‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 592 sur 633 · XIMENA ^ XIMENEZ · texte numérisé non relu

XIMENA ^ XIMENEZ

e' avoir démantelé ses remparts, le 5 mai 1402. Elle se retira au couvent de San Pedro de Cardena(près Burgos) où fut enterré le Cid, et elle y mourut en 4104. C'est tout ce que l'histoire sait de précis sur ce personnage rendu légendaire par les romances et par le théâtre (Las Mocedades del Cid de Guillen de Castro^ le Cid de Corneille, etc.).

XIMÉNÈS (Augustin-Marie, marquis de), littérateur français, né à Paris le 26 févr. 1726, mort le 31 mai 1817. Petit-fils du marquis Joseph de Ximénès, originaire de Catalogne, colonel du régiment français de Roussillon et lieutenant général, et fils du marquis Augustin de Ximénès, maréchal de camp, le marquis de Ximénès entra au service, mais, parvenu au grade de mestre de camp, il quitta l'armée pour s'adonner à la littérature. Il composa trois tragédies : Epicharis, Don Carlos et Amalazonte, qui n'eurent aucun succès. Il est l'auteur d'un grand nombre de poésies, très oubliées aujourd'hui, et qu'il a réunies lui-même dans ses OEuvres (1772) et dans le Codicille d'un vieillard (1792). Très lié avec Voltaire, qui ne lui ménagea pas les louanges, Ximénès se fit le champion de son illustre ami contre J. J. Fiousseau, qu'il attaqua dans quatre Lettres sur la Nouvelle Hëloïse et une Lettre à J,-J. Rousseau sur reffet moral du théâtre. On trouvera dans la France littéraire de Quérard (t. X) une bibliographie des œuvres de Ximénès.

XIMÉNEZ DE CiSNERos (Francisco), cardinal et homme d'Etat espagnol, né à ïorrelaguna (Castille) en 1436, d'une famille de petite noblesse originaire de Cisneros, mort à Pioa le 8 nov. 1517. Après de premières études à l'école d'Alcalâ, Ximénez fit sa théologie à l'Université de Salamanque. Après son ordination, il se rendit à Rome où il séjourna quelques années. Il en revint avec l'expectative d'un bénéfice dans le diocèse de Tolède, mais lorsqu'il fit valoir ses droits à l'archipresbytérat d'Uceda, l'archevêque Alonso Carillo le lui refusa^ et, comme il insistait, le fit emprisonner. Enfin Ximénez obtint le bénéfice qu'il réclamait, mais, quelque temps après, il l'échangea (1480) contre l'archidiaconat de Sigiienza. Là il s'acquit l'estime de l'évêque Pedro Gonzalez de Mendoza, qui le fit son grand-vicaire. Cependant, emporté par sa piété et son désir d'étude et de recueillement, Ximénez abandonna ses fonctions ecclésiastiques et entra dans l'ordre des franciscains à Tolède ; il se retira même dans les ermitages de Castanar et de Salzeda. C'est là que ses supérieurs vinrent le prendre pour lui imposer, en 1492, la charge de confesseur de la reine Isabelle la Catholique, en remplacement de Fernando de Talavera, promu au nouveau siège archiépiscopal de Grenade. En 1494, Ximénez devint provincial des franciscains, et il déploya une telle rigueur pour réduire ses moines à l'observance de la règle que ceux-ci se plaignirent à Rome. Ce fut le commencement d'une lutte entre le parti de l'observance et celui^des conventuels, lutte où Ximénez eut d'abord contre lui les généraux mêmes de son ordre, mais dans laquelle il finit par l'emporter, grâce à deux brefs du pape, en 1 505 et 1517. Un grand nombre de franciscains quittèrent leurs couvents plutôt que de se plier à la règle ; certains -passèrent en Afrique et y embrassèrent l'Islam. Isabelle la Catholique avait immédiatement apprécié la valeur de l'homme et, en même temps que son directeur spirituel, elle en avait fait son conseiller politique. Elle demanda pour lui à Rome l'archevêché de Tolède, et, malgré ses refus, le força à l'accepter (1495). Ximénez entreprit aussitôt la réforme de son clergé, puis, en 1499, emporté par son zèle religieux, il se fit donner par l'inquisiteur général des pouvoirs pour hâter la conversion des Morisques du royaume de Grenade; l'archevêque Fernando de Talavera employait des moyens à son gré trop anodins et trop lents. En dépit du traité qui garantissait aux vaincus la liberté de religion, Ximénez entreprit de les convertir en masse, de gré, par ses munificences, ou de

