‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 584 sur 633 · WOLFF ~ WOLFRAM · texte numérisé non relu

WOLFF ~ WOLFRAM

canal de Gaertner. Quant aux canalicules, ils se divisent en une région supérieure ou sexuelle et en une région inférieure ou urinaire et donnent, les premiers : cônes eflerents de répididyme, réseau testiculaire, tubes droits du testicule (homme), canaux efférents del'époophore, réseau ovarien, tubes droits de Fovaire (femelle), tandis que les canaux de la portion urinaire persistent sous ia forme du corps de Giraldès chez l'homme et du parovaire chez la femme (V. Testicule, Ovaire). — Chez les Plagiostomes et les Amphibiens, les canalicules du corps de Wolff servent encore, comme cela a lieu pour les néphridies des vers, de spermiductes (canaux de Leijdî'g), Comme d'autre part, le canal de Wolff débute par une invagination de l'épithélium du cœlome qui vient s'accoler intimement à l'ectoderme (surface cutanée) pour aboutir au cloaque, on voit do suite combien le corps de Wolff ou mésonéphros se rapproche des canaux segmentaires ou néphridies (canaux excréteurs) des vers. Par une évagination du canal de Wolff, il donne naissance au rein définitif (V. Hein). Ch. Debierre. WOLFF ou WOLF (Christian, baron de), philosophe allemand, né à Breslau le 24 janv. 1679, mort à Halle le 9 avr. 1754. Destiné de bonne heure à la théologie, il fit ses études aux universités d'iéna et de Leipzig C'est à Leipzig qu'il connut la philosophie deDescartejs et entra en relation avec Leibniz qui lui tit obtenir, en 1806, la chaire de mathématiques de l'Université de Halle. Il étendit bientôt son enseignement à la philosophie et obtint auprès de ses auditeurs un succès retentissant. La raison d'être de ce succès était un rationalisme très clair qui prétendait démontrer déductivement jusqu'aux vérités de foi. Cette prétention alarma les collègues piétistes de Wolff, Franke et Lange, qui obtinrent contre lui, en 1723, un rescrit enjoignant au philosophe de quitter la Prusse dans les quarante-huit heures sous peine du gibet. Mais Wolff trouva aussitôt asile à l'Université de Marbourg, où il enseigna la philosophie jusqu'à l'avènement de Frédéric II (1740), dont l'un des premiers actes fut de remettre à Fexilé la chaire de Halle. Wolff a prodigieusement écrit, tant en allemand qu'en latin. Ses ouvrages allemands sont les premiers d'outre-Rhin qui aient traduit la pensée philosophique en langage vulgaire. Les principaux sont : Vernûnfiige Gedanken von den kràften des mensrMichen Verstandes (Halle, 1712, très souvent réédité, traduit en français sous le titre de Pensées philosophiques, par Jean Deschamps, 1736) ; Vernûnft. Gedanken von Gott, der Welt u. der Seele des Menschen (Francfort et Leipzig, 1719) ; Vernûnft. Gedanken v. den Menschen Thun u. Lassen %ur Be for der ihrer GUlckseligkeit (Halle, 1720) ; Vernûnft, Gedanken v, dem Gesellsch. Leben der Menschen (Halle, 1721) ; Vernûnft. Gedanken v. d. Absichten der natûrl. Dinge (Francfort, 1723), etc. Citons, parmi les ouvrages latins, qui ne comprennent pas moins de 23 vol. in-4 : Philosophia rationaliSy sive logica, etc. (Francfort et Leipzig, 1728); Philos, prima, sive Ontologia(ibid.,il^0), Cosmologia generalis {ibid., 1731) ; Psychologia empirica, etc. (ibid., 1732); Psychologia rationalis, etc. (ibid., 1734) ; Theologia naturalis, etc. {ibid., 1736- 37, 2 vol. ) ; Philos, practica universalis, etc. {ibid., 1738-39, 2 vol.); Jus naturœ {ibid., 1740 et suiv., 8 vol.) ; Philos, moralis (ibid., 1750, 4 vol.) ; OEconomica (ibid., 1750). On le voit, l'œuvre de Wolff constitue un système de doctrine à peu près complet, si l'on excepte l'esthétique qui fut traitée par son principal disciple, Baumgarten (V. ce nom). Ce système est directement issu de celui de Leibniz que Wolff a eu le mérite d'exposer sous une forme très cohérente et avec une clarté parfaite qui le rendit populaire dans les écoles. L'idée qui domine ce système est qu'il est possible de fonder la connaissance sur la pure déduction et que, par suite, le principe d'identité est le seul qui domine toute connaissance. Notamment le principe leibnizien de la raison suffisante se ramène au principe d'identité, car il serait con-

