YORCK — YORK
(3 juin), remmena à Londres, lui confia le commandement général de Silésie. Mais en48l5, Yorck, n'ayant été nommé qu'au commandement d'une armée de réserve, donna sa démission et se retira dans son domaine de Klein-OEls, près de Breslau ; le 5 mai 1821 , il fut promu feld-maréchal. C' était un clîef sévère, très entêté, de caractère revêche, mais très soucieux du bien-être des soldats, — Son petit-fils, Maximilienj né le 12 juin 1850, a publié un livre remarqué : Napoléon àls Feldkevr (1885-86, 2 vol.).
BiBL. : Droysen, Das Leben des Feldmarsch. Yorck; 1Û« éd., 1890, 2 vol.
fORICK, pseudonyme de Lawrence Sterne et de P.-F.-L.-C. Ferrigni (V. ces noms).
YORl-TOMO.Le premier et l'un des plus illustres shogouns du Japon, né en 1146, mort en 1199. Quoique fils de Yoshi-tomo, chef du parti Minamolo, il fut épargné dans le grand massacre (jui suivit la défaite de ce parti (1159) et simplement exilé à Idzou. Ayant réussi à s'enfuir, il ameuta les mécontents, les enrôla sous sa bannière, prit les armes (1180) et, après différentes alternatives de succès et de revers, parvint, en 1185, à la terrible bataille navale de Dan-no-Oura, à écraser complètement les Taira. Il inaugura alors la première dynastie shogounale (11 86) et établit le siège de son gouvernement à Kamakoura, dans la prov. de Sagami. L'empereur le créa d'abord Sotsui-hoshti (haut policier), fonction qui lui assura la haute main sur les fiefs militaires ; puis, en 1192, Sei-i-taï-shogoun (généralissime vainqueur des barbares). Dès lors, Yori-tomo commença à faire jouir le pays d'une tranquillité inconnue depuis près d'un demi-siècle; il disciplina les bonzes, remania les codes et la procédure, institua une nouvelle base d'impôts, etc. Il gouverna en maître le Japon; sans détrôner le mikado, dont il feignait de reconnaître l'autorité, il le relégua dans son palais de Kioto et ne lui laissa d'autre rôle que celui d'un roi fainéant. La gloire de Yori-tomo fut néanmoins ternie par un crime : jaloux de ses deux frères, dont l'un était le général Yoshi-tsouné qui avait beaucoup contribué à ses succès, il les fit mourir tous les deux, craignant qu'ils ne le trahissent, et ne s'appuya plus désormais que sur la famille de sa femme, les Ho;o, qui, dix-neuf ans après sa mort, en 1219, s'emparèrent du pouvoir. Yori-tomo mourut d'une chute de cheval ; sa femme, la célèbre Massago, se retira dans un couvent de bonzesses, et son fils Yori-iye, âgé de dix-huit ans, lui succéda. Albert Thomas.
BiBL. : Nippon o dal itsi ran (trad. Titsingh) ; f^aris, 1834, pp. 202-222, in-4. — L. Metchnikoff, l'Empire japonais ; Genève, 1881, pp. 405-422, ia-4.— L.-E. Bertin, les Grandes Guerres civiles du Japon : les Minamolo et les Taira ; les mikados et les sioqouns : Paris, 1894, pp. 131-479, in-8.
YORK (Cap et presqu'île) (V. Australie, t. IV, p. 730).
YORK (lat. £Z>f?racwm).L Ville.— Ville d'Angleterre, ch.-l. du comté de ce nom, au confluent du Foss et de rOuse ; 77.793 hab. en i 901 . C'est la métropole historique du N. de l'Angleterre, demeurée le siège de l'un des deux archevêques anglicans, primat d'Angleterre ; un service fluvial la relie au port maritime de HuU ; les grands chem. de fer North-Eastern et Great-Northern s'y joignent. La ville est belle, tranquille, peu vivante. Les souvenirs historiques y abondent ; enceinte du règne d'Edouard l^% sur fondations romaines ; cathédrale Saint-Peter consacrée en 1472, en style gothique, superbe édifice de 158 m. de long, 67 de large au transept, 28 de haut, avec trois clochers, les deux de la façade datant de 1402 ; le chœur, décoré de statues des rois anglais, remonte à 1373-1400, avec une chapelle et un presbytère bâtis de 1361 à 1373 ; la crypte est du xiie siècle; le transept, de la première moitié du \m^. Cette cathédrale a été restaurée consécutivement aux incendies survenus en 1829 et 1840. Un couloir la relie au chapitre, octogone à colonnettes et vitraux remarquables. Citons encore les ruines de l'abbaye Saint-Mary (de 1036), les églises de Tous-les-Saints, Saint- Margaret, Saint- W^ilfrid (catholique); le château, la tour Clifford érigée par Guillaume le Conquérant sur des substruc-
tions romaines, l'Hôtel de ville, le palais archiépiscopal situé dans le village voisin de Bishopthorpe, le château Howard dans les environs, etc. — L'industrie est peu active ; machines, carrosserie, verrerie, brasserie, toiles.
