‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 471 sur 633 · VIGILE — VIGNE · texte numérisé non relu

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sept mois, comme intrus et antipape. Il est fort difficile d'expliquer comment cette usurpation se transforma en possession légitime. Baronius résoud la difficulté, en prétendant que, après la mort de Silvère, Vigile résigna ses fonctions et qu*on procéda alors à une nomination régulière. Mais cette assertion est dénuée de toute preuve historique. Ouoi qu'il en soit, Vigile finit par être reconnu en fait. — Il paraît bien démontré que, aussitôt après son accession, il remit à Antonina, femme de Bélisaire, complice et agent de Théodora, des documents oii il condamnait le Tomey dans lequel Léon avait énoncé la doctrine des deux natures, et oU il anathématisait Paul de Samosate, Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste et Théodoret. Ces documents devaient être tenus secrets. Au mot CoNSTÀNTiNOPLE, t. XIÏ, p. 627, nous avons relaté les oscillations de Vigile sur la question des Trois chapitres, et les condamnations infligées à ce pape par le V^ concile œcuménique. E.-H, Vollet.

VI GINTI VI RAT (Admin. romaine). Onréunissait,àRome, sous le nom de Vigintiviri, vingt magistrats subalternes, et le nom de Vigintiuirat désignait l'ensemble des fonctions qu'ils exerçaient. Sous la République, ces magistrats avaient été au nombre de vingt-six; Auguste en supprima six, ce qui les réduisit à vingt, d'où leur nom de Vigintiviri (les Vingt). Ces magistrats étaient : les trois Tresviri capitales ^ les trois Tresviri mone taies ou Tresviri aère argento auro flando feriundo, les quatre Quatuor viri viis in urhe purgandis, et les dix Decemviri litibus judicandis (V. Triumvir et Dégemvirs). C'était par l'une des fonctions du vigintivirat que les jeunes Romains débutaient dans la carrière des honneurs ; ils ne pouvaient être candidats à la questure qu'après avoir exercé Tune de ces fonctions. Le vigintivirat se maintint jusqu'au ni« siècle de l'ère chrétienne ; mais sous Dioctétien et Constantin on n'en trouve plus trace. J. T.

VIGLAIN. Com. dudép. du Loiret, arr. de Gien, cant. de Sully-sur-Loire ; 885 hab.

VI6L1US, jurisconsulte hollandais (V. Aytta). YIGNACOURT. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Picquigny ; 2.680 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Fabr. de filets de pêche. Retordage de laines, cotons et fils de lin.

VIGNALE. Com. du dép. de la Corse, arr. de Bastia, cant. de Borgo; 544 hab.

VIGNATS. Com. du dép. du Calvados, arr. de Falaise, cant. de Morteaux-Coulibœuf ; 366 hab.

VIGNAU (Le). Com. du dép. des Landes, arr. de Montde-Marsan, cant. de Grenade ; 563 hab.

VI6NAUX. Com. du dép. de la Haute- Garonne, arr. de Toulouse, cant. de Cadours ; 244 hab.

VIGNE. I. Botanique et Culture.— Les vignes cultivées â l'heure actuelle appartiennent toutes au genre Vitis, un des genres les plus intéressants des Ampélidées. Comme seul le genre Vitis présente des variétés non résistantes au phylloxéra, on a espéré pouvoir utiliser les autres genres des Ampélidées comme porte-greffes. La soudure s'y produit, mais la greffe meurt par manque d'affinité. Le genre Vitis a comme habitat les régions tempérées du monde entier ; on le divise en deux sous-genres : les Muscadinia et les Euvites.

Le sous-genre des Muscadinia comprend le Vitis rotundifolia et le F. Munsoniana. Les Muscadinia se caractérisent par une écorce abondamment pourvue de lenticelles et des vrilles simples. Leurs graines ressemblent à celles des Ampelocissus. Leurs fruits mûrissent irrrégulièrement à des périodes successives. Ils habitent les régions chaudes et humides de l'Amérique du Nord, le Mississipi, la Caroline, la Floride, où leur puissance végétative est considérable. Ils sont résistants au phylloxéra; leurs essais de culture en France n'ont pas réussi. Dans leur pays d'origine, on ne peut récolter en une fois les grappes qui sont,les unes en fleurs, tandis que les autres portent à la fois des grains mûrs et des grains

verts. Les récoltes sont successives et se font au moyen de draps que l'on étend sous les souches et sur lesquels tombent les grains détachés par le secouage des pampres. Le vin est peu alcoolique. On a créé des hybrides de Scuppernong, variété la plus intéressante de ce sous-genre ; ces hybrides faits avec le F. vinifera ont été peu fructifères et sans résistance au phylloxéra.

Le sous-genre des Euvites comprend 30 espèces : 48 propres à l'Amérique du Nord, 44 à l'Asie et 4 à l'Europe. Le groupement des espèces de vignes américaines a été fait en séries par S. -E. Planchon. Si l'on considère l'ensemble des caractères végétatifs, on peut réunir les différentes espèces de vignes américaines dans les subdivisions ordonnées ainsi qu'il suit :

Série 4. Labruscœ. V. labrusca Linné. — Série 2. Labruscoideœ. V. California Bentham , F. Caribœa de Candolle, F. Corm^^ea Shuttleworth, F. candicans Engûmann. — Série 3. /Estivales. V. Linsecomii Buckley, V. bieolor Lecomte, F. œstivalis Michaux. ~ Série 4. Cinerascentes. V. cinerea Engelmann, F. cordifolia Michaux, F. BerlandieriPhnchon.-—Sém^.Rupeslres, F. Monticola Buckley, F. rupestris Scheele, F. arizonica Engelmann. •— Série 6. Ripariœ. F. rubra Michaux, F. riparia Michaux.

Toutes les vignes européennes appartiennent au Vitis vinifera. Les vignes asiatiques renferment les F. Coignetice, F. Tkunbergi, F. amurensis, F. Romaneti, F. Davidi ou spinovitis, F. lanata, F. pedicellata, F. Pagnuccii,

Les vignes japonaises sont considérées jusqu'alors comme peu intéressantes. Le F. Thunbergi et le F. amuremis forment des corbeilles très gracieuses. Le Spinovitis Davidi a sur ses pampres des aiguillons très prononcés. Le F. Romaneti a tous ses organes parsemés de poils d'un rouge vif. Le F. Coignetiœ est originaire des régions neigeuses du Japon d'où il a été rapporté par Degron. Ses fruits sont volumineux, à grains petits, mais à gros pépins. Importé en France, en Normandie, il a cours dans le commerce sous le nom de Précoce de Caplat. Sous le climat humide de l'Orne, ce cépage, dont les feuilles peuvent atteindre jusqu'à 50 centim. de diamètre, donne un vin âpre, très riche en couleur et en extrait.

