‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 468 sur 633 · soit 594 «/o · texte numérisé non relu

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En outre, 5.308 gens sans profession et individus non classés (enfants en nourrice, étudiants ou élèves de pensionnats vivant loin de leurs parents, personnel interne des asiles, hospices, etc.), ou de profession inconnue. Au point de vue social, la population comprend (en 4894) : 75.409 patrons, 3.668 employés, 48.897 ouvriers. Les personnes inactives de leurs familles sont au nombre de 205.432, plus 45.596 domestiques.

Etat économique. — Propriété. — La statistique décennale de 4892 accusait une surface cultivée totale de

DÉSIGNATION

NOMBRE des cotes

superficie (en hectares)

Petite propriété :

Biens de moins de 1 hect

— de 1 à 5 hectares

Moyenne propriété :

Biens de 5 à 1 0 hect

- de 10 à 20 -

— de 40 à 50 —

Grande propriété :

Biens de 50 à 100 hect

— de 100 à 200 —

— de 200 à 300 —

Au-dessus de 300 — .

Totaux

628.662 hect., dont 649.323 appartenant à des particuliers, 6.350 à l'Etat, 929 aux communes, 4.648 aux établissements hospitaliers, etc. Des 649.323 hect. appartenant aux particuliers , 464 .449 étaient des terres labourables, 46.523 des prés naturels, herbages et ver-

VIENNE

gers, 24.943 des vignes, 8.508 des jardins de plaisance et parcs, 77.900 des bois et forêts. Le nombre des cotes foncières était, en 1893, de 278.936 dont 472.473 non bâties et 106.483 bâties.

L'enquête faite par l'administration des contributions directes en 4884 a relevé dans le dép. de la Vienne 74.662 propriétés non bâties imposables, savoir : 54.469 appartenant à la petite propriété, 48.312 à la moyenne propriété, 4.884 à la grande propriété.

Nous donnons dans le tableau de la p. 959 le nombre et la contenance des cotes foncières non bâties (en 4898).

On voit par ce tableau que la petite propriété occupe 440.721 hect., la moyenne 200.647 hect. et la grande 325.332 hect. La contenance moyenne d'une cote foncière est de 9^^^S30, alors que la moyenne française est de gheet 55^ La moyenne et la grande propriété dominent.

La valeur de la propriété bâtie était évaluée (d'après l'enquête de 4887-89) de la manière suivante :

Maisons Usines

Nombre (en 4897).. 407.043 4.634

Francs

Francs 990.877

Valeur locative réelle

Valeur vénale (en

Il faut y ajouter 765 bâtiments publics (asiles, presbytères, préfectures, etc.), d'une valeur locative réelle (en 4887) de 482.295 fr. — La part du département dans la valeur de la propriété bâtie sur le sol français représente environ 4/487® de la valeur totale.

Agriculture. — L'agriculture fait vivre 203.976 personnes (en 4894), soit 594 hab. sur 4.000, alors que dans l'ensemble de la France cette proportion atteint seulement 460. Le dép. de la Vienne est donc un département agricole.

D'après l'assiette de la contribution foncière, la valeur du sol non bâti du dép. de la Vienne représente environ le4/403'' de la valeur totale du sol français.

Nous donnons ci-après un tableau indiquant la superficie et le rendement des principales cultures en 4898 :

CULTURES

Froment.

Méteil . . .

Seigle

Orge

Avoine.. .

Sarrasin.

Maïs ,

Pommes de terre

Betteraves fourragères. . .

Trèfle

Luzerne

Sainfoin

Prés naturels et herbages.

Chanvre

Pommes à cidre.

Châtaignes

Noix

Prunes

Vignes..

SUPERFICIE PRODUCTION

Hectolitres

Quintaux

Hectolitres

Quintaux

Filasse 4.897

Graine 5.076

Hectolitres

Dans la période décennale 4890-99, la production moyenne annuelle du froment fut de 1.845.690 hectol.; celle du méteil, 55.240 hectol. ; celle du seigle, 134.540 hectol. ; celle de Forge, 458.940 hectol.; celle de l'avoine, 4.914.620 hectol. La valeur des récoltes était en 4899de4.698.48Dfr. pour Forge, 47. 476. 260fr. pour l'avoine, 174.030 fr. pour le mais, etc. Les rendements sont en général bons : 49^\50 à Fhectare, en 4899,

pour le froment (moyenne française, 48^\50), 23^^\09 pour le seigle (moy. fr., 15",83), 24^^,72 pour Favoine (moy. fr., 24^1,20), etc.

D'après Fenquète décennale de 4892, il y avait 48.544 hect. de prairies irriguées naturellement par les crues des rivières, 4.068 hect. de prairies irriguées à Faide de travaux spéciaux, 44.947 hect. non irrigués, 7.417 hect. d'herbages pâturés dits de plaines, 4.878 hect. d'herbages pâturés de coteaux.

Les fourrages verts annuels étaient cultivés sur 42.347 hect., dont 2.556 de trèfle incarnat, 2.753 de vesces ou dravières, 4.235 de choux-fourragers, 457 de seigle en vert, 2.279 de maïs-fourrage, etc. II y avait 5.267 hect. de prés temporaires.

La culture des arbres fruitiers est très importante. La statistique décennale de 4892 accusait les résultats suivants pour les cultures arbustives : pommes et poires, 27.544 hectol.; pêches et abricots, 3.484 hectol.; prunes, 34.071 hectol.; cerises, 48,267 hectol.; noix, 48.546 hectol.; châtaignes, 40.842 hectol. -— La récolte du cidre a donné, en 4899, 42.568 hectol., celle du vin 400.846 hectol.

Les cultures maraîchères sont assez développées. Les jardins potagers et maraîchers occupaient, en 4892, une superficie de 7.369 hect. Il y avait 4.264 hect. cultivés en légumes secs (haricots, pois, fèves, féverolles, lentilles, etc.), 2.567 hect. cultivés en carottes, navets, choux, asperges, topinambours, artichauts, etc.

La surface boisée est estimée à 84.449 hect., dont 6.218 appartiennent à FEtat, 304 aux communes, 77.900 à des particuliers. Il y a 43.458 hect. en futaie, le reste est en taillis. Les forêts les plus importantes sont celles de Meulière, Châtellerault, Vouillé, etc. La production du bois mis en coupe est évaluée à 486.646 m. c. par an.

L'élevage est prospère. Le nombre des animaux de ferme existant au 34 déc. 4 899 était :

Espèce chevaline 31 . 420

— mulassière 6 . 690

— asine 44.670

-- bovine 447.580

— ovine 325.670

— porcine -. 89.660

— caprine.... 28.350

L'élevage du cheval est important. Les chevaux

appartiennent à la variété poitevine de la race frisonne (V. Fart. Race, § Zootechnie, t. XXVIII, p. 40). — Les bètes bovines appartiennent à la variété poitevine de la race vendéenne (V. le même art., t. XXVIIl, p. 30).— La production du lait fut, en 4899, de 309.860 hectol., d'une valeur de 4.984.490 fr., celle du beurre était de 940.439 kilogr. (en 4 892), d'une valeur moyenne de 4 fr. 96 le kilogr. La fabrication des fromages a donné (en 4892) 944.689 kilogr., d'une valeur totale de 684.772 fr. ~ La production de la laine était, en 4899, de 7.470 quintaux valant 4.486.260 -fr. — Les bassescours comptaient (en 1892) 827.000 poules, 87.000 oies, 52.000 canards, 53.000 dindons, 6.000 pintades, 87.000 pigeons, 420.000 lapins, etc. -- 11 y avait (en 4899) 43.260 ruches d'abeilles en activité, ayant produit 65.870 kilogr. de miel et 45.480 kilogr. de cire d'une valeur globale de 120.470 fr. — Il y a une ferme-école à Civray.

Les exploitations agricoles sont peu étendues, généralement 5 à 6 hect. : 54.469 ont moins de 5 hect., 9 044 de 5 à 40 hect., 8.439 de 40 à 40 hect., 3.040 plus de 40 hect. Le nombre des propriétaires cultivant euxmêmes leurs terres est de 52.826, exploitant des domaines d'une étendue moyenne de 4^®*^S97, celui des fermiers est de 10.722, celui des métayers est de 7.074.

Industrie. — L'industrie fait vivre 63.384 personnes (en 4894), soit 485 hab. sur 4.000 (moyenne française, 250). Elle est peu développée.

VIENNE

Le dép. de la Vienne ne possède pas de mines de corn bustibles minéraux. — Pour la consommation, le dép. de la Vienne emploie 73.200 tonnes, valant en moyenne 36 fr. 49 la tonne sur les lieux de consommation, soit 2.670.000 fr. en tout. Les deux tiers viennent d'Angleterre.

Les carrières ont fourni les résultats suivants en 1899 :

POIDS VALEUR

en tonnes en francs

Pierre de taille tendre 38 . 000 1 71 . 000

— — dure 91.200 836.000

Sable et gravier pour mortier et

béton 63.000 105.000

Chaux grasse 6.000 90.000

— hydraulique 1.820 28.600

Argile réfractaire 1 2 . 600 50 . 400

Chaux pour amendement 1 2 . 000 165.000

Marne 60.000 35.000

On exploitait 102 carrières souterraines (calcaire jurassique, craie, tuffeau, chaux, etc.) et 892 à ciel ouvert oU travaillaient 2.238 ouvriers. Sur le nombre total des exploitations, 722 étaient des exploitations temporaires, les autres étaient continues. Les pierres lithographiques et les pierres meulières sont renommées.

Sources minérales. Les sources exploitées sont au nombre de 3 (salines). Il y a 1 établissement thermal (La Roche-Posay).

