YUN-NAN — YVES
Fleuve Rouge qui arrose le Tonkin, le Si-kiang ou fleuve de Canton. Ces hauts plateaux et ces hautes vallées n'ont pas l'opulente végétation tropicale, mais on y cultive le blé, le riz, les légumineuses, le pavot à opium, le théier, le mûrier, la canne à sucre, toute sorte de fruits, etc. Le bétail est nombreux. Les richesses minérales sont considérables, étain (à Kokieou), plomb argentifère, cuivre, fer, houille, mercure, or, jadéite, etc. Le marché central est le chef-lieu, Yunnan-fou ; les autres villes principales sont Tali vers FO., Sesnaoau S., Momein près de la Salouen,Mongtseu,près du Fleuve Rouge. Le débouché naturel est la vallée de ce lleuve, le long duquel se construit un chemin de fer français.
La population est très mélangée ; trois éléments principaux ont concouru à la former : lo les Miao-tseet Lolos, considérés comme aborigènes ; 2° les Chinois ; 3^ les immigrants, musulmans d'origine turque ou mongole; ajoutés au S. des Laotiens, des Karens, des tribus birmanes, etc. (Cf. l'art, ksm,^ Ethnographie et Linguistique et les art. Linguistique et Races humaines). C'est au temps de la dynastie des Han, du ii^ siècle av. J.-C. au li^ siècle ap. J.-C, que les Chinois prirent pied au Yun-nan, dont on attribue la conquête à l'empereur Hari-Wouti (106-4 av. J.-C); toutefois les montagnards demeurèrent insoumis. De 1125 à 1280 se maintint un royaume indépendant de Tali. Les Mongols, puis les Ming, soumirent définitivement le Yun-nan . Les musulmans et les Chinois vécurent en bon accord jusqu'au moment de la grande insurrection des Pan-thaï (V. Chine, pp. 93 et 94). Le Yun-nan se relève lentement de cette terrible saignée. L'influence française y prévaut de plus en plus.
BiBL. ; Rocher, la Prov. de Yunnan; Paris, 1879-80, 2 vol. in-8, avec carte au 800.000«. — Rouvier, art. dans Revue géographique de 1896 et 1897.
YUN-NAN-Fou. Ville de Chine, ch.-l. de la prov. de Yunnan, sur le plateau oriental, au N. d'un vaste lac ; 200.000 hab. Centre des mines de cuivre ; fabrication de tapis, feutres, satins, etc.
YUNQUE. Montagne de Porto Rico (V. ce mot).
YUN-TCHING. Ville de Chine, prov. de Chan-si,sur le bord du marais salant de Lou-tsoun; 90.000 hab. Cette ville, surnommée la Cité des sources^ n'a aucun rang administratif; elle est néanmoins très importante par suite de la résidence d'un tao-taï, chargé de l'administration des salines renommées de Lou-tsoun ; elle possède l'un des plus beaux temples de la Chine.
YUNX (Ornith.) (V. Torcol).
YURUK. Mot turc qui signifie nomade. On appelle ainsi des tribus turques qui sont restées nomades sur le sol ottoman depuis la conquête jusqu'à nos jours, et que leur teint blanc et leurs traits l'éguliers distinguent suffisamment des Turcomans immigrés qui mènent une vie analogue à la leur. Ils sont musulmans, un peu à la façon des Bédouins ; ils sont ordinairement monogames ; la femme n'est pas voilée ; elle ne regarde pas l'étranger quand il passe, mais lui donne immédiatement l'eau ou le lait qu'il lui demande ; leurs tentes noires en poil de chèvre, ou leurs huttes de branchages toujours pleines de fumée, sont disposées en cercle. Le gouvernement ottoman a fait récemment des efforts suivis de quelque succès pour fixer les Yuruks à demeure en leur distribuant des terres à cultiver. Les nomades qu'on appelle quelquefois de ce nom et qui vagabondent sur le territoire de l'ancienne Cilicie sont tout simplement des bohémiens ou tziganes.
YVAN, princes russes (V. Ivan).
