‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 585 sur 633 · WOLOWSKI — WOLSEY · texte numérisé non relu

WOLOWSKI — WOLSEY

Fondateur de la Revue de législation et de jurisprudence (d833), il y soutint constamment les théories du libre échange. Professeur de législation industrielle au Conservatoire des arts et métiers depuis 1 839, il fut élu par le dép. de la Seine, en 1848, à l'Assemblée nationale constituante, où il siégea sur les bancs du parti répubhcain modéré et soutint la politique de Louis-Napoléon , Réélu à la Législative, il vota d'ordinaire avec la majorité conservatrice, sans se prononcer contre la Répubhque, se montra peu favorable aux vues impérialistes du président et fut rejeté dans la vie privée par le coup d'Etat du 2 déc. 1851 . Il reprit avec une ardeur nouvelle ses études économiques, fonda le Crédit foncier en 1852, fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques (1855), dans les Comptes rendus de laquelle il publia de nombreux travaux, devint en 1864 professeur d'économie politique au Conservatoire des arts et métiers et, après la chute de l'Empire fut, lors des élections complémentaires du 2 juil. 1871, élu député de la Seine à FAssemblée nationale, où il prit place au centre gauche. Là, il participa très activement aux principales discussions économiques et financières, combattit (surtout en déc. 1872) la politique protectionniste de Thiers, laissa renverser cet homme d'Etat le 24 mai 1873, mais, tout en soutenant de ses votes le cabinet de Broglie, se prononça pour l'organisation de la République et, finalement, vota les lois constitutionnelles en 1875. Il fut élu sénateur inamovible. Sans parler d'innombrables articles publiés dans divers journaux ou revues, Wolowski a laissé beaucoup d'ouvrages de longue haleine, parmi lesquels nous citerons : Des sociétés par actions (i8'-^8); Mobilisation du Crédit foncier (1839) ; Des Brevets d'invention et des Marques de fabrique (1840) ; De V Organisation industrielle de la France avant Colbert (1842) ; Statistique et forces productives de la France {i^^Q) ; De V Organisation du Crédit foncier (1849) ; le Grand Dessein de Henri i F (1860) ; les Finances de la Russie (1864) ; les Résultais du traité de commerce de i860 (1868); fOr et r Argent (1870); Résultats économiques du paiement de la contribution de guerre en Allemagne et en France (d875), etc. A. Debjdour.

WOLSELEY (Sir Carnet- Joseph, vicomte), feld-maréchal anglais, né près de Dublin le 4 juin 1833. Entré dans l'armée en 1852, il fit la campagne de Birmanie de 1852- 53, celle de Crimée, fut grièvement blessé au siège de Sébastopol. Dans l'Inde, il se distingua brillamment à la prise de Lucknow. En 1860, il participa à la campagne de Chine, où il remplit les fonctions de quartier-maître général de l'état-major. Il passe ensuite au Canada, dirige l'expédition de la rivière Rouge (1867). En 1873, il est nommé au commandement des troupes envoyées contre les Achantis, entre à Coumassi le 5 févr. 1874 et remporte un plein succès. En 1 875, il administre la colonie de Natal; en 1878, il commande en chef à Chypre. En 1879, il passe de nouveau dans l'Afrique du Sud, comme haut commissaire du Natal et du Transvaal et dirige les opérations contre les Zoulous dont il détruit les principaux établissements. En 1882, il commande en chef l'expédition d'Egypte, et s'acquitte de sa mission avec un succès qui lui vaut le titre de baron et le grade de général (1882). Il y revient en 1884 et échoue dans la tentative pour délivrer Khartoum. Il est alors créé vicomte. En 1890, lord Wolseley est nommé commandant de l'armée d'Irlande, et, en 1894, il est promu feld-maréchal. En 1895, il succède au duc de Cambridge dans les hautes fonctions de commandant en chef de l'armée anglaise, qu'il conserve jusqu'en 1900. Il est l'auteur d'ouvrages*fort intéressants, parmi lesquels nous citerons : Narrative ofthe war wilh China in 1(860 (Londres, 1862); The System of field manœuvres, etc. (1872); France as a Military power in 1810 and 1818 (1878); Life of duke of Marlborough (1894); The décline and fait of Napoléon (iSm). R. S. WOLSEY (Thomas), cardinal et homme d'Etat anglais,

