‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 555 sur 633 · VOSGES — VOSS · texte numérisé non relu

VOSGES — VOSS

Le nombre total des centimes départementaux était de 51, dont 26 portant sur les quatre contributions directes. Le produit du centime départemental portant sur les quatre contributions était de 28.898 fr. 67, celui du centime portant seulement sur les contributions foncière et personnelle-mobilière atteignait 18.159 fr. 31.

Les 531 communes du département avaient, en 1898, un revenu global de 5.742.291 fr., correspondant à 5.679.218 fr. de dépenses. Le nombre total des centimes pour dépenses tant ordinaires qu'extraordinaires était de 10.031, dont 1.057 extraordinaires, soit une moyenne de 19 cent, par commune.

Il y avait 197 communes imposées de moins de 15 cent., 279 imposées de 15 à 30 cent., 52 de 31 à 50 cent., 3 de 51 à 100 cent, et aucune commune n'était imposée au-dessus de 100 cent. La dette communale, au 31 mars 1897, se montait à 7.298 938 fr. Le nombre des communes à octroi était (en 1897) de 10, le produit net des octrois se montait à 956.029 fr.

État intellectuel. — Au point de vue de l'instruction, le dép. des Vosges est l'un des plus avancés de la France.

En 1896, sur 3.793 conscrits examinés, 50 ne savaient pas lire. Cette proportion de 13 illettrés sur 1.000 (moyenne française, 52 *^/oo) place le dép. des Vosges au 1 3® rang (sur 90 départements) parmi les départements français. Pour l'instruction des femmes, il est au l®'* rang (sur 87 dép.), avec 998 femmes pour 1.000 ayant signé leur acte de mariage. La proportion pour les hommes est également de 998 ^/oo-

Durant l'année scolaire 1896-97, voici quelle était la situation scolaire :

l*' Ecoles primaires élémentaires et supérieures

Nombre des écoles

Instituteurs

Institutrices

Elèves {

Ecoles 1 publiques

privées

Ecoles congréganistes publiques privées

garçons. .

illes

2** Ecoles maternelles

publiques privées

Nombre d'écoles.. 27 2

Institutrices 52 2

Garçons 2.385 31

Filles 2.308 35

Ecoles congréganistes publiques privées

Totaux 1.120

Totaux

L'enseignement primaire supérieur public est représenté, pour les garçons, par 4 écoles, qui avaient, en 1897, 275 élèves, et par 7 cours complémentaires, comptant 198 élèves; pour les Mes, par 1 école, ayant 57 éièves, et par des cours secondaires, comptant 30 élèves. L'enseignement priyé était représenté par 15 cours de jeunes filles, ayant 222 élèves. Le total général des élèves de l'enseignement primaire supérieur s'élevait à 782 élèves.

Le total des ressources de l'enseignement primaire public était, en 1894, de 2.028.370 fr. 07.

Il existait 449 caisses des écoles, avec 86.832 fr. de recettes et 69.992 fr. de dépenses.

L'enseignement secondaire se donnait aux garçons dans 6 collèges communaux (Bruyères, Epinal, Mirecourt, Neufchâteau, Remiremont, Saint-Dié).

Assistance publique. — L'assistance publique est bien organisée. Les bureaux de bienfaisance étaient, en 1892, au nombre de 200, desservant une population de 280.471 hab.; ils assistèrent 11.445 personnes, dont 580 étrangers. En 1898, le nombre des secourus s'élevait à 9.612 personnes, dont 150 étrangers, le total des recettes à 366.622 fr., celui des dépenses à 365.378 fr. -- Le nombre 4es hôpit^uji; ^t hospices ^st {m 1898) de

23, desservis par 39 médecins et disposant de 1.928 lits. Le budget se montait à 827.962 fr. pour les recettes et 896.883 fr. pour les dépenses de Tannée. Il fut soigné 4.776 malades, dont 355 décédèrent; 704 infirmes et vieillards, dont 98 décédèrent; 1.259 enfants assistés dont 9 décédèrent. En outre, 578 enfants étaient secourus à domicile. Le département ne possède pas d'asile départemental d'aliénés. Au 31 déc. 1898, le département entretenait 349 aliénés, dont 178 femmes, dans l'asile de Maréville (Meurthe-et-Moselle). La dépense totale était de 167.196 fr. 65, dont 117.804 fr. 82 fournis par le département. — L'assistance privée était représentée (en 1892) par 14 établissements et 35 sociétés diverses.

E.-D. Grand.

BiBL. : Ouvrages généraux. — V. Lorraine, Epinal, etc.— Annuaire du dép. desVosges.— Statistique de la France, in-4 et in-8, et Annuaire statistique de la France, in-8, en particulier ceux de 1886, 1894 et 1899 (mieux établis que les autres). -— Dénombrements, particulièrement ceux de 1886, 1891 et 1896, avec les résultats développés. — Statistique agricole^ De l'industrie minérale, Etats de situation de l'enseignement primairCf Situation financière des communes, des départements ; Comptes définitifs de chaque exercice. — Ad. JoANNE,Géographie du dép. des Vosges; Paris, 1900, in-16, 10« éd. — L. Louis, Bailly, A. Garnier et A. Fournier, le Dép. des Vosges, description, histoire, statistique ; Epinal, 1887-89, 7 vol. in-8 (avec bibliogr. au t. V). — A. Fournier, Topographie ancienne du dép. des Vosges; Epinal, 1895 et ann. suiv., in-8. — Anonyme, Documents rares ou inédits pour servir k l'histoire des Vosges; Epinal, 1868-89, 10 vol. in-8 (doc. extr. des archives départementales). — F. Vuillemin, Biographie vosgienne ; Nancy, 1848, in-8. — Anonyme, Dictionnaire biographique départemental des Vosges ; Paris, 1897, in-8 (collect. Dict, biog. départementaux/. — M.-N. PIAILLANT, Bibliographie des cartes et plans géographiques des Vosges imprimés et manuscints ; Epinal, 1887, in-8. — Du même, Bibliographie vosgienne, Epinal, ann. 1883, 1884 et 1886, in-8. — Du même, Plan, divisions et table d'une bibliographie vosgienne; Nancy, 1885, in-8. — L. Jouve, Bibliographie scientifique, médicale, historique et littéraire des eaux minérales et des stations thermales du dép. des Vosges ; Epinal, 1873, in-8 (extr. des Annales de la Soc. d'émulation des Vosges). — E.-F. Imlin, Vogesische Ruinen und Naturschônheiten ; Strasbourg, 1821, in-8. — G. Fraipont, les Montagnes de France: les Vosges; Paris, 1894, in-8. — E. RoEHRicH, les Vosges alpestres: autour du Hohneck et duBallon; Paris, 1896, in-12. — C. Bader, les Vosges et le Jura alsacien; Paris, 1897, in-12. — A. Fournier, Zes Vosgfes; Paris, 1900 et ann. suiv., in-4 (Du Donon au Ballon ; Sainte-Odile).

