VERVEINE — VESCE
V.venosa Hook., F. Auhletia L., F. tenera Spreng., à tiges dressées ou couchées* On multiplie les Verveines de graines et de boutures. Les semis se font sur couohe, au printemps, et l'on repique le jeune plant, à demeure, quand il a cinq ou six feuilles. Pour obtenir une floraison plus précoce, on sème à la fin de Tété, et le plant, conservé sous châssis, est mis en place, en avriL Les boutures sont de jeunes rameaux coupés sur les plantes hivernées sous châssis, ou sur celles des plates-bandes. C'est au printemps qu'elles s'enracinent le mieux. Les plants qui en proviennent sont mis en place ou hivernes, suivant la saison. Le bouturage des Verveines se fait facilement ; il permet de conserver les variétés de choix, de grouper ou d'entremêler les couleurs dans les massifs. Un autre moyen de multiplier ces plantes consiste à coucher sur place leurs rameaux qui s'enracinent promptement et fournissent des plants vigoureux. G. Boyer.
ÏII. Chimie. — Extrait de verveine (V. Essence).
VERVELLE (Chasse) (V. Fauconnerie).
VERVET (ZooL) (V. Guenon).
VERVEUX (Pèche). Cet engin consiste en un filet conique, de 4 àâ m. de long, soutenu de distance en distance par des cerceaux en bois léger ; on dispose à l'entrée un filet dit coiffe, en forme d'avancée, à mailles plus larges que celles du cône ; dans l'intérieur de celui-ci sont un ou plusieurs filets coniques ou goulets, retenus par des cordelettes à l'extrémité pointue du verveux. Le poisson amené par la coiffe s'engage dans le goulet, en écarte l'extrémité, et une fois engagé dans le verveux n'en peut plus sortir. La louve (V. ce mot) est un verveux à double ouverture. On donne le nom de ver veux à tambour ou de tam» bour à un verveux cylindrique, sans avancée, pourvu d'un goulet à chaque extrémité. Les verveux à long goulet sont souvent terminés par une nasse. Les verveux s'emploient aussi bien en rivière et dans les étangs que sur les côtes maritimes ; dans ce cas, ils doivent être séparés les uns des autres d'au moins 30 m. E. S.
VERVEZELLE. Corn, dudép. des Vosges, arr. de Saint- Dié, cant. de Brouvelieures ; 93 hab.
VERVIERS. Ville de Belgique, ch.-l. d'arr. adm. et judic. de la prov. d« Liège, à 31 kil. E.-S.-E. de cette ville, sur la Vesdre, sous-affl. de la Meuse; 52.000 hab. Gare du chem. de fer de Bruxelles à Cologne. Athénée royal, collège de jésuites. Industrie lainière et drapière d'une importance considérable, qui occupe plus de 20.000 ouvriers dans la ville et les communes limitrophes de Heusy, Hodimont, Ensival, Pepinster, etc.
Histoire. -^ Verviers est mentionné dans des actes du vn® siècle. Cette commune faisait partie du marquisat de Fratichimont, dépendance de la principauté épiscopale de Liège. Lorsque celle-ci fut annexée à la France en 1795, Verviers devint ch.-l. d'arr. du dép. de l'Ourthe ; elle passa ensuite aux Pays-Bas en 1814, et, en 1830, au royaume de Belgique.
VERVINS. Ch.'l. d'arr. dudép. de l'Aisne, en amphithéâtre au-dessus du Chertemps, à 175 m. d'alt. ; 3.351 hab. Stat. de chem. de fer. Filature et tissage de jute et de chanvre; sucrerie. Eglise fortifiée des xv^ et xvi^ siècles; ruines des remparts. — Déjà connue au m® siècle sous le nom de Verbinum, Vei'vins a été jusqu'à la Révolution, concurremment avec Guise, la capitale de la Thiérache. En 1598, un traité y fut signé entre Henri IV et Philippe II d'Espagne.
BiBL. : Papillon, les Origines de Vervins ; 1877.
VÉRY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Verdun-sur- Meuse, cant. de Varennes-en-Argoïine ; 463 hab.
VERZÉ. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. et cant. (N.) de Maçon; 911 hab.
VERZÉE. Rivière du dép. de Maine-et-Loire (V. cet art.).