force, en prenant les enfants pour les faire élever catlioliqucment, et en brûlant les livres arabes, Corans et autres, dont il fit détruire 5.000 à Grenade. Les populations s'exaspérèrent et se soulevèrent ; des plaintes contre le prélat furent portées à Ferdinand et Isabelle (1500), mais il sut se justifier, montra que l'émeute avait donné aux Rois Catholiques le droit d'annuler le traité et reprit avec des pouvoirs plus amples et de plus grandes rigueurs sa mission de conversion. Talavera, suspect de trop de mansuétude, incriminé auprès de l'Inquisition pour avoir distribué aux Morisques des Nouveaux Testaments en arabe, se débattit pendant des années dans un long procès devant le Saint-Office. Pendajnt ce temps, les Morisques se convertissaient en masse, avant même d'avoir reçu aucune instruction religieuse, ou émigraient. — Le 26 nov. 1504, Isabelle mourait. Ximénez, qu'elle avait fait grand chancelier de Castille, était désigné pour être un de ses exécuteurs testamentaires. Ferdinand, qui avait peu de sympathie pour lui, mais qui avait besoin de ses services, lui conserva ses hautes fonctions. Il s'agissait de conserver au roi d'Aragon la régence de la Castille, sa fille, la reine Jeanne (Jeanne la Folle), paraissant être hors d*état de régner. Mais son mari, Philippe le Beau, entendait supplanter son beau-père dans le gouvernement. Ximénez intervint en faveur de Ferdinand ; cependant lorsque Philippe et Jeanne furent arrivés de Flandre en Espagne, force fut à Ferdinand de renoncer à la régence. Tout ce que put obtenir Ximénez, ce fui de sauver les apparences en ménageant une entrevue entre Ferdinand et son gendre (23 juin 1506). Peu de mois après, le 25 sept., Phifippe le Beau mourait. Jeanne, folle de douleur, était plus incapable que jamais de gouverner. Ferdinand venait de passer à Naples. Ximénez prit aussitôt les rênes du gouvernement, arma les milices et maintint les grands, tentés, comme Medina-Sidonia, de lui résister, ou de déférer la régence à l'empereur MaximiKen en tant que grand-père paternel de l'héritier de la couronne, don Carlos. En août 1507, Ferdinand revint de Naples; pour remercier Ximénez d'avoir maintenu son autorité en Castille, il lui avait fait donner le 17 mai de cette même année le chapeau de cardinal et l'avait fait nommer le 7 juin inquisiteur général pour la Castille. — Du vivant même d'Isabelle, Ximénez avait eu le désir de poursuivre l'Islam jusqu'en Afrique, mais Ferdinand s'était montré peu favorable à cette idée. En 1505, Ximénez avait obtenu Penvoi d'une expédition, pour laquelle il avait avancé de l'argent et qui se borna à la prise de Mers-el-Kébir (41 sept.). En 1507, dans une tentative pour surprendre Oran, la garnison de Mers-el-Kébir subit un sanglant désastre. Sa situation critique, la nécessité de sévir contre les pirates du Riff (prise du Pefion de Vêlez de la Gomera par les Espagnols le 23 juil. 1508) amenèrent Ferdinand à céder aux désirs de son ministre. Le roi donna son assentiment à une expédition pour laquelle le prélat demanda de l'argent au clergé de son diocèse. Le 21 févr. 1509, Ximénez quitta solennellement Tolède, rejoignit ses troupes à Carthagène et mit à la voile le 16 mai. Trois jours après, il entrait dans Oran à la suite de son armée victorieuse. De retour en Espagne, il rattacha à son diocèse de Tolède sa conquête africaine. L'année d'après, les Espagnols occupaient Bougie et, en 1511, Tripoli, — En 1513, le cardinal devint inquisiteur général pour toute l'Espagne : on a évalué à 2.500 le chiffre des victimes du Saint-Office pendant la période où Ximénez en fut le chef, en Castille, puis dans l'Espagne entière. On connaît les plaintes du rehgieux Las Casas sur le sort des Indiens d Amérique. Sur sa requête, en 1515, et pour servir d'arbitres indépendants entre les franciscains et les dominicains, divisés sur la question de l'esclavage, Ximénez envoya à Cuba trois pères hiéronymites.

