II. Physique. — Volume critique {V. Critique
VOLUMÉNOWIÈTRE (Phys.). C'est un appareil destiné à mesurer le volume de certains corps, lorsqu'on ne peut pas employer les méthodes ordinaires, par exemple lorsque le corps est soluble dans l'eau et dans la plupart des liquides, ou qu'il est modifié par l'immersion dans un liquide. Cet appareil se compose d'un nation, dans lequel on place le corps à mesurer et d'un manomètre à mercure qui présente deux traits de repère. 11 sert à mesurer le volume de la poudre, des corps poreux, du coton, etc.
VOLUMÈTRE (Phys.). Ce sont des aréomètres gradués d'une façon spéciale, de façon à indiquer, étant donné un liquide quelconque, le volume de ce liquide qui pèse autant que 100 volumes d'eau.
VOLUPTÉ (Philos.), Ce mot dans la philosophie ancienne était l'équivalent de notre mot plaisir (V. ce mot). Il a pris dans la philosophie moderne un sens plus étroit, et il y désigne plus particulièrement le plaisir des sens, parfois même le plaisir attaché à l'acte sexuel. On sait que l'école cyrénaïque, dont le chef fut Aristippe, donnait la volupté, c.-à-d. le plaisir des sens, comme fin suprême de toutes les actions humaines et premier principe de la morale. Nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux divers articles où se trouve exposée et discutée la morale du plaisir (V. Aristippe, Cyrénaiquee [Ecole], Epicure, HégésiÂS, Morale, etc.).
VOLUTE. I. Architecture. — Ornement remontant à la plus haute antiquité, peut-être même ressouvenir de l'architecture métallique, et consistant en un enroulement en spirale caractérisant le chapiteau de la colonne d'ordre ionique. Des volutes, mais moins importantes, figurent aussi, au-dessus des rangées de feuilles, dans les chapiteaux des colonnes d'ordre corinthien et d'ordre composite. Les figures de l'article Ordre (t. XXV, pp. 509-512) donnant (fig. 2, 4 et 8) des exemples de chapiteaux ioniques et (fig. 5, 6, 9 et 44) des exemples de chapiteaux corinthiens et de chapiteaux composites montrent bien la nature, la forme et l'importance des volutes dans ces ditférents ordres et à différentes époques. L'origine de la volute ionique et le tracé de cette volute tiennent une grande place dans les traités des ordres d'architecture, depuis Vitruve jusqu'aux auteurs contemporains.
II. Malacologie. — Genre de Mollusques Gastéropodes de forme ovale ou fusiforme, à spire aiguë ou mamelonnée, à tours tantôt lisses ou épineux, tantôt cannelés ou tuberculeux; ouverture très grande, terminée en avant par une échancrure profonde, mais dépourvue de canal; bord columellaire muni de plusieurs plis dont les plus saillants sont antérieurs ; bord externe lisse, quelquefois crénelé intérieurement. Ce genre, qui comprend des coquilles très recherchées, en raison de la beauté de leur coloris, habitent toutes les mers : les unes vivent sur le sable ; les autres, dans les madrépores.
ni. Paléontologie. — Les espèces fossiles du genre Voluta sont deux fois plus nombreuses que les vivantes. Les plus anciennes sont du crétacé moyen, et en général plus petites que les espèces actuelles (F. muricina et V. bicoronaia du calcaire grossier du bassin de Paris).
VOLVE NT. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Die, cant. de La Motte-Chalançon ; 240 hab.
VOLVESTRE. Petit pays de l'ancien Languedoc (qui comprend auj. le cant. Montesquieu- Volre-stre dans la Haute-Garonne, et le cant. de Sainte-Croix- Volvestre dans FAriège). Il est arrosé par le Volp (affl. d. de la Garonne) qui passe à Sainte-Croix, et par FArize, principal cours d'eau delà région, qui passe à Montesquieu.
Volvox.
VOLVIC. Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. et cant. de Riom, à la base de la coulée de laves du Puy de la Nugère, à 400 m. d'alt. ; 3.684 hab. Stat. de chem. de fer. Carrières de lave très anciennement exploitées et dont les produits se vendent dans toute l'Auvergne : la statue colossale de la Vierge, sur une colline qui domine la ville, est en lave, ainsi que l'église romane de Volvic. Ecole d'architecture et sculpture au musée. Aux environs, château de Bosredont (4784), et à 4 kil. N., ruines pittoresques du château de Tournoël(donjon duxiii^s.; bâtiments des XV® et xvi^ s.) auquel se rattachent de nombreux souvenirs d'histoire.
VOLVOX [VolvoxEhrh,) (Bot.). Genre de Protozoaires- Flagellates, de la famille des Volvocinées, parfois rattachés aux Algues. Microscopiques , unicellulaires, à 2 flagellums, disposés régulièrement et en grand nombre dans la paroi gélatineuse d'une sphère creuse intérieurement {cœnobium) ; cette sphère, du volume d'une tète d'épingle, offre une sorte de mouvement de rotation.
Génération sexuelle ou non sexuelle ; dans ce dernier cas, des colonies filles se forment dans la sphère et sont mises en liberté par rupture de la paroi de celle-ci. Dans la génération sexuelle, il y a formation d'oosphères et d'anthérozoïdes. L'espèce type, V. globatorO.-F. Miill., se multiplie parfois au point de colorer en vert les eaux stagnantes. D"" L, Hn.
VOLVULUS (Pathol.). Occlusion de l'intestin produite par l'enroulement de cette portion du tube digestif (V. Intestin).
VOLX. Com. du dép. des Basses- Alpes, arr. de Forcalquier, cant. de Manosque; 786 hab. Stat. de chem. de fer.
VOLYNIE (russe Volyn, polonais Wolyn ou Wolhyn). Gouvernement de la Russie occidentale, confinant au S.-O. à la Galicie, au S. à la Podolie, à FE. à Kiev, à FO. à la Pologne russe ; 74.853 kil. q.; 2.997.900 hab. en 4897. Le Sud est accidenté et, par endroits, granitique, se rattachant aux premières pentes des Karpates; c'est un pays fertile ; le Nord est marécageux, se rattachant à la région de Poliessié (marais du Pripet). Les bois couvrent 37 «/o du sol, les champs 37 "^U. Il tombe de 500 à 600 millim. d'eau par an, un peu plus au S. Les eaux vont presque toutes au N., vers le Pripet. La population est formée de Ruthènes, de Polonais (villes et noblesse), de Juifs, de Grands-Russiens, etc. On récolte annuellement 4 millions de quintaux de seigle, 4 4/2 de blé, 3 4/;i d'avoine, 320.000 quintaux de betteraves, etc. Le bétail est évalué à 800.000 chevaux, 800.000 bœufs et 4 million de moutons, etc.; la production industrielle à 40 millions de fr. (menuiserie, machines, distillerie, sucrerie, etc.). Le gouvernement, formé en 4797, a pour ch.-l. Jitomir et comprend 12 cercles. Il conserve le nom d'une ville détruite qui se trouvait sur le Boug occidental; La Volynie était, au xii^ siècle, une principauté russe qui s'étendit au N. et à FE. de ses limites actuelles. Ce fut ensuite une voïvodie polonaise, qui fut restreinte à la rive orientale du Boug et annexée à la Russie lors des deuxième et troisième partages de la Pologne ; le gouvernement actuel s'est accru des districts occidentaux de l'ancienne voïvodie de Kiev.
VOLZ (Hermann), sculpteur allemand, né à Carlsruhe le 34 mars 4847. Sa première oeuvre importante fut le monument des combattants à Carlsruhe, groupe en niarbre (4874-77). Il a depuis exécuté des monuments similaires pour Hanovre et Mannheim. Une de ses meilleures oeuvres est un Combat entre un homme et un tigre, exécuté à Rome en 4884-86. On lui doit encore : des statues de Geibel, de Scheffel ; le tombeau du Prince Louis de Bade, etc.
VOLZITE — VON-VJZINE
VOLZITE (Pétrogr.) (V. Blende).
VOMÉCOURT. Com. dudép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. de Rambervillers ; 273 hab.
VOMER (Anat.) (V. Nez).
VOMIQUIER (Bot.). Nom vulgaire du Strychnos nux vomica L. (V. Strychnos).
VOMISSEMENT (Physiol.) (V. Estomac).
VOM ITI F. Médicament qui possède la propriété de faire vomir, lorsqu'il a été ingéré. Certains poisons, qui peuvent faire vomir, arsenic, digitale, etc., ne peuvent être classés parmi les substances dont on recherche en thérapeutique l'action émétique, qui ne doit dans ce cas s'accompagner d'aucun phénomène toxique.