VERZEiLLE.Com.dudép. de l'Aude, arr. de Limoux, cant. de Saint-Hilaire ; 337 hab. Stat. de chem. de fer.
VERZENAY [Virdunacus, Vercenaium). £iom. du dép. de la Marne, arr. do Reims, cant. deVerzy; 2.130 hab. Carrières de pierres à bâtir, sablières ; tuileries. Vins très estimés. — Eglise construite de 1786 à 1789, dans le style toscan ; beau tabernacle provenant de l'abbatiale de Saint-Basle de Verzy.
VERZY (Viridiacum). Ch.-l. de cant. du dép. de la Marne, arr. de Reims; 1.470 hab. (1.417 aggl.).— Vignobles renommés. Ce bourg doit [son [accroissement à l'abbaye bénédictine de Saint-Basle, fondée en 660 par saint Rivard, archevêque de Reims, sur l'emplacement d'un monastère établi au siècle précédent par l'ermite saint Basle. Autour des ruines croissent des hêtres bas, aux formes étranges et contournées, célèbres dans la région sous le nom de faux (fagus) de Verzy.
VESAIGNES-sous'LA-Fauche. Com. du dép. de la Haute- Marne, arr. de Chaumont, cant. de Saint-Blm; 253hab.
VESAIGNES-sur-Marne. Com. du dép. de la Haute- Marne, arr. de Chaumont, cant. de Nogent-en-Bassigny ; 210 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VÉSALE (André), anatomiste belge, né à Bruxelles le 31 déc. 1514, mort le 15 oct. 1564. Il fit ses études à Louvain, à Montpellier et à Paris, fut reçu docteur à Bâie en 1537 et nommé professeur d'anatomie à Padoue en 1539, puis à Bâle en 1546. En 1543, il devint le premier médecin de Charles-Quint, occupa la même charge auprès de Philippe II et résida alors à Madrid* Ses ouvrages les plus importants sont : De humani corporis fabrica (Bâle, 15i3, in-fol., fig. et nombr. éditions) ; Anatomicarum Gabrielis Fallopii observationum examen (Madrid, 1561, in-4) ; Chirurgia magna (Venise, 1569, in-8) ; Six planches anatomiques célèbres (Venise, 1538, in-foL). D^ L. Hn.
VESANGY. Com. dudép. de l'Ain, arr, et cant. de Gex ; 383 hab.
VÉSÂNIE (Pathol.). Synonyme d'aliénation mentale (V. ce mot).
VESC. Com. du dép. delaDrôme, arr. de Montélimar, cant. de Dieulefit; 612 hab.
VESCE. L Botanique. — La vesce constitue l'un des genres les plus importants de la famille des légumineuses (genre Vicia L.). Caractères botaniques généraux : calice à 5 lanières ou à 5 dents, les supérieures ordinairement plus petites ; étamines à tube très obliquement tronqué au sommet; style plus ou moins poilu, aplati d'avant en arrière ou latéralement; gousse prolongée en bec du côté du bord supérieur, stipitée ou sessile ; graines globuleuses. Fleurs en grappes axillaires ou 1 à 5 sur un pédoncule commun. Tiges grimpantes et anguleuses.
Vingt-neuf espèces indigènes en France.
. IL Agriculture. — La culture de la vesce comme fourrage annuel est très ancienne; elle occupait chez les Romains un rang très important ; Caton la conseillait pour la nourriture des bœufs ; Columelle recommandait l'ensemencement de la vesce, employéecommefourrage, à l'automne, et, utilisée pour la production de la graine, dans le mois de janvier; Phne et Palladius ont aussi insisté sur la valeur agricole de cette plante. Aujourd'hui encore la vesce tient une place notable parmi les plantes fourragères annuelles ; la surface qui lui est con-
Vesce.
VESGK
sacrée en France a diminué de 20.000 hect. environ depuis une vingtaine d'années, elie atteint cependant près de 200.000 hect.) répartis surtout entre la Normandie, la région de Paris, et les vallées de la Basse-Loire et de la Basse-Garonne ; le rendement moyen annuel par hectare est de 3o à 40 quintaux de fourrage sec, et la valeur de la production totale atteint près de 40 millions de fr. L'Europe méridionale et l'Europe centrale ont conservé également la culture de la vesce et elles la pratiquent également sur une grande échelle ; les statistiques font malheureusement défaut à ce sujet.
