VILLAM
VIL LAI NE-LES -Prévôtés. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Montbard ; 228 hab.
VILLAINES. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de Chinon, cant. d'Azay-Ie-Rideau ; 4.014 hab. Camp de manœuvres, avec école de tir.
VILLAINES. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. d*Ecouen; 94 hab. Stat. de chem. de fer.
VILLAINES-EN-DuESMOis. Com. du dép. de la Côted'Or, arr. de Châtillon-sur-Seine, cant. de Baigneux-les- Juifs ; 509 hab. Ruines d'un château des ducs de Bourgogne.
VILLAINES-la-Carelle. Com. du dép. de la Sarthe, arr. et cant. de Mamers ; 450 hab. Stat. de chem. de fer.
VILLAINES-la-Gonais. Com. dudép. delaSarthe, arr. de Mamers, cant. de La Ferté -Bernard; 417 hab.
VILLAINES-la-Juhel. Ch.-l. de cant. du dép. delà Mayenne, arr. de Mayenne ; 2.583 hab. Stat. du chem. de fer de l'Ouest.
VILLAINES-sous-Lucé. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de Saint-Calais, cant. du Grand-Lucé ; 4.004 hab.
VILLAINES-sous-Malicorne. Com. dudép. delaSarthe, arr. de La Flèche, cant. de Malicorne ; 933 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.
VILLAINVILLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. du Havre, cant. de Criquetot l'Esneval ; 232 hab.
VILLALET. Com. du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux, cant. de Damville ; 90 hab.
VILLALIER. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Conques ; 486 hab.
VILLALOBOS (Francisco Lopez de), écrivain et médecin espagnol, né en 1473, mort en 4549. Israélite converti, Villalobos fut médecin de Ferdinand le Catholique et de Charles-Quint, et il semble avoir vécu à la cour jusque vers 4539. Il publia d'abord, en 1538, un poème sur la médecine en cinq cents strophes, le Sumario de Medicina. En 4543, il fit paraître un volume de ses œuvres contenant : El libro de los problemas, des dialogues, un traité intitulé De las très grandes.,, d Saber de la gran parleria, de la gran 'porfia y de la gran risa, et une dissertation Acerca del amor. Il y a dans ces écrits un mélange, parfois divertissant, de la science de l'époque et de satire, d'un style naturel et plein d'entrain . Villalobos est également l'auteur d'une traduction espagnole de V Amphitryon de Plaute.
VILLALPANDO. Ville d'Espagne, prov. de Zamora (Léon), à 690 m. d'alt. ; 2.955 hab. Jadis prospère, elle eut plus de 40.000 hab. avant la guerre de l'Indépendance et fut une des 24 commanderies de l'ordre du Temple en Castille. Elle manque d'eau potable. Villalpando a donné son nom au haso di Villalpando, plateau stérile de 240 kil. q., à 643 m. de hauteur moyenne, où ne brille que la nudité des argiles rouges.
VILLAMBLAIN. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Patay ; 604 hab.
VILLAMBLARD.Ch.-l. de cant. dudép. delà Dordogne, arr. de Bergerac; 4.244 hab. Fabr. de chaises.
VILLAMEE. Com. du dép. d'Ille-et-Vilaine, arr. de Fougères, cant. de Louvigné-du-Désert ; 594 hab. Stat. du chem. de fer de l'Ouest.
VILLAM PUY. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. et cant. de Châteaudun ; 509 hab.
VILLANDRAUT. Ch.-l. de cant, du dép. de la Gironde, arr. de Bazas, sur le Céron, à la lisière des Landes; 4.442 hab. (765 aggl.). Stat. de chem. de fer. Vins estimés ; térébenthine. Restes d'un château à cinq grosses toui's rondes du xiv« siècle, bâti par l'archevêque de Bordeaux devenu le pape Clément V.
VILLANDRY. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr., cant. S. et à 44 kil. O.-S.-O. de Tours, sur la r. g. du Cher, à une ait. de 60 m.; 809 hab. Eglise des xu^ et xvi^ siècles. Un superbe château y a été élevé aux xiv®, XVI® et xvii^ siècles, sur les ruines d'un ancien château
appelé Colombiers, où fut signé en 1489 un traité entre Philippe- Auguste et Henri II d'Angleterre. Un admirable parc entoure le château.
VIL LAN ELLE. Petit genre de poésie lyrique à forme fixe. Ce mot, qui n'est pas antérieur au xvi^ siècle, vient de l'italien villanella (de villano, paysan) qui désignait une petite poésie populaire (comparez l'esp. villancico, le port, vilancete, le frioulan villotta, etc.). Vers la fin du XVI® siècle, les lettrés devinrent sensibles au charme de la poésie populaire ; on sait l'admiration que Montaigne professait pour les « villanelles » de Gascogne. C'est de ce nom de villanelle que du Bellay, Passerat, d'Urfé intitulèrent quelques pièces, d'un rythme facile et léger et d'une gracieuse naïveté, imitées plus ou moins habilement de la poésie populaire. Mais ces premières villanelles n'ont rien de fixe dans leur forme. Plus tard, les théoriciens, toujours enclins à formuler des règles, prirent comme type de la villanelle la jolie pièce de Passerat : Tai perdu ma tourterelle, et décrétèrent que la villanelle devait se composer d'un refrain de trois vers et de tercets se terminant alternativement par le premier et le troisième vers du refrain, le dernier tercet se terminant par ces deux vers réunis. C'est d'après ce modèle arbitrairement choisi que de nos jours Philoxène Boyer, J. Boulmier, A. RoUinat, Clair Tisseur ont composé quelques villanelles, sans réussir à populariser ce genre monotone. A. Jeanroy.