Ces agents provoquent le vomissement, soit par excitation des extrémités gastriques du nerf vague (vomitifs minéraux : sulfates de cuivre ou de zinc, alun, chlorure de sodium), soit par excitation directe du centre vomitif (apomorphine), soit enfin par une action mixte, à la fois par excitation périphérique et par irritation du centre émétique (tartre stibié, ipécacuanha). Les vomitifs trouvent une foule d'indications, mais il faut parfois être prudent dans leur emploi, par exemple en cas d'anévrismes, ou encore chez les enfants, auxquels on donnera de préférence l'ipéca au Heu de Témétique qui a des etVets hyposthénisants. On les prescrit surtout pour évacuer le contenu de l'estomac, dans les indigestions, l'embarras gastrique, les empoisonnements, ou comme agents d'expulsion (corps étrangers de l'œsophage, fausses membranes du larynx, abcès pharyngiens) ; comme dérivatifs mécaniques, décongestionnants (bronchites). Beaucoup de sirops pectoraux contiennent des vomitifs (ipéca, kermès, polygala, etc.), qui favorisent l'expectoration ou agissent comme antiphlogistiques (pneumonie), hémostatiques (hémoptysies), sédatifs (coqueluche), etc. En injections hypodermiques, l'apomorphine est efficace presque immédiatement, et rend des services dans certains cas d'empoisonnement chez les aliénés qui ne veulent pas prendre de remèdes. D^ V.- Lucien Hahn.
VOMITO NEGR0 (Pathol.) (V. Jaune [Fièvre]).
VOMITOIRE (Antiq. rom.). Nom des portes qui donnaient accès aux gradins de la cavea, dans les théâtres romains et les amphithéâtres. Les vomitoria étaient ainsi appelés parce qu'ils vomissaient, pour ainsi dire, la foule. Ces portes, qui étaient nombreuses à chaque étage, étaient des ouvertures pratiquées dans les baltei, c-à-d. dans les murs demi-circulaires ou elliptiques qui séparaient l'un de l'autre les étages de la cavea. Elles faisaient communiquer les couloirs intérieurs avec les paliers et les escaliers qui permettaient aux spectateurs de circuler au milieu des gradins pour gagner leur place. Beaucoup de vomitoria sont encore très bien conservés dans les ruines des amphithéâtres, notamment à Arles et à Nîmes (V. Amphithéâtre). P. Monceaux.
VONCOURT. Com. du dép. delà Haute-Marne, arr. de Langres, cant. de Fays-Billot ; 97 hab.
VONCQ. Com. dudép. desArdennes, arr. de Vouziers, cant. d'Attigny ; 726 hab. Stat. de chem. de fer.
VON DEL (Joost van den), poète hollandais, né à Cologne en 4587, mort à Amsterdam en 4679. Il était fils de pauvres anabaptistes anversois qui avaient dû fuir la persécution religieuse. Il tint d'abord une boutique de bonneterie, puis vécut très pauvrement d'un petit emploi au mont-de-piété d'Amsterdam. Il consacra tous ses loisirs aux lettres et mérita d'être appelé le père de la poésie néerlandaise et le restaurateur de la langue nationale des Pays-Bas. Il cultiva surtout la poésie dramatique et composa 32 tragédies qui restent ses œuvres maîtresses. Nous signalerons spécialement son Palamedes, inspiré par la fin malheureuse d'Oldenbarneveldt, qui lui valut des persécutions du pouvoir, Gisbert d'Amatel ou la Révolte d'Amsterdam, Marie Stuart; puis des pièces tirées de la Bible : Jephté, Lucifer dont Milton devait s'inspirer. Toutes ces productions brillent par la puissance de la
pensée et l'harmonie du vers ; les chœurs surtout sont des chefs-d'œuvre. Vondel traduisit les Psaumes de David, et des poésies de Virgile, Horace, Sophocle et Euripide. Après avoir longtemps défendu les doctrines des Remonstrants, le poète se convertit au catholicisme et composa plusieurs pièces à la gloire de sa foi nouvelle. Les plus remarquables sont les Vierges et les Mystères de Vautel, Ses tragédies ont été publiées à Amsterdam en 4662 (in-8), et en 4720 (2 vol. in-4). Ses poésies diverses ont été réunies en 2 vol. in-4 (Franeker, 4682). Ses œuvres complètes ont paru à Amsterdam en 4820 (24 vol. in-8), mais en 1850-68, le D^' J. van Lennep en a donné une édition de beaucoup supérieure (Amsterdam, 42 vol. in-8), précédée d'une excellente biographie de Vondel. E. H.
BiBL. : L.-V. Ollefkn, Vie de J. van den Vondel (en holl.); Amsterdam, 1783, in-8. — Zee.\[An, Biographie de Vondel (id.) ; ibid, 1831, in-12. ~ Aliîerdingkk Tiium, la Vie et les Œuvres de Vondel ; ibid., 1869, in-12.
VONGES. Com. du dép. delà Côte d'Or, arr.de Dijon, cant. de Pontailler- sur-Saône ; 288 hab. Poudrerie nationale.
V0N6NES. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Belley,cant. de Virieu-le-Grand ; 450 hab.
VONITZA. Ville maritime de Grèce, prov. d'Akarnanie-et-Etolie, ch.-l. de l'arr. de Vonitza et Xiroméros, sur la rive S. dugolfed'Arta, au fond de la baie de Vonitza (profonde de4kil. large deOkil.); 2.275 hab. Excellent mouillage. Vieille citadelle vénitienne ruinée. Après avoir appartenu longtemps à Venise, la ville fut cédée aux Français en 4797 ; Ali Pacha la leur reprit. A 5 kil. 0., se trouvent les ruines d'Anaktorion (fondée en 630 par des Corinthiens), sur les bords de la baie de Prévéza, Ali Pacha •a utilisé les ruines de l'acropole et des tours pour construire les forts de la presqu'île d'Aktion (Actium), qui ferme la baie à l'O.
VON NAS. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Trévoux, cant. de Châtillon-sur-Chalaronne ; 4. 676 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
VON NE. Riv. de France (V. Sèvres [Deux-] et Vienne [Dép.]). .
VONONES. Nom de plusieurs rois paithes (V. Perse).
VONTOVORONA. UontSigm de Madagascar {\ . ce mot).
VONTSIRA (Zool.) (V. Civette).
VON-VIZINE (Denis-Ivanovitch), auteur dramatique et écrivain russe, né à Moscou en 4745, mort à Saint-Pétersbourg en 4792. Après des études rapides et incomplètes au Gymnase et à l'Université de Moscou, Von- Vizine commença de bonne heure à écrire, en traduisant de l'allemand en 4764 les Fables de Hoiberg. En 4762, il entra dans l'armée, d'où il passa, en qualité de secrétaire traducteur, au Collège des affaires étrangères. En 4773, le comte Panine, son chef, ayant reçu en don du tsar un grand nombre de serfs, en donna un millier à son secrétaire qui, devenu riche, se maria et se mit à vivre largement. Il faut dire qu'il avait écrit en 4766 ou 4768 (la date n'est pas certaine) une comédie, le Brigadier, qui avait obtenu un succès éclatant, d'ailleurs fort mérité. Vers 4782, il écrivit son autre comédie célèbre : Nédorosl (le Mineur). Les quinze dernières années de sa vie sont marquées par de fréquents voyages à l'étranger, entre autres en France, et par sa collaboration indiscrète à la revue l* Interlocuteur , qui attira quelque temps sur lui la colère de l'impératrice.
Von-Vizine est considéré comme l'un des créateurs de la comédie russe au xviii*^ siècle. Sans doute, il imite, dans la forme et dans bien des détails, la comédie française, mais ce sont bien des types russes qu'il présente devant nos yeux, des types d'ignorants ou de grossiers viveurs, les uns formés par l'endurcissement volontaire dans les habitudes du passé, les autres par l'éducation fausse et pernicieuse que donnent les « gouverneurs » français. Une tendance moralisante très marquée achève de caractériser ces premières pièces « à thèse » de la comédie russe. Ces pièces, d'ailleurs, nous intéressent moins par
(îpande Encj^eropeciîe-Toine .
VOSGES
Loii!^.Est de Paris.
ÛTcuoé et Jmp. par- £rhardy I^.^, 1902.
Société anoïiyïP.e de la ■ Grande ETLcyclopédi^
VON-VIZINE — TORONTZOV
l'intrigue, qui est extrêmement naïve, que par la peinture de certains détails typiques dont sont constitués les caractères souvent invraisemblables dans l'ensemble que représentent les principaux personnages. Outre ces pièces qui le rendirent célèbre, Von-Vizine a écrit, entre autres ouvrages curieux, des Lettres adressées de France au comte P. Panine. Dans ces lettres, il porte sur notre pays les jugements les plus durs et les résume dans ces mots d'un naïf orgueil de jeune Scythe : « La France est un pays qui linit : nous autres, Russes, sommes un peuple qui commence ; la France est moribonde, la Russie sort à peine du berceau ». Ces pensées, datées de 1778, permettent d'apprécier la clairvoyance du dramaturge. — L'édition complète de Von-Vizine avait été commencée par Tikhonravov, mais elle a été interrompue par la mort du critique, qui n'a laissé que des Matériaux pour une édition complète de Ton- Fmn^ (Saint-Pétersbourg, 4892). L'édition la plus complète est donc encore jusqu'ici celle de P. Efrémov (Saint-Pétersbourg, 1866). J. Legras.
BiBL. : Louis Léger, Russes et Slaves; Paris, 1897 et 1899, in-18, 2" et 3" séries. — Prince P. Viazemsfi, Von- Vizine; Saint-Pétersbourg, 1818. — V. Klioutghevski, le Mineur de Von-Vizine, dans VArt et la Science, 1896. n" 1. (Les trois derniers ouvrages sont en russe.)
VOORBROECK (Jacques), philol. lioll. (V. Perizonius).
