VIENNE — VIERGE
VI EN NE-LA- Ville. Com. du dép. de la Marne, arr. de Sainte-Menehould, cant. de Ville-sur-Tourbe ; 445 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VIENNE-le-ChAteau. Com. du dép. de la Marne, arr. de Sainte-Menehould, cant. de Ville-sur-Tourbe; 1.402 hab. Eglise des xii^-xvm® s.
VIENNE (Jean de), amiral de France, né vers i32"2, mort en 4396. D'une famille issue des anciens comtes de Bourgogne, il servit avec éclat sous Charles V et Charles VI contre les Anglais et était gouverneur de Calais (V. ce mot) lors du siège de cette ville par Edouard III. En 4377, il fit une descente en Angleterre, prit et brûla Rye (comté de Sussex) et saccagea l'île de Wight. Jean de Vienne suivit le duc de Bourbon en Barbarie, assista au siège de Carthagène, se joignit en 4396 aux seigneurs français qui marchaient au secours du roi de Hongrie contre Bajazet P^ et périt à la bataille de Nicopolis, où il commandait Tavant-garde.
VI EN N ET (Jean-Pierre-Guillaume), littérateur et homme politique français, né à Béziers (Hérault) le 48 nov. 4777, mort au Val-Saint-Germain (Seine-et-Oise) le 44 juil. 4868. Entré à vingt et un ans (4796) dans l'artillerie de marine, il fut fait prisonnier par les Anglais et resta huit mois sur les contons de Plymouth. Remis en liberté, il reprit du service comme capitaine d'infanterie, fut décoré sur le champ de bataille de Lutzen par Napoléon, et subit, après la défaite de Leipzig, une nouvelle captivité. Mal noté en raison d'opinions libérales qu'il ne dissimulait pas, il faillit, durant les Cent-Jours, être envoyé à Cayenne pour avoir refusé de voter l'acte additionnel, et ne dut son salut qu'à l'intervention de Cambacérès. Sous la seconde Restauration, la protection de Gouvion-Saint- Cyr le fit entrer dans le corps de l'état-major, avec le grade de chef de bataillon dont il fut évincé en 4827 pour des motifs tout politiques. Ennemi déclaré du despotisme et du jésuitisme, il avait, à maintes reprises, manifesté ses sentiments dans tcmte une série d'Epîtres, le plus souvent satiriques : à l'Empereur Alexandre (4845) ; à Gouvion-Saint-Cyr (4848) ; au Capucin (4819) ; aux Muses sur les romantiques (4824) ; aux Chiffonniers sur les crimes de la presse (iS'^1), etc. , ainsi que dans un poème en l'honneur des Grecs (Parga, 4820, in-8), et dans la Promenade philosophique au cimetière du Père- Lachaise (4824, in-8), en prose et en vers. Il fut élu député de l'Hérault l'année même du retrait de son emploi, et il écrivit d'autres épîtres, entre autres une aux Mules de don Miguel (4829, in-8), qui obtint un vif succès. La monarchie de Juillet, à laquelle il s'était rallié l'un des premiers, lui rendit son grade de chef de bataillon, puis lui conféra la dignité de pair de France le 7 nov. 4839, comme une compensation à l'impopularité que lui avaient value ses votes parlementaires et le procès en diffamation qu'il avait intenté à la Tribune. Ses adversaires littéraires n'étaient ni moins nombreux, ni moins acharnés que ses adversaires politiques. Elu membre de l'Académie française, le 48 nov. 4830, en remplacement du comte de Ségur, il avait, en toute circonstance, témoigné une hostilité aveugle contre les novateurs et empêché, autant qu'il avait dépendu de lui, leur accession dans le docte corps. La petite presse libérale et littéraire ne l'avait pas non plus épargné, et ses vers, comme sa personne, furent l'objet d'innombrables épigrammes. La proclamation de l'Empire rejeta Viennet dans l'opposition, et ses fables, pleines d'allusions aux événements du temps, qu'il lisait dans les séances publiques de l'Académie, étaient l'un des agréments les plus goûtés de ces solennités.
Viennet a écrit de nombreuses tragédies, entre autres Arbogaste (4844), qui n'eut qu'une seule représentation, et d'autres qui ne furent jamais jouées, des comédies, des livrets d'opéras, et des drames, tels que: Michel Brémond (4846) et Selma (4859); deux romans historiques : la Tour de Montlhénj (4833, 2 vol. in-8) ; le Château Saint- Ange (4834, 2 vol. in-8) ; une Histoire de
la puissance pontificale {i866, 2 vol. in-8) ; un poème épique en dix chants, longtemps annoncé, la Franciade (4863, in-8), enfin et surtout des Fables, dont la dernière édition (4865) renferme une préface autobiographique, et le recueil de ses Epitres et Satires anciennes et nouvelles (4860, in-8). Maurice Tourneux.
