poètes, il fit jouer un petit acte, Madame Aubin, dans une so-
VERLAINE -^ VERMERSCH
ciété déjeunes gens. Sa vie errante et maladive au quartier Latin se prolongea jusqu'au début de 1896, où il mourut presque abandonné. Il a laissé un fils, Georges Verlaine.
Paul Verlaine a créé un art nouveau, inconscient et exquis ; ses vers sont souvent plus près de la musique que de la littérature. Comme l'a très bien dit J. Lemaître : « Ce barbare, ce sauvage, cet enfant a une musique dans Tâme, et à certains jours il entend des voix que nul avant lui n'avait entendues ». C'est un des poètes les plus originaux de. son temps. A la liste de ses œuvres, il faut ajouter : Amour (1888); Parallèlement {iSS9): Dédicace (1890) ; Femmes (introuvable, 1890) ; Bonheur (1891); Chansons pour elle (1891); les Uns et les Autres, comédie en un acte (1891) ; Mes hôpitaux, prose (1891); Liturgies intimes (1892); Mémoires d'un veuf, prose (1892) ; Mes Prisons, prose (1893) ; Elégies
(1893) ; Odes en son honneur (1893) ; Dans les limbes
(1894) ; Epigrammes (iSM); Con fessions, ^vose (1895); Quinze jours en Hollande, i^vosq (1895); Chair (1896) ; Invectives (1896). On a publié un Choix des poésies de Verlaine en 1891 et les Œuvres complètes en 3 vol. en 1899. Ph. B.
BiBL. ; F.-A. Cazals, Paul Verlaine, ses portraits, 1896.
— J. KoucKE, Paul Verlaine; Bruxelles, 1896. — Ch. Do- Nos. PaMÎ Verlaine intime, 1898. — Dullaebt, Verlaine; Gand, 1896. — A. France, la Vie littéraire, 3« série, 1891.
— J. Lemaître, Nos contemporains, 4° série, 1889. — Ch. MoRicE, Paul Verlaine, l'homme et Vœiivre, 1888.
— V. Pica, Paul Verlaijie ; Bergame, 1896. — J. Tellier, Nos Poètes, 1888. — P. Wiegler, Baudelaire et Verlaine; Berlin, 1900. — Ph. Zilcken, Paul Verlaine^ Correspondance et Documents inédits; Paris, 1897. — F. Grégh, Paul Verlaine, dans Revue de Paris, fév. 1896. — Ch. Mauras, Paul Verlaine, dans Revue Encyclopédique, 1" janv. 1895 et 25 janv. 1896. — A. Symons, Paul Verlaine, dans National Review, juin 1892. -- Revue encyclopédique, 25 janv. 1896; la Plume, l*"" fév. 1896; l'Ermitage, fév. 189'6 ; Jugend, fév. 1896, numéros spéciaux consacrés à Paul Verlaine.
VER LAN S. Com. du dép> de la Haute-Saône, arr. de Lure, cant. d'Héricourt ; 93 hab.
VERLAT (Charles), peintre belge, né en 1824, mort en 1890. Il traita l'histoire et la peinture d'animaux. Œuvres : Buffle attaqué par un tigre, à la Société de géologie d'Amsterdam, etc.
VERLHAC-Tescou. Com. du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Villebrumier ; 785 hab.
VERLIN. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Joigny, cant. de Saint~Julien-du-Sault ; 544 hab.
VERLINCTHUN. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Boulogne, cant. de Samer; 395 hab.
VERLIN6HEM. Com. du dép. du Nord, arr. de Lille, cant. de Quesnoy-sur-Deûle ; 1.548 hab.
VERLUS. Com. du dép. du Gers, arr. de Mirande, cant. de Riscle; 224 hab.
VERLY (Grand-). Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins, cant. de VVassigny ; 457 hab.
VERLY (Petit-). Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Vervins, cant. de Wassigny ; 432 hab.
VERMAND. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Aisne, arr. de Saint-Quentin, sur les bords de l'Aumignon ; 1.265 hab. (900 aggl.). Stat. de la voie ferrée de Saint-(iuentin à Roisel. Vermand a donné son nom au Vermandois.
VERMAN DOIS. Pays situé dans la Haute -Picardie, entre l'Artois, le Sauterre, le Noyonnais, la Thiérache, le Hainaut et le Cambrésis. Il mesure environ 36 kil. sur 24. Pays de craie perméable, avec quelques collines de sables argileux sur lesquelles s'élèvent les villages et au pied desquelles sont les sources. L'altitude est médiocre (les sources entre 80 et 90 m.) ; le Vermandois forme un seuil, un libre passage entre le bassin parisien et la plaine de Flandre ; de^là sortent l'Escaut et la Somme ; dans le voisinage naît la Sambre et coule l'Oise. Aussi est-ce un pays de communications faciles : canal de Saint- Quentin entre l'Oise, l'Escaut et la Somme ; chem. de fer de Paris à Cologne. — Il tire son nom des Yeromandui
(peuple de Belgique que César signale près des sources de l'Oise, de la Sambre et de l'Escaut; Saint-Quentin est appelé Augusta Veromanduorum). Le Veromanduensis pagus caroHngien devint le comté de Vermandois (V. Vermand), dont les comtes remontent à Herbert, petit-fils de Bernard d'Itahe. De 1045 à 1183, ils possédèrent également le Valois. En 1186, Eléonore cède à Philippe-Auguste le Vermandois, qui fut alors réuni à la couronne et organisé en bailliage. En 1576, il fut donné en douaire à Marie Stuart. H fit partie de la province de Picardie et de la généralité d'Amiens avant de former assez exactement, dans le dép. de l'Aisne, l'arr. de Saint-Quentin. Outre Saint-Quentin, les principales villes étaient Le Catelet et Ham. H. Hauser.