Après quelques années de tranquillité relative dans le gouvernement intérieur, la mort de Ferdinand (23 janv. 1516) vint troubler de nouveau l'Espagne. Le roi en mou-

XIMENEZ -™ XYLÈNE

rant avait confié la régence à Ximénez : Jeanne était toujours démente ; son fils aîné et héritier des couronnes de Castille et d'Aragon, Carlos (Charles-ftuint), était en Flandre, Il y eut aussitôt de l'agitation : Ximénez avait trop énergiquement travaillé à rétablissement du despotisme à la fois monarchique et religieux pour ne pas avoir soulevé bien des haines. Le peuple se souleva à Vallado lid, Malaga,Arevalo, tandis que la noblesse, Pedro Giron, fils aîné du comte d'Urena en tête, essayait de secouer le joug du cardinal. Quelques grands persuadèrent à l'infant Ferdinand, frère de Carlos, de réclamer le pouvoir au nom de son frère. Ximénez tint tête de tous côtés. Carlos ayant pris la couronne, en Flandre, quoique sa mère fût vivante, et avant d'avoir prêté serment auxCortès selon la coutume, le cardinal dut violenter le sentiment national pour faire accepter ce procédé autoritaire, que rendait encore plus impopulaire le retard du prince à se rendre dans ses royaumes d'Espagne. Au milieu de ces difficultés, Ximénez avait encore à défendre son autorité menacée par l'arrivée du doyen de Louvain, Adrien d'Utrecht, représentant de Charles. Celui-ci se rendit compte d'ailleurs que seul le vieux cardinal pouvait maintenir l'ordre dans les circonstances présentes; il se contenta du titre de corégent et laissa Ximénez libre d'agir. Enfin Charles aborda en Espagne (sept. 1517). L'archevêque de Tolède devait le rencontrer à Valladolid, mais il tomba malade. Pendant ce temps, les courtisans flamands circonvenaient leur maître, et Charles, par une lettre autographe, feignant de prendre en considération l'âge et le besoin de repos du ministre des Rois Catholiques, lui écrivit qu'il le déchargeait de ses fonctions. Ximénez n'eut probablement pas la douleur de prendre connaissance de cette lettre qui arriva à Roa au moment où il agonisait (8 nov. 1517). Le cardinal fut enterré dans la chapelle de l'Université d'Alcalâ.

C'était lui qui avait obtenu du pape Alexandre VI, en 1499, la bulle autorisant la fondation de cette Université. 11 avait fait dessiner le plan de Fédifice par l'architecte Gumiel, avait créé, en 1500, le collège de Saint- Ildephonse, puis d'autres collèges pour servir d'asiles aux étudiants pauvres. Le 26 juil. 1508, il avait inauguré solennellement la nouvelle Université rivale de Salamanque; tout en s'occupant avec un soin assidu de la développer, il poursuivait un autre travail qui fut un titre d'honneur pour Alcalâ : en 1502, il avait rassemblé un groupe de savants qui, sous sa direction, éditèrent la fameuse Bible polyglotte (hébreu, chaldéen et traduction latine, version grecque des Septante et traduction latine, texte latin de la Vulgate). La Bible polyglotte de Complutum (Alcalâ) parut de 1514 à 1517, en6 vol. in-fol.,tirésà600 exemplaires, et quoique son texte n'ait pas été établi avec une critique bien exigeante, elle marque, pour l'époque, comme une intéressante tentative. H. Léonardon.

BiBL. : A. GoMEZ, De rébus gestis a Fr. Ximenio Cisnerio, arch. Toletano ; Alcalâ, 1560, in-fol. — F lèciuer, Histoire du cardinal de Ximénez ; Paris, 1693, m-4. — Have- MANN, Fr, Ximénez ; Gœttingue,1848. — Hefele, DerKar' dirial Ximénez und die kirchhchen Zustânde Spaniens am Ende des 15. und Anfang des 16. Jahrh. (2« édit., Tubingue, 1851. Trad. franc, par l'abbé •••; Tournai, 1856, in-8.— Cartas delcardenal Ximénez de Cisneros.dirigidas à Don Diego Lôpez de Ayora ; Madrid, 1867, in-8. — Nelly Blum, /a Croisade deXiménèsen j4/"riqfwe ;Oran, 1898, in-8.