Industries manufacturières. Il existait en 1899 dans le dép. de la Vienne 618 établissements faisant usage de machines à vapeur. Ces appareils, au nombre de 857, d'une puissance égale à 8.8H3 chevaux-vapeur (non compris les machines des chemins de fer et des bateaux) se décomposaient en :

51 machines fixes d'une force de 2.745 chev.-vapeur 124 — mi-fixes — 2.008 —

679 — locomobiles — 4.086 —

3 — locomotives — 24 —

La force des machines en chevaux-vapeur se répartissait de la manière suivante entre les principaux groupes industriels :

Mines et carrières 65 chev.-vapeur

Usines métallurgiques 135 —

Agriculture 3 . 925 —

Industries alimentaires 523 —

— chimiques et tanneries. 93 —

Tissus et vêtements 331 —

Papeterie, objets mobiliers et d'habitation' 244 —

Bâtiments et travaux 1 . 044 —

Services publics de l'Etat 2.506 —

L'outillage agricole comptait, en 1892, 349 machines à vapeur fixes ou locomobiles, 1.646 batteuses mécaniques, 39 semeuses mécaniques, 236 faucheuses mécaniques, 138 moissonneuses, 987 faneuses et râteaux à cheval, etc., sur un total de 63.005 outils agricoles.

L'industrie métallurgique compte cinq petites usines ayant produit, en 1897, 480 tonnes de fonte moulée en deuxième fusion. Châtellerault possède une manufacture d'armes de l'Etat. — L'industrie de la coutellerie, qui a son centre à Châtellerault, produit environ 4 millions de couteaux par an.

Il existait, en 1899, dans le dép. de la Vienne, un total de 34 syndicats professionnels, dont 8 syndicats patronaux (310 membres), 12 syndicats ouvriers (404 membres), 3 syndicats mixtes (905 membres) et 11 syndicats agricoles (12,129 membres).

Commerce et circulation. — Le commerce fait vivre 20.029 personnes (en 1891), soit 58 ^/oo (moyenne française, 103). Il y faut ajouter 6.263, soit seulement 18 **/oo, qui vivent de l'industrie des transports (moyenne française, 30). Ces chiffres montrent que le commerce est très peu développé. En effet, le montant des opérations

de la succursale de la Banque de France à Poitiers était, en 1898, de 23.906.600 fr., sur un total général de 16 milliards 569 millions pour la France entière.

Le nombre des patentes est peu considérable. Il y avait (en 1894) 69 hauts commerçants et banquiers, 11.619 commerçants ordinaires, 1.225 industriels, 472 exerçant des professions libérales.

Le dép. de la Vienne exporte des céréales, des légumes et des fruits, du bétail, des articles de coutellerie, des pierres lithographiques, etc. Il importe de la houille, des denrées coloniales, des articles de nouveautés, librairie et ameublement, etc.

Voies de communication. Le dép. de la Vienne avait, au 1«^ janv. 1899, une longueur totale de 384 kil. de routes nationales, 3.976 kil. de chemins de grande communication et 3.118 kil. de chemins vicinaux ordinaires, plus 786 kil. en construction ou en lacune.

Le dép. de la Vienne est traversé en 1902 par 12 lignes de chemin de fer d'une longueur totale de 566 kil. dont 16 kil. en construction. Ce sont des lignes d'intérêt général exploitées par la Compagnie d'Orléans (lignes 1 à 6) et par l'Etat (lignes 7 à 12). En voici la liste :

1^ La ligne de Paris à Bordeaux, par Poitiers (112 kil. dans le dép. de la Vienne). — 2*^ La ligne de Poitiers à Limoges, par Montmoi^illon (67 kil.). — 3° La ligne de Poitiers au Blanc (45 kil.). — 4** La ligne de Niort au Blanc, par Civray et Montmorillon (86 kil.). — 5° La ligne de Châtellerault à Tournon- Saint-Martin (32 kil.). — 6<* La ligne de Chinon à Preuilly (2 kil.). — V La ligne de Poitiers à Saumur, par Loudun (62 kil.). — 8^ La ligne de Loudun à Châtellerault (48 kil.). — 9<* La ligne de Poitiers à Bressuire (34 kiL). — 10^ La ligne de Pozïz^r^ à La Rochelle (33 kil.). — 11** La ligne de Tours à Bressuire, parZowdun (25 kil.). — 12<» L'embranchement de Moncontour à Airvault (3 kil.). — H y a, en outre, une ligne de tramways (Poitiers à Saint-Martin-l'Ars) de 53 îdl. de longueur, rejoignant la ligne n<* 4.

La Vienne n'est navigable qu'à partir du confluent de la Creuse.

Le service postal et télégraphique était assuré (en 1894) par 15 bureaux de poste, 2 bureaux télégraphiques et 51 bureaux mixtes, ayant produit une recette postale de 892.644 fr. et une recette télégraphique de 89.821 fr.

Finances. — Le dép. de la Vienne a fourni, en 1896, un total de 14.020.736 fr. 73 au budget général de la la France. Les rôles de 1898 comprenaient : 652 billards, 31 cercles, 2.101 vélocipèdes et 42.144 chiens imposés.

Les revenus départementaux ont été, en 1896, de 1.908.127 fr. 50.

Les dépenses départementales se sont élevées à 1.978.745 fr. 03.

A la clôture de l'exercice 1897, la dette départementale était en capital de 3.547.970 fr. 80.

Le nombre total des centimes départementaux était de 56, dont 31 portant sur les quatre contributions directes. Le produit du centime départemental portant sur les quatre contributions était de 25.061 fr. 76, celui du centime portant seulement sur les contributions foncière et personnelle-mobilière atteignait 18.206 fr. 08.

Les 300 communes du département avaient, en 1898, un revenu global de 2.947.151 fr., correspondant à 2.923.269 fr. de dépenses. Le nombre total des centimes pour dépenses tant ordinaires qu'extraordinaires était de 15.102, dont 4.430 extraordinaires, soit une moyenne de 50 cent, par commune.

Il y avait 3 communes imposées de moins de 15 cent., 29 imposées de 15 à 30 cent., 134 de 31 à 50 cent., 133 de 51 à 100 cent, et 1 au-dessus de 100 cent. La dette communale, au 31 mars 1897, se montait à 10 millions 762.537 fr. Le nombre des communes à octroi était

VIENNE

(en 1897) de 8, le produit net des octrois se montait à 4.003.348 fr.

Etat intellectuel. — Au point de vue de l'instruction primaire, le dép. de la Vienne est arriéré.

En 1896, sur 3.058 conscrits examinés, 206 ne savaient pas lire. Cette proportion de 67 illettrés sur 1.000 (moyenne française, 52 ^/oo) place le dép. de la Vienne au 68® rang (sur 90 départements) parmi les départements français. Pour l'instruction des femmes, il est au 76® rang (sur 87 dép.), avec 825 femmes pour 1.000 ayant signé leur acte de mariage. La proportion pour les hommes est de 852 °/oo .

Durant l'année scolaire 1896-97, voici quelle était la situation scolaire :

1° Ecoles primaires élémentaires et supérieures

Ecoles laïques Ecoles congréganistes publiques privées publiques privées Nombre des écoles 5?3 14

Instituteurs 487

Institutrices 336

Elèves garçons... n^m^^m

— filles 11.283 422

Totaux

2° Ecoles maternelles

Ecoles laïques Ecoles congréganistes

publiques privées publiques privées

Nombre d'écoles..

Institutrices

Garçons

Filles

L'enseignement primaire supérieur public, organisé seulement pour les garçons dans 1 école et 3 cours complémentaires, avait 203 élèves en 1897.

Le total des ressources de l'enseignement primaire public était, en 1894, de 1.342.271 fr. 38. Il existait 95 caisses des écoles, avec 16.509 fr. de recettes et 12.677 fr. de dépenses.

L'enseignement secondaire se donnait aux garçons dans 1 lycée (Poitiers) comprenant (en 1898) 455 élèves, dont 223 internes, et 3 collèges communaux (Châtellerault, Civray et Loudun).

L'enseignement supérieur est représenté par l'Université de Poitiers, qui comptait, en 1898, 764 étudiants.

Assistance publique. — L'assistance publique est assez bien organisée. Les bureaux de bienfaisance étaient, en 1892, au nombre de 50, desservant une population de 131.633 hab. ; ils assistèrent 3.586 personnes, dont 1 étranger. En 1898, le nombre des secourus s'élevait à 5.933 personnes, le total des recettes à 102.569 fr., celui des dépenses à 111.608 fr. Le nombre des hôpitaux et hospices est (en 1898) de 13 desservis pair 38 médecins et disposant de 1.668 lits. Le budget se montait à 839.013 fr. pour les recettes et 830.960 fr. pour les dépenses de l'année. Il fut soigné 3,826 malades dont 152 décédèrent ; 632 infirmes et vieillards dont 51 décédèrent ; 768 enfants assistés dont 27 décédèrent. En outre, 451 enfants étaient secourus à domicile. Un asile départemental d'aliénés existe à Poitiers. Au 31 déc. 1898, le département y entretenait 124 aliénés, dont 92 femmes. La dépense totale était de 55.801 fr. 28, dont 44.280 fr. 44 fournis par le département. — L'assistance privée était représentée (en 1892) par 14 établissements et 55 sociétés diverses. E.-D. Grand.

BiBL. : V. Poitou, Loudun, etc. — Annuaire du dép. de la Vienne. — Statislique de la France, in-4 et in-8, et Annuaire statistique de la France, in-8, en particulier ceux de 1886, 1894 et 1899 (mieux établis que les autres). — Dénombrements, particulièrement ceux de 1886, 1891 et 1896, avec les résultats développés. — Statistique agricole, De rindustrie minérale, Etats de situation de renseignement primaire, Statistique de l'enseignement primaire. Situation financière des communes, des départements, Comptes définitifs de chaque exercice. — Ad. Joan- NE, Géographie du dép. de la Vienne ; Paris, 1901, in-16, 6« éd. — Creuzé-Latouche, Description topographique

du district de Châtelleraud ; Châtellerault, 1790, in-8 . — C. Cochon, Description générale du dép. de la Vienne ; Paris, an X (1802), in-8. — Peuchet et ChanlairE, Statistique de la Vienne ; Paris, 1811, in-4. — H. Filleau, Statistique du dép. de la Vienne ; Poitiers, s. d., in-8. — Anonyme, Histoire monumentale de la Charente- Inférieure et de la Vienne; Paris, 1848, in-4 (grav.). — A. Le TouzÉ DE Longuemar, le Dép. de la Vienne, dans le Bullet. de la Soc. de géog. commerciale de Bordeaux, ann. 1877, pp. 45-117. — L. Rédet, Dictionnaire topographique du dép. de la Vienne; Paris, 1881, in-4 (Minist. de rinst. publ.;.