Morphologie du genre Vitis. Les Vitis sont des plantes grêles, grimpantes, demi-arborescentes qui acquièrent en Amérique des dimensions considérales, le F. Californica a quelquefois des tiges de la grosseur du corps. Le F. vinifera a fourni le bois servant à faire les portes de la cathédrale de Pise. Le tronc est plus ou moins développé. Les rameaux annuels sont grimpants et grêles. On les désigne sous le nom de sarments. Ceux-ci poussent avec vigueur et peuvent atteindre jusqu'à 45 m. par an. Les rameaux ont un bois très flexible à écorce caduque sans lenticelles, à direction sinueuse, renflés de distance en distance au niveau des nœuds et striés longitudinalement. Les nœuds limitent une portion du sarment appelé mérithalle. Le méri thalle a son axe occupé par un cylindre médullaire terminé par un diaphragme ou cloison qui existe dans les Euvites, mais non dans les Muscadinia. La surface des rameaux est couverte de poils caducs, sauf chez le F. candicans où ils sont persistants. Les vrilles sont alternes et opposées à chaque feuille en l'absence de grappe. Ces vrilles sont continues dans le F. labrusca et discontinues dans les autres Vitis ; on trouve donc, le plus souvent deux feuilles avec vrilles ou grappes, puis des feuilles sans vrille ni grappe. Les vrilles sont bifurquées ou trifurquées, sauf dans les Muscadinia où elles sont simples. Les Vitis subissent un repos hibernal dans toutes les régions, sauf les tropiques. AFautomne, les feuilles tombent, les réserves alimentaires s'accumulent dans les rameaux et le tronc. Cet état de maturité du bois porte le nom à'aoûtement et permet à la plante de résister aux rigueurs de Fhiver. Au printemps, a lieu le débourrement, période d'ouverture des bourgeons. L'époque

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à laquelle a lieu cette opération a une importance considérable, car un cépage à débourrement tardif peut éviter les gelées du printemps. En culture, le débourrement est précédé de la taille. Les pleurs de la vigne sont consécutifs à cette opération. Ces pleurs, qui se produisent chez toutes les plantes grimpantes, sont très abondants chez la vigne et peuvent fournir jusqu'à 150 centil. de liquide pendant un jour et souvent 20 lit. pendant une saison. C'est, en général, l'indice d'une exubérance de végétation qui amène la coulure constitutionnelle, et l'écoulement de liquide est soumis à l'influence des variations de température du sol et de l'atmosphère et aussi de Tétat hygrométrique du sol, Haies a montré que la pression de ces pleurs pouvait atteindre 112^ de mercure. Les tailles hâtives en novembre ou tardives au printemps diminuent l'abondance des pleurs. De nombreuses analyses ont été faites pour rechercher si cette perte de liquide peut occasionner un affaiblissement pour la plante. Ce liquide renferme par litre 2 gr. environ de matière sèche dont ls^,3 de matière organique et 0sï",7 de matière minérale. La chaux domine dans la matière minérale et peut atteindre 63 ^jo. En résumé, la perte de vigueur occasionnée pour la plante peut être considérée comme insignifiante. — Les racines de la vigne sont traçantes, rarement pivotantes, petites comme chez le Pdparia, grosses comme chez le Mustang, Sa feuille est large, étendue en surface, à nervation palmée, à lobes plus ou moins accusés. Le pétiole est de longueur variable et s'insère sur le limbe à angle variable, caractéristique en ampélographie. Le point d'insertion a lieu au fond du sinus pétiolaire plus ou moins profond, de formes variées en U, en V, quelquefois les lèvres du tablier de la feuille se recouvrent et laissent une ouverture où passe le pétiole, d'autres fois le tabUer est nul et le sinus pétiolaire n'existe pas, comme dans le Rupestris du Lot. La feuille, ordinairement quinquélobée, a deux sinus latéraux inférieurs et deux sinus latéraux supérieurs, Les dents à forme variable terminent les lobes. Les dents sont elles-mêmes terminées par un mucron plus ou moins prononcé. Les dents, par rapport au limbe, s'insèrent de façon différente et sont rentrantes, normales et récurvées. La feuille de la vigne a sa surface lisse, ou huilée, ou gaufrée. Ses fonctions physiologiques sont normales. Ses poils sout en aiguillons, enforme de glande perlée, ressemblant à des œufs, ou cotonneux. Ces derniers sont de longueur variable, souples ou raides, groupés en [bouquets, en brosse ou lanugineux. Dans l'humidité des forêts ou des serres, les vignes émettent des racines adventives qui descendent jusqu'au sol, s'y implantent et forment des faisceaux inextricables comme dans les forêts américaines. Les Vitis ont une inflorescence en grappe. La fleur est petite, verdâtre, peu développée, portée par un pédicelle renflé à son sommet. Le calice est formé de cinq écailles vertes très dures. La corolle présente cinq pièces vertes ou vert jaunâtre. Les étamines sont au nombre de cinq, opposées aux pétales, par suite de la disparition d'un cycle. Les étamines ont un style allongé, jaunâtre, terminé par des anthères très développés formant un double sac poUinique à déhiscence extrorse. L'ovaire, renflé et court, verdâtre, est surmonté d'un stigmate presque sessile et blanchâtre. 11 est à deux loges qui contiennent chacune deux ovules. Le pollen est poussiéreux. La floraison exige pour se produire une température comprise entre 15° et 25° et s'accompagne du dégagement d'une odeur suave vanillée très prononcée. Les glandes nectarifères sont très développées. La floraison a lieu par un processus particulier à la vigne. Les pétales soudés par leur partie supérieure se détachent à leur base et forment un capuchon qui est soulevé et rejeté de côté par le soulèvement et l'extension des étamines. A ce moment, la déhiscence n'a pas encore Heu. L'étamine, en se redressant, accompUt une rotation de 180°, et la fente de la déhiscence se trouve externe empêchant l'autofècondation. Dans les fleurs normales, les étamines

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sont plus longues que l'ovaire, mais il y a beaucoup d'anomalies. Beaucoup de fleurs ont les étamines courtes, telles les fleurs de Chaouch, de Bicane. Ces étamines courtes ont, en général, un pollen infécond. Chez beaucoup de vignes américaines, l'ovaire est avorté au profit des étamines qui ont des anthères très développées et un pollen très fécondant. Dans quelques cas, les pétales, au lieu de former capuchon, se divisent à leur sommet et forment une étoile autour du centre de la fleur.