Eboracum fut, à partir du ii^ siècle ap. J.-C, le centre militaire des Romains en Bretagne. Les Angles en firent la capitale de leur royaume de Northumbrie et de Deirie, sous le nom é.'Eoforwyc. Paulin y prêcha le christianisme, et elle devint la métropole ecclésiastique de l'île. Les Danois la prirent en 867, et elle fut dès lors éclipsée par Londres. Guillaume le Conquérant, l'ayant occupée en 1068, jugea utile de s'y faire couronner. De même, Kichard III en 1483. Dans l'intervalle, Henri H (1060) et Edouard 11(1322) y tinrent le Parlement. En 1644, les parlementaires l'enlevèrent aux royalistes.
II. Comté. — Le plus vaste comté d'Angleterre, ayant titre de duché ; 15.713 kil. q. ; 3.208.813 hab. en 1891 ; compris entre la mer du Nord à l'E., le Lancastre à l'O. Il se divise en trois districts ou Ridings : North-Riding, 368.237 ;hab. ; East-Riding, 399.412 hab.; West-Riding, 2.441.164 hab., de beaucoup le plus peuplé. On distingue la région des collines orientales adossées à la falaise marine et aux plateaux tourbeux du N. et celle des collines occidentales ; entre les deux, la riche plaine d'York (96 kil. de long sur 26 de large), inclinée vers les prairies marécageuses de l'Ouse. Les collines occidentales prolongent la chaîne Pennine avec ses vallons romantiques et ses crêtes de 700 m. (V. Grande-Bretagne). C'est une région carbonifère ; un grand bassin houiller s'y allonge autour de Leeds sur 100 kil. de long et 24 à 35 de large (jusqu'au Trent). Avec quelques gisements secondaires la production annuelle du comté dépasse 16 millions de tonnes. Beaucoup de fer aussi, du plomb, du cuivre, et à l'E. des pierres de taille. L'agriculture est très prospère dans la plaine d'York ; l'élevage fournit des chevaux de bonne race, des moutons, des porcs (célèbres jambons d'York). Le West-Riding est une des régions industrielles de la Grande-Bretagne (Y. ce mot) avec ses villes de Leeds, Bradford, Huddersfield, Halifax, Wakefield, qui sont les centres de l'industrie lainière, Sheffield renommé pour ses aciers, Rotherham pour ses fers. Le commerce est aussi très actif sur la côte à Hull, Goole, Whitby, Middlesborough, Scarborough.
Duc d'York. — Titre porté habituellement par le second fils des rois d'Angleterre. Edouard IH l'ayant donné à son fils Edmond de Langley (f 1402), celui-ci le transmit à ses descendants; son fils aîné Edouard, duc d'York, périt àAzincourt; le second, Richard, comte de Cambridge, fut décapité le 5 août 1415, pour avoir conspiré contre Henri V ; il avait épousé Anna Mortimer, héritière des droits des Clarence sur le trône d'Angleterre dont les avait privés la maison de Lancastre (V. ce mot, Planta- GENET, Angleterre, § Guerre des Deux^Roses, Henri IV, Edouard IV). De ce mariage naquit, en 1416, Richard, duc d'York, régent de France en 1435. Rentra en lutte avec la famille de Beaufort et son chef le duc de Somerset, et ce conflit aboutit à la fameuse guerre des Deux-Roses, dans laquelle la maison d'York revendiqua la couronne contre les Lancastre. Richard fut tué à Wakefield (1460), mais les enfants issus de son mariage avec Cécile Neville l'emportèrent : c'était le roi Edouard IV ; Elisabeth, duchesse de Suffolk ; Edmond, comte de Rutland (tué à Wakefield avec son père) ; Marguerite, épouse du duc de Bourgogne Charles le Téméraire ; Georges, duc de Clarence, que fit périr le roi son frère en 1478 ; Richard, duc de Gloucester, qui régna sous le nom de Richard IIl, après avoir immolé ses neveux Edouard V et Richard, duc d'York. Il fut renversé par Henri Vil Tudor, lequel épousa Elisabeth, fille aînée d'Edouard IV et fit décapiter en 1499 Edouard, comte de Warwick, fils du duc de Clarence et dernier rejeton mâle de la maison d'York.
Le titre de duc d'York fut ensuite porté par trois princes, que la mort de leurs frères aînés fit monter sur le trône.