BiBL. : J. Boulmier, Introduction à son Recueil de villanelles; Paris, 1878. — Voyez en outre les traités de versification de RicHELET, Quicherat, de Gramont, Banville, Tisseur, etc.
VILLANI. Famille historique florentine, qu'on dit originaire du Mugello, d'où elle serait descendue au commencement du xiii® siècle. Elle était, déjà vers la moitié de ce même siècle, à la tête d'une des plus importantes maisons de commerce et de banque florentines {Arte délia Lana). Elle avait même déjà des succursales ailleurs, notamment à Sienne. Sa célébrité lui vient surtout d'avoir donné à Florence trois de ses chroniqueurs pendant le moyen âge : Giovanni, Matteo et Filippo. Giovanni occupa, non seulement les plus hautes charges de l'Arte délia Lana, mais celles de la République. Il fut consul de l'Arte délia Lana en 1315, maître de la Monnaie l'année suivante, prieur des arts en 1317, 1321, 1328. Cependant la crise qui, vers les dernières années de sa vie, ruina les commerçants et les banquiers florentins, fut désastreuse pour lui. Forcé de suspendre ses paiements, emprisonné pour dettes, il mourut (1348) de la célèbre peste dont a parlé Boccace. En 1300, il était allé à Rome à l'occasion du jubilé ; et l'idée lui vint d'écrire une histoire de Florence. Suivant le plan de Martin de Troppau (Martinus Polonus), il remonta la tour de Babel pour descendre jusqu'à son temps. Mais au lieu de donner purement et simplement les faits, il les accompagna d'observations sur leurs causes. Une bonne édition de son Istoria est encore à venir ; Lami Vittorio l'avait tentée ; le professeur Marzi y travaille maintenant ; mais il existe déjà une foule de mémoires et de travaux sur les sources de cette Istoria et sur l'historiographie contemporaine. Du reste, sur toutes ces questions, le dernier mot n'est pas dit. Giovanni a écrit en outre un bon traité : De aurei floreni florentini origine, prœstantia et valore per varias temporum vices, cum signis et emblematibus, quœ in ipsis inspiciuntur. — Matteo, son frère (mort en 1363), continua V Istoria de 1348 à 1363. — Filippo, fils de celui-ci (mort en 1404), qui vécut dans la solitude, poussa l'ouvrage de son oncle et de son père jusqu'en 1365 ; il interpréta publiquement en 1391 et en 1404 la Divina Commedia de Dante et laissa un premier essai d'histoire littéraire : Philippi solitarii de origine civitatis Florentiœ, et ejusdem famosis civibus, que Mazzuchelli publia à Venise en 1747 sous le titre de Le Vite d'uomini illustri fiorentini scritte da Filippo Villani. — Jacopo, neveu du
VILLANI — VlLlAHi)
précédent, né en 438B, fut un des plus riches marchands de Florence , dont il devint prieur en 4443 et en 4449. La famille Villani s'éteignit en 4647 avec un Lorenzo.
VILLANitRE. Corn, du dép. de l'Aude, arr. deCarcassonne, cant. de Mas-Cabardès ; 246 hab.
VILLANOVA. Corn, du dép. de la Corse, arr. et cant. d'Ajaccio; 423 hab.
VILLANOVA DE Gaia. Ville du Portugal (V. Gaja).
VILLANOVA DE PoRTiMAo. Ville maritime du Portugal, à ro. et dans le distr. de Faro (Algarve), au pied de la serra do Monchique, à dr. de l'embouchure du rio de Silves, protégée par deux forts (Santa Catharina et Sâo Joao), et que traverse un long pont de fer, à 3 kil. de l'Atlantique; 6.820 hab. Fvégion pittoresque : coteaux de 72 m. où croissent oliviers, orangers et vignes réputées. Fabr. de liège. Le port est le meilleur de FAlgarve (avec celui de Villa Real de Santo Antonio), mais manque de profondeur. Le climat est excessivement chaud, presque africain.
VILLANOVA NUS (Arnoldus), de son nom Arnoldo Bachuone, alchimiste espagnol, né à Villanova (Aragon) en 4235. Elève de Casamila à Barcelone pour la philosophie et la médecine, il professa à son tour ; poursuivi sous l'inculpation d'astrologie et de magie, il s'enfuit à Paris où il acquit une grande réputation de faiseur d'or. Il dut de nouveau s'échapper, accusé d'accointances avec le diable, passa à Montpellier et se réfugia en Italie où il ne put trouver le repos. Le roi d'Aragon, Frédéric II, l'envoya à Avignon pour y guérir (4342) le pape Clément V qui était malade, mais il périt pendant la traversée, au cours d'un naufrage. Villanovanus est le premier qui attribue à l'or liquide (aurum potabile) des vertus curatives précieuses. Il écrivit plus de vingt traités chimiques, et son livre le plus réputé est le Tiosarius philosophorum.
VILLANUEVA. Ville du Mexique central, Etat de Zacatecas, ch.-l. de distr., à 2.250 m. d'alt., sur les monts de la Sierra Palomas; 46.645 hab. Dans les environs, un plateau de tuf, sculpté par la nature en falaises fortifiées circulaires, porte des ruines imposantes de constructions du nom de Quemada. Ce plateau serait le célèbre Chicomoxtoc d'où les Aztèques se dirigèrent vers l'Anahuac.