Quelquefois, dans le Malbec, par exemple, le capuchon n'est pas rejeté, car il est soudé au stigmate. Dans ce cas, la fécondation a lieu à huis clos, mais le fruit ne noue pas dans les fleurs encapuchonnées. Les phénomènes de chloranthie, c.-à-d. la transformation des étamines en feuilles pétaloïdes, par exemple, ont été fixés dans certaines vignes, tel le Gamay à fleur double. Après la fécondation, arrive la période de formation du fruit. Le grain noue, moment délicat, car s'il survient des brouillards, des temps humides, des changements brusques de température, le fruit coule par coulure météorique. Le fruit de la vigne, le raisin, est une grappe constituée par un rachis central ramifié latéralement; les ramifications se terminent par des pédicelles renflés à leur extrémité, formant un bourrelet verruqueux qui porte le grain. Le grain est constitué par une pellicule ou épicarpe recouverte extérieurement d'une poussière blanchâtre cireuse, dépendant de la cuticule appelée pruine. La peau est plus ou moins épaisse et élastique. Lorsqu'elle est dure, le raisin éclate facilement. Le mésocarpe ou pulpe est fondant et aqueux dans la plupart des vignes françaises, ou bien forme une chair pulpeuse, croquante, ferme comme du caoutchouc dans le P. labrusca. Dans cette baie biloculaire, l'endocarpe enveloppe les graines ou pépins. Sa coloration est due aux acides ampélochroïques qui s'amassent dans les cellules internes de la pellicule après la véraison. Quelques cépages ont également la pulpe colorée et sont dits à jus coloré, tels sont les Teinturiers et ses hybrides : Gamays teinturiers, hybrides Bouschet. Les autres cépages sont à jus incolore. La saveur propre au raisin se trouve dans l'épicarpe, immédiatement en dessous de la matière colorante. La pédicelle porte le pinceau formé de tissus vasculaires qui s'épanouissent à l'ombilic. La forme et la coloration du pinceau servent de caractères ampélographiques.

Le grain de raisin est sphérique ou ovoïde, sauf les raisins orientaux qui ont souvent la forme de cornichons ou de croissants. Sa grosseur varie depuis la grosseur d'un pois (raisin de Corinthe) à celle d'une noix. Quelquefois les faisceaux vasculaires s'irradient très apparents à partir de l'ombilic comme dans l'Ain Kelb (œil-de-chat).

4près la nouaison du fruit, les cellules du mésocarpe se multiplient rapidement jusqu'à ce que le fruit arrive à sa grosseur. Il est vert, puis cette teinte s'éclaircit, on arrive à la véraison. Si on ouvre le fruit, on remarque que les pépins sont formés, le fruit a atteint sa maturité physiologique. Cela dure quelques jours, puis la chlorophylle disparaît. Le fruit peut alors grossir, uniquement parce que la cellulose du mésocarpe est extensible. On la voit diminuer par extension. Les vignes souffrent pendant la véraison. A cette époque délicate, on doit supprimer toute opération dans les vignes pour éviter le grillage. C'est le moment propice pour les arrosages. Un cépage, l'Enfariné du Jura, présente la particularité d'être alternativement rouge et blanc pour arriver au rouge. Le grain vert émet de l'oxygène, le grain rouge de l'acide carbonique. A partir de la véraison, le sucre s'accumule de plus en plus jusqu'à la maturité industrielle. Cette maturité, qui est très variable, dépend des vins à produire. On remarque que le sucre qui va en augmentant s'arrête, puis le fruit diminue par perte d'eau et s'enrichit en sucre par concentration. Dans le Midi, on vendange lorsque le raisin, non complètement mûr, est acide. Si l'on veut faire des vins liquoreux, on attend que le fruit ait un moût le plus sucré possible par

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perte d'eau. Le temps favorable à la maturation est. hu«mide, chaud et lourd, et le sol frais. Si le sol est sec, les raisins restent stupéfaits, le sucre n'arrive plus dans le fruit, le fruit s'enferre ou ercit. La chlorophylle rempUt le fruit du nouage à la véraison et les acides vont en augmentant. A la véraison, les acides diminuent, le tannin augmente rapidement. Muntz a montré que, sous l'influence de la lumière solaire, Tacidité disparaissait plus vite qu'à l'ombre. En outre, le dégagement d'acide carbonique est cinq fois supérieur à 39^ qu'à i^*^ pour un même poids de raisin.

Les pépins ou graines sont de grosseur variable. Pour les raisins de table et de cuve, plus ils sont petits, mieux cela vaut. Quelquefois, en eifet, ils occupent, comme dans le Berlandieri^ les 4/5 de la pijlpe. Leur nombre normalement de 4 est le plus souvent réduit à â ou 3 par avortement. Dans quelques cas de surmultiplioaîion, on en trouve 7 à 8. Quelques raisins, tels le Sultanina, le Gorinthe, sont sans graine; ce caractère a été fixé.

La forme du pépin permet de distinguer les espèces d'une façon absolue. Le pépin est pyriforme, aplati, formant un dos et un ventre avec un bec plus ou moins allongé, à l'extrémité duquel se trouve le mioropyle. Les deux fossettes situées sur le ventre du grain, l'importance du raphé, la situation de la chalaze sont des caractères distinctifs. Dans le Vitis vinifera, le bec est allongé, la chalaze au tiers supérieur. Dans tous les autres VitiSy le bec est court et la chalaze au milieu ou au tiers infé^ rieur. Dans le Vitis labrusca, il y a absence de chalaze et le raphé est remplacé par une dépression, Dans le F. œstiualis, chalaze et raphé sont proéminents. Le pé^^ pin est très dur, à test crustacé, à alhumen huileux» Les grains d'aleurone sont les plus gvm connus. La geTOiuation des pépins est difiicile ; elle exige une stratifteation très longue ou l'attaque de son enveloppe tannique par une solution de potasse à 1 % pendant une heure.

La culture de la vigne exige des soins spéciaux, mais rentrant dans des lois générales. Nous étudierons les soins à lui donner de sa vie latente à la culture.