VOORNE ou VOORNE-EN-PuTTEN. Ile des Pays-Bas, prov. de Sud-Hollande, aux embouchures de la Meuse, entre la Meuse et le Haringvliet, à PO. de Beijerland. Longue de 28 kil., large de 11 kil., elle comprend 15 communes et porte les forteresses de Brielie et Hellevoetsluis. Formée à l'origine de deux îles qui se sont rejointes, elle est traversée par le canal de Voorne qui se jette dans le Haringvliet à Hellevoetsluis.
VOORT (Cornelis van der), peintre hollandais, né à Anvers en 1576, mort à Amsterdam en 1624. Il tit peut-être ses études chez Ketel, à Amsterdam, oii il fut chef de la gilde de Saint-Luc. Par l'habileté de la composition, la fermeté du dessin et la vérité des attitudes, c'est, avec Kavestryn, le plus remarquable peintre des gardes civiques que la Hollande ait possédé dans la période de transition du xvi® au xvii^ siècle. Le musée d'Amsterdam possède de lui un superbe portrait collectif de vingt et un gardes civiques et six autres toiles, dont quelques-unes remarquables. E. D.-G.
BiBL. : Bredius, les Chefs-d'œuvre du musée royal d'Amsterdam.
VORAGINE (Jacques de), hagiog. italien (V. Jacques).
VORARLBERG. Province occidentale de la monarchie d'Autriche-Hongrie, réunie administrativement au Tirol (V. ce mot et Alpes). Le Vorarlberg constitue un pays de la couronne distinct, avec sa diète ; au point de vue ecclésiastique, il dépend de Févêché de Brixen. Il occupe 2.570 kil. q., avec 116.000 hab., et s'étend à PO., de l'Arlberg, qui le sépare du Tirol, jusqu'à la vallée du Rhin et au lac de Constance; le Rhaetikon (2.967 m.) le sépare au S. de la Suisse. Il a été formé de seigneuries successivement acquises par l'Autriche. Feldkirch (1375), Bludeiiz (1394), Bregenz (1523), llohenems (1762), et d'abord rattachées à ses possessions rhétanes, gouvernées de Fribourg-en-Brisgau. En 1782, Joseph II opéra Funion administrative avec le Tirol.
VORAY. Corn, du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Rioz; 425 hab.
VOREPPE. Corn, du dép. de ITsère, arr. de Grenoble, cant. de Voiron; 2.908 hab. Stat. de chem. de fer. Carrières de marbre blanc rosé, de pierre de taille ; fabrique de ciments. Collège ecclésiastique , vieilles maisons. A 3 kil. E., à 940 m. d'alt., restes de la célèbre abbaye de Chalais (fondée en 1108 par Hugues de Grenoble).
VOREY. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Loire, arr. duPuy; 2.217 hab. Stat. de chem. de fer.
V0R6ANIUM. Ancienne cité gauloise (V. OsrsMi et Plouguerneau).
V0R6ES. Corn, du dép. de l'Aisne, arr. et cant. de Laon; 334 hab. Eglise fortifiée (xii^-xiv*^ s.).
V0R6ES. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Boussières; 175 hab.
VORGlUM.Cité gauloise (V. CARnAixetOsiSMi).
VORLY. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourses, cant. deLevet; 453 hab.
VORNAY. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Bougy;^658 hab.
VORONÈJE. I. Ville.— Capitale du gouv. et du cercle de Voronèje, sur la r. dr. du Voronèje, à 8 kil. de son embouchure dans le Don; 84.146 hab. Château, citadelle et arsenal du temps de Pierre le Grand; monuments du tsar et des poètes Koltzov et Nikitine ; 23 églises, 3 couvents (couvent de saint Mitrofon, lieu célèbre de pèlerinage), 47 fabriques, port fluvial. De 1695 à 1701 , Pierre le Grand y fit construire la flotte de guerre de la mer d'Azov. La prospérité de la ville a diminué depuis l'appauvrissement de la rivière au début du siècle, mais son industrie s'est relevée depuis quelque temps.
II. Gouvernement. — Gouvernement de la Russie centrale, entre les gouv. de Kharkov, Koursk, Orel, Tambovet le territoire du Don. Superficie : 65.895 kil. q.; population : 2.546.255 hab. Traversée en deux parties parle Don, la plaine de Voronèje est dans sa partie occidentale accidentée par de petites rangées de coIHnes et dans la partie orientale absolument plate ; le sol de la première partie est formé d'un terreau noir et fertile, et celui de l'autre de sable et de glaise. Les rivières navigables sont le Don et ses affluents, le Voronèje et le Choper. Les richesses minérales sont la craie, le grès, la chaux, le granit, le fer et la tourbe. Le climat atteint des extrêmes de froid et de chaud : la moyenne est de -f- 5**. La population est pour une moitié de Grands-Russiens, puis de Petits-Russiens (3.000 colons allemands à Ribensdorf et Sossendorf et 4.000 Bohémiens). Les trois quarts du sol sont cultivés et très productifs : en céréales, pommes de terre, anis (10 millions), soleils, tabac, melons, betteraves. Elevage important de chevaux (le long du fleuve Bitioug) (188 haras) et races excellentes de moutons. Petite industrie, du bois, tonnelleries, mégisseiies, charronnage ; fabr. de poteries, de briques réfractaires, de chaussures, de gants, de cuir; 25 distilleries, 8 sucreries, minoteries, fonderies de cloches, 2.913 fabriques. Les chemins de fer ont un développement de 485 kil. Le gouvernement se divise en 12 districts.
VORONTZOV. Famille russe issue de Gavrilo Vorontzov tué en 1678 au siège de Chiguirine. Son petit- fils, Michel Ilario?iovitcli (1714-67), favori de la tsarine Elisabeth, fut par elle nommé vice-chancelier (1741), ministre des affaires étrangères, gratifié par l'empereur Charles VII du titre de comte, négocia les traités avec la Russie (1745), l'Autriche et l'Angle terre (1747); devenu chancelier à la chute de Bestoujev (1758), il s'attacha au parti du grand-duc Pierre et fut disgracié par Catherine IL Michel eut pour neveux : l'' Alexandre Romanovitcli (1741-1805), qui servit dans la diplomatie, fut chancelier (1802) et ministre des affaires étrangères ; 2« la princesse Dachkou (V. ce mot) ; 3*^ Semen liomanovitch (1744-1832), frère des précédents, ambassadeur à Londres (1785-1806), où il se fixa. Le fils de ce dernier, Semen Semenovitch (1772-1856), se distingua en 1813, puis en 1814 à Craonne, commanda le corps russe d'occupation en France (1815-18) ; nommé gouverneur général de Nouvelle-Russie et Bessarabie, poste qu'il conserva jusqu'en 1854, il dirigea la négociation d'Akkerman (1826), le siège de Varna (1828) après Mentchikov; nommé administrateur du Caucase (184i-54), il s'empara de Dargo (18 juil. 1845), place forte de Chamyl, ce qui lui valut le titre de prince, puis Salti (1847), Georgebil (18 i8). H fut nommé maréchal en 1856. — A l'extinction de la famille Dachkov, un petit-neveu de Semen Romanovitch prit le nom de comte Voronizov- Dachkov ; le fils de celui-ci, le comte Ilarion Ivanovitcfi,
VORONTZOV — VOSGES
né le 8 juin 1837, a été, de 1881 à 1897, ministre delà maison impériale.
VÔROSMARTY (Mic(iel), poète hongrois, né à Nyék (comitat Fejérvâr) le i^^ déc. 1800, mort à Pest le 19 nov. 1855. Il fit ses études à Albe-Royale, puis à Pest; il perdit de bonne heure son père et partagea son temps entre l'étude et l'enseignement. Précepteur dans la famille Perczel, il fit son droit, fut reçu avocat, mais n'exerça jamais. En 1824, il se fixa définitivement à Pest, entra en relations avec le cercle Aurora, se lia d'amitié avec François Deâk qui, plus tard, devint le tuteur de ses enfants. A vingt-cinq ans, il avait achevé son chef-d'œuvre : la Fuite deZalân (Zaldn /m to'sa) , épopée en dix chants, où il célébra l'arrivée d'Arpad, la dernière bataille décisive sur les hauteurs d'Alpâr, la fuite de Zalân, le chef des Slaves et des Bulgares coalisés. Cette épopée fonda sa gloire. L'Académie avait nommé Vorôsmarty membre ordinaire ; il déploya une grande activité, obtint plusieurs prix qui lui permirent de vivre modestement. En 1843, il se maria. Lors de la Révolution il fut nommé député, suivit la Diète à Debreczen et dut se cacher dans le N. de la Hongrie, après le désastre de Vilagos. En 1850, il revint à Pest, se présenta à l'autorité militaire et fut gracié avec quelques autres députés. Il se retira ensuite à la campagne et s'adonna à la culture. Désormais, il se désintéressait de tout. Une dernière lueur éclaira son âme à l'approche de la guerre de Crimée. Il espérait un régime plus favorable pour la Hongrie, chimère qu'avaient fait naître les démarches deKossuth à l'étranger. En 1855, la mort vint le frapper lors d'un séjour à Pest. La nation lui fit des funérailles dignes de lui. C'était comme une protestation contre le régime tyrannique de l'Autriche. Une souscription nationale sauva de la misère la veuve et les enfants du poète. Une de ses filles épousa plus tard Koloman Széll (V. ce nom). On éleva à Vorôsmarty une statue à Albe-Royale. Le centenaire de sa naissance fut fêté avec un éclat extraordinaire dans toute la Hongrie.