VILLANUEVA deLorenzana (Espagne) (V.Lorenzana).
VILLANUEVA ( Joaquin-Lorenzo) , écrivain religieux et homme politique espagnol, né en 4757, mort en 4837. Comme ecclésiastiqne, Villanueva remplit les fonctions de qualificateur du Saint-Office, de chapelain d'honneur et de prédicateur du roi, et de recteur des hôpitaux royaux, et il écrivit plusieurs ouvrages de piété, tels que VAno Cristiano de Espana (Madrid, 4791-4803, 49 vol. gr. in-8). Lors de la guère de l'Indépendance, Villanueva fut élu député aux Certes constituantes de Cadix. Suspect par son libéralisme à Ferdinand VII, remonté sur le trône, Villanueva fut arrêté, avec les plus notables de ses coreligionnaires politiques, dans la nuit du 40 au 44 mai 4 84 4 et condamné par décret du45déc. 4845 à plusieurs années de retraite dans un couvent. Amnistié en 4820, il reparut comme député aux Cortès de 4820, dans les rangs du parti attaché aux principes delà Constitution de 4842, des doceanistas. — Villanueva a publié trois livres relatifs à sa carrière politique: Dictamen... acerca de la segimda proposicion preliminar de decreto sobre los tnbunales protectores de la religion^ leido en las sesiones del 20 y 21 de Enero (Cadix, 48I3^i; Las angelicas fuentes 6 el tomistaen las Cortes (Cadix, 4844- 43) ; Apuntes sobre et arresto de los vocales de Cortes, ejecutado en mayo de i8i4, escritos en la carcel de (a Corona (Madrid, 4820).
VILLAPOURÇON. Corn, du dép. delà Nièvre, arr. de Château-Chinon, cant. deMoulins-Engilbert; 3.401 hab.
VILLAR-d'Arene. Com. du dép. des 41autes-Alpes, arr. de Brianr^on, cant. de La Grave; 424 hab. grande encyclopédie. -— XXXÏ.
VILLAR-en-Val. Com. du dép. de l'Aude, arr. deCarcassonne, cant. deLagrasse; 78 hab.
VILLAR-LouBiÈRE. Com. du dép. des Hautes-Alpes, arr. de Gap, cant. de Saint-Firmin ; 246 hab.
VlLLAR-SAiNT-ANSELME.Com. du dép. de l'Aude, arr. deLimoux, cant. de Saint-Hilaire ; 469 hab.
VILLAR-Saint-Pancrace. Com. du dép. des Hautes- Alpes, arr. et cant. de Briançon ; 983 hab.
VILLAR (Noël-Gabriel-Luce de), homme politique français, né à Toulouse le 43 déc. 4748, mort à Paris le 29 août 4826. Membre de la congrégation des doctrinaires, recteur du collège de La Flèche (4786), il fut élu, le 20 mars 1791, évêque constitutionnel du dép. de la Mayenne, puis (6 sept. 4792) député de ce même département à la Convention nationale, le septième sur huit. Adversaire, de façon générale, de la peine de mort, il vota la détention de Louis XVI pendant la guerre, et, à la paix, son bannissement à perpétuité ; il se prononça pour le sursis à l'exécution. Il travailla principalement dans le comité d'instruction publique. En Fan lïl, il obtint le maintien du Collège de France et la répartition de 244.000 livres de secours entre des savants, hommes de lettres et veuves ou descendants d'hommes de lettres (18 fructidor). C'est aussi sur son rapport que fut réorganisée l'administration de la Bibliothèque nationale (V. cet art.). Membre de l'Institut, élu aux Cinq-Cents parla Convention, il se ralha au premier consul et représenta au Corps législatif le dép. de Lot-et-Garonne jusqu'en 4806. L'empereur le nomma inspecteur général et membre du Conseil de l'Université, situation dont il fut privé au rétablissement des Bourbons. H. Monin.
BiBL. : Robert. C'est à tort que la table de la Réimpression du Moniteur, p. 550, l'indique comme évoque du Gers.
VILLARD. Rivière du dép. de la Brome (V. ce mot).
VILLARD. Com. du dép. de la Creuse, arr. de Guéret, cant. de Dun-le-Palleteau ; 770 hab.
VILLARD. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. de Thonon-les-Bains, cant. de Boëge ; 702 hab.
VILLARD (Le). Com. du dép. de la Lozère, arr. de Marvejols, cant. de Chanac; 480 hab. Stat. duchem.de fer du Midi.
VILLARD-BoNNOT. Com, du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. de Domène, sur le r. g. de l'Isère ; 2.400 hab.; stat. du chemin de fer P.-L.-M. Fabr. de ciments. Haut fourneau (à Brignoud). Fabr. de papier et de pâte à papier (à Lancey). Château de Vorz (xYi® siècle).
VILLARD-de-Lans. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble ; 4.849 hab.
VILLARD-d'Héry. Com. du dép. delà Savoie, arr. de Chambéry, cant. de Montmélian ; 265 hab.
VILLARD-la-Rixouse. Com. du dép. du Jura, arr. et cant. de Saint- Claude ; 244 hab.
VILLARD-Notre-Dame. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. du Bourg-d'Oisans ; 434 hab.
VILLARD-Reculas. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. du Bourg-d'Oisans ; 164 hab.
VILLARD-Reymond. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. du Bourg-d'Oisans ; 493 hab.