VIENNE (Dép. de la Haute-). Situation, limites, superficie. — Le dép. de la Haute-Vienne tire son nom de sa situation sur le cours supérieur de sa principale rivière, la Vienne (pas tout à fait le cours supérieur, qui appartient au dép. de la Corrèze). Territoire de la région du S.-O. de la France tendant vers la région centrale, il a pour extrêmes coordonnées : 45^26' 13'^ — 46° 24' 5^' lat. N. et 0« 25' 80'' — 1«41'25'' long. 0., sa capitale, Limoges, se trouvant sous 45*^ 49' 52" lat. N. et 1° 4' 48^' long. 0. Il est borné : à TO., par le dép. de la Charente ; au N.-O. et au N., par celui de la Vienne ; au N.-E., par celui de l'Indre ; à TE., par celui delà Creuse ; au S.-E., par celui de la Corrèze ; au S.-O., par celui de la Dordogne ; sauf çà et là quelque ruisseau, quelque bout de rivière, ses limites sont tout ce qu'il y a de plus conventionnel.

Deux départements, Charente et Charente- Inférieure, le séparent de l'océan Atlantique. En ligne droite, Limoges, son chef-lieu, se trouve à 345 kil. S.-S.-O. de Paris (400 par la voie ferrée). Du N. au S., de l'Indre à la Dordogne, à peu près sous le méridien de Limoges, sa longueur dépasse un peu 100 kil. (105 environ) ; sa largeur atteint presque 100 kil. (95) sous le parallèle de Châteauneuf; elle est de 75 ou un peu plus sous celui de Limoges, de 50 sous celui de Bellac, de 33 sous celui de Saint-Sulpiceles-Feuilles. Son pourtour équivaut grosso modo à 500 kil. ; enfin sa surface, telle que l'ont calculée avec le plus grand soin les bureaux du ministère de la guerre, est de 5.490 kil. q., soit environ 670 de moins que les 616.000 à 617.000 hect. qui sont l'aire moyenne de nos circonscriptions départementales. Comme étendue, c'est notre 66*^ territoire et le 97^ seulement de la France.

Relief du sol. — Le Limousin, dont la Haute- Vienne est part intégrante, a été décrit sommairement comme suit par l'auteur de En France; il n'y a qu'à mettre le nom de Haute- Vienne à la place de celui de Limousin pour se faire une idée générale assez exacte de la circonscription départementale où commande Limoges. « Du pied des Dores et des Dômes, dit-il, en allant vers l'O. et le N.-O., de croupe en croupe, de gazons en herbages, d'horizon large en horizon nu. Ton arrive aux monts du Limousin, qui n'ont point de pics, mais des mamelons, point de vrais lacs enchâssés dans la roche, mais des étangs réfléchissant les prés, les bois, les brandes, les genêts, les fougères, les chênes et les châtaigniers dont le paysan vit autant que du seigle de ses sillons. Roches dures, gneiss, micaschiste et granit, terre argileuse et peu fendillée, ces plateaux bombés retiennent à la surface toutes les gouttes de pluie, tous les cristaux de neige : l'eau y est partout, sous toutes ses formes, étangs, mares, torrents, murmures dans les rigoles, scintillements dans l'herbe de la prairie. Comme le dicton le proclame, « ce n'est pas le Limousin qui périra jamais par la sécheresse ». Aussi les monts de ce pays n'ont-ils point le climat de leur latitude. Ils n'ont point non plus celui de leur altitude : parfois le printemps y est sans clémence, l'automne pareillement ; l'hiver long, très rude, à demi Scandinave, y règne sur des pelouses blanches entre de noires lisières de forêts, et les rivières sont glacées ou coulent, sombres, entre des rives de neige. Cependant aucune cime n'y atteint 1 .000 m. Etangs, sources, neiges fondues y font les plus jolis ruisseaux du monde, et ces ruisseaux se rassemblent en rivières serpentantes où passent d'abondants flots vifs, teintés d'un rouge noirâtre, ou d'un noir rougeâtre. Vienne,

Grande EiLcyclopédie Toirte XXXÏ

HAUTE-VIENINE

Cireu>ê^ etlrnp, panBrhand'F^S^^ 1902,

'ifiLlIô*'^ S ' ^0

S 0 ci-été anoiiyno e clela Grande Bi-cydopé aie

VIENNE

Combade, Maude, Taurion, Briance, Auvézère, Isle et Dronne, Bandiat etTardoire, tournent gracieusement dans les prés savoureux, tondus par des bêtes robustes et bien en chair. Quoique ces wonts tiennent du plateau, qu'ils soient largement ondulés, mous et ronds, qu'ils n'aient rien de chaotique, d'audacieux, de titanesque, qu'on les aime pour leur fraîcheur, leur verdure, leur grâce, leurs bruits de clochettes, et non pour leur grandeur, les vallées y sont profondes surtout vers l'aval, et les cascades n'y manquent point aux rivières. »

Ces quelques lignes donnent une idée suffisante de l'aspect général de la Haute- Vienne, région qui, partout formée des mêmes roches, se ressemble partout, sur tous ses versants. Elle ne lève pas les dômes les plus hauts du Limousin qui s'arrondissent en territoire de Corrèze (978 m. au plus haut de tous) ; sa cime suprême, 778 m., la colline de Souffrangeas, à 9 kil. S.-S.-E. d'Eymoutiers, avoisine de près cette même circonscription corrézienne ; quelques sommets de la contrée dépassent 700 m. ; le mont Gargan, au S.-O. d'Eymoutiers, à l'E. de Saint- Germain-les-Belles, également sur la frontière de la Corrèze, monte à 731 m. Ces « monts », qui ne sont en réalité que des mamelons peu élevés au-dessus de leur base, se rattachent au célèbre plateau de Millevaches, grand château d'eau de ce coin de la France. Au N.-E. de Limoges, et non loin de la limite de la Creuse, le puy de Sauvagnac, tête des monts d'Ambazac, atteint 704 m. Entre Bellac et Saint-Junien, au voisinage delà Charente, les montagnes de Blond (515 m.) ont grand air à cause de leur isolement. Dans les monts de Chalus, berceau de l'Isle, de la Dronne, de la Tardoire, un dôme a 546 m., à côté de quelques autres supérieurs à 500. Le heu le plus bas du département, là où la Gar tempe abandonne la Haute- Vienne pour la Vienne, étant à li25 m. au-dessus des mers, le département se trouve avoir 653 m. de pente.

Régime des eaux. — La Haute- Vienne divise ses torrents entre Loire, Gironde et Charente : torrents tout pareils les uns aux autres comme coulant sur les mêmes roches imperméables, et, comme tels, très sinueux, très raboteux, très abondants pendant les pluies, prompts à la diminution, à la sécheresse pendant les chaleurs, faute de grandes sources vives. Dans ce partage, la Loire triomphe, qui confisque environ 4.700 kil. q. ou plus des huit dixièmes du territoire (exactement 856/dOOO) ; la Gironde réclame 500 kil. q», ou le onzième de la circonscription ; la Charente, 300, soit un tout petit peu moins du dix-huitième.

U y a quelque 420 kil, entre le dép. de la Haute- Vienne et le lieu du cours de la Loire le plus rapproché, qui est la ville de Tours ; mais ce fleuve reçoit la Vienne, grand tributaire de gauche, et la Vienne est le cours d'eau essentiel de la Haute- Vienne. Elle a son principe dans le dép. de la Corrèze, sur le plateau de Millevaches, au bas d'un mamelon de 954 m., le mont Odouze, par 858 m. audessus des mers, et pénètre en Haute-Vienne par 540, au bout de 25 kil. seulement, à l'issue de 467 kil. q., et gros ruisseau pétulant plutôt que rivière ou même riviérette. Elle parcourt environ 140 kil. dans le département, dont elle ressort par 150 m. d'alt., large de 50, 60, voire parfois 80 à 100 (très rarement), et forte de 30 m. c, par seconde en eaux normales, avec crues de 400 m. c, étiage de 5 et, parait-il, de 2.400 lit. seulement au plus sec des années sèches (?) . Elle y coule d'abord vers le N. -0 . , puis le S.-O., puis encore le N.-O., puis l'O., dans une vallée très tortueuse, vraiment pittoresque, absolument charmante en été, avec ses rochers, ses prairies, ses arbres. Elle y baigne Eymoutiers, absorbe à g. la Combade, à dr. la Maude, traverse le Noblat, faubourg de la haute Saint-Léonard, s'augmente, à dr,, du Taurion, à Saint-Priest-Taurion, baigne la colline de Limoges où elle mord les piles de ponts du xiii® siècle, s'accroît à g. de la Briance, rencontre la ville d'Aixe, boit la Glane à Saint-Junien et passe en Charente au confluent de la

Gorre avant d'être navigable ou même seulement flottable.

