WORM
connu sous le nom de traité Glamorgan, qui tomba entre les mains des parlementaires et dut être désavoué par le roi. Il demeura cependant en Irlande avec pleins pouvoirs du roi pour succéder au vice-roi Ormonde qu'il dénonça de telle manière que le peuple se souleva contre lui et contre son conseiller, le nonce du pape, Rinuccini, et qu'il dut en toute hâte passer en France (mars 1648). Etant revenu en 1652, il fut emprisonné à la Tour, oh il resta jusqu'en 1 QM, Cromwell, qui avait sans doute des raisons pour le ménager, ne poussa pas son procès à fond. A la Restauration, Worcester recouvra ses biens qui avaient été confisqués, mais il ne joua plus aucun rôle politique. Il est bien plus célèbre par ses travaux mécaniques et ses expériences, et les Anglais le considèrent comme l'inventeur du principe de la machine à vapeur dont il a donné la description dans un livre intitulé Century of the names and scantlings of sucfi inventions as at présent I can call to mind to hâve tried and perfected (Londres, 1663, nombreuses éditions). En réalité, Saiomon de Caus avait, quarante-huit ans plus tôt, énoncé le même principe, en termes sensiblement identiques, dans ses Raisons des forces mouvantes (V. Caus [Saiomon de]). R. S.
BiBL. : BiRCH, Inquiry, into the transactions of theearl of Glamor g an; Londres, 1747.— Henri Dircks, The Life times and scientific labours of the second marquis of Worcester; Londi-es. ISdô. — Worcesteriana ; Londres, 1800. WORDSWORTH (William), poète anglais, né à Cockermouth (Cumberland) le7 avr. 1770, mort à RydalMount (Westmoreland) le 23 avr. 4850. Il appartient comme Coleridge et Walter Scott à la seconde génération du romantisme anglais. Il fut, avant tout, un isolé qui ne dut qu'à lui-même sa conception de la poésie, quoiqu'il ait eu pour amis intimes Southey et surtout Coleridge. Mieux que ceux-ci, on peut l'appeler un Lakist, car il a passé presque toute sa vie dans le pays des lacs anglais, qu'il a compris mieux que personne et dont tout le charme vit dans sa poésie. Ni son éducation à Cambridge (1787-91), ni ses lectures n'eurent autant d'influence sur la formation de son esprit que ses années d'enfance et d'adolescence dans son pays natal et plus tard ses voyages, d'abord en Suisse, d'où il rapporta son premier volume de vers (Descriptive Sketches, 1793), puis en France, où il passa près d'un an (1791-92), à Paris et à Blois, en plein enthousiasme révolutionnaire. Il y subit l'influence d'une âme d'élite en celle de son ami intime qui devint plus tard général, Michel Beaupuy (V. sa vie par E. BussièreetE. Legouis). Revenu en Angleterre, Wordsworth resta encore quelque temps républicain ; mais, de même que Coleridge et Southey qui partageaient alors ses idées, il était trop Anglais pour rester longtemps en sympathie avec un mouvement qui lui paraissait s'étendre par des conquêtes injustes, et renverser des institutions qu'il jugeait consacrées par le temps et représentant dans la société la nature, qui était l'objet de son culte. Les conquêtes révolutionnaires et la Terreur le firent désespérer de la Révolution, avec Napoléon il commença à la haïr et la combattit jusqu'à la fin de sa vie, même sous les formes les plus modérées qu'elle ait prises en Angleterre (émancipation des catholiques, Reform Bill). Ainsi la Révolution française fut le pôle qui orienta par attraction, puis par répulsion, toute sa vie de citoyen d'abord humanitaire, puis patriote et enfin réactionnaire. Toute cette crise de sa vie a été racontée par lui dans un poème qui est peutêtre son chef-d'œuvre (The Prélude, composé en 1799- 1815, publié en 1850). Cette histoire de son âme n'était pour lui que la préface d'un grand poème dont la première partie (The Piecluse) resta inachevée, mais dont la seconde {The Excursion^ 181'*) renferme sa pensée la plus profonde sur la nature et la société et sur les problèmes nouveaux que celle-ci doit résoudre dans un pays transformé comme l'Angleterre par la révolution industrielle.
En même temps, et depuis 1798, date de la publica-
tion, en collaboration avec Coleridge, des Lyrical Ballads, Wordswortli publiait une foule de poèmes lyriques inspirés par la vie rustique, les traditions et les paysages de son pays natal, et des sonnets patriotiques à l'occasion des guerres de l'Empire. Il y essayait une révolution dans le style poétique qui voulait non seulement supprimer tous les ornements poétiques de convention du siècle précédent, mais ne pas laisser subsister entre la prose et la poésie d'autre différence de forme que celle du rythme (V. la préface des éditions de ses œuvres poétiques depuis 1800). Le prosaïsme inévitable qui en résulte toutes les fois que la pensée n'est pas parfaitement originale et rintention didactique trop visible furent les principaux obstacles au succès de sa prédication morale si sincère dans son étroitesse. Malgré les commentaires perspicaces et souvent enthousiastes de Coleridge dans sa Biographia Literaria (1817), on peut dire que Wordsworth fut peu lu et peu compris jusque vers 1880, où un mouvement se dessina dans la critique anglaise avec Matthew Arnold, F.-W.-H. Myers, John Morley, pour le placer au premier rang des poètes anglais du xix« siècle, et même à côté de Shalcespear(3 et de Milton. Il ne paraît pas possible de ratifier entièrement ce jugement. La vision de la nature chez Wordsworth perd souvent en étendue ce qu'elle gagne en profondeur à s'attacher presque uniquement au coin de terre natal; l'optimisme de sa conception de l'univers est fait de trop d'ignorance. Mais dans son domaine étroit, sa poésie garde toujours le mérite d'une sincérité évidente et persuasive, dont son prosaïsme, qui n'est souvent que dans l'expression, ne suffit pas à atténuer l'effet. Dans bien des pièces, dans quelques fragments de ses grands poèmes, l'union de cette sincérité passionnée et de la noble simplicité de la forme donne l'impression d'une vraie grandeur, et comme d'une force naturelle.
Respecté de tous, il fut poète lauréat à la mort de Southey, mais on peut dire que pour lui la période de création véritable s'arrête vers 1815. Il vivait seul avec sa femme et sa sœur Dorothy dont les âmes charmantes, révélées dans leurs lettres, eurent sans doute beaucoup d'influence sur la sienne. Ni les Sonnets ecclésiastiques (iSW), ni les poèmes inspirés par ses voyages en Angleterre, en Ecosse et sur le continent, n'ajoutèrent beaucoup à sa gloire. Le PréInde, qui renferme l'essence de sa poésie et nous donne le sens de toute sa vie, ne parut qu'après sa mort, en 1850. J. Aynârd.
BiuL. : V. celle de l'éd. des Poetical Works (Macmil- LANJ en 1 vol., avec préface de John Morley. Autres éditions : Knight, Dowden, avec les variantes importantes de ses œuvres poétiques ; Prose Works, éd. Grosart, — Knight, Life of Wordsworth. — Christopher Wordsworth, Memoirs of W. Wordsworth. — Emile Legouis, la Jeunesse de W, Wordsworth. Etude sur le « Prélude ».
— Mykrs, Wordsworth {English Men of Letters Séries).
— C.-H. Merford, The âge ôf Wordsworth, 1897.
WORHMOUDT. Ch.-l. de cant.du dép. du Nord, arr. de Dunkerque ; 3.498 hab.
WORKHOUSE(V.AssïSTANCE PUBLIQUE, t. lV,p. 269-70).
WORKINGTON. Ville maritime d'Angleterre, comté de Cumberland, à l'embouchure du Denvent ; 23.500 hab. en 1891. Exportation de houille; fabrication de fonte, acier, produits chimiques; constructions navales ; pêcheries de saumons.
WORKSOP. Ville d'Angleterre, comté de Nottingham; 12.743 hab. en 1891. Bonneterie, lainages. Château du duc de Newcaslle ; au voisinage de Welbeck-abbey, château du duc de Porlland.
WORM (Ole), médecin danois, né à Aarhus le 23 mai 1588, mort à Copenhague le 16 sept. 1654. Il vécut à Paris et Londres, revint en 1613 à Copenhague, où il professa tour à tour la pédagogie, le grec, la physique et enfin la médecine. En 1624, il succéda à Bartholin dans sa chaire et devint médecin du roi. C'est lui qui a découvert les petits os de la suture lambdoïde appelés os wormiens (V. ci-dessous). Il avait fondé un célèbre musée d'antiquités. Il a publié Institutionesmedicœ(i636-i0),
WORM — WOUWERMAN
Fasti Danici (1 643) , Rtmica (1 636) , Danica monumen ta (1643) qui fit loni^tenips autorité.
WORMBERG (Mont) (V. Hârz).
WORMIENS (Os). Ce sont de petits os très variables de forme et de nombre, que l'on trouve ordinairement aux angles des sutures de la voûte du crâne, particulièrement au niveau de la suture lambdoïde. On les a divisés en wormiens suturaux, fontanellaires endocraniens, suivant leur emplacement. Le plus remarquable d'entre eux est l'interpariétal ou sus-occipital qui est un os normalement distinct de la voûte du crâne chez divers reptiles et poissons. C. D.
WORMS ([le) (suédois Ormsœ). Ile delà mer Raltique, sur la côte d'Ehstonie ; 94 kil. q.; 2.000 hab. de langue suédoise.
WORMS. Ville d'Allemagne, dans la Hesse rhénane, sur la r. g. du Rhin ; 40.705 hab. en 4900. La principale industrie est celle du cuir verni, puis viennent celles de la toile, des produits chimiques, de la laine artificielle, de la^chicorée, des vins mousseux, des ardoises, elc. Port fluvial et pont sur le Rhin. — C'est une des plus vieilles villes allemandes, d'origine celtique, appartenant aux Vangions, Borbetomagus des Romains, évèché dès le iv^ siècle. Au v^, elle fut le centre du royaume des Burgondes (V. ce mot), ce que rappelle la légende des Nibelungen qui se déroule dans ces parages. Les rois francs et Charlemagne y résidèrent et y convoquèrent souvent les assemblées générales de leur Empire ; de même, plus tard, les empereurs allemands. Les évèques tentèrent de se rendre maîtres de Worms, mais les bourgeois résistèrent, prirent parti pour Henri IV et ses successeurs contre les papes, ce qui leur valut d'importants privilèges. En 1122 fut signé à Worms le concordat qui mit fin à la querelle des Investitures (V. Henri V etiNVESTrruRE, t. XX, p. 923) ; en 4495 s'y tint la diète où l'empereur Maximilien proclama la paix perpétuelle, en 1521 celle où Luther (V. ce nom) repoussa toute soumission. Worms fut saccagé par Mansfeld, Tilly, les Espagnols et les Suédois durant la guerre de Trente ans, par les Français en 1689 ; elle appartint de 1801 à 1815 à la France. — Elle a conservé de beaux monuments de son illustre passé, un hôtel de ville (restauré en 1884), une synagogue des xi^ et xni® siècles, une magnifique cathédrale romane commencée par l'évêque Burchard (1000-25), achevée au xii® siècle, à laquelle fut ajoutée au xv^ un portail S. en style gothique, décoré de belles sculptures. La cathédrale, a double chœur, double coupole, quatre clochers, à 152 m. de long sur 36 m. de large. L'église romane Saint-Paul a été transformée en musée et renferme de précieux documents des premiers temps de l'imprimerie et des souvenirs de la Réforme. Un colossal monument a été érigé à Luther (1868) par la collaboration d'E. Rietschl, de Kietz, Donndorf et Schilling ; il couvre 100 m. q. ; le réformateur est entouré des statues assises ou debout des princes allemands, de villes, de ses précurseurs et de ses disciples. A .-M. R.