Taille de la vigne. — La taille de la vigne e^t hasée sur des principes généraux d'observation et d'expérimentation. Il n'existe aucune règle scientifique pouvant guider dans cette opération. Une vigne soumise à elle-même a une production irrégulière, des fruits petits, de maturité irrégulière, peu sucrés, pourvus d'un bouquet et d'une finesse peu accentués. La taille permet d'augmenter et, de régulariser la production, d'obtenir des fruits plus sucrés. Elle proportionne la puissance végétative des souches avec leur productivité, favorise la maturation des fruits par l'ordre et la disposition régulière des sarmeuts. Les rayons solaires sont mieux utilisés dans le Nord,' et, dans le Midi au contraire, la taille permet de protéger les fruits contre leur action directe. Une taille régulière facilite les labours et économise les façons culturales. Si l^ production n'est pas en rapport avec la végétation, les vignes deviennent, folles ou se rabougrissent. On reconnaît qu'une vigue est trop vigoureuse lorsque ses raisins coulent par les temps secs ; en outre, au moment de la taille, on remarque qu'il pousse des rejets sur vieux bois, ce qui indique que le nombre des bourgeons laissés à la taille précédente était insuffisant. Le manque de vigueur se manifeste au con^ traire lorsqu'il est poussé moins de sarments que les tailles ne portaient do bourgeons. Il y a une rel^ition étroite et dont il faut tenir compte entre la direction des ramee^ux et leur productivité. Les rameaux droits ont tendance à être trop vigoureux et peu fructifères. Plus ils sont horizontaux, moins ils sont vigoureux et plus ils sont fructi-^ fères, d'où le principe des arquures ou torsions que l'on fait subir aux sarments pour accroître leur productivité. Le principe fondamental de la taille est qu'il ne faut conserver que des bois de taille de l'année poussés sur bois de deux ans, les rejets ou gourmands n'étant pas fructifères. En outre, les rameaux à choisir doivent, pour quel-

ques cépages, être gitués aux e^trémitéi des tailles de l'année précédente.

Tous les bourgeons d'un sarment sur lequel on va asseoir la taille ne sont pas égalemeut fructifères. Dans quelques cépages (Gamay), le premier et le second œil à la base du sarment sont suffisamment fructifères pour assurer la récolte; dans d'autres, au contraire (Pinot), les yeux fructifères commencent à partir du troisième ou du quatrième. Suivant le nombre d'yeux laissés sur les bois de taille, on a des tailles courtes, demi4ougues ou longues, Les sarments taillés courts à 4 ou S yeux sont appelés cois ou cour sans. Les sarments tâiUég à ptu§ de 3 ou 4 yeux sont appelés astes^ ou iQïig Ms quand ils ont 6 à 7 yeux. Les bourgeons ainsi laissés mn% de^ yeux francs, mais à Tempâtement situé au point d'insertion du rameau existent des yeux latents ou faux yeux, tourillons; lorsqu'ils sont doubles, ils portent le nom à* oreilles de lièvrer et sont dans quelques cépages, eommç le Chasselas, très fructifères. Les coursons donnent naissance à des sarments vigoureux ; sur les taillea longues et phis encore sur les longs bois, il ne pousse que des sarments qui, étant très fructifères, sont peu vigoureux. Il faut donc souvent faire des tailles mixtes pour assurer le bois de rem^ placement. On associe pour cela un long bois aveq un courson et on applique une inclinaison, une arquure ou une torsion au long bois pour augmenter sa fructification, tandis que le courson maintenu érigé ^era peu fructi'-» fère, mais donnera naissance à des rameaux vigoureux. Dans le choix des rameaux, on élimine les rameaux çhétifs, imparfaitement aoûtés, On évite les rameaux blessés mécaniquement ou par la grêle, ou altérés par le mildiou, l'anthracnose; on choisit pour coursons les rameaux les plus forts, et comme long bois ceux de vigueur moyenne. On corrige les défauts de développement entre les divers bras d'une souche en taillant court le bras faihle, de façon à ce que, poussant à boia, sa végétation foliacée lui donne la vigueur. Il est bon de maintenir une hauteur régulière entre les divers hras d'une souche, car les plus élevés s'emportent à bois et la souche s'allonge. Pour éviter cet allongement des hras, il faut les diminuer artificiellement par le ramlement dès souches. On arrive à cela par les tailles de secours. \ln taillant court,on voit pousser des rameaux gourmands sur la souche, on choisit le mieux placé, le plus vigoureux et on coupe le hras trop élevé qu'il doit remplacer.

Taille proprement dite. La section ne doit pas être faite autant que possible sur le mérilhalle, car on met la moelle à nu. Le cyhndre médullaire étant spongieux absorbe l'humidité, et, comme il est riche en matières amylacées et en matières sucrées, il y a décomposition microbienne. Le sarment peut aussi éclater sous l'effet du gel si la moelle est mouillée par la pluie, c'est pour cela que l'on préconise la taille au niveau des noeuds. En outre, l'œil dépend du mérithalle supérieur. Il faut donc tailler la vign€^ sur la cloison surmontant le dernier œiL La section doit être lisse saus partie mâchée. Si l'on se sert d'un sécateur qui porte une lame tranchante et un crochet, le crochet doit toujours appuyer sur la partie qui va tomber ; et il faut presser successivement, Les outils les plus employés sont la sefpe qui coupe admirablement, fait une section parfaite, mais est d'une manipulation difficile. Elle est remplacée de plus en plus dans, les vignobles à faible développement par les sécateurs de jardinier. Dans le Midi, on emploie des ciseaux à manches plus allongés, véritables cisailles dout la lame doit se rapprocher de la forme parabolique. Pour ravaler les souches, on utilise les scies à main ou égomes. Dezeimeris a conseillé une taille» dite taille à chicots, de&tinée à éviter la mise à nu d'une grande surface du végétal, ce qui peut occasionner des lé-sioos graves dans les pays humides et froids. Elle consiste à laisser un chicot au lieu de couper ras les sarments, ce chicot se des;^èche peu a peu et est supprimé deux ans après.