Parmi ses tributaires, la Combade, qui a le haut de son cours en Corrèze, est presque exclusivement de Haute- Vienne; elle coule au bas de Châteauneuf-la-Forêt, au bas de Masléon et s'achève à Saint-Denis-des-Murs, par 260 m. ; cours, 35 kil. ; bassin, 200 kil. q. — La Maude ou Maulde, issue de la Creuse, du plateau de Royère et Gentioux, qui ne fait qu'un avec celui de Millevaches, voyage pendant 72 kil., pour 36 en ligne droite entre la source et l'embouchure : d'où son extrême tortuosité ; sur ces 72 kil. il y en a 40 pour la Haute-Vienne, et sur 320 kil. q., 160 ou juste la moitié ; sa cascade de 15m., au gour des Jarreaux, appartient à la Creuse, mais tout près de la Haute-Vienne ; elle passe près de Peyrat-le- Château et finit par 250 m., à 5 kii. S.-E. de Saint- Léonard. Etiage minimum de quelques centaines de litres, étiage officiel, 1.400 ; belles eaux de 3, 4, 5m. c, voire 9, abstraction faite des crues ; flots bruns rougeâtres comme ceux de la Combade, du Taurion, de la Briance, de la Vienne elle-même et de tous les courants du Limousin. — Le Tard, ou le Tarn, qui afflue à dr., au pied de Saint-Léonard, entre Maude et Taurion, a 15 kiL et draine 83 kil. q.— Le Taurion, Torion, Thaurion, Thorion, fils du même département, des mêmes plateaux que la Maude, n'a dans la Haute-Vienne que le cinquième de son déroulement, 25 kil. sur 125, et seulement 215 kil. q. sur 1.110 ; large de 30 m., ayant 2.300 lit. à l'étiage officiel (et bien moins aux eaux les plus basses), la saison des pluies lui donne 8, 12, jusqu'à 17 m. c, les crues à part. Pas de bourgs, de villages, dans ses gorges sinueuses; à l'embouchure, il a parcouru 15 kil. de plus que la Vienne, mais son bassin est moindre, son volume aussi ; il finit à 230 m. d'alt. — Le Palais, tributaire de droite entre le Taurion et Limoges, coule sous un haut viaduc (34 m.) du chemin de fer de Paris à Limoges ; cours, 17 kil., 63 kil. q. — L'Auzette et la Valoine, qui débouchent à Limoges, ne sont que des ruisseaux. — La Briance amène à la Vienne, à g., par 200m. d'alt., à 6 kil. sous Limoges, les eaux d'une partie de la région méridionale du département, contrée où commande le Gargan ; elle unit: la Grande Briance, partie de ce Gargan même; la Petite Briance (21 kil., 51 kil. q.), ruisseau de Saint- Germain-les-Belles ; le Blanzou (13 kil.), qui a son terme dans la ville de Pierrebuffière ; le Breuilh (17 kiL, 71 kil. q.), qui aboutit également à Pierrebuffière ; la Roselle (25 kil., 124 kil. q.) ; la Ligoure (21 kil., 115 kil. q.), qui se perd en Briance au bas des magnifiques ruines du château de Chalusset ; vaste ramure d'affluents qui ne fait pas de la Briance une rivière abondante, ou plutôt qui n'en fait pas une rivière bien pourvue en été; son étiage est des plus maigres. Elle passe devant la vieille abbaye de Solignac et, avant de s'abîmer en Vienne, sous un viaduc de 29 m. de haut (chem. de fer de Limoges à Bordeaux). — L'Aurance, tributaire de dr. (28 kil., 56 kil. q.), fille des monts d'Ambazac, et TAixette, tributaire deg. (25 kil., 82 kil. q.), fille des monts de Chalus, ont toutes deux leur embouchure à Aixe ; l'une et l'autre « n'existent pour ainsi dire plus au fort de l'été ». — La Glane, dite de Saint-Junien (car il y en a plusieurs autres en France (c'est, au vrai, un nom commun, équivalent à rivière, vallée), la Glane part du massif d'Ambazac et se fournit aussi aux montagnes de Blond; elle coule devant Nieul; riviérette à papeteries, de 40 kil. en un bassin de 280 kil. q., et dont le volume, eaux très basses et crues à part, se tient entre 500 et 2.000 litres, — La Gorre, affluent de g., longue de 36 kil. en une conque de 135 kil. q., se pourvoit aux monts de Chalus ; c'est le cours d'eau de Saint-Laurent « sur Gorre » qui a son embouchure par 150 m., là où la Vienne passe de Haute-Vienne en Charente.

Hors de la circonscription, la Vienne reçoit des courants en partie haut- viennois : Graine, Issoire, Grande Blourd et Creuse. — La Graine ou Grenue, affluent de g., est

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peu de chose ;' elle coule dans Kochechouart, où elle reçoit la Vayres, d'Oradour «sur Vayres » ; puis elle entre en Charente. 24 kil., 120 kil. q., dont la grande moitié au dép. de Limoges. — L'Issoire, tributaire de dr., qui s'achève aussi en Charente, au-dessous de Confolens, part des montagnes de Blond, à 12 kil. S.-O. de Bellac, et remplit un étang devant le bourg de Mézières ; 40 kil., 200 kil. q., dépendant bien moins de la Charente que de la Haute- Vienne ; eaux normales assez abondantes ; étiage, ll'O lit. seulement. — La Grande Blourd ou Bloue, tributaire de dr. qui s'achève dans le dép. de la Vienne, n'a dans celui de la Haute- Vienne que le haut des vallons de divers aftluenticules.

La Creuse ne touche pas le territoire ; mais la Gartempe le traverse dans la région septentrionale : née dans le dép. de la Creuse, près de sa capitale Guéret, elle s'insinue dans la Haute-Vienne après un assez bon bout de chemin (plus de 50 kil.), par 300 m. au-dessus des mers, et presque aussitôt elle s'incorpore l'Ardour (8 kil., 181 kil. q.), torrent presque entièrement creusot qui a coulé au N. du bourg « haut-viennois » de Laurière ; l'ayant reçu à côté du haut et beau viaduc de Rocherolles (chem. de fer de Paris à Limoges), elle roule en flots frais, pressés, bruyants, au bas des deux bourgs cantonaux de Dessines et de Châteauponsac, hume à g. la Couze, puis à dr. la SèmCj à g. le Vincou, et à dr. la Brame, au moment d'abandonner Haute-Vienne pour Vienne, par 125 m. audessus des mers : donc 175 m. de pente pour 74 kil. de descente ; elle fait plus que se doubler en Haute-Vienne, ayant passé de 2.300 à 4.997 lit. par seconde à Fétiage officiel, lequel est bien supérieur aux basses eaux réelles et à peu près égal à la moitié du volume normal. Ni navigable, ni flottable en son lit de roches raboteuses. — La Couze, dite limousine, en différenciation de nombre d'autres, a ses débuts dans les monts d'Ambazac; 31 kil., 147 kil. q. — La Sème ou Semme, évadée de la Creuse, suit longtemps d'assez près et plus ou moins parallèlement la rivé dr. de la Gartempe, dont elle se rapproche même à 1 kil. à côté de Châteauponsac ; 40 kil., 185 kil. q., domaine de Haute-Vienne beaucoup plus que de Creuse. — Le Vincou, notable aftluent également descendu du bombement d'Ambazac, remplit de grands et de petits étangs ; il serpente à 1.200 ou 1.^00 m. au N. de Nantiat, boit la Glayeule, frôle le pittoresque rocher de Bellac, où lui arrive la Bazine, et finit à 4 kil. N.-O. de cette ville. Cours, 42 à 43 kil. ; bassin, 300 kil. q. ; volume ordinaire variant entre i et 3 m. c. ; étiage de moins de 500 lit. — La Brame, issue de la Creuse, est la riviérette de Magnac-Laval, longue de 55 kil. en un étroit bassin de 200 kil. q. ; elle passe à 2 kil. au N. du Dorât, et, de même que tant d'autres courants de la Haute- Vienne, admet de nombreux déversoirs d'étangs.

Loin du territoire arrive à la Gartempe, près de la Roche-Posay, une rivière de 85 kil., d'un domaine de 1.715 kil. q., qui ne touche point la Haute-Vienne, mais au bassin de laquelle la Haute-Vienne contribue par trois cours d'eau, la Ben aise, l'Asse, le Salleron. Cette rivière s'appelle Anglin. La Benaise ou Benaize part de la Creuse, écorne la Haute- Vienne, puis la Vienne et finit dans l'Indre : quatre départements pour un cours de 75 kil. en une conque de 700 kil. q. : elle se promène au bas de Saint-Sulpice-les- FeuiUes; son maître tributaire, l'Asse, le ruisseau de Lussac-les-Eglises, a 35 kil. de développement ; né en Haute- Vienne, il meurt en Vienne. — La Salleron ou Saleron (45 kil. , 212 kil. q.) ne relève guère de la Haute- Vienne que par ses sources ; pour le reste, il est de Vienne et d'Indre.

La Gironde n'a dans la Haute- Vienne que les têtes de risle etdeplusieurs de ses affluents, -r- L'Isle, grand tributaire droit de la Dordogne, a dans le territoire de Limoges 29 kil. seulement, sur un cours total de 235 à 240 en un pays de 7.525 kil. q. auquel ont plus ou moins part six départements. Elle naît à 4 kil. S.~S.-E. deNexon,dans un massif de 443 m., par 365 m. d'alt., et passe en Dor-

dogne par 260. — La Loue, affluent gauche de l'Isle, longue de 48 kil. (avec 287 kil. q. de bassin), reste 20 kil. dans la Haute- Vienne où elle commence sur un massifde500m., rempUt des étangs et serpente au bas de Saint- Yrieix-Ja- Perche, puis elle entre en Dordogne. — L'Auvézère, affluent de gauche, atteint l'Isle dans la région d'amont de Périgueux après 103 kil. de cours en un pays de 937 kil. q.; tout ce qu'elle a de commun avec la Haute- Vienne, c'est sa source à 5 kil. S. de Saint-Germain-les-BelIes ; après quoi, immédiatement, elle se sauve en Corrèze, mais la Bouchouse ou Boucheuse, son autre branche mère, y coule pour plus de moitié de ses 32 kil. drainant 320 kil. q. ; elle laisse à droite Coussac-Bonneval et abandonne son département natal pour la Dordogne. — La Dronne, rivière de 189 kil. en 2.650 kil. q., se borne presque à naître en Haute-Vienne, non loin de Chalus, sur un massif de 546 m. et à écrêter ou border le département pendant 20 kil., puis elle finit en Dordogne.