Edit de Worms (25 mai 1521) (V. Luther, p. 783). BiBL. : H, Boos, Quellen zur Gesch. der Stadt Worms, 1885-93, ,3 vol. — Du môme, Gesch. der rheinischen Slœdtekultur^, 1897. — Noyer, Das alte und neue Worms in Schrift und BUd, 1895. -- Pauli, Gesch. der Stadt Worms, 1825. — F. SoLDAN. Deutsche Heldensagen auf dem Boden der alten Stadt Worms., 1881.
WORMS (Jules), peintre français, né à Paris le 16 déc. 1832. Elève deLafosse, il collabora à des journaux illustrés; depuis ses débuts, qui remontent au Salon de 1859, il a exposé de nombreux tableaux de genre dont quelques-uns emprunlent leur sujet à l'Espagne; il a de la verve, du mouvement, de la vie ; nous citerons : une Fontaine à Burgos; le Départ des contrebandiers; la Bomance à la mode (musée du Luxembourg); Tambour de ville ; un Ecrivain public; les Politiciens; le Coup de VEtrier et Flagrant délit.
WORM S (Henry de), lord Pirbright, homme politique anglais, né à Londres le 20 oct. 1840. Elevé en partie
à l'Université de Londres, en partie à Paris, il fut inscrit au barreau anglais en 1863. Elu au Parlement en 1880, il prit une part active aux débats de la Chambre des communes, où il s'occupa principalement des questions de politique intérieure, obtint la réforme de la caisse du « Royal Patriotic Fund ». Secrétaire au bureau du commerce dans deux ministères de lord Salisbury, il occupa les fonctions importantes de secrétaire d'Etat pour les colonies de 1888 à 1892, présida la conférence internationale des droits sur les sucres (1887-88), entra au conseil privé en 1889 et fut élevé à la pairie en 1895. On lui doit quelques ouvrages : The Earth and ils mechanism ; England and its policy ; the Ausiro-Hungarian Empire, et la publication des Mémoires du comte de Reust. R. S.
WORONTZOV. Famille russe (V. Vorontzov).
WORSAAE (Jens-Jakob-Asmussen), historien et archéologue danois, né à Vejle le 14 mars 1821, mort à Hagestedgaard, près de Holbek, le 15 août 1885. Attaché à la conservation des monuments archéologiques du Danemark, d'abord à titre d'inspecteur (1847), puis comme directeur (1861), il fut également nommé, en 1866, directeur du musée des antiquités Scandinaves et d'ethnographie, qu'il organisa d'une façon remarquable. De 1874 à 1875, il fut ministre des affaires ecclésiastiques et de l'enseignement. — Ses principaux travaux, qui traitent des découvertes archéologiques, font de lui le fondateur de ïarchéologie préhistorique comme science indépendante. En 1859, il préconisa une nouvelle division des âges de la pierre et du bronze en un âge primitif et un âge secondaire. Citons parmi ses ouvrages : les Antiquités du Slesvig (1865), Colonisation et état primitif de la civilisation de la Bussie et du Nord Scandinave (iSl^) y la Civilisation des Danois à l'époque des Vikings (1873), Bestes des âges de la pierre et du bronze dans F ancien monde et dans le nouveau (1879), la Préhistoire du Nord (1881), etc.
WORSATIA (V. Wursten).
W0RS30R0UGH. Ville d'Angleterre, comté d'York, près de Rarnsley; 10.000 hab. Houille, métallurgie.
WORSTED. Sorte de lainages tissés à Norvvich.
WORTHING. Ville d'Angleterre, comté de Sussex; 16.000 hab. Rains de mer fréquentés à l'O. deDrighton.
WORTLEY-MoNïAGU (V. Montâgu).
WORTOWO (Mont) (V. Prusse, t. XIVII, p. 873).
WOUWERMAN (Philips), peintre hollandais, né à Haarlem en 1619, mort à Haarlem en 1668. Elève d'abord de son père Paul, peintre médiocre, on lui attribue pour maîtres, sans documents positifs, Frans Hais, l'animalier Pierre Werbeek, Jean Wynants et Pierre de Laer (Ramboccio). A dix-neuf ans, contre le gré de son père, il enleva une jeune fdle catholique, l'épousa à Hambourg, où il vécut quelque temps chez Evert Decker et revint terminer ses études à Haarlem. Il fut élu maître (1640), puis commissaire (1645) de la gilde de Saint-Luc.
L'influence de Wynants est visible dans ses paysages, surtout au début ; celle du Ramboche dans le choix des sujets. Mais une étude acharnée de la nature peut seule expliquer son extraordinaire fécondité — 800 ouvrages, tous très finis, en moins de trente ans, outre les charmantes figures dont il « étoffait » les paysages de Wynants, de Ruisdaèl, de Decker, etc. — Sa facilité n'empêchait pas la justesse du dessin, l'aisance du mouvement, la sohdité du modelé, la vérité de la perspective aérienne, encore moins la douceur argentine du ton, la piquante harmonie des valeurs, l'esprit de l'exécution.
Absolument maître de son pinceau, tout lui réussit, sauf les sujets religieux. Il a traité par exception les intérieurs, surtout d'écuries ou de boutiques de maréchal ferrant; mais ce qu'il aime mieux voir naître au bout de son pinceau, en s'amusant beaucoup, évidemment, ce sont les scènes en plein air, les paysages pittoresques où un arbre au tronc moussu l'épand ses menues branches et
WOUWERMAN — WRIGHT
son feuillage délicat sur un ciel fin, brouillé de légers nuages, qui éclaire une plaine fuyante bordée de collines. C'est dans ce milieu qu'il place, avec une infime variété, une inépuisable fantaisie, des scènes populaires, des manèges, des courses de chevaux, des chocs de cavalerie, des campements, des haltes de chasseurs, et toutes les péripéties élégantes de la chasse au faucon ou au cerf. Ses ouvrages sont de dimension moyenne ou petite, mais il n'est pas effrayé par les proportions (4^^,27 sur 2'^,45) de sa Grande Bataille, du musée de La Haye ,et d'autres grandes compositions des collections anglaises. Ses tableaux sont partout ; on en compte 60 à Dresde, beaucoup au Louvre, à Saint-Pétersbourg, Munich, etc. La Hste complète figure dans le Catalogue raisonné de Smyth (Londres, 1829, t. 1). Beaucoup ont été gravés par J. Moyreau (Paris, 1737).
Il eut deux frères : Pieté r, né à Haarlem en 4623, mort à Amsterdam en 1682, l'imita d'assez près, sans avoir jamais une exécution aussi vive, ni une couleur aussi fraîche ; son chef-d'œuvre. Assaut de la ville de Kaevorden, est au musée d'Amsterdam ; Jan (f 1666) a peint des dunes assez finement, sans approcher de Wynants, et des Clairs de lune qui font un peu penser à Van derNeer. E. Dukand-Gréville.
W RANG EL (Ile). Terre polaire boréale, îiu N. de la Sibérie, entre 71« et71« 30' lat. N., 176^ et ISO*' long. E. Le sol, granitique et schisteux, atteint 700 m . Découverte par Long en 1867, explorée par lïooper en août 1881.
WRAN6EL (Charles-Gustave, comte), général suédois, né à Skoldoster, près d'Upsala, le 13 àèe. 1613, mort à Spyker (île de Rugen) le 24 juin 1676. Fils du maréchal Hermann Wrangel (1587-1643), gouverneur de Livonie, il servit sous (ilustave-Adolphe et les généraux suédois qui lui succédèrent en Allemagne; placé à la tête de la flotte, il défit les Danois à Fehmarn (13 oct. 1641), succéda en 1646 à Torstenson comme général en chef, fit sa jonction avec Turenne et imposa à l'électeur de Bavière la trêve d'Ulm (14 mars 1647), prit Eger en Bohême, défit avec Turenne les Austro-Bavarois à Zusmarshausen (17 mai 1648), fit avec Charles X Gustave la campagne de Pologne (1635-56), prit Kronburg (1658). Commandant la flotte, il mit en échec les Hollandais (29 oct. 1658), repoussa de Fionie les Danois. Amiral et maréchal, il fut l'un des tuteurs du jeune Charles XL En 1674, Wrangel reçut le commandement de l'armée envoyée contre le Brandebourg, mais tomba malade et n'assista pas aux désastres de cette armée.
WRANGEL (Friedrich-Heinrich-Ernst, comte), général allemand, né à Stettin le 13 avr. 1784, mort à Berlin le 1^^ nov. 1877. Il fit campagne en 1807 et en 1813-14, où il se distingua. Colonel en 1815, commandant de corps d'armée en 1839, il fut mis à la tête des troupes fédérales du Sleswig-Holstein en 1848, défit les Danois à Sleswig (23 avr.), fut rappelé à Berlin où il comprima l'insurrection (9 nov. 1848). En 1863-64, il dirigea les opérations contre le Danemark, fut créé comte (1864). Il était réputé pour son esprit.
WRANGEL (Ferdinand-Petrovitch, baron de), navigateur russe, né en Livonie le 29 déc. 1794, mort à Dorpatle 6 juin 1870. Il exécuta de 1820 à 1823 une série d'explorations dans l'océan Glacial, sur la côte N. de Sibérie, partant de Nijne-Kolymsk en traîneau, en publia le récit et les résultats scientifiques, gouverna l'Amérique russe (1829-34) où il organisa ensuite une compagnie, prit sa retraite comme vice-amiral (1849), fut rappelé et mis à la tête du ministère de la marine (1853-58), protesta vainement contre la vente de l'Amérique russe aux Etats-Unis (1866).
WRATH (Cap) (V. Grande-Bretagne).
WREDE (Karl-Philipp, prince), feld-maréchal bavarois, né à Heidelberg le 29 avr. 1767, mort à EUingen le 12 déc. 1838. Il fut colonel d'un régiment palatin levé pour l'archiduc Charles (1799) et, en 1805, devint général en
chef de l'armée bavaroise. Il en commanda en 1809 la 2^ division, se distingua à Neumarkt et à Wagram, fut mis à la tète du corps bavarois dans la campagne de Russie, puis, en 1813, de Farmée de l'Inn; le 8 oct., il conclut le pacte de Ried avec les Autrichiens et tenta de fermer la retraite à Napoléon, ce qui lui valut le désastre de llanau (30-31 oct.). Commandant le 5« corps, il prit part aux batailles de La Rothière (1^"^ févr. 1814) et de Bar-sur- Aube (21 mars), fut promu maréchal (7 mars) et créé prince (9 juin), assista au congrès de Vienne, fut président de la Chambre haute, généralissime bavarois (1822). .