tradictoire que quelque chose sortît de rien ou de quelque chose qui ne suffît pas à le produire. Sont donc absolument vrais les seuls jugements analytiques, et l'expérience ne peut avoir d'autre rôle que de corroborer la déduction. Au reste, le système de Wolff n'a guère qu'une valeur d'enseignement, fort atténuée d'aiHeurs, par l'insupportable prolixité et le pédantisme de cette prose justement raillée par Voltaire. Les principales thèses leibniziennes : monadologie, optimisme, distinction de la perception et de l'appétition, morale de la perfection, sont reprises et étayées sur une argumentation minutieuse qui poursuit la vérité dans ses plus infimes conséquences.

Les ouvrages de Wolff, grâce à leur clarté et à leur unité systématique, devinrent l'encyclopédie philosophique de toutes les universités allemandes. Il y eut ainsi, durant plus d'un demi-siècle, une école wolffienne, alors qu'il n'y eut pas d'école leibnizienne proprement dite. Le rationalisme v^olftien inspira toutes \es sciences particulières, depuis la médecine jusqu'à l'esthétique. Kant, dont la critique ruina le dogmatisme de Wolff, ne parle de ce philosophe qu'avec le plus grand respect. Les principaux disciples de Wolff, en philosophie, furent Bilfinger, Gottsched, Baumeister, et surtout Baumgarten, Ploucquet et J.-E. Lambert (V. ces noms). Th. Ruyssen.

BiBL : K.-G. LuDovici. Ausfùhrl. Eyitwurf einer vollstând. Historié der Wolff. Phiios.; Leipzig, 1736-38, 3 vol. — F.-W. Kluge, Chr. v. Wolff, der Philosoph. ; Breslau, 1831.— E. KôNiG, Ueb. d. Degrund. der Objectivilat bei W. u. Lambert, dans Zeitschr. fur Philos, u. philos. Kritik, 1861. — M. Dessoir, Gesch. d. neuer. deutsch. PsychoL; Berlin, 1894, t. I, et les histoires générales de la philosophie moderne de Bcjhle, Ed. Erdmann, Kuno Fischer, Zeller, WiNDELBAND, FaLCKEiNBERG, etC.

WOLFF (Albrecht), sculpteur allemand, né à Neustrelitz le 14 nov. 1814. Élève de Rauch, dont il termina le Moïse, il est l'auteur des statues équestres du Roi de Hanovre ( 1 86 1 ), du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III (1875, à Berlin), du Général Artigas à Montevideo (1875), de nombreux groupes colossaux, statues et bustes de grands personnages.

WOLFF (Sir Henry Dhummond), diplomate et littérateur anglais, né à Malte le 12 oct. 1830. Fils du missionnaire et voyageur Joseph Wolff et de lady Georgiana Walpole, il entra dans la diplomatie en 4846, et après avoir occupé divers postes, soit à l'administration centrale, soit dans les ambassades, il s'occupa avec beaucoup d'activité et de compétence de l'organisation du protectorat sur les îles Ioniennes (1858-62). Elu membre du Parlement en 1874, il appuya la politique conservatrice. En 1878, il fut envoyé dans la Koumélie orientale pour contribuer à la préparation de l'autonomie de cette province. Réélu à la Chambre des communes par Portsmouth, en 1880, il joua un certain rôle dans ce qu'on appela le « quatrième parti ». Entré au conseil privé en 1885, il fut nommé, la même année, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Constantinople, pour régler la question d'Egypte. Haut commissaire en Egypte (1885-88), il fut ensuite ministre à Téhéran (1888-91), ministre à Bucharest (1891), ambassadeur à Madrid (1892). Sir Drummond Wolff a publié : The Résidence ofthefirst Napoléon at Elba; History of the Suez Canal (1876), traduction de l'ouvrage de Ferdinand de Lesseps; Letlers of Memnon; TheMother Country and the Colonies, etc. R. S.

WÔLFFLIN (Edouard), philologue suisse, né à Bâle le 1®^' janv. 1831. Professeur à Zurich, Erlangen et depuis 1880 à l'Université de Munich. Latiniste distingué, il publie depuis 1884 Archiv filr lat. Lexikographie.

WOLFRAM (Miner.) (V. Tungstène).