BiBL, : CoLLiETTE, Mém. pour servir à Vhist. du Vermandois, 1771, 3 vol. in-8. — Berlemont, Hlst, de l'émancipat. communale à Saint-Quentin et dans le Vermandois, 1873. — A. DE Mars Y, Mélanges sur le Vermandois aux xiv e£ xv« siéc/es ; Saint-Quentin, 1874, in-8. -- B\ LE Proux, Chartes françaises du Vermandois de 1218 à 1250; Paris, 1875, in-8. — Emm. Lemaire, études hist. sur l'ancien pays de Vermandois, dans Mém. soc. Acad. Saint-Quentin; Saint-Quentin, 1894, t. XI. — A. Combïer, les Justices subalternes du Vermandois ; Abbeville, 1895, in-8. — Du même, les Justices seigneuriales du bailliage de Vermandois, dans mbl. Soc. des Etudes hist.; Paris, 1897, in-8. — Maurice Thiéry, Histoires du Vermandois ; Péronne, 1895 et 1897. -- G. Gosbelet, Cambrésis et Vermandois, 1898. — A. Daullé, la Réforme à Saint-Quentin, Le Gâteau, 1901, in-8. — V. les art. Aisne (Dép. de 1'), Picardie, Saint-Quentin.
VERMANDOVILLERS. Com. du dép. de la Somme, arr. de Péronne, cant. de Chaulnes ; 221 hab.
VERMEER (Jan), peintre hollandais (V. Meek).
VERMEIL. Ce mot, qui a eu d'abord dans le langage des scribes officiels la signification de drap rouge, a servi ensuite, à partir du xvii^ siècle, à désigner une sorte de dorure chaude de ton et tirant sur le rouge, qui s'effectuait au feu avec de l'or amalgamé et qu'on appliquait, en orfèvrerie, sur toutes sortes de métaux, mais plus particulièrement à la vaisselle d'argent. C'est encore dans cette dernière acception que le mot vermeil est employé aujourd'hui et le vermeil n'est, dès lors, somme toute, que de l'argent doré, mais doré avec de l'or rouge. Pour ce dernier motif, les peintres en détrempe ont appelé aussi vermeil une espèce de vernis qui est fait de gomme gutte, de vermillon et d'un peu de brun rouge mélangés ensemble et broyés avec de l'huile de térébenthine et dont ils se servent pour donner à leurs ouvrages un éclat d'orfèvrerie.
VERiVIELLES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, cant. de Cambrin; 3.007 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Exploitation de houille.
VERMENON. Rivière du dép. de laD?'(^m^{V. cemot).
VERMENTON. Ch.-l. de cant. du dép, de l'Yonne, arr. d'Auxerre, sur la Cure; 2.145 hab (1.792 aggl.). Stat. de chem. de fer. Eglise des xii° et xni® siècles. Ruines de l'abbaye bénédictine de Reigny (xu® s.).
VERMËRSGH (Eugène), poète et journaliste français, né à Lille en 1845, mort à Londres le 9 oct. 1878. Venu à Paris, au sortir des bancs de l'école, pour étudier la médecine, il ne tarda pas à se jeter à corps perdu dans la bohème httéraire du quartier Latin, devint, en 1866, rédacteur en chef du Hanneton, journal des toqués, publia, .tant en vers qu'en prose, une série d'ouvrages légers et spirituels {le Latium moderne, 1864 ; De F Ostracisme littéraire, 1865; Printemps du cœur, 1865; Saltimbanques et Pantins, 1865 ; Lettres à Mimi, 1866 ; les Hommes du jour, 1868 ; etc.), collabora au Figaro, à V Eclipse, au Paris- Caprice, à l'Almanach du quartier Latin, puis, après la révolution du 4 sept. 1870, au Cri du Peuple, de Jules Vallès, et enfin crut devoir, le 7 mars 1871, ressusciter le Père Duchêne, d'Hébert, où il trouva le moyen d'exagérer encore la violence ordurière et basse de son devancier. Cette feuille fut bientôt supprimée par l'autorité militaire. Mais elle reparut après le 18 mars 1871, i sous la Commune, et ne fut, sous la plume de ce dilet-
VERMERSCH — VERMONT
tante, qui « vivait, comme on Fa dit, en muscadin tout en écrivant en fort de la halle », qu'une constante excitation au pillage, à l'assassinat, à l'incendie et à d'autres crimes encore. Quand vint la Semaine sanglante, Fauteur du Père Duchêne prit prudemment la fuite, alla s'établir à Londres, y fonda, en janv. d872, le l'ermersch- Journal, qui, par son cynisme et sa violence calculée, sembla n'avoir d'autre but que de déshonorer le parti républicain et devint justement suspect à ses compagnons d'exil, qui purent bientôt le convaincre d'avoir sollicité secrètement, par l'entremise de Fagent bonapartiste Hugelmann, une subvention de l'ex-empereur. L'un d'eux, Vaillant, ancien membre de la Commune, lui infligea publiquement une correction manuelle (24 mars 1874). Quelque temps après, Vermersch était en Belgique, où il se mariait. Mais il ne tarda pas à se faire expulser de ce pays, retourna à Londres, où il écrivit encore de violentes brochures, se battit en duel avec le réfugié Lefrançais (1876), et mourut enfin misérablement, à trente-trois ans, dans un établissement d'incurables. Outre les ouvrages ci-dessus indiqués, on a de lui : les Incendies (4871) ; Histoire de la Commune (1875J), et un roman posthume {V Infamie humaine), publié en 1890, et où il semble par endroits avoir voulu se peindre ou se raconter lui-même. A. D. VERWIET. I. Malacologie. — Les Mollusques Gastéropodes, désignés sous le nom de Vermets, habitent une coquille tubuleuse, conique, enroulée en spirale réguhère pendant le jeune âge, et dans l'état adulte la régularité disparaît, les tours sont désunis. L'ouverture est circulaire ; le péristome continu, non épaissi, un opercule corné, multispiré, légèrement concave, est situé à l'intérieur à une certaine distance du bord. Les Vermets vivent dans les mers chaudes et tempérées.