BiBL.: lÎËiLMANN, FeldiTi. Furst Wrede; Leipzig, 188L
WREN (Sir Christopher), architecte et mathématicien anglais, né à East-Knoyle (Wiitshire) le 20 oct. 1632, mort à Hamptoncourt le 25 févr. 1723. Il fît d'excellentes études de mathématiques, fut appelé en 1657, comme professeur d'astronomie, au Gresham Collège de Londres, puis, en 1659, àFUniversité d'Oxford, et, tout de suite, se plaça au premier rang des géomètres de FEurope par un remarquable mémoire en réponse au défi porté par Pascal au sujet de la solution de divers problèmes relatifs à la roulette. Lors de la fondation de la Société royale de Londres en 1663, il en fut nommé membre. En 1665, un voyage à Paris, où Fon travaillait alors activement au Louvre, le décida à se faire architecte. Justement, Londres fut, l'année suivante, en partie consumé pjr un terrible incendie. Bien que le plan de réédification méthodique qu'il proposa n'eût pas été adopté (V. LoxNdres, t. XII, p. 524), il fut chargé, avec le titre d'architecte en chef, de la reconstruction des principaux monuments et, en 1668, devint architecte général du royaume d'Angleterre. Son chef-d'œuvre est la cathédrale Saint-Paul, bâtie par lui seul de 1675 à 1710 (V. Londres, t. XII, p. 516). On lui doit également la partie nouvelle du palais de Hamptoncourt, le palais de Winchester, la bi-: bliothèque de Trinity Collège à Cambridge, l'église de Saint-Etienne de Wallbroock, qui est une merveille de goût, le mausolée de la reine Marie à Westminster, les hôpitaux de Greenvvich et de Chelsea, et une soixantaine d'autres édifices, civils ou religieux. Son style, qui procède surtout de l'antique, est, d'une façon générale, fort sobre, mais aussi sans vie. Par contre, sa technique est irréprochable. Ses principaux écrits ont été publiés par ses fils, après sa mort. Ils traitent de la théorie générale des mouvements, de la résistance des fluides, de Fart de la navigation et de diverses autres questions de géométrie, de mécanique et d'architecture. L. S.
BiBL. : Elmes, Sir Christopher Wren and hls tlmes ; Londres, 1852. — Phillimore, Christopher Wren^ his family and his times ; Londres, 1881. — Stratton, Sir Christopher Wren ; Londres, 1897.
WRIGHT (Thomas), érudit anglais, né à Tenbury (Shropshire) le 23 avr. 1810, mort le 23 déc. 1877. Après avoir fait ses études à Cambridge, il s'établit à Londres (1836), où il vécut de sa plume, s'occupant principalement de travaux relatifs à Fhistoire de la littérature du moyen âge. Il pubUa dès 1 838, en collaboration avec Francisque-Michel, la Vie de Merlin, attribuée à Geoffroi de Monmouth. Membre d'une foule de sociétés savantes, il publia sous leurs auspices quantité de documents : The latin poems commonly attributed to Walter Mapes (1841); A Collection of latin stories, illustratiue ofthe kistory of fiction during the middle âges (1842) ; Mapes de Nugis Curialium (1850) ; Political poems and songs relating to Englishhistor y {iS^d -6 i, 2 vol.); The Anglo-latin satiricalpoets and epigrammatisls oftheXlf^ Century (1872, 2 vol.), etc., etc. — En collaboration avec son ami Halliwell-Phillipps, il publia, en outre : Reliquiœ antiquœ, Scrapsfrom ancient manuscripts (1 845, 2 vol. in-8,' 2® éd.); et avec le graveur F.-W. Fairholt, une série de livres illustrés : England under the house of Hannover, ils history and condition during the reigns of the threè Georges^ from the caricatures and
WRIGHT — WURTTEMBERG
the satires of the day (48S2, 2 \ol. ir)-8, 3*^ éd.) ; VHistory of Caricature and Grotesque in Literature and Art (1865), et VHistory of domestic manners and sentiments in Enytand during the middle âges (1862). On lui doit encore une centaine de volumes, textes et compilations : The History of Ludtow (1852, 2^éd.);5<2^n^ PatricJis Purgatory (1842); Anecdota literaria (1844); Essays on subjects connected ivith the literature^ popular superstitions and history of Enqland in the middle âges (1846, 2 vol. in-8); The works of James Gillray the caricaturist (1873, in-4), etc., jusqu'à une History of France (1858-62) et une traduction de la Vie de Jules César par Napoléon III. 11 s'intéressait, en même temps qu'à l'histoire et à l'histoire littéraire, à l'archéologie; son ouvrage le plus célèbre est un livre d'archéologie : The Celt, the Roman and the Saxon, a history ofthe early inhabitants ofBritain dotv?i to the Conversion ofthe Anglo-Saxons (IS^'i ; 4®éd., 1885). AYright, polygraphe trop actif, a édité pour la première fois un très grand nombre de textes importants du moyen âge (Jean de Garlande, Thomas Occleve, l'histoire de Foulkes Fitz-Warin, le chevalier de La Tour-Landry, une collection d'anciens glossaires, une collection d'anciens récits de voyage en Palestine, etc.), mais tous avec négligence, ce qui lui a valu, en son temps et depuis, les critiques les plus pénibles. C'est surtout comme « pionnier de l'archéologie britannique » qu'il est aujourd'hui considéré. Ch.-V. L.
WRIGHT (William), orientaliste anglais, né dans l'Inde anglaise le 17 janv. 1830, mort à Saint-Andrews (Ecosse) ie 22 mai 1889. Sa mère était fille de Overbek, dernier gouverneur hollandais du Bengale. Il professa l'arabe à University-College à Londres (1853), au Trinity-College à Dublin (1856-62), fut attaché, de 1862 à 1872, au British Muséum, où il rédigea le catalogue des manuscrits syriaques et éthiopiens ; en 1870, il fut nommé professeur d'arabe à l'Université de Cambridge. D'une autorité incontestée pour les langues arabe et syriaque, ses principaux travaux sont : une édition de The Book of Jonah en 4 versions, publié pendant son premier séjour à Londres; les Opuscula arabica (Dublin, 1862); A Grammar of the Arabie language (Dublin, 1862 ; 2^' édit., 1874-75; 3® édit., 190Ô); Chrestomathia an Arabie (iSlO); une édition du texte arabe du Kâmil de Mobarrad, de 1864 à 1882; Contributions to the apocryphal liîerature ofNeiv Testament (iS65); Homilies of Aphraates (1869) ; Apocryphal Acts ofthe Apostles (1871, 2 vol.); la Chronicle of Joshua the Stylite (1882) ; The Book of Kalîlah and Dimnah (1883). Il commença également une édition de The ecclesiastical History of Eusebius in Syrial ; son dernier travail fut l'article sur la littérature syriaque dans ÏEncyclopœdia Britannica. G. Salmon.
WRIGHT (Frances) (V. Darusmont).
WRONSKI (Hoëné) (V. Hoëné Wronski).
WULFÉNITE (Miner.) (V. Plomb).
WULLENWEVER (Jiirgen), bourgmestre deLubeck,né à Hambourg vers 1497, décapité à Steinbriick le 29 sept. 1537. Frère de Joachim Wullenwever qui fit prévaloir la Réforme à Hambourg, et impliqué dans sa ruine, mourut exilé à Malmœ en 1558, Jiirgen Wullenwever, émigré à Lubeck, y acquit une influence prépondérante lors des luttes pour la Réforme, fut élu l'un des quatre bourgmestres en ^1533, et s'efforça de restaurer l'antique prépondérance des Hanséates dans la mer Baltique en en chassant les Hollandais et mettant en échec les rois do Danemark et de Suède ; il s'entendit avec les démocrates danois pour restaurer Christian II ; mais son allié Christophe d'Oldenbourg fut vaincu, et la diète de Spire ordonna l'abolition de toutes les nouveautés introduites à Lubeck. Wullenwever se démit (août 1535), fut, deux mois après, livré au duc Henri de Brunswick, catholique fanatique, qui lui intenta un long procès, lui arracha par la torture l'aveu de crimes imaginaires et le mit à mort. Sa chute mar-
qua la décadence définitive de la Hanse (V. ce mot).
BiBL. ; Waiïz, Lubeck unter J. Wullenwever ; Berlin, 1855-56, 3 vol.
WULVERDINGHE.Com.dudép.'du Nord, arr.de Dunkerque, cant deBourbourg; 295 hab.
WUNDT (Wilhelm-Max), physiologiste et philosophe allemand contemporain, né à Neckarau (Bade) le 16 août 1832. Il se fit recevoir privat-dozent à Heidelberg en 1857, y devint professeur extraordinaire de physiologie en 1865, passa à Zurich en 1874, et enfin fut nommé professeur de physiologie à Leipzig en 1875. Le grand mérite de Wundt, c'est d'avoir introduit la méthode inductive dans les sciences philosophiques pures, telles que la logique et l'éthique, et d'avoir cherché à donner à la psychologie une base physiologique par des méthodes de mensuration, etc. Ouvrages principaux : Beitrdge %ur Théorie der Sinneswahrnehmung (Leipzig et Heidelberg, 1862, in-8); Vorlesiingen ûber die Menschen-und Thierseele (Leipzig, 1863, 2 vol. in-8); Lehrbuch der Physioloçiie des Menschen (Erlangen, 1865, gr. in-8 ; 4^ "éd., 1878); Traité élémentaire de physique médicale, trad. par Monnoyer (Paris, 1871, in-8; original allemand, iS61); Eléments de psychologie physiologique (Paris, 1886,2 vol. in-8; original allemand, 1874); Untersuchungen zur Mechanik der Nerven (Stuttgard, 1876, in-8); Philosophische Studien (Leipzig, '1884- 94, vol. I-X, in-8) ; Hypnotisme et Suggestion (Paris, 1893, in-8), etc. D' L. Hn.
WUPPER. Rivière de Prusse, attl. dr. du Rhin, long de 105 kil., dont la vallée est le centre le plus actif de l'industrie allemande (V. Rhin [Province]).
WURMSER (Dagobert-Siegmund, comte de), maréchal autrichien, né à Strasbourg le 7 mai 1724, mort à Vienne le 27 août 1797. Il servit dans l'armée française (1741- 62) durant les guerres de succession d'Autriche et de Sept ans, passa en 1762 au service de l'Autriche, se fit remarquer par la surprise d'Habelschwerdt (18 janv. 1779) dans la guerre de succession de Bavière, reçut le commandement delà Galicie et, en 1787, le titre dégénérai de cavalerie. Placé à la tête d'un corps d'armée dans la guerre contre la France, il eut des succès en 1793, à Rohrbach (29 juin), Germersheim (5 juiL), EssHngen (27 juiL), emportales lignes de Wissembourg, mais fut, en décembre, rejeté sur la r. dr. du Rhin et fut rappelé. En août 1795, il reprit le commandement sur le Rhin et s'empara de Mannheim (22 nov.). En juin 1796, on le mit à la tète de l'armée d'Italie. Il tenta de débloquer Mantoue assiégée par Bonaparte, fut battu par lui à Gastiglione (5 août), se retira sur le Tirol et revint par le val de la Brenta; Bonaparte le prit alors à dos, le vainquit à Roveredo et à Bassano (4 et 8 sept.). Wurmser se jeta dans Mantoue dont le blocus fut reformé ; il s'y défendit vigoureusement et dut capituler le 2 févr. 1797.