Vorôsmarty a écrit des épopées, des poésies lyriques et des drames. Son mérite immortel est d'avoir créé la langue poétique des Hongrois. Soit qu'il imite les rythmes anciens, notamment l'hexamètre, ou qu'il se serve du mètre national, il est supérieur à tous les poètes hongrois pour l'harmonie du langage, la beauté et la plasticité de l'expression. Parmi ses épopées, les plus célèbres sont : la Fuite de Zaldn, Cserhaîom, Eger, les Deux châteaux voisins (1831). Dans ses pièces de théâtre {le HoiSalomorij les Sans-patrie, le Ban Marot, les Czilley), on aperçoit l'influence des romantiques français ; son conte dramatique, Csongor et Tûnde, rappelle par son style étincelant et ses couleurs chatoyantes le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare dont le poète hongrois a traduit magistralement le Roi Lear et Jules César. Ses poésies lyriques, où il exhorte au patriotisme et exprime souvent ses sentiments de tristesse pour son pays, sont parmi les plus belles de la littérature hongroise. Son Appel (Sz6~ zat, 1837) est devenu chant national. J. Kont.
BiBL. : Paul Gyulai, la Vie de MicJiel Vôrôsm<irty, 1883, 3" éd., (en hongr.). — Eloges de Kemény et d'Eôtvôs. — J. Kont, Revue des Revues, févr. 1896 et Hist. de la litt. hongroise, 1900. — L'Album [Vorôsmarty emlékkônyv) édité à l'occasion des fêtes du centenaire, par L . Czapâry ; Albe-Royale, 1900, cxxii-384 pages.
VORS. Ruisseau du dép. de V Isère (V. ce mot).
VORS. Com. du dép. de l'Avevron, arr. et cant. de Rodez; 802 hab.
yORSKLA. Rivière du S.-O. delà Russie, afll. g. du Dniepr. Formée au village de Rojdestvenskoié (gouv. de Koursk) par la réunion de nombreux ruisseaux, elle passe àGraïvoron, entre dans le gouv. de Kharkov, puis dans celui de Poltava, passe près de Poltava, et atteint le Dniepr à Pérévolotchna ; cours : 448 kil. ; la rive droite domine la gauche en moyenne de 60 m. La Vorskla creuse son lit dans la craie, elle n'est pas navigable ; la rive gauche est inondée au printemps ; elle arrosait autrefois
une des contrées les plus fertiles de la Petite-Russie, et son charme pittoresque a inspiré Gogol. Aujourd'hui la rivière est comblée de sable.
VORSTERMANN (Lucas), graveur hollandais, né à Bommel en 1595, mort à Anvers vers 1675. H fut probablement élève de Goltzius; mais, grâce aux conseils deRubens, après qu'il se fut établi à Anvers, où il se maria en d6d9 et fut élu maître de la gilde en 1620, il mérita le nom de « graveur coloriste » que lui donnèrent ses contemporains. H était en même temps un fidèle et savant dessinateur. Ses gravures, d'après les tableaux ou plutôt les dessins de Rubens, sont nombreuses, eu égard à la durée assez courte de ses relations avec ce maître. En effet, atteint d'une exaltation passagère qui confinait presque à la fohe, il se brouilla avec Rubens en 1622, passa quelques années en Angleterre, revint à Anvers avant la fin de d630, y travailla jusqu'à un âge très avancé et finit dans la misère. Parmi ses meilleures gravures d'après Rubens, il faut citer ï Adoration des Mages, la Chute des Anges rebelles, le Combat des Amazones, etc.
VOS (Cornelis de), peintre flamand, né à Anvers en 1585, mort à Anvers en 1651. Il eut pour maître David Remeeus, gendre de Pierre II de Vos. Il entra dans la gilde de Saint-Luc d'Anvers en 1608. Très estimé en son temps pour ses grandes compositions religieuses et mythologiques, il méritait d'être apprécié surtout pour ses admirables portraits. On affirme que Rubens, accablé de demandes de portraits, renvoyait ses solliciteurs à G. de Vos en disant : « C'est un autre moi-même ». G' eût. été faux pour les compositions, c'était vrai pour le portrait, car G. de Vos s'y montre original, grand dessinateur, coloriste discret et délicat, fin observateur du caractère. Son chef-d'œuvre est le Portrait de V artiste et de sa famille (musée de Bruxelles), auprès duquel il faut mettre le portrait d'Aèr. Grapheus, messager de la corporation de Saint-Luc (musée d'Anvers). Il fut l'ami de V. Dyck, qui a fait son portrait, gravé par Vorstermann. On trouve des portraits collectifs de lui dans les galeries particulières d'Anvers, à Munich, Gassel, Bruns\\ick, Berlin, Pest, Stockholm, Saint-Pétersbourg ; des portraits isolés à Bruxelles (coll. de Mérode-Westerloo), au musée de New York, etc. E. Durand-Gréville.
VOS BLES. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le- Saunier, cant. d'Arinthod ; 308 hab.
VOSGES (ail. Wasgau ou Vogesen, lat. Vosagus ou Vogesus). Massif montagneux franco-allemand qui s'étend entre les bassins du Rhin à l'E. et de la Moselle à l'O., la trouée de Belfort au S. et la Lauter au N. La plaine d'Alsace et la vallée du Rhin séparent les Vosges du massif de la Forêt-Noire ou Schwarzwald (V. ce mot) qui est de structure semblable; vers l'O., elles dominent le plateau de Lorraine dont elles ne forment plus, dans leur partie septentrionale, que le rebord ; la trouée de Belfort les isole du Jura, tandis que les monts Faucilles, revers méridional de la Lorraine, continuent la ligne de faîte et de partage des eaux entre les Vosges et le plateau de Langres; enfin, au N., la Lauter sépare des Vosges le Hardt (V. ce mot) que les géographes considèrent comme leur prolongement septentrional. On trouvera des détails étendus sur les Vosges dans les art. Alsace (Haute et Basse), Belfort (Territoire de), Vosges (Dép. des), Meurthe-et-Moselle (Dép. de). Lorraine. Cf. France, t. XVIÎ, p. 963.
Les Vosges se divisent en deux parties : les Vosges méridionales ou Hautes- Vosges, au S. de la trouée de Saverne ; les Vosges septentrionales, au N. de cette dépression. Les Vosges méridionales, qui ont le relief de petites montagnes, escarpées à l'E. et au S., sont essentiellement formées d'un noyau de terrains primitifs, granité, gneiss enveloppé de grès rouge ou grès vosgien qui le recouvre à l'O. et au S.-O. ; au S.-E., on trouve les assises inférieures du carbonifère ; autour des schistes
VOSGES
cristallins et des grès rouges, paraissent les grès bigarrés, puis la série des terrains plus récents, jusqu'au quaternaire de la plaine rhénane. Au N. du mont Donon et de la vallée de la Bruche, nulle formation n'émerge antérieure au trias. Les cimes vosgiennes, généralement arrondies, sont dénommées ballons ; elles sont réparties sur deux alignements : à l'O., on trouve, en allant du S. au N., le Ballon d'Alsace (1.245 m.), le Drumont (1.208 m.), le Ventron (1.209 m.), le Rheinkopf (1 .318 m.), le Hohneck (1 . 368 m.), le col de la Schlucht, le Tanet (1.292 m.); au N. du col de Sainte-Marie-aux- Mines, la ligne de faîte s'abaisse un peu au-dessous de 1.000 m. et se continue en Allemagne, s'abaissant sur la dépression de Schirmeck-Saales, occupée par la vallée de la Bruche, de l'autre côté de laquelle les Vosges se prolongent par une crête plus occidentale, où culminent le mont Donon (1.008 m.) et le Hengst (984 m.).
— L'alignement oriental, découpé par les vallées alsaciennes, renferme le Rossberg (1.196 m.), le ballon de Guebwiller (1.423 m.), point culminant des Vosges, le Petit-Ballon (1.268 m.), le Bressoir (1.229 m.), le Ghampdu-Feu (1.095 m.). Les contreforts sont couronnés des ruines des burgs ou châteaux de l'époque féodale; citons Sainte-Odile (826 m.) et les Trois-Epis (IM m.). Les principaux lacs vosgiens sont ceux de Gérardmer à l'O., les lacs Blanc (1.050 ra.) et Noir (950 m.) à l'E. Sauf quelques ruisseaux qui coulent vers la Saône, les eaux des deux versants aboutissent au Rhin. Les vallées sont fraîches, revêtues de belles prairies, envahies de plus en plus par l'industrie ; les pentes supérieures sont revêtues de grandes forêts de sapins (jusqu'à 1.200 m.); les pentes inférieures, de châtaigniers, de vignes, de cerisiers. Les principales routes sont celles de Mulhouse à Remiremont par Thann, la vallée de Saint-Amarin et la vallée de la Moselle ; celle de Colmar àGérardmer, par la vallée de Munster et le col de la Schlucht ; de Colmar à Saint- Dié, par le col du Bonhomme ; de Ribeauvillé à Saint- Dié, par Sainte -Marie -aux -Mines; de Molsheim à Saint-Dié, par la vallée de la Bruche, Schirmeck et Saales. Dans le col de Saverne (380 m.) passent la grande voie de Strasbourg à Nancy, Metz et Paris et le canal de la Marne au Rhin.