XINGU. Rivière du Brésil (V. Amazone).

XIOA. Contrée de l'Afrique (V.Ghoa).

XIPHODON (Paléont.) (V. Anoplothère).

XIPHODYME (Térat.)(V. Monstre, t. XXIV, p. 174).

XIPHOPAGE (Térat.) (V. Monstre, t. XXIV, p. 174).

XIPHOSURES (Paléont.). Les Limules afjpartiennent à un type très ancien, représenté dès le silurien par Hemiaspis et BunodeSj puis par Belinurus dans le carbonifère. Ces types anciens semblent former le passage aux Trilobites (V. ce mot). Les véritables Limules datent du trias, peut-être du carbonifère. Le Limulus Walchi du jurassique de Solenhofen est déjà très semblable aux formes actuelles. E. Trt.

XlQUE-XiQUE. Ville du Brésil (V. Chique-Chique),

XIROCOURr. Corn, du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Haroué; 605 hab.

XISTE,XYSTE,XESTUS, XYSTUS, papes (V.SixtkP^ et Sixte II).

XISUTHRUS. C'est le nom du Noé babylonien sous le règne duquel s'accomplit le déluge, selon le récit de l'historien babylonien Bérose. D'après ce dernier, Xisuthrus fut averti par Kronos, dans sa ville de Sippara (Héliopolis), du déluge prochain et de la destruction de tout être vivant : le roi chaldéen devait donc construire une arche qui conserverait les espèces d'animaux. C'est la narration de l'école de Sippara, dont quelques fragments ont été diversement publiés par le R. P. Scheil. Un récit tout différent se trouve dans l'épopée de Gilgamès, dans la onzième partie de laquelle le héros se fait raconter par Adrahasis (transposez .laszsw-a^m en Xisuthrus) le récit du songe où le dieu Ea paraît au roi, lui enjoint de construire une arche, et où le roi expose les faits du déluge et de sa préservation. Comme Noé est le dixième des patriarches antédiluviens de la Genèse, Xisuthrus est le dixième roi de la première dynastie ; d'après les textes cunéiformes, c'est à Surippa, et non à Sippara, qu'il régna. Selon le récit de Bérose, il régna 64.800 ans ou 18 sars de 3.600 ans chacun, et ce règne, un peu long, se serait étendu de 106497 à 41697 av. J.-C. ' J. 0.

XIVRAY-et-Marvoisin. Corn, du dép. de la Meuse, arr. de Commercy, cant.de Saint-Mihiel ; 347 hab.

XIVRY-Circourt. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. d'Audun-le-Roman ; 43^2 hab.

XONVILLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Briey, cant. de Chambley; 207 hab.

XOUSSE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr.de Lunéville, cant. de Blâment; 242 hab.

XUCAR. Fleuve d'Espagne (V. ce mot et Jucar).

XURES. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. d'Arracourt; 374 hab.

XUTHOS (Myth. gr.), fils d'Hellen et d'Orseis, frère de Doros et d'J^lolos, il vint de Thrace en Attique, épousa Creuse, la fille d'Erechthée, procréa Ion et Achaeos ; chassé d'Athènes à l'avènement de Cécrops, il se réfugia dans le Péloponèse, à Egialos, où l'on montrait son tombeau.

XYLAN DER (Wilhelm Holtzmann, dit), érudit allemand, né à Augsbourgle 26 déc. 1532, mort à Heidelbergle 10 févr. 1596. Traducteur de Plutarque, Strabon, des mathématiciens grecs, éditeur de Marc-Antoine (Zurich, 1559) et d'Etienne de Byzance, il professa le grec à Heidelberg (1558-76).

XYLARIA (Bot.). Champignon Pyrénomycète,dela tribu des Xylariées, à périthèce composé, à stroma libre, simple ou rameux, en forme de massue, se couvrant de mai à juillet d'une abondante poussière de spermaties. Le tissu se creuse ensuite de cavités où se développent les asques fertiles pendant que la branche interne spécialisée du périthèce se résorbe en jouant le rôle de réserve. Esp. pr. : X. hypoxylon, X. polymorpha. D^ Henri Fournier.