La Charente n'a dans la circonscription que sa source à Chéronnac, à 9 kil. S.-S.-O. de Kochechouart, à moins de 300 m. au-dessus des mers, sur un massif de 323 m. seulement. Ce nom de Chéronnac concorde exactement avec celui du fleuve naissant, qui a pour nom réel : la Chérente. Au bout de quelques kilomètres, elle abandonne la Haute- Vienne pour le dép. auquel elle impose son nom. Les 300 kil. q. qu'elle égoutte en Haute- Vienne sont drainés presque tous par la Tardoire et le Bandiat. — La Tardoire naît dans les mêmes monts que la Dronne, à 3 kil. de Chalus, ville dont elle arrose le vallon ; elle coule à 3 kil. de ce Chéronnac d'où part la Charente, puis au pied des belles ruines du château du Lavauguyon, et, s'enfonçant dans des corridors creux, tournoyants, sort de Haute- Vienne et entre en Dordogne, ayant déjà parcouru 40 kil., soit un peu moins de la moitié de son voyage, et forte de 386 lit. en étiage, de 3 à 4 m. c. en volume ordinaire , d'après la Statistique officielle, qui est certainement bien au-dessus de la vérité. Comme on sait, passée, en Charente, des granits à l oolithe, elle filtre sous terre et cesse totalement de couler, sauf en crues, dans les environs de La Rochefoucault. Ainsi fait le Bandiat, qui a ses commencements dans ces mêmes monts du Chalus et n'a dans la Haute-Vienne que 14 kil. sur 80. Les pertes de ces deux rivières sont la raison d'être des magnifiques sources de la Touvre, l'une des merveilles de la nature en France ; et la Touvre est un cours d'eau superbe, principale branche estivale de la Charente.

La Statistique des cours d'eau^ usines et irrigations du dép. de la Charente nous apprend que les cours d'eau du territoire font marcher près de 700 établissements industriels, dont 480 moulins et minoteries, une cinquantaine d'huileries, une quarantaine de papeteries à paille ou à chiffons, une trentaine d'usines à kaolin ou à émail pour l'industrie delà porcelaine, plus de 20 filatures, 15 fabriques de draps, 10 forges, etc. La Vienne en anime plus de 100, le Vincou 45, la Brame plus de 40, ainsi que la Gorre, la Gartempe 40, la Glane 35, la Tardoire et la Sème une trentaine.

Climat. — Le climat de la Haute-Vienne est beaucoup plus dur que ne le comporteraient le peu de distance de la mer, égalisatrice des températures, et le voisinage très proche du 45^ de lat. qui marque la demi-distance entre le pôle et l'équateur. C'est que cette moitié du Limousin est à la fois un pays haut et un pays de roches dures, imperméables, froides, avec été et partie d'automne charmants, mais hiver et partie de printemps très froids, même dans la région inférieure à 500 m., voire à Limoges qui n'est qu'à 210-261, et où pourtant le thermomètre descend souvent à 10, 12, 15, plus encore jusqu'à 20 et au delà au-dessous de zéro. C'est bien ce qu'on doit attendre du climat dit auvergnat ou « limousin », l'un des plus rudes de la France, l'un des plus humides aussi : si Bellac ne reçoit annuellement que 722 millim. de pluie, moins que les 770 qui sont la moyenne officielle de l'en-

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semble de la France (moyenne d'ailleurs inférieure de beaucoup à la vérité), Saint-Léonard en reçoit 808, Eymoutiers 4.103; plus on va vers le S.-E., c.-à-d. plus on monte vers le plateau de Millevaches, plus grande est a précipitation annuelle.

Flore et Faune naturelles (V. France, § Flore ; France et Europe, § Faune).

Histoire depuis 1789. — Depuis la Révolution, depuis sa création aux dépens du Limousin, spécialement du Haut-Limousin, et de la Marche, spécialement de la Basse- Marche (et la Marche n'était en réalité qu'une dépendance du Limousin), aucun événement notable ne s'est passé dans le dép. de la Haute- Vienne : tout ce qu'on peut noter, c'est le grand développement des industries de Limoges, le développement quotidien de la langue nationale, qui y était à peu près inconnue auparavant, et le prêt à la France d'un certain nombre d'hommes remarquables, parmi lesquels on citera: Gorsas (1751-98), né à Limoges, jusqu'à un certain point célèbre comme étant le premier député guillotiné pendant la Révolution ; le grand orateur Vergniaud (1753-93), né à Limoges, guillotiné de même ; le botaniste Ventenat (1757-1808), né à Limoges; le théologien Tabaraud (1744-1832), né à Limoges ; le poète Jean Foucaud (1747-1818), moins célèbre comme politicien que comme poète patois ; le général de la République et de l'Empire Jourdan (1762-1833), né à Limoges ; le physicien Gay-Lussac (1778-1850), né à Saint- Léonard ; le chirurgien Dupuytren (1777-1835), né àPierrebuffière; Léon Faucher, homme politique (1803- 54), né à Limoges ; le médecin et anatomiste Cruveilhier (1791-1874), né à Limoges; Bugeaud de La Piconnerie (1784-1849), le conquérant de l'Algérie, né à Limoges; l'économiste Michel Chevalier (1806-79), né à Limoges; l'académicien de Loménie (1815-78), né à Saint- Yrieixla-Perche; le romancier Elie Berthet (1815-91), né à Limoges; le critique Emile Montégut (1825-95), né à Limoges ; l'écrivain humoristique Jules Noriac (1827-82), né à Limoges; l'orateur chrétien Berteaud (1798-1879), évêque de Tulle, né à Limoges; TavocatAUou (1820-88), né à Limoges. 0. Reclus.

Divisions administratives actuelles . — Arrondissements. — Le dép. de la Haute- Vienne comprend 4 arrondissements : Limoges, Bellac, Rochechouart, Saint- Yrieix ; ils sont subdivisés en 27 cantons et 203 communes. On en trouvera plus loin le détail.

Justice. 1*olïce. — Le département ressortit à la cour d'appel de Limoges. Limoges est le siège des assises. Il a 4 tribunaux de première instance (1 par chef-lieu d'arr.) ; 1 tribunal de commerce à Limoges ; 1 justice de paix par canton. Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 1894, de 172 gendarmes (34 brigades), 9 commissaires de police, 51 agents de police, 22 gardes champêtres, 147 gardes particuliers assermentés, 4 gardes forestiers. Il y eut 4.275 plaintes, dénonciations et procès- verbaux.

Finances. — Le département possède 4 directeur et 1 inspecteur des contributions directes à Limoges, 1 trésorier-payeur général à Limoges, 3 receveurs particuliers à Bellac, Rochechouart et Saint- Yrieix, 2 percepteurs de ville à Limoges, 1 directeur, 1 inspecteur, 3 sous-inspecteurs de l'enregistrement ; 4 conservateurs des hypothèques (1 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 1 directeur et 2 inspecteurs à Limoges, 1 receveur principal entreposeur pour Limoges et Saint- Yrieix, 2 receveurs entreposeurs à Bellac et à Rochechouart.

Instruction purlioue. — Le dép. de la Haute- Vienne relève de l'Académie de Poitiers. Il y a une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie à Limoges (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 383). L'inspecteur d'Académie réside à Limoges. Il y a 4 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans 1 lycée à Limoges (lycée Gay-Lussac) et dans 2 collèges communaux à Ey-

moutiers et à Saint- Yrieix. Il existe 3 écoles primaires supérieures de garçons à Bellac, Saint-Junien et Saint- Léonard. Il y a 5 écoles libres congréganistes. Des cours complémentaires pour les garçons existent au Dorât. Il y a des écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices à Limoges. L'enseignement professionnel est représenté par l'Ecole nationale d'art décoratif de Limoges (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 398), 4 école de commerce à Limoges, et 1 chaire d'agriculture, à Limoges.

Cultes. — Le département forme pour le culte catholique (avec le dép. de la Creuse) le diocèse de Limoges, suiFragant de Bourges. Le département compte (au 4®^ nov. 4894) : 2 vicaires généraux, 8 chanoines, 38 curés, 479 desservants, 23 vicaires. — Le culte réformé compte seulement 4 pasteur.

Armée. — Le dép. de la Haute- Vienne appartient à la 42® région militaire (Limoges). Le quartier général du 42® corps d'armée est à Limoges. La 45® brigade d'infanterie et la 12® brigade de cavalerie ont leur siège à Limoges. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme les 4^® (Limoges) et 2® (Magnac-Laval) subdivisions du 42® corps d'armée.

Divers. — Le département ressortit à la 42® légion de gendarmerie (Limoges) , à la division minéralogique du Centre (arr. de Poitiers), à la 11® inspection des ponts et chaussées, à la 7« région agricole (0.), à la 21® conservation des forêts (Moulins). Le département possède 4 chambre de commerce à Limoges.

Démographie. — Mouvement de la population. — Le recensement de 4896 a constaté, dans le dép. de la Haute-Vienne, une population totale de 375.724 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :

Il résulte de ces chiffres que la population du dép. de la Haute-Vienne a augmenté d'une façon presque continue depuis le commencement du xix® siècle.

Pour 1.000 hab. recensés en 4804, on en comptait 4.484 en 1886. Le mouvement d'augmentation a été plus rapide dans l'arr. de Limoges que dans les autres parties du département, comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 4804 et 4896, arr. par arr. :

ARRONDISSEMENTS

tas

la

as

Limoges

Bellac

Rochechouart

Saint-yrieix ....

Totaux

+ 57,6 + 4 -fl6,3 + 16,8

Voici les chiffres absolus pour la dernière période :

ARRONDISSEMENTS

Limoges

Bellac

Rochechouart

Saint- Yrieix

Totaux

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Au point de vue de la population totale, le dép. de la Haute-Vienne venait, en 1896, au 37® rang des départements français. Au point de vue de la population spécifique, il était le 31®, avec ilne densité (68 hab. par kil. q.) à peu près égale à la moyenne française (72 hab. par kil. q.).