Les vesces cultivées résistent difficilement, pour la plupart, aux hivers rigoureux de nos régions; elles s'accommodent de la majorité des sols arables; cependant elles préfèrent, en général, les terrains assez riches, sains, un peu forts et frais, aux terrains trop légers ou trop compacts et humides ; elles veulent un sol bien ameubli, mais rassis; un bon labour, un scarifiage et des hersages préalables sont nécessaires à cet effet. Les semailles se font, suivant les variétés, à l'automne ou au printemps, ordinairement à époques échelonnées ; les derniers semis de printemps se poursuivent jusqu'au commencement de juin ; on opère presque toujours à la volée et en mélange avec des céréales, le seigle et l'avoine, de préférence (hivernage, hivernache, etc.), qui rament la légumineuse; le poids moyen de l'hectolitre de semences est de 80 kilogr. et Ton sème à la dose de 150 à 200 kilogr. par hectare. Les variétés les plus répandues en grande culture sont :
1** Vesce commune (Vicia saliva, Pesette, Barbotte, Dravière, Bisaille, Vecetfe, etc.), variété annuelle ou bisanuelle suivant Tépoque des semis, à tiges grimpantes et pubescenlès, atteignant 1 m. et plus de longueur, indigène en France et répandue dans toute l'Europe ; on en cultive deux espèces :
a. Vesce d'hiver (V. S. hyemalis)^ espèce rustique et productive, à graine de couleur blond grisâtre; elle préfère les terrains frais, un peu consistants, sains et fertiles ; elle convient pour les semis de septembre à la minovembre et forme la base de la plupart des mélanges de fourrages verts à semer en automne pour récolter au printemps; la valeur alimentaire du fourrage vert est presque égale à celle de la luzerne, le foin est bon, mais difficile à sécher ; le fourrage supporte très bien l'ensilage.
b. Vesce de printemps, espèce excellente, possédant les mêmes caractères généraux que les précédentes ; ses graines sont noires; le rendement est un peu plus faible ; les semis se font de mars en juin et la récolte de juin à septembre. Cette vesce est plus répandue que celle d'hiver et elle est particulièrement utile après les années de disette de fourrage et après les hivers rigoureux, car elle permet de remplacer les prairies artificielles manquées et les trèfles gelés.
2° Vesce blanche (F. S. alba ou kucosperma) , sou vent nommée Lentille du Canada, espèce à fleurs vio lettes et à graines blanches ou blanchâtres, moins vigoureuse que les précédentes, mais plus hâtive et plus rustique ; ses graines sont employées dans quelques régions pour la nourriture de l'homme; elle n'est répandue que dans quelques parties du S.-O. de la France.
3*^ Vesce à gros fruits (F. S. macrocarpa, Vesce commune à gros fruits), espèce à feuillage plus large et plus étoffé que chez la vesce d'hiver, à cosses très grosses, cylindriques et renHées, ressemblant à celles de certains petits pois de potager ; elle est originaire d'Algérie ; les Arabes consomment ses graines ; dans le Midi, et même dans le Nord, il faut la semer en automne ou, au plus tard, à la fin de l'hiver.
4^ Vesce de Narbonne (F. Narbonensis), espèce quelquefois dénommée vesce à gros fruits, très vigoureuse et très hâtive, remarquable par ses tiges, son feuillage et son port dressé, rappelant un peu celui d'une féverole de petite dimension ; elle doit être semée en automne et convient particulièrement aux régions méridionales.
5° Vesce velue (F. villosa, F. cracca villosa), espèce originaire des régions septentrionales et surtout cultivée en Allemagne, où elle est souvent désignée sous le nom de vesce des sables. Schribaux l'a introduite en France en 1890 ; elle convient particulièrement aux terrains siliceux, schisteux ou granitiques ; elle est très vigoureuse et très résistante au froid ; il faut l'ensemencer de bonne heure, en août ou septembre, et en mélange avec une céréale d'hiver (seigle d'hiver 40 à 70 kilogr., vesce velue 60 à 400 kilogr.). Le rendement en vert est élevé ; la récolte de la graine doit se faire lorsque la majorité des cosses sont mûres, car, à ce moment, les premiers grains formés sont déjà tombés.