VIENNOIS (ager 6u pagus Viennensis). Ancien pays de la France, compris dans la province moderne du Dauplîiné. Il était borné, au N. et à l'O., par le Rhône, au S. par l'Isère, et à l'E. par l'ancienne province de Savoie et par le Graisivaudan. Il avait pour chef-lieu la ville de Vienne (Isère). Le Viennois correspondait approximativent à l'étendue de la civitas antique de Vienne, avec, en plus, la portion occidentale du pays de Sermorens (Salmorincensis), qui forma les archiprêtrés de Bressieux et de Valdême (dioc. de Vienne), et, en moins, le territoire correspondant au doyenné de Meyzieux (dioc. de Lyon). Au moyen âge, le pays de Viennois correspondait au Bas-Dauphiné presque entier, et il devint le plus grand bailliage ressortissant au parlement de Grenoble.
BiBL. : LoNGNON, AU. hist. de la France, p. 138.
VIENS. Com. du dép, de Vaucluse, arr. et cant. d'Apt ; 784 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
VIENVILLE. Com. du dép. des Vosges, arr. de Saint- Dié, cant. deCorcieux; 238 hab.
VIEQUES. Ile des Antilles (V. Bièque).
VIER-BoRDEs. Com. du dép. des Hautes-Py rénées, arr. et cant. d'Argelès-Gazost ; 462 hab.
VIERGE. I. Iconographie. — La personnalité de la Sainte Vierge occupe de fait, dans l'art chrétien, une place plus considérable, plus importante, plus touchante même, que Jésus-Christ. La raison en est simple. Tandis que Jésus apparut à la chrétienté, pendant une série de siècles, presque exclusivement comme Dieu, comme un être supraterrestre, et à un degré insignifiant au point de vue de son incarnation ; la Sainte- Vierge, « humble servante de Dieu », à qui était échu un rôle grandiose, mais tragique, inspira aux cœurs des humains un culte tout particulier, comme Femme et comme Mère de toutes les douleurs, culte où les sentiments terrestres de pitié, de compassion, d'enthousiasme exalté se mêlaient avec une intensité marquée aux doctrines théologiques. L'art, reflet des sensations éternelles de l'humanité, a entouré cette divine figure d'une tendresse exceptionnelle, et lui a consacré, à travers les âges, une quantité d'œuvres prodigieusement innombrables, depuis des simples imagés des Catacombes (ii® siècle), en passant par le type hiératique rigide, resté longtemps immuable, de « Mère de Dieu », imaginé par les Byzantins, pour arriver à des créations idéahstes, séduisantes et immortelles, de la Renaissance et des époques postérieures. Marquer les étapes de ces créations variées et en dénombrer les œuvres capitales ou méritoires serait refaire une histoire de l'art chrétien, ce qui ne saurait être entrepris ici. C'est pourquoi, tout en renvoyant aux articles consacrés à l'art sous ses diverses formes et dans les différents pays, on se bornera à des indications bibliographiques essentielles, qui comprennent non seulement l'iconographie de la Mère, mais aussi, ce qui est inséparable, celle de son divin Fils.
G. Pa-wlowski.
IL Histoire 'religieuse. — Vierge de l'Église. (V. Voile).
Filles de la. Sainte-Vierge ou Dames de Budes. — Communauté instituée à Rennes, en 4676, avec les fonds légués par Anne-Marie de Budes, pour recueillir les filles calvinistes qui rentreraient dans l'Eglise catholique. Lorsque le protestantisme eut été extirpé en Bretagne, elle se consacra à l'éducation de la jeunesse et à l'œuvre des retraites. Elle fut rétablie après la Révolution. Le recensement spécial de 4864 n'indique comme lui appartenant qu'une maison, située à Rennes et comprenant 23 religieuses.
VIERGE — VIESSE
m. ordres. — Ordre de la Vierge. — Cet ordre eut pour fondateurs les trois frères, Pierre, Jean-Baptiste et Bernard Petrigna, gentilshommes de la ville de Spello, en Italie, qui le firent approuver en 161 8 par le pape Paul V. Les membres se divisaient en chevaliers de justice, chevaliers prêtres et bénéficiers, et chevaliers chapelains, sans compter les servants d'armes. Armés contre les infidèles, ils étaient destinés à la défense de TEglise et de la foi catholique.