BiBJa.iYivE^oT, TliugutiClerfayt undWarmser; Vienne,
WU RSTEN (lat. Worsatia). Région marécageuse à J'O. du bas Weser, conquise sur la mer par les Frisons, à qui elle fut enlevée au xv^ siècle au profit de l'archevêque de Brème. Aujourd'hui elle fait partie du district prussien de Stade; les digues qui la couvrent ont 9 m. de haut sur 46 m. de large à la base.
WURTTEMBERG (orthographe officielle depuis 18u3, auparavant Wurtemberg, primitivement Wirtemberg), Royaume de l'Empire allemand, le troisième par son étendue, le quatrième par sa population; 19.512 kil. q. ; 2.169.434 hab. en 1900. Il est situé dans l'Allemagne méridionale, entre 47« 34/ 48'^ et 49o35'17'' lat. N., 5° 52' et S'^ 9' long. E., borné au S. par le lac de Constance qui le sépare de la Suisse et la principauté de Hohenzollern, au S.-O., à l'O. et au N.-O. par le grandduché de Bade, auN.-E., àl'E. et au S.-E. par la Bavière (V. la carte de la Bavière).
Géographie physique. — Le Wurttemberg est un pays de petites montagnes et de collines s'étendant sur le Jura
WURTTEMBERG
souabe, l'E. de la Forêt-Noire (V. Schwarzwald) et les contreforts N. des Alpes d'Ailgau. Les monts occupent 29 o/o, les collines 46 ^jo, la plaine 25 ^1^ seulement de la superficie totale. L'ait, moyenne est de 500m., plus que, double de celle de l'ensemble de l'Allemagne (214 m.). Entre le lac de Constance et le Danube, le plateau de Souabe a une ait. de 600 m. avec des sommets de 1.1 18 (ScliwarzeGrat)et 1.036 m. (Hochkopf). Le pointculminantduroyaumeestlaHornisgrinde(1.1 66 m.), sommet de la Forêt-Noire sur la frontière badoise; auS. est le col de Kniebis, voisin de la pittoresque vallée de la Murg. Le Jura souabe ou Alb s'allonge du S.-O. au N.-E. à travers le Wurttemberg ; il est séparé de la Forêt-Noire par la plaine du Neckar, sur laquelle s'étagent les terrasses de la Basse-Souabe. Au N.-E. de l'Alb, elles forment de petites falaises, en avant desquelles se détachent des massifs isoiés, couronnés par les ruines des burgs du moyen âge (Achalin, 705 m. ; Hohenstaufen, 683 m.; Ipf, 677 m.). Le sol du Wurttemberg comprend d'O. en E., à partir des gneiss, granités et grès rouge de la Forêt-Noire, la série des assises du trias, du jurassique et du tertiaire; dans les terrains triasiques abondent les grandes cavernes à stalactites.
Les cours d'eau majeurs du pays sont : 1^ le Neckar, aftl. dr. du Rhin, qui y parcourt 280 kil. et se grossit de l'Enz (g.), de la Fils (dr.), de la Rems (dr.), de la Miirr (dr.), de la Kocher (dr.) et de la Jasgt (dr.) ; 2** le Danube, qui y parcourt 130 kil. , de Tuttlingen à Ulm, absorbant laBlau (g.) et l'Iller (dr.). Citons encore les tributaires rhénans du lac de Constance, du N. de la Forêt- Noire (Salzach, Pfinz, Murg et Kinzig) et la Tauber, aftl. dr. du Main. — Le climat est assez froid : 8^,3 de moyenne annuelle ; la chute d'eau varie de 1.667 millim. en Forêt Noire à 608 millim, à Stuttgart. Les produits minéraux à noter sont les argiles ferrugineuses de l'Alb, les salines du Neckar et de la Kocher (terrain deMuschelkalk), les tourbières de Haute-Souabe, 70 sources minérales, généralement salines, et toute espèce de pierres à bâtir.
Géographie politique et économique. — La population du Wurttemberg était, en 1900, de 2.179.434 hab. contre 1.818.539 en 1871 et 2.036.522 en 1890 ; environ 70 «/o sont protestants et 30% catholiques, avec une minorité de 1:2.000 juifs. Le royaume se divise en quatre cercles :
Kil. q. Hab.
Neckar 3.330 745.675
Schwarzwald 4.775 509.258
Ja^st 5.141 400.005
Danube 6.266 514.496
Le dernier est en majorité catholique. — Les principales villes sont Stuttgart (176.705 hab.), Ulm (42.985 hab.), Heilbronn(37.891 hab.),Esslingen (27.325 hab.) et Cannstatt (26.497 hab.).
Le pays est fertile et bien cultivé : 880.000 hect. en champs, 17.000 en vignobles, 345.000 en pâturages, 608.00 J en forêts. On récolte beaucoup de fruits et de légumes (choucroute, choux-fleurs, etc.) dans le val du Neckar ; l'horticulture prospère près de Stuttgart. L'élevage compte environ 100.000 chevaux, 1 million de bœufs, 400.000 porcs, autant démontons. — Les salines livrent près de 460.000 quintaux de sel comestible, valant 1 million 700.000 fr. — L'industrie se développe et occupe 20 «/o delà population ; les principaux centres sont Stuttgart, Cannstatt, Esslingen, Ulm, etc. On fond des cloches, travaille le cuivre et le plomb, fabrique des machines (Esslingen, Cannstatt), des locomotives, des armes, etc. On tile et tisse le lin et le coton sur les pentes de l'Alb, la soie, la laine; citons encore les corsets de Stuttgart, le papier de Heilbronn, les imprimeries de Stuttgart, l'ébénisterie, etc. Stuttgart est la troisième ville d'Allemagne pjur la librairie. — Le Wurttemberg exporte du bétail, delà laine, des grains, des bois, etc. Les places commer-
ciales sont Heilbronn (navigation du Neckar), Stuttgart, Ulm, Friedrichshafen. — Les chem. de fer appartenant à l'Etat ont un développement de 1.689 kil. (en 1896) dont 1.812 en Wurttemberg. Le réseau télégraphique a 4.000 kil.
Le Wurttemberg est une monarchie constitutionnelle, régie par la constitution du 25 sept. 1819, amendée en 1868 et 1874. La succession est héréditaire en ligne masculine par ordre de primogéniture (cf. l'art. Constitution, t. XII, p. 700). Le Parlement collabore au pouvoir législatif, vote|rimpôt, examine le budget; il comprend : une Chambre haute formée des princes du sang, des chefs des familles princières et comtales, des anciennes seigneuries d'Empire et d'un quart de membres nommés à vie par le roi; une chambre basse (93 membres), formée de 13 députés des chevaliers, de 6 surintendants protestants, de l'évêque catholique, du doyen des chanoines, du chancelier de l'Université, de délégués des villes et districts administratifs élus au sutfrage universel direct pour six ans; la majorité est démocrate et libérale. — Les couleurs nationales sont noir et rouge ; le Wurttemberg a quatre décorations : ordre de la couronne de Wurttemberg, ordre de Frédéric, ordre du Mérite militaire, ordre d'Olga. — Administrativement il se divise en quatre cercles ayant chacun ses fonctionnaires et deux tribunaux .
Le budget se montait, pour la période financière du 1^^- avr. 1901 au 31 mars 1903, à 110.757.402 fr. (recettes) et 110.716.195 fr. (dépenses) ; la dette, à 609.057.316 fr., dont environ 500 millions pour les chem. de fer (qui rapportent 18 millions de fr. net). — L'armée forme, aux termes de la convention militaire du 25 nov. 1870, le Xni° corps de l'armée allemande, avec siège à Stuttgart. — L'instruction primaire est obligatoire et très complète. On compte une centaine d'écoles secondaires de toute catégorie, une Université à Tubingue, etc. Le budget d'Etat de l'instruction publique atteint 8 millions defr. — L'Eglise évangélique est administrée par un consistoire national et un synode comprenant, en outre, les 6 surintendants ou prélats: de plus, un synode territorial a été ins titué le 28 déc. 1867, oii siègent 50 délégués laïques et ecclésiastiques, etc. L'Eglise catholique est administrée par révèque et le chapitre de Rottenburg, suffragants de Fribourg. Le budget des cultes coûte à l'Etat plus de 5 millions de francs.