YVART (Jean- Augustin- Victor), agronome français, né à Boulogne-sur-Mer en 1764, mort à Saint-Port, près de Melun, le 1*^^ juil. 1831. Il fut jusqu'en 1824 professeur d'économie rurale à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, puis se consacra à l'exploitation d'un grand domaine, à Saint-Port, près de Melun; c'est l'un de nos agronomes les plus éminents de la première moitié du xix® siècle. En
1814, il avait été élu membre de l'Académie des sciences de Paris en remplacement de Parmentier. Outre de nombreux mémoires et articles dans divers recueils, il a publié : Coup d'œil sur le sol, le climat et F agriculture de la France (Paris, 1807); Considérations générales et particulières sur la jachère (Paris, 1.822); Assolements et jachères (Paris, 1842, 3 vol,, posth.); etc.
BiBL. : Baron de Sylvestre, Notice sur J.-A.-V, Yvart, dans Mém. Soc. dagric, 1832.
YVECRIQUE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Doudeville; 447 hab.
YVERDON (lat. Eburodunum, ail. Ifferten), Ville de Suisse, cant. de Vaud, à l'extrémité S. du lac de Neuchâtel; 8.000 hab. protestants français. Industrielle et commerçante ; plusieurs établissements d'éducation ; bains sulfureux. Très beau château ancien, à quatre tours, bâti en 1135 par le duc de Zaehringen, résidence des avoués bernois de 1536 à 1798, et que le conseil municipal mit pendant vingt ans à la disposition de Pestalozzi pour ses établissements d'éducation (1805-25). C'est auj. un musée.
BiBL.: CR0TTET,Hi6^. de lavilîe d'Yverdon ; Genève, 1859.
YVERNAUMONT. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Mézières, cant. de Flize; 151 hab.
YVERSAY. Com. du dép. de laVienne, arr. de Poitiers, cant. de Neuville; 253 hab.
YVES. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. et cant. (S.) de Rochefort; 336 hab.
YVES DE Chartres (Saint), auteur ecclésiastique, né près de Bcauvais vers 1040, mort le 23 déc. 1116. Il étudia à l'abbaye du Bec, devint chanoine à Nesle, puis abbé de l'abbaye Saint-Quentin à Beauvais (v. 1075). Il fut nommé évêque de Chartres et, comme son élection était contestée, il alla se faire confirmer à Rome (1091). Il s'opposa au mariage de Philippe P** avec Bertrade de Montfort et fut emprisonné par ordre du roi de France pendant deux ans (1092-93). H se réconcilia avec le roi de France (1104) et conseilla à Louis VI de se faire sacrer à Orléans (1108). Il prit une part active à la réforme ecclésiastique de son époque ainsi qu'à la polémique suscitée par la querelle des investitures, dans laquelle il se montra partisan de la conciliation du pouvoir spirituel avec le pouvoir temporel. — 11 a composé une célèbre collection de canons (décrétâtes des papes, canons des conciles, extraits des Jsaints pères, lois romaines, lois promulguées par les rois et les empereurs depuis Charlemagne), inspirée de celle de Burchard de Worms et qui servit elle-même de base à Gratien (V. ces noms et l'art. Décrétale) ; elle comprend trois parties, dont les deux premières (Decretum et Panormia) sont seules d'Yves de Chartres, qui les rédigea vers 1093. Cette collection canonique a été publiée en 1499 (Bâle), 1557 (Louvain) et par Fronteau et Souchet (1647) ; — des lettres (289), publiées par P. Pithou (Paris, 1585, in-4), F. Juret (Paris, J610, in-8), etc.; traduites en français par Merlet (Chartres, 1885, in-8); une courte chronologie (Historia Francorum brevissima), rédigée vers 1108 et attribuée aussi à Hugues de Fleury [îiec, des hist, de Fr., t. X, XI et XII) ; — des sermons, publiés à part par Hittorp (Cologne, 1568, in-foL); -- un Micrologus liturgique (1510, 1527 et 1590), etc. Deux éditions de ses œuvres complètes ont été données par Souchet (Paris, 1647, in-fol.) et par Migne (Patrol. lat., t. CLXI et CLXII). E.-D. Grand.
BiBL. : S. Devic, Etude hist. et litt. sur Yves de Charb^es; Paris, 1858, ia-8. —A. Foucault, Essai sur Yves de Chartres d'après sa correspondance; Chartres, 1883, iQ-8. — Thèses allemandes de Dombrowski (Breslau, 1881) et A. SiEBER (Kônigsb erg, 1885). — P. Fournier, Yves de Chartres et le Droit canonique ; Paris, 1898, in-8 (Cf. Bibl. Ec. des Chartes, t. LVII-LVIII, 1896-97). — EsMEiN, la Question des investitures dans les lettres d'Yves de Chartres; Paris, 1889, in-8 {BiblioL de VEc. des Hautes -Etudes, section des sciences religieuses).