Histoire. — Desgouttes, Tableau statistique du dép. des Vosges ; Paris, an X (1802), in-8. — C. Charton, Revue pittoresque, historique et statistique des Vosges ; Epinal, 1841, in-4. — C. Charton et H. Lepage, le Dép. des Vosges, statistique historique et administrative ; Nancy, 1845, 2 vol. in-8. — C. Charton, les Vosges pittoresques et historiques ; Mirecourt, 1862, in-12. — G.Gley, Géographie physique, industrielle, administrative et historique des Vosges; Epinal, 1862, in-12. — Anonyme (A.-B.), Ephémérides vosgiennes; Remiremont, 1865, in-12.— E. Portier, Vosges; Epinal, 1866, in-8 (Petite histoire de France par département). — F. Bouvier, les Vosges pendant la Révolution ; Pans, 1885, in-8. ~ P. Chevreux, Cahiers des doléances du Tiers-Etat des villes et villages vosgiens en 1189; Epinal, 1889, 2 vol. in-8. — Claude, Petite histoire du dép. des Vosges; Paris, 1895, in-12. — E. Pierre, Géographie-atlas du dép. des Vosges ; P.,emiremont, 1895, in-8 carré. — De Cissey, Etude critique sur les opérations du i4" corps allemand dans les Vosges et dans la haute vallée de la Saône ; Paris, 1897, in-8.

VOSGIEN (Géol.) (V. Trias).

VOSNE-RoMANÉE. Corn, du dép. de la Gôte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Nuits-Saint-Georges ; 594 hab.

VOSNON. Com. du dép. de TAube, arr. de Troyes, cant. d'Ervy ; 426 hab.

VOSS (Gérard-Joseph) ou VOSSIUS, polygraphe hollandais, né à Heidelberg en 1577, mort à Amsterdam en 4649. Fils d'un calviniste gueldrois réfugié d'abord dans le Palatinat, puis en Hollande, il fit ses études à Dordrecht et à Leyde, fut appelé jeune encore aux fonctions de recteur des écoles de Dordrecht, et devint en 1615 directeur du collège des Etats à Leyde. Mêlé malgré lui à la fameuse querelle des Arminiens et des Gomaristes, Voss écrivit ime histoire 4u pélagianisme ; sop oeuvre aussi impar-

\OSS

tiale qu'érudite, excita Fanimadversion des Gomaristes ; le malheureux écrivain fut privé de son emploi et excommunié par le synode de Gouda en 4620. Relevé de cette condamnation en 4622, il devint professeur d'histoire à Leyde, et déclina les offres brillantes de l'Université de Cambridge désireuse de s'attacher un maître dont les livres faisaient autorité dans toute l'Europe savante. 11 termina sa carrière à l'Académie d'Amsterdam où il avait été appelé en 4630. Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages historiques, philosophiques et littéraires qui dénotent un vaste savoir et un esprit bien pondéré, mais qui auraient gagné à être condensés quelque peu. Voici le titre de ses œuvres principales : Commentarii rhetorici sive Inslitutionum oratoriarum libri VI (Leyde, 4606, rééd. 4606, 5^ éd., ibid., 4643) ; Thèses theologicœ et hisloricœ de variis doctrinœ christianœ capitibus [ibid.y 4615, in-8 ; rééd. La Haye, 4658) ; Bistoriœ de controversiis quas Pelagius ejusque reliquiœ moverunt libri Fi/ (Leyde, 4648, in-4 ; rééd., Amsterdam, 4655) ; Ars historica (Leyde, 1623, in-4, rééd., 4653) ; De historicis grœcis libri IV {ibid., 4624, in-4, rééd., 4654) ; De hisloricis latinis libri III (ibid., 4627, in-4, rééd. 1654) ; De theologia gentili et phijsiologia christiana libri IV (Amsterdam, 4641, 2 vol. in-4, rééd. ibid., 4668, 2 vol. in-fol.) ; Etymologicon linguœ latince (ibid., 1662, in-fol. , rééd. 4664). Ses œuvres complètes ont été publiées à Amsterdam de 4695 à 4704 en 6 vol. in-fol. Vossius eut plusieurs fds qui se distinguèrent dans les lettres : notamment Matthieu (f 4646), historiographe des Etats de Hollande et bibliothécaire de la ville d'Amsterdam, auteur des Annales Hollandiœ Zelandiœque (Amsterdam, 4645-46, 4 vol. in-4). Denis (4612-23), qui avait acquis dès l'âge de vingt ans la réputation d'un orientaliste distingué : il avait traduit l'ouvrage espagnol de Manassès Ben Israël, sous le titre de Conciliator, sive de convenientia locorum S. Scripturœ (Amsterdam, 4633, in-4), et du hollandais l'essai historique d'Everard de Reid : Belgarum aliarumque gentium annales (Leyde, 4633, in-fol); Isaac (4648-89), le plus célèbre de tous, qui succéda à son frère Matthieu comme historiographe des Etats de Hollande, et devint ensuite bibliothécaire de la reine Christine de Suède» Il la- suivit après son abdication, obtint les bonnes grâces du roi Charles II d'Angleterre, et termina sa carrière comme chanoine de Windsor. Il publia un grand nombre d'ouvrages qui, sans supporter la comparaison avec ceux de son père, attestent cependant des connaissances étendues et un esprit pénétrant. Outre de savantes éditions critiques d'auteurs anciens, tels que Justin, Pomponius Mêla, Catulle, etc., on lui doit une curieuse dissertation où il soutient le bien fondé de la supputation biblique : De vera œtate mundi (La Haye, 4659, in-4), reprise et complétée plus tard sous le titre : De LXX interpretibus eorumque translatione et chronologia {LdiEsiye, 4664, in-4; 3« éd., 4663, in-4);i)g Sybillinis aliisque oraculis (Oxford, 4679, in-8; 2*^ éd., Leyde, 4680, in-42); l'auteur cherche à démontrer la réalité de ces oracles et en tire argument en faveur du christianisme. E. H.

BiBL. : C. ToLLius, Oratio in ohitum J.-G. Vossii; Amsterdam, 1649, in-4. -— H. Tollius, Oratio de G.-J. Vossio grammatico perfecto; ibid., 1778, in-4. — Siegenbeck, Histoire de l'Université de Leyde {en hoU.); Leyde, 1829-32, 2 vol. in-8.