Histoire. — Le Wurttemberg est Thériiier historique de l'ancienne Souabe et se glorifie d'une tradition démocratique presque ininterrompue. Peuplée au temps de César par les Suèves, cette région fut conquise par les Romains au i^^ siècle ap. J.-C. Derrière leurs retranchements ils la colonisèrent; mais au m" siècle lesAlamans la reconquirent. Soumis par Clovis, ils suivent la destinée du royaume franc. Le duché de Souabe acheva de se décomposer au xm® siècle quand eurent disparu les Hohenstaufen. La famille de Wirtemberg était de leur clientèle; elle apparaît en 1090 avec Conrad de Wirtinsberc (dérive peut-être du celtique Virodunum), de la famille deBeutelsbach, lequel bâtit sur le Rothenberg, près de Cannstatt, le burg familial. Son fils Louis porte le titre de comte de Wirtemberg. La lignée régulière des comtes n'est toutefois connue qu'cà partir d'Ulrich (1241-65) qui s'agrandit beaucoup au moment du grand interrègne, acquit Urach, etc. Son fiis Eberhard ï^^' (1279-1325), adversaire des Habsbourg, et son petit-fils Eberhard II (1344-92), l'ennemi redouté des villes souabes, accrurent leurs domaines et leurs forces; puis vinrent Eberhard III, petit-fils du précédent (1392-1 41 7) et son fils Eberhard IV, (1417-19), qui épousa l'héritière du comté de^Montbéliard. Les fils d' Eberhard IV divisèrent le pays en 1442, mais le 14 déc. 1482 intervint le pacte de Munsingen qui stipula, sur la demande des Etats, l'indivisibilité du Wurttemberg, alors vaste de 6.600 kil. q., et la succession par primogéniture. Eberhard IV le Barbu dota ses sujets d'une constitution (11 nov. 1495) et obtint de l'empereur
— iui
WURTTEMBERG — WIJRTZ
Maximilieii le titre de duc (21 juil. 14-95). Il (uit pour successeur son cousin Eberhard VI (1496--98), déposé deux ans après pour incapacité par les Etats du duché, lesquels exercèrent la régence au nom de son neveu Ulrich ; celui-ci dut ensuite faire à ses sujets de nouvelles concessions et finalement fut déposé (1519). Le Wurttemberg fut vendu par la ligue souabe à l'Autriche, donné par Charles-Quint à son frère Ferdinand (1522), mais s'affranchit en 1534 et rappela son duc; en même temps, la Réforme y prévalait complètement. Ulrich eut pour successeur son fils Christophe (1550-68), qui sut tenir tète à la réaction catholique et à l'Autriche. Il eut pour fils l'incapable duc Louis (1568-93), auquel succéda son cousin Frédéric I®^ (1593-160B), fils de Georges de Montbéliard. Celui-ci restreignit les droits des Etats et obtint de l'empereur Rodolphe 111 la renonciation à la suzeraineté autrichienne (acceptée en 1534). Son fils Jean-Frédéric (1608-28) fit décapiter le chancelier Enzlin (1613), agent de la politique absolutiste de son père; lui-même et son successeur Eberhard III (1628-74) souffrirent de la guerre de Trente ans ; le Wurttemberg fut occupé par les Austro-Ravarois et ne recouvra son intégrité qu'aux traités de Westphalie. Eberhard-Louis (1677-1733) fut le jouet de sa maîtresse; Charles- Alexandre (1733-37) se convertit au catholicisme et laissa dévaliser ses sujets par le jiu'iï Siiss Oppenheimer (V. ce nom). Charles- Eugène (1737-93) fut, comme ses prédécesseurs, un imitateur du «Grand joi» de France, gaspillant les ressources du Wurttemberg en dépenses somptuaires. 11 soutint une longue lutte contre ses sujets qui finirent par acheter au prix souhaité par le duc la conservation de leurs libertés. Ses deux frères, Louis-Eugène (1793-96) et Frédéric-Eugène (1796-98), régnèrent peu; le second céda Montbéliard à la France (7 août 1796). Son fils Frédéric I^^ (1797-1816) tira grand profit de la tourmente napoléonienne. Entré malgré les Etats dans la seconde coalition contre la France, il vit le AYurltemberg conquis par Moreau (1800), fit sa paix séparée avec la France (20 mai 1802) qui lui donna en échange de Montbéliard, neuf villes libres, des fiefs ecclésiastiques, en tout 2.200 kil. q.,J24.688hab., plus la dignité électorale. Le 5 oct. 1805, il s'allia à Napoléon contre l'Autriche, ce qui lui valut, au traité de Pre!>bourg, le titre de roi et les possessions autrichiennes de Uaute-Souabe (121.8571iab.). Frédéric donna à son royaume unifié une nouvelle constitution, accéda à la Confédération du Hhin et s'agrandit de principautés médiatisées qui lui ajoutèrent 250.000 sujets. Fidèle allié de Napoléon, il gagna en 1809, aux traités de Vienne et de Compiègne, les villes d'Ulm et de Mergentheim. II avait plus que doublé le Wurttemberg. Le 2 nov. 1813, il se fit garantir au traité de Fulcla par les alliés et l'Autriche Fintégrale conservation de ses possessions et de sa souveraineté; moyennant quoi, il joignit ses contingents à l'armée de Schwarzenberg. — Son fils Guillaume I^»" (J 816-64) fit aux tendances libérales de ses sujets les concessions nécessaires par la constitution de 1819. En 1848-49 les Wurttembergeois eurent une attitude très démocratique, contredite par le roi seulement parce qu'il persistait dans l'alttitudeparticularisle et opposée à toute cenîralisalion de l'Allemagne observée par son père en 1815. Il s'entendit avec l'Autriche et la Bavière contre la Prusse (conférence deBregcnz,ll oct. 1850), et, après trois dissolutions, obtint une majorité dans laChambre élective. Charles ï^^' (1864-91) persista dans la politique hostile à la Prusse et s'allia contre elle à l'Autriche en 1866 ; son armée fut battue àTaubetbischofsheim (24juil.), Le traité de Berlin (13 août 1866) ne lui coûta qu'une indemnité de guerre de 8 millions de florins, mais il conclut un traité secret avec la Prusse, ^garantissant à celle-ci sa coopération militaire et la prolongation du Zollverein (union douanière). Les Chambres, résolument hostiles à toute compromission avec la Prusse, finirent par subir le traité de commerce et la nouvelle loi militaire. En 1870,
elles réclamaient la réduction des dépenses militaires, et le conflit était aigu, lorsque la déclaration de guerre de la France refit l'accord. Les Wurttembergeois prirent une part marquante aux batailles de Reichshofen, Sedan et Champigny ; la convention de Berlin régla le 25 nov. les concessions de l'accession du royaume au futur Em- |>ire allemand, en sauvegardant son autonomie militaire. Les élections furent unanimement nationalistes-allemandes, et, le l^'' janv. 1871, le Wurttemberg entra officiellement dans l'Empire. Le «parti du peuple» ne reprit la prépondérance que vers 1895, en antagonisme contre les ultramontains, après la déconsidération totale du parti nationallibéral, la question cléricale jouant dans la politique locale wurttembergeoise le rôle principal. Le roi Guillaume II succéda le 5 oct. 1892 à son oncle Charles ^^ A. -M. B. BiBL. : Carte au 50.000" en 55 feuilles par le Bureau statistique; une édition géologique a été publiée de 1865 à 1892. Il existe une carte d'ensemble au 200.000" et une carte géologique au 600.000". — Das Kœnigreich Wurttemberg, description générale publiée par le Bureau de statistique. 1882-86, 3 vol. — Das Staatsrecht des Kœnigreichs W. ; Fribourg, 2<' édit., 1895. -~ Annuaires publiés depuis 1822 par le Bureau de statistique.— Engkl, GeognosHscher Wegweiser darch Wurltemberg ; Stuttgart, 2« édit. 1896.— Wirtfem6ergisc/ies Urkundbuch ; Stuttgart, 1849-91, 7 vol. — Wurltembergische Ges chic hts quel le n par ScH^FKR, 1891-96, 3 vol. ~ Sattler, Gesch. Wûrtembergs unler den Grafen, 2» édit., 1775-78,4 vol ; unter den Herzœgen, 1709-83, 13 vol. — Ch.-F. von St.iiliiN, Vurttembergische Gesch., 1841-73, 4 vol."— St.klin et Bkchtle, Die llerrschaf'tsgebiete der kœnigreichs W. nach dem Stande von i^Oi' (carte), 1896.
WURTTEMBERG (Paul de)(V. Paul, t. XXVI, p. H8).
WURTTEMBERG (Eugène de) (V. Eugène, p. 735).
WUBTZ (Charles- Adolphe), chimiste français, né à Strasbourg le 26 nov. 1817, mort à Paris le 12 mail884. Il étudia la médecine à la Faculté de sa ville natale, y fut, à partir de 1839, chef des travaux chimiques, fut reçu docteur en 1843 et, en 1845, vint à Paris comme préparateur du cours de chimie organique de la Sorbonne. Nommé ensuite successivement directeur du laboratoire de chimie de TEcole centrale des arts et manufactures (1846), professeur à l'Institut agronomique de Versailles, (1851), professeur de chimie médicale à la Faculté de médecine de Paris (1853), doyen de cette Faculté (1866- 75), professeur de chimie organique à la Sorbonne (1875), il conserva ces d^ux dernières chaires jusqu*à sa mort. Il était depuis 1856 membre de l'Académie de médecine et, depuis 1867 membre de l'Académie des sciences. Elu en 1881 sénateur inamovible, il siégea au centre gauche. Ses travaux ont notablement contribué, avec ceux de Kékulé, d'Odling, etc., à Finlroduction, en chimie, de la notion d'atomicité (V. Atomique [Théorie]), et il a été, en France, l'un des plus ardents propagateurs de la notation atomique. On lui doit, d'autre part, de nombreuses découvertes, notamment celle des ammoniaques composées, en 1849, celle du glycol, en 1856 (V.(:HrMiE,t.XI,pp.74et75,etGLYcoL,t.XVUI,p.llll), celle de Valdol (V. ce mot). On lui doit également la théorie de « Taldolisation » ou propriété que possède l'aldéhyde éthylique de se souder à elle-même et qui permet d'expliquer les procédés mis en œuvre par la nature dans la synthèse organique. Outre des mémoires et des notes insérés dans les Comptes rendus de U Académie des sciences de Paris et dans les autres recueils spéciaux, il a publié : Mémoires sur les ammoniaques composées (Paris, 1850) ; Leçons de philosophie chimique (Paris, 1864); Traité élémentaire de chimie médicale (Paris, 1864-65, 2 vol. ; 2« éd., 1868-75) ; Leçons élémentaires de chimie moderne (Paris, 1866 ; 6^ édit., 1892); Dictionnaire de chimie pure et appliquée^ en collaboration (Paris, 1868-78, 5 vol.; l^r suppl. 1880-86, 2 vol. ; 2«suppl., par Friedel, 1892 etsuiv.,3vol. parus), l'ouvrage le plus important de ce genre, en France, après la Grande Encyclopédie chimique de Frémy; Histoire des doctrines chimiques (Paris, 1868), introduction du précédent, parue séparément; Progrès de Vindustrie
WURTZ — WYATÎ
iîm —
des matières colorantes artificielles (Paris, 1876) ; la Théorie atomique (Paris, 1878 ; trad. allem., Leipzig, 1879); Traité de chimie è^o%^^w^ (Paris, 1884), l'une de ses œuvres capitales ; Introduction a l'étude de la chimie (Paris, 1885, postli.), etc. L. S.
BiBL. : Friedel, Notice sur la vie et les travaux de C.-A. Wurtz; Paris, IHSi.
WURTZBOURG (ail. Wurzburg). Ville de Bavière, ch.-l. de la prov. de Basse-Franconie, sur le Main; 75.497 hab. en 1900. Evêché. Trois ponts, dont l'un, de huit arches et 200 m. de long, date de la fm du moyenâge (1474-1607) et est décore de statues ; ils joignent à l'ancienne ville delà r. dr. du Main son ancienne citadelle, le Marienberg, où résidaient les évêques jusqu'en 17"iO. Wurtzbourg a 26 églises, dont 24 catholiques; la cathédrale romane à piliers, commencée en 862, consacrée en 1189, remaniée en 1240, a été transformée àl'intérieur au xviii® siècle ; c'est aussi en style baroque que sont les églises Ranger (1670-91 ),Neumunster (1711-19), avec intérieur de style jésuite, celle de Marie est en style gothique (1377-1441), de même celle de Tordre Teutonique, transformée en magasin militaire, et celle de l'Université où se manifeste l'influence de la Renaissance (1582-91). Mais le plus beau monument de Wurtzbourg est le palais des princes-évéques, érigé par Neumann de 1720 à 1744 sur le modèle de Versailles : long de 167 m., large de89 m., hautde21 m. avec ses 283chambres réparties autour de 7 cours, il a très grand air. — L'Université, fondée en 1402, mais disparue dès 1411, reconstituée en 1582, fut, sous la direction des jésuites, le foyer des éludes catholiques en Allemagne. Aujourd'hui elle brille surtout par sa Faculté de médecine ; elle compte environ 80 maîtres et 4.600 étudiants (plus de moitié pour la médecine). ■— L'industrie et le commerce des produits ahmentaires (bière, vins, fruits, Hqueurs, conserves, etc.) sont assez actifs.
