‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 60 sur 633 · TIR — TIRABOSCHI · texte numérisé non relu

TIR — TIRABOSCHI

lapin est le plus facile. Le chasseur vise l'animal entre les deux oreilles s'il fuit directement devant lui, entre les pattes de devant s'il vient sur lui, au nez s'il passe de travers. En plaine, il n'a pas besoin de se presser; sous bois ou dans les broussailles, il doit faire vivement partir le coup, car le gibier n'est en général visible que quelques instants, et il faut même souvent tirer au jugé après qu'il a disparu. Le tir au gibier à plumes ou tir au vol est plus difficile et comporte quelques règles spéciales. Lorsqu'une pièce part à portée, il faut jeter vivement en avant son arme, tenue à la poignée et au fût au-dessus des platines, comme si on voulait la lui lancer, puis la ramener lestement à l'épaule en levant les deux coudes et tâcher de couvrir la pièce avec le guidon. Si l'on y arrive promptement et du premier coup, on peut tirer : il y a des chances pour que le gibier tombe. S'il n'est pas au bout du canon, on le cherche et on l'y amène sans se presser ; s'il monte, on tire un peu haut ; s'il descend, un peu bas. S'il traverse de droite à gauche ou de gauche à droite, on fait marcher le bout du canon dans le même sens et on prend bien soin de ne pas arrêter le mouvement pendant qu'on presse sur la détente, car, pour peu qu'on marque un temps d'arrêt, le plomb va, on le conçoit, frapper en arrière. Celui-ci ne couvre guère, en effet, aux distances auxquelles, d'habitude, on tire, qu'un cercle de 0'^,80 environ de diamètre.

BiBL. : Balistique. — Cours de l'Ecole d'application de l'artillerie et du génie : Balistique extérieure^ Probabilité du tir, Tables de tir,Tir de siège.

— Règlement sur le service des bouches à feu de siège et de place (!••« partie, 6 avr. 1889; 3« partie du 4 juin 1892).

— Règlement sur le service des bouches à feu de côte du 28 juil. 189^; Manuel de tir de siège^ Manuel de tir de côte; Note explicative sur les instruments et procédés employés dans le tir de côte (25 juin 1894). — Colonel SiACCi (de l'armée italienne), Traités de balistique.— De Saint-Robert, Du Mouvement des projectiles oblongs^ dans Revue d'artillerie. — Mémorial de l'artillerie de marine. Rapports divers des commissions d'expériences de Bourges^ de

Triangle de visée. Calais et de Gâvres.— Rè-

glement sur l'instruction du tir (22 mai 1895).

TIRABOSCHI (Girolamo), historien et littérateur italien, né à Rergame le 18 déc. 4731, mort à Modène le 4 juin 1794. Elève des jésuites de sa ville natale, il en revêtit l'habit et fut envoyé comme professeur dans leur collège de B rescia. En 1770, le duc de Modène, François III, le nomma son bibliothécaire, comme successeur de Muratori ; il passa sa vie dans ces fonctions. Travailleur infatigable, d'une érudition très vaste, il publia des œuvres qui ont eu une importance capitale dans l'histoire littéraire de l'Italie ; on peut lui reprocher un certain défaut de critique, un style parfois peu élégant ; on consulte encore souvent son chef-d'œuvre : la Storica delta letteratura italiana (Modène, 1772-81, 13 vol.; la meilleure édition est celle de 1822-26, publiée à Milan en 16 vol.). Elle va des origines à l'année 1700. Tiraboschi avait publié auparavant les Vetera Humiliatorum monumenta (1766). Ensuite il publia, sous le titre de Bibliotheca modenese (1781-86), la bibliographie de Modène, à laquelle firent suite les Mentor ie storiche modenesi et le Codice diplomatico illustrato con note. On possède encore de lui un mémoire, Sui primi promotori del sistema copernicano, où il défend Galilée.

TIRABOSCHl — TIRANT

BiBL. : Lettere di Girolamo Tiraboschi al padre Ireneo Affù, publiées par Carlo Frati ; Modéne, 1894-95, 2 vol.