WOLFRAM d'Eschenbâch, célèbre poète allemand, ne à Eschenbach (Franconie moyenne), mort après 1217. Il se fixa en 1203 à la cour du landgrave Hermannde Thuringe comme son émule et ami Waltherde la Vogelweide, se maria et eut des enfants. Il ne savait ni lire ni écrire, mais avait pris connaissance orale de nombreuses œuvres littéraires latines, françaises et allemandes. Sauf huit

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lieds, il n'a composé que des poèmes épiques : Parsifal (1200-10) en 16 chants, et la légende du Saint-Graal où il a développé les thèmes celtiques du cycle de la Table ronde, s'inspirant, dit-il„ du Provençal Kyot, poète imaginaire, mais, en réalité, de Chrétien de Troyes. Rajouta à l'œuvre du grand poète français deux chants d'introduction et quatre de conclusion, reliant à la légende deParsifal celle de Lohengrin. Cette poésie symbolique est très goûtée en Allemagne, où Ton admire le sentimentalisme maniéré avec lequel Wolfram traite les lieux communs et son mélange d'humour et de grâce, déparé par d'énormes fautes de goût. De ce grand poème on détacha deux chants d'amour, sous le titre de Titurel ; un demi-siècle plus tard, on les développa en un second poème très étendu. Wolfram a encore composé Willehalm, poème inachevé, chantant les exploits de Guillaume d'Orange contre les païens et inspiré de la Bataille d'Alichanz, poème français. Ce poète illettré fut, dans la légende du tournoi de la Wartburg {V. ce mot), opposé au magicien Klingsor. Peu apprécié ensuite à cause de ses obscurités et du symbolisme dont il encombre ses vers. Wolfram d'Eschenbach dut un grand retour do vogue au romantisme, puis à l'emprunt que lui fit Wagner du sujet do Parsifal. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Lachmann (!833; 5«éd., 1891). A.-H. B.

BiBL. : Panzer, IHbliographie zu Wolframvon Eschenbach ; Munich, 1897.

WOLGAST. Ville de Prusse, district de Stralsuncl (Poméranie), sur la Peene; 8.000 hab. Petit port; minoterie. Vieille place forte; résidence de princes poméraniens, prise et reprise par les Allemands et les Suédois au xvii« siècle (V. Pomérânie).

WOLGEIVIUTH ou WOHLGEMUTH (Michael)^, peintre allemand, né à Nuremberg en 1434, mort en 1519. Issu d'une famille d'artistes, on présume qu'il eut pour premier maître son père ou un de ses parents. En compagnie du peintre S'ihiichlin, qui était à peu près de son âge, il vint à Cologne et peut-être poussa-t-il, sans qu'on puisse rien alfirmer sur ce point, jusqu'en Flandre. En tout cas, les premières œuvres qu'on doive lui attribuer avec certitude révèlent une connaissance approfondie des VanEyck et de leur école. De retour à Nuremberg aux environs de 4470, il prit en quelque sorte la succession du peintre Hans Pleydenwurf qui mourut en 1472. Wolgemuth exécuta l'an d'après le portrait de sa veuve. Son atelier, où régnait la plus grande activité et où les élèves étaient nombreux (parmi eux se trouvait Albert Durer), produisait des ouvrages de toute espèce, peintures aussi bien que sculptures sur bois, et où il est impossible de faire la part du maître et des élèves. Wolgemuth, selon la tradition du moyen âge, ne distinguait pas entre les travaux de l'artiste et ceux de l'artisan, et ne prenait pas le soin d'attacher son nom à ses ouvrages. Il faut donc se résoudre à en ignorer le plus grand nombre. Le plus ancien qu'on connaisse de lui est l'autel qu'il décora en 1465 pour la cathédrale de Hof (aujourd'hui à la Pinacothèque de Munich). On y voit, sur les quatre volets antérieurs, le Mont des Oliviers, la Crucifixion, la Descente de CroiXy la Résurrection; par torière la Salutation angélique, la Naissaîice de Jésus et deux groupes d'apôtres. Les proportions et le type des figures, le soin extrême apporté aux paysages, le coloris brillant, presque émaillé, mais pas toujours assez harmonieux, révèlent l'influence des peintres flamands et peut-être les leçons de Roger de La Pasture. A peine si quelques traits du vieil idéalisme des artistes allemands se retrouvent dans ces compositions réalistes. Les personnages sont vigoureux, un peu grossiers même parfois, au lieu d'être mystiquement élancés, et l'on ne fait grâce d'aucun détail anatomique, d'aucun renflement de muscle ni même d'aucune verrue. En 1488, sur la commande de Sébastien Peringsdœrffer, Wolgemuth peignit l'autel de l'église Saint-Veit (Saint-Guy) à Nuremberg. On y voit quatre couples de saints et de saintes, celles-ci d'une