YVES — YZOSSE
YVES Hélory (Saint), patron des avocats, né à Kermartin, près de Tréguier, d'une famille noble, le 17 oct. 1253, mort le 19 mai 1303. Après avoir fait ses études es arts et en droit canon aux Universités de Paris et d'Orléans, il fut nommé officiai de l'archidiaconé de Rennes (i'28*0), puis officiai du diocèse de Tréguier (1284) et recteur de Trédrez. 11 acquit la réputation d'un saint homme, charitable, éloquent. Comme le bienheureux Hélie de Biville (.f 1257), Yves s'habillait de la manière la plus simple et se laissait dévorer par la vermine. Il avait fondé une sorte d'hospice dans son manoir héréditaire de Kermartin. Vers 1298-99, il résigna ses fonctions pour se consacrer tout entier à la vie contemplative. Yves de Kermartin fut canonisé par Clément VI, qui était originaire de la vicomte de Limoges, dépendance féodale de la Bretagne ; on célèbre sa fête le 19 mai. Une pseudoséquence sur le patron des avocats a été très populaire : Sanctus Yuoerat Brîto; — Advocatus et non latro, — Res miranda populo. Ch.-V. L.
BiBL. : Ch. DE La RoNciÈRE, Saint Fyes; Paris, 1901, in-12. Ouvrage d'édificatioa, avec bibliographie, pp. 195-201.
YVETEAUX (Les).Com. dudép. de l'Orne, arr. d'Argentan, cant. de Briouze; 250 hab. Stat. de chem. de fer.
YVETOT. Com. du dép. de la Manche, arr. et cant. de Valognes ; 356 hab.
YVETOT. Ch.-l. d'arr. du dép. de la Seine-Inférieure, à 152 m. d'alt. dans le pays de Caux; 7.545 hab. (6.458 aggl.) en 1901. Pépinières; fabriques de toiles, lainages, cotonnades, etc.; commerce de laines. La célébrité de celte petite ville tient au roi d'Yvetot, popularisé par une plaisanterie de Henri IV et une chanson de Béranger. Au xvi® siècle, on trouve en effet un seigneur d'Y vetot qui ne relevait d'aucun autre dans la hiérarchie féodale et l'affirma en prenant le titre de roi, ensuite remplacé par celui de prince.
BiBL. : Claude Malingre, Traité du royaume d'Yvetot, 1614, in-S. -— J. RuAULT, Preuves de Vhist. du roy. d'Yvetot, 1631, in4. — L.-A. Beaucousin, Hist. de la principauté d'Yvetot; Rouen, 1884, in-8. ~ Guilmetii, Hist. de la ville et des environs d'Yveloty 1842, in-8.
YVETTE. Rivière du dép. de Seine-et-Oise (V. cet art.).
YVIAS. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc, cant. de Paimpol; 1.173 hab.
Y VI ERS. Com. du dép. de la Charente, arr. de Barbezieux, cant. de Chalais ; 888 hab.
YVIGNAC. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Dinan, cant. de Broons ; 2.046 hab.
YVILLE-sur-Seine. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Duclair ; 332 hab.
YVOIRE. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. de Thonon-les-Bains, cant. de Douvaine ; 483 hab.
YVON (Claude), théologien et littérateur français, né à Mamers en 1714, mort à Paris en 1791. Il entra dans les ordres, puis vint à Paris et se lia avec les encyclopédistes : Diderot le chargea des articles Ame, Athée, Dieu, dans TEncyclopédie. Entré chez un libraire, il y rédigea des thèses pour la Sorbonne, en particulier celle de l'abbé de Pradt (1751), qui fit beaucoup de bruit et fut censurée. Y von se réfugia en Hollande et publia ['Apologie de M, de Pradt (1752), dont la troisième partie est due à Diderot. Revenu en France et ayant fait sa paix avec l'Eglise, Yvon devint chanoine de Coutances et historiographe du comte d'Artois. On lui doit encore àmx Lettres à Rousseau (1763) et divers ouvrages sur l'histoire de la religion.
