VILLIERS — VILLOISON
Armagnacs (1417). Nommé capitaine de Pontoise par Jean sans Peur, qui venait d'enlever cette place, il entra, par trahison, dans Paris (nuit du 28 au 29 mai 4418), où il se gorgea de butin, et toléra, s'il ne les favorisa pas, le massacre des Armagnacs. Maître de la capitale et du roi Charles VI, Jean sans Peur fit nommer Villiers maréchal de France (17 juin 1418). L'année suivante, il laissa surprendre Pontoise par les Anglais. Après le meurtre de Jean sans Peur (10 sept. 1419), il servit à la fois le nouveau duc de Bourgogne, Philippe le Bon et les Anglais, ses alliés. Ayant déplu à Henri V par la hardiesse de son langage (1420), il fut ensuite accusé d'avoir voulu livrer Paris au dauphin, emprisonné à la Bastille (juin 1421) et destitué (janv. 1422). Après la mort de Henri V, son frère, le duc de Bedford, régent de France pour Henri VI, fit élargir ViUiers, qui continua de servir le duc de Bourgogne et les Anglais. Il prit Compiègne, dont il fut nommé capitaine (1423). Favorisé par Bedford, il devint capitaine du Louvre (1428) et de Paris (1429), chevaUer de la Toison d'or, et fut rétabli dans sa charge de maréchal de France (2 mai 1432). Pendant les années suivantes, il aida les Anglais à prendre et à défendre les places voisines de Paris, notamment Saint- Denis (sept. 1435). Philippe le Bon s' étant réconcilié avec Charles Vil, par le traité d'Arras (20 sept. 1435), Villiers aida puissamment le connétable de Kichemont à chasser de Paris les Anglais (13 avr. 1436). Il laissa encore les Anglais reprendre Pontoise (12 févr. 1437), qu'ils avaient perdu en 143B. Peu après, il fut tué dans une sédition, à Bruges (22 mai 1437) et y fut enterré dans l'église de Saint-Donatien. Il avait quatre fils et deux filles. Son fils aîné, Jacques, fut le père de Philippe y iWiQrs de TIsle-Adam, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui s'illustra par l'héroïque défense de Rhodes contre Soliman II (1522).
BiBL. : Les chroniqueurs du temps, surtout le Bourgeois DE Paris, édit. A. Tuetey, pp. 88, 241, 283, 314, 315, 329. — Le P. Anselme, VII, 10-11. -- Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII. ~ De Beaucourt. Histoire de Charles VIL -Clairambault, Titres scellés, vol. 114, f«« 8907, 8913, à la Bibl. nat.
VILLIERS DE l'Isle-Adam (Philippe-Auguste-Mathias, comte de), littérateur français, né à Saint-Brieuc le 7 nov. 1840, mort à Paris le 18 août 1889. Descendant d'une ancienne famille qui comptait parmi ses membres un grand maître de l'ordre de Malte. Il débuta fortjeune en publiant des vers parnassiens sous le titre de Premières Poésies (1856-58). Son second recueil : fantaisies nocturnes (Lyon, 1854), fut bien accueilli (spécialement les Chants du Calvaire). Il publia un peu plus tard (1862) un roman, Isis, puis un drame en trois actes, Elen (1865), et un drame en cinq actes, Morgané (^i%Q) ; en 1867, Claire Lenoir (devenu Tribulat Bonhomet) et V Intersigne. Le 6 mai 1870, il eut une pièce en un acte représentée au Vaudeville : la Révolte, qui frappa Théophile Gautier. Pendant dix années (de 1870 à 1880), Villiers garde un silence presque absolu ; on ne peut relever qu'une dizaine de contes et une récension du Candidat de Flaubert. En 1880, il donna le Nouveau Monde, drame en cinq actes. Malgré le talent dépensé dans ces diverses oeuvres, Villiers de risle-Adam ne connaissait pas le succès littéraire : la bizarrerie de son imagination, le mépris de la critique, sa vie de pur artiste dédaigneux de l'opinion vulgaire et se refusant aux concessions, éloignaient le public de son œuvre; les lettrés commençaient cependant à reconnaître l'intensité singulière de ses conceptions, inquiètes et tourmentées comme sa vie. Les Contes cruels, parus en 1883, écrits dans une langue magnifique, pleine d'harmonie et d'éclat, sont bien près d'être un chef-d'œuvre. En 1885, paraissent Akédyeseril et Axel. Deux romans philosophiques, V Amour suprême et VEve future (1886), caractérisent aussi le talent subtil et bizarre de ce grand littérateur. Tribulat Bonhomet parut en 1887, le 5^cretde VEchafaud en 1888, ainsi que Histoires insolites et Nouveaux Contes cruels. Le Théâtre-Libre joua
en 1887 V Evasion, petit drame en un acte. Villiers de risle* Adam, dont la vie avait été pauvre et fière, ne parvint pas à forcer la gloire ; injustement dédaigné de la foule, il mourut à l'hôpital des Frères de Saint-Jean-de- Dieu. Il semblait vivre dans un songe, au milieu des rêves d'une puissante et ironique imagination. C'est un écrivain du plus grand style, avec le nombre et l'image, un écrivain classique, un grand musicien de la langue. Il a laissé plusieurs manuscrits inachevés, dans lesquels se trouvent d'importantes parties inédites. Ph. B.,
Bibl. : Alexis von Kraemer, Villiers de L'Isle-Adam, en Literatur liistorisk Studie; Helsingfors, 1900.