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Henri VIII, Charles P"^ et Jacques II, puis par le second fils du prétendant Jacques III, Henry-Benedict, le dernier des Stîiarts (V. ce nom), mort en 1807. — Georges P^ le donna à son frère Ernest-Auguste, çrince-évêque d'Osnabruck (f 1728). I! fut porté ensuite par Edouard-Auguste, frère de Georges III (1760-67); puis, à partir de 1784, par Frédéric, second fils de Georges IIÏ, né le 16 août 1763, mort le 5 janv. 1827 sans enfant, de même que les précédents. Elevé en Prusse, marié en 1791 à la fille de Frédéric-Guillaume II, il commanda en 1793 l'armée britannique des Pays-Bas, perdit la bataille de Hondschoole et fut refoulé au delà de la Meuse en 1794. Consolé de ces défaites par le grade de feld-maréchal, il reparut en 1799, à la tête de l'expédition de Hollande qui aboutit à la capitulation d'Alkmaar (18 oct.). En 1809, il fut accusé de malversations, mais acquitté par la Chambre des communes. — Le second fils du roi Edouard VU, Georges-Frédéric-Albert, né le 3 juin 1865, a reçu le titre de duc d'York en 1892 ; la mort de son frère aîné, le duc de Clarence, en a fait l'héritier du trône et l'avènement de son père lui a valu le titre de prince de Galles.
BiBL. : Hughes, Geography of Yorhshire. ; Londres, 1878. — Wellbeloved, Eburacum under the Romans^lS\2.
YORK River. Estuaire de la côte atlantique des Etats- Unis (Virginie), où viennent déboucher, à Westpoint, le Mattapony au N., le Pamunkey à dr.; le York River, dont la largeur varie de 1.600 à 6.000 m., forme l'excellent port de Yorktovvn et débouche dans la baieChesapeake.
YORKTOWN. Havre des Etats-Unis (Virginie), sur le York River (V. cet art.). Le général anglais Cornwallis, cerné par Washington et Rochambeau, y capitula le 19 oct. 1781 ; cet événementdécida l'affranchissement des Etats- Unis (V. cet art., t., XVI, p. 602).
YOROUBA. Peuple nègre de la Guinée, constitué en royaume entre le Dahomey et le Bénin, dépendant de la colonie anglaise de Lagos. Les Yorouba ou Yamba s'étendaient au début du xix® siècle du Niger aux abords de la baie de Bénin ; mais, vers 1830-40, ils furent vaincus par les Pheuls ou Foulbé du Gando, et leur royaume se décomposa en principautés, dont la principale fut celle d'Abéokouta. La capitale Oyo a encore 70.000 âmes ; 50 kil. au S., la grande place commerciale d'Ibadan, reliée par chem. de fer àla côte, en a 200.000 ; plus auN., Ogbomocho dépasse 60.000. La prospérité du pays a été accrue par la réouverture des routes commerciales que les Yébou avaient coupées à Odé entre les Yorouba et Lagos ; les Anglais les défirent en mai 1892. Le peuple Yorouba, qui s'appelle lui-même Nago ou Akou, compte 2 à 3 millions d'hommes habitant les hauteurs de l'intérieur et la belle plaine qui s'étend au pied vers la vallée de l'Odo-Ona. Ce sont des agriculteurs cultivant le maïs, le manioc, les patates, et des industriels, tisserands, teinturiers, forgerons, etc. Ils se sont concentrés en de grandes villes. Ils exportent l'huile de palme, le caoutchouc, l'indigo, etc. Beaucoup sont musulmans, quelquesuns chrétiens. Leur langue est analogue à celle du Noûpé.
YOSEMITE. Vallée des Etats-Unis, Californie, dans la Sierra Nevada, parcourue par la Merced River, elle a 24 kil. de long sur 1.500 m. de large; elle est fameuse à cause de ses grandioses rochers de forme singulière et de ses hautes cascades. Sur les deux côtés s'élèvent à pic des tours granitiques, telles que El Capitan (1.006 m.), Three Brothers (i .198 m.), Half Dôme (1.443 m.), Sentinel Rock, aiguille de 928 m., etc. Du CathedralRock la cascade Bridai Veil saute 270 m., ailleurs celle de Nevada 186 m., etc. Au bout de la vallée est le ravissant lac du Miroir. Découverte en 1851 par le capitaine Bolling, la vallée de Yosemite fut, en 1864 et définitivement en 1890, érigée en parc national de Californie, vaste de387.000hect.
YOSINO-Gava. Fleuve du Japon (V. ce mot, p. 21).
YOSIPPON (Littér.hébr.)(V. Gorionides).