YVON (Adolphe), peintre français, né à Eschwilier (Moselle) le 31 janv. 1817, mort à Paris le 11 sept. 1893. Elève de Paul Delaroche, il débuta au Salon de 1842 avec un portrait de M^^ Ancelot; envoyé en mission en Crimée pendant la campagne, il exposa à son retour un grand tableau. Prise de la tour de Malakoff, qui obtint un vif succès et fut popularisé par la gravure. Dessinateur habile et consciencieux, il excellait à camper ses personnages dans l'atmosphère qui leur convenait ; il
a du mouvement et de la vie, mais on peut lui reprocher une certaine sécheresse et un coloris un peu pauvre ; nous citerons de lui, outre de nombreux portraits : le Premier Consul descendant les Alpes, le maréchal Ney soutenant Varrière-garde en Russie, Bataille de Solférino, Evacuation des blessés à Magenta, Une Rue de Constantinople, Secrets d'Etat, Charge de Reichshoffén,
YVON-ViLLARCEAU (Autoine-Joseph-François), astronome français, né à Vendôme le 15 janv. 1813, mort à Paris le 28 déc. 1883. Il s'affilia tout jeune au saintsimonisme, partit pour l'Orient, en 1833, avec Félicien David et fut attaché quelque temps à l'école fondée au Caire par Lambert Bey (V. ce nom). De retour à Paris en 1837, il entra comme élève à l'Ecole centrale des arts et manufactures, obtint en 1840 le diplôme d'ingénieur, mais se tourna vers l'astronomie et, en 1846, fut nommé astronome de l'observatoire de Paris. En 1855, il devint membre du Bureau des longitudes et, en 1867, fut élu membre de l'Académie des sciences. On lui doit d'importants travaux de triangulation géodésique et il a perfectionné plusieurs instruments : le cercle méridien, le grand équatorial, etc. II a aussi calculé les éléments de plusieurs astéroïdes. Il a publié : Théorie de la stabilité des machines locomotives en mouvement (Paris, 1852); Etablissement des arches de ponts droits (Paris, 1853) ; Méthodes pour la détermination des orbites des planètes et des comètes (Paris, 1857); JSouvelle navigation astronomique, en collab. avec Maenac (Paris. 1877), etc.
YVORNE. Village de Suisse, cant. de Vaud, renommé par son vignoble qui produit de très bons vins blancs (Clos du Rocher, Maison-Blanche, etc.) ; 351 hab.
YVOY-le-Marron. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de Romorantin, cant. de Lamotte-Beuvron ; 766 hab.
YVRAC. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. du Carbon-Blanc ; 738 hab.
YVRAC-et-Malleyrand. Com. dudép. de la Charente, arr. d'Angouléme, cant. de La Rochefoucauld; 824 hab.
YVRANDES. Com. du dép. de l'Orne, arr. de Domfront, cant. de Tinchebray; 530 hab.
YVRÉ-LE-PôLiN. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de La Flèche, cant. de Pontvallain; 1.269 hab.
YVRÉ-l'Evëque. Com. du dép. de la Sarthe, arr. et cant. (3^) et à 6 kil. E. du Mans, sur l'Huisne ; 2.252 hab. (596 aggl.). Ruines de l'abbaye cistercienne de VEpan (Pietas Dei). Plateau d' A uvours, autour duquel se livra la bataille du Mans (V. Franco-allemande [Guerre]). Carrières ; commerce de fromages.
YVRENCH. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Crécy-en-Ponthieu ; 439 hab.
YVRENCHEUX. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Crécy-en-Ponthieu ; 309 hab.
YZENGREMER. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. d'Ault; 560 hab.
YZERNAY. Com. dudép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. deCholet; 1.609 hab.
YZERON ou IZERON. Rivière du dép. du Rhône, (V. ce mot, t. XXVIIl, p. 598).
YZERON. Com. du dép. du Rhône, arr. de Lyon, cant. de Vaugneray; 727 hab.
YZEURE. Com. du dép. de TAllier, arr. et cant. (E.) de Moulins; 5.703 hab.
YZEURES ou IZEURES. Com. du dép. d'Indre-et- Loire, arr. de Loches, cant. et à 9 kil. S.-O. de Preuilly, sur la Creuse, à 80 m. d'alt. ; 1.843 hab. Stat. du chem. de fer de Châtellerault à Tournon-Saint-Martin. Eglise romane ; restes d'un prieuré du xii« siècle; beau dolmen. On identifie avec Yzeures Vîciodorum gallo-romaine.
YZtUX. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Picquigny; 178 hab.
YZOSSE. Com. du dép. des Landes, arr. et cant. de Dax;285hab.
^.à'imonet jinv.'
i . EvangéliairedeKells(ms. delabibliot. de Dublin), vii^ s.