Il faut encore citer parmi les variétés spontanées présentant un certain intérêt au point de vue agricole :
i° Vesce à feuilles dentées (F. serratifolia), espèce annuelle et même bisannuelle en climat tempéré, à tiges étalées puis dressées et vigoureuses, mais beaucoup plus tardive que les précédentes, ses graines lèvent aussi plus lentement ; elle doit être semée en automne dans le Midi, et au premier printemps dans le Nord.
2^ Vesceécarlate {V. fulgens), espèce originaire d'Algérie, à végétation rapide, à fleurs rouge vif, tachées de brun, cultivée comme plante ornementale et pouvant être également recommandée comme fourrage.
3° Vesce bisannuelle [V.biennis, vesce de Sibérie) ^ espèce bisannuelle et vivace, très vigoureuse, àOeurs d'un rouge vif; elle serait améliorée avec avantage pour les cultures.
4** Vesce jaune (F. lutea), espèce commune dans les champs cultivés à sol pierreux ; ses fleurs sont de couleur jaune clair, ses gousses grosses, courtes et poilues.
5*^ Vesce multiflore (F. multiflora), espèce à fleurs géminées, d'un blanc violacé, vivace et fourràgeuse, mais à graines rares et d'une germination capricieuse.
6° Vesce des haies ( F. sepium) et vesce des buissons (F. dumetorum), espèces vivaces, communes sur la lisière et dans les allées des bois, aimant l'ombre et la fraîcheur, mais réussissant également en bonnes terres saines et môme sèches; elles ont donné de bons résultats dans la région de l'Est.
7° Vesce de Pannonie (F. Pannonica), espèce très vigoureuse, à feuillage grisâtre, extrêmement rustique, ayant résisté aux plus grands froids dans la région de l'Est et ayant donné souvent des rendements aussi élevés que ceux de la vesce velue.
8** Vesce de Gérard {V. Gerardii)^ espèce très vigoureuse, à fleurs violettes en grappes, voisine de la vesce velue et qui mérite de prendre un bon rang dans la culture des plantes fourragères.
9^ Vesce tricolore ( F. tricolor}, espèce très voisine de la précédente dont elle possède les qualités ; elle semble un peu moins velue et mérite d'être propagée.
10*^ Vesce des bois (F. sijlvalica), espèce rampante, à tiges grêles, à fleurs nombreuses en grappes, blanchâtres ou violacées ; elle peut rendre des services dans les situations sèches, montagneuses et arides.
11° Vesce à bouquet (F, cracca), espèce commune dans les haies et les buissons, à 15-20 fleurs bleues en grappes et à liges assez grêles.
12° Vesce des rivages (F. pseudo-cracca), espèce de vigueur moyenne, à fleurs pourpres, en grappes assez longues, à tiges pubescentes, répandue dans les régions méridionales.
13° Vesce à 2 grains (F. disperma), espèce d'origine méridionale, à fleurs petites, bleuâtres ou rose violiacé, à graines noires veloutées ; elle est désignée sous les noms de gés'erie, jarzeau, petit gerzeau ; elle est très nuisible dans les moissons.
Maladies. — Les vesces se montrent assez résistantes aux attaques des cryptogames ; dans nos régions à climat tempéré, elles ne souff'rent généralement que du Pe~ ronospora Viciée (mildew des pois et des vesces) et de
VESCE — VESINIER
VUromyces pisi ; ces champignons envahissent rapidement la plante ; celle-ci perd de sa vigueur et de sa valeur alimentaire, elle doit être mise aussitôt en consommation ; quelques cas d'intoxication ont été portés à l'actif des vesces atteintes par ces champignons. J. Troude.
VESCEMONT. Com. du territ. de Belfort, cant. de Giromagny ; 618 hab.
V ES G LES. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le- Saunier, cant. d'Arinthod ; 446 hab.
VESCOURS. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Bourg, cant. de Saint-Trivier-de-Courtes ; 499 hab.
VESCOVÂTO. Ch.-l. de cant. du dép. de la Corse, arr. de Baslia, au-dessus (179 m.) du fleuve Golo ; 4.5o9 hab. (1.470 aggl.). Stat. de chem. de fer. Sériciculture. Cascades. Bâti sur l'emplacement de la bourgade romaine de Blesinum, Yescovato a été le siège de l'évêché de Mariana.