Chevaliers de la Vierge ou Ordre des chevaliers de la Vierge de la maison des Teutons de Jérusalem. — Autre dénomination de l'ordre Teutonique (V. Tectonique [Ordre]).
IV. Astronomie. — Constellation comprise à la limite des deux hémisphères, entre 14*^ de déclinaison boréale et 19*^ de déclinaison australe et entre 178 et 225^ d'ascension droite. Dénommée aussi à diverses époques CérèSj Astrée, ïsiSy Erigone, Thémis, etc., elle présidait, chez les anciens, aux moissons. Aussi sa principale étoile, qui est, du reste, de première grandeur et très brillante, est dénommée VEpi de la Vierge. Elle apparaît dans le méridien vers la fin de mai, à 9 heures du soir, formant avec Arcturus, dont elle éloignée de 350° environ, et la queue du Lion un triangle presque équilatéral. Les autres étoiles de la Vierge visibles à l'œil nu (jusqu'à la 6® grandeur) sont, d'après Hers, au nombre de 180, parmi lesquelles plusieurs de troisième grandeur. Deux de ces dernières constituent l'étoile double y Vierge, distantes de 4", elles tournent l'une autour de l'autre en 180 années. La Vierge est le sixième signe du zodiaque, entre le Lion et la Balance (V. Zodl^que). Le Soleil y entre dans la seconde quinzaine d'août.
BiBL. : Ico.NOGRAPHiEn — Aïina Jameson, Legends of the Madonna, as represented in the Fine Arts; Londres, 1852, in-8. fig.; dern. éd., 1867, in-&. — E. Laforge, Iconographie de la Vierge, type principal de Vart chrétien, depuis le iv jusqu'au xviiï« siècle; Lyon, 1863, in-4. — F.-A. Gruyer, les Vierges de Raphaël et Viconographie de la Vierge ; Paris, 1869,3 vol. in-8. — Wessely, Ikonographie Gottes und der Helligen ; Leipzig, 1874, in-8. — M. Hasen- CLEVER, Die Mutter Jesu in Geschichte undKunst; Karlsruhe, 1876, in-8. — Rohault de Fleury, la Sainte Vierge, études archéologiques et iconographiques ; Paris, 1878-79, 2 voL gr. in-8, avec pL — A. Schulz, Die Légende vom Leben der Jungfrau Maria und ihre Darstellung in der bildenden Kunst des Mittelalters ; Leipzig, 1878, in-8. — Hauck, Die Entstehung des Chrislustypus in der abend- Undischen Kunst; Heidelberg, 1880, in-8. — Eckl, Die Madonna als Gegenstand christlicher Kunstmalerei und Skulptur; Brixen, 1883, in-8. — • Fagh, Das Madonnenideal in den altesten deutschen Schulen ; Leipzig, 1884, in-8. — Von Schreibeeshofen, Die Wandlungen der Mariendarstellungen in der bildenden Kunst; Heidelberg, 1880, in-8. — X. Barbier de Montault, Traité d'iconographie chrétienne ; Parîs, 1890, 2 vol. in-8. — Detzel, Christliche Ikonologie ; Freiburg, 1895, in-8. ~ Adolfo Venturi, Die Madonna. Das Bild der Maria in seiner Kunslegeschichtliehen Entwickelung bis zum Ausgang der Renaissance in Italien (adapté par Tii. Schreiber) ; Leipzig, 1900, in-8.
VIERGE (La Sainte) (V. Marie).
VIERGE (Daniel Urrabietâ, dit), dessinateur espagnol, né à Madrid en 1808. Fils d'un dessinateur, il reçut les leçons de son père et compléta ses études à l'Ecole des beaux-arts de sa ville natale ; dès ses débuts, il prit le nom de sa mère, fille d'un officier du premier Empire qui s'était établi à Madrid après la guerre d'Espagne. Il vint se fixer en France un peu avant la guerre de 1870 et collabora au Monde illustré, puis à la Vie moderne qu'il fonda avec quelques artistes. Sont talent vigoureux et très personnel, le charme et l'originalité de ses compositions lui valurent un succès rapide, et il avait acquis une brillante réputation, lorsque, vers 1880, il fut arrêté par une paralysie du côté droit ; il prit alors son crayon de la main gauche et s'en servit bientôt ainsi d'une façon remarquable, néanmoins, il s'est peu manifesté, au moins en France, depuis cette époque; il a illustré de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons ; don Pablo de Segovie, de Quevedo, qui est considéré comme son chef-d'œuvre, et les OEuvres de Victor Hugo, Jules Mazé.