VILLARD-Saint-Christophe. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. de La Mure; 393 hab.
VILLARD-Saint-Sauveur. Com. du dép. du Jura, arr. et cant. de Saint-Claude ; 558 hab.
VILLARD-Sallet. Com. du dép. de la Savoie, arr. de Chambéry, cant. de La Rochette ; 369 hab.
VILLARD-sur-Doron. Com. du dép. de la Savoie, arr. d'Albertville, cant. deBeaufort; 888 hab.
VILLARD-sur-l'Ain. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Clairvaux;62 hab.
VILLARD (Adélaïde), cantatrice française (V. Beâumes- NTL [Henriette-Adélaïde]).
VILLARD — YILLARET
VILLARD DE HoNNEGouRT, architecte du xin® siècle. Cet artiste ne nous est connu que par son album, manuscrit aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale, où il est venu de Saint-Germain des Prés. C'est un recueil de croquis et de notes : on y trouve des notes rédigées en vue de l'enseignement de l'architecture, de la mécanique et du dessin, des études de dessin et d'architecture, et diverses compositions. Les sujets sont très variés ; on peut les énumérer ainsi : figures nues et draperies étudiées d'après nature et d'après l'antique ; compositions d'histoire religieuse ; études d'animaux ; études et stylisation de feuillages ; croquis de détails d'architecture pris dans le nord de la France, à Meaux, à Reiras, à Chartres, à Lausanne et en Hongrie ; compositions de plans d'églises et de divers objets mobiliers ; tracés et explications de stéréotomie, de mécanique industrielle et même de machinerie militaire. Une ordonnance médicale, quelques notions tirées du bestiaire et la mention du séjour de l'auteur en Hongrie se rencontrent aussi dans ce carnet de notes, qui est ce que nous appellerions un brouillon, un carnet de voyage et un aide-mémoire. Malheureusement, il nous est parvenu très incomplet et quelque peu retouché : on y a signalé des additions, et l'on pourrait peut-être ajouter à cette liste : par exemple, la p. 6 présente la réunion de l'Ours et du Cygne qui forme la devise de Jean de Berri.
Quoi qu'il en soit, voici ce que l'on peut déduire de Y album de Villard de Honnecourt pour la biographie de son auteur : il vivait certainement sous saint Louis ; né à Honnecourt (Nord) au moment où se terminait la construction de la riche abbaye bénédictine, il put y recevoir enfant l'enseignement technique que les architectes d'alors apprenaient sur le tas ; peut-être aussi mit-il la main à la construction de la cathédrale de Cambrai qu'il a suivie, mais qu'il ne semble pas avoir dirigée comme on l'a dit. Sa première ou une de ses premières œuvres fut l'église cistercienne de Vaucelles, près Honnecourt, édifice de plan très original, dont il ne subsiste plus que les fondations, et qui fut consacré en 4235. C'est entre cette date et 1250 environ que Villard dut être mandé en Hongrie; il ne nous dit pas ce qu'il y fit, mais seulement qu'il y séjourna longtemps. On lui attribue avec vraisemblance, mais sans preuve absolue, l'église Saint-Martin de Cassovie, de plan champenois, et je crois avoir établi qu'il dut être appelé par les moines de Cîteaux qui venaient de l'employer à Vaucelles et qui fondaient alors même en Hongrie plusieurs abbayes peuplées en partie de moines du nord de la France. C'est à son retour, et en utilisant plusieurs études faites dans ses voyages, qu'il construisit le chœur et la tour occidentale de l'église de Saint-Quentin qui fut consacrée en présence de saint Louis en 4257. Pierre Bénard a établi par plusieurs preuves convaincantes qu'il fut l'auteur de cette église. ViUard de Honnecourt a collaboré avec Pierre de Corbie, son confrère, pour un plan qui semble avoir été exécuté à la cathédrale de Tolède, dont l'architecte était, nous le savons, un Français nommé Pierre. C'est tout ce que nous savons de la vie et des œuvres de Villard de Honnecourt ; il est cependant de tous les maîtres d'œuvres de son temps celui dont la personnalité nous est le mieux connue. Il avait reçu une instruction très complète et écrivait couramment le latin ; comme artiste, il ne mérite certainement pas d'être classé parmi les premiers maîtres de son temps, fertile en œuvres excellentes ; les siennes sont inégales : son dessin contient des morceaux très beaux et d'autres très faibles ; ses plans sont originaux et ingénieux, mais il semble qu'il n'ait eu qu'un médiocre sentiment des proportions. Comme beaucoup d'artistes de l'antiquité et du moyen âge, il fit délibérément des réphques des œuvres les plus célèbres de son temps ; il a reproduit à Saint-Quentin diverses dispositions de la cathédrale de Reims qu'il avait spécialement étudiées, et probablement une rose de Chartres. C. Enlart.
BiBL. : J. QuicHERAT, Noticc SUT l'album de Villard de Jïonnecourtf dans Mélanges, t. IT, p. 238. — Album de Vil-
lard de Honnecourt, annoté par Lassus, mis au jour par A. Darcel; Paris, 1863, in-4 (traduit en anglais par Willis). — P. BÉNARD, Collégiale de Saint-Quentin, l'» partie. — Recherches sur la patrie et les travaux de Villard de Honnecourt; Paris, 1867, in-8. — Alcibiade Wilbert. Substruction de la seconde église de Vaucelles, érigée au xiii« siècle sur les plans et sous la direction de Villard de Honnecourt, dans Mém. de la Soc. d'émulation de Cambrai, 1864, t. XXVIII. — Baughal, Dictionnaire des architectes français. — C. Enlart, Villard de Honnecourt et les Cisterciens, dans Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 1895, t. LVI.