XYLÈNEouXYLOL(ChimO.Form.jK;;g:«:g;H3;r

Les xylènes ou xylols ou diméthyl benzines appartiennent à la seconde série des homologues de la benzine. Comme les dérivés disubstitutifs de celle-ci, ils existent sous trois modifications isomériques : Torthoxjflène, le métaxylène et le paraxylène. Le xylène brut ou xylène commercial, qui est un mélange de ces trois hydrocarbures, a été découvert en 1850 par Cahours dans l'huile qui se sépare lorsqu'on ajoute de l'eau à l'esprit de bois brut. Il a depuis été rencontré dans nombre d'autres matières, principalement dans le goudron de houille, demeuré sa source la plus abondante. On l'extrait de ses huiles légères par la distillation fractionnée dans de puissants appareils à colonne semblables à ceux qui servent à la fabrication de la benzine. Il bout, ainsi purifié, entre 138*> et 140^ et possède une densité de 0,8770 à 0*^.

XYLÈNE -^ XYLOGRAPHIE

— Vorthoxylène s'obtient en traitant Torthobromotoluène par l'iodure de méthyle et le sodium en présence de la benzine. C'est un liquide incolore doué d'une odeur aromatique agréable, bouillant à 142*143'*. — Le métaxij- Une s'obtient en distillant l'acide mésitylénique avec do la chaux. C'est un liquide incolore, d'odeur aromatique particulière, qui bout à 1 39^,8. — LQparaxylène s'obtient comme Torthoxylène et par la distillation du camphre avec du chlorure de zinc. Il se présente en grands cristaux incolores, fusibles à 15* et bouillant à dSôM 37**. Le paraxylène est en quantités considérables dans le xylène brut, à côté de Torlboxylène. Mais c'est le mélaxylène qui domine de beaucoup dans le mélange. Les trois formes sont susceptibles d'un grand nombre de substitutions chlorées, bromées, nitrées, amidées, sulfurées, etc., présentant des isoméries multiples. Lorsqu'on les soumet à la nitration, elles donnent de la nitroxylène (C^^^IFAzO"^), et celle-ci, en le réduisant, de la xylidine ou amidoxylène (C^^IFAzH-), dont il existe six modifications isomériques : deux correspondants à l'orthoxylène, trois au métaxylène, une au paraxylène. La troisième et la cinquième, V cf.-métaxilidme et la ^-métaxylidine, ont une certaine importance industrielle. L'a-métaxylène, notamment, peut, en combinaison avec l'aniline et la pseudo-toluidine, donner des rosanilines isomériques ou homologues. Toutefois, comme leur prix est élevé, elles ne sont jusqu'ici employées qu'à la fabrication des ponceaux.

XILÉNOL{Chim.) (V. Xénol).

XYLIQUE (Acide) (V. Xylène).

XYLOCARPUS (Bot.) (V. Carapa).

XYLOCOPA (Entom.). Genre d'Insectes Hyménoptères, de la tribu des Apiens, famille des Anthophorides, créé par Latreille et caractérisé par les mandibules fortes, terminées en pointe d'un côté et sillonnées en dessus, les palpes de six articles, les ocelles en triangle, les jambes postérieures ayant deux épines simples, les crochets des tarses bifides, les ailes ayant une radiale assez allongée et quatre cubitales. Ce sont des Insectes de taille assez grande, de couleur noire, avec les ailes teintées de violet. Les femelles creusent dans le bois mort une galerie verticale qu'elles divisent en plusieurs loges, dans chacune desquelles elles déposent un œuf et une sorte de miel pour la nourriture de la larve. Celle-ci se développe la tète en bas et sort de la galerie par l'extrémité inférieure. Les espèces de Xylocopa sont assez nombreuses et habitent principalement les pays chauds. Type : Xyl. violacea L., noire, à reflets violets; espèce commune en Europe, et dont Geoffroy et Réaumur ont décrit longuement les mœurs.