VESDRE. Rivière de Belgique. Elle prend sa source en Prusse, près de Montjoie, passe à Eupèn, entre en Belgique, arrose Membach, Goé, où elle reçoit la Gileppe, Limbourg, Verviers, Pepinster, où elle reçoit la Hoëgne, Vaux-sous- Chèvremont et Chènée, où elle se jette dans l'Ourthe, affl. de la Meuse, après un parcours de 71 kil. Sa largeur varie de 15 à 25 m., et sa profondeur de 0"\20 à 1^,10.
VESDUN.Com. du dép. du Cher, arr. de Saint-Amand- Mont-Rond, cant, de Saulzais-le-Potier ; 1.680 hab.
VESENEX-Crassy. Com. du dép. de l'Ain, arr. et cant. deGex;241 hab.
VESGRE. Rivière de France (V. Eure-et-Loir et Seine- ET-OisE [Dép.]).
VÉSICANT(Thérap.)(V. Révulsion et Vésicatoire).
VÉSICATION (Thérap.) (V. Vésicatoire).
VÉSICATOIRE. Le vésicatoire est un topique que l'on applique sur la peau, où il détermine une sécrétion séropurulente ; l'épiderme se soulève en forme d'ampoule ou de phlyctène. On appelle encore vésicatoire, mais à tort, la phlegmasie produite par le topique lui-même. Le but des vésicatoires est d'obtenir un effet réviihifou encore substitutif; on les emploie également comme stimulants ou pour aider l'absorption de substances actives. Les principaux vésicants sont : i^ l'emplâtre vésicatoire préparé avec résine élémi 5 p., huile d'olive 2 p., cire jaune
20 p., onguent basilicum 15 p., poudre de cantharides
21 p. (Codex) ; 2" la mouche de Milan qui contient, outre la poudre de cantharides, de la poix blanche, de la térébenthine du mélèze, etc. ; 3° le taffetas ou sparadrap vésicant, qui est également à base de cantharides. La poudre de cantharides a souvent été remplacée par la cantharidine. Lorsque les topiques sont recouverts de camphre, on a des vésicatoires camphrés. Au bout de six à huit heures d'application, l'action du vésicatoire est complète. On l'enlève alors et on procède au pansement de la plaie. Si l'on ne veut produire qu'une irritation momentanée {Vésicatoire volant), on ouvre l'ampoule vers son point le plus déclive pour l'écoulement de la sérosité et en laissant en place l'épiderme, et on panse avec cérat, huile, etc. Si l'on désire obtenir une vésication prolongée, un exutoire, on enlève la portion soulevée de l'épiderme, et on panse d'abord avec du beurre frais le premier jour, puis avec des pommades épispastiques (cantharidiennes, au garou, etc.). Les vésicatoires s'emploient dans différentes affections inflammatoires (pneumonie, entérite, etc.). Mais ils tendent, surtout depuis la campagne faite par Huchard, à être abandonnés de plus en plus (V. Révulsion). D'^ L. Hn.
VÉSICULAIRE(Fmcw/anaThomps.). Genre deBryozoaires-Gymnolœmes, du groupe des Cténostomes, caractérisés par des colonies ramifiées, rampantes ou dressées, et les zoœcies, isolées et sessiles, de forme vésiculaire allongée, à bouche terminale munie de 8-14 tentacules et fermée par une couronne de soies lors de l'invagination. Ils sont marins : F. spinosa Johnst. est propre
aux côtes de la Manche, F. uva L. à celles de la mer du Nord et de la Baltique. D'' L. Hn.
VÉSICULE. I.Anatomie. — Petite vessie, petite poche. — Vésicule adipeuse. Vésicule pleine de graisse (V. Adipeux). — Vésicule auditive. Vésicule détachée de Lecto derme et donnant naissance au labyrinthe membraneux (V. Oreille). — Vésicule deBaer. L'ovule dont on attribue la découverte à Baer (1827), mais qu'avaient vu avant lui De Graaf, Prévost et Dumas. — Vésicule biliaire (V. Biliaire [Appareil] et Foie). — Vésicule blastodermique (V. Embryologie). — Vésicule cérébrale. Le cerveau embryonnaire qui est d'abord en forme de vésicule à paroi mince. — Vésicule de Graaf {Si. Ovaire). — Vésicule oculaire. Expansion creuse du cerveau embryonnaire d'où dérivent la rétine et le nerf optique. — Vésicule ombilicale. Le sac vitellin (V. Embryologie). — Vésicule pulmonaire. Les alvéoles des acîni du poumon. — Vésicules séminales. Les deux pochettes annexées aux canaux déférents. Ch. D.