IL Paléontologie. — Ce genre, qui vit depuis le carbonifère, a été partagé en un certain nombre de sousgenres, dont les principaux sont : Burtinella Môrch : coquille libre à Fétat adulte, fixée dans la jeunesse, conique, trachiforme ou discoïdale, généralement senestre, dernier tour déroulé; depuis le jurassique. — Vermiculusl^orch : coquille spirale dans le jeune âge, puis déroulée, à tube prolongé; depuis le crétacique. — Spirog typhus Daudin : coquille planorbiforme, adhérente, creusant le corps sur lequel elle repose ; récent et fossile depuis le carbonifère. — Vermetus Msinson: coquille spirale, fixée, avec une à trois lames saillantes à l'intérieur, opercule très petit ; depuis le trias jusqu'à l'époque actuelle. — Tylacodes Guettard: coquille adhérente, souvent isolée, ir régulière, souvent cloisonnée perpendiculairement à l'axe, pas d'opercule ; tertiaire et époque actuelle. La famille des Vermetidées comprend, en outre, le genre Siliquaria Bruguière (Tenagodes Guettard), tertiaire et récent ; coquille tubuleuse, cylindrique, à tours séparés, parfois enroulée dans le jeune âge, munie d'une fissure plus ou moins longue, opercule corné; vit dans les éponges. E. S.
BiBL. : Paléontologie.— P. Fisher, Manuel de conchyliologie, 1887. — ZiTTEL, Traité de paléontologie, t. II.
VERMICELLE (Techn.) (V. Pâte).
VERMICULAGEouVERMICULURE (Archit.). Décoration, d'apparence rustique, faite de sortes d'entrelacs sculptés en creux sur les assises de pierre formant bossages et imitant, par la sinuosité de leurs cavités, les passages des vers au travers des bois qu'ils corrodent. A Paris, on peut citer, comme exemples d'assises vermiculées, la galerie du Louvre sur le quai, remontant au règne de Henri II, et la porte Saint-Martin, datant de Louis XIV. Ch. L.
VERMICULAIRE. (Bot.) Nom vulgaire du S^c^wm acre L. (V. Sedum).
VERNI ICU LITE (Miner.) (V. Talc).
VERMIFUGE. Médicament employé pour déterminer l'expulsion des vers intestinaux (oxyures, ascarides, tricocéphales, etc.). Gomme vermifuges, on emploie le
semen-contra, la santonine, la mousse de Corse, le kousso, l'écorce de racine de grenadier^ le soaria, l'huile à^' ricin, le calomel (V. ces mots).
VERMIGLI (Pierre), dit Pierre Martyr, né à Florence le 8 sept. 1500, mort à Zurich le 12 nov. 1562. Il sortait d'une famille instruite, dévouée à la mémoire de Savonarole. Sa mère lui apprit le latin en lui faisant lire Térence. Malgré son père, il entra à seize ans chez les chanoines de Saint-Augustin, à Fiésole, puis resta huit ans dans un autre couvent à Padoue. A Naples, il est supérieur du collège San Pietro ad Ara, et Valdès (V. ce nom) l'initie aux doctrines réformées. Prieur du couvent de San Frediano à Lucques, il commença à faire école. Dénoncé par l'évêque, cité au chapitre général de Gênes, il crut plus prudent de s'enfuir à Zurich (1542), où il fut accueilli par Bullinger. A Strasbourg, Bucer le fit nommer à la chaire de théologie comme successeur de Capiton. C'est là qu'il épousa en 1546 Catherine Dammartin, de Metz. Invité en 1547 par Cranmer, il fut reçu docteur en théologie, nommé professeur à Oxford et chanoine de Christ-Church. L'avènement de Marie le fit revenir à Strasbourg, où il recouvra sa chaire. Calvin avait essayé de l'attirer à Genève, mais il préféra retourner à Zurich où il prit la chaire de Pellican (1556), et où il se remaria en 1558 avec une compatriote, Catherine Merenda, de Brescia. Il fut envoyé avec Bèze au colloque de Poissy, s'y fit remarquer par sa modération, mais y resta peu. Son désir aurait été l'union au moins des diverses confessions protestantes. Il jouissait de la vénération universelle. Ses œuvres ont été réunies dans Locorum communium theologicorum tomi très (Bâle, 1580-83, in-foL).
BiBL. : ScHLOs&ER, Lebcu Peter Martyrs ; Heidelberg, 1809, in-8. — Ch. Schmidt, Vie de Pierre Martyr Vermigli ; Strasbourg, 1835, in-4. -— Il credo di Pietro Martire Vermigli, dans Bibliot. délia Ri forma ital. ; Rome et Florence, 1833, in-16. — V. les art. Rêformation, Bèze, Poissy (Colloque de).