Les Vosges septentrionales, au N. de la trouée de Saverne et des sources de la Zorn et de la Sarre, sont formées de grès bigarré. Elles n'atteignent en aucun point 600 m., ce sont de simples collines, au profil accusé du côté oriental, au-dessus de la plaine d'Alsace, mais se confondant avec le plateau de Lorraine du côté occidental; de même que les Vosges méridionales, de vastes forêts les couvrent ; deux voies ferrées les traversent, reliant Haguenau à Sarraguemines par Ingwiler et par Niederbronn et Bitche ; au N. de la seconde, s'élève le Winterberg (577 m.), non loin du champ de bataille de Reichshofen. A.-M. B.
BiBL. : Bleicher, les Vosges^ le sol et les habitants; Paris, 1890. — Trinius, Die Vogesen in Wort und Bild; Carlsruhe, 1895. — Guides de Mûindel, Joanne, etc.
VOSGES (Dép. des). Situation, limites, superficie.
— Le dép. des Vosges, devenu par les malheurs de r « année terrible », l'une de nos vingt circonscriptions de frontière, s'appelle ainsi de la belle chaîne de montagnes des Vosges dont il occupe le versant occidental, l'oriental faisant maintenant partie de l' Alsace-Lorraine. Territoire de la région Est de la France, il a pour coordonnées extrêmes 47° 51' ™ 48« 32' lat. N., et 3° 3'
— 4*^51' long. E., son ch.-l., Epinal, se trouvant sous 48^10^24^^ lat. N. et 4«6'32'' long. E. Il est borné : au N.-O., parle dép. delà Meuse; au N., par celui de Meurtheet-Moselle ; à l'E., par l' Alsace-Lorraine, jadis dép. du Haut-Rhin et dép. du Bas-Rhin ; au S. -E., par le territoire de Belfort, reste de l'ancien Haut-Rhin; au S., par le dép. de la Haute-Saône; à l'O., par le dép. de la Haute-Marne. Du côté de l'E., en frontière avec l'Alsace-
Lorraine, les limites sont naturelles (à peu près partout) , en tant que dessinée par l'arête des Vosges ; elles le sont également au S.-E., là où une arête secondaire, longeant la Moselle naissante, le divise du dép. delà Haute-Saône; mais sur le reste du pourtour ; la frontière est absolument artificielle. Son ch.-l. Epinal est à 310 E. -S. -E. de Paris (404 par voie ferrée). De l'E. à l'O., à son plus large, sous le parallèle de Neuf château, il n'a pas moins de 130 kil., contre environ 80 sous celui de Remiremont. Dans le sens opposé, du N. au S., les dimensions sont bien moindres, de 40 à 70 kil. seulement. Le pourtour grosso modo est de 500 kil. ; enfin la superficie, définitivement acquise par les calculs planimétriques des bureaux de la guerre, est de 5.969 kil. q. : soit 215 de moins qu'avant 1870, le traité de paix lui avant enlevé, à son E. extrême, ce qu'il possédait du versant alsacien, sur le cours supérieur de la Bruche, sous-affluent g. du Rhin par l'Ill. Avant la guerre, c'était le 44^ de nos départements : ce n'est plus que le 51 «.
Relief du sol. — Les Vosges occupent, dans le département nommé d'après elles, un peu plus de 2.000 kil. q., soit^au delà du tiers du territoire, en un vaste massif, dit le Compte rendu de la Commission météorologique des Vosges : « massif où la chaîne dorsale, faite de granits, va du Ballon d'Alsace (au S.) au Donon (au N.), en formant la limite entre la France et l'Alsace-Lorraine ; massif enfin dont les sommets s'élèvent graduellement de 500 à à 1 .366 m. ; la crête de ces monts forme la ligne de partage entre les eaux de la Moselle à l'O. et celle du Rhin à l'E. : inclinée vers le N.-N.-E., elle a dans le département une longueur de 80 kil. La crête se compose d'une série de proéminences dont l'ait, moyenne est d'environ 1.100 m. Elle est flanquée, sur ses deux versants (dont un seul, celui de l'O., nous intéresse particulièrement), de contreforts ou rameaux secondaires, dont quelques-uns s'élèvent au-dessus de la chaîne principale. Les sommets sont généralement arrondis et gazonnés, tandis que leurs flancs, très inclinés, mais rarement abrupts sur le versant occidental, sont recouverts d'épaisses forêts. Toutes ces montagnes sont séparées entre elles ou découpées par des vallées ouvertes dans tous les sens ; ces dernières sont d'autant plus étroites et plus profondes qu'on se rapproche davantage de la crête ; elles offrent une suite d'élargissements et d'étranglements très prononcés ; au fond de plusieurs de ces vallées, et même dans les simples vallons secondaires, on trouve, soit des lacs plus ou moins importants, soit d'anciennes nappes d'eau, soit de simples tourbières. L'examen de ces lacs accuse nettement l'existence d'anciens glaciers aujourd'hui disparus. La moitié méridionale de la chaîne est plus -large et plus relevée que la moitié septentrionale ; elle reçoit plus de pluie, plus de neige. »
En prenant l'arête des Vosges au Ballon d'Alsace (1.242 m.), qui est de syénite et où se séparent le dép. d'Epmal, la Haute-Saône et le territoire de Belfort, on note, en remontant vers le N., parmi les principaux accidents de la chaîne: le Gresson (1.249 m.), qui est syénitique ; la Tête des Neuf-Bois (1.234 m.) ; le col de Bussang (734 m.), au-dessus de la source de la Moselle et menant de Lorraine en Alsace ; le Grand-Drumont (1.226 m.); le Grand-Ventron (1.209 m.); le Hautd'Honeck, Hohneck, Hoheneck (1.366 m.), culmen des Vosges restées françaises et qui ne le cède que de 60 m. au Ballon de Guebwiller, culmen de toute la chaîne ; le célèbre col de la Schlucht (1.150 m.), au-dessus des sources de la Vologne et de la Meurthe ; le Kruppenfels, au N. et au-dessus de ce même col ; le Tanet (1.296 m.) ; les Hautes-Chaumes du Valtin (1.326 m.); le col du Bonhomme (949 m.), allant de Fraize à la Poutroye; le col de 780 m. utilisé par la route de Saint-Dié à Sainte- Marie-aux-Mines ; le col de Lubine {669 m.), qu'emprunte la route de Saint-Dié à Schlettstadt ; le col du Saales qui, « à 558 m. seulement, mène, avec facilités ex-
VOSGES
ceptionnelles, de Lorraine en Alsace, de Saint-Dié à Strasbourg » ; enfin des monts de grès de 900 à près de 1 .000 m. ; et le Donon : celui-ci, bien dégagé, a passé longtemps pour le culmen des Vosges, encore qu'il n'ait que 4 .008 m. ; il nous touche de près, mais il est maintenant en Alsace- Lorraine. Parmi les chaînons qui divergent de la chaîne à rO., en territoire des Vosges, il faut indiquer celui qui longe, en la dominant de haut, la rive g. de la Moselle naissante,son Ballon deServance (4 .^46 m.), syénitique et couronné d'un fort, et sa Tête du Midi (758 m.), coiffée du fort de Château-Lambert. Entre chaque affluent et sousaffluent de la haute Moselle et de la haute Meurthe s'allongent des contreforts de 500 à 4.000 m., rarement plus, au-dessus du niveau de la mer. Il est superflu de décrire ici l'aspect des Vosges, montagnes classiques pour la magnificence de leurs sapinières, la solitude de leurs pâturages supérieurs ou Hautes Chaumes, la beauté de leurs prairies, la rapidité, la pureté de leurs torrents, ceux du moins que ne souille pas encore l'industrie, devenue si démesurément active dans la contrée depuis la perte de l'Alsace et le flux des Alsaciens en France.
Les Vosges tenant plus de 2.000 kil, q., il en reste un peu moins de 4.000 pour la plaine, plaine et coteaux, s'entend, les Faucilles comprises, qui sont, à l'O. de Remiremont, au S.-O. d'Epinal, un plateau raviné, riche en bois, en étangs, d'où la Saône et le Coney tirent leurs premières eaux. «Dans cette plus grande portion du département, les cours d'eau coulent à 340 m. de moyenne altitude, les collines vont à 400, 450, rarement 500 ».
Au lieu de partager le département en deux régions, il y a quelque avantage à le diviser en quatre, comme le fait le D^ Bailly dans le Bulletin de la Société de géographie de VEst : la région granitique ou montagneuse, répondant plus ou moins aux Vosges (arrond, de Remiremont et partie de celui de Saint-Dié) ; la région arénacée ou montueuse, dans les grès vosgiens, au N. d'Epinal (cant. de Bruyères et de Rambervillers) et au S. de ce même chef-lieu : région à demi ingrate, mais avec forets splendides, surtout dans les Faucilles, dans la Voge, comme on l'appelle aussi, riche de près de 60.000 hect de bois, surtout de hêtres, puis de chênes, et beaucoup moins de résineux ; la région des marnes, terre très agricole, difficile à travailler, mais bien utilisée, autour de Mirecourt, « campagne vulgaire où le Madon promène ses eaux lentes et troubles » ; la région des côtes jurassiques, autour de Neufchâteau, dans les roches oolitlîiques, région relativement chaude, également favorable aux céréales, à la pâture, aux vignes.