VILLINGEN. Ch.-l. du cercle de Villingen (grand-duché de Bade), sur la rive dr, de la Brigach (affl. g. du Danube), à 706 m. d'alt. ; 6.891 hab. Stat. des chem. de fer \çurttembergeois et badois. Grande fabr. d'horlogerie et de boîtes à musique ; manuf. de draps; fabr. de toiles métalliques, poterie artistique, d'objets en bois; briqueterie, scieries. Commerce de fruits, de farine, de bois. Vieilles murailles et portes ; cathédrale gothique avec deux tours (1470) et un riche trésor; hôtel de ville avec colonnes de style moyenâgeux et musée d'antiquités ; cloître franciscain avec une tour. Ecole d'éducation pour filles, école d'économie domestique, école professionnelle d'arts et métiers. Dans le voisinage, ruines des châteaux de Turneck et Warenburg.
VILLIERSFAUX. Corn, du dép. de Loir-et-Cher, arr. et cant. de Vendôme; 217 hab.
VILLIEU. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Trévoux, cant. de Meximieux; 570 hab. Stat. de chem. de fer.
VILLMANSTRANO (en finnois Ldppeenranta) . Ville de Finlande, située dans le gouvernement de Viborg, à l'extrémité S. du lac Saima; 2.315 hab. (en 1896), la plupart de langue finnoise. Etablissement hydrothérapique très fréquenté sur les bords du lac. — La ville est connue dans l'histoire par le combat du 23 août 1 74 1 , où 4.000 Suédois furent vaincus par 11 .000 Russes, eurent 1 .300 hommes tués ou blessés et 1.000 autres faits prisonniers, au nombre desquels leur chef Karl-Henri Wrangel. Les vainqueurs, qui eurent 2.400 hommes hors de combat, pillèrent et incendièrent la ville.
VILLMERGEN. Village de Suisse, cant. d'Argovie, distr. de Bremgarlen, au pied de collines ; 1.680 hab. — Théâtre de deux batailles en 1656 et 1672, pendant les guerres de religion.
VILLOGNON. Com. du dép. de la Charente, arr. de Ruffec, cant. de Mansle ; 424 hab.
VILLOISON (Jean- Baptiste-Gaspard d'ANssEOuD^NSSE de), érudit français, né à Corbeil le 5 mars 1750, mort à Paris le 26 avr. 1805. Après de brillantes études qu'il compléta au Collège de France, il s'éprit de passion pour le grec et, en 1773, pubhait le Lexique d'Apollonius sur Homère (2 vol. in-4), qui, même avant son apparition en librairie, lui valut d'être élu membre de l'Académie des inscriptions (1772). En 1778, il donnait, avec commentaire, une édition grecque et latine de Daphnis et Chloé; en 1781, il était envoyé à Venise pour y colliger des manuscrits. 11 publia dans cette ville ses Anecdota grœca (1783, 2 vol. in-4); à Strasbourg, une version grecque de la Bible différente de celle des Septante (1784); à Zurich, les Epistolœ Vimarienses (1783, in-4), dédiées au duc de Saxe-Weimar qui lavait appelé à sa cour. Villoison fut encore chargé d'une mission archéologique en Grèce (1785-88), il y recueillit de nombreuses inscriptions, mais y rencontra beaucoup moins de manuscrits précieux qu'il n'avait espéré. Il donna en 1788 Vïliade d'Homère, avec de nombreuses annotations (Venise, in-fol.). La Révolution le troubla dans ses chères études et, redoutant les agitations de Paris, il se réfugia à Orléans. Revenu dans la capitale en 1796, il y ouvrit un cours de grec. Bientôt chargé de la chaire de grec moderne à l'Ecole des langues orientales, il fut nommé membre de l'Institut en 1802, et obtint au Collège de France la chaire