VERTU — VERVEINE
vertu, et c'est encore à la vertu que se rapportaient tous les autres problèmes, tels que celui de la sanction morale (rapports de la vertu et du bonheur : la vertu suffit-elle à constituer le souverain bien ou le bonheur en est-il le complément nécessaire ?) et celui de la classification des devoirs ou de la détermination des diverses espèces de vertus. On sait que Platon, s'inspirant de Socrate, distinguait quatre vertus principales ou cardinales, la sagesse, la tempérance, le courage et la justice. Aristote divisait plutôt les vertus en vertus pratiques et vertus spéculatives. Les stoïciens, on l'a vu, professaient l'identité radicale de toutes les vertus. E. B.
IL Théologie. — Le mot vertu est rarement employé dans la Bible et, en conséquence, rarement dans la théologie protestante. Il y est remplacé par des noms exprimant des conceptions plus religieuses : image de Dieu, crainte de Dieu, amour de Dieu, justice, foi, fidélité, obéissance, don, grâce ou charisme^ sagesse, vérité, esprit. — Les théologiens catholiques distinguent trois sortes de vertus : les intellectuelles, les morales ou cardinales et les théologales. Les vertus intellectuelles sont celles qui perfectionnent le jugement, pour la connaissance du vrai, soit spéculatif, soit pratique. On en compte cinq : V intelligence, la sagesse, la science, la prudence et Vart. Les vertus morales ou cardinales perfectionnent la volonté, pour l'exercer à faire le bienhonnête en tout genre. On en compte quatre principales : la prudence, la force, la tempérance et la justice. Elles sont appelées cardinales, parce qu'elles sont comme la base et le pivot de la ^ie honnête. Les vertus théologales ont Dieu pour objet immédiat, en tant qu'il peut être connu par la révélation. Ce sont la/bz, V espérance et la charité. — 11 y a aussi des vertus acquises et des vertus infuses. Les vertus acquises sont celles qu'on acquiert par les seules forces de la nature, et qui disposent aux actions conformes à la droite raison. Les vertus infuses sont celles que Dieu produit en nous, sans nous, et qui disposent aux actions surnaturelles et divines.
III. Ordres. — Ordre pour la vertu militaire (V. Mérite militaire).
VERTUGADIN, VERTUGALE (Cost.). Bourrelet que les femmes portaient au-dessus de leur corps de jupe pour la rendre bouffante. C'est d'Espagne que vint la mode des vertugadins, et ce fut bientôt une folie. Charles IX et Henri III ne purent la réprimer, malgré de sévères ordonnances, qu'en limitant l'usage aux classes élevées ; la mode en se répandant se vulgarisa et passa dans les premières années du xvii® siècle. En 1748, le vertugadin reparut sous le nom de panier. Auxix^ siècle, les crinolines présentent un nouveau nom de la mode ancienne (V. Costume).
VERTU M NUS (Myth. rom.). Dieu de l'ancienne religion des Latins qui personnifie l'année à son déclin (annusvertens), l'automne avec ses fruits et les charmes spéciaux d'une nature qui, ayant fini de produire, s'apprête au repos. Le poète Properce (IV, 2), dans un morceau qui compte parmi ses meilleurs, le peint avec tous ses attributs sous les traits d'un jardinier et rappelle que jadis on le représentait sous la forme d'un tronc d'érable à peine dégrossi, alors que. plus tard il a fourni à un sculpteur habile l'idée d'une statue dressée dans le quartier toscan (Vicus Tuscus), d'où sa religion était originaire. Ovide [Métam., XÏV, 623) raconte d'une façon non moins charmante ses amours avec Pomone, déesse des fruits.