VIERGES (Les onze mille) (V. Ursule [Sainte]).
VIERGES (Iles). Groupe d'îles des Antilles, archipel qui joint les Petites Antilles du S.-E. aux Grandes Antilles à rO. ; elles se rattachent par les fonds marins à Porto-Rico et aux deuxièmes, tandis que File de Sainte- Croix (terre danoise) est séparée par de grands fonds des Petites Antilles : ainsi elles appartiennent plutôt à l'alignement des Grandes Antilles qu'au croissant des Petites Antilles. Cette traînée d'îles doit son nom à Colomb (allusion à la procession des onze mille Vierges) ; elles s'étendent sur 88 kil. ; les principales sont Saint-Thomas (V. cet art.) et Saint-Jean, puis Tortola, Virgen Gorda et Anegada (à l'Angleterre).
Les îles Vierges anglaises sont « Colonie de la couronne», dépendent directement du gouvernement britannique et n'ont pas d'institutions représentatives. Tortola, la plus grande, abandonnée par des nègres affranchis, a vu sa population tomber de 11.000 àl.OOOhab.; le ch.-l. est Roadtown, sur une crique de l'avenue marine, dite Rue des Vierges.
VIÊRNYI. Ville de Russie d'Asie, gouv, général des Steppes, ch.-l. de la prov. de Sémirietchensk, surlariv. Almatinka, à 740 m. d'alt.; 21.130 hab. Elle est située sur l'emplacement d'une cité sur la grande route ancienne des marchands occidentaux vers la Chine. L'ancienne ville a des maisons en bois ; la nouvelle, qui date de 1870, des maisons en briques. Les habitants (Cosaques, Tatars, Kalmouks, juifs) sont cultivateurs ; apiculture, et élevage de bétail. Peu d'industrie. Commerce actif dans les deux bazars. Terrible tremblement de terre en 1887(2.000 maisons détruites et 800 victimes).
VIERSAT. Com. du dép. de la Creuse, arr. de Boussac, cant. de Chambon-sur-Voueize ; 670 hab.
V I E R S E N . Ville de Prusse, présid. de Dusseldorf, cercle de Gladbach ; point de croisement de chem. de fer ; 22.659 hab. Industrie active: un des centres de la fabrication depeluche et velours de soie, velours bon marché dans le Bas-Rhin ; filatures de lin et decoton; fabriques de toiles, de machines ; papeterie, blanchisserie, teinturerie.
VIERVILLE. Com. du dép. du Calvados, arr, deBayeux, cant. de Trévières; 372 hab.
VIERVILLE. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. d'Auneau; 144 hab.
VIERVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Sainte-Mère-Eglise ; 106 hab.
VIERZO. Région d'Espagne (V. Léon).
VI ERZON- Ville. Ch.-l. de cant. du dép. du Cher, arr, de Bourges, au pied du coteau qui domine l'Yèvre, le canal duBerryetlarive dr. du Cher ; 11.392 hab. Stat. du chem. de fer de Paris à Toulouse, avec embranchements sur Blois et Tours, sur Bourges et Ne vers. On a divisé Vierzon en Vierzon -Ville , Vierzon-Village et Vierzon-Bourgneuf. Cette localité forme avec ces trois groupes un important centre industriel. Manufactures de porcelaine et de verrerie ; ateliers de constructions mécaniques pour l'agriculture, le commerce et l'industrie ; bois, bestiaux, céréales, fer, laine et vins. Beau pont de pierre sur le Cher ; porte féodale ; maisons des xv® et xvi® siècles ; église du xv® siècle (objets d'art anciens). AuN., la forêt de Vierzon (5.000 hect.). D'origine romaine, Vierzon a possédé, du x® au xviii® siècle, une importante abbaye bénédictine.
BiBL. : Toulgoët-Tbéanna, Hist. de Vierzon ; Paris, 1884.
VIERZON-BouRGNEUF. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Vierzon-Ville ; 1.836 hab.
VIERZON-ViLLÂGE. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Vierzon-Ville ; 8,382 hab.
VIERZY. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Soissons, cant. d'Oulchy-le-Château ; 524 hab. Stat. de chem. de fer.
VIESLY. Com. du dép.duNord, arr. de Cambrai, cant. de Solesmes; 2.827 hab.