Vésicule germinative ( V. Fécondation et OEuf).
IL Botanique (V. Ovule).
III. Médecine. — Lésion élémentaire de la peau, caractérisée par un soulèvement épidermique déterminé par l'exsudation d'un liquide clair sous la couche cornée ou dans les cellules du corps muqueux, de forme arrondie ou acuminée, rarement ombiliquée, de volume variable, allant de celui d'une tête d'épingle à un grain de chènevis (eczéma, dyshidrose, herpès, affections cutanées de cause externe). Les vésicules sont isolées ou confluentes. Leur paroi se rompt plus ou moins tôt, et le liquide exsudé se concrète en croûtes plus ou moins épaisses ; dans d'autres cas (zona), l'exsudation a lieu plus profondément, et il n'y a pas de rupture de la vésicule qui se dessèche progressivement. Parfois la vésicule se transforme en pustule (variole) par l'envahissement des globules blancs. Superficielles, les vésicules ne laissent point de cicatrices, à moins qu'il n'y ait sphacèle ou suppuration du tissu.
VÉSIGNEUL-suR-CooLE. Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlons -sur-Marne, cant. d'Ecury-sur-Coole ; 88 hab. ^
VÉSIGNEUL-sur-Marne. Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlons-sur-Marne, cant. de Marson; 167 hab.
VESINES. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Bourg, cant. de Bâgé-le-Châtel ; 165 hab.
VÉSINET (Le). Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. de Saint-Germain-en-Laye ; 4.895 hab. Stat. du chem. de fer de l'Ouest, ligne de Paris à Saint- Germain. Ce lieu, jadis entièrement boisé, est mentionné sous le nom de Visiniolum dans des diplômes du ix« siècle, et ses bois avaient reçu le surnom sinistre de bois de la Trahison. Simple hameau de la com. du Pecq, il fut érigé en commune distincte sous le second Empire, après qu'une société eut pris l'initiative de tracer des avenues à travers le bois et de les border de constructions. Dès lors, le Vésinet est devenu l'un des centres les plus élégants de la villégiature parisienne. La commune possède un important asile de femmes convalescentes (V. ci-dessous) et un hippodrome.
Asile national du Vésinet.-— R a été affecté par un décret du 28 août 1859 aux femmes convalescentes faisant partie de sociétés de secours abonnées avec l'asile ou travaillant dans des industries abonnées, et aux convalescentes envoyées en particulier par les hôpitaux do Paris et de la banlieue et les bureaux de bienfaisance de Paris. Moyennant un prix de journée, des convalescentes de toute catégorie peuvent y entrer. Un directeur, deux docteurs, pas d'interne, 400 lits ; un quartier pour mèresnourrices. D^ L. Hn.
BiBL. : Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. III, pp. 129-30 de l'éd. de 1883.