VILLARDEBELLE. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Limons, cant. de Saint-Hilaire ; 2o2 hab.
VILLA RDI (Eugène- Joseph de), marquis de Montlaur (V. ce nom).
VILLARDONNEL. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Mas-Cabardès ; 534 hab.
VILLARDS-d'Héria. Com. du dép. du Jura, arr. de Saint-Claude, cant. de Moirans, près de la source do l'Héria, sur une crête de 664: m. ; 394 hab. Fromageries. Ruines d'un pont-aqueduc romain, dit Ponts des Arches; dans le voisinage, pittoresque petit lac d'Antre. VILLARDS-sur-Thônes (Les). Com. du dép. de la Haute- Savoie, arr. d'Annecy, cant. de Thônes ; 748 hab.
VILLARELHO (Serra de). Massif du Portugal (V. ce mot, t. XXVn, p. 378).
VILLARAMBERT. Com, du dép. de la Savoie, arr. et cant. de Saint-Jean-de-Maurienne ; 420 hab.
VI LLAR ET (Foulque de), grand maître de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, mort à Teyran (Languedoc) en 4327. Il fut élu en 1307, après la mort de son frère, Guillaume de Villaret. Foulque fut convoqué à Poitiers par Clément V pour s'entendre au sujet de la croisade (V. son mémoire, Bibl. Ecole Chartes, 1899, p. 602). En conflit avec le roi de Chypre, il essaya de conquérir Rhodes pour avoir un établissement indépendant. H la prit le 45 août 4310, après un siège laborieux, et en fit le centre de l'ordre. H y fut assiégé par les Turcs en 1315, mais il les repoussa avec l'aide d'Amédée V, comte de Savoie. La suppression des Templiers releva son importance et valut à l'ordre beaucoup de châteaux et de terres, mais aussi des difficultés avec Philippe le Bel et des transactions très coûteuses. Foulque rencontra dans son ordre, malgré ses services, une vive opposition qui l'obligea même à quitter Rhodes où un chapitre le déposa et élut à sa place Maurice de Pagnac. Foulque se pourvut en cour de Rome, et le pape nomma Gérard de Pins comme vicaire général de l'ordre, en attendant qu'il eût réglé la question par une sentence définitive. En 1319, Foulque donna sa démission et reçut en échange le prieuré de Capoue. Il se retira auprès de sa sœur à Teyran, en Languedoc ; à sa mort, il fut inhumé dans l'église Saint- Jean de Montpellier. Joseph Petit.
VILLARET DE Joyeuse (Louis-Thomas), homme politique et marin français, né à Auch le 27 mai 1750, mort à Venise le 24 juil. 1812. Entré dans la marine royale en 1766, lieutenant de vaisseau en 1773, il se signala dans la guerre contre l'Angleterre sous les ordres du baron de Suffren ; après un combat de huit heures, il ne rendit sa frégate la Naïade qu'au moment de couler bas (1782). Chevalier de Saint-Louis, royaliste de tradition et de sentiment, il n'en demeura pas moins au service sous la Révolution. Il apaisa (1791) les premiers troubles de Saint- Domingue à la suite de l'abolition de l'esclavage. Jeanbon- Saint- André, véritable ministre de la marine de la Convention sous le titre de représentant en mission, le fit nommer contre-amiral par le comité de Salut public : « Je sais qu'il est aristocrate, disait-il, mais il est brave, il connaît son métier, et il exècre les Anglais ». A la tête d'une partie de la flotte de Brest, il eut, en mai 1793, à protéger l'arrivée d'un convoi de blés qui venait d'Amérique : le 9 prairial an II (28 mai), il rencontra l'amiral Howe, dont les forces étaient supérieures. Il dégagea son arrière-garde (29 mai) ; les deux jours suivants, le brouillard empêcha les deux flottes, Tune et l'autre renforcées, de s'aborder* Le
VILLARET ~. VILLAES
4®^ juin, Howe parvint à couper en deux la ligne française. Le vaisseau amiral la Montagne faillit être capturé ; le Vengeur, V Impétueux coulèrent bas plutôt que d'amener leurs pavillons. Les Anglais se retirèrent et se dispersèrent après cette lutte indécise, et le convoi de grains put entrer à Brest. Opposé à l'expédition d'Irlande, tant à cause de notre insuffisance navale que par défiance à l'égard des Irlandais, il fut remplacé à Brest par Morard de Galles : le Directoire lui tint rigueur, du reste, d'avoir perdu trois vaisseaux dans un combat héroïque contre l'amiral Bridport (23 juin). Député par le Morbihan au conseil des Cinq- Cents lors du renouvellement de l'an V, il signala hautement, contre Eschassériaux, les abus coloniaux, rétat misérable des équipages de la flotte, et fit valoir les services du capitaine Surcouf; il ne cacha plus ses sentiments monarchiques et fut déporté, au 18 fructidor an V, comme membre de la Société de Clichy. Il put s'échapper ; puis, quand les esprits furent plus calmes, il se constitua prisonnier et fut interné dans l'île d*01éron. Il obtint la levée du séquestre mis sur ses biens. Sous le Consulat, auquel il s'était rallié, il reçut en Fan IX le commandement d'une flotte destinée à Saint-Domingue, mais qui arriva trop tard. Capitaine général de la Martinique (13 germinal an X), comblé d'honneurs par l'Empire, il fut, après Trafalgar, étroitement bloqué par les forces anglaises auxquelles il rendit le Fort-Bambou et File elle-même, mais après un bombardement d'un mois (févr. 1806). L'empereur ne sanctionna pas le vote de blâme que le conseil d'enquête lui avait infligé. Il le créa comte en 1808, et lui donna le gouvernement général de Venise (1811) où il mourut un an après. H. Monin.