XYLOGRAPHIE» Gravure sur bois et impression tabellaire. Cet art était connu en Chine dès le vi® siècle ap. J.-C. Néanmoins il ne paraît pas avoir été importé de ce pays en Occident, comme d'autres découvertes orientales. La gravure en creux et en relief était d'ailleurs connue et pratiquée en Europe dans un certain nombre de métiers du moyen âge (graveurs de sceaux, graveurs de fers pour reliures, orfèvres, carreleurs, qui faisaient les pavages émaillés, tombiers, qui faisaient les inscriptions funéraires, huchiers, qui taillaient des figures en ronde-bosse sur les meubles, etc.). Les caractères mobiles en bois ou en métal étaient même probablement connus en France dès le XII® siècle, et on s'en servait pour tracer les inscriptions sur plaques de plomb (De Guilhermy, Inscr.de la France, t. ï, p. 26), ainsi que pour constituer des poncifs de lettres initiales majuscules sur les manuscrits en parchemin (manuscr. de la biblioth. de Laon, etc.). Ce sont les privilèges des corporations qui empêchèrent l'application de ces découvertes partielles à l'imprimerie et à la gravure, parce qu'elles auraient porté un grave préjudice aux scribes et aux enlumineurs, qui faisaient, comme on sait, payer leurs travaux fort cher. Une découverte récente, faite par Bouchot, conservateur du Cabinet

des estampes de la Bibliothèque nationale, permet de faire remonter la xylographie en France au moins au milieu du xiv® siècle, et probablement même de lui attribuer une origine française, de même qu'à l'invention des lettres mobiles {estampilles pour empreinture) en usage au xni® siècle. On comprend l'importance de ces découvertes non seulement pour l'histoire de la gravure et de Vimagerie, mais aussi pour celle de ïimprimerie (V. ces mots). La xylographie fut d'abord pratiquée clandestinement et, comme l'imprimerie à ses débuts, ne se proposa que la contrefaçon du livre manuscrit, imité à peu de frais et revendu à grands bénéfices. Les grands monastères, comme Cluni, Cîteaux, Clairvaux, etc., qui avaient plus d'indépendance à l'égard des corporations, pratiquèrent la xylographie plus ouvertement, pour la fabrication des images de piété, destinées à être conservées comme souvenirs ou à être collées aux murs des demeures, à l'intérieur des coffres et des armoires, etc., ainsi que pour la publication de livres édifiants, destinés aux fidèles et aux pèlerins.

Les principaux livres xylographiques en usage au xiv® et au XV® siècle étaient les suivants : Biblia pauperum (vie de Jésus-Christ en 40 tableaux mis en concordance avec autant d'événements de l'Ancien Testament) ; Ars memorandi (figures mnémotechniques pour chacune des paraboles du Nouveau Testament) ; Spéculum humanœ salvationis (tableaux mystiques sur la Bible et Jésus- Christ), avec texte gravé, quelquefois partie gravé et partie imprimé (V. fig. de l'art. Imprimerie, t. XX, p. 623) ; Ars moriendi (tableaux représentant les anges et les démons se disputant l'âme d'un moribond), en français VArt au marier; Apocalypse, dont la 1^® éd. remonte à 1370 environ ; Cantica ou Canticum canlicorum (histoire symbolique de la Sainte- Vierge sous forme de paraphrase du Cantique des Cantiques) ; Exercitium super Pater Nosteron oraison dominicale (vers 1415) ; Donat (grammaire latine) ;les NeufPreui, c.-à-d. Josué, David, Judas Macchabée, Hector, Alexandre, Jules César, Arthur, Charlemagne, Godefroi de Bouillon (V. Fart. Preux) ; la Chiromancie, etc. Les caractères communs aux xylographes sont d'être tirés d'un seul côté des pages (anopisthographes), au moyen d'une brosse spéciale (frotton), avec une encre pâle, préparée à la détrempe. Les pages étaient collées ensemble pour former les feuillets des livres. Les procédés de gravure employés dans les plus anciens xylographes sont la taille tï épargne et la taille de teinte [criblés à gros et à petits points) (V. l'art. Gravure, § 2). On a conservé une planche de bois taillé du milieu du XV® siècle, portant une page d'un Donat (Bibliot. nation., n<^34de la Galerie Mazarine), etqui était le plus ancien bois connu avant la découverte de Bouchot. Quelques anciens inventaires du xiv^ siècle mentionnent des planches de bois (printa) servant à des impressions xylographiques. L'ouvrier en xylographie s'appelait incisor llgnorum dans les actes latins, tailleur de formes en France, Bormschaeider ou Briefmaler en Allemagne, tioutehildsnyder (fabricant d'images sur bois) et Beel-demaker (fabricant d'images) dans les Pays-Bas. La plupart de ces ouvriers étaient originairement ambulants et se transportaient, avec tout leur matériel, de localités en localités, pour y travailler suivant les occasions.