TIRADE. I. ThéAtre. — Morceau à effet qu'un personnage débite sans èive interrompu, dans la tragédie ou le drame ; la tirade est placée dans la bouche d'un personnage qui est censé s'adresser aux autres personnages en scène, tandis que le monologue est prononcé par un personnage seul en scène, qui se parle lui-même. Une des tirades les plus célèbres au théâtre est celle placée dans la bouche de Camille lorsqu'elle prononce ses imprécations dans les Horaces de Corneille. On a fait souvent abus de la tirade, et beaucoup d'écrivains en ont profité pour intercaler dans le cours des scènes, lorsqu'un mot tel que « misère», « vertu », «patrie » se présente par hasard, un petit morceau à effet prêt d'avance et tout plein de lieux communs ; ce n'est alors qu'une sorte de conversation entre l'auteur et le public, à laquelle les personnages de la pièce ne servent que de prétexte. Il est rare que la tirade soit utile à l'action qu'elle ralentit : on peut cependant citer le récit de Théramène, dans la Phèdre de Racine, qui sert de dénouement à la tragédie. 11 faut ajouter que le public applaudit volontiers les tirades, morceaux à effet, qui font valoir le talent de l'auteur et les qualités de diction de l'acteur. Shakespeare a fait un grand usage de la tirade, ainsi que le théâtre lyrique allemand; dans la comédie, la tirade sert à développer la leçon morale que contient la pièce.

II. Musique. — C'est un ancien terme usité autrefois pour désigner un trait de chant particulier qui consistait à remplir un intervalle disjoint, sixte par exemple ou octave, de toutes les notes diatoniques qui le remplissent. C'est, en somme, un fragment de gamme. Si ces notes intermédiaires étaient très rapides et de valeur égale, la tirade prenait le nom de fusée. Dans la tirade proprement dite, au contraire, les notes pouvaient être plus lentes, plus posées et de valeur inégale. L'un et l'autre de ces termes ne sont plus en usage, et depuis longtemps on a renoncé à donner un nom particulier à ces traits d'ornement dont la musique fait d'ailleurs un usage de plus en plus restreint. H. Q.

TIRAGE. I. Mécanioue (V. Traction).

II. Physique (V. Chauffage, Chaudière, Cheminée, Locomotive, etc.).

IIL Typographie (V. Imprimerie).

TIRAILLEUR. I. Tactique. — On a d'abord appelé tirailleurs les fantassins détachés en avant de leur compagnie ou de leur bataillon et faisant usage de leur arme isolément, sans commandement. Leur rôle offrait une grande analogie avec celui de nos éclaireurs actuels. Depuis et comme conséquence de la généralisation de l'ordre dispersé (V. Dispersé [Ordre], qui est pris dès que les formations serrées sont vulnérables, c.-à-d., dans les conditions les plus habituelles, à 1.200 ou 1.300 m. environ de l'ennemi, le tirailleur est devenu l'élément essentiel dudit ordre, et, pendant longtemps, le passage de l'ordre serré à l'ordre dispersé s'est fait au commandement de : A y, 2, S, 4... pas, en tirailleurs. Le mot a disparu des règlements, mais le déploiement, qui se fait, en principe, par sections, et qu'il ne faut pas confondre avec celui du bataillon ou de la compagnie, continue d'avoir lieu dans des conditions à peu près semblables. Il s'exécute, suivant qu'on part de la formation en ligne ou par le flanc, au commandement de : Sur un rang, ou, A gauche, en ligne sur un rang, qu'on fait suivre si, contrairement à ce qui est la règle la plus ordinaire, les hommes ne doivent pas combattre coude à coude, de celui àç>: Ai ,2,S,4... pas. Les officiers et les sous-officiers se tiennent en arrière et, à l'inverse de ce qui se passait pour le tirailleur d'autrefois, personne ne doit tirer que sur leur ordre formel.

II. Organisation militaire. — A une époque où le combat en ordre serré était la règle, on donna le nom de tirailleurs à des troupes plus spécialement chargées de

reconnaître le terrain et « tirailler » en avant des lignes. Les légions bataves, wallonnes, belges, liégeoises, créées en 1792 et 1793, le prirent les premières, officiellement. L'infanterie française eut ensuite, comme, du reste, toutes les armées étrangères, des corps de tirailleurs, qui étaient attachés à la garde impériale. De nos jours, le nom désigne exclusivement les troupes de l'Algérie et des colonies composées d'éléments indigènes.

