‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 614 sur 633 · ZAATCHA — ZACHARIE · texte numérisé non relu

ZAATCHA — ZACHARIE

dental, arrosée par des puits. En 1849, le cheikh Bou-Zian s'y insurgea; renforcé par les fanatiques et les rôdeurs de la région saharienne, il opposa uae résistance acharnée au général Herbillon. Ce fut la plus meurtrière des conquêtes d'oasis, il fallut 52 jours pour s'en emparer, enlevant jardin par jardin et maison par maison au prix de pertes cruelles. L'assaut final eut lieu le 26 nov. 1849; les colonels Canrobert, de Barrai et de Lourmel dirigeaient les trois colonnes françaises. Bou-Zian fut tué ; les palmiers de l'oasis furent coupés, les maisons rasées.

BiBL. : Rocher, dans Revue desDeux Mondes, avr. 1851.

ZAB, Nom de deux affluents de gauche du Tigre, dans le Kurdistan (Perse et Turquie d'Asie). — Le grand Zab, Lycus des anciens, a sa source en Perse, dans F Azerbaïdjan ; il entre ensuite en Turquie dans la province de Van, sandjakde Hekldari, et se jette dans le Tigre sur le territoire de la province de Mossoul, après avoir reçu les eaux du Raou-Kojak et de la rivière de Rovandiz. — Le petit Zab, Caprus des anciens, a également sa source dans l'Azerbaïdjan, porte d'abord le nom kurde de Zeï et le nom persan de Kalvi, entre en Turquie dans le district de Suleimanié, traverse la ville d'Altoun-Kieupru qui est sur la route de Mossoul à Bagdad, et se jette dens le Tigre en face de Kalaat-Djebbar. Les deux rivières ont chacune plus de 400 kil. de cours et des eaux abondantes et impétueuses. Cl. HUART.

ZABOROWSKI (Sigismond), anthropologiste français, né à La Crèche, com. de Breloux (Deux-Sèvres), le 11 nov. 1851. Il entra dans la presse scientifique peu après 1870, devint secrétaire, puis bibliothécaire (1892) de la Société d'anthropologie de Paris.Il a été plusieurs fois chargé de conférences et de cours à l'Ecole d'anthropologie. On lui doit de nombreux travaux de vulgarisation scientifique et de science pure. Citons : V Ancienneté de Vhomme (1874, 2vol.); V Homme préhistorique (iSl S); ï Origine du langage (1879); les Grands Singes {iSSi); hs Mondes disparus (iSSQ), Ses mémoires originaux, parus surtout dans le Bulletin de la Société d'Anthropologie, la Revue d'Anthropologie, la Revue scientifique, etc., s'élèvent à une centaine, indépendamment de sa collaboration à la Grande Encyclopédie. Il a contribué à élucider l'ethnologie de nos colonies, l'Indo-Chine, Madagascar, etc., et à résoudre la question des origines aryennes. D'' L. Hn.

ZABULON. Ce nom désigne à la fois, selon le procédé généajogiqne des écrivains bibliques, un des fils de Jacob, le dernier qu'il eut de son épouse légitime Léa, et l'une des tribus d'Israël, dont l'habitat est au N.-O. du pays de Chanaan, au voisinage des Phéniciens. Les gens de Zabulons'y mêlèrent à la population indigène.

ZACATECAS. I. Ville. — Ville du Mexique, cap. de l'Etat de ce nom, à 2.450 m. d'alt., dans un étroit défilé, sur le chem. de fer de Mexico à El Paso; 40.000 hab. en 1895. Centre minier très important; fonderies d'argent; poteries. Belle cathédrale de 1612-1752, au point culminant; riche bibliothèque; monnaie, etc.

IL Etat. — L'un des Etats-Unis du Mexique, limitrophe de Coahuila au N., Jalisco au S. et à l'O. ; 65.167 kil. q. ; 452.720 hab. en 1895. C'est un plateau aride de 2.000 m. de haut, balayé par le vent duN. et oîi il ne pleut presque jamais. Les mines d'argent découvertes en 1548 sont la seule ressource importante.

ZACCARIA (Francesco-Antonio), canoniste, né à Venise en 1714, mort en 1795. — Œuvres principales iDissertatio de duafms antiquis canonum collectionibus ineditis ; De inedita collectione quam cardinal Laborans composuit.

ZACCONÊ (Pierre), httérateur français, né à Douai le 2 avr. 1817, mort à Morlaîx le 12 avr. 1895. Fils d'un officier, il fut enfant de troupe, fit ses études à Brest et entra dans l'administration des postes. Il s'adonnait à la littérature pendant ses loisirs; en 1843, il vint à Paris et fit paraître Epoques historiques de la Bretagne (1845).