BiBL. : Réimpression du Moniteur, t. XX, p. 751 {éloge de Villaret-Joyeuse), t. XXVIII, pp. 720, 723, 741, 759, 772, 796, 810. - Ch.-L. Chassin, Table (t. XI) de la Vendée et la Chouannerie ; Paris, 1899, in-8. — V. Saint-André {André Jeanbonj.
VILLARGENT. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Lure, cant. de Yillersexel; 131 hab.
VILLARGEREL. Com. du dép. delà Savoie, arr. et cant. de Moûtiers; 347 hab.
VILLARGOIX. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Saulieu ; 384 hab.
VILLAR60NDRAN. Com. du dép. de la Savoie, arr. et cant. de Saint- Jean-de-Maurienne ; ^66 hab.
VILLARI (Pasquale), historien et homme pohtique italien contemporain, né à Naples en 1827, compromis et exilé en 1847, réfugié à Florence, qu'il n'a presque plus abandonnée, en 1859 professeur d'histoire moderne à F Université de Pise, dès 1862 à l'Institut supérieur de perfectionnement de Florence, député, sénateur, ministre de l'instruction en 1891 dans le premier ministère Rudini, vice-président du conseil supérieur de l'instruction, président de l'Académie des Lincei, de l'Istituto storico italiano, du Conseil supérieur des archives, de la Deputazione toscana di storia patria, de la Società Dante AlighierL Ses œuvres principales sont : la Storia di Girolamo Savonarola e dei suoi tempi (2 éditions italiennes et traductions en français, anglais, allemand) ; Niccolô Macchiavelli e i suoi tempi (2 éditions et traductions anglaises et allemandes) ; le Invasioni barbariche in Italia, les Studi sulla storia di Firenze, les Saggi. On a de lui aussi une esquisse sur La Pittura moderna in Italia e in Francia (1869); les fameuses Lettere meridionali ed altri scritti sulla questione sociale in Italia et des essais sur la réforme de l'enseignement,
VILLARICA. Ville du Chili, prov. de Valdivia, sur la rive S. du Tolten, et la rive 0. du lac de Villarica. Le nom de la ville est dû à des mines anciennes. Au S. du lac, volcan de Villarica, couvert de neige (2.840 m.).
VILLARICA DEL EspiRiTu Santo. Ville du Paraguay, dans l'intérieur, reliée parunchem. de fer à Assomption; contrée où se cultive un tabac de première qualité ; 11.000 hab. Grande cathédrale; exportation importante de mandarines, maté et tabac.
VILLARI ES. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Toulouse, cant. de Fronton ; 281 hab.
VILLARLURIN. Com. du dép. de la Savoie, arr. et cant. de Moûtiers ; 241 hab.
VILLAROBLEDO. Ville d'Espagne, prov. d'Albacete (Murcie), à 725 m.d'alt.; 9.285 hab. Stat. du chem. de fer de Madrid à Carthagène. Commerce de graines; exploitation des bois de chêne-liège.
VILLARODIN-BouRGET.Com. du dép. de la Savoie, arr. de Saint-Jean-de-Maurienne, cant. de Modane ; 506 hab. VILLAROGER. Com. du dép. de la Savoie, arr. de Moûtiers, cant. de Bourg-Saint-Maurice; 532 hab.
VILLAROSA. Localité delà Sicile, cercle dePiazzaArmerina, prov. de Caltanissetta, sur la r. g. de Flmera ; 13.750 hab. Stat. de la ligne Caltanissetta-Catane. Vignobles ; orangers et amandiers.
VILLAROUX. Com. du dép. de la Savoie, arr.deChambéry, cant. de Montmélian; 167 hab.
yiLLARS. Ch.-L de cant. du dép. de l'Ain, arr. de Trévoux, sur la Chalaronne, sur le plateau de la Dombes (180 m.) ; 1.426 hab. (953^aggl.). Stat. du chem. de fer de Lyon. — Au xn^ siècle, Villars était la capitale d'une seigneurie qui se confondait avec celle de Thoire (Bugey), et fut érigée en marquisat (1565).
VI LLARS. Ch.-L de cant. dudép. des Alpes-Maritimes, arr. de Puget-Théniers ; 741 hab. Buines de l'ancien château des Grimaldi.
VILLARS. Com. du dép. de la Charente, arr. d'Angoulême, cant. de Villebois-en-Valette ; 138 hab.
VI LLARS. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Nontron, cant.deChampagnac-de-Bélair,surleTrincou; 1.507 hab. Au N.-O., joli château Renaissance de Puyguilhem.
VILLARS. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Voves ; 217 hab.
VILLARS. Com. du dép. de la Loire, arr. de Saint- Etienne, cant. de Saint-Héand ; 2.512 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
VILLARS (Le). Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Mâcon, cant. de Tournus ; 393 hab.