VERMILLON (Chim. industr.) (V. Cinabre et Rouge).
VERMIS (Anat.)(V. Cervelet).
VERMLANDou VAERMLAND. Province de la Suède (V. Carlstad).
VER MONO (Mathieu-Jacques, abbé de), ecclésiastique français, né vers 1735, mort à Vienne vers 1798. Bibliothécaire du collège Mazarin, il fut envoyé en 1769 à Vienne, pour enseigner le français à Marie-Antoinette, fiancée au dauphin. Il accompagna la dauphine à Paris en 1770 et tenta vainement par ses mercuriales un peu rudes de peser sur son caractère frivole ; il se retira au moment de la faveur de W^ de Polignac (1779). Rap pelé un peu plus tard, il rentra en grâce et exerça une influence réelle sur la reine : il patronna Brienne et entretint Marie-Antoinette dans la haine du régime nouveau. En 1789, il jugea prudent de quitter Versailles, vécut à Coblentz au milieu des intrigues des émigrés et termina sa vie à Vienne.
VEBMONDANS. Corn, du dép. duDoubs, arr. deMontbéliard, cant. de Pont-de-Roide ; 508 hab.
VERMONT. Etat du N.-E. des Etats-Unis, borné au N. par le Canada, à FE. par le New Hampshire, au S. par le Massachusetts, à l'O. par l'Etat de New York et le lac Champlain. Il a 24.770 kil. q. ; ses habitants ont passé de 85.425 en 1790 à 332.422 en 1890 (13 hab. par kil. q.) ; il compte un millier de nègres et 44.000 étrangers (dont 25.000 venus de l'Amérique britannique et 10.000 d'Irlande). Le territoire de l'Etat est très accidenté, à l'exception des environs du lac Champlain : les Green Mountains (Verds Monts) traversent tout le pays et abondent en paysages pittoresques ; le sommet du Chin de Mansfield n'a que 1.320 m., les roches sont en grande partie métamorphiques et la plupart sont paléozoïques. Les principaux fleuves se trouvent sur la frontière : à l'E., le fleuve Connecticut; à l'O., le lac Champlain
VMMONT - VERNANCOURT
dont les deux tiers appartiennent à l'Etat. Le climat est sain, mais très froid en hiver. La terre se prête plus au pâturage (rélevage du bétail est une des richesses de la contrée) qu'à la culture des céréales ; c'est la partie occidentale qui contient les meilleures terres, et la vallée du Champlain se prête à la culture des fruits. Le Vermont a le premier rang des Etats de l'Union pour le sucre d'érable (34 ^/^ de la production totale des Etats-Unis). Les fermes ont environ 55 hect. en moyenne : il y en a un assez grand nombre qui ne sont plus exploitées, et l'on cherche à amener des colons, surtout Scandinaves. Les mines de marbre, très réputé et varié, sont au nombre de 40 (principalement sur le versant du Champlain) et produisent plus de la moitié de la production totale des Etats- Unis (à Rutland et Sulherlandfalls) ; mines de granit à Barre. L'industrie et le commerce sont moins actifs que dans les autres Etats de la Nouvelle- Angleterre. On compte 3.000 établissements industriels qui livrent 190 millions de produits fabriqués (30 millions pour les scieries, 15 millions de marbre, 15 millions de farine, 10 millions de papier, etc.). Les chemins de fer ont un développement de 1 .633kil. Le Vermont est divisé en 14 comtés : la capitale est Montpelier ; les villes principales : Burlington, Rutland, Saint- Albans et Brattleboro.
Colonisé vers 1750, le Vermont se vit 'disputé entre le Massachusetts, le New Hampshire et le New York qui, en 1764, vit ses prétentions triompher. L'Etat prit une part active à la guerre de l'Indépendance et, le 17 janv. 1777, proclama son indépendance et se donna une constitution. En 1789, moyennant une faible indemnité, l'Etat de New York renonça à ses prétentions, et le Vermont fut adjoint en 1791, comme quatorzième Etat, aux treize Etats fondamentaux, le premier de tous ceux qui devaient s'y agglomérer ; le 4 janv. 1793, il se donna une nouvelle constitution ; en 1836, s'établit le système des deux Chambres.
BiBL. : RouiNSON, Vermont'; Boston, 1892.
VERMONT (Le). Com. du dép. des Vosges, arr. de Saint- Dié, cant. de Senones ; 223 hab.