Le culmen du département étant à 1.366 m., les lieux les plus bas sont naturellement ceux où les rivières passent des Vosges aux territoires qui en reçoivent les eaux : sur la Meurthe, quand elle s'engage en Meurthe-et-Moselle, 280 m. ; sur la Meuse, quand elle pénètre dans la circonscription homonyme, 265 ; sur la Moselle et le Madon à leur dernier contact avec le territoire, à 260 m. ; sur la Saône, à son passage dans la Haute-Saône, à 233 m.
Régime des eaux. — Conformément aux assises géologiques du dép. des Vosges, c'est à l'E., au S., «dans les roches les plus anciennes, qui sont ici le haut pays, qu'on admire les torrents abondants, clairs, impétueux, sinueux, pittoresques, c'est de Lamarche à Bulgnéville, à Cliâtenois et jusqu'au delà de Mirecourt qu'on n'admire guère les ruisseaux liasiques, eaux bourbeuses rares en été, prompts à grossir et à déborder en grandes pluies ; c'est enfin dans la contrée de Neufchâteau que se voient les rus nés de fortes sources, les filtrations d'eau courante dans le sol lâche ; bref, les accidents coutumiers aux courants de la roche oolithique. En somme, les roches anciennes se versent dans la Moselle, dans son grand aftluent la Meurthe, et dans la Saône; les eaux du trias s'écoulent principalement vers cette même Moselle et cette même Meurthe; celles du lias vont surtout au Madon ; celles des assises jurassiques, à la Meuse ».
Le dép. des Vosges se partage, le long du faîte des Faucilles et du chaînon vosgien du Ballon' de Servance, en deux versants : au N., celui de l'Atlantique par la Moselle et le Rhin, par la Meuse, par la Seine; au S., celui du Rhône par la Saône. De ces bassins, celui de la Moselle revendique à lui seul 4.000 kil. q., donc au moins les deux tiers du territoire ; celui de la Meuse 4.000, donc environ un sixième ; et Moselle et Meuse ensemble, qui toutes les deux sont des rivières feudataires du Rhin, 5.000, donc les cinq sixièmes de la circonscription ; la Saône réclame 900 kil. q., donc tout près d'un sixième, et la Seine presque rien : 5.000 à 6.000 hect.
La Moselle naît officiellement au bas du col de Bussang (734 m.), par 725 m. au-dessus des mers, mais en réalité son principal filet originaire descend du Drumont, « ballon » ayant sa cime en Alsace-Lorraine. Elle court rapidement vers le N.-O., puis le N.-N.-O., dès qu'à quelques kilomètres de ses sources elle a cessé de se diriger au S., vers la Saône et le Rhône. Elle passe par Bussang, le Thillot et par de nombreux hameaux et bourgs industriels, se double, à dr., de la Moselotte « dans le riant bassin de Remiremont », où l'on lui ravit pendant cent jours de l'année 2 m. c. par seconde, sur 3 à l'étiage, pour le service du canal de l'Est (tout au moins les lui ravissait-on avant la rupture du réservoir de Bouzey, chargé de pourvoir aux éclusées dudit canal). A Saint- Nabord, au hameau du Longuet, elle traverse ce qui fut moraine frontale du glacier des Vosges, lequel avait au moins 40 kil. de longueur ; ensuite elle absorbe à dr. la Vologne, tombe en rapides et cascatelles au Saut du Broc, à travers une assise de grès vosgien, passe entre Arches et Archettes et anime la jolie ville d'Epinal : ici par 312 m. d'alt., n'ayant encore drainé que 4.045 kil. q., son module, c.-à-d. son moyen volume, tout compensé, étiage et crues, est déjà de 28.500 lit. par seconde : preuve évidente de la pluviosité du versant 0. des Vosges. D'Epinal au passage en Meurthe-et-Moselle, c'est une charmante et brillante rivière de 50 à 60 m. entre rives, rarement plus, bruyante sur ses cailloux, dans une vallée gaie, entre collines agréables ; c'est après avoir effleuré Châtel et Charmes qu'elle quitte le territoire vosgien, avec un flot qui varie entre des basses eaux de 7 m. c. et des crues de 700, avec le rang et les honneurs d'une rivière flottable (à partir d'Epinal), mais on n'y flotte pas : il vaut mieux naviguer sur le canal de l'Est, grande voie entre Meuse, Moselle et Saône, qui l'accompagne sur sa rive gauche.
Quelques mots sur ses tributaires vosgiens, qu'elle les accueille dans la circonscription d'Epinal ou plus bas. — La Moselotte ou Petite Moselle équilibre à peu près la Moselle ou Grande Moselle, que même elle dépasse en longueur (45 kil. contre 40), en bassin (280 kil. q. contre 240) : quant aux volumes des deux cours d'eau, c'est à peu près pour l'un comme pour l'autre 4.500 lit. en étiage, 3.500 à 4.000 en portée ordinaire. Rivière très industrielle, comme sa rivale, elle part du culmen de nos Vosges, du Haut-d'Honeck, court devant la Bresse où se rencontrent ses deux composantes : la Moselotte des Feignes, ou Vologne, ou Petite Vologne, et la Moselotte de Chajoux : la Moselotte des Feignes accueille le tribut du lac de Blanchemer, nappe retenue par une moraine, à 4 .050 m. d'alt., et du lac morainique du Corbeau ou des Corbeaux, à 900 m., l'un et l'autre décantés en été au profit des usines d'en-bas; la Moselotte de Chajoux, ou Chajoux tout court, reçoit le filet du lac deLispach, lui aussi suspendu par une moraine, à 840 m. Plus ou moins parallèle à la Moselle d'en-haut, la Moselotte passe à Cornimont, absorbe le Ventron, coule devant Saulxures, boit le Bouchot, célèbre par son Saut du Bouchot (30 à 35 m.), le rupt de Cleurie, qui tombe de 45 m. au saut de la Cuve ; la confusion de la Moselotte avec la Moselle est par 395 m. au-dessus des mers=
La Vologne, réellement, dit-on, la Volange, partie du
VOSGES
col de la Schlucht, remplit à la queue leu-leu le lac de Retournemer (8 hect., 10 m. de profondeur, 780 m. d'alt.), en amont de la cascade de Retournemer, et le lac de Longemer (75 hect., 35 m. de profondeur, à Fait, de 745 m.); elle s'abat par le Saut des Cuves, s'agrandit, à g., par la Jamagne, du tribut du lac de Gérardmer (4^2 hect., 43 m. de creux moyen, 35 à 40 de profondeur maxima, à 631 m. d'alt.) : ce maître Léman des Vosges, détourné de sa pente naturelle vers la Moselotte par une moraine de 32 m. de haut, fournit à la Jamagne 300 lit. en portée ordinaire, 100 en étiage ; ses bords sont devenus, entre monts gracieux de 800 à 929 m., un lieu de villégiature estivale très fréquenté. Après quoi, la Vologne s'assombrit dans le défilé de la vallée des Granges, elle confisque la rivière tte de Corcieux, le Neuné (22 à 23 kil., 70 kil. q., 500 lit., 80 en étiage) ; laisse Bruyères au N., et, partout accaparée par les industriels, absorbe à Docelles le Barba (15kil., 50 kil. q., étiage de 250 lit.) que le Saut du Scouet ou Cascade du Tendon précipite de 30 à 35 m. Embouchure à Jarménil, par 350 m. audessus des mers ; cours, 52 kil. ; bassin, 350 kil. q. ; eaux coutumières, 4 m. c; étiage, 1,250 lit.
De la Vologne au passage en Meurthe-et-Moselle, la Niche, tribut, de g., à Arches, n'a que 15 kil. en une conque de 49 kil. q. — Le Saint-Oger^ affluent de dr., aboutit par 300 m. d'alt., à 6 ou 7 kil. sous Epinal : 19 kil., 50 kil. q. — Le Durbion, affluent de dr., arrive par 290 m., en amont et près de Châtel : « en qualité de ruisseau du trias, c'est le premier tributaire qui verse à la Moselle des eaux troublées par des particules terreuses »; 32 kil., 140 kil. q. — L'Avière, affluent de g., est célèbre par la catastrophe du 27 avr. 1895, par la rupture du réservoir de Bouzey, qui tenait en réserve 7.100.000 m. c, à 372 m. d'alt. : toute la vallée fut ravagée et une centaine de personnes périrent; 28 kil., 47 kil. q., étiage de 150 litres.
Le Madon, tributaire de g., a son terme en Meurtheet-Moselle, à Pont-Saint-Vincent, par 220 m., au bout de près de 100 kil. d'une route très errante (dont plus de 60 dans les Vosges), au terme de 1.055 kil. q., desquels 536 dans la circonscription d'Epinal : c'est une rivière trouble de 4 à 5 m. c. en temps ordinaire, bien moins a l'étiage. Il commence à 400 m. seulement de la première fontaine de la Saône, à Vioménil, dans les Faucilles, et s'en va vers le N. en s'emparant de Flllon, de la Gitte (20 à 21 kil., 100 kil. q.), ruisseau de Dompaire, du Colon ou Collon (23 à 24 kil., 64 kil. q.). ïl baigne Mirecourt. C'est une eau trouble, et sa jonction avec la brillante Moselle pourrait sembler une « union mal assortie ».