^VILLARS. Com. dudép. de Vaucluse, arr. et cant. d'Apt; 651 hab. Ancienne tour carrée du xii^ ou du xiii^ siècle, servant de beffroi. Inscriptions romaines.
VILLARS-Brandis. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. et cant. de Castellane ; 91 hab.
VILLARS-Colmars. Com. du dép. des Basses-Alpes, arr. de Castellane, cant. de Colmars; 319 hab.
VILLARS-EN-Azoïs. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Chaumont, cant. de Châteauvillain ; 266 hab.
VILLARS-EN-PoNs. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saintes, cant. de Gémozac ; 525 hab. VILLARS-et-Vjllenotte. Com. du dép. de la Côted'Or, arr. et cant. de Semur-en-Auxois ; 156 hab.
VILLARS-Fontaine. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Nuits-Saint- Georges ; 138 hab. VILLARS-le-Pautel. Com. du dép. de la Haute -Saône, arr. de Vesoul, cant. de Jussey; 660 hab.
VILLARS-lès-Blamont. Com. du dép. du Doubs, arr de Montbéhard, cant. de Blamont ; 507 hab.
VILLARS-LEs-Bois. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saintes, cant. de Burie ; 471 hab.
VILLARS-le-Sec. Com. du territoire de Belfort, arr. de Belfort, cant. de Délie ; 187 hab.
VI LLARS-Montroyer. Com. dudép. de la Haute-Marne, arr. de Langres, cant. d'Auberive ; 128 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VILLARS-Saint-Georges. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Boussières ; 213 hab.
VILLARS-Saint-Marcellin. Com. du dép. de la Haute- Marne, arr. de Langres, cant. de Bourbonne-les-Bains : 475 hab. '
VILLARS-sous-Dampjoux. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Pont-de-Roide ; 214 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
YILLARS
VlLLARS-sous-EcoT. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Pont-de-Roide ; 203 hab.
VILLARS, comtes de Tende (V. ce nom).
VILLARS (Jean de), homme de guerre et diplomate français (V. Blancfossé).
VILLARS (François de Boivin, baron de), chroniqueur français (V. Boivin).
VILLARS (Louis-Hector de), prince de Martigues, vicomte de Melun, marquis de Villars (près Trévoux), né à Moulins le 8 mai 1653, mort à Turin le 17 juin 1734. Fils de Pierre de Villars et de Marie de Bellefonds, il fit ses études à Juilly, entra aux pages de la grande écurie, servit comme volontaire au corps du roi. A dixneuf ans, il se battait bravement en Hollande. Cornette des chevau-légers de Bourgogne, envoyé en Espagne pour complimenter Charles II sur sa convalescence, il revient en hâte à Maastricht et, malgré les défenses royales, enlève une tranchée. Il suitTurenne en Franconie, il est blessé sous Condé à Senef. Colonel de cavalerie à vingt et un ans (1674), il accompagne Luxembourg en France, Créqui en Alsace, et, tout cavalier qu'il est, monte à l'assaut de Fribourg à la tète des grenadiers. Cependant son avancement est retardé par l'antipathie de Louvois. Le roi l'envoie à Vienne, sans caractère oifi ciel, avec la mission secrète de détacher de l'alliance autrichienne l'électeur de Bavière Max-Emmanuel, frère de la Dauphine. « Grand, bran, bien fait, physionomie vive, ouverte, sortante et véritablement un peu folle » (Saint- Simon), vrai héros de roman, le bel Orofidate devient le compagnon de plaisir et de bataille de l'électeur et se bat à ses côtés contre les Turcs à Mohacs. M"^® de Kaunitz obtient son renvoi, et M"^® de Main tenon en fait son favori ; Louvois se décide alors à le nommer commissaire général de la cavalerie. Pendant une nouvelle mission à Munich, il se brouille avec son ancien ami, et il est forcé de revenir par la Suisse. En 1689, il est en Flandre comme maréchal de camp, àLeuze en 1691, puis comme Ueutenant général sur le Rhin. Lorsque la maladie de Charles II annonce l'ouverture de la succession d'Espagne, le roi l'envoie comme ambassadeur à Vienne ; il exige une réparation éclatante d'une insulte qui lui est faite par le prince de Liechtenstein. Il va servir en Lombardie, épouse la belle M^^^ de Varangéville, dont il sera éperdûment et puérilement jaloux, suit Catinat en Allemagne. En 1702, pour la première fois commandant en chef, il mène une' armée au secours de la Bavière, passe le Rhin à Huningue, enlève sous les yeux du prince de Bade le fort de Friedlingen (14 oct.) ; ses soldats le saluent maréchal de France, et le roi confirme cette acclamation. Après avoir pris Kehl, il opère sa jonction avec l'électeur (mai 1703), mais la mollesse de ce prince l'empêche de marcher sur Vienne, ce qui aurait perdu l'Autriche. Aussi, malgré sa brillante victoire à Hochstedt (20 sept.), il demande son rappel. Le roi voulait l'envoyer en Italie, mais Villars craint un partage d'attributions avec Vendôme; il est chargé d'aller pacifier les Cévennes (V. Câmisârds). Il substitue la clémence à la barbarie, mène de front les combats et les négociations avec Cavalier (1704). Le roi lui donne le cordon, le nomme duc à brevet le 21 janv. 4705. Il établit près de Thionville le camp de Sierck, déloge les Impériaux des lignes de Stolhofen, pousse jusqu'à Stuttgart et tente de se joindre à Chai'les XIÎ (V. ce nom) ; le roi de Suède n'accepta pas ses offres. En Piémont, en 1708, il est rappelé en Flandre après la chute de Lille. Pendant l'hiver de 1709, il mange avec le soldat et du même pain d'avoine. Il marche contre Eugène et Marlborough, dont l'armée, double de la sienne, occupe Tournai ; à Malplaquet, blessé aux deux genoux, évanoui, il opère (en partie grâce àBoufflers) sa retraite en bon ordre.
