‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 59 sur 633 · BATTERIE DE · texte numérisé non relu

BATTERIE DE

Pièce de droite N?l

canon, on modifie l'angle de tir de façon à faire changer le sens de ce ^^^^^ v^^.

coup : c'est ce j^^T^ 1 — ^u/^^^r-\

qu'on appelle r fnire un bond.

Le but étant encadré, on resserre l'encadrement en divisant le bond en deux parties égales et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on obtienne deux coups encadrant le but et dont les hausses diffèrent d'une fourchette. La fourchette

Planchette avec courbes de chute.

TIR

est en général égale à deux ou trois écarts probables ; quant au bond, il est généralement de quatre fourchettes ou huit écarts probables. — L'opération précédente constitue le tir d'essai ; le tir d'ensemble s'exécute dès que la fourchette est obtenue et vérifiée, il s'exécute par séries de coups tirés avec la même hausse et a pour but de modifier convenablement remplacement du point moyen, suivant la proportion des coups courts et longs qu'on obtient. Le réglage du tir en direction s'exécute en faisant varier la dérive ou l'écartement de colliers. — Quant au tir fusant^ son réglage a pour but d'amener les projectiles à éclater à une hauteur au-dessus du but , telle que l'efficacité soit maximum .

Cette hauteur est vue de la pièce sous un angle qui varie de 2,5 à 12 millièmes, suivant le genre de tir et le canon qu'on emploie. On l'appelle hauteur-type.

Transport de tir. — Dans certains cas, il n'est pas possible de régler le tir directement sur l'objectif, soit que celui-ci soit invisible, soit qu'il y ait intérêt à le surprendre ; on règle alors le tir sur un but auxiliaire, puis, le tir réglé, on détermine les corrections à apporter à l'angle de tir, à la dérive et à l'évent pour transporter les points d'éclatement sur le but qu'on veut battre.

Organisation du tir. — Dans les places fortes, les batteries étant construites dès le temps de paix, on peut re-

Règle à curseur

pérer aussi exactement que possible leurs emplacements et les emplacements probables que viendraient occuper les batteries ennemies et les points probables de l'attaque ; aussi peut-on organiser le tir des batteries de place dès le temps de . paix. Cette organisation est basée sur l'emploi des planchettes de tir; ce sont des cartes au 20.000® sur lesquelles on a placé un pivot qui occupe la place exacte de la pièce pour laquelle est faite la planchette. Sur cette planchette sont tracées des courbes ài'égal angle de chute y intersection du terrain avec la surface formée par les diverses trajectoires tournant autour de la verticale de la pièce.

Ces courbes de chute sont tracées de 30 minutes en 30 minutes et portent la valeur de l'angle de tir correspondant. Sil'on reporte sur la carte le point représentant l'objectif, ce point tombera entre deux courbes de chute, et l'on pourra par interpolation déterminer la courbe de chute sur laquelle il est situé et par conséquent l'angle de tir.

Ces planchettes étaient trèslongues [et très fastidieuses à confectionner, aussi préfère-t-on maintenant n'y plus porter les courbes de chute ; les éléments initiaux de tir se déterminent, soit à l'aide des tables de tir, soit à l'aide de la règle à curseur. Sur cette règle, dont l'un des bords a la forme de la projection horizontale de la trajectoire, sont marquées les projections verticales des trajectoires correspondantes aux angles de tir sous lesquels le canon peut tirer, le curseur est fixé à une division qui représente l'altitude de la pièce. Sur le bord de la planchette est fixé un secteur gradué des deux côtés d'un point central et donnant les écartements de colliers correspondants aux

Règle droite.

repères de droite et de gauche. Quand on emploie la règle droite, il faut apporter au nombre lu la correction de la dérivation, les tables de tir donnent les renseignements nécessaires; quand on emploie la règle à curseur, ie nombre lu est corrigé de la dérivation. Dans les batteries dont toutes les pièces ont la même directrice, il n'est établi qu'une planchette quand cette batterie ne comporte pas plus de six pièces ; dans le cas contraire, il en est établi une par fractions de six pièces ; les pièces qui n'ont pas de planchette possèdent un carton de correction donnant les modifications à apporter aux écartements de colliers de la pièce pourvue d'une planchette, pour avoir les éléments du pointage en direction de chacune des autres pièces. Avec la règle droite, la correction d'angle de site est donnée par les tables de tir; avec la règle à curseur, l'angle de tir lu sur la règle est corrigé de l'angle de site.