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finesse et d'une expression idéales que Wolgemuth n'a jamais retrouvées. Sa dernière œuvre datée est l'autel de l'église de Schv^abach, en 1508. La plupart des autres tableaux qu'on lui attribue sont antérieurs à cette époque. Une Crucifixion, qui semble à première vue être de sa main (Pinacothèque de Munich), est cependant beaucoup plus dramatique et contient des personnages, surtout les femmes, bien plus individualisés qu'on n'a coutume de les rencontrer chez lui. Wolgemuth fit aussi des portraits : ceux d'un vieillard et d'Ursula Hans Tucher (au musée germanique de Nuremberg) ; celui du jeune Conrad Im- Jtof, dans la chapelle Saint-Roch, sont vraisemblablement de sa main. Wolgemuth a exécuté encore des gravures sur bois d'un caractère étrange: ainsi pour la Weltchronik (1493). J. Bainville.

BiBL. : Jamtschek, Geschichte der deutschen Malcrci ; Berlin, 1890. — Thode, Die Malerschule von Nûrnbercf : Francrort-sur-le-Main, 1891 . — Rtehl et Thode, Die Gemœlde Dûrers iind Wolgemuths ; Nuremberg, 1889-95.— W. von Seidlitz. dans Zeitsdirift far blld. Kunst, XVIII.

WOLKENSTEIN (Oswald von), poète allemand (V.Os-

WALD DE WoLKENSTEIN).

WOLL ASTON. Terre polaire américaine, dépendant du Canada, explorée par Simpson (1838-39); elle forme la partie S.-O. d'une île glacée dont on appelle le N.-O., Terre du prince Albert et le S.-lîl. Terre Victoria (V. Polaire, Amérique du nord et Canada).

WOLL ASTON (William-Hyde), physicien et chimiste anglais, né à East-Dereham (Norfolkshire) le6aoûtl766, mort à Londres le 22 déc. 1828. D'abord médecin à Bury- Saint-Kdmunds, il renonça à la médecine pour se consacrer tout entier à l'étude de la physique et de la chimie. Une série de découvertes, entre autres celle d'un procédé nouveau, et naguèreencorepresqueexclusivement employé, pour le traitement métallurgique du platine (V. Platine, t. XXVI, pp. 1055, 1056, 10t)2etl063), celle du palladium et celle du rhodium, qu'il trouva en 1803 et en 1804 dans des minerais de ce métal (V. Palladium et Rhodium), lui acquirent bientôt, en même temps qu'une grande célébrité, une fortune considérable. La chimie lui doit également une table d'équivalents, qui précéda celle de Berzélins et dans laquelle il prenait comme unité 10 parties d'oxygène (V. Chlmie, t. XI, p. 63). En physique, il s'attacha plus particulièrement à faire progresser la théorie du galvanisme et imagina la pile dite de W^ollaston, formée d'une série de couples plongés chacun dans un vase distinct et constitués par une lame de cuivre repliée entourant des deux côtés une lame de zinc. Enfin, il est l'inventeur du gomomètre.dncryophore, delà chambre claire (V. ces trois mots). Il était depuis 1806 secrétaire de la Société royale de Londres. Il ne voulut jamais accepter aucune chaire. Ses écrits ne comprennent que des mémoires originaux et des notes, dans lesquels se trouvent exposés les résultats de ses travaux et qu'ont publiés les Philosophical Transactions, les Annals of Phitosophy de Thomson, le Quarterhf Journal of Science, etc.

WOLLASTONITE (Miner.). Silicate de chaux anhydre, qui tient le milieu entrelegenrewernériteetle genrehumite et qui est à la fois un élément ac( essoire de certaines roches basiques et un élément métamorphique des roches calcaires ; il se présente en agrégats asbestiformes et en grains cristallins, de teinte grise ou incolore. Densité : 2,78 à 2,91 ; dureté : 4,5 à 5. Cristallisation dans le système monoclinique.

WOLLSTONECRAFT (Mary) (V. Godwin).

WOLOWSKÏ (Louis-François-Michel-Raymond), économiste et homme politique français, né à Varsovie le 31 août 1810, mort à Gisors le 14 août 1876, Après avoir pris part avec son père, membre de la diète de Varsovie, à la révolution polonaise de 1830, condamné à mort par les vainqueurs, il se réfugia en France (1831). Il y reçut des lettres de naturalisation et ne tarda pas à s'y créer une grande notoriété en écrivant, avec une activité infatigable, sur tous les sujets économiques, financiers ou industriels, qui préoccupaient les nations modernes.

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