VERMOREL (Auguste-Jean-Marie), publiciste français, né à Denicé (Rhône) le 21 juin 1841, mort à Versailles le 20 juin 1871. Après de brillantes études dans un collège de jésuites, il vint fort jeune à Paris étudier le droit, collabora à VAthenœum français, à la Mode de Paris, et publia des études et des romans de mœurs, dont la frivolité un peu licencieuse fut plus tard pour lui un sujet de regret (Ces Dames, 1860 ; Desperanza, 1862 ; les Amours vulgaires, 1863). Il ne tarda pas, du reste, à renoncer à cette littérature facile pour se jeter dans les luttes politiques. C'est ainsi qu'après avoir fondé dès 1861 au quartier Latin la Jeune France, puis la Jeunesse, feuilles éphémères, dont les hardiesses contre le régime impérial lui valurent plusieurs mois de prison, il devint secrétaire de la rédaction de la Semaine politique (iSG'i) ; alla en 1863 rédiger le Progrès de Lyon, puis, de retour à Paris, fit partie, sous Emile de Girardin, de la rédaction de la Presse (1864), un peu plus tard de la Liberté (1866), et se fit remarquer par son entente des questions économiques, sa facilité de travail et ses tendances socialistes. Entre temps, il publiait, sans nom d'auteur : les Mystères de la police (1864, in-12) ; la Police pendant la Révolution et F Empire (1864, in-12); la Police contemporaine (1864, in-12), puis sous son nom, des éditions populaires des œuvres et discours de Mirabeau, Danton, Marat, Robespierre, Vergniaud, etc. Rédacteur en chef du Courrier français {iSm), feuille socialiste et radicale qui, d'abord hebdomadaire, devint quotidienne le 18 juin 1867, il s'attira de violentes attaques, fut brutalement insulté par Paul de Cassagnac, qu'il dut menacer de lui brûler la cervelle à la première récidive, subit encore de dures condamnations et écrivit sous les verroux deux volumes {les Hommes de i848, 1868, in-8 ; les Hommes de i85i, 1868, in-8), oti les chefs du parti ré-
publicain n'étaient pas plus ménagés que ceux du parti impérialiste. Rédacteur en chef de la Réforme (1869), il mit si peu de mesure dans ses attaques contre les premiers qu'il fut quelque temps soupçonné de n'être qu'un agent provocateur, et qu'Henri Rochefort l'en accusa formellement à la tribune du Corps législatif (17 janv. 1 870). Vermorel n'en subit pas moins de nouvelles poursuites du gouvernement de Napoléon lïL Le 4 sept. 1870, il était encore en prison. La Révolution l'en fit sortir. Il reprit alors la publication du Courrier finançais, s'engagea dans l'artillerie de la garde nationale, et fut publiquement lavé par Rochefort lui-même (devenu membre du nouveau gouvernement) de l'imputation infamante dont il avait été l'objet vers la fin de l'Empire. Son opposition violente au gouvernement de la Défense nationale et sa participation au mouvement insurrectionnel du 31 oct. lui valurent encore plusieurs mois de détention. Rendu à la liberté (févr. 1871), il se jeta avec ardeur dans le mouvement communaliste du 18 mars, fut élu membre de la Commune dans le XVIIP arrondissement, fit partie de la commission executive nommée par cette assemblée le 4avr., fonda successivement plusieurs journaux qui ne vécurent guère (l'Ordre, ràmi du peuple, la Justice), et soutint de vives polémiques contre Félix Pyat, qui poussait la Commune aux pires violences, alors que lui, Vermorel, s'efforçait de la retenir ou de la ramener dans la voie de la modération. Il se prononça très énergiquement contre l'institution d'un comité de Salut public (i^^ mai). Quelques semaines après, au cours de la Semaine sanglante, tandis que Pyat prenait la fuite, il alla, dans un accès de découragement qui n'était pas sans grandeur, chercher la mort sur les barricades du Château-d'Eau. Grièvement blessé, il fut transporté par les vainqueurs à Versailles, où il supporta courageusement de cruelles souffrances et mourut quelques semaines plus tard. A. D.
VER M DUT. Liqueur apéritive, fabriquée avec du vin blanc et des plantes toniques et amères. La formule en varie avec chaque fabricant. En voici une, parmi les plus usitées: chamaidrys, 12; aunée, 12; ancore, 12; quinquina, 12; cannelle, 12; sureau, 16; tanaisie, 16; éc.
d'orange, 24; chardon bénit, 16; petite centaurée, 16; absinthe, 16; quassie, 8; girofle, 20; coriandre, 20;
badiane, 20; muscade, 4; galanga, 4; vin blanc génér. ;
8.000. On laisse macérer huit jours et l'on passe. Le vermout de Turin, le plus estimé, a, de son
côté, la formule suivante, sensiblement difi'érente : vin
blanc de Picpoul, 9.500; alcool à 85«, 500; grande
absinthe, 12; gentiane, 6; racine d'angélique, 6;
chardon bénit, 12; calamus aromaticus, 12; aunée, 12;
petite centaurée, 12; germandrée, 12; cannelle de
Chine, 10; muscade, 1,5; oranges fraîches coupées par
tranches, 1. Après cinq jours d'infusion, on soutire et on
colle à la colle de poisson, on laisse reposer huit nouveaux
jours, on soutire et on colle à nouveau, puis on met en
bouteille.
VERN. Rivière du dép. de la Dordogne (V. ce mot). VERN. Com. du dép. d'Ille-et- Vilaine, arr. et cant.
(S.-E.) de Rennes ; 1.440 hab. Stat. de chem. de fer. VERN. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Segré,
cant. du Lion-d'Angers; 1.782 hab. Carrières d'ardoise.
Ancien château de la Cassinoire.
VERNA. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La Tour-du-
Pin, cant. de Crémieu; 137 hab.
VERNAIS. Com. du dép. du Cher, arr.de Saint-Amand-
Mont-Rond, cant. de Charenton-sur-Cher ; 426 hab. VERNAISON. Riv. du dép. de la Drôme (V. ce mot). VERNAISON. Com. du dép. du Rhône, arr. de Lyon,
cant. de Saint- Genis-Laval ; 1.183 hab. Stat. du chem.
de fer P.-L.-M. Tissage de soie et broderie mécanique. VERNAJOUL. Com. du dép. dei'Ariège, arr. et cant.
deFoix;462hab.
VERNANCOURT. Com. du dép. de la Marne, arr. de
Vitry-le~François, cant. d'Heiltz-le-Maurupt ; 1 93 hab.