VÉSI N I ER (Pierre), publiciste et homme politique français, né à Cluny en 1826. Journaliste dans son département natal sous la seconde Bépublique, il dut, après le
YESINIER — VESPASIEN
2 déc. 1851, s'exiler en Suisse, où un autre proscrit, Eugène Sue(\. ce nom), l'employa comme secrétaire (et non comme collaborateur). Romancier lui-même, mais fort peu lu, il écrivit des pamphlets, plus obscènes que politiques, contre Napoléon, contre l'impératrice Eugénie et contre le pape : Histoire du nouveau César (Londres, Bruxelles, Genève, 186. [sic], 3 vol. in-8) ; le Mariage d'une Espagnole (Londres, 1866), faussement attribué à W^^ Rattazzi ; la Femme de César (Londres et Genève, 1865, in-8); les Nuits de Saint- Cloud (Lonàres, iS61 , in-8); Pie /X (Londres, 1867, in-8). Il habitait alors Bruxelles. Il fut, sur les instances du gouvernement français, condamné à dix-huit mois de prison par la cour du Brabant. Après un séjour à Londres, où il s'était enfui, il reparut en 1868 à Paris, dans les réunions publiques et électorales de 1868-69 ; il donna des articles au Rappel, à la Réforme. Après le 4 sept. 1870, il se déclara contre le gouvernement de la Défense nationale ; chef de bataillon dans la garde nationale, il occupa, au 31 oct., la mairie de Belle ville, fut destitué et incarcéré ; mais le Conseil de guerre l'acquitta. Membre du Comité central de la garde nationale, il fit également partie de la Commune insurrectionnelle de 1871, à la suite des élections complémentaires du 16 avr. et à l'infime majorité relative de ^MQ voix sur 22.000 inscrits. Le 1^^ mai, il vota la création d'un comité de Salut public ; remplaça Longuet à V Officiel le 10 mai ; signa, le 24 mai, les ordres relatifs à l'incendie. Il échappa à la répression, revint à Londres et fonda le journal la Fédération, désavoué par la plupart des proscrits de 1871. Depuis l'amnistie, il a publié Commenta péri la Commune (V'ms, 1392, in-18). H. Monin.
BiBL. : Drujon, Catalogue des ouvrages condainnés.., Paris, 1890, passim, aux titres. V. au mot Commune.
VESLE. Rivière de France (V. Aisne et Marne [Dép.]).
VESLES-et-Caumont. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Marie ; 421 hab.
VESLUD. Com. du dép. de l'Aisne, arr. et cant. de Laon ; 349 hab.
VESLY. Com. du dép. de l'Eure, arr. des Andelys, cant. de Gisors; 612 hab.
VESLY. Com. du dép. de la Manche, arr. de Coutances, cant. de Lessay; 900 hab.
VESOUL (Vesulium castrum, Visolium, Vesulum). Ch.-l. du dép. de la Haute-Saône, sur le Durgeon ; 10.083 hab. (8.551 aggl.). Stat. duchem. de fer de l'Est (Paris à Belfort) et tête de ligne du chem. de fer de P.-L.-M. (Vesoui à Lyon). Carrières. Four à chaux. Moulin et fabrique de pâtes alimentaires, tannerie, teinturerie, corderies. Ateliers de constructions mécaniques, taillerie de limes, scierie. Vesoui remonte à la plus haute antiquité, car la ville est construite à la base du cône de la Motte et en face du plateau de Cita, riches tous deux en outils préhistoriques. Plusieurs voies romaines, en tous cas, venaient y aboutir, et on y a trouvé, d'autre part, des inscriptions des premiers siècles de notre ère. La plus ancienne mention écrite du Vesulium castrum est de la fin du IX® siècle, et peu après apparaissent les vicomtes de Vesoui. Chef-lieu depuis le moyen âge et jusqu'à la Révolution du grand bailliage franc-comtois dit d'Amont, Vesoui fut assiégé et pris successivement par Henri le Grand, duc de Bourgogne, à la fin du x® siècle, par une bande d'écorcheurs en 1360, par les Allemands en 1369, par les Français en 1479, par les Lorrains en 1595, et par Louis XIV en 1668 et en 1674. Le château bâti sur la Motte et qui couvrait la ville fut démoli à la suite des sièges de 1479 et 1595. Au point de vue municipal, les habitants furent autorisés à élire des échevins à partir de 1430 et un maire à partir de 1540. Les autres institutions locales remontent, savoir : l'hôpital à 1442, le collège des jésuites à 1610, les capucins à 1608, lesannonciades à 1613, les ursulines à 1615, la bibliothèque à 1771. Le prieuré du Marteroy, détruit par les Lorrains
en 1595, datait de 1092. Vesoui n'a aucun monument ancien; l'église a été bâtie de 1732 à 1745. L'évêché, qui y avait été créé en 1790, ne fut pas maintenu par le concordat. Armes: Coupé, au premier de Bourgogne- Comté, qui est d'azur semé de billettes d'or au lion naissant, couronné d'or, armé et lampassé de gueules, au second de gueules au croissant montant d'argent.