Tirailleurs algériens. Communément appelés turcos ou encore lascars, ils remontent, comme création, à 1838 ; mais ils ont été plusieurs fois réorganisés et ils forment aujourd'hui quatre régiments, tenant garnison à Blidah, Mostaganem, Constantine, Sousse. Leurs cadres sont constitués, jusques et y compris le grade de lieutenant, partie de Français, partie d'indigènes. Leur uniforme a été décrit au mot Infanterie (t. XX, p. 772). Le drapeau du 3® régiment est décoré (prise de San Lorenzo, au Mexique, en 1863).

Tirailleurs sahariens. De création récente, ils ne forment encore que deux compagnies, en garnison dans l'extrême-sud algérien, à El-Goléa et à Timmimoun. Ils sont plus spécialement chargés de l'escorte des convois de ravitaillement.

Tirailleurs indigènes des colonies. Ils ont leurs cadres d'officiers fournis par l'infanterie de marine et font partie, comme celle-ci, des troupes coloniales. Ils sont stationnés sur leurs territoires de recrutement. Il y a actuellement : quatre régiments de tirailleurs tonkinois (portions centrales à Hanoi, Sept-Pagodes, Bac-Ninh, Viétri), un régiment de tirailleurs annamites (Saigon), trois régiments (Saint-Louis, Kali, Majunga) et quatre bataillons isolés (le Chari, Zinder, la Côte d'Ivoire, Diégo- Suarez) de tirailleurs sénégalais, deux régiments de tirailleurs malgaches (Tamatave, Fianarantsoa).

TIRANA (Chofégr.) (V. Danse, t. XIII, p. 868).

Tl RANGES. Corn, du dép. de la Haute-Loire, arr. d'Yssingeaux, cant. de Bas ; 1.593 hab.

TIRANO. Ville d'Italie, prov. de Sondrio (Valteline), sur l'Adda, à 450 m. d'alt. ; 4.000 hab. Nombreux palais du xvi® siècle ; pèlerinage célèbre à la grande église de la Madonna di Tirano (xvi® siècle).

TIRANT. I. Architecture. — Comme il est dit au mot Entrait (t. XV, p. 1181), on appelle tirant, soit l'entrait inférieur des fermes en charpente quand il y a, audessus de cet entrait maintenant les pieds des arbalétriers et du poinçon, un second entrait soutenant les arbalétriers au point où portent les pannes intermédiaires (V. Ferme, t. XVn, p. 279, fig. 2 et 3) ; soit la pièce de fer qui, dans les combles en métal, joue le rôle de cet entrait et est destinée, comme lui, à combattre la poussée des arbalétriers en même temps qu'à soulager le poinçon. Ce tirant de comble consiste en une pièce de fer d'une seule pièce ou, dans les combles d'une grande portée, en deux pièces réunies entre elles par un assemblage. — On appelle aussi tirant une pièce de fer plat portant, à une extrémité, un œil dans lequel passe une ancre fixée dans une maçonnerie et dont l'autre extrémité s'assemble avec un autre tirant ou avec un morceau de chaîne intermédiaire, le tout constituant un chaînage destiné à empêcher l'écartement des murs. Charles Lucas.

II. Construction navale. — Tirant d'eau. — Le tirant d'eau ou calaison est la quantité d'eau dont un navire s'enfonce dans l'eau. On la mesure par la hauteur verticale comprise entre la face inférieure de la quille et la ligne de flottaison. Le tirant d'eau n'est pas le même sur toute la longueur du bâtiment et l'on distingue le tirant d'eau avant et le tirant d'eau arrière, ce dernier toujours plus grand. A l'art. Assiette, t. IV, p. 241, on a examiné les conditions auxquelles doit satisfaire le tirant d'eau moyen, c.-à-d. la différence entre les tirants d'eau avant et arrière, pour que le navire ait iine bonne position d'équilibre. On peut toujours le faire varier en

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