VERNANSAL ~ VERNES
VERNANSAL (Guy-Louis), peintre français, né à Fontainebleau en 1648, admis à FAcadémie royale en 1687, professeur en 1704, mort en 1729. Elève de Lebrun, maître de Nicolas Bertin, il séjourna deux ans à Rome et à Padoue. Auteur de peintures souvent dénuées de modelé : Révocation de redit de Nantes (musée de Versailles) ; Saint Maurice et ses compagnons (musée d'Angers) ; Sainte Bathilde devant la femme de Clovis et une Fête dans l'Olympe (musée d'Orléans) ; Allégorie des beauxarts (musée de Tours), etc. Son fils fut admis à FAcadémie en 1741 . — On connaît unVernansâl, né à Paris en 1599, qui fut peintre ordinaire du roi, travailla à Fontainebleau et y mourut conservateur des tableaux. A. Girodie.
VERNANTES. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Baugé, cent, de Longue; 1.951 hab. Stat. de chem. de fer. Huileries. Ancienne église (actuellement mairie), avec beau clocher des xii® et xv^ siècles, avec flèche dentelée et vitraux. A 4 kil.N.-O., ruines de Fabbaye cistercienne duLoroux fondée en 1121 par Eremburge.
VERNANTOIS. Com. du dép. du Jura, arr. et cant. de Lons4e-Saunier ; 642 hab.
VERNARÈOE (La). Com. du dép. du Gard, arr.d'Alais, cant. deGénolhac; 3.319 hab. Exploitation de houille et de minerais de fer.
VERNASSAL. Com. du dép. de la Haute-Loire, arr. du Puy, cant. d'Allègre; 1.125 hab.
VER NATION (Bot.). On donne le nom de vernation ou de préfoliaison à la disposition des feuilles dans le bourgeon, La vernation est dite plissée lorsque la feuille est pliéo en éventail, condupliquée quand elle est pliée en deux dans le sens de la longueur ; réclinée lorsqu'elle est pliée en deux transversalement ; circinée lorsqu'elle est roulée en crosse ; convolutée quand elle est roulée en cornet ; involutée quand les deux moitiés latérales sont roulées sur elles-mêmes en dedans; révolutée lorsqu'elles sont roulées sur elles-mêmes en dehors. Envisagée au point de vue des rapports que les feuilles affectent entre elles, la préfoliaison est dite : valvaire, quand elles se touchent par leurs bords sans se recouvrir ; indiipliquée, quand leurs bords, qui ne se recouvrent pas, sont repliés en dedans; imbriquée f lorsqu'elles se recouvrent par leurs bords; équitante, orsque les feuilles sont condupliquées et que chacune recouvre toutes celles qui se trouvent en dedans d'elle (Iris) ; semi-équitante, lorsque chaque feuille, étant condupliquée a une de ses moitiés prise dans le pli d'une autre feuille, dont elle embrasse elle-même une moitié. D"^ L. Laloy.
VERNAUX. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. des Cabannes; 114 hab.
VERNAY. Com. du dép. du Rhône, arr. de Villefranche, cant. de Beaujeu; 138 hab.
VERNAZ (La). Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. de Thonon-les-Bains, cant. du Biot ; 449 hab.
VERNE. Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. de Baume-les-Dames ; 236 hab.
VERNE (Jules), écrivain français, né à Nantes le 8 févr. 1828. Il fil ses études dans sa ville natale, puis vint suivre à Paris les cours de la Faculté de droit. En 1850, il donna au Gymnase une comédie en vers, les Pailles rompues, et, peu après, fit jouer au Vaudeville une pièce en prose, intitulée Onze jours de siège; à la même époque, il écrivit les livrets dé plusieurs opéras-comiques. Ce fut seulement en 1863, qu'il entra dans la voie où il devait s'illustrer, avec son premier roman : Cinq semaines en ballon. Dans ce livre plein d'inventions fantastiques, il s'était attaché à vulgariser les plus récentes découvertes de la science contemporaine. Le succès considérable de cet ouvrage l'encouragea et il publia successivement : les Aventures du capitaine Hatteras ; le Voyage au centre de la Terre ; De la Terre à la lune; les Enfants du capitaine Grant; Vingt mille lieues sous les mers; Une Ville flottante ; le Tour du monde en quatre-vingts
jours ; le Pays des fourrures; le Docteur Ox; le Chancellor ; Michel Strogoff; Hector Servadac ; les Indes Noires ; un Capitaine de quinze ans ; les Cinq cents millions de la Begum; les Tribulations d'un Chinois en Chine; la Maison à vapeur; V Ecole des Robinsons; le Rayon vert ; Christophe Colomb ; Kéraban le Têtu; T Etoile du Sud; Mathias Sandorf; Claudius Bombarnac;le Château des Carpathes ; Mistress Branican, etc. Depuis trente-cinq ans, il n'a pas cessé de produire, la force et l'éclat de son imagination n'ont pas faibli ; et, si ses inventions originales n'ont pas été très favorablement accueiUies par les savants, le grand public a été conquis. Outre ses romans, il a publié en 1867, avec Th. Lavallée, une Biographie illustrée de la France, puis, sans collaborateuî', une Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs. Quelques-uns de ses romans ont été mis au théâtre, avec succès : le Docteur Ox est devenu une opérette ; le Tour du Monde, Michel Strogoff Qi les Enfants du capitaine Grant, des féeries à grand spectacle.
VERNÈGUES. Com. du dép. des Bouches-du-Rhône, arr. d'Arles, cant. d'Eyguières; 338 hab.
VERNEI6ES. Com. du dép. de la Creuse, arr. de Boussac, cant. de Chambon-sur-Voueize ; 219 hab.