La population des chefs-lieux d'arrondissements se répartissait, en 4896, de la manière suivante :

VILLES

Population municipale agglomérée

ce

Totale

Limoges

Bellac

Rochechouart

Saint' Yrieix

La population éparse est (en 4891) de 646 hab. pour 4.000, proportion presque double de la moyenne française (366 pour 4.000), et qui montre la prédominance de l'élément rural.

La population se répartit comme suit entre les groupes urbains et ruraux :

POPULATION

au 30 mai 1886

Urbaine 406.446

Rurale...... 256.736

Total 363.482

POPULATION

au 29 mars 1896

Urbaine 444.504

Rurale 264.223

Total 375.724

Le nombre des communes urbaines (plus de 2.000 hab. agglomérés) était en 4896 de 8, occupant une surface totale de 44.447 hect., contre 544.406 hect. occupés par les 495 communes rurales (superf. totale du département d'après le cadastre, 555.523 hect.).

Voici quelle était l'importance relative des populations urbaine et rurale aux recensements de 4856, 4872, 4886 et 4896, pour 400 hab. :

Population urbaine. . . 24,94 26,76 29,23 30,04 — rurale... 78,09 73,24 70,77 69,96

La population rurale prédomine et forme près des 3/4 de la population totale, alors que dans l'ensemble de la France elle forme seulement 60 ^1^ du total de la population.

Le mouvement delà population en 4898 se traduit par les chiffres suivants : naissances légitimes, 8.403 dont 4.283 du sexe masculin et 4.420 du sexe féminin ; naissances naturelles, 569 dont 287 du sexe masculin et 282 du sexe féminm : soit un total de 8.972 naissances. Il y eut 344 mort-nés. Le nombre des décès fut de 7.608, dont 3.973 du sexe masculin et 3.635 du sexe féminin. Le nombre des mariages a été de 2.907, celui des divorces de 34. En résumé, la proportion des mariages est (en 4894) de 8,03 pour 4.000 hab., celle des naissances de 24,5 Voo, celle des décès de 20,8 <»/oo. Sur l'ensemble de la France, on constate par 4.000 hab. 8 mariages, près de 23 naissances et un peu plus de 20 décès. La situation démographique du département est donc satisfaisante.

Voici par arr. et cant. la liste des communes dont la population agglomérée en 4896 dépassait 4. 000 hab. Les chiffres de superficie ne sont pas rigoureusement exacts, parce que nous attribuons toute la superficie des villes divisées entre plusieurs cantons au premier de ces cantons dans la liste. Les surfaces cantonales sont indiquées d'après ïa Situation financière des communes (année 4900) :

Arrondissement de Limoges (40 cant. , 84 com. , 205.493 hect., 486.477 hab.). — Cant, d'Aixe-sur-Vienne (10 com., 49.454 hect., 43.277 hab.) : Aixe-sur- Vienne, 3,699 hab. (2.264 aggl.). — Cant, d'Ambazac (7 com. ,

49.402 hect., 10.670 hab.). — Canl. de ChâteawieUf (40 com., 23.088 hect., 12.549 hab.). ~ Cant. d'Eijmoutiers (44 com., 37.207 hect., 47.497 hab.): Eymoutiers, 4.557 hab. (2.559 aggl.). -- Gant, de Lau- Hère (7 com., 46.594 hect., 9.804 hab.). — Cant, de Limoges (N.) (4 com., 42.224 hect., 58.408 hab.): Limoges, 77.703 hab. (72.048 aggl.). — Cant. de Limoges (S.) (8 com., 44.770 hect., 33.532 hab.): Limoges (S.), 24.324 hab. (23.446 3iggL).-~ Cant. de Nieul (6 com., 45.455 hect., 7.958 hab.). — Cant. de Pierre-Buffière (9 com., 20.580 hect., 9.209 hab.). — Cant. de Saint-Léonard (40 com., 25.507 hect., 43.906 hab.) : Saint-Léonard, 5.630 hab. (3.045 aggl.).

Arrondissement de Bellac (8 cant., 65 com., 479.006 hect., 83.576 hab.). — Cant. de Bellac (6 com., i9.S90 hect., 44.263 hab.) : Bellac, 4.774 hab. (4.044 aggl.). •— Cant. de Bessines (6 com., 45.764 hect., 9.427 hab.). — Cant. de Châteauponsac (6 com., 47.739 hect., 9.532 hab.) : Châteauponsac, 4.025 hab. (4.040 aggl.). — Cant. duDorat (42 com., 28.689 hect., 44.744 hab.) : Le Dorat, 2.835 hab. (2.485 aggl.). — Çant. de Magnac- Laval(6 com., 22.089 hect., 40.264 hab.) : Magnac-Laval, 4.409 hab. (4.788 aggl.). — Cant. de Mézières-sur- Issoire (9 com,, 24.974 hect., 40.242 hab.). — Cant. de Nantiat (44 com., 24.295 hect., 44.629 hab.). — Cant. de Saint- Sulpiçe-les- Feuilles (9 com., 23.099 hect., 9.838 hab.).

Arrondissement de Rochechouart (5 cant., 30 com., 80.073 hect., 56.472 hab.). — Cant. d'Oradour-sur- Vayres (5 com,, 42.774 hect., 9.307 hab.) — Cant. de Rochechouart (5 com., 43.982 hect., 9.453 hab.) : Rochechouart, 4.540 hab. (4.936 aggl.) — • Cant. de Saint-Junien (7 com., 49.937 hect., 48.254 hab.) : Saint-Junien, 9.674 hab. (6.025 aggl.). — Cant. de Saint-Laurent- 'Sur-Gorre (6 com., 44.794 hect., 9.007 hab.) — Cant. de Saint-Mathieu (7 com., 48.344 hect., 40.454 hab.).

Arrondissement de Saint- Yrieix (4 cant., 27 com., 94.254 hect., 49.499 hab). — Cant. deChâlus (7 com., 45.844 hect., 9.675 hab.) : Châlus, 2.589 hab. (4.593 aggl.). — Cant. de Nexon (8 com., 24.949 hect., 44.560 hab.). — Cant. de Saint-Germain-les-Belles (8 com., 27.273 hect., 43.041 hab.). — Cant. de Saint- Yrieix (^ com,, 26.672 hect., 44.953 hab.) : Saint- Yrieix, 8.467 hab. (3.829 aggl.).

Les principaux centres de population se trouvent dans la partie la moins montagneuse du département, située à TO.

Habitations. —- Le nombre des centres de population (hameaux, villages ou sections de communes) était en 4896 de 8.004 dans le dép. delà Haute-Vienne. Le nombre des maisons d'habitation était de 66.068, dont 64.447 occupées en tout ou en partie, et 4.954 vacantes.

Etat des personnes. — D'après la résidence. — On a recensé, en 4896, 7.924 individus isolés et 76.763 familles, plus 403 établissements comptés à part, soit un total de 84.790 ménages. H y a 7.924 ménages composés d'une seule personne; 44.774, de deux personnes ; 46.418, de trois personnes ; 44.757, de quatre personnes; 41.999, de cinq personnes ; 8.780, de six personnes ; 43.058, de sept personnes et davantage. La proportion d'isolés est (en 4894) presque moitié moindre de celle de l'ensemble de la France (8S sur 4 .000 ménages, au heu de 452).

D'après le lieu de naissance. — Classée d'après le lieu de naissance, la population de la Haute- Vienne se divisait, en 4896, en :

Français nés dans la commune où ils habitent . 245 . 206

— dans une autre com . du département . . 442.346

— dans un autre département 40 .644

— en Algérie ou dans une colonie française . 96

— nés à l'étranger 477

Soit un total de 368.409 Français de naissance.

Il faut y ajouter, en premier lieu, 21 naturalisés ; en second lieu, 297 étrangers.

D'après l'état civil. — Classée par sexe, la population de la Haute- Vienne se répartit {en 4896) en 182.204 hommes et 486.526 femmes ; c'est une proportion (en d891) de 4.043 femmes pour 1.000 hommes (moyenne française, 4 .044). L'âge moyen des hommes est de 29 ans 4 mois 40 jours, ceJui des femmes de 29 ans 44 mois.

D'après la profession. — La population de la Haute- Vienne se décompose par profession de la manière suivante (en 4894). On classe sous chaque rubrique, non seulement ceux qui exercent la profession, mais aussi la totalité des personnes qui en tirent leur subsistance :

Agriculture 203 . 492 soit 558 «/oo

Industries manufacturières. .. . 82.357 — 224 —

Transports 6 .830 — 49 -■

Commerce 29.075 — 79 -

Force publique 8.562 — 23 —

Administration publique 5.528 — 45 ^ —

Professions libérales 7 . 664 ■— 20 —

Personnes vivant exclusivement

de leurs revenus. 46.730 — 46 •— -

En outre, 42.640 gens sans profession et individus non classés (enfants en nourrice, étudiants ou élèves de pensionnats vivant loin de leurs parents, personnel interne des asiles, hospices, etc.), ou de profession inconnue. Au point de vue social, la population comprend (en 1891) : 68.240 patrons, 10.201 employés, 49.687 ouvriers. Les personnes inactives de leurs familles sont au nombre de 232.110, plus 21.166 domestiques.

Etat économique. — Propriété. — La statistique décennale de 1892 accusait une surface cultivée totale de 470.191 hect., dont 460.870 appartenant à des particuliers, 1 à l'Etat, 3.091 aux communes, etc. Des 460.870 hect. appartenant aux particuliers, 283.898 étaient des terres labourables, 127.673 des prés naturels, herbages et vergers, 156 des vignes, 4.366 des jardins de plaisance et parcs, 44.777 des bois et forêts. Le nombre des cotes foncières était, en 1893, de 158.889 dont 85.775 non bâties et 73.114 bâties.

L'enquête faite par l'administration des contributions directes en 1884 a relevé, dans le dép. de la Haute- Vienne, 52.098 propriétés non bâties imposables, savoir : 32.161 appartenant à la petite propriété, 18.822 à la moyenne propriété, 1.115 à la grande propriété.