né vers 1475, mort le 29 nov. 1530. Elevé à Oxford, il prit les ordres en 1496, devint chapelain de Henry YIÏ en 1507, sut très bien se pousser à la cour où il gagna des amitiés puissantes. Aumônier de Henri VIII, il put se rendre indispensable au roi et commença vers 1512 à s'occuper des affaires publiques. Il accompagna Henri en France en 1513, se fit donner l'évêché deTournay, mais ne put occuper son siège qu'il échangea en 1518 pour une pension. Entre temps, il avait obtenu l'évêché de Lincoln (1514). C'est lui qui dirige toute la politique étrangère et jette les bases d'une alliance avec la France. Il organise le mariage de Louis XÏI avec la sœur de Henri Vill, Mary. Créé cardinal par LéonX en 1515, Woisey devint lord chancelier en remplacement de Warham. Très habilement, il concentra entre ses mains toute l'autorité, écartant des grandes affaires les nobles et les prélats. Comme on l'a vu, il dirigeait déjà les affaires étrangères, il dirigea bientôt l'intérieur, puis, comme chancelier, il fut à la tête de la justice et, comme légat enfin, il doipina l'Eglise. En réalité, par cette centralisation puissante, il préparait le gouvernement personnel de Henri VIII. Naturellement, il suscita de formidables inimitiés, Buckingham mina sa politique étrangère en se faisant avocat de l'Espagne. Wolseyse débarrassa de lui par un procès de haute trahison. Mais les menées de Buckingham devaient porter des fruits. Henri VIII s'ennuyait de la paix, sa femme, Catherine d'Aragon, tenait pour l'Espagne, son neveu, Charles d'Autriche, le poussait dans la même voie (1519). Wolsey essaya en vain de maintenir l'alliance avec François I^^ par l'entrevue du Camp du Drap d'or. Dès 1522, l'influence de Charles l'emportait et la guerre était décidée. Wolsey, qui s'était passé pendant huit ans de convoquer le Parlement, parce qu'il prétendait gouverner seul, recourut d'abord à l'expédient d'un impôt forcé, mais cet expédient ne produisit que de maigres revenus, et, en 1523, les Chambres se réunissaient. Elles protestèrent contre le montant des subsides qui leur étaient demandées et furent appuyées dans leurs velléités d'indépendancepar unmouvementpopulaire. Pour empêcher l'insurrection de se propager, Wolsey dut retirer ses demandes. Mais la révolte laissait des germes qui levèrent çà et là et qui se transformèrent en un redoutable mouvement agraire. Avec cela, la guerre 'avec la France n'avait été profitable que pour l'empereur : l'Angleterre n'en avait tiré aucun avantage. Wolsey s'empressa de conclure une paix honorable (1525), et il se détermina à un coup d'éclat pour empêcher un rapprochement avec l'Espagne qu'il considérait comme désastreux. Il sema habilement dans l'esprit de Henri VIII des doiites sur la validité de son mariage avec Catherine et la légitimité de sa fille Marie, et il poussa activement au divorce (1527). Son but secret était de remplacer Catherine par une princesse française. Mais les événements et le tempérament amoureux du roi vinrent à la traverse ; la beauté et la rouerie d'Anne Boleyn conseillée par les Norfolk devaient causer sa perte (V. pour les détails Henri VHI). Norfolk lui succéda au conseil privé. Son premier soin fut de poursuivre à fond Wolsey. On l'accusa d'avoir enfreint la loi de Prœmunire en tenant sa cour dans le royaume comme légat du Pape. Atterré, Wolsey offrit à Henri VHI toutes ses charges et toutes ses richesses. Lui, si puissant jadis, connut l'humiliation de se retirer à Esher par la Tamise à la vue de tous les citoyens de Londres qui regardaient en ricanant la petite barque qui le menait, disait-il, à la Tour. Il reçut l'ordre de se rendre dans son diocèse d'York, mais comme il était extrêmement populaire dans les comtés du Nord, on ne tarda pas à se repentir de lui avoir accordé son pardon. On ressuscita contre lui une accusation de haute trahison, il fut arrêté et conduit à Londres par le lieutenant de la Tour. Déjà très affaibli, il ne put résister à ce dernier coup, et il dut s'arrêter à Fabbaye de Leicester où il mourut. R. S.

BîBL. : Chronique de Hall, — Buewer, Préfaces aux

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