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La hauteur des souches au-dessus du sol a une très grande importance, c'est d'elle que dépend la maturité et la résistance aux gelées printanières. Plus le fruit est près du sol, plus il profite de la réverbération, mais plus la gelée est à craindre. D'une façon générale, au Nord, les souches sont basses, à 0^,i^ ou 0"^,20 au-dessus du sol dans les coteaux bien exposés. Dans le Sud, on élève les souches à 0^^,30, car si les raisins sont soumis à l'action solaire et à la réverbération, il y a grillage. L'humidité du sol intervient pour modifier cette hauteur, car, si le sol est humide et s'il n'est pas bien aéré et éclairé, la pourriture est à craindre, et les souches doivent avoir 0"^,40. Dans les pays comme la Savoie, où les gelées tardives sont très à craindre, les souches courent d'arbre en arbre. Le vin est moins bon. L'époque de la taille est très variable avec les régions. Elle se fait aussitôt la chute des feuilles jusqu'au débourrement. Dans beaucoup de pays, on nettoie la vigne à l'automne, c'est Vespoudassage du Midi, la taille en fiançailles des Charentes ; oU' enlève tous les sarments inutiles pour la taille du printemps. On peut tailler même pendant l'hiver si on ne craint pas des froids rigoureux. Partout où les gelées printanières sont à craindre, il faut tailler tardivement, fin mars-commencement d'avril. Le débourrement est retardé d'au moins quinze jours. On commence toujours par les vignes vieilles qui débourrent le plus tardivement.

Systèmes de taille. Dans quelques pays, les systèmes de taille sont très irréguliers. On se contente souvent, comme en Lombardie, de faire courir les vignes en guirlande d'un arbre à un autre. Parmi les systèmes de taille réguliers, nous distinguerons :

Le gobelet. Dans le gobelet, les bras sont distribués régulièrement comme les génératrices d'un cône autour d'un point. On cherche à tenir ces bras en équilibre. Lorsque le gobelet n'est pas échalassé, les branches recouvrent le sol qui est abrité des rayons solaires, l'évaporation diminue et le grillage n'a pas lieu.

Les tailles en cordon et en espalier comprennent, avec les tailles en gobelet, l'ensemble des systèmes usités dans les vigobles.

La taille en chaintres. Cette taille était pratiquée en Loir-et-Cher. Les souches sont espacées à 3 m. sur la ligne et à 6 m. entre les lignes. La charpente est formée par un bras, sorte de cordon horizontal maintenu à 0"^,i5 ou 0"^,10 du sol et très ramifié, couvrant avec ses ramifications souvent quaternaires 48 m. q. de surface. Sur cette charpente on laisse à volonté des coursons ou des longs bois. La souche forme au sortir du sol un col de cygne qui permet de faire tourner la souche tout entière autour de son axe pour permettre les labours. Ceux-ci faits, on ramène la souche à sa place primitive ou on la maintient au moyen de fourchines en bois. Cette taille, essayée dans le Midi, a donné des résultats désastreux à cause du vent et du grillage.

La taille des bois aoûtés pendant la vie latente de la vigne porte le nom de taille sèche, et, par opposition, on appelle tailles en vert toutes les suppressions que Ton fait subir au végétal durant le cours de sa végétation. En avril et mai commence l'ébourgeonnement ou l'épamprage, puis viennent l'écimage, le rognage, et l'effeuillage.

Echalassage. Les vignes une fois taillées sont dans beaucoup de régions viticoles éehalassées, surtout dans les tailles en espalier ou en cordon. Les échalas sont des piquets de bois de 4 à 5 centim. de diamètre, destinés à supporter les sarments et leurs récoltes, après lesquels on les attache au moyen de liens de différente nature. Les échalas sont en bois dur, comme le chêne et le châtaignier, en bois blanc, en sapins, et, depuis quelques années, ce sont des piquets sciés. Les échalas de bois dur sont cassants, les échalas de bois blanc pourrissent dans le sol. On les protège en les sulfatant par immersion dans un bain de sulfate de cuivre à 10 ou 15 °/o, ou bien en les créosotant sous pression. Les meilleurs échalas

sont les rotins d'acacia ou faux-robinier. La durée des échalas est de cinq à six ans. Leur nombre atteint jusqu'à 30.000 ou 40.000 à l'hectare, et leur achat constitue une mise de fond considérable, car ils valent 2 fr. environ la javelle de 50. L'entretien des échalas coûte aussi très cher. Tous les ans, on les arrache après la récolte et on les met en tas pour les aiguiser l'hiver et les repiquer au printemps. L'échalassage est un ouvrage considérable et a le défaut d'occasionner le foulage du sol.

Influence du sol. La vigne pousse dans toutes les formations, sauf dans les terrains salés et marécageux qu'elle accepte difficilement. L'état physique du sol influe beaucoup sur la qualité de ses produits. Les éléments grossiers, et plus particulièrement le cailloutis, semblent favoriser cette qualité. Des vignes où l'on avait ramassé les pierres du sol ont vu la qualité de leur produit diminuer. La coloration du sol agit beaucoup aussi. Les terrains les plus colorés donnent des vins parfaits. Dans le Palatinat on noircit le sol rouge provenant de la décomposition des grès rouges par l'apport de basalte. Les éléments essentiels du sol agissent plus sur la qualité que sur la vitalité de la plante. Le fer, qui colore le sol, fonce la couleur du vin. En Bourgogne, dans les Graves, le Quercy, sa teneur varie de 5 à 10 ^/o^. Le calcaire donne l'alcoolicité (Bourgogne), mais cette influence diminue sous les climats chauds. La magnésie est néfaste lorsque la proportion de cet élément dépasse SO^/o, mais à 10 7o les terrains dolomitiques donnent des vins liquoreux à bouquets relevés. L'argile donne le moelleux, harmonise les qualités (Malaga, château Suduiraut). La silice, sous forme de sables fins, donne des vins légers et inférieurs. A l'état de gros cailloux, elle donne des vins bouquetés, légers, frais, à teinte brillante et cristalline. Le sol desRomanée Conti,qui donne les vins les plus parfaits, a une composition des plus heureuses : calcaire, 41 ^o (alcoolicité) ; silice (finesse et bouquet), 12 «/o*, fer, 10 «/oo (coloration) ; alumine, 29 % (moelleux). L'humus donne la rudesse, l'âpreté. Lorsque le sol est très humique, les vins produits doivent entrer dans les coupages. Ils sont mucilagineux, acides, riches en matières azotées et en tannin, de conservation impossible. Lorsque la teneur en humus est faible, la rudesse des vins produits assure leur conservation. Dans les Palus, les Côtes, les Graves, la durée des vins est la plus longue pour les Palus qui sont produits par les sols les plus humiques.