VOS S (Johann-Heinrich), poète, traducteur et philologue allemand, né à Sommersdorf (Mecklembourg) le 20 févr. 4754, mort à Heidelberg le 30 mars 4826. H montra dès sa jeunesse des dispositions remarquables pour l'étude de la littérature grecque et de la poésie allemande, mais la pauvreté de sa famille interrompit ses études. Il entra comme professeur chez un gentilhomme de Penzlin et y fit la connaissance d'un ministre protestant lettré qui lui révéla Shakespeare et lui fit obtenir l'entrée gratuite h Gœttingue, Vos^ s'ajoniia dès |ors à la*philologie et à '

l'étude de la poésie allemande. En 4774, il devint directeur de VAlmanach des Muses ou Anthologie. Nommé recteur du collège d'Otterndorf (et de celui d'Eutin de 4781 à 1802), il écrivit une traduction complète en vers de ï Odyssée (4781), puis, pour se délasser, traduisit en allemand la version française des Mille et une Nuits (1785). En 1793, il acheva la traduction de V Iliade, puis celle des Géorgiques de Virgile (1800). En 1795, il publia une charmante pastorale : Louise (qui inspira Gœthe pour Hermann et Dorothée); il composa ensuite des idylles, publiées plus tard. Il réfuta son ancien maître, le philologue Heyne, et s'attaqua à ses doctrines sur la mythologie dans : Sur le style et sur l'interprétation de Virgile {il9i) et dânsles Lettres mythologiques (1794). Ses grands travaux critiques sur l'antiquité comprennent encore des commentaires sur les Eglogues de Virgile (1797) et sur les Métamorphoses d'Ovide (1799), ainsi qu'un examen complet de l'œuvre de Virgile. Ayant quitté Eutin en 1802, à cause de sa mauvaise santé, il vint s'établir à léna, et en 1805 accepta une chaire à Heidelberg : il reprit pendant les années suivantes ses traductions d'auteurs anciens (Orphée, Horace, Théocrite, Bion, Tibulle, Aristophane, Properce, etc.). Il rendait ainsi un grand service à l'Allemagne en la familiarisant avec le génie antique ; ses traductions sont un calque d'une fidélité admirable ; il a su donner à l'hexamètre une harmonie, une précision, une souplesse qu'ignore le monotone alexandrin. Très attaché au protestantisme, Voss s'indigna de plusieurs conversions au catholicisme et attaqua son ami Stolberg dans un pamphlet violent qui abrégea les jours de celui-ci. En 1819, Creuzer ayant publié sa Symbolique où il reprenait les idées du Manuel mythologique de Heyne, Voss écrivit son Anti- Symbolique (1821), où il cherchait à réfuter, non sans personnalités et violences regrettables, toutes les idées de son ancien maître ; Menzel répondit au critique intolérant. On doit encore à Voss des Dissertations sur la géographie ancienne (1790), contribution très précieuse aux progrès de l'histoire de la géographie, une traduction de Shakespeare, en collaboration avec ses fils Abraham et Henri (4842- 4829), des Remarques sur les Grecset les Romains, etc. Ses OEuures poétiques ont été publiées à diverses reprises, en particulier en 4835 : bien qu'elles n'aient pas une grande valeur originale, elles portent souvent la marque puissante de ce grand esprit.

BiBL. : Herust, Johann-Heinrich Voss ; Leipzi^?, 1872- 1876, 2 vol.

VOSS (Richard), poète allemand, né à Neugrape (Poméranie) le 2 sept. 4851. Il étudia la philosophie à léna et Munich et partagea sa vie entre Frascati (près de Rome, villa Falconieri) et sa propriété de Berchtesgaden. En 4822, il a été nommé bibliothécaire de la Wartburg. Ses principaux drames sont : Savonarola (4878) ; Magda {i819);DiePatrizierin (4884) ; Pater Modesius (4883); Der Mohr des Zaï^en, d'après Pouchkine; Mutter Gertrudy Unehrlich Volk (4885) ; Alexandra, Brigitte (4886); Eva (4889) ; Die neue Zeit (4890); Schuldig (4892); Zwischen%weiHerzen(iS93) ; Daniel Danieli, Ann^-Mam( 4 894) ; Bei Sedan, Der Kœnig (4895), etc. Ses drames montrent un talent robuste, mais un peu trop mélodramatique : il a obtenu ses plus grands succès avec Die Patrizierin, Eva et Alexandra, Il a publié aussi : Bergasyl (4882); Rœmische Dorfgeschichten (4884); Frauengestalten, Helena, Messalina (iSSi) ; Rafaël, Rolla (4883); romans : Die neuen Rœmer (4885); San Sébastian, Scherben, gesammelt vom mûden Mann, Die neue Circe (4885); Der Sohn der Volskerin, Michael Cihula, Kinder des Sudens (4888) ; Die Sabinerin, Erlebtes und Geschautes, Nubia, Der Mônch von Berchtesgaden (1894); Villa 'Falconieri (4895) ; Unter den Borgia (4897). Les meilleurs livres de Voss sont ceux qui peignent la vie et le caractère du peuple italien.

VOSSIUS — VOUILLE

VOSSI US, polygraphe hollandais (V. Voss).

VOSTITZA ou >!EGION. Ville maritime de Grèce, prov. d'Achaïe-et-EIide, ch,-I. de Téparchie d'Egialée, sur la rive méridionale du golfe de Corinthe ; 7.000 hab. Stat. du chem. de fer Patras-Corinthe. C'est après Corinthe et Patras le meilleur port de la côte. Exportation de raisins et d'huile. Elle se partage en ville basse commerçante et en deux quartiers bâtis sur des collines. Des sources abondantes jaillissent dans la ville basse au pied d'un platane énorme (13 m. de tour); dans l'antiquité, quatre sanctuaires s'élevaient à l'ombre du bois sacré consacré à Zeus Homarios; selon la légende, le conseil de guerre qui précéda la guerre de Troie s'y tint en présence d'Agamemnon. — - Mgion fut une des douze cités de la ligue achéenne qui y tenait ses assemblées et sa capitale jusqu'à Philopœmen. Des tremblements de terre ravagèrent la ville end 847, 4881 et 4889.

VOTE. L Droit civil. — Droit de vote (V. Citoyen).

Bulletin de vote (V. Bulletin).

IL Procédure parlementaire (V. Parlementarisme).

VOTIAK. Peuplade de Russie (V. Finnois et Russie).

VOTO (Ex-) (V. Ex-voto).

VOU. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr. de Loches, cant. de Ligueil; 505 hab.

VOUAPA (Bot.)(V. Eperna).

VOUARCES. Com. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. d'Anglure ; 433 hab.