BiBL. : Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts du dép. de la Haute-Saône. — Mémoires de la Commission d'archéologie dudép.de la Haute-Saône.— L.Sv- CHAux, la Haute-Saône, Dictionnaire historique, topographique et statistique; Vesoui, 186G. — Miroudot" de Saint-Ferjeux, Mémoires pour servir à l'histoire de Vesoui, 1779. — Ch. LoNGCHAMPS, Recherches historiques sur la ville de Vesoui, 1855. — Gevrey, Histoire de Vesoui, 1865. — L. Lex, Vesoui au xvii" siècle ; Vesoui, 1885.
— Cardot de La Burthe, Vesoui à la fin du xyiii» siècle ; Vesoui, 1888. — Monnier, Vesoui soiis la Révolution; Besançon, 1895. — Anonyme, Vesoui en 181^ et 1815. — J. FiNOT, les Sires de Faucogney. vicomtes de Vesoui ; Paris, 1886. — Abbé J. More y, la Chronique de l'église de Vesoui; Montbéliard, 1886. — Du môme, la Charité à Vesoui. — L. Lex, l'Ancien Collège de Vesoui; Vesoui, 1885.
— E. LoNGiN, les Armoiries de la ville de Vesoui; Vesoui, 1890.
VESPASIEN, empereur romain (69-79 ap. J.-C). — Vespasien (T. Flavius Vespasianus) naquit en Sabine le 18 nov. de l'an 9 ap. J.-C. Son père était de condition moyenne; sa mère était la sœur d'un sénateur romain. Il entra dans la carrière des honneurs. Il fut tribun militaire en Thrace, questeur dans la province de Crète et Cyrénaïque ; à vingt-neuf ans il fut édile, un peu plus tard préteur. Vers la même époque, il épousa Flavia Domitilla, dont il eut deux fils, Titus et Domitien. Il fut ensuite chargé du commandement d'une légion en Germanie ; puis il joua un rôle brillant dans la conquête de la Bretagne, sous Claude ; en 51 , il fut consul suffect ; enfin sous Néron, il fut proconsul d'Afrique entre les années 62 et 65. Mais il faillit être condamné à mort, parce qu'il s'était endormi au théâtre pendant que Néron chantait sur la scène. Il fut un moment disgracié. Pourtant sa disgrâce fut de courte durée, puisque dès l'année Q^ Néron le désigna comme général en chef des troupes romaines de Syrie et de Judée. Les Juifs venaient de se soulever contre la domination romaine et de chasser la garnison qui occupait Jérusalem ; le gouverneur de Syrie, C. Cestius Gallus, avait subi de graves échecs. A l'arrivée de Vespasien, la situation changea. Aidé de son fils Titus, Vespasien mena la guerre avec une prudence et une habileté con sommées. Il reconquit d'abord la côte et tout le N. de la Palestine ; puis il s'empara de l'intérieur du pays, s'avança jusqu'au delà du Jourdain et cerna bientôt Jérusalem de toutes parts (66-68 ap. J.-C). Sur ces entrefaites, Néron fut détrôné, chassé de Rome, réduit à se tuer ; son successeur, Galba, après quelques mois de règne, fut massacré par les prétoriens ; Othon, vaincu par son compétiteur Vitellius, se suicida^ et l'Empire tomba dans une anarchie épouvantable. Ce fut alors que Vespasien, proclamé empereur à Alexandrie par le préfet d'Egypte, fut reconnu par toute l'armée d'Orient, puis par les légions de Mésie, de Pannonie et de Dalmatie. Il laissa à son fils Titus le soin de terminer la guerre de Judée ; lui-même alla prendre possession de l'Egypte, tandis que ses lieutenants Antonius Primus et Mucien se dirigeaient rapidement vers l'Italie pour y abattre Vitellius. Les troupes de VitelHus furent vaincues à Crémone (oct. 69). Un aifreux combat ensanglanta les rues de Rome. Le frère de Vespasien, T. Flavius Sabinus, fut massacré par la populace ; mais les partisans de Vespasien l'emportèrent à la fin. Vitellius fut tué, et Vespasien demeura seul maître de l'Empire. Le sénat le reconnut. Il fit son entrée solennelle à Rome en 70.
Sur le trône impérial, Vespasien se consacra tout entier au gouvernement du monde romain, et s'efforça de réparer les maux de la guerre civile. Le sénat avait été décimé, soit par Néron, soit pendant les luttes entre Galba, Othon et Vitellius. Vespasien, pour en combler les vides,