Wurtzbourg remonte à saint Boniface qui y institua en 741 un évêché en l'honneur de saint Kilian qui y avait prêché dès 688 ; le premier évêque fut Burkhard. La ville prospéra, et plusieurs diètes impériales y furent tenues, notamment celle de 1180 qui mit au ban de l'Empire Henri le Lion, Les évêques revendiquaient le titre de ducs de Franconie orientale et étaient sufiragants de Mayence ; en 1751, ils obtinrent le pallium. Ils avaient acquis une principauté territoriale qui s étendait en 1800 sur 4.900 kil. q. et262.000 âmes. Le dernier des 78 princes-évêques vit en 1801 séculariser son évêché au profit de la Bavière. En 1805, on en fit un duché électoral au profit de l'ancien duc Ferdinand de Toscane, transféré d'abord à Salzbourg (1803) que l'on cédait à l'Autriche. Le 30 sept. 1806, il accéda à la Confédération du Rhin avec le titre de grand-duc de Wurtzbourg. Le congrès de Vienne le restaura en Toscane et rendit le duché à la Bavière. A. -M. B.
BiBL, : Stahel, Fremdenfûlirer durch Wurzburg, 1895. — Œgg, Entwicklungsgesch. der Stadt Wurzburg^ 1880. -- Wegele, Gesch. der Universitât Wurzburg, 1882, 21ivr. — UssERMANN, EpiscopatusWirceburgensis ; Saint- Blasien, 1790-92. — Stamminger et Amrhein. Franconia sacra Gesch. und Beschreibung des Bistums Wàrtzburg, 1896 et SLiiv.
WURZEN. Ville de Saxe, cercle de Leipzig, sur la Mulde ; 15.674 hab. Cathédrale de 1114, restaurée en 1818. Château gothique. Fonderies, machines, tapis, minoterie, pâtisserie.
WUSTÈNFELD (Heinrich-Ferdinand), célèbre orientaliste allemand, né à Munden (Hanovre) le 31 juil. 1808, mort le 8 févr. 1899. Bibliothécaire de l'Université de Gôttingue en 1838, il devint en 1840 professeur d'arabe. Ses travaux embrassent l'histoire, la géographie et la philologie coptes et arabes. Ses œuvres principales sont, dans l'ordre chronologique : Liber concinnitatis nominum de Nawawî (Gôttingue, 1832) ; Liber ciassium virorum auctore Dahabio {id., 1833-34) ; Abulfedœ tabulœ quœdam geographicce (1835) ; Ibn Challikanivitailliis-
trium virorum {iS3^-^0); Kitâb alLobab(iS'dï>)] Die Academien der Araber (1837) ; The biographical dietionary by Nawawî (1842-47) ; Makrizi's Geschichie der Kopten (1845) ; Jacufs Moschtarik (1846) ; Qaz,winfs Kosmographie (1848) ; Ibn Qotaibah, liitâ al Ma'ârif (185Ô) ; Die Chroniken der Stadt Mekka (Leipzig, 1857-61) ; Geschichte der Stadt Médina (Gôttingue, 1860) ; Ibn Doraîl : Kitâbal-Ichîiqâq (1854) ; Ibn Hishâm: Das Leben Muhammad (1850) ; Kitâb Mo'djam al-Boldân (Leipzig, 1866-70) ; Al-Bakrl : Das geographische Wôrterbuch (Gôttingue, 1876) ; Al-Dimichqî : Die famili el-Zubeir (id., 1878) ; Die Géographie und Verwaltung von /Egypten (id./iSld) ; Synaxarium (Gotha, 1879) ; Der ToddesHusein (Gôttingue, 1883); Die Geschicfitschreiber der Araber und ihre Werke [id., 1882). G. Salmon.
WUTACH. Rivière du grand-duché de Bade, affl. dr. du Rhin, qui sort du Feldsee, traverse le Titisee, arrose une des belles vallées de la Forêt-Noire et finit à Waldshut ; 112 kil.
WY, dit JOLY-ViLLAGE. Corn, du dép. de Seine-et- Oise, arr. de Mantes, cant. deMagny-en-Vexin ; 280 hab,
WYAN D GITE. Ancien nom de Kansas City (V. cet art.).
WYATT (Sir Thomas), poète anglais, né vers 1503, mort à Sherborne (Dorset) le 11 oct. 1542, fils Aq Henry Wyatt (mort en 1537), qui avait subi un dur emprisonnement à la Tour pour rébellion contre Richard III et qui devint par la suite membre du conseil privé et un des conseillers les plus écoutés de Henri VII et de Henri VIII. Thomas, qui se maria à dix-sept ans et qui, plus jeune encore, avait été amoureux d'Anne Boleyn, fut presque élevé à la cour. En 1526, il accompagnait le diplomate Cheney à Paris, en 1527 l'ambasssadeurRussellkRome. En 1529-30, il était haut maréchal à Calais. Il avait repris ses relations avec Anne, et lorsque le roi s 'éprit d'elle, il l'en avertit, dit-on, et lui conseilla de ne pas l'épouser. En 1536, il fut emprisonné et témoigna dans le procès delà malheureuse reine. Relâché au bout d'un mois, il conserva toute la faveur du souverain et de son ministre Cromwell. En 1537, il fut envoyé en ambassade auprès de l'empereur. En 1539, il accompagnait l'empereur à Paris. Après l'exécution de Cromwell, son meilleur protecteur, il fut de nouveau emprisonné à la Tour : il réussit sans grand' peine à se tirer d'affaire et obtint même du roi un surcroît de faveurs. Wyatt élait très aimé. C'est l'un des hommes les plus cultivés de l'époque, et il était particulièrement versé dans les littératures étrangères. Ses poésies sont largement inspirées de la littérature française et de l'espagnole et aussi de l'italienne. Il a traduit plusieurs sonnets de Pétrarque. Il triomphe surtout dans la ballade et dans la satire où il manifeste beaucoup de vivacité : il est même le premier poète anglais qui ait cultivé ce genre avec succès. Il eut pour ami et pour disciple le malheureux comte de Surrey, dont les poésies ont été imprimées avec les siennes (Londres, 1557, 1815-16, 2 vol. in-4).
Son fils Thomas, né vers 1521, mortle 11 avr. 1554, le plus brave et le plus parfait gentilhomme de son temps, est bien connu par la part prépondérante qu'il prit à l'insurrection qui éclata à l'annonce du mariage de Marie avec Phihppe d'Espagne. Il souleva le Kent, gagna à sa cause les milices bourgeoises de Londres envoyées contre lui, remonta la Tamise, s'empara du pont de Kingston, passa le fleuve et se jeta sur la capitale. Mais Marie avait eu le temps de réunir des troupes qui le séparèrent du gros de son armée. Wyatt, resté avec une poignée d'hommes, tomba épuisé devant la porte de la ville. Il fut exécuté comme traître sur le Tower -Hill. R. S.
BiBL. : NoTT, Memoir of sir Thomas Wyatt, en tête de l'édition des Œuvres; Londres, 1855. — J. Proctor, Hist. of Wyatt's Rébellion ; Londres, 1555, in-t6. — Bapst, Deux Gentilshommes poètes de la cour de Henri VIII.
WYATT (Les), architectes anglais des xviii® et xix® siècles, appartenant à une famille originaire du Stafford-
WYATT - WYCLIFFE
shire. Le plus anciennement connu de tous, Benjamin^ qui vivait à Blackbrook, fit, avec le concours de plusieurs de ses fils, construire rinfirmerie générale de Stafford vers 1877. — 5awu^/, troisième fils de Benjamin, né à Blackbrook le 8 sept. 1737, mort le 8 févr. 1807 à Chelsea où, depuis 1792, il était architecte des travaux da grand hôpital. Fort nombreux sont les édifices et les projets dus à Samuel Wyatt qui, de plus, était un remarquable constructeur et un charpentiecde valeur. — James, frère du précédent et sixième fils de Benjamin, né à Burton~Cons table le 3 août 1746, mort le 5 sept. 1813 et enterré à l'abbaye de Westminster. Cet architecte, qui avait fait élever en 1770 le premier Panthéon de Londres, inauguré en 1772 et brûlé en 1791, succéda en 1796 à sir W.Chambers comme surveillant général et contrôleur des travaux du roi, fut en 1805 président de rAcadéaiie royale de Londres ; il est surtout célèbre par ses restaurations de plusieurs grandes cathédrales, de la tour centrale et de la chapelle de Henri Vil à Westminster, et par ses agrandissements de collèges à Oxford et à Cambridge et ses résidences de Frogmore, de Kew et de Whitehall. — Jeffry, fils de Samuel, né à Burton-sur-Trent le 3 août 1766, mort à Londres le 18 févr. 1810. Cet architecte fut chargé d'importants travaux de restauration et d'agrandissement au château de Windsor sous les rois Georges IV et Williams IV et sous la reine Victoria, travaux qui lui valurent d'être anobli sous le nom de Wyatville et d'être enterré dans la chapelle de ce château. — Benjamin- Dean, fiis aîné et élève de James, né à Londres en 1775, mort à Gamden Town le 18 sept. 1852. Après avoir beaucoup voyagé et été le secrétaire privé de sir A . Wellesley en Irlande et dans Unie, Benjarain-Dean succéda en 1813 à son père comme architecte de l'abbaye de Westminster; fit construire Clarence ou York-house, en collaboration avec B. Smirke et sir Ch. Barry; élever la colonne du duc d'York dans Carlton gardons, etc. — Thomas-Henry , fils aîné de Mathew Wyatt, avocat et petit-fils de Williams Wyatt, frère du premier Benjamin (V. plus haut), né à Rescommon le 9 mai 1807, mort à Londres le 5 août 1880, Thomas-Henry fut, de 1832 à 1861 , architecte du district de Saint- John's Hackney, forma de nombreux élèves, publia plusieurs mémoires et fut en 1870 président de l'Institut royal des architectes britanniques — Sir Matthew-Diyby, frère cadet du précédent, né à Rowde, près Devizes, le 20 juil. 1820, mort à Usk le 21 mai 1877, auteur d'un remarquable ouvrage intitulé The Géométrie Mosaiesof theMiddleAges{iS4!S in-fol.) et de plusieurs importantes études sur les arts industriels. Ch. Lucas.
WY8ICKI (Joseph), littérateuret homme d'Etat polonais, né en 1747 à Benomin, mort à Varsovie en 1822. Sa famille d'origine danoise (Wyben) s'était fixée vers 1549 en Pologne, aux environs deDantzig. C'est à Dantzig qu'il fit aussi ses études. A l'âge de vingt ans, il fut élu député à la diète, se rangea dans le parti des « patriotes », prit part à la confédération de Bar. En 1775 et 1776, il fit paraître les Idées politiques sur la liberté civile ; en 1777, Lettres à r ex-chancelier Zamoyski. Ces deux livres ont contribué à la préparation de la célèbre constitution du 3 mai 1791,. Wybicki combattit ensuite avec Kosciuszko (1794). Réfugié à Paris, il entra en relation avec le Directoire et réussit à faire accepter par celui-ci le projet de la formation des légions polonaises au service de la Répubhque. Il écrivit pour les légions la fameuse chanson: « La Pologne n'est pas encore morte» {Jeszcze Polska nie :^^me/a).r Napoléon le manda à Berlin avec Dombrowski (1806) et le consulta sur l'organisation du duché de Varsovie, dont il le nomma sénateur et voiévode. Après le désastre de 1812, le tsar Alexandre l^'^ lui laissa sa dignité, et l'éleva même au poste de président de la cour suprême de Varsovie. C'est à cette époque qu'il écrivit ses Mémoires très intéressants et ayant une valeur littéraire. Ils se terminent en l'an 1809.