Fumure de la vigne. La vigne est la plante cultivée la moins exigeante quant aux éléments fertilisants contenus dans le sol. Il est bien rare que l'on ait besoin d'amender les sols à vigne. En revanche, il est peu de plantes qui profitent autant des engrais qui sont mis à sa disposition et proportionnent leur productivité à la richesse de son sol.Malheureusement,"cette productivité ne marche pas de front avec la qualité, et il est une loi absolue dont on ne peut s'écarter en viticulture : la quantité est opposée à la qualité ; seules les vignes peu chargées donnent des vins fins, et tous les pays à grands crus qui ont voulu augmenter leurs récoltes ont vu leur réputation disparaître. Aussi ne doit-on fumer la vigne qu'en rapport avec la récolte qu'on veut lui demander et de façon à lui donner la vigueur suffisante pour nourrir cette récolte. Le comte Odart a soutenu que beaucoup de substances, employées comme engrais, étaient nuisibles à la vigne, telles les boues de villes, les vases d'étang, les algues, les matières fécales. Ces substances communiquaient, d'après lui, leurs odeurs au vin. On a démontré depuis que le raisin, à partir de sa véraison, a un pouvoir absorbant considérable pour les odeurs de l'air. H suffit donc pour employer les substances citées plus haut qu'elles soient enfoncées et suffisamment décomposées avant la maturation de la vendange.

Les plantes ont des exigences diverses suivant leur nature ; on pouvait se demander s'il n'en était pas ainsi pour \qs différents cépages. Jouly a montré qu'un cépage venu

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dans des sols diftérents et des cépages différents venus dans le même sol ont des compositions chimiques analogues. Si l'on compare en même temps la vigne à d'autres plantes, en rapportant tous les éléments à l'acide phosphorique, on constate que la vigne est peu exigeante en potasse et en azote. La composition chimique des divers organes montre que l'azote est plus abondant dans les sarments, la chaux dans les feuilles, la potasse dans les fruits. C'est ce qui a paru expliquer l'influence marquée de la potasse sur le fruit.

On calcule pour la vigne comme pour les autres plantes, la quantité minima d'engrais à fournir en recherchant les quantités d'éléments exportés par hectare. Ces chiffres expriment simplement la quantité enlevée annuellement, mais quand on fume un sol, la plante n'utilise pas tout, et, en outre, le sol intervient d'une façon prépondérante.

Sauf pour les terrains d'alluvions, il faut toujours que la moitié de la fumure fournie à la plante lui soit apportée par des engrais organiques capables d'améliorer les propriétés physiques des sols calcaires trop légers ou trop gras, et surtout d'augmenter le pouvoir hygroscopique du sol pour l'eau. La vigne mûrit sa récolte sous tous les climats, pendant les mois les plus secs de l'été et de l'automne, et, si le sol est frais, son alimentation est toujours assurée. Parmi les engrais organiques, les fumiers de ferme viennent au premier rang. Le fumier de cheval et le fumier de bovidés peuvent,être employés. LeTumier de mouton ou migou, très complet, est un des meilleurs engrais. Tous ces fumiers s'emploient à l'automne à la chute des feuilles. Les cornailles torréfiées, les chiffons de laine, les débris de cuir sont bon marché. Les tourteaux oléagineux sont des engrais puissants mais incomplets, manquant de potasse, et que l'on enfouit à raison de 4.500 à 2.000 kilogr. à l'hectare. Le marc de raisin est une fumure peu active, encombrante. Les sarments sont à décomposition lente. On peut les broyer et les employer comme litière.

Les engrais verts sont utilisables dans les vignes en lignes écartées, que l'on vendange de bonne heure. Après les vendanges, on peut semer des moutardes ou des vesces dans les terrains calcaires, des lupins dans les terrains siliceux. Ces plantes vertes sont retournées et enfouies dans le sol par les labours d'hiver.

Les engrais chimiques rendent les plus grands services dans les pays vignobles où l'élevage est nul, le fumier coûteux, le transport difficile. Les engrais chimiques propres à la vigne doivent lui fournir l'azote, l'acide phosphorique, la potasse. L'azote se trouve sous forme de nitrate de soude et de sulfate d'ammoniaque. A cause de leur solubilité extrême et des pertes qui peuvent en résulter, on répand ces engrais seulement après le départ de la végétation, à la dose de 250 à 400 kilogr. à l'hectare. L'épandage peut se faire en deux fois. La potasse vendue sous forme de sulfate, carbonate, azotate de potasse et aussi sous forme de chlorure de potassium ou kainite, se met également au printemps. Le chlorure est à abandonner à cause des résultats inégaux qu'il donne. Le plus simple des engrais potassiques et le moins coûteux est le sulfate de potasse qui s'emploie à la dose de 200 à 300 kilogr. à l'hectare. L'acide phosphorique est une base essentielle de toute fumure. On enrichit le sol en cet élément lors de la création du vignoble au moyen de phosphates fossiles ou de scories de déphosphoration que l'on emploie à la dose de 3 à 4.000 kilogr, à l'hectare. On entretient la richesse du sol en cet élément par des superphosphates, des os broyés, des phosphates précipités, des noirs d'os (400 à 600 kilogr. à l'hectare). Dès l'automne on peut les répandre à la volée pour les enfouir au labour d'hiver. Il est bon, autant que possible, d'enfouir par un labour les engrais chimiques.

A part les fumures de défoncement qui sont faites en couverture, on doit appliquer les fumures autour des ceps dans les jeunes vignes. Pour cela, on pratique des cu-

vettes de 0"S5 à 0^^,10 de profondeur, dont le rayon a, pour les vignes serrées, la moitié de la distance entre les ceps. Pour les vignes âgées, on fume entre les lignes en creusant un sillon par deux raies de charrue. Les engrais placés dans ce sillon sont recouverts avec la charrue.

Labours. Le sol de la vigne exige une culture et une propreté parfaites, ce que l'on obtient par les labours. Quelques pays travaillent le sol dans un but spécial. Dans l'Yonne on pratique le ruellage, labour qui permet de butter fortement les souches. Dans le Mexique, la Crimée, la Bulgarie, à cause des froids qui font descendre la température à — 30**, on enfouit les souches sous des buttes de terre. Dans le Médoc, le Sauternais, on laboure à la courbe, charrue qui permet de former des bandeaux de terre et des sillons profonds destinés à l'écoulement des eaux. Ordinairement on pratique dans les vignobles un labour en octobre ou novembre pour enfouir les mauvaises herbes avant qu'elles ne grainent et relever le sol foulé sous les pieds des vendangeurs. Après l'hiver, on pratique un labour indispensable, c'est le labour de déchaussement dans lequel on enlève la terre autour des souches. Ce labour aère le sol, permet de pratiquer les fumures, enfouit les feuilles accumulées au pied des souches. Les labours d'automne et de printemps sont des labours d'aération. Ils facilitent la nitrification et la désagrégation du sol en exposant la plus grande surface du sol à l'action de l'oxygène et des gels . Ils se pratiquent quand le sol est ressuyé, non humide. Leur profondeur varie de 0"\15 à 0^^,20 au maximum pour ne pas attaquer les grosses racines.

