‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 588 sur 633 · Ms. flamand, xiy^ siècle · texte numérisé non relu

Ms. flamand, xiy^ siècle

9. Ms. de la compilation hist. de Gilles de Ponloise(1317) 10. Grande lettre ornée du xv® siècle.

il. Gothique de chœur (Mont-Cassin), xyi^ siècle. 12. Bible de Wittemberg, xvi« siècle.

X. I. Phonétique. — Vingt-troisième lettre (consonne) de l'alphabet latin. Ux latin est identique à tous égards au ^ grec, c.-à-d. à la gutturale forte qu'on a l'habitude de considérer comme complexe (x -+- a ou c + s) , bien que, dans la grande majorité des cas, rien ne justifie une semblable analyse et prouve que les prétendues parties composantes du Ç aient jamais été séparées et distinctes. Il est infiniment plus probable qu'on a là l'état fort primitif d'un son gutturalo-sifflant dont l'usure a donné naissance, d'une part, à a par l'intermédiaire ac, et d'autre part, à X et à y. par l'intermédiaire x'i^ *'^>'-- La première de ces réductions se voit dans âvàaci-to « régner », auprès de ava^ « prince » et la seconde dans wxuç pour *(I)xxu; « rapide » auprès de oÇu;, même sens, etc. Une autre modification fréquente du ^ et du x est celle que figure le groupe XT, et, dans le génitif àvaxx-o; auprès de avaÇ et dans le radical latin plect àms plecto « frapper», auprès du grec -ttXtjÇ « qui frappe », etc.

Le latin n'a conservé le x qu'à la fin des mots comme dans feroXy lex, rex, pernix, etc., ou à la fin des radicaux ; ex. : ax-is, max-imus, sax-um, etc. A l'initiale, X est devenu s par l'intermédiaire ss comme dans sex « six » pour *xex, cf. zend kshwas, même sens. Le même phénomène peut se produire à la finale, ainsi qu'on le voit par clavis « clé » pour *clavix auprès du grec (dorien) xXa^, même sens, q%\q àhvhk clavic-ula ; vulpes « renard » pour *vulpex, auprès du gr. aXf»S7uriÇ et du dérivé vulpec-ula; ver mis « vers » pour *vermix, auprès du gr. ï'kyLiy^^ même sens, et du dérivé verniiculuSy etc. Les Grecs orientaux ont conservé leur Ç avec sa place, la 45® dans l'alphabet; mais les Grecs occidentaux ne l'ont gardé que comme signe numéral (z= 60), et lui ont substitué en écriture, pour exprimer le son ks, leur x, lequel passa avec ce sens dans l'alphabet latin. Toutefois comme signe numéral il y signifie 10, abréviation de denarius.

En italien, le x latin médiat a partout cédé la place à son substitut aMbli ss. Ex. :massimo=i lat. maximus, sasso = lat. saxum, etc.

En espagnol, on écrivait autrefois x pour le son c/i, qui s'orthographie aujourd'hui j (Mejico au lieu de Mexico, Jerez au lieu de Xeres),

En français, même modification dans la prononciation de X au sein des noms de lieux comme Auxonne prononcé "Aussonne, Vellexon prononcé *VeWsson, etc.

Abusivement, dans cette même langue, x est employé

pour s ,• au pluriel des mots en al, comme chevaux pour *chevaus, auprès du singulier cheval, oiseaux, vitraux, etc.

En français encore, la combinaison d'une gutturale, terminant un radical, avec le s du pluriel est figuré par x dans les feux (cf. rad. lat. foc), les jeux (cf. rad. lat. joc bijoux dans lesjow/oit^),etc.Le x àedoux (auprès du rad. lat. dulc) peut s'expliquer de la même façon pour le pluriel; et même pour le singulier, par le nominatif sing. dulc's pour dulcis. D'autre part, le groupe latin se dans fascis (cf. fr. chaux, auprès du lat. calx) donne le x du singulier et du pluriel dans le fr. faix ; de là peut-être et analogiquement le x du sing. et du plur. de paix. De là aussi, le sing. terminé par x des adjectifs en eux comme généreux où le x du plur. représente le s du lat. os[us) dans generosus, etc. ; cf., mais au sing. seulement, le X dans les aveux, les cheveux, les neveux, appelé à ce qu'il semble, par l'analogie du son désinentiel avec celui des adj. en eux.

Pareillement, le x du sing. et du plur. du fr. faux, auprès du lat. faix, s'explique par le ^ final de celui-ci, alors que l'analogie a pu intervenir pour attribuer la même physionomie orthographique à l'adj. faux correspondant au lat. falsus. Enfin, et comme ici, mais en ce qui regarde uniquement le pluriel, l'analogie avec faux (substantif) a pu entraîner au point de vue orthographique le pluriel en aux des mots en al, tel que les chevaux, auprès de le cheval Qi des adjectifs en mw, comme nouveaux {^\m:.)^ auprès àenoiiveau (sing.). Paul Regnaud.

II. Paléographie. — Le caractère phénicien dérivé de l'écriture hiératique égyptienne (un crible) a donné diverses formes qui ont été les prototypes de trois lettres grecques : H (ri), S (^) et X (x). C'est cette dernière forme qui a produit l'X latin.

Dans les proportions classiques de l'antiquité, les deux barres de l'X doivent former les deux diagonales d'un rectangle allongé dans le sens de la hauteur. La première diagonale est généralement un peu plus épaisse que la seconde. La seconde diagonale se réduit souvent à une simple ligne très fine, surtout dans les écritures du moyen âge (fig. du tabl. du xv® siècle). La seconde barre est aussi presque toujours prolongée vers la gauche, et descend au-dessous de la ligne de l'écriture. Cette seconde barre est quelquefois tracée en deux traits discontinus (fig. du viii^ siècle).

Dans la cursive, la première barre de l'X est reliée à

i. ORIGINE ET DÉRIVATION DE L'X LATIN

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