Publiés en 1840 par le comte Raczynski, ils ont été réimprimés par Gubrynowicz et Schmidt {Bibliotekx Polska; Lwôw, 1881, t. XXni). V. BuGiEL.
BiBL. : Dan Y, les Idées politiques et l'Esprit public en Pologne à la fin du xviii» siècle; Paris. 1901.
WYGHERLEY (William), auteur dramatique anglais, né vers 1640, mort à Londres le 1^^' janv. 1716. Envoyé jeune en France, il y connut la célèbre M^^^ de Rambouillet devenue M"^*^ de Montausier, qui lui donnait le surnom amical de « petit huguenot ». Il avait déjà écrit deux pièces de théâtre : Love in a Wood, et Gentleman dancing master. Représentées en 1671 et 1673, ces deux comédies obtinrent un grand succès et valurent à l'heureux auteur les faveurs de la duchesse de Cleveland, la jolie maitrese de Charles II. Wycherley avait d'ailleurs cynisme de la cour, et il se plut, en réalité, à peindre, dans ses œuvres, le monde tel qu'il le voyait : séductions, intrigues crapuleuses, débauches intames, orgies, querelles, batailles avec le guet. Rien de plus brutal que ces peintures, si ce n'est la langue de l'auteur qui se targuait simplement d'être tout franc et tout rond. Aussi comprend-on que Milton ait prit Wycherley pour modèle de son Bélial, « cet esprit, le plus impudique qui soittombédes cieux, corrompu au point d'aimer le vice pour lui-même». Le premier comique anglais du temps pillait d'ailleurs imperturbablement Molière, notamment Y Ecole des femmes, dans la plus brillante et la plus indécente de ses productions, The Counlry Wife (iQl^) ; la Critique de V Ecole des femmes et le Misanthrope, dans The Plain dealer (1677). Vers 1679, il réussit à épouser secrètement une jeune et riche veuve, la comtesse de Drogheda, mais elle était horriblement jalouse et le rendit fort malheureux. En 1704, il publia un volume de mauvais vers, Miscellany Poems (in-fol. ), qui tomba à plat. En dépit de ses défauts, qui sont, après tout, ceux de son époque, en dépit de ses plagiats, Wycherley avait de telles qualités de mouvement et d'action, de vigueur et de clarté qu'il exerça une influence marquée sur l'évolution de l'art dramatique en Angleterre, et ses comédies sont pour l'histoire de la Restauration une mine de renseignements précieux. R. S.
BiBL. : Pack, Memoir of Wycherley, dans l'édition de Sics Œuores posthumes ; Londres, 1878. ~- Leigh Hunt, Notice bibliographique dans l'édition des Pièces de 'Wycherley, 1840 et 1849. — Macaulay, Essay on the comic dramatists ofthe Restoration.— Kletïe, W-Wycherley's Leben und dramatischeWerke; Miinster, 1883.— Taine, Histoire de la littérature anglaise. — De Grisy, la Comédie anglaise au xvii" siècle; Paris, 1878, in-12.
WYCLIFFE (John), célèbre théologien anglais, né vers 1324, mort à Lutter worth le 28 déc. 1384. On ne sait presque rien de ses origines. Il surgit brusquement de l'obscurité en 1366. Professeur au collège Balliol, à l'Université d'Oxford, il prend rapidement la première place parmi les savants du temps par la profondeur et la hardiesse de ses spé^culations philosophiques. Continuateur de Bradwardine, l'avocat de la prédestination, disciple d'Ockham, l'adversaire de la suprématie du pape, il était mince et débile, affaibli par l'étude et l'ascétisme. Mais il était doué d'une énergie persistante et d'un orgueil incommensurable. Il avait un réel talent d'invective, maniait finement l'ironie, possédant sur le peuple une action incomparable et il sut profiter à merveille des mécontentements soulevés par l'avidité et les exactions du haut clergé, par les vexations des cours ecclésiastiques, par la dissolution des hauts prélats et la bassesse des frères mendiants, aussi bien que par l'immoralité des classes dirigeantes et la débauche de la cour, pour engager ses plans de réforme. Dès 1370, il appuie le Parlement qui refuse de payer le tribut réclamé par le pape, et il approuve les mesures prises par le duc de Lancastre pour enlever aux évêques leurs bénétices et pour lever des impôts sur les terres de l'Eglise. En 13T6, il expose sa doctrine dans un traité célèbre, DeDominio divino, le royaume de Dieu. Dieu seul possède l'autorité dans le sens le plus élevé du mot; il en concède un
WYCLIFFE — WYCLIFFITES
part, sur diverses parties de son royaume, à des gouverneurs et non pas à un homme seulement, son vicaire sur la terre, le pape. Le pouvoir royal est donc aussi sacré que le pouvoir ecclésiastique. De plus, chaque chrétien individuellement recevait aussi de Dieu une part d'autorité : et tout en étant soumis au roi et au prêtre, il dépend directement de Dieu. Etablissant ainsi des relations directes entre l'homme et Dieu, Wycliflé renversait tout l'échafaudage élevé par l'Eglise du moyen âge qui prétendait que sa médiation était nécessaire entre l'homme et Dieu. Certaines conséquences de ces théories hardies frappèrent d'abord le clergé, notamment l'a&sujettissement à la couronne que Wyclifi'e entendait lui imposer pour les choses temporelles. Accusé d'hérésie, le réformateur fut traduit, en d377, devant la cour ecclésiastique de Saint- Paul. Le duc de Lancastre voulut y paraître à ses côtés. La discussion dégénéra vite en violences furieuses. Lancastre menaçait Courtenay, levêque de Londres, de le traîner dans les rues par les cheveux, et les prélats faillirent assassiner Wycliffe délivré par l'intervention opportune de la populace de Londres. Les évèques obtinrent alors du pape des bulles sommant l'Université de l'arrêter et de le condamner. Wycliffe répondit par un pamphlet où il déclarait qu'aucun homme ne pouvait être excommunié par le pape s'il ne s'était déjà excommunié lui-même. Il ajoutait que les ecclésiastiques devaient être soumis aux tribunaux civils, ce qui lui valut l'appui de la Couronne. On le convoqua à la chapelle de Lambeth. Il y comparut, mais le roi ordonna de supprimer ce procès et, plus expéditif encore, le peuple de Londres envahit le tribunal et le dispersa. De hardiesse en hardiesse, Wycliffe en vint à nier le dogme fondamental de la transsubstantiation (4381). Aux premiers moments, ses alliés les plus fidèles s'épouvantèrent de son audace. L'Université, où il avait eu jusque-là une influence dominante, le condamna, et cette condamnation fut lue publiquement. Jean de Gand, qui l'avait toujours soutenu, lui ordonna le silence. D'abord atterré, Wycliffe se ressaisit. Il fit une profession publique de ses doctrines, sans en rien retrancher, et il la termina par ces fières paroles : « Ma conviction est qu'à la fin la vérité triomphera ». Bien mieux, il en appela à la nation, et pour lui parler, il usa, dans ses traités, de la langue même qu'elle parlait. Il créa ainsi la prose anglaise moderne. Après avoir attaqué et détruit par ses sarcastiques véhémences tout l'arsenal de la piété catholique : pardons, indulgences, absolutions, pèlerinages, culte des saints, il inaugura le grand mouvement de révolte qui devait, plus tard, établir la liberté religieuse, en déclarant que la Bible est la seule base de la foi et que tout homme instruit a le droit de l'étudier pour son propre compte. La doctrine nouvelle se répandit avec une telle rapidité que l'Eglise connut une véritable panique. Un concile réuni à Blackfriars (1382) jugea 24 propositions tirées des ouvrages de Wycliffe et les condamna. Cette condamnation ne fit qu'activer le prosélytisme des partisans de Wycliffe qu'on appelait les lollards et, lorsqu'ils eurent été écrasés, grâce à l'énergie du primat Courtenay appuyé par la Couronne, on n'osa rien faire contre leur chef qui continuait à fustiger de ses ironies les hauts prélats. « Puisqu'ils ont fait un hérétique de Christ, il n'est pas difficile de faire passer de simples chrétiens comme tels. » Il pétitionna auprès du roi et du Parlement, demandant qu'on lui permît de prouver en toute liberté les doctrines qu'il avait avancées et qu'on lui accordât le droit de les enseigner. Expulsé d'Oxford (1383), il se retira àLutterworth, où il travailla à cette traduction de la Bible connue sous le nom de Bible deWycliffe, arme terrible qui devait, entre les mains de ses successeurs, porter un dernier coupàla hiérarchie ecclésiastique. Sommé parle pape de comparaître devant la curie, il répondit : « Je suis toujours heureux d'exposer ma foi à qui que ce soit et par-dessus tout à l'évêque de Rome, car je suis assuré
que, si elle est orthodoxe, il la confirmera, que, si elle est erronée, il la redressera. Je suis certain aussi que, comme vicaire de Clirist sur la terre, l'évêque de Rome est de tous les hommes mortels celui qui est le plus attaché à la loi de l'évangile de Christ, car, parmi les disciples de Christ, la majoriténe dépend pascommcdans le monde du nombre des individus, mais de leur degré de perfection dans l'imitation de leur Maître. Or Christ, durant sa vie sur la terre, fut de tous les hommes le plus pauvre, refusant pour lui toute autorité séculière. Je déduis de ces prémisses et donne comme simple conseil que le pape devrait abandonner tout pouvoir temporel aux autorités civiles et engager son clergé à faire de même.» Ce furent là ses derniers sarcasmes. Epuisé de fatigue, ayant usé toutes ses énergies dans une lutte sans trêve, il fut frappé de paralysie pendant qu'il écoutait la messe dans son église de Lutter wortli et s'éteignit doucement. Les écrits du grand précurseur de la Réforme sont nombreux et importants, une société spéciale (Wyclif Society) en a entrepris la réédition complète. Citons : Trialogus (nouv. éd. par Lechler, Augsbourg, 1869) ; Deotio et mendacitate ; De of'fwio pastoriali (1863); De Christo et suo advenario antichristo (éd. de Buddensieg. Gotha, 1880); Tractatus de Ecclesia (éd. de Loserth, Londres, 1886) ; The holij Bible (Oxford, 1850, 4 vol.); English Works (éd. de Mathevv, Londres, 1880); Sermonrs (1887, 4 vol.). R. S.
BiuL. : Lebensbeschreibung J. Wïclcfs ; Nuremberg. 154G, in-8. — James, Apology for J. Wycliffe; Oxford, 1608, in-4. — J. Lewis, Ilisiory of the life and sufferings^ of Wicleff; Londres, 1720, in-8. — Wirth, Nachrichten von J. Wiclef's Leben, Lehrsâtzen imd S chriften ; Ba,yreuth, 175 1, iii-4. — W. Gilpin, Live ofJ. Wiclef and'of the most eminent of his disciples ; Londres, 1763, in-8. -— ZiTTE, Lebensbeschreibung der engtischen Reformalors J. Wiclef ; Prague, 1786, in-8. — R. Vaughan, Life and opinion ofJ. de Wicliffe; Londres, 1828. in-8. — F. Vincens, Wiclef^thèse historique ; Montauban, 1848, in-8. — CouTHAUD, Biographie de Wicliff; Strasbourg, 1852, in-8.