Dans le Nord, on cherche à conserver ces racines ; dans le Midi on ne tient qu'aux racines profondes, capables de résister à la sécheresse. Dans le Midi, on rassemblait les terres en cavaillons à l'automne, sorte de bandeaux de terre qui sont détruits par les labours du printemps qui se font suivant des diagonales aux cavaillons. Dans le Beaujolais, on formait des monticules de terre appelés darbons; de même à l'Ermitage ces labours se pratiquaient avec les pioches ou les charrues vigneronnes. Dans ces charrues, les mancherons et l'âge de la charrue sont disposés pour permettre d'approcher le plus près des souches sans danger. Les labours de printemps exigent quatre journées de cheval et d'homme lorsque le travail est fait à la charrue et vingt à vingt-cinq journées d'homme.

Ces labours sont complétés par les labours de binage, dont le but est de détruire les mauvaises herbes et de maintenir le sol dans un état de fraîcheur continue. Dans ce travail, le sol est mis à plat et divisé finement pour rompre la capillarité à la surface de la terre. On les pratique à tous moments, d'avril à la récolte, sauf pendant la floraison et la véraison. Pendant la floraison, la terre remuée cause une fraîcheur de l'air ambiant qui produit la coulure. Les labours sont tout à fait superficiels, 8 à dO centim. dans le Midi, 5 à 8 au Nord. On fait en général deux binages, le premier est le mayenquage (mai), le second, le tierçage. Les outils à main les plus communément employés sont des pioches très légères, à manche très incliné sur le fer, à deux ou plusieurs dents. Dans les vignes en ligne, on emploie les herses vigneronnes à plusieurs dents.

Vendanges. — Les vendanges se font à une époque variable suivant le climat et les vins que l'on veut faire. En général, on doit pratiquer la vendange lorsque le maximum de sucre est obtenu, ce qu'on voit par des pesées de moût journalières. Il y a une exception pour le Midi, oii on récolte la vendange encore acide pour assurer des fermentations normales. Dans le pays de Sauternes, sur les bords du Rhin, on attend que la vendange soit couverte par le Botrytis cinerea. En Hongrie, on laisse le raisin se dessécher sur souche. On reconnaît que la vendange est mûre lorsque le grain se détache facilement du pédicelle et laisse un pinceau coloré. Sa matière colorante

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est uniforme dans toute la pellicule. La rafle est lignifiée partiellement ou rougit. La vendange se pratique de façon différente suivant les régions. En Gironde, on emploie des paniers en bois étanche ou hastes, dans lesquels sont placés les raisins de qualité, après élimination des feuilles et des grappes avariées. Les bastes sont vidés dans lesdouils qui contiennent 15 bastes. On associe un porteur de douils pour 8 coupeurs, et 1 verseur pour 10 coupeurs, 1 surveillant pour 45 coupeurs. Le surveillant fait couper les grappes oubliées. La vendange revient à 20 fr. par tonneau bordelais. Sur le Rhin, dans le pays de Sauternes, on fait des vendanges successives. Des femmes armées de ciseaux, destinés au nettoyage et à la sélection du raisin, passent munies de baquets ou de seaux de bois et ne coupent sur chaque souche et dans chaque grappe que les raisins jugés bons. En Champagne, en Bourgogne, les coupeurs sont munis de petits paniers, vendangerots, qui sont portés dans de plus grands paniers d'osiers appelés paniers à vendange lorsqu'ils ont une anse, ou benatons lorsqu'ils n'en ont pas, et contenant 34 à 40 kilogr. de raisins. Ces paniers sont transportés tels au cellier ou vidés dans les ballonges, sortes de cuveaux montés sur voiture. Dans les grands vignobles du Midi à grande production, il faut une organisation parfaite. Les vendangeurs sont armés de ciseaux, de serpettes ou de sécateurs de vendange, à moins qu'il ne s'agisse de couper des raisins dont le pédoncule ne se lignifie pas et se coupe à l'ongle. Les sécateurs de vendange l'emportent aujourd'hui et évitent Tégrainage du raisin. La vendange est recueillie dans des seaux en osier ou en fer battu étamé. De là elle est versée dans les comportes dont il faut dix pour faire un muid de vin. Dans les grands vignobles on emploie des pastières occupant la largeur et la longueur d'une charrette. Dans ces vignobles à grands rendements, il faut un porteur pour 3 coupeurs, 4 verseur pour 6 coupeurs, 3 surveillants pour une équipe de 50 femmes; dans les salins du Midi, on emploie les chemins de fer Decauville. On vendange autant qu'il est possible par des jours ensoleillés, attendant que la rosée soit tombée. Dans les pays comme l'Algérie où la température est exagérée, on cesse de couper pendant les heures chaudes de la journée.

Maturité à rechercher dans les raisins. Le raisin laissé sur la souche après la véraison et l'éclaircissement complet du grain est le siège de transformations successives importantes. Il y a augmentation progressive du sucre, diminution et surtout modification de l'acidité. La matière colorante elle-même s'accroît en intensité et en stabilité. La maturité naturelle dépend donc du vïn que l'on veut obtenir, et elle est obtenue lorsque le moût présente entre ses éléments sucre et acide une proportion déterminée répondant à la qualité et à la variété du vin désiré. Dans le Midi, la cueillette du raisin a lieu lorsque le raisin est encore acide. En Bourgogne, on recherche la disparition de cette acidité et on laisse le raisin atteindre la plus grande richesse en sucre.Pour le vin blanc de qualité, on doit laisser le raisin sur souche aussi longtemps que le permettent le climat et le cépage pour que le moût soit très sucré, d'acidité agréable par suite de la disparition de l'acide malique, et surtout pour que le bouquet caractéristique du cépage, qui se développe très tard, atteigne son maximum d'intensité et de tinesse. Pour les rares cépages blancs ou rouges, notamment pour les producteurs directs de sang américain, à goût foxé ou à goût désagréable, il faut au contraire avancer la cueillette. Les pays renommés pour leur vin blanc vendangent leurs cépages blancs deux à trois semaines et plus après les cépages rouges de même époque de maturité, et obtiennent ainsi, soit des raisins passerillés très riches en sucre, soit des raisins peu acides, doux, non astringents, grâce à la désagrégation de leur pellicule sous l'influence d'une moisissure, utile dans ce cas : la pourriture noble. On a conseillé l'emploi de densimètres, de glucomètres,de mustimètres destinés à apprécier la maturité des

récoltes. L'observation journalière des vignerons âgés et compétents est suffisante pour déterminer le moment propice de la vendange.