VOUCIENNES. Com. du dép. de la Marne, arr. de ChâlonS'Sur-Marne, cant. d'Ecury-sur-Coole ; 50 hab.

VOUDENAY. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. d'Arnay-le-Duc ; 640 hab.

VOUÉ. Com. du dép. de l'Aube, arr. et cant. d'Arcissur-Aube ; 352 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.

VOU EL. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de La Fère ; 592 hab.

VOU ET (Simon), peintre et graveur français, né à Paris en 4590, mort en 1649. Fils d'un peintre médiocre, il reçut des leçons de son père et débuta dans le genre du portrait ; il acquit rapidement une telle notoriété que l'ambassadeur de France en Turquie l'emmena à Constantin ople, où il exécuta, de souvenir, un excellent portrait du sultmi Achmet P**, qu'il n'avait vu qu'une fois ; il se rendit ensuite en Italie, y étudia avec passion Caravage et surtout Véronèse, dont il voulait s'assimiler la verve et la vigueur, et fut employé par le pape à la décoration des églises Saint-Pierre et Saint-Laurent ; ses succès à l'étranger lui valurent d'être rappelé en France par Louis XIII, qui en fit son premier peintre, le pensionna princièrement et lui demanda des leçons de pastel. Jusque-là, Vouet s'était montré, non seulement peintre de haute valeur au talent vigoureux et sain, mais encore artiste consciencieux et probe. La faveur officielle, hélas, exerça sur son talent et sur son caractère une influence funeste ; ce premier peintre du roi, qu*une pension magnifique mettait au rang des heureux de la terre, se prit à aimer l'or, il accepta les trop nombreuses commandes que lui valait la faveur du monarque, et, pour y satisfaire, oublia, dans un travail fructueux, sa probité d'artiste en adoptant une manière trop expéditive qui lui faisait perdre en qualité ce qu'il gagnait en rapidité ; il répandit alors à profusion ses tableaux dans les églises, les hôtels et les châteaux et sema, dans les demeures des puissants du moment, ses peintures décoratives, dont la plupart n'existent plus; il avait alors pour élèves Paris, Dorigny, Chaperon , Louis et Henri Testelin, et souvent ceux-ci exécutèrent des travaux pour leur maître, qui se bornait à dessiner les cartons. Néanmoins, Vouet tint, à son époque, la première place, et s'il a beaucoup péché par avidité, il doit lui être beaucoup pardonné pour avoir formé Lesueur, Lebrun et Mignard. Parmi ses tableaux, dont beaucoup ont péri, nous citerons : la Présentation de Jésus au Temple y la Vierge ,

VEnfant Jésus et saint Jean, le Christ en croix, le Christ au tombeau, la Charité romaine. Portrait de Louis Xlll, la Foi, la Chaste Suzanne, qui appartiennent au musée du Louvre ; Saint Louis communiant, un Saint Merry, une Assomption, la Vierge et l'Enfant Jésus. J. Mazé.

VOU G A. Rivière du Portugal (V. ce mot).

VOU6E(Archéol. milit.).La vouge (ou vœuge, volgeet veulge) était une arme d'hast en usage au moyen âge ; les hommes qui en étaient armés se nommaient des voulgiers. C'était une sorte de hallebarde légère ayant la forme d'un croissant ou d'une faucille emmanchée, terminée du côté opposé du manche par une pique. Philippe de Commines et Froissart en parlent.

VOUGE. Rivière du dép. de la Côte-d'Or (V. cet art.).

VOUGÉCOURT. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul; cant. de Jussey; 332 hab.

V0U6E0T. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Nuits, sur le versant E. de la Côte-d'Or, à la source de la Vouge (affl. dr. de la Saône) ; 246 hab. Stat. du chem. de fer de Paris-Lyon. Célèbre vignoble de Clos-Vougeot, premiers crus de la Bourgogne: il fait partie de la côte de Nuits, occupe 50 hect., rend 13 hectol. à l'hectare. Le Clos-Vougeot doit passer six ans en tonneaux avant la mise en bouteilles. Le vignoble a été planté au XII® siècle par les moines de Cîteaux qui l'ont conservé jusqu'à la Révolution ; le manoir construit par Jean Loisier, abbé de Cîteaux en 1551, a gardé ses portes et cheminées Renaissance. Vendu en 1791, le Clos-Vougeot appartient à quatorze propriétaires. La commune possède encore 20 hectares de vignobles de premier ordre, bien qu'inférieur au Clos-Vougeot.

VOU G RE Y. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar-sur- Seine, cant. de Chaource; 76 hab.

VOUGY. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. de Bonne ville; 369 hab. Château du xviii^ siècle.

VOUGY. Com. du dép. de la Loire, arr. de Roanne, cant. de Charlieu; 1.173 hab. Stat. de chem. de fer.

VOUHARTE. Com. du dép. de la Charente, arr. d'Angoulême, cant. de Saint-Amant-de-Boixe ; 436 hab.

VOU HÉ. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Rochefort, cant. de Surgères; 484 hab.

VOU HÉ. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Parthenay, cant. de Mazières-en-Gâtine ; 810 hab.

VOU H EN ANS. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Lure; 482 hab.

VOUHIMASINE. Ville de Madagascar (V. Ténérïfe).

VOUILLÉ. Com. du dép. des Deux- Sèvres, arr. de Niort, cant. de Prahecq; 4.576 hab.

VOUILLÉ (Vocladis, Volliacum, Vogliacum, en anc. franc. Voillec, Voillé, Volhé, Vouglié). Ch.-l. de cant. du dép. de la Vienne, arr. de Poitiers; 1.663 hab. (952 aggl.). Située dans la vallée de l'Auxance, affluent du Clain, par 100 m. d'alt., au milieu d'une région qui est la continuation de la grande plaine de Poitiers, célèbre par plusieurs grandes batailles du moyen âge. Stat. du chem. de fer de Poitiers à Parthenay. Eglise (xii® siècle). Ruines du château (xii®-xiii® siècles). — La défaite des Visigoths et de leur roi Alaric II par Clovis, en 507, eut lieu à Vouillé, comme l'ont établi les travaux de l'érudition moderne. Au moyen âge et jusqu'au xvi^ siècle, on croyait que cette bataille avait eu le même emplacement que le grand cimetière mérovingien de Civaux (à 30 kil. de Poitiers). Scaliger signala le premier Vouillé, qui remplissait les conditions de distance indiquées par Grégoire de Tours et par les autres chroniqueurs (decimo ab urbe Pictava milliario, c.-à-d. environ 15 kil.). D'autres érudits proposèrent encore Voulon (à 28 kil. de Poitiers), etc. E.-D. Grand.