Nous donnons ci-après un tableau indiquant le nombre et la contenance des cotes foncières non bâties (en 1894).

967 — VIENNE

La valeur de la propriété bâtie était évaluée (d'après l'enquête de 1887-89) de la manière suivante :

DESIGNATION

Petite propriété :

Biens de moins de 1 hect, -- de 1 à 5 hect

Moyenne propriété :

Biens de 5 à 10 hect

— de 10 à 20 --

-• de 20 à 30 —

— de 30 à 40 ~

— de 40 à 50 —

Grande propriété :

Biens de 50 à 100 hect . . .

— de 100 à 200 - ...

— de 200 à 300 — , . .

Au-dessus de 300 — ...

Totaux

NOMBRE

des cotes

SUPERFICIE

(en hectares)

On voit par ce tableau que la petite propriété occupe 123.844 hect., la moyenne 215.329 hect. et la grande 192.303 hect. La contenance moyenne d'une cote foncière est de 10^®^\20, alors que la moyenne française est de 8^®^\65. La moyenne propriété domine.

Maisons 73.546

Usines

Francs

Nombre (en 1897).

Valeur locative réelle

Valeur vénale (en

Il faut y ajouter 532 bâtiments publics (asiles, presbytères, préfectures, etc.), d'une valeur locative réelle (en 1887) de 155.600 fr. — La part du département dans la valeur de la propriété bâtie sur le sol français représente 1/219® de la valeur totale.

Agriculture. — L'agriculture fait vivre 203.492 personnes (en 1891), soit 558 hab. sur 1.000, alors que dans l'ensemble de la France cette proportion atteint seulement 460. Le dép. de la Haute-Vienne est donc un département surtout agricole.

D'après l'assiette de la contribution foncière, la valeur du sol non bâti du dép. de la Haute-Vienne représente environ le 1/154® de la valeur totale du sol français.

Nous donnons ci-après un tableau indiquant la superficie et le rendement des principales culture^ en 1898 :

CULTURES

Froment

Méteil

Seigle

Orge

Avoine

Sarrasin

Maïs

Pommes de terre

Betteraves fourragères..

Trèfle

Prés naturels et herbages Colza, ,

Chanvre •

Lin

Pommes à cidre

Châtaignes

Noix

Vignes

SUPERFICIE PRODUCTION

Hectares 50.200

Hectolitres 763.040 Quintaux 598.990 Hectolitres 8.410 986.400 11.000 338.200 402.780 26.690 Quintaux 2.251.330 1.153.200 358.110 4.395.660 19.205 Filasse 13.750 ((Graine 6.665

k Filasse 665 i' Graine 570 48.510 371.400 6.480 Hectolitres

Dans la période décennale 1890-99, la production moyenne annuelle de froment fut seulement de 582.650 hectol. ; celle du seigle atteignit 826.800 hectol. ; celle de l'avoine était de 276.160 hectol. Les rendements sont un peu au-dessous de la moyenne française. La valeur de la récolte du sarrazin était, en 1899, de 4.317.800 fr. ; celle du seigle, de 9.972.500 fr., etc.

D'après l'enquête décennale de 1892, ily avait 24.286 hect. de prairies irriguées naturellement par les crues des rivières, 61.258 hect. de prairies irriguées à l'aide de travaux spéciaux, 14.552 hect. non irrigués, 20.457 hect. d'herbages pâturés dits de plaines, 8.285 hect. d'herbages pâturés de coteaux, 431 hect. d'herbages pâturés de montagnes.

Les fourrages verts annuels étaient cultivés sur 5.767 hect., dont 1.235 de trèfle incarnat, 1.044 de vesces ou dravières, 38 de choux fourragers, 167 de seigle en vert, 3.236 de maïs fourrage, etc. Il y avaitH .459 hect. de prés temporaires. La production était, en 1 892, de 272.61 5 quintaux, valant 804.704 fr. pour le mais fourrage.

La culture des arbres fruitiers est importante. La statistique décennale de 1892 accusait les résultats suivants pour les cultures arbustives : pommes et poires, 195.596

VIENNE — 908

hectol. ; pêches et abriôots, 730 hectol. ; prunes, 3.385 hectol. ; cerises, 4.998 hectol. ; noix, 2.598 hectol, ; châtaignes, 382.100 hectol. La châtaigne forme la nourriture principale du paysan. — La récolte du cidre était, en 1898, de 82.739 hectol., et la moyenne décennale de 4889-98, de 62.562 hectol.

La vigne n'est cultivée que sur 214 hect. La récolte de 1898 fut seulement de 606 hectol., d'une valeur de 19.998 fr. La moyenne décennale annuelle de 1888-97 était de 727 hectol.

Les jardinspotagers et maraîchers occupaient, en 1892, une superficie de 3. 959 hect. , dont 2. 659 hect. cultivés en légumes secs (haricots, pois, fèves, féveroles, lentilles, etc.), 1.388 hect. cultivés en carottes, navets, choux, etc.

La surface occupée par les forêts est estimée à 45.490 hect. : 433 hect. appartiennent aux communes et 45.057 hect. à des particuliers. Il y a 3.288 hect. en futaie, le reste est en taillis. La production du bois mis en coupe est évaluée à 153.686 m. c. par an.

L'élevage est assez prospère. Le nombre des animaux de ferme existant au 31 déc. 1899 était :

Espèce chevaline 8 . 580

— mulassière 630

— asine 6.750

■- bovine 241.320

— ovine 628.530

— porcine 196 . 390

— caprine 13.260

Les chevaux appartiennent à la race limousine (V. Race, § Zootechnie, t. XXVIII, p. 37). — Les bêtes bovines appartiennent à la variété limousine de la race d'Aquitaine (V. le même art., t. XXVIII, pp. 31-32). — La production du lait fut, en 1899, de 215.390 hectol., d'une valeur de 3.801.610 fr., celle du beurre était seulement de 155.774 kilogr. (en 1892), d'une valeur moyenne de 1 fr.79 le kilogr. La fabrication des fromages a donné (en 1892) 316.178 kilogr. d'une valeur totale de 217.520 fr. — Le nombre des moutons est très élevé. La production de la laine était, en 1899, de 2.430 quintaux, valant 364.500 fr. — Les basses-cours ont une grande extension et comptaient (en 1892) 588.000 poules, 22.000 oies, 57.000 canards, 6.000 dindons, 4.000 pintades, 62.000 pigeons, 204.000 lapins, etc. — L'apiculture est très développée. Il y avait (en 1899) 25.160 ruches d'abeilles en activité, ayant produit 75.470 kilogr. de miel et 30.190 kilogr. de cire d'une valeur globale de 124.370 fr. — H y a une ferme-école à Limoges.

Les exploitations agricoles sont peu étendues, généralement 5 à 6 hect. : 32.161 ont moins de 5 hect., 8.283 de 5 à 10 hect., 9.600 de 10 à 40 hect., 2.054 plus de 40 hect. Le nombre des propriétaires cultivant euxmêmes leurs terres est de 35.132, exploitant des domaines d'une étendue moyenne de 5'^®<'*,56, celui des fermiers est de 5.812, celui des métayers est de 12.396.

Industrie. — L'industrie fait vivre 82.357 personnes (en 1891), soit 224 hab. sur 1.000 (moyenne française, 250). Elle est peu développée.

Mines et carrières. Le total des concessions minières était, au l®*" janv. 1900, de 2 seulement pour une superficie totale de 8.520 hect. de terrains exploités (cuivre, étain, antimoine, etc.).

Le dép. de la Haute- Vienne ne produit pas de combustible minéral. Pour la consommation, il emploie 122.400 tonnes, valant en moyenne 37 fr. 02 la tonne sur les lieux de consommation, soit 4.530.700 fr. en tout. Le total de cette quantité vient du dehors. Le département achète 53.000 t. à l'Aveyron (Aubin), 23.700 t. au Tarn (Car maux), 10.400 t. àla Creuse (Ahun), 8.400 t. au Cantal (Champagnac), etc.

Les carrières ont fourni les résultats suivants en 1899 :

POIDS VALEUR

en tonnes en francs

Pierre de taille dure 5 . 554 1 02 . 850

Moellon 65.748 65.748

Sable et gravier pour mortjer et

béton 26.371 56.280

Pavés 6.758 150.180

Kaolin 9.455 680.760

On exploitait seulement 6 carrières souterraines (granit, feldspath) et 539 à ciel ouvert, où travaillaient 1 .500 ouvriers. Sur le nombre total des exploitations, 506 étaient des exploitations temporaires, les autres étaient continues. Le kaolin est la principale richesse minière du dép. de la Haute-Vienne (V. CÉRAMrQUE).

Industries manufacturières. Il existait, en 1899, dans le dép. de la Haute-Vienne, 368 établissements faisant usage de machines à vapeur. Ces appareils, au nombre de 434, d'une puissance égale à 6.070 chevaux-vapeur (non compris les machines des chemins de fer et des bateaux), se décomposaient en :

84 machines fixes d'une force de 3.728chev.-vapeur.

83 — mi-fixes — 714 —

265 — locomobiles — 1.612 —

2 — locomotives — .16 —

La force des machines en chevaux-vapeur se répartissait de la manière suivante entre les principaux groupes industriels :

Mines et carrières 73chev. vapeur.

Usines métallurgiques 173 —

Agriculture 1 . 447 —

Industries alimentaires 333 —

— chimiques et tanneries. . 1.184 —

Tissus et vêtements 369 —

Papeterie , objets mobiliers et

d'habitation 651 —

Bâtiments et travaux 1 . 776 —

Services publics de l'Etat 64 —

L'industrie textile n'a qu'un faible développement ((^roguet, flanelle, couvertures dites limousines, etc.).

L'industrie du fer est représentée par la fonte moulée en deuxième fusion, qui occupait (en 1897) 10 usines, qui ont produit 1.132 tonnes, d'une valeur totale de 283.000 fr.

L'industrie de la porcelaine est très importante. Les ateliers de Limoges occupent environ 5.000 ouvriers et produisent 15.000.000 de fr. d'objets céramiques par an.