VERNEIL (Le). Com. du dép, de la Savoie, arr. de Chambéry, cant. de La Rochelle; 331 hab.
VERNEIL-le-Chéïif. Com, du dép. de la Sarthe, arr. de La Flèche, cant. de Mayet ; 940 hab.
VE RN EIL H-PuiRASEÂU (Félix de), archéologue français, né à Puiraseau (Dordogne) en 1819, mort le 27 sept. 1864. A la suite de Caumont et de Didron, il se livra de bonne heure à l'étude des antiquités de la France, surtout des monuments du moyen âge, et il eut le mérite de faire partie de cette pléiade de savants qui remirent en honneur ou plutôt créèrent véritablement notre archéologie nationale. Il débuta par une Etude sur la cathédrale de Cologne ; il en donna bientôt une autre plus importante sur la fameuse église de Saint-Front de Périgueux, et les églises à coupoles de F Aquitaine (1851, in-4), dont il reconnut, au point de vue architectural, Finspiration byzantine. On lui doit en outre des Lettres à M. Vitet sur les influences byzantines (1855, in-4); VArt du moyen âge et les causes de sa décadence (1862, in-4). Il fournit de nombreuses études au Bulletin de la Société archéologique du Limousin, au Bulletin monumental de Caumont, aux Annales archéologiques à^ Didron.
VERNEIX.Com. du dép. de FAllier, arr, et cant. (E.) deMontluçon; 1.084 hab.
VERNELLE (La). Com. du dép. de FMre, arr. de Châteauroux, cant. de Valençay ; 928 hab.
VERNES (Jacob), théologien genevois, né à Genève le 31 mai 1728, mort à Genève le 22 oct. 1791. Consacré en 1751, il fut pasteur à Céligny, Saconnex et Genève, et fut destitué et exilé en 1782 par le parti populaire. Vernes était en relations intimes avec Voltaire et Rousseau, mais il se brouilla avec tous deux pour avoir réfuté leurs écrits. Il a laissé des volumes de Sermons, des brochures et écrits de polémique avec Rousseau, une Histoire de Genève manuscrite, etc.
VERNES (Maurice-Louis), érudit et publiciste français, né à Nauroy (Aisne) le 28 sept. 1845. Il étudia à Montauban la théologie et passa son doctorat à Strasbourg en 1 874 ; il voyagea ensuite en Allemagne et en Orient. Protestant libérai, puis pur rationaliste, il a collaboré depuis 1868 à de nombreux recueils {Revue critique d'histoire et de littérature, Revue bleue. Revue philosophique. Revue historique, Revue des études juives, etc.) ; il s'est consacré spécialement à la science des religions comparées et a fondé en 1 880 la Revue de V histoire des religions (dirigée depuis 1884 par Jean Réville). Il a enseigné la philosophie à la Faculté de théologie protestante de Paris de 1877 àl882et est depuis4886 direc-
leur adjoint à la section des sciences religieuses de l'Ecole pratique des hautes études (pour la religion d'Israël) ; il sépare l'histoire des religions de la philosophie rehgieuse et propose de rapporter la rédaction de l'Ancien Testament aux temps qui suivent le rétablissement du judaïsme en Palestine (du v® au ii® s. av. notre ère) ; il a collaboré à la Grande Encyclopédie et à l'Encyclopédie des sciences religieuses. En 1885 il s'est présenté sans succès aux élections en Seine-et-Oise. On lui doit : le Peuple d'Israël et ses espérances (1872) ; l'Histoire des religions (1887); Précis d'histoire juive depuis les origines jusqu'il V époque persane (1889); Essais bibliques (1891); Du Prétendu Polythéisme des Hébreux (1891), Religion nationale et Religion universelle (trad. de Kuenen); Manuel de l'Histoire des religions (trad. deTiole), etc.,
VERNET (Le). Com. du dép. de l'Allier, arr. de Lapalisse, cant. de Vichy; 981 hab.
VERNET (Le). Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Pamiers, cant. de Saverdun ; 505 hab. Stat. de chem. de fer.
VERNET (Le). Com. du dép. des Basses-Alpes, arr.de Digne, cant. de Seyne; 243 hab.
VERNET. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Moret, cant. d'Auterive ; 560 hab.
VERNET (Le). Com. du dép. de la Haute-Loire, arr. du Puy, cant. de Loudes ; 148 hab.
VERNET (Le). Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. de Clermont-Ferrand, cant. de Saint-Amant-Tallende ; 881 hab.
VERNET. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. et cant. de Prades, au pied du mont Canigou ; 1.112 hab. Mines de fer manganésifères. Eaux minérales thermales sulfurées sodiques (nombreuses sources), utilisées intus et extra dans le traitement des aflections des voies respiratoires et des voies digestives, des dermatoses, des rhumatismes, etc.
VERNET-u-Varenne» Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. d'Issoire, cant. de Sauxillanges ; 2.053 hab.
VERNET (Les). Les Vernet nous offrent le bel exemple d'une famille dans laquelle les talents artistiques furent pour ainsi dire héréditaires. On ne cite que trois Vernet; mais on en pourrait nommer quatre, car Antoine, le père de Joseph, était lui-même peintre d'ornements et d'armoiries.— Joseph Vernet, le premier de la dynastie, est un peintre célèbre de paysages et de marines. — Son fils. Carie, a traité les chevaux avec supériorité : c'est le peintre officiel des chasses royales ; le petit fils, Horace, est le grand peintre de batailles, et sa gloire a semblé un moment devoir éclipser celle de son père et de son aïeul.