BiBL. : LoNGNON, Géographie de la. Gaule au vi® siècle ; Paris, 1878, in-8, pp. 576-587. — L. Rédet, Dictionnaire topographique du dép, de la Vienne; Paris, 1881, m4 (formes anciennes).

VOUILLE — VOUTE

V0U1LLÉ-LES-MA.RÂIS. Com. da dép. de la Vendée, arr. de Fontenay-le-Gomte, caat. de Ghaillé-les-Marais ; 1.588 hab.

VOUILLERS. Com. du dép. de la Marne, arr. de Vitry-le-François, cant. deThiéblemont-Farémont ; 190 hab.

VOUILLON.Com. du dép. de l'Indre, arr. et cant. (S.) d'Issoudun; 407 hab.

VOUILLY. Com. du dép. du Calvados, arr. deBayeux, cant. d'Isigny; 356 hab.

VOUISE. Rivière du dép. delà Creuse (V. ce mot).

VOUJEAUCOURT. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. d'Audincourt ; 1.666 hab. Stat. de chem. de fer. Fonte ém aillée et fabrique de fer-blanc.

VOULAINES. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Châtillon-sur-Seine, cant. de Kecey-sur-Ource ; 619 hab.

VOU LAN GIS. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Crécy-en-Brie ; 573 hab.

VOULÊME. Com. du dép. de la Vienne, arr. et cant. de Civray; 742 hab.

VOULGÉZAC.Com. du dép. de la Charente, arr. d'Angoulême, cant. de Blanzac; 406 hab.

VOULLAND (Jean-Henri), homme politique français, né à Uzès le 14 oct. 1751, mort à Paris le 23 févr. 1801. Avocat à Uzès, il fut, en 1789, député aux Etats généraux par la sénéchaussée de Nîmes ; il siégea dans la majorité et prit parti pour les protestants contre les catholiques nîmois. Membre du tribunal de cassation (9 mars 1791), puis juge au tribunal d'Uzès (1^'^ avr.), il fut élu par le dép. du Gard à la Convention, le troisième sur fiuit. Il émit, dans le procès de Louis XVI, les votes les plus rigoureux. Représentant en mission dans le Gard et THérault, il y organisa la justice révolutionnaire. Il entra ensuite (14 sept. 1793) au comité de Sûreté générale. Ami de Danton, il le vengea en prêtant un concours actif à la conjuration de thermidor an IL Grâce au rapport de Wlerlin (de Douai), il échappa aux accusations de Lecointre, qui prétendait faire de lui un complice de Robespierre. Toutefois, il fut décrété d'arrestation après l'insurrection montagnarde de prairial an III. Le libraire Maret le cacha chez lui. Bien que contumace, et ne pouvant donc bénéficier de l'amnistie de brumaire an IV, il ne fut pas inquiété sous le Directoire ; il ne joua plus aucun rôle public jusqu'à sa mort. H. Monin.

VOULON. Com. du dép. de la Vienne, arr. de Civray, cant. de Couhé, sur la r. g. du Clain qui y reçoit la Dive et la Bouleur réunies ; 385 hab. Stat. du chem. de fer Paris-Bordeaux. Gouffres où se perdent les eaux ; à quelque distance, retranchements antiques, dits camp de Sichard. On a soutenu parfois que c'était à Voulon et non à Veuille que Clovis battit Alaric en 507.

BiBL. : A. LoNGNON, Géographie de la Gaule au vi" siècle, pp. 576-87.

VOULPAIX. Com. du dép. de l'Aisne, arr. et cant. de Vervins ; 653 hab.,

VOULTE-sur-Rhône (La). Ch.-l. de cant. du dép. de l'Ardèche, arr. de Privas ; 2.604 hab. (2.077 aggl.)., Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Filatures de soie. Château des xiv^ et xvi® siècles, siège d'une baronnie qui appartint aux familles de Léris et de Rohan.

VOULTON. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Provins, cant. de Villiers-Saint-Georges ; 421 hab.

VOULZ. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de Lorrez-le-Bocage ; 1.088 hab.

VO U LZI E. Riv. du dép. de Seine-et-Marne (V. cet art.) .

VOUNEUIL-sous-BiARD. Com. du dép. de la Vienne, arr. et cant. (S.) de Poitiers ; 833 hab.

VOUNEUIL-suR-ViENNE. Ch.-l. de cant. du dép. de la Vienne, arr. de Châtellerault, au-dessus de la rive g. de la Vienne ; 1.539 hab. (324 aggl.). Beaux châteaux du Fou et de Chistré (xiii^ siècle et Renaissance). A 5 kil. N.-O., hameau historique de Moussais-la-Bataiile.

VOUREY. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Saint- Marcellin, cant. de Rives; 841 hab. Stat. de chem, de fer,,

VOURLA ou OUGHOURLA. Ch.-l. de caza de la prov. et du sandjak de Smyrne, à 30 kil. 0. de cette ville, sur l'isthme de la presqu'île d'Erythrée, non loin de l'emplacement de Clazomène ; 4.475 hab. dont 3.200 musulmans. Culture de la vigne et de l'olivier ; exportation de raisins secs, dits yèrli et sultanines.

VOURLES. Com. du dép. du Rhône, arr. de Lyon, cant. de Saint-Genis-Laval ; 795 hab.

VOURVENANS. Com. du territoire de Belfort, arr. et cant. de Belfort; 106 hab.

VOUSSAC. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Gannat, cant. de Chantelle ; 1.302 hab.

V0ULTE60N. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Brêssuire, cant. d'Argenton-Château ; 625 hab.

VOUSSOIR (Archit.) (V. Voûte).

VOUSSURE (Constr.) (V. Voûte).

VOÛTE. I. Architecture. — Généralités. — La voûte est un ouvrage de maçonnerie en forme d'arc, dont les éléments, taillés en coin et appelés voussoirs, se soutiennent les uns les autres par leur propre poids et transmettent des uns aux autres, jusqu'aux points d'appui, les pressions qu'ils supportent. La surface interne AMB (fig. 1), celle qu'on voit lorsqu'on regarde la voûte pardessous, est V intrados ou soffiie ; la surface externe A'M'B', celle qui est vue par-dessus, est Vextrados. Les murs verticaux PP, sur lesquels la voûte prend, en général, appui de part et d'autre, sont les pieds-droits ou piédroits. Les

deux lignes Aa, ^'