Depuis lors, il écrivit sans relâche des romans du genre feuilleton. Après 1878, il fut président de la Société des gens de lettres. Ses principaux livres sont : Histoire des sociétés secrètes (1847), le Roi de la Basoche (1852), le Vieux Paris (1855) et le Nouveau Paris (1856), les Drames des catacombes (1854), les Rôdeurs de nuit, la Poste anecdo tique et pittoresque (1867), les Drames de V Internationale (1872), les Mansardes de Paris (1880), les Drames de la Bourse (1882), V Enfant dupavé (1888), Seuls (1891), etc. Il a fait jouer les Nuits du boulevard (1880).

ZÂGH (Félicien), de la famille noble des Zâch ; palatin à la cour de Mathias Csâk, adversaire des Angevins en Hongrie, il jura plus tard fidélité à Charles-Robert et devint conseiller du roi. En 1330, sa fille Claire fut déshonorée par Casimir, frère de la reine Elisabeth, qui a joué dans ce forfait un rôle équiveque. Le père courroucé, pour se venger, se précipita épée nue sur la famille royale qui dînait à Visegrâd (17 avr.), et abattit quatre doigts de la main de la reine. Zâch tomba sous les coups de Jean Cselényi, et le roi exerça une vengeance terrible. Les descendants de Zâch furent frappés jusqu'à la troisième génération, leurs biens confisqués, et la malheureuse Claire, horriblement mutilée, fut traînée de ville en ville. De nombreux dramaturges ont mis sur la scène cet épisode de l'histoire nationale ; Arany en fit une ballade émouvante.

ZACH (Franz-Xaver, baron de), astronome allemand, né à Presbourg le 4 juin 1754, mort à Paris le 2 sept. 1832. Il fut d'abord ofiicier dans l'armée autrichienne, puis précepteur à Londres, et, en 1786, entra au service du duc de Saxe-Gotha, qui lui fit élever sur le Seeberg, près de Gotha, un observatoire. Il en eut la direction de 1787 à 1806. Il voyagea ensuite et habita succcessivement Marseille, Gênes, Paris. Il est surtout connu par sa Monatliche Korrespoiidenz ziir Befôrderung der Erd-'und Himmelskunde (Gotha, 1806-13, 28 vol.), devenue par la suite la Correspondance astronomique (Genève, 1818-25, 13 vol.). Il fut également le directeur, à partir de 1796, des Allgemeinen geographischen Ephemeriden. Il est l'auteur de Tabulce motuum solis novœ et correcte (Gotha, 1792, suppl. 1804), de Tabulce spéciales aberrationis et nutationis (Gotha, 1806, 2 vol.), et d'un grand nombre d'autres ouvrages, de mémoires et d'articles. L. S.

ZACHARI>€ (Just-Friedrich-Wilhelm), poète allemand, né à Frankenhausen le 1®^' mai 1726, mort à Halle le 30 janv. 1777. Il est l'auteur de poèmes héroï-comiques que Gottsched mit en vogue : Der Renommist (1744), Phaeton, Das Schnupftuch, etc. Il a aussi écrit des poèmes didactiques (Tageszeiten^i^^^; Die vier Stufen des weiblichen Alters, 1757, etc.), des fables, etc.

JBiBL : ZiMMERMANN, J.-F.-W. ZacharidB ; Leipzig, 1792.

ZACHARIE. Nom porté par différents personnages de l'histoire juive, notamment par un fils de Jéroboam II, roi des Dix-Tribus, qui ne régna que quelques mois; par le fils du grand prêtre Joad, successeur de son père dans cette haute fonction et qui fut victime de l'ingratitude du roi Joas, enfin par un prophète, fils de Béréchie, dont l'œuvre, relativement importante, figure à l'avant-dernière place dans la Collection des petits prophètes. Ce Zacharie, contemporain de Zorobabel, appartient aux temps qui suivirent l'exil (fin du vi® siècle av. J.-C). — Lq Livre de Zacharie se compose de trois parties : l<*chap. i à vnr, qui consistent en visions d'un tour assez particulier et auxquels l'auteur de V Apocalypse du Nouveau Testament empruntera les éléments de quelques-uns de ses tableaux ; 2^ chap. ix à xr, vues d'avenir et avertissements dans le goût des anciennes prophéties ; 3^ chap. XII à xiv, tableau de la crise finale d'où Israël sortira régénéré. On a proposé de considérer ces deux dernières parties comme émanant d'écrivains antérieurs à la destruction de Jérusalem, mais leur antiquité est fort suspecte. L'authenticité de la première partie

iûm

ZACHARÏE - ZAGOSEINE

est elle-même contestable. — Le Nouveau Testament cite UQ Zacharie, époux d'Elisabeth et père de saint Jean-Baptiste. M. Vernes.