Personnels dans leur genre et de mérite très divers, les Vernet ont cependant bien des points communs : le talent précoce, instinctif, prime-sautier ; la facilité d'exécution; l'extrême fécondité; l'esprit, la verve, la gaieté. Ils ont encore de commun, comme le dit Ch. Clément, tout un ensemble heureux de qualités moyennes : ils ont plus de bon sens que d'imagination ; plus d'adresse que de force ; plus d'agrément que de pensée et que de cœur; et s'ils furent supportables, et quelquefois supérieurs dans le genre qu'ils avaient adopté, ils ne peuvent pas être classés parmi les grands maîtres de l'art : il leur a manqué à tous la profondeur, le caractère et le sentimont.
Claude'Joseph, àitJoseph Ferne^, peintre de paysages et de marines, né à Avignon le 14 août 1714, mort à Paris le 3 déc. 1789. Il mania le pinceau dès sa plus tendre enfance, et à quinze ans il aidait déjà son père dans la décoration des carrosses et des chaises à porteur que celui-ci exécutait pour les gens titrés de l'endroit. Cela mit le jeune Vernet en rapport avec le marquis de Câumont qui, surveillant les travaux de l'hôtel que la marquise de Simiane, petite-fille de M"*® de Sévigné, faisait construire à Aix, commanda au jeune artiste, dont il avait remarqué le talent précoce, quelques dessus de
e> — VERNES — VEHNET
portes. Pendant son séjour à Aix, Joseph Vernet fréquenta l'atelier de Michel Sauvan, peintre d'histoire, aujourd'hui oublié. A dix-huit ans, Vernet songea à faire le voyage d'études en Italie, qui était alors de tradition parmi les peintres.
Joseph Vernet vint s'embarquer à Marseille ; et là l'impression première qu'il eut de la mer fut si forte qu'elle décida de sa vocation. Une tempête qu'il essuya pendant la traversée — et pendant laquelle, si l'on en croit une anecdote célèbre, popularisée par le dessin d'Horace Vernet, il se serait fait attacher au grand mât pour l'observer plus à l'aise — ne fit que le confirmer dans cette intention. Cette mer qu'il avait vue dans ses deux aspects les plus imposants : d'abord calme et radieuse au soleil couchant ; puis noire, fougueuse, terrible et bouleversée dans la tempête, sera en effet le thème des compositions qu'il affectionnera dans la suite. A Rome, délaissant la peinture d'histoire, il entra à l'atelier de Fer^ioni, peintre de marines, et de Manglard ; mais son vrai maître fut Salvator Rosa dont il a souvent et très mal à propos imité la manière violente. Son maître aussi ce fut cette Campagne romaine, magnifiée, une campagne théâtrale et décorative que Vernet reproduit sans cesse en ses tableaux.
Joseph Vernet eut des débuts pénibles à Rome, où il n'atteignit pas tout d'un coup à la célébrité. Ses premiers tableaux ne se vendaient pas ou très peu; mais la réputation lui vint assez vite, et dès 1740 il était un artiste très [achalandé (il tenait registre dans un curieux livre, qui nous est parvenu, de toutes les commandes qui lui étaient faites). En Italie, en France, surtout après le triomphe de ses envois aux Salons de 1747, 1748,175^ , ses tableaux eurent toujours la plus grande vogue . Le Salon de 1753 où il exposa douze toiles, et son tableau de réception à l'Académie mirent le comble à sa réputation. Vernet reçut du roi la commande des « Ports de France», magnifique entreprise à laquelle est attaché pour nous le meilleur de sa gloire, et qu'il réalisa, de 1754 à 1765 (quinze sujets sur vingt -quatre commandes, qui sont au musée delà Marine, au Louvre). Joseph Vernet quitta définitivement l'Italie en 1753, pour revenir en France où son succès fut inimaginable ; il fut reçu membre de l'Académie royale (23 août 1753). Elu conseiller à l'Académie en 1766, et logé au Louvre, il eut la joie, quelques mois avant sa mort, de recevoir son fils, Carie Vernet, comme membre de l'Académie. Son labeur a été prodigieux : il ne négligea aucun Salon de 1746 à 1789, et il produisit pendant ces années une quantité considérable de Marines et de Paysages qui étaient tous destinés à des collections particulières ou royales.
La postérité n'a pas ratifié entièrement pour Joseph Vernet les éloges hyperboliques de Diderot ni l'enthousiasme des contemporains. Habile metteur en scène, peintre adroit et attentif des beaux effets de lumière, coloriste agréable et souvent délicat, il n'atteint pas à la grandeur calme, toute de caractère et de pensée, de Poussin, ni à l'élévation poétique de Claude Gelée. Son originalité consiste dans l'heureux arrangement de ses personnages et dans l'agencement de ses tableaux : paysagiste, et des meilleurs, il traite la figure, non comme partie accessoire, mais comme partie essentielle du tableau. Il a encore à nos yeux un autre mérite, il a su voir la nature et la peindre avec une justesse, une simpHcité et un esprit d'observation peu communs à son époque. Par là il devient comme une sorte de précurseur de notre école du paysage contemporain, et, s'il se rattache par ses origines à Poussin, il ouvre la voie où triomphera plus tard Corot.
Le catalogue des œuvres de J. Vernet (presque toutes reproduites par la gravure) est difficile à dresser ; il serait malaisé de dénombrer toutes les tempêtes, les calmes, les coups de vent, les clairs de lune, les brouillards, les heures du jour, que le peintre a produits sans se