B^, suivant lesquelles l'intrados se raccorde avec les plans verticaux de ces murs, sontks lignes de naissance. Elles sont, le plus souvent, droites et horizontales et le plan qu'elles déterminent est le plan de naissance. Les parties avoisinantes, RR, sont, au-dessus les reiîis, au-dessous la retombée àe la voûte. Le voussoir (ou la suite de voussoirs) G, qui occupe la partie supérieure et centrale de la voûte et qui, une fois en place, en assure la stabilité, est la clef de voûte. La hauteur verticale h du plan de naissance à la clef est la flèche, ou montée, ou hauteur sous clef; la distance horizontale AB entre les lignes de naissance Q^iV ouverture ou débouché. V appareil d'une voûte est son mode de subdivision en pierres distinctes, en voussoirs. Les surfaces de séparation latérale des voussoirs sont \qs joints montants; ils doivent être, en principe, normaux à la courbe directrice de l'intrados. Les surfaces suivant lesquelles les assises ou cou rs de voussoirs successifs se superposent sont les jomf s ri^ lit. Le parement intérieur de chaque voussoir porte le nom de douelle, quelquefois étendu abusivement à l'intrados tout entier. Enfin on appelle tout particulièrement voussure la nature de la surface adoptée dans chaque cas pour l'intrados de la voûte, autrement dit sa courbure (V. Appareil, Clef, DouELLE, Extrados, Intrados, Joint, Naissance, Pied- Droit, Soffite).

La forme de voûte la plus simple et la plus habituellement employée est la voûte à intrados cylindrique ou voûte en berceau, qui présente à la vue un parement intérieur dirigé suivant une surface cylindrique continue. Elle est dite en plein cintre lorsque la section droite de l'intrados est une demi-circonférence parfaite, en arc de cercle lorsque cette section est un arc de cercle moindre qu'une demi-circonférence, en anse de panier lorsqu'elle est formée d'une série d'arcs de cercle de rayons distincts se raccordant de façon à former une courbe

VOÛTE

unique qui se rapproche, en fait, d'une demi- ellipse. Dans ces deux derniers cas, d'ailleurs, et dans tous ceux où la hauteur sous clef, la montée, est moindre que la moitié de l'ouverture, la voûte est dite surbaissée, bombée et, à l'extrême limite, on a la voûte dite plate. Elle est, par contre, surhaussée, surmontée, quand cette hauteur est supérieure à la moitié de l'ouverture , lorsque par exemple l'arc de cercle, en forme de fer à cheval, est plusgrandqu'une demi-circonférence (V. Berceau, Anse, Arc). La voûte en ogive, qui caractérise l'architecture gothique, est une dérivée de la voûte en berceau. La section verticale de son intrados se compose de deux arcs de cercle de même rayon, ayant leurs centres, dans Yogive équilatérale ou en tiers-point, la plus commune, sur les deux lignes de naissance et réunies à leur partie supérieure par un angle aigu. Si les centres sont en dedans des lignes de naissance, si les rayons, par conséquent, sont plus petits que l'ouverture, l'ogive est surbaissée. Elle est surhaussée si les centres sont en dehors des lignes de naissance, si les rayons sont plus grands que l'ouverture. Les voûtes elliptiques, les voûtes paraboliques, les voûtes hyperboliques, les voûtes en chaînette, sont des voûtes dont l'intrados, au lieu d'avoir, comme dans la voûte en berceau, sa section droite circulaire, a cette section elliptique, parabolique, hyperbolique, en chaînette. Elles peuvent être, tout comme les précédentes, surbaissées ou surhaussées et, comme elles aussi, elles appartiennent à la catégorie des voûtes simples. Il en est de même encore des voûtes s p hé riques, des voûtes sphéroïdes, des voûtes coniques, des voûtes conoïdes, toutes engendrées par des courbes ou des droites de révolution tournant autour d'un axe central et représentées pratiquement par la coupole, le dôme, idi niche, h trompe (V. ces mots). Les voûtes composées sont, ^âv opposition aux voûtes simples, celles formées par la réunion de plusieurs parties de ces dernières. La voûte d'arête et la voûte en arc de cloître constituent les deux principales variétés. La voûte d'arête résulte de la pénétration de deux voûtes en berceau ayant même plan de naissance et même hauteur sous clef. Elle est nécessairement employée toutes les fois que deux galeries se traversent. Vue par dessous, elle montre quatre demi-arêtiers se croisant à la clef et dans lesquels les douelles des deux berceaux forment des angles saillants. Elle se fait aussi à deux, à trois arêtes, et elle se prête, d'autre part, suivant l'espacement des berceaux, l'angle qu'ils font entre eux, la courbure donnée aux cintres, à une infinité de combinaisons qu'il nous est impossible de passer en revue. Sa projection, qui est tantôt un rectangle, tantôt un cercle, devient, lorsqu'au lieu de deux galeries, trois se rencontrent simultanément sous des inclinaisons égales, un hexagone régulier. On fait aussi usage, pour faire disparaître les angles saillants trop aigus ou, du moins, pour remplacer ces angles par des angles plus ouverts, de pans coupés. La voûte en arc de cloître diffère principalement de la voûte d'arête en ce qu'au lieu d'être saillantes les arêtes y sont rentrantes (V. Cloître). La voûte k nervures, la voûte k pendentifs (V.ces mots), la voûte avec plafond, la voûte en éventail, ne sont que des variantes des deux précédentes. La trompe en tour ronde (V. Trompe) et les vis de Saint-Gilles, rondes et carrées, dont on fait usage pour soutenir un escalier tournant autour d'un noyau plein ou évidé, sont des composées de voûtes d'arêtes et d'arcs de cloître.

Nous avons considéré jusqu'ici la voûte comme ayant son plan de naissance horizontal, comme étant symétrique. Mais il peut se faire que les deux lignes de naissance soient à des hauteurs différentes, que ka, par exemple, soit plus bas que B^. La ligne droite AB est alors inclinée sur l'horizon et la voûte est dite rampante. Elle est dite droite lorsque la galerie qu'elle forme s'allonge, toujours comme dans la figure ci-dessus, normalement à son entrée, à son plan de tête, autrement dit lorsque son

axe longitudinal est perpendiculaire à sa section droite. Elle est dite biaise si l'axe et le plan de tête sont obliques l'un par rapport à l'autre. Vangle du biais est alors le complément du plus petit des deux angles formés. La voûte peut être aussi coudée, ce qui n'est qu'un cas, simplifié, de la voûte d'arête, ou encore tournante. Enfin, les deux entrées, les deux têtes, peuvent n'être pas de même niveau : la voûte n'est plus alors horizontale, mais inclinée, en descente.