Le bloc de noyer gravé en relief, qui constitue aujourd'hui le plus ancien monument de la xylographie et qui fait actuellement partie delà collection Protk à Mâcon, a été trouvé à Sennecey (Saône-et-Loire), sous un dallage de masure, où ce morceau de bois servait de cale dans la maçonnerie. Il mesure 0^^,60 de hauteur sur 0"^,23 de largeur et 0"*,025 d'épaisseur. Il provient probablement de Fancienne abbaye de La Ferté-sur-Grosne, située près de Sennecey, vendue et démolie à l'époque de la Révolution française. Cette planche est entaillée au recto (Crucifixion) et au verso (Annonciation). Il devait y avoir trois autres blocs pour représenter une scène complète. La

XILOGRAPHIE - XYSTE

fig. ci-dessous contient le centurion romain et les deux soldats au pied du Crucifix, dont on aperçoit en haut un simple fragment. C'est principalement d'après le costume que l'on a pu dater le bois découvert à Sennecey : le

bonnet à plume avec bague que porte le centurion, les plates simples sans genouillères , les solerets inclinés sans poulaines, la cer^velière àe l'archer sont des signes caractéristiques du costume français pour l'époque qui s'étend de 4350 à 1380 au plus tard. La légende vere filius Dei erat iste, inscrite sm le phylactère qui accompagne le portrait du centurion, est en caractères majuscules gothiques, qui cessent d'être en usage dans ces sortes d'inscriptions peu après le milieu du XIV® siècle, pour être remplacés exclusivement par les caractères minuscules. Ce bois devait servir à la confection de grandes images murales ou même à des impressions sur étoffes ou sur toile, destinées, par exemple, à des devants d'autel, à des broderies, etc. E.-D. Grand. BiBL. : H. Bouchot, Un ancêtre de la gravure sur bois : Etude sur un xylographe taillé en Bourgogne vei's 1310 ; Paris, 1902, in-4. — Du même, les Deux cents incunables d^ Département des Estampes [Bibliot. nation.] (sous itresse).— D. Conway, The woodcutters of the Netherlands ; Cambridge, 1884, in-8 (liste des bois en usage au xv" siècle).

Recueils de fac-similés des xylographes. — Les principaux xylographes sur feuilles détachées sont énumérés à l'art. Gravure, t. XIX, pp. 259-260, avec 2 fig. {Vierge de lkl8 et Saint Christophe dit de l(i23). Quatre xylographes, probablement tous du xiv« siècle (v. 1368), ont été récemment découverts et sont conservés à la Bibliothèque nationale (saint Thomas,, saint Lambert^ saint Barthélémy et saint Léonard), — Monuments de la xylographie^ publ. par G. Pawlowski et A. Pilinski ; Paris. 1882-86, 8 vol. in-4 de fac-similés [Apocalypse, Bible des pauvres, Ars memorandi, Ars moriendi, Oraison dominicale, Cantica canticorum, Danse macabre^ Neuf Preux). — LaBiblia pauperuma été également publiée en fac-similé par J.-Ph. Berjeau (Londres, 1859, in-4), et par Laib et SCHWARZ (Zurich, 1867), le Canticum canticorum, par Berjeau (Londres. 1860) ; le Spéculum humanse salvationis, par Berjeau également (Londres, 1861), l'Ars moriendi, par A.-F. BuTSCH (Augsbourg, 1874,in-8).~S.-L.SoTHEBY, Principia typographica : the block-boohs; Londres, 1858, 3 vol. in-fol. (100 pi.). — J.-W. Holtrop, Monuments ty-

Epreuve (au 1/5) d'un boi s xylographique du milieu du xiv siècle (collection Protat).