— Lechler, J. von Wicliff und die Vorgeschichle der Reformation ; Leipzig, 1873, 2 vol. — Buddensieg, Wicliffe und seine Zeit ; Halle, 1885. — Vattier, John Wicliff ; Paris, 1886.— Loserth, Huss und Wicliff ; Prague, 1884. — Fasciculi Zizaniorum, éd. Shirley ,• Londres, 1858.
— PooLE, Wycliff andmovements for Reform ; Londres, 1889. — Buddensieg, Wyclif as Patriot and Reformer ; Londres, 1881. ~ Sargeant, J. Wyclif last of the Schoolmen and first of the english Reformers ; New York, 1893. — Trevelyax, Age of Wycliffe, 1898.
WYCLIFFITES. Pour répandre sa doctrine, Wycliife avait institué un ordre de prédicateurs pauvres, « les simples prêtres », qui, vêtus de longues robes rousses, prêchaient dans les campagnes. Grâce à leurs efforts, grâce à ceux de disciples de mentalité plus relevée, les partisans de WyclitFe abondèrent bientôt dans toutes les classes de la société. L'Eglise orthodoxe les baptisa du nom de « lollards », les habilleurs, nom qui avait été donné déjà à des sectes étrangères (V. Lollahd). Les principaux wydiffites furent Nicolas Herford, Repyngdon, Wiliiam James, John Purvey, AVilliam Thorpe, J. Horn. L'Université d'Oxford fut le centre d'où « l'hérésie » rayonna partout. Ecrasée à Oxford même par lalhancede l'Eglise orthodoxe et de la Couronne, le wycliffisme ne cessa de fermenter dans les couches populaires. Les femmes elles-mêmes se mirent à prêcher en faveur delà nouvelle secte. Des nobles, lecomtedeSalisbury, sir John Oldcastre ouvrirent aux lollards leurs châteaux. On les persécuta, on les engloba dans la répression de la révolte des paysans, ils n'en devinrent que plus fanatiques, et, en 1395, ils dénonçaient dans une pétition au Parlement les richesses du clergé, déclaraient ne pas croire à la transsubstantiation, au sacerdoce des prêtres, au culte des images, etc. Henri IV agit terriblement à leur égard, autorisant les évèques à les arrêter sur une simple rumeur publique et à les condamner à la prison (1401), leur confiant l'exécution des « ordonnances des hérétiques », par lesquelles ils pouvaient livrer au bûcher tous les lollards qui refuseraient de se soumettre.
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WYCLIFFITES — WYTTENBACH
Ils se révoltèrent en 1414, faillirent s'emparer de Londres. La répression se iit plus sanguinaire : lord Cobham, enchaîné, fut suspendu vivant au-dessus d'un feu qui brûlait lentement (1418). R. S.
BiiJL.: Antoine Varillap:, Histoiy^e du Wiclefianisme ; Lyon, 1682, in-I2. — Louis Maimbourg, Histoire du Wi~ cie/iamsîne ; La Haye, 1683, in-12.— P.-M. Grassi, Narratio historica de ortii ac progressu hœresium J. Wiclefi. 1707, in-fol. — LosERTH, Hus und Wiclif; Prague, 1884.— Fascicull Zizaniorum; Londres, 1858, éd. Shirley.
WYCOMBE. Ville d'Angleterre (V. Chipping-Wycombe).
WYE. Fleuve de Grande-Bretagne (V. ce mot, p. 157).
VVYLDER. Com. du dép. du Nord, arr. de Dunkerque, cant. de Bergues; 297 hab.
WYNANTS (Etienne), philologue hollandais (V. Pighius).
WYNANTS (Jan), peintre hollandais, né à Haarlem, avant 1619, mort probablement à Amsterdam après le 18 août 1682. Les tableaux datés de Wynants sont compris entre 1641 et 1 679. C'est donc à celui-ci, très probablement, que revient l'honneur d'avoir introduit dans le paysage les dunes voisines de Haarlem, d'en avoir le premier aimé et fidèlement traduit dans leur blonde harmonie les sables gris ou dorés par le soleil, les arbres aux feuillages pâles, les ciels voilés de légères gazes de vapeurs. Il a repris jusqu'au dernier jour, sans fatigue visible, ce motif inépuisable dans son apparente monotonie. Il mettait dans l'exécution des éboulis de sable, des troncs d'arbre, des plaques de mousse, des touffes d'herbe, une étonnante sincérité, un peu trop minutieuse au point de vue de l'impression d'ensemble, mais, par là même, accessible au goût da plus grand nombre. Il n'en reste pas moins un des plus remarquables paysagistes de la Hollande. Ses tableaux, étotfés de figures d'abord par Wouwerman à Haarlem, puis, à Amsterdam, par son autre élève Adr. van de Yeldes et par Lingelbach, sont au nombre d'environ deux cents. Toutes les grandes galeries en possèdent un ou plusieurs. E. Durand-Gréville.
BiBL. : A. Bredius, les Chefs-d'œuvre du musée royal d'Amsterdam^ trad. par E. Michel.
WYNDHAM-QuiN, homme politique anglais (V. Quin).
WYNTOUN (André de), historien écossais, né vers 1350, mort vers 1420. Chanoine de Saint-André, prieur de Saint-Serf, il a laissé une chronique versifiée de l'histoire d'Ecosse, intitulée The Original. Elle commence à l'origine du monde et se termine à l'avènement de Jacques P^ en 1406. C'est un des monuments historiques les plus précieux, l'auteur ayant soin de citer ses témoignages et de se montrer aussi scrupuleux que possible pour la chronologie. Publiée pour la première fois par Macpherson en 1795, elle a été rééditée en 1872 par David Laing et en 1879 par Paterson. R. S.
WYO Ml N G. L'un des Etats Unis de l'Amérique du Nord ; 253.530 kil. q.; 92.531 hab. en 1900. Il n'en avait que 20.789 en 1880 et 60.705 en 1890, dont un tiers de femmes. Compris entre 41 « et 45« lat. N., 106*>,20 et 113°, 20 long. 0., il confine au N. au Montana, à l'E. au Dakota du Sud et au Nebraska, au S. au Colorado, au S.-O. à rUtah, à l'O. à l'Idaho. Il est découpé dans les Montagnes Rocheuses, dont il renferme le pic Frémont (4.200 m.) et le pic Wyoming (3.390 m.), les monts Laramie dominant à l'E. la plaine de ce nom ; à la frontière N.-E. s'élèvent les Black-liills; à l'angle N.-O. est le fameux parc national de Yellowstone (V. ce mot et Etats-Unis, t. XVI, p. 537). Le sol est formé de roches archéennes, flanquées de dépôts jurassiques. Le climat est relativement tempéré, quoique plus de 8.500 kil. q. dépassent l'ait, de 3.000 m. Les eaux s'écoulent au S.-E.
par la Rivière Platte, au N. par des affluents du Yellowstone (tributaire du Missouri), Powder, Big-horn; au N.-O. par le Snake-river, affluent de l'Orégon, au S.-O. par le Green, affluent du Colorado. Le développement considérable des canaux d'irrigation a mis en valeur 1 million d'hect. cultivés en prairies, avoine, pommes de terre. L'élevage est prospère : on compte environ 300.000 bœufs et 1.500.000 moutons. Le gibier abonde. On extrait du sol 3 millions de tonnes de lignite et de houille, un peu d'huile minérale. L'Etat est traversé par le chem. de fer Union Pacific (V. Etats-Unis) et possède quelques lignes secondaires. Il est divisé en treize comtés; la capitale est Cheyenne, les autres villes notables : Laramie (Université d'Etat), Rock-Springs, Rawlins et Douglas. La constitution donne, depuis 1870, le droit de vote aux femmes. L'enseignement primaire est public et obligatoire. Le Wyoming a fait partie de la Louisiane, puis de l'ïowa ; organisé en territoire district en 1868, il le fut en Etat le lOjuil. 1890.
BiBL. : IL Bancroft, Hlst. of Wyoming; San-Francisco, 1890,
WYSOKA (Mont) (V. Karpates).
WYSS (Georges de), historien suisse, né à Zurich le 31 mars 1816, mort à Zurich le 17 déc. 1893. Il fit de sérieuses études scientifiques et littéraires à Zurich, Genève, Berlin, Paris et Gœttingue. Rentré à Zurich, il entra dans la vie publique comme journaliste, puis comme député et fonctionnaire. Le parti radical le congédia en 1847, et il rentra dans la vie privée, se consacrant désormais aux sciences historiques. Plus tard, il entra au Grand Conseil où il fut trente-cinq ans le chef du groupe conservateur. R devint privat-dozentà l'Université de Zurich dès 1850, puis professeur en titre jusqu'en 1893. Il fut président de la Société d'histoire suisse, de 1854 à sa mort. Principaux ouvrages : Histoire de l'abbaye du Fraumunster de Zurich, qui fonda sa réputation, et d'importantes recherches concernant l'histoire des xiii^ et xrv*^ siècles. Sa méthode historique était rigoureusement scientifique. La liste de ses travaux remplirait au moins deux colonnes : on la trouvera dans Y Indicateur de r histoire suisse (1894, pp. 140 à i 43). K.
WYTTENBACH (Daniel), philologue hollandais, né à Berne le 7 août 1746, mort à Oesgeestle 17 janv. 1820. Fils de Daniel Wyttenbach pasteur à Berne, mort professeur à Marbourg, il étudia la philologie à Marbourg et à Gœttingue, publia une Epistola critica super nonnulis locis ./w/mm (Gœttingue, 1769, in-8), qui fut remarquée dans le monde savant et lui valut d'être appelé à professer la littérature grecque à l'Athénée d'Amsterdam. Il succéda ensuite au célèbre helléniste Ruhnken (V. ce nom) dans sa chaire de philologie de l'Université de Leyde, et attira un grand nombre d'étudiants étrangers par l'éclat de son enseignement. Outre de nombreuses et savantes éditions d'auteurs classiques, Wyttenbach a publié des travaux très importants, dont voici les principaux : Index grœcitatis (Oxford, 1810, 2 vol. in-8; 3^ éd., Paris, 1841-55,5 voL in-8); Yita Ruhnkenii (Leyde, 1799, in-8 ; 3« éd., Fribourg, 1846) ; Bibliotheca critica (Leyde, 1777-1806, 13 vol. in-8). — Sa femme, née Johanna Gallien{f 1830), qui l'épousa dans sa soixante-douzième année, vécut a Paris après la mort de son mari ; elle a publié : Théagène (1815); Alexis (roman, 1832), etc.
BiBL. : Mahne, Vita D. Wyttenbachii; Gand, 1823, in-8.
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\. Initiale zoomorphe mérovingienne, yii^ siècle.