Historique. — La voûte était, dès la plus haute antiquité, connue des Egyptiens. On ne la trouve pourtant employée que très accidentellement dans les constructions pharaoniques (V. Architecture, t. Ifï, pp. 693 etsuiv.). Il en fut de même chez les Grecs. Ils faisaient tout au plus usage, pour couvrir les espaces vides, de la platebande appareillée (V. ce mot). En Italie, au contraire, les Etrusques surent, de bonne heure, tirer de la voûte un habile parti et, sous le règne de Tarquin l'Ancien, six siècles avant notre ère, leurs élèves, les Romains, voûtèrent la Cloaca maxima. Plus tard, la voûte contribua, pour une large part, à donnera l'architecture de ces derniers ce caractère de grandeur qui lui est particulier et, pendant toute la durée de leur empire, à Byzance comme à Rome, elle demeura la préoccupation dominante de leurs constructeurs. Formée sur cintres au moyen d'arcs de brique ou de pierre, constituant une sorte de réseau, d'armature, et, pour garnir les intervalles, de béton battu sur couchis de bois, elle fut, d'abord, on le conçoit, cylindrique. Mais de la voûte en berceau, ils passèrent promptement à la voûte d'arête et de la coupole portée sur un mur circulaire ou tambour à la voûte hémisphérique portée sur pendentifs. Ce fut un pas immense, que les architecles romains établis à Byzance réalisèrent dans la construction de la coupole de l'égUse Sainte-Sophie et qui établit, dit VioUet-le-Duc, une ligne de démarcation bien tranchée entre les constructions romaines de l'antiquité et celles du moyen âge. « Couvrir une enceinte circulaire par une voûte hémisphérique, c'était une idée fort naturelle et qui fut adoptée dès une haute antiquité. Faire pénétrer des cylindres, des voûtes en berceau, dans le tambour circulaire, c'était une des conséquences immédiates de ces premiers pas. Mais élever une coupole hémisphérique sur un plan carré, c.-à-d. sur quatre piliers isolés et posés aux angles d'un carré, ce n'était plus une déduction du premier principe : c'était une innovation des plus hardies. » Les constructeurs que Charlemagne fit venir de Lombardie et d'Orient n'apportèrent pas avec eux ce genre de construction. Ils se contentèrent, comme à Aix-la-Chapelle, de voûtes à base octogonale ou circulaire reposant sur des tambours montant de fond. Les constructeurs romans voulurent, au contraire, dès le xi® siècle, imiter les Romains. Mais ils n'étaient pas à même, comme eux, d'établir des masses immobiles^ massives, lesquelles exigeaient des ressources immenses, et leurs points d'appui ne se trouvaient plus suffisamment stables. La voûte romaine, sorte d'agglomérat d'arceaux de briques noyés dans un blocage de béton, forme, en effet, lorsqu'elle est achevée, une croûte homogène sans élasticité, qui se brise au moindre tassement. Il leur fallait donc trouver une méthode nouvelle et, dès l'origine de leurs essais, on voit naître un système de construction basé, non plus sur le principe de stabilité absolue, mais bien sur le principe d'élasticité : la voûte, au lieu d'être maçonnée en blocage, est construite en moellons bruts, posés comme des claveaux, et noyés ensuite dans le mortier, ou en moellons taillés et formant lijie maçonnerie de petit appareil. Par-dessous sont établis de distance en distance, au droit des points d'appui les plus résistants, des arcs doubleaux en pierres appareillées, sorte de cintres permanents, qui suivent les mouvements des piles, se prêtent à leur tassement et maintiennent, comme le ferait un cintre en bois, les concavitéi m maçonnerie bâties au'dessïjs,

VOUTE

Applicable sur plan carré, la voûte d'arête romaine ne Fêtait plus sur plan parallélogramme, et les premiers constructeurs romans ne disposèrent, pour couvrir leurs églises oblongues, que du berceau ou demi-cylindre continu sans pénétration. Encore durent-ils, pour éviter que, les cintres et couchis une fois enlevés, les deux murs parallèles sur lesquels ils bandaient ces berceaux ne vinssent, sous Teffet de la poussée, à se déverser, imaginer toute une série de palliatifs plus ou moins efficaces : remplissage des intervalles de la voûte en tuf léger, contreforts à l'extérieur, piles saillantes à l'intérieur, pièces de bois longitudinales noyées dans l'épaisseur des murs, etc. Une autre poussée, non moins dangereuse, s'exerçait en outre.

Fis. 2.

• Voûte d'arête romane (Notre-Dame du Port, à Clermont-Ferrand).

longitudindlement, sur les têtes de ceux-ci. Les constructeurs romans, qui savaient que la voûte d'arête présente cet avantage de ne faire porter les pressions et les poussées que sur les quatre points d'appui de leurs sommiers, cherchèrent alors une combinaison de cette voûte se prêtant, à la différence de la voûte d'arête romaine, aux plans parallélogrammes, et, par tâtonnements, ils furent amenés à un type nouveau de voûtes, qui, au lieu d'être engendrées par deux cylindres se croisant à angle droit, étaient formées par quatre arcs plein cintre, réunissant latéralement les quatre piles, et par deux arcs diagonaux, également plein cintre et, conséquemment, de rayon plus grand que celui des premiers. Il y eut ainsi, désormais, non plus pénétration de cylindres ou de cônes, mais d'ellipsoïdes, avec arcs-doubleaux saillants, que, bientôt, on fit à deux rangs de claveaux concentriques, et avec formerets, sorte de demi-arcs-doubleaux noyés en partie dans les murs, lesquels, devenus indépendants du reste de la construction, ne faisaient plus guère office que de clôture. C'est à la fin du xi« siècle, dans la nef de l'église

de Vézelay, qu'on constate pour la première fois cet abandon du système romain. Une autre modification, qui préluda à l'art gothique, naquit des mêmes préoccupations et des mêmes recherches. Les constructeurs romans s'étaient vite aperçus que les arcs plein cintre ont deux points faibles, la clef et les reins, la première s'affaissant, tandis que les seconds se relèvent. Dans le dessein de déplacer ces points, ils tentèrent en hauteur un fractionnement analogue à celui déjà réalisé en longueur, et à l'arc unique ils en substituèrent deux, qui pressaient plus verticalement et qui, en outre, se servaient mutuellement, en quelque sorte, d'arcs-boutants. L'arc brisé, l'arc en tierspoint apparaît ainsi comme issu d'une nécessité de construction et non de tel ou tel goût particulier, ni, comme on a prétendu le démontrer, d'une idée essentiellement symbolique. Les derniers constructeurs romans ne raisonnaient pas le sens mystique d'une courbe ; ils ne savaient pas si l'arc en tiers-point est « plus religieux » que l'arc plein-cintre : ils bâtissaient et, devant soutenir sur des piles isolées des voûtes de plus en plus larges et de plus en plus hautes, ils tremblaient à chaque travée décintrée. D'où l'arc en tiers-point, qui poussait moins. Dès les premières années du xii® siècle, ils l'avaient adopté pour les grandes voûtes en berceau dans une partie de la Bourgogne, dans l'Ile-de-France, en Champagne, c.-à-d. dans les provinces les plus avancées, sinon les plus riches. De même les nefs des églises de Beaune, de Saulieu, de la Charité, d'Autun, sont couvertes par des voûtes formées de deux arcs de cercle, et pourtant les archivoltes de leurs portes et de leurs fenêtres sont demeurées pleincintre. C'est la transition du roman au gothique. L'ogive offre plus de solidité, mais sa forme choque encore et on ne l'emploie que là où elle est indispensable (V. Architecture, t. m, pp. 723 etsuiv.)