Observation du tir. Pour découvrir les emplacements de l'ennemi et pour observer le tir, on établit des obser^ vatoires qui sont reliés téléphoniquement, soit avec des batteries, soit avec les commandants d'artillerie de groupe ou de secteurs. Ces observatoires sont repérés sur le terrain. Les observateurs sont munis d'un triangle de visée dont les indications sont reportées sur la planchette à l'aide d'un rapporteur triangulaire par le commandant de la batterie.

Une armée de siège qui investit une place forte procède également à l'organisation du tir de ses batteries, mais

Rapporteur.

comme cette armée ne possède sur le terrain que des renseignements en général peu précis, cette organisation sera toujours plus rudimentaire que celle du tir de place. Elle est basée également sur TétabUssement d'un lever àFéchelle du 20.000^ en général. Sur ce lever on portera un certain nombre de points particuliers qui permettront d'orien-

ter les triangles de visée des observateurs et de reporter leurs indications sur la planchette.

Propriétés balistiques des fusils. Les fusils actuellement en service dans les différentes armées européennes et grandes puissances des autres pays sont des armes de petit calibre, à répétition (V. Fustl, Mousqueton); le calibre varie de 6 millim. (Amérique) à 8 millim. (France, Autriche, Danemark, Portugal). La balle possède une grande vitesse initiale, et sa forme est calculée de manière à ce qu'elle conserve longtemps sa vitesse en n'offrant que peu de prise à la résistance de Tair ; les vitesses initiales varient de 787 m. (Amérique) à 530 m. (Portugal) ; en France, la balle du fusil modèle 4886 possède une vitesse initiale de 630 m. La portée efficace de la plupart des armes en service est d'environ 3.000 m., c.-à-d. qu'à cette distance, la balle possède encore une vitesse suffisante pour mettre un homme hors de combat. L'écart probable en hauteur à 200 m. varie de 5^"^,7 à 7 centim., à 600 m., de 45 à 22 centim.

Ecole régimentaire de tir. — Dans les régiments d'infanterie, l'école régimentaire de tir a pour objet l'instruction théorique et pratique des cadres. Dans chaque compagnie, le capitaine désigne un officier pour diriger l'instruction des sous -officiers et caporaux en ce qui concerne le tir; cet officier est secondé dans son service par le sergent de tir. Dans chaque régiment, un capitaine de tir est chargé de l'entretien et de la construction du matériel de tir, de l'appropriation et de la police générale des champs de tir. Il a sous ses ordres un lieutenant par bataillon et un sous-officier par compagnie. Les officiers de tir assistent à tous les tirs des compagnies de leur bataillon.

Champ de tir (V.

Champ).

IL Chasse.— Le tir de chasse diffère, en plusieurs points essentiels, du tir à la cible. Outre que le but, toujours mobile, se présente, d'ordinaire, au tireur de façon inopinée et ne demeure à sa portée qu'un temps relativement très court, les fusils de chasse (V. Fusil, t. XVIII, p. 309), qui tirent le plus souvent à plomb (V. Châsse, t. X, p. 846), sont loin d'avoir la précision des armes de guerre ou des carabines, et ces inconvénients ne sont qu'imparfaitement rachetés par l'éparpillement de la charge, laquelle couvre un assez large espace. Il faut donc au chasseur plus de sang- froid et d'adresse encore qu'au tireur à la cible. Il lui faut surtout, au départ du gibier, maîtriser rapidement l'émotion qui gagne alors les plus expérimentés et attendre, en tout cas, pour presser sur la détente, que le calme lui soit revenu : le but sera un peu plus loin, mais le coup, mieux assuré, sera toujours meilleur. En règle générale, on doit d'abord, dès que le gibier part, bien se rendre compte de sa distance et de la direction qu'il prend. En même temps, on épaule et on le suit lentement, posément, avec le canon de l'arme, en le visant en plein corps (but en blanc) si la distance n'est pas supérieure à 25 m., un peu haut si elle est de 25 à 45 m., ce qui constitue encore une bonne portée. Au-dessus de 45 à 50 m., les chances de l'atteindre deviennent rares, si bon tireur qu'on soit ; les coups obliques peuvent toutefois être habituellement tirés de plus loin que les coups droits. Le tir au lièvre et au |

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