pographiques des Pays-Bas au xv» siècle, coUection de fac-similé d'après les originaux ; La Haye, 1868, in-fol. — A. Essenwein, Die Holzschnitte des XIV und XV Jahrhunderts im Germanischen Muséum zu Nûrnberg ; Nuremberg, 1875, 2 vol. in-4 (164 pL). — A.-R. de Liesville, Recueil de bois ayant trait à l'imagerie populaire ; Caen, 1867-72, in-fol. (133 pi.).— Varusoltis, Xylographie de l'imprimerie troyenne pendant le xv«, le xvi", le xvii« et le xviii® siècle ; Troyes, 1859, in-4.— Un catalogue descriptif complet des xylographes est donné par W.-L. Schrei- BER, Manuel de l'amateur de la gravure sur bois et sur métal au xv* siècle (Berlin, 1891-1900, 6 vol. in-8, et 2 atl. de pi. in-fol.), t. I et IL

XYLOGRAVURE (V. Gravure).

XYLOÏDINE (Chim.). Lsixyloïdine onpyroxame s'obtient en dissolvant l'amidon dans l'acide nitrique fumant et ajoutant de l'eau, qui la précipite. C'est une masse blanche, insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Elle détone faiblement par le choc et brûle avec déflagration à 480^. Possédant une grande puissance explosive, elle entre dans la fabrication de certaines poudres étrangères.

XYLOL (Chim.) (V. Xylène).

XYLOPHAGE {Xylophagus Meig.) (Entom.). Genre de Diptères, de la famille des Notacanthes, tribu des Xylophagiens, caractérisé par le corps étroit, les palpes redressés, à deux articles, les antennes à troisième article long, presque cylindrique, les yeux distincts, l'écusson mutique, les jambes terminées par deux pointes, la quatrième cellule postérieure des ailes ouverte. Leurs larves vivent dans la carie et les détritus des vieux arbres. Type : Xyl. ater Fabr., d'un noir luisant, avec une bande brune sur les ailes. Espèce commune en France et en Allemagne. -^ On donne également le nom de xylophages à tous les insectes qui vivent et se nourrissent dans le bois. Ils comprennent des Coléoptères et des Hyménoptères.

XyiOP\ ^{Xylopia L.) (Bot.). Genre d'Anonacées-Xylopiées, formé d'une trentaine d'arbres ou d'arbustes des régions tropicales, à fleurs solitaires ou groupées en cymes, hermaphrodites et irrégulières, trimères avec un nombre indéfini d'étamines caduques ; ovaire multiovulé ; fruit composé de baies sessiles polyspermes ; graines albuminées, arillées. — L'espèce principale est le X. œthiopica H. Rich. (Unona piderita Afz.), des côtes de Guinée, le Habzeli des naturels ; les baies desséchées ne sont autre chose que le poivre dit d'Ethiopie ou de Guinée, encore appelé Maniguette, et servant comme condiment et comme remède excitant dans le pays d'origine. Les baies du X. grandifiora A. S. H. (Antilles) et du X. frutescens AubL, le Jérécon de la Guyane, sont employées comme toniques, stomachiques et stimulantes. D'' L. Hn.

XYLOTOME (Entom.). Synon. de %/oiîom^(V. ce mot).

XYRIDACÉES (Xijridacées L.) (Bot.). Les Xyridacées sont des plantes à tige courte portant des feuilles rubanées ou ensiformes, généralement disposées en rosettes. Les fleurs , groupées en capitules au sommet de longs - pédicelles accompagnés d'une bractée, sont construites sur le type 3. Le calice, sépaloïde, peut être régulier ou irrégulier. La corolle, pétaloïde, est régulière. L'androcée comprend normalement 2 verticilles d'étamines, mais souvent le verticille interne se réduit à des staminodes ou avorte en entier; les anthères sont tantôt extrorses, tantôt introrses. L'ovaire est triloculaire ou uniloculaire ; il contient de nombreux ovules. Le fruit est une capsule. Les graines possèdent un albumen amylacé ou charnu. Les Xyridacées vivent de préférence dans les terrains marécageux. On en connaît environ 80 espèces/éparties en 12 genres, la plupart américains. W. R.

XYRIS (Bot.) (V. Xyridacées).

XYSTE (Antiq. gr.) (V. Palestre).

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