Triage des raisins. Les raisins d'une vigne sont de valeur très inégale à la récolte. Le triage a pour but de grouper les produits suivant leurs qualités. Que l'on vendange en plusieurs fois ou en une seule, il est bon de faire deux ou trois lots de la récolte. On jette sur le sol les parties grillées ou trop altérées, incapables de fournir du jus. Dans le premier lot, on place les raisins non mûrs, trop altérés par la pourriture ou par quelque maladie. Dans le deuxième lot se trouve le reste de la vendange, c.-à-d. les raisins sains et bien mûrs. Le troisième lot, le surchoix, n'est pas nécessaire pour les vins de consommation courante. Les grappes sont cueillies à l'aide de sécateurs à raisin, à lame pointue comme des ciseaux dont le prix modique les met à la portée de tous. Bien aiguisés, ils permettent de détacher la grappe sans secousse, sans laisser tomber à terre les grains trop mûrs qui, se détachant facilement, restent sur le sol ou sont ramassés souillés de terre. Ces outils affilés permettent de ciseler les parties de grappe à éliminer. La grappe ainsi nettoyée est posée dans les seaux ou les paniers à vendange. Ceux-ci peuvent porter comme appendice sur le côté un petit seau où sont placés les raisins capables de donner un jus inférieur. Les seaux en bois, en ferblanc ou en fer émaillé sont préférables aux paniers, pour le raisin à pellicule délicate qui laisse perdre son jus au moindre froissement. Le transport des raisins à la cuve a été traité au § Vendange. La vendange doit se faire par un beau soleil, afin de récolter un raisin sec, non mouillé, capable de fournir un moût le plus concentré possible. Dans le cas où des averses nombreuses suivies de coups de soleil de courte durée exigent une cueillette rapide, le triage se fait au ceUier en étendant les raisins sur des claies d'osier. En Champagne, le triage à la vigne se fait ainsi. Des femmes passent et enlèvent toutes les grappes franchement avariées. D'autres femmes suivent, achèvent la récolte, et celle-ci est versée par les porteurs sur claies placées sur des tréteaux le long des vignes. Des femmes assises devant ces claies complètent le triage, et le raisin jeté dans des cuveaux est emmené au cellier. Les bénéfices du triage sont considérables. Une vendange saine, bien mûre, donne des produits délicats pleins de finesse, faciles à soigner et qui ne causeront pas de mécomptes. Le raisin de qualité inférieure exige des soins spéciaux qu'il serait difficile de donner à toute la vendange et donne dans ces conditions d'excellent vin de consommation courante. P. V. et P. P.

II. Nomenclature botanique. — Vigne-blanc. Le Bryonia dioica L. (V. Bryone). — V. blanche, V. de Salomon. Le Clematis vitalba L. (V. Clématite). — V. DE Judée. La Douce-amère (V. ce mot). — V. de l'Ida. C'est le Vaccinium vitis-idœa L. (V. Myrtille). — V. DU Diable. La Bryone (V. ce mot). — V. du Mexique. H Agave mexicana Lamk (V. Agave). — V. vierge. L'ancien Cissus quinquefolia, actuellement rangé dans les Ampélopsis (V. ce mot). D^L. Hn.

III. Paléontologie. — La famille des Vitées, qui paraît remonter à l'époque infra-crétacée, comme le montrent les empreintes de feuilles qui existent dans les dépôts trouvés au Portugal et dans les Etats-Unis, est surtout représentée dans la suite des époques géologiques par les formes Vitis, Cissus, Ampélopsis, Pterisanthe et Leea. D'après Saporta et Marion, les Ampélopsis ne sont que des Cissus arrivés à un degré de transformation plus avancé. Des feuilles tertiaires appartenant aux genres Vitis^ Cissus et Ampélopsis ont été trouvées associées à des graines bien caractérisées. Le F. sezannensis Sap. et le Cissus primœva Sap. ont des feuilles qui se ressemblent assez pour avoir été d'abord confondues en une seule et même espèce, et ils se retrouvent dans la flore de Sézanne (paléocène de Sézanne et de Gelinden, éocène de

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Vitis praevinifera.

Sézanne). On rapproche le K. sezannensis du V. cordifolia Michx de l'Amérique septentrionale. Saporta et Marion n'ont pas observé de vigne authentique dans Féocène supérieur qui, on le sait, correspond à l'époque la

plus chaude qu'a traversée l'Europe. Cette lacune marque, d'après Saporta et Marion, non pas une absence complète ni une éclipse du type Vitis, mais seulement son état stationnaire et son cantonnement, soit plus au N., soit vers le haut des montagnes. Plus tard, les vignes ont quitté les vallées escarpées pour redescendre dans les plaines. A la fin de l'éocène, on trouve un certain nombre de Cissus, surtout dans la flore américaine du « Lignitic ».

Dans le miocène (tufs de Vesoul),on trouve les feuilles du F. sequanensis Sap. qui paraît être venu du Nord.

L'extension des Euvites en Europe a été tardive et paraît postérieure au tongmn.heV.prœviniferaSsi^.y de la fm du miocène, la plus ancienne vigne à feuilles incisées tri-quinquélobées, à lobe médian faiblement développé, « est sinon un ancêtre direct de notre vigne , du moins un prédécesseur ou un collatéral de celle-ci » (Saporta et Marion). Le V. subintegra Sap., des cinérites du Cantal, date des forêts pliocènes. Le V, salyorum Sap. et Mar., des tufs pliocènes de la Valentine, est très rapproché de notre vigne qu'il précède immédiatement. Quant au V. vinifera^ on ne le trouve d'une façon certaine qu'à Tépoque quaternaire. D^ L. Hn.

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