Les constructeurs gothiques n'ont donc point trouvé, comme on pourrait être tenté de le supposer, l'arc brisé. On en a fait remonter l'invention jusqu'à l'antiquité, et il existait, en tous cas, très certainement, ainsi que

Fig. 3.

Voûte en arc d'ogive (chœur de la cathédrale de Langres).

nous venons de le voir, dans des constructions dont le système était franchement roman. Mais les architectes gothiques l'appliquèrent à un mode de construction dont ils sont bien les seuls et véritables initiateurs. Leurs précurseurs avaient fait de cruelles expériences. Ils avaient cru les poussées à peu près annulées par l'emploi de l'arc ogive

VOUTE

et réduit les piles à un minimum d'épaisseur. Des ruptures se produisirent : ils posèrent desarcs-boutants, qui, à leur tour, se comportèrent de façon insuffisante et qu'il fallut parla suite renforcer. Plus sagaces et secondés, en outre, par les progrès des sciences mathématiques, lesconstructejars gothiques prirent l'habitude d'entreprendre par

Fig. 4. — Naissance d'une voûte anglo-normande (chœur de la cathédrale d'Ely).

le haut tout projet de construction, de dresser d'abord l'épure de la voûte, de son rabattement, de ses sommiers, pour ne tracer qu'en dernier le plan des bases. C'est en procédant de la sorte, en faisant de la voûte le générateur de toutes les parties des édifices voûtés, qu'ils furent conduits à considérer les piles isolées comme des points d'appui maintenus verticalement, non par leur propre assiette, mais par la neutrahsation complète de toutes les actions obliques qui viennent agir sur elles, et ce fut ailleurs, dans la succession de travées latérales aboutissant graduellement au sol, qu'ils allèrent chercher leurs moyens de résistance.

La voûte gothique, qu'on pourrait plus justement appeler la voûte française, atteignit, au milieu du xiii^ siècle, un degré de perfection absolu. Elle ne subit, pendant les siècles qui suivirent, aucune modification notable, continuant de procéder, jusqu'à la Renaissance, de l'arc doubleau, des arcs ogives et forerets, avec ou sans tiercerons et liernes. L'arc doubleau, de son côté, faisait toujours office de cintre permanent, recevant entre ses branches des voûtains de rempHssage, et ces voûtains étaient construits, non en panneaux, mais en petits claveaux, dont les rangs courbés partaient de l'arc doubleau, archivolte ou formeret, pour venir reposer à l'autre extrémité, en biais, sur les arcs ogives. Avec ce système, on pouvait couvrir toutes les surfaces, si peu

régulières qu'elles fussent, et faire^ sans difficultés d'appareil, des voûtes biaises, rampantes, gauches, etc. 11 en était de même avec le système anglais, qui, parti du même principe, auxii® s., que le nôtre, en différait principalement en ce que, afin d'éviter certaines difficultés inhérentes à l'emploi de courbes de rayons différents pour le bandage des remplissages, il avait substitué à l'arc de cercle des courbes composées, aboutissant, malgré une apparence compliquée, à un procédé fort simple. Malheureusement, l'engouement pour les arts italiens fit préférer, au xvi^ siècle à ces deux systèmes, les berceaux de pierre avec pénétration, qui constituaient, à tous égards, un pas en arrière et qui aboutirent, au xvii® siècle, à une complication d'arcs, où la fantaisie avait plus de place que l'art et que la logique. De nos jours, l'emploi du fer dans la construction permet découvrir de vastes espaces, sans recourir aux voûtes, qui ont ainsi perdu de leur importance, et on ne les emploie plus guère, du moins les voûtes de grandes dimensions, que pour les ponts et les tunnels. On tend, d'ailleurs, pour les premiers, à délaisser de plus en plus l'anse de panier et à lui préférer l'ellipse, plus gracieuse.

SrABiLiTÉ DES VoûTES. — La stabilité des voûtes constitue l'une des questions les plus complexes de l'art de construire. Fort négligée des constructeurs de l'antiquité et du moyen âge, qui surent y suppléer par une expérience d'ailleurs chèrement acquise, elle occupa, au XVII® siècle, les plus grands géomètres. Parent etLaHire, notamment, puis, au xviii® siècle, BernouHi, Couplet, Danisy, Gautier, Eytelwein, Coulomb, Bossut, Lorgna, Gerstner, Schubert, et, au xix® siècle, Navier, Poncelet, Moseley, Méry, V. Fournie, V. Chevalier, Hagen, Weisbach, Yvon-Villarceau, etc. Les théories, du reste, sont presque aussi nombreuses que les auteurs et, qui plus est, le problème n'a reçu jusqu'à ce jour que des solutions particuhères, laissant dans l'obscurité bien des points importants. Le cas le plus simple est celui de la voûte en berceau ou voûte demi-cylindrique. C'est le seul que nous examinerons.

Lorsqu'une voûte en berceau se rompt, on remarque le plus ordinairement les effets suivants : à la clef, en C (fig. 5), elle s'ouvre du côté de l'intrados, ainsi qu'aux deux naissances, en N et N' ; vers les reins, en R et R',

Fig. 5.

elle s'ouvre du côté de l'extrados. Elle se trouve ainsi partagée en quatre morceaux, A, A', B, B'. Les deux premiers, A et A', s'affaissent en tournant autour de R et de R', les deux derniers, B et B', se renversent à Textérieur en tournant autour de B et deB'. Les piédroits peuvent aussi, faisant corps avec B et B', être renversés dans la même direction : la rotation de cette partie se fait alors autour de l'arête externe de leurs bases. Les piédroits peuvent encore glisser horizontalement, au lieu de se renverser, et il n'y a quelquefois, dans ce cas, en C, R et R', qu'une fente, sans ouverture. Enfin, et plus rarement, les parties inférieures B et B' et les piédroits peuvent se renverser, non plus vers l'extérieur, mais vers l'intérieur. L'effet est alors exactemeiit l'inverse de celui

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