La Meurthe, rivière « brillante » comme la Moselle, est le principal affluent français du cours d'eau d'Epinal, qu'elle n'atteint qu'en aval de Nancy, à 40 kil. au N. de la frontière des Vosges. Faite, à 450 m. au-dessus des Océans, de la Grande Meurthe, qui passe à Fraize, et roule 400 lit. en étiage, et de la Meurthe de Clefcy, qui en roule 230, elle chemine vers le N., puis le N.-O., de bourg industriel en bourg industriel ; elle conquiert à dr., par 350 m. , la Fave, rivière de Provenchères, longue de 22 à 23 kil. en un bassin de 200 kil. q. et forte de 2 m. c, avec étiage de 300 lit. A 2 kil. plus loin, elle baigne Saint-Dié, boit à g. le Taintroué, à dr. l'Hurbache, puis le Rabodeau, rivière de Senones et de Moyenmoutier (25 kil, , 150 kil. q. , 3 m. c, avec étiage de 500 lit.) et passe ensuite entre la montagne de Répy et celle de Beauregard, qui sont, face à face, une magnifique porte d'entrée quand «on remonte la Meurthe, une superbe porte de sortie quand on la descend ». A Raon -l'Etape arrive à dr. une dernière rivière descendue des Vosges comme Fave et Rabodeau, la Plaine, qui, ayant sa rive g. en territoire des Vosges et presque toute sa rive dr. en territoire de Meurthe-et-Moselle, se déroule pendant 37 kil., draine 11 5 kil. q. et verse de 350 à 1.500 ht., crues à part. Cette Plaine absorbée, la Meurthe
s'enfuit en Meurthe-et-Moselle après avoir parcouru 60 kil. (sur 165) en un bassin de 700 à 720 kil. q. (sur 2.910): en ce lieu, son volume normal est de 6 m. c. {?), son étiage de 1.650 lit,, ses crues de 420 m. c, alors qu'à sa rencontre avec la Moselle, sa force ordinaire est de 20 m. c, son étiage de 5. En Meurthe-et-Moselle, elle reçoit des Vosges, à gauche, un tributaire important, la Mortagne.
La Mortagne est un cours d'eau du trias, conséquemment de peu de clarté, qui a pour premier nom les Rouges- Eaux. Née à 10 kil. S.-S.-O. de Saint-Dié, elle serpente au voisinage de Brouvelieures, recueille l'Arentelle (21 à 22 kil.), traverse Rambervillers et, passée en Meurtheet-Moselle, s'y augmente presque aussitôt d'un ru presque entièrement vosgien, PEmbleuvette ouBellevute (18 kil.). En territoire des Vosges, elle se développe sur 45 kil., le cours entier étant de 60, et égoutte 450 kil., le bassin total étant de 587 : 800 lit. par seconde à ce changement de département, avec étiage de 350.
La Meuse entre dans les Vosges, qu'elle écorne, après une promenade de 54 kil. à partir de sa source dans le dép. de la Haute-Marne. Arrivée par 300 m. environ audessus des mers, non comme rivière, mais ruisseau qui peut descendre à 50 lit. et n'en roule que 500 en temps ordinaire, elle se perd sous terre à Bazoilles ; cette « perte de la Meuse » n'a rien de grandiose : l'eau s'infiltre dans des trous, des brèches du calcaire, et c'est tout; elle reparaît, d'une part, à 3 kil. en avol, dans le lit même de la rivière, à Noncourt, et d'autre part, par delà des coteaux, dans la vallée du Mouzon, à Rebeuville. A Neuf château lui arrive à dr. le dit Mouzon; après quoi, c'est à g., la Saônelle près de Coussey, à dr. le Vair, à côté de Domrémy-la-Pucelle, et elle abandonne les Vosges pour la Meuse, sous forme d'une rivière qui peut ne verser que 337 lit. par seconde, en un lit de 25 m. entre rives, mais dont le module dépasse peut-être 10 m. c. : car dès Neufchâteau, le Mouzon reçu, et pas encore le Vair, qui est comme une troisième branche mère, il y a des années humides, ou sa moyenne est déjà de 16 m. c. à la seconde, mais aussi de 5 à 6 seulement en année sèche, à l'issue de 868 kil. q. Le cours de la Meuse dans les Vosges n'est que de 32 à 33 kil. — Le Mouzon, id est la Petite- Meuse, fille des Faucilles du pays de Lamarche, serpente au pied de la colline de la Motte, à presque 200 m. en contrebas de ce qui reste de la formidable forteresse lorraine démantelée en (1645), mais la Motte se trouve en Haute- Marne, département où le Mouzon qui, sans cela, serait tout à fait vosgien, va faire une promenada, vers le milieu de sa course ; il reçoit l'Anger (27 à 28 kil., 127 kil. q.) qui a Bulgnéville dans son bassin, et il s'achève après un voyage de 61 kil.; conque de 424 kil. q., module de près de 4 m. c, mais l'étiage n'est que de 57 lit. — La Saônelle, affluent de gauche, est la réapparition en Vosges, près de LifTol-le-Grand, d'un ru disparu sous terre en Haute- Marne; 24 kil., 126 kil. q.~-Le Vair, fils de ces mêmes Faucilles, arrose tout d'abord Contrexéville, puis reçoit le Petit Vair, de Vittel, passe à 2 kil. de Châtenois et s'accroît de la Vraine (23 kil., 57 kil. q.), celle-ci ayant dans le vallon d'un de ses afOuenticules le réservoir d'Aouze (120 hect., 6.900.000 m. c.) dont une rigole amène les eaux au bief de partage de Void (Meuse) commun au canal de la Marne au Rhin et au canal de l'Est. Le Vair a 63 ou 64 kil., en un bassin de 433 kil. q,; étiage, 198 lit. seulement, module de près de 5 m. c. D'autres réservoirs que celui d'Aouze, tous les trois plus vastes, sont projetés pour augmenter le volume estival de la Meuse, qui est par trop faible : un sur le Vair, de 15 millions de m. c; un sur le Mouzon, de 15 millions; un sur la Meuse, de 20-millions : en tout 50 millions.
La Saône naît à 396 m. seulement d'alt.', dans les Faucilles, au bas du Ménamont (472 m.), au village de Vioméiiil; elle coule d'abord en moyenne vers le N.-O., comme pour gagner la Meuse par l'entremise du Vair,
VOSGES
puis tourne auS.-O., coule devant Darney, devant Monthureux, s'empare à dr. de l'Apance, riviérette de Bourbonne-les-Bains presque tout entière comprise dans la Haute-Marne et passe dans le dép. de la Haule-Saône, au bout de 48 kil. du pèlerinage, sous forme d'un cours d'eau de 13 m. entre rives, abondant en saison mouillée (car son pays natal est riche en sources) , mais très diminué par l'étiage. En Haute-Saône lui vient, sur sa rive g., le Coney, issu des Vosges, et la Lanterne, qui reçoit des torrents vosgiens. — Le Coney, ^ qui balance à peu près la Saône, parcourt dans les Vosges ses 41 premiers kil. , les 41 derniers seulement en Haute-Saône; il égoutte 500 kil. q. et arrive à 15 ou 20 m. de large avec volume normal de 3 m. c, 1.500 lit. en étiage, un peu moins aux eaux les plus basses. Né à 6 ou 7 kil. au S. d'Epinal, à 4 seulement de la rive g. de la Moselle, il descend au S.-O., en un pays de forêts et d'étangs et prête son val, sa gorge plutôt, au canal de l'Est, qui relie la navigation de la Meuse et de la Moselle à celle de la Saône; de Xertignyjui vient l'Amerey ; de Bains, leBaignerot; il passe devant Fontenoy-le-Château. — La Lanterne, tout entière en Haute-Saône, balance la Saône, augmentée du Coney, en tant que rivière de 3.200 lit. d'étiage, de 6.000 de volume ordinaire, drainant 1.060 kil. q.; n'ayant aucun contact avec les Vosges, elle leur doit le cours supérieur de la Semouse, de l'Augronne, de la Combeauté. — La Semouse, tributaire de la Lanterne, commence à 9 kil. de la rive g. de la Moselle vers Remiremont ; cours dans les Vosges, 17 à 18 kil., 350 lit. en étiage. — L'Augronne, Augrogne, Eaugrogne, dont la source n'est qu'à 2.500 m. de Kemiremont, sautille dans le val de Plombières; coursdans le département, 14 kil.; étiage, 140 lit.; c'est un affluent g. de la Semouse. — La Combeauté, autre affluent g. de la Semouse, née à 3 kil. seulement de la Moselle, arrose le beau val d'Ajol, et saute à la cascade de Faymont ; 15 à 16 kil. dans le département; étiage, 500 litres.
La Seine n'a dans les Vosges, autour de Grand, jadis ville gallo-romaine, que le vallon tout à fait supérieur de la Maldite, l'un des deux ruisseaux qui forment l'Ornain, sous-affluent du fleuve de Paris par la Saulx et la Marne.