Il existait, en 1899, dans le dép. de la Haute-Vienne, un total de 78 syndicats professionnels, dont 22 syndicats patronaux (616 membres), 46 syndicats ouvriers (4.283 membres), 6 syndicats mixtes (409 membres) et 4 syndicats agricoles (1.176 membres).

Commerce et circulation. — Le commerce fait vivre 29.075 personnes (en 1891), soit 79 7oo (moyenne française, 103). Il y faut ajouter 6.830, soit 19 <*/oo, qui vivent de l'industrie des transports (moyenne française, 30). Le commerce est assez développé. En effet, le montant des opérations de la succursale de la Banque de France à Limoges était, en 1898, de 92 millions 485.900 fr., sur un total général de 16 milliards 569 millions pour la France entière, c.-à-d. prèsde 1/173^ de ce total pour le dép. de la Haute- Vienne.

Le nombre des patentes est peu élevé. Il y avait (en 1894) 59 hauts commerçants et banquiers, 9.192 commerçants ordinaires, 1 .855 industriels, 446 exerçant des professions libérales.

Voies de communication. Le dép. de la Haute- Vienne avait, au 1®^ janv. 1899, une longueur totale de 377 kil. de routes nationales, 176 kil. de routes départementales, 2.600 kil. de chemins de grande communication et 2.500 kil. de chemins vicinaux ordinaires, plus 1.056 kil. en construction ou en lacune.

Le dép. de la Haute- Vienne est traversé en 1902 par 9 lignes de chemin de fer d'une longueur totale de 452 ML, dont 40 kil. en construction. Ce sont des lignes d'intérêt général exploitées par la compagnie d'Orléans. En voici la liste :

1" La ligne de Paris à Toulouse, par Limoges et Saint- Yrieix (108 kil. dans le dép. de la Haute-Vienne). — 2^ La ligne de Limoges à Clermont-Ferrand, par Eymoutiers (54 kil.). — 3° La ligne de Limoges à Angoulême (49 kiL). — 4^ La ligne de Limoges au Dorât, par Bellac (54 kil.). — 5^ La ligne de Limoges à Brive par Pierre-Buffière (43 kil.). — 6** La ligne de Limoges à Péri|ueux (18 kil.). — l*" L'embranchement de Saint- Sulpice-Laurière à Montmorillon (43 kil.), qui se détache de la ligne n*' 1. — 8** L'embranchement de Saint-Sulpice-Laurière à Montluçon (7 kil.), qui se détache de la ligne n^ 1 . — 9° La ligne de Saillat à Bussière-Galant, par Piochechouart (41 kil.). — Plusieurs lignes sont en construction (Confolens à Bellac, Le Dorât à Magnac- Laval, Bussière-Galant à Saint- Yrieix). — Le département possède un tramway départemental, pour un parcours de 8 kil. (Saint-Yrieix à La Juvénie).

Le service postal et télégraphique était assuré (en 1894) par 28 bureaux de poste, 2 bureaux télégraphiques et 36 bureaux mixtes, ayant produit une recette postale de 889.348 fr., et une recette télégraphique de 85.800 fr.

Finances. — Le dép. de la Haute-Vienne a fourni, en 1896, un total de 13.960.403 fr. 58 au budget général de la France. Les rôles de 1898 comprenaient : 335 billards, 16 cercles, 1.237 vélocipèdes et 32.086 chiens imposés. Ces chiffres indiquent une situation très prospère.

Les revenus départementaux ont été en, i 896, de 2 millions 64.305 fr. 17.

Les dépense:3 départementales se sont élevées à 2 millions 145.721 fr. 72.

A la clôture de l'exercice 1897, la dette départementale était en capital de 3.047.248 fr. 39.

Le nombre total des centimes départementaux était de 64,31 dont 39,31 portant sur les quatre contributions directes. Le produit du centime départemental portant sur les quatre contributions était de 21.898 fr. 08, celui du centime portant seulement sur les contributions foncière et personnelle-mobilière atteignait 14.192 fr.82.

Les 203 communes du département avaient, eiî 1898, un revenu global de 3.361.107 fr. , correspondant à 2 millions 943.839 fr. de dépenses. Le nombre total des centimes pour dépenses tant ordinaires qu'extraordinaires était de 9.011, dont 4.948 extraordinaires, soit une moyenne de 44 cent, par commune.

Il y avait 1 commune imposée de moins de 15 cent., 35 imposées de 15 à 30 cent., 110 de 31 à 50 cent., 56 de 5i à 100 cent, et 1 au-dessus de 100 cent. — La dette communale, au 31 mars 1897, se montait à 11.150.658 fr. L'accroissement de la dette communale était d'un peu plus de 3.000.000 de fr. (après Seine-et- Oise et l'Aude). — Le nombre des communes à octroi était (en 1897) de 12, le produit net des octrois se montait à 1.717.018 fr.

Etat intellectueL — Au point de vue de l'instruction, le dép. de la Haute-Vienne est, avec le Morbihan, le plus arriéré de la France entière.

En 1896, sur 3.761 conscrits examinés, 711 ne savaient pas lire. Cette proportion de 189 illettrés sur 1.000 (moyenne française, 52 °/oo) place le dép. de la Haute- Vienne au 89® rang (sur 90 départements) parmi les départements français. Pour l'instruction des femmes, il est au 83® rang (sur 87 dép.), avec 707 femmes pour 1.000 ayant signé leur acte de mariage. La proportion pour les hommes est de 766 *^/oo.

Durant l'année scolaire 1896-97, voici quelle était la situation scolaire :

VIKNNE

1^ Ecoles primaires élémentaires et supérieures

Ecoles laïques Ecoles congréganistes

publiques privées publiques privées ^°'*"^

Nombre des écoles 505 29 26 80 640

Instituteurs 494 ^^47^ 541

Institutrices 417 ^67^ ^ 684

Elèves garçons... SfAoT^^^m ^72 2.153 29.743 — filles 19.063 513 2.643 6.471 28.690

2<* Ecoles maternelles

Ecoles laïques Ecoles congréganistes

publiques privées publiques privées Nombre d'écoles.. 12 1 5 5 23

Institutrices 25 1 7 8 41

Garçons 1.508 50 372 226 2.156

Filles 1.185 38 366 337 1.926

L* enseignement primaire supérieur public est représenté, pour les garçons, par 3 écoles, qui avaient, en

1897, 172 élèves.

Le total des ressources de l'enseignement primaire public était, en 1894, de 1.292.539 fr. 98.

Il existait 30 caisses des écoles, avec 20.027 fr. de recettes et 17.207 fr. de dépenses.

L'enseignement secondaire se donnait aux garçons dans 1 lycée (Limoges) comprenant (en 1898) 551 élèves, dont 119 internes, et 2 collèges communaux (Eymoutiers et Saint-Yrieix).

Assistance publique. — L'assistance publique est médiocrement organisée dans le dép. de la Haute- Vienne. Les bureaux de bienfaisance étaient, en 1892, au nombre de 34, desservant une population de 168.504 hab. ; ils assistèrent 11. 206 personnes, dont 16 étrangers. En 1898, le nombre des secourus s'élevait à 9.857 personnes, dont 56 étrangers, le total des recettes à 167.328 fr., celui des dépenses à 177.333 fr. — Le nombre des hôpitaux et hospices est (en 1898) de 9 desservis par 27 médecins et disposant de 1.218 lits. Le budget se montait à 596.305 fr. pour les recettes et 597.535 'fr. pour les dépenses de l'année. Il fut soigné 4.197 malades dont 264 décédèrent ; 277 infirmes et vieillards dont 45 décédèrent; 1.675 enfants assistés dont 50 décédèrent. En outre, 844 enfants étaient secourus à domicile. — Un asile départemental d'aliénés existe à Naugeat. Au 31 déc.

1898, le département y entretenait 367 aliénés, dont 176 femmes. La dépense totale était de 129.957 fr. 40, dont 78.046 fr. 30 fournis par le département. — L'assistance privée était représentée (en 1892) par 27 établissements et 37 sociétés diverses. E.-D. Grand.

BiBL. V. Limousin, Limoges. Bellac, Rochechouart, Saint-Yrieix, etc. -- Annuaire du dép. de la Haute- Vienne. ~ Statistique de la France, in-4 et in-8, et annuaire statistique de la France, in-8, en particulier ceux de 1886, 1894 et 1899 (mieux établis que les autres). — Dénombrements, particulièrement ceux de 1886, 1891 et 1896, avec les résultats développés. — Statistique agricole, DB l'industrie minérale, Etats de situation de l'enseignement primaire. Statistique de l'enseignement primaire. Situation financière des communes, des départements^ Comptes définitifs de chaque exercice. — Ad. Joanne, Géographie du dép. de la Haute-Vienne ; Paris, 1899,in-16, 6« éd.

— Texier-Olïvier, Statistique générale du dép. de la Haute-Vienne ; Paris, 1808, in-4. — Peuchet et Chan- LAiRE, Statistique de la Haute-Vienne ; Paris, 1811, in-4. — • Arbellot, Revue archéologique et historique de la Haute- Vienne; Limoges, 1854, in-18. — Abbé A. Lecler, Monographie du canton de Châteauneuf-la-Forêt ; Limoges, 1875, in-8. — Du même, Monographie du canton de Chàteauponsac ; Limoges, 1872, in-8. — Du même, Monofifraphie du canton de Bessines; Limoges^ 1873, in-8. — Du môme, Monogr. ducant. de Nantiat; Limoges, 1869, in~8.

— Anonyme (A. Lerouxj, Archives révolutionnaires de la Haute-Vienne; Limoges, 1889, in-8. — A. Fray-Fournier, Bibliographie de l'histoire de la Révolution dans le dép. de la Haute-Vienne ; Limoges, 1894, in-8.

YIENNE-en-Arthies. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Mantes, cant. de Magny-en-Vexin ; 283 hab.

VI EN NE-EN- Val. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Jargeau; 1.017 hab.

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