VERTUS. Ch.-l. de cant. du dép. de la Marne, arr. de Châlons; 3.000 hab. (2.707 aggl.). Stat. de chem. de fer. Carrières de pierre calcaire à bâtir, de craie, de sable ; tuiteries, briqueteries; vins blancs estimés. — Ancienne capiale du pagus Vertudensis, à l'époque gallo-romaine, mentionné dès le vu® siècle, ce bourg, situé à la source de la Berle, qui prend naissance sous le chev-et de l'église, au pied d'une colline boisée, fut érigé en comté-pairie (1361), et donné en dot à Isabelle de France, mariée à Jean-Galéas
Visconti, depuis duc de Milan. Leur fille, Valentine de Milan, l'apporta en dot à Louis de France, duc d'Orléans (1389) ; il passa plus tard aux maisons de Bretagne (xv® s.), de Rohan et de Bourbon (xviii® s.). Saccagée à deux reprises par les Anglais (1380 et 1420), pillée par les alliés (1814), du 10 au 13 sept. 1815, les 150.000 hommes des troupes russes de l'occupation y furent passées en revue au pied du mont Aimé par l'empereur de Russie Alexandre, assisté de l'empereur d'Autriche et du roi de Prusse. — Vertus comptait jadis deux abbayes : une de bénédictins, Saint- Sauveur; une d'augustins, Notre-Dame, établies au xii® siècle. L'église Saint-Martin, fondée en 1080 par Thibault 1*^^ comte de Champagne, recouvre une crypte curieuse. Non loin de là se voit la porte Baudet, reste des anciennes fortifications.
VERTUS (Les) (Seine) (V. Aubervilliers).
VERTUZEY. Corn, du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Commercy ; 209 hab.
VERUMONTANUIM (Anat.) (V. Urètre).
VER US (Lucius), empereur romain, 161-169 ap. J.-C. ■— L. Verus naquit le 15 déc. 130 ap. J.-G. Il était fils d' unnoble romain, L. Ceionius Verus; celui-ci ayant été adopté par l'empereur Adrien, Verus, encore tout enfant, reçut le gentilice de son grand-père adoptif, Mius, et s'appela dès lors L. Ceionius Mlius Verus ; plus tard, après la mort de son père, il fut lui-même adopté par l'empereur Antonin le Pieux, et devint le frère de Marc-Aurèle ; son nom complet fut alors L. Ceionius Elius Aurelius Commodus Verus. Questeur en 153, il fut consul trois f Dis ; on ne connaît les dates exactes que de son second et de son troisième consulat, 161 et 167. A la mort d'Antonin le Pieux, il fut associé à l'Empire par Marc-Aurèle et chargé d'aller défendre la Syrie contre les Parthes qui avaient envahi cette province. Sous les ordres de Verus, les Romains refoulèrent les Parthes et reconquirent l'Arménie ; puis l'habile général Avidius Cassius pénétra dans le royaume des Parthes, s'empara de Séleucie et de Ctésiphon, et obligea les Parthes à traiter. L. Verus obtint alors le double titre à'Armeniacus et de Parthieus. De retour à Rome, il célébra avec Marc-Aurêle un magnifique triomphe ; il épousa Lucilla, la fille de son collègue. En 167, il prit part à l'expédition dirigée contre les Marcomans, qui avaient franchi le Danube, tra\ersé toute la Pannonie et même pénétré en Italie; il lutta encore contre ces mêmes Barbares en 168; il revenait à Rome, lorsqu'il mourut dans l'Italie septentrionale au début de l'année 169. L. Verus n'avait aucune des vertus de Marc-Aurèle ; c'était un personnage léger et dissolu, qui partageait les vices de tous lesjeunes Romains de son temps, et qui se passionnait beaucoup plus pour les spectacles et les jeux du cirque que pour la prospérité de l'Empire. J. T.
VERVANT. Com. du dép. de la Charente, arr. d'Angoulême, cant. de Saint- Amand-de-Boixe; 226 hab.
VERVANT. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. et cant. de Saint-Jean-d'Angély; 183 hab.
^ERyE\[\E(VerbenaT,). I. Botanique.— Genre type de la famille des Verbénacées, représenté en Europe par le V. officinalis L., ou Herbe sacrée, très reconnaissable à ses feuilles opposées, pétiolées, pinnatifides, à tiges carrées de 5 à 8 décim. de haut et terminées par des épis grêles et lâches formés de petites fleurs subsessiles, lilas bleuâtre ; cahce tubuleux ; corolle gamopétale, à 5 lobes inégaux ; 4 étamines didynames ; capsule quadriloculaire. Cette plante possède des propriétés astringentes, fébrifuges vulnéraires ; au moyen âge elle entrait dans les philtres aphrodisiaques. D^ L. Hn.
IL Horticulture. — Les charmantes plantes de ce genre sont d'une culture facile. Elles se plaisent en bonne terre saine, au soleil. Les plus répandues dans les jardins sont : Verbena teucrioides L., F. chamœdrifolia J., V. incisa H. et leurs nombreuses variétés ou hybrides, dont les fleurs offrent les plus jolis et les plus vifs coloris ;