VI ESSE DE Marmont, maréchal de France (V. Marmont),
VJESSOIX ~~~ Vlb]UX
VIESSOIX. Corn, du dép. du Calvados, arr. de Vire, cant. de Vassy ; 801 hab. Stat. de chem. de fer.
VI ESTE. Ville maritime de l'Italie, prov., arr. et à 70kil.N.-E. de Foggia; 7.026 hab. Port assez important comme point de relâche pour les navires à voile.
VI ETE (François), géomètre français, né à Fontenayle-Comte en 1540, mort à Paris le 13 déc. 1603. On sait peu de chose de sa vie privée. D'abord avocat dans sa ville natale, il devint, en 1567, conseiller au parlement de Bretagne, fut nommé en 1580 maître des requêtes de l'hôtel du roi et, tenu quelque temps éloigné de la cour dans les dernières années du règne de Henri III, revint à Paris avec Henri IV, qui le fit entrer dans son conseil privé. L'exercice de ces diverses fonctions ne le détourna, du reste, à aucune époque, de sa passion, conçue très jeune, pour les mathématiques. Il mettait à leur étude une telle application qu'on le vit souvent, raconte son intime ami, le président de Thou, passer de suite trois jours et trois nuits sans lever les yeux de son travail, si ce n'est pour prendre la nourriture strictement nécessaire, et il arriva ainsi, en un temps relativement court, à laisser loin derrière lui la plupart des géomètres qui l'avaient précédé. Si, en effet, il n'inventa pas l'algèbre, du moins il la transforma complètement, d'abord en établissant l'usage des lettres pour représenter aussi bien les quantités connues que les inconnues, puis en réalisant, dans la résolution des équations, une série de simplifications, qui, tout en ne touchant pas aux hautes questions de l'analyse, devaient, du moins, ouvrir la voie aux travaux des Descartes, des Newton, des Euler, des Lagrange. C'est à lui également et non à Descartes, coinme on l'a prétendu à tort, qu'on doit les premières applications de l'algèbre à la géométrie. « Il résolvait, dit Fourier, les questions de géométrie par l'analyse algébrique et déduisait des solutions les questions géométriques. Ces recherches le conduisirent à la théorie des sections angulaires et il formula les expressions générales qui expriment les valeurs des cordes... » A lui encore revient le mérite d'avoir trouvé le sixième théorème des triangles sphériques rectangles. Sa sagacité s'exerçait, d'ailleurs, à l'occasion sur les objets les plus variés. C'est ainsi qu'au temps des guerres de la Ligue, on le chargea de déchiffrer des correspondances secrètes que s'adressaient les Espagnols et qu'on était parvenu à intercepter. Il en indiqua presque tout de suite la clef et fut, pour ce fait, traduit comme «nécromant et sorcier » devant le Sacré collège, ce dont il se hâta, tout le premier, de rire. Cet illustre géomètre n'a laissé que peu d'écrits et les éditions originales en sont presque toutes perdues : Canon mathematicus (Paris, 1579); ïsagoge in artem analyticiim (Tours, 1591); Supplementum geometriœ (Tours, 1593) ; Variorum de rébus malhematicis responsorum liber odavus (Tours, 1593) ; De numerosa protestatum purarum atque adfectarum resolutione tractatus (Paris, 1600); De œquationum recognitione et emendatione libri duo (Paris, 1615) ; Theoremata ad séctiones angulares (Paris, 1615). Ils ont été réunis, avec une dizaine d'autres opuscules, par F. van Schooten, J. Galius et le P. Mersenne sous le titre : Opéra mathematica (Leyde, 1646, in-fol.). L. S.
BiBL. :B.FiLLON et Y.'Rvtt'b.b,, Notice sur la. vie et les ouvrages de François Viète ; Nantes, 1850. — Libri, Histoire des sciences mathématiques en Italie, t. IV, p. 22.-- Can- TOR, \orlesungen ueber Geschichte der Mamematik^t. II.
VIÉTHORÉY. Com. du dép. du Doubs, arr.deBaumeles-Dames, cant. de Rougemont; 321 hab.