YOSON. Rivière du dép. de Vlndre (V. ce mot, p. 731).
YOUEN-MiNG-YouEN (V. Palais d'été, t. XXV, p. 824).
Y0UGA(Chronol.hind.)(V.CALENDRiER,t.VllI,p.898). YOUNG (Edward), poète anglais, né à Upham, près de Winchester, en 1683, mort le 5avr. 1765. Fils d'un pasteur qui fut châtelain royal de Guillaume et de Marie, il eut une jeunesse assez orageuse. Il débuta dans les lettres par une épître à lord Lansdowne, bourrée de flatteries excessives. Après quelques essais sans grande importance, il donnait en 1714 force of Religion, poème sur l'exécution de Jane Grey. Le 7 mai 1719, on jouait à Drury Lane sa première pièce, Dusiris, sm\ie en 1721 d'une tragédie, The Revenqe, qui obtint un grand succès et demeura longtemps dans le répertoire. Ce n'est qu'une variation sur le thème d'Othello. En 1725, Young abordait la satire dans une série de petites pièces, intitulées The Universai Passion, qui furent réunies en 1728. Ces satires le placèrent j)resque sur le même plan que Pope. 11 connaît la célébrité, il est présenté à Voltaire à Eastbury. Sa renommée lui attire aussi force inimitiés littéraires : ses confrères et ses rivaux lui reprochant, non sans raison, son penchant à la flatterie et ses dédicaces louangeuses d'où il tirait d'ailleurs de fructueuses pensions. Vers 1728, Young entre dans les ordres et devient chapelain du roi. Mais il se plaint du peu de rapport de cette place, et en 1730 il est nommé recteur de AVelwyn dans le comté d'Hertford. Use marie, et durant plusieurs années ne produit qu'une ode, d'ailleurs absurde, The Foreign Adress (173i). Enfin, en 1742, il donne son chef-d'œuvre, les Nuits (The complaint or ISight Thoughts on Life, Death and Immortality) ; un des premiers, il tire avantageusement parti du sentimentalisme, où son ami Richardson devait triompher. Ces poèmes eurent une influence marquée sur la littérature anglaise, sur la littérature allemande où ils excitèrent l'admiration de Klopstock, et sur la littérature française où ils furent accueillis avec enthousiasme (traduction de Letourneur en 1769), où ils furent particulièrement prisés par Diderot, Robespierre et M^"*^ de Staël, et où ils eurent leur part dans le développement de l'école romantique. On peut reprocher toutefois à Young son style trop travaillé et toujours sententieux et un mélange bizarre de pompe et de platitude. Les Nuits ont été traduites non seulement en français, mais en allemand, en italien, en espagnol, en portugais, en suédois, en hongrois. Citons encore de Young : Océan (1728, in-8) ; The Ceniaur not fabulons (1754, in-8), en prose; Conjectures on original Composition (1759, in-8); Résignation (1762, m-4) ; Works (1741, 2 vol., in-8); éd. de Curll (1757,4 vol. in-I2), etc. R. S.
BiBL. : Biographie Britannica^ 1766. — Mitford, Biographie en tête de l'éd. des Poems ; Boston, 1854. — Do~ RAN, Bioirraphie en tête de l'éd. des Poems de Nichols, 1854. — Howard, TheBeauliesof Young, 1834. — Thomas, E. Young, sa vie et ses œuvres; Paris, 1902, in-8.
YOUNG (Arthur), agronome anglais, né à Londres le 7 sept. 1841, mort à Londres le 12 avr. 1820. Possesseur d'un petit domaine dans le comté de Suffolk, il s'appliqua de b«nne heure à perfectionner les méthodes de culture, parcourut successivement l'Irlande, la France, l'Espagne, l'Italie, afin de se rendre compte de celles qui y étaient pratiquées et, à son retour, en 1793, fut nommé par Pitt secrétaire du bureau d'agriculture aux appointements de 15.000 fr. Sa réputation comme agronome était universelle et, en Angleterre même, il jouit, à la tin du xvni^ siècle, d'une véritable popularité. R a publié une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels : A course of expérimental agriculture (Dodsley, 1770, 2 vol.) ; Farmer's Calendar (Londres, illO; 8® éd. ,1812); Annals of agriculture [Londres, 1784-1804, 45 vol.), etc. La plupart de ses écrits ont été traduits en français dans le recueil de Lamarre, Renoît et Rillecocq intitulé le Cultivateur anglais (Paris. 1800-d , 18 vol.). L. S,
YOUNG (Thomas), physicien et érudit anglais, né à Milverton (Somersetshire) le 13 juin 1773, mort à Londres le 10 mai 1829. R étudia, en même temps que la médecine, les langues orientales, les mathématiques, l'op-