Le roi le nomme pair. On avait parlé de lui amputer la jambe ; il remonte à cheval avec un appareil, mais la blessure se rouvre, et il doit passer l'année 1710 àBour-
bonne. En 1712, le roi désespéré lui confie ses dernières troupes. Pour débloquer Landrecies, il marche en secret sur les lignes de Denain-Marchiennes, et illustre cette guerre désastreuse par une éclatante victoire (24 juil. 1712) (V. Denain). Nommé gouverneur de Provence, il repasse le Rhin ; à Fribourg, malgré ses soixante ans, il monte encore à l'assaut, soutenu par deux grenadiers, et force Eugène à la retraite. Il est alors chargé de négocier avec son ancien adversaire la paix de Rastadt. Louis XIV ne voulut pas, même en sa faveur, rétablir la connétablie, mais il lui fit donner par Philippe V la Toison d'Or, et l'Académie l'appela dans son sein. Il assista aux derniers moments du roi. Sa carrière n'était pas finie. Membre du conseil de régence, président du conseil de guerre, il combattit la politique de Dubois et le Système. Il donnait à Vaux, qu'il avait acheté en 1705, des fêtes princiôres; il y reçut Pierre 1®^, il y attira Voltaire, qui brûlait d'un amour de poète pour la maréchale. Au sacre de Louis XV, il fit fonctions de connétable, et il paraît que le jeune roi l'appela de ce titre ; mais le duc d'Orléans lui donna seulement la présidence d'une commission des comptes du département de la guerre. Lié au parti des Leszczinski, le triomphe de Fleury l'abaissa. Il réussit cependant à faire décider, malgré le ministre, la guerre de succession de Pologne ; le roi releva en sa faveur le titre deTurenne, maréchal-général, et, àquatre-vingt~et-un ans, l'envoya en Italie soutenir le roi de Sardaigne. Une foudroyante campagne d'hiver chassa les Impériaux du Milanais et du Mantouan ; Villars s'y montra plus téméraire que jamais. Les incertitudes, les demi-trahisons du roi de Sardaigne le découragèrent, il demanda son rappel, et tomba malade à Turin, où il mourut.
Presque toujours vainqueur, Villars devait ses succès autant à sa bravoure téméraire qu'à la largeur de ses vues de général. Sévère cour ses officiers, il était adoré de ses soldats; il ne mérite pas les attaques passionnées de Saint-Simon ; il était vaniteux, vantard, mais c'était, selon le mot de Voltaire, « un fanfaron plein d'honneur » ; avide de distinctions, d'argent, il s'enrichit par des rapines, mais c'étaient les mœurs du temps. Son portrait a été peint par Rigaud. Un premier volume de ses Mémoires parut à La Haye en 1734 (in-12, jusqu'en 1700). Le deuxième et le troisième de l'éd. de 1736 sont apocryphes. En 1784, Anquetil donna, sous le titre de Vie du maréchal de Villars (4 vol. in-12), un remaniement du manuscrit original de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Les éditeurs des collections Michaud et Petitot se sont contentés de fondre le texte de 1736 avec celui d'Anquetil. Enfin le marquis de Vogiié a donné une édition conforme au manuscrit {Soc. de rHist.de Finance, 1884-92, 5 vol.in-8), accompagnée de nombreuses lettres. Ce précieux texte, l'un des plus importants que nous ayons pour la fin du xvii® et le commencement du xviii® siècle, s'arrête au 19 oct. 1733. H. Hauser.
BiBL. : Folard, Oraison funèbre de Villars ; Arles, 1734, in-8. — Peysonnel, Eloge de Villars; Marseille, 1734. ~ Séguy, Oraison funèbre de Villai^s ; Paris, 1735. — D'Alemdert, Hist. des membres de V Académie. — Sainte-Beuve, Lundis, t. XIII. — J.-J.-E. Roy, Hist. du maréchal de Villars ; Lille, 1857, in-8 ; 1859, in-12 ; 1864, in-12. — Ch. GiRAUD, la Maréchale de Villai^s; Paris, 1881, in-8. — Marquis DE Vogué, Villars et l'Electeur de fîa- -Dîére ; Paris, 1885, in-8. — Du môme, Villars d'après sa correspondance ; Paris, 1888, 2 vol. în-8. — P. Bondois, Villars et Catinat; Paris, 1886, in-8. •— A. Babeau, le Maréchal de Villars., gouverneur de Provence ; Paris, 1892, in-8. — Charpentier, Villars et les Etats de Languedoc, dans Mélanges de littêr. et d'hist. relig.., t. II.
VILLARS (Honoré- Armand, duc de), membre de TAcademie française, né le 4 déc. 170^2, mort à Aix au mois de mai 1770. Il était fils du maréchal de Villars et il dut toute sa fortune à l'éclat de sa naissance. Mestre de camp de cavalerie à l'âge de seize ans, il prit part à quelques campagnes en Italie et sur le Rhin et devint brigadier en 1734. A la mort de son père, il hérita de son gouvernement de Provence, de son fauteuil à l'Académie française