VIETTE (Jules-François-Stanislas), homme politique français, né à Blamont (Doubs) le 6 mai 1843, mort à Paris le 15 févr. 1894. Il fit de l'opposition à l'Empire dans la presse de l'Est, fit la campagne de 1870 avec le grade de capitaine des mobiles du Doubs et, patronné par Gambetta, fut élu, en 1876, député de Montbéliard. Membre des 363, réélu avec eux en 1877, puis en 1881, en 1883 et 1893, il appuya constamment la politique oppor-
tuniste et prit à la Chambre une certaine influence. Ministre de l'agriculture dans les cabinets Tirard et Floquet (1887-89), il combattit vivement le boulangisme. Elu vice-président de la Chambre en 1892, il obtint dans le cabinet Loubet (1892) le portefeuille des travaux publics, qu'il conserva dans le cabinet Ribot (1892-93) et dans le cabinet Dupuy (1893).
VI EU. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Belley, cant. de Champagne; 615 hab.
VIEU-d'Izenave. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Nantua, cant. de Brénod ; 673 hab.
VI EU (Louis-Charles), littérateur (V. Halt [Robert]).
VIEUGY. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. (S.) d'Annecy; 441 hab.
VI EU RE. Com. du dép. de TAUier, arr, de Moulins, cant. de Bourbon-F Archambault ; 942 hab.
VIEUSSAN. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Saint- Pons, cant. d'Olargues; 647 hab. Mines de manganèse.
VI EU SS EN S (Raymond), anatomiste français, né à Vieussens (Rouergue) en 1641, mort à Montpellier en 1715. Il étudia à Montpellier et fut nommé en 1671 médecin de l'hôpital Saint-Eloy, puis, après dix années de travail, publia le grand ouvrage auquel il doit sa gloire : Nevrologia universalis (Lyon, 1685, in-fol., et autres éditions). Il a encore laissé une série d'ouvrages importants sur le cœur et les vaisseaux. Vieussens fut le médecin de M^^® de Montpensier. D'' L. Hn.
VIEUVICQ. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. deChâteaudun, cant. de Brou ; 526 hab. Stat. de chem. de fer.
VI EU VILLE (Charles, marquis de La), surintendant des finances, né à Paris vers 1582, mort en 1653. Fils de Robert de La Vieuville, lieutenant général sous Henri lïl, il suivit d'abord la carrière des armes, devint aussi lieutenant général et résista aux partisans de Coudé révolté (1615-16). Ayant provoqué la disgrâce de Schomberg, qu'il remplaça comme surintendant des finances (janv. 1623), puis celle des Brulart (janv. -févr. 1624), il réorganisa le ministère, dont il eut quelque temps la direction. Pour mieux se défendre contre ses nombreux ennemis, il fit entrer Richelieu au Conseil (26 avr, 1624) et fut bientôt écarté par lui (12 août 1624). Accusé de malversations, enfermé au château d'Amboise, d'où il s'évada treize mois plus tard, il obtint la permission de rentrer en France (1626), prit part aux intrigues contre Richelieu et s'enfuit à Bruxelles, puis en Angleterre. Ses biens furent confisqués, et il fut même condamné à mort par contumace (1632). Après la mort de Richelieu (1642), il put revenir en France, et un arrêt du Parlement annula les peines prononcées contre lui (26 juil. 1643), Mazarin lui rendit la surintendance, moyennant, dit-on, une grosse somme d'ar gent (1651), et le fit nommer duc et pair. Il mourut deux ans après, à Paris. Selon les uns, il était habile et surtout désintéressé; selon les autres, violent, brouillon, incapable, enclin «aux tripotages financiers ». G. d'Avenel déclare catégoriquement que La Vieuville « était un fripon et un sot ». E. Cosnkau.
BiBL. : Lettres^ etc.^ du cardinal Richelieu, à la table, t. VIII, p. 456, et Lettres, etc., du cardinal Mazarin, aux tables des cinq premiers vol., notamment t. IV, p. 240 et t. V, p. 523, dans la collection des documents inédits. — Mémoires de Richelieu, dans la collection Michaud et Pou- .ioulat. — Le P. Anselme, t. V, 867-70, et t. VIII, 757-62. — Bazin, Histoire de Louis XIIL -— B. Zeller, Richelieu et les ministres de Louis Z///.— Vicomte G. d'Avenel, Richelieu et la Monarchie absolue, t. I, 45,70; t. Il, 326. — La VISSE et Rambaud, Histoire générale, t. V, 825. — Dossiers bleus, vol. 667, à la Bibl. nat.
VIEUVILLE (Marie-Magdeleine de La) (V. Parabère [Comtesse de]).
VIEUVY. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Mayenne, cant. de Gorron ; 365 hab.
VIEUX. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. d'Evrecy; 368 hab.
VIEUX. Com. du dép. du Tarn, arr. de Gaillac, cant. de Castelnau-de-Montmiral ; 325 hab.