D'après la Statistique des cours d'eau, usines, irrigations du dép. des Vosges, le territoire possède environ 1.600 usines, dont plus de 600 moulins à blé, 250 scieries à bois, 180 féculeries, 90 ribes, plus de 80 batteuses, près de 70 tissages, une trentaine de filatures, autant de papeteries, 25 forges et nombreux établissements où l'on travaille le fer. Rivières les plus actives : la Mortagne avec plus de 50 usines, la Moselle avec 50, la Vologne avec près de 50, le Madon avec une trentaine, la Combeauté, la Durbion, le Coney, avec près de 30, l'Avière avec 25, la Semouse avec plus de 20, etc.
Climat. — Nous ne pouvons mieux faire que de nous reporter ici au Mémoire de la Commission météorologique du dép. des Vosges : « La température moyenne annuelle de Mirecourt, dit Adolphe Garnier, est de 9'*,5; elle est aussi de 9^,5 à Epinal (330 m.) et à Saint-Dié (340m.), de 7^8 à Saint-Amé (620 m.), de 7^7 à Barançon près Plainfaing (640 m.), de 7'*,4 à Gérardmer (683 m.), de4«,5 au col de la Schlucht (à 1.150 m.) : soit en moyenne une diminution de 1*^ par 170 m. de relèvement de niveau. En s'en tenant au chef-lieu, à Epinal, la plus basse température observée a été de — 26°,6 le 8 déc. 1879, la plus haute a été de 38^,3 le 17 août 1875. La moyenne générale des minima annuels est de — 16^,6, celle des maxima de -f- 32«,8 .: soit un écart de 49^,7 entre les moyennes des extrêmes, indice d'un climat nettement continental, le climat vosgien, l'un des sept entre lesquels on divise habituellement la France ; quant à l'écart entre la température la plus haute du siècle et la plus basse, il monte au chiffre formidable de 64*^, 9. Dans la partie montagneuse du département, on
a constaté un écart de 67« entre le 9 déc. 1879 et le 15 juil. 1881. A Epinal, le jour le plus froid est moyennement le 18 janv.; le plus chaud le 18 juil. Dans cette ville, l'hiver est de 7« plus froid qu'à Paris, mais l'été n est inférieur en chaleur à celui de la capitale que de 4 dixièmes de degré. Le nombre des jours de gelée est en moyenne de 83 par an à Mirecourt, de 87 à 88 à Epinal de 113 à 114 à Gérardmer, de 150 à 151 au col de la Schlucht. L'hiver le plus rigoureux depuis plus de deux siècles, celui de 1879-80, a donné — 32« à la Chapelle-^ aux-Bois (cant. de Xertigny). (îuant à la hauteur des pluies, il faut distinguer entre la plaine et la montagne. Celle-ci reçoit en moyenne 1.305 milhm.; celle-là 837, en compensant plaine et montagne, suivant leur étendue* on arrive, pourla moyenne du département, à 1.007millîm. de pluie par an. Peu de départements reçoivent une pareille quantité d'eau. En moyenne, il tombe de la neige pendant 60 jours à la Schlucht, pendant 44 à Gérardmer, pendant 31 à Bruyères, pendant 25 dans l'ensemble de la plaine ».
Flore et Faune naturelles (V. France, § Flore; France et Europe, § Faune).
Histoire depuis 1789. — Depuis sa formation en 1/90 aux dépens de la Lorraine et, à un beaucoup moindre degré, de la Franche-Comté et de la Champagne, le dep. des Vosges a plusieurs fois souffert de sa proximité de la frontière de l'Est : dans l'invasion de 1792 d'abord, où les habitants du pays de Remiremont résistèrent vaillamment aux envahisseurs; puis en 1814, oti les Vosgiens luttèrent contre le corps d'armée allemand de la Silésie; en 1815, où ils furent accablés de contributions par les Bavarois; en 1870 enfin, se livra sur leur territoire le combat de la Bourgonce, dans le pays de Saint-Dié ; à la paix de 1871 le département perdit le bassin supérieur de la Bruche, le cant. tout entier de Schirmeck et le N. du cant. de Saales, bourg remplacé depuis lors en sa qualité de chef-lieu par Provenchères.
Parmi les hommes plus ou moins célèbres qui, nés dans le pays avant 1789, ont vécu au delà de cette date ou ont vu le jour sur le territoire depuis la Révolution, l'on peut citer : Poulain de Grandpré (1744-1826), qui présida la Convention, né à Lignéville, près Vittel ; le miniaturiste Augustin (1759-1830), né à Saint-Dié; Victor, duc de Bellune (1761-1841), Fun des grands généraux de la République et de l'Empire, né à Lamarche; Boulay de la Meurthe (1761-1840), homme politique, né à Chaumousey, près Epinal; Buffet (1819-92), homme politique, né à Mirecourt; Jules Ferry (1832-93), homme politique, né à Saint-Dié, etc. 0. Reclus.
Divisions administratives actuelles. — Arrondissements. — Le dép. des Vosges comprend 5 arrondissements : Epinal, Mirecourt, Neufchâteau, Remiremont, Saint-Dié; ils sont subdivisés en 29 cantons et 531 communes. On en trouvera plus loin le détail.
Justice. Police. — Le département ressortit à la cour d'appel de Nancy. Epinal est le siège des assises. Il y a 5 tribunaux de première instance (1 par chef-lieu d'arr.);
2 tribunaux de commerce, à Epinal et Mirecourt; 1 justice de paix par canton. Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 1894, de 1958 : 202 gendarmes (41 brigades), 8 commissaires de police, 48 agents de police, ^85 gardes champêtres, 230 gardes particuliers assermentés, 421 gardes forestiers, 464 douaniers, ïl y eut 5.058 plaintes, dénonciations et procèsverbaux.
Finances. — Le département possède 1 directeur et 1 inspecteur des contributions directes à Epinal, 1 trésorier-payeur général à Epinal, 4 receveurs particuliers à Mirecourt, Neufchâteau, Remiremont et Saint-Dié,
3 percepteurs à Epinal, Mirecourt et Saint-Dié, 1 directeur, 1 inspecteur, 4 sous-inspecteurs de l'enregistrement, 5 conservateurs des hypothèques (1 par
VOSGES
arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 1 directeur et 2 inspecteurs à Epinal, 2 sousdirecteurs à Mirecourt et Saint-Dié, 3 receveurs principaux entreposeurs à Epinal, Mirecourt et Saint-Dié, ^ receveurs entreposeurs à Remiremont et Neufchâteau. Il y a une direction des douanes à Epinal.
Instruction publique. — Le dép. des Vosges relève de l'Académie de Nancy. L'inspecteur d'Académie réside à Epinal. Il y a 5 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans 6 collèges communaux, à Epinal, Bruyères, Mirecourt, Neufchâteau, Remiremont et Saint-Dié. Il existe 3 écoles primaires supérieures de garçons à Charmes, Gérardmer et Thaon, et 2 écoles primaires supérieures de filles à Epinal et à Thaon. Il y a une école normale primaire d'instituteurs à Mirecourt et une école normale primaire d'institutrices à Epinal.
L'enseignement professionnel est représenté p^ir une école pratique d'agriculture à Saulxures-sur-Moselotte (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 475), une station agronomique à Epinal et une chaire d'agriculture à Mirecourt.
Cultes. — Le département forme pour le culte catholique le diocèse de Saint-Dié, suffragant de Besançon. Le département compte (au 1^^ nov. 1894) : 2 vicaires généraux, 8 chanoines, 32 curés, 354 desservants, 48 vicaires. — Le culte réformé relève des Eglises consistoriales de Saint-Dié, Epinal et Remiremont et compte 3 pasteurs pour environ 1.200 fidèles. Le culte israélite forme le consistoire israélite d'Epinal et compte 2 rabbins et
I ministre officiant pour environ 1.700 fidèles. Armée. — Le dép. des Vosges appartient à la 7*^ région militaire (Besançon). La 44® division d'infanterie et la 81® brigade de cavalerie ont leur siège à Remiremont.
II y a un commandement supérieur de la défense des places fortes (groupe d'Epinal) à Epinal. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme la 4® subdivision (Epinal) du 7® corps d'armée.
Divers. — Le département ressortit à la 20® légion de gendarmerie (Nancy), à la division minéralogique du N.-E. (arr. de Nancy), à la 3"^ inspection des ponts et chaussées, à la 5® région agricole (N.-E.), à la 9® conservation des forêts (Epiûal). Le département possède 1 chambre de commerce à Epinal, 2 chambres consultatives des arts et manufactures à Remiremont et Saint- Dié et 5 chambres consultatives d'agriculture (1 par arr.).
Démographie. -— Mouvement de la population. — Le recensement de 1896 a constaté, dans le dép. des Vosges, une population totale de 421.412 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :
Il résulte de ces chiffres que la population du dép. des Vosges a augmenté d'une façon continue depuis le commencement du XIX® siècle, malgré quelques arrêts passagers (1851, 1855, 1870, 1881, 1891). L'augmentation totale a été de plus de 1/3 depuis cent ans. En 1871, le département a perdu 11.682 habitants, formant la population des communes cédées à l'Allemagne. Le mouvement d'augmentation a été restreint à ia moitié orientale du département, comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 1801 et de 1896, arrondissement par arrondissement :
ARRONDISSEMENTS
Population en 1801
+- as
ta eu