Bjbl. : Ed. Reuss, les Prophètes, t. !«»•, pp. 177-193 et 347-360, et t. II, pp. 339-362. — M. Vernes, Du prétendu polythéisme des Hébreux, t. II, pp. 375-381.

ZACHARIE (Saint), 93« pape, élu le 30 nov. 744, mort le 44 mars 752. Fête, le 45 mars. — Il était fils d'un Grec nommé Polychronios. Lorsqu'il fut élu, l'Eglise de Rome était en conflit flagrant avec la cour de Constantinople, la confirmation de son élection ne fut donc pas demandée à l'exarque de Ravenne ; et comme on n'en sollicita pas non plus pour ses successeurs, ce signe de la dépendance du siège de Rome à l'égard de l'Empire grec peut être considéré comme disparu dès Zacharie. Peu de temps après son accession, ce pape abandonna le parti du duc de Bénévent et du duc de Spolète, avec lesquels Grégoire Ilï, son prédécesseur, s'était ligué contre Luitprand, roi des Lombards, et il obtint de ce prince des concessions qui augmentèrent grandement le domaine de l'Eglise de Rome ; il réussit même à le faire renoncer à son entreprise contre l'exarchat de Ravenne. Cette influence fut plus puissante encore sur le successeur de Luitprand, Rachis, que ses inclinations dévotes prédisposaient à la subir. En 750, Rachis abdiqua la dignité royale, reçut l'habit monastique de la main du pape, et se retira au mont Cassin. — Eginhard rapporte que, en 754, Burchard, évêque de Wurtzbourg, et Fulrad, prêtre-chapelain, furent envoyés à Zacharie, pour le consulter touchant les rois qui étaient alors en France, et qui ne possédaient de la royauté que le nom, sans en avoir la puissance. Le pape répondit qu'il valait mieux que celui qui possédait déjà l'autorité de roi le fût en effet. En conséquence, d'après la sanction du pontife romain, Pépin fut appelé roi des Francs et reçut l'onction sacrée pour cette dignité. — Plusieurs lettres adressées à Boniface attestent l'active attention avec laquelle Zacharie suivait l'œuvre missionnaire entreprise afin d'opérer la conversion des Germains, pour le profit commun du siège de Rome et des princes austrasiens. Dès 742, il s'était intéressé au premier concile national germanique, assemblé par Carloman. En 747, il établit définitivement, àMayence, la métropole delà Germanie, en y fixant Boniface et en attribuant à lui et à ses successeurs juridiction sur toute la Germanie, en quaUté de légats. — Vers le même temips, il affirmait sa propre juridiction sur toute la nation franque, en édictant sur les pouvoirs des métropolitains et divers sujets de discipline 27 capitula adressés adPippinum, Major em Domus, itemque ad episcopos, abbates et proceres Francorum. — Il traduisit en grec les Dialogues de saint Grégoire le Grand. E.-iï. Vollet.

BiBL. : BAXMAr^N, Polilih der Pâpste, 1868, 2 vol. — Oelsner, Pippin, 1871. — Jaffé, Monumenta rnoguntina.

ZPiQHÈE.V Evangile de saint Luc (xix, 4, suiv.) rapporte qu'un chef des publicains de ce nom, habitant Jéricho, montra un extraordinaire empressement avoir Jésus et obtint le grand honneur de le recevoir sous son toit. La tradition fait de Zachée le premier évêque de Césarée {Constitutions apostoliques, Récognitions, Homélies Clémentines).

ZADOC. Au moment oîi l'on attendait la mort de David, l'un des deux grands prêtres, Abiatbar, se prononça en faveur d'Adonias; l'autre, Zadoc, en faveur de Salomon. Celui-ci se priva des services du premier et maintint Zadoc à la tête du sacerdoce de Jérusalem (4 Rois, i et II, passim). On peut supposer qu'Abiathar était, en réahté, le chef du clergé sous David et que Salomon le remplaça par Zadoc, peut-être le chef du^sacerdocc de Gabaon, qui devint la tige de la grande prêtrise légitime. On a proposé de rattacher à ce nom celui desSaducéens.

Z/EH RI NGEN. Village du grand-duché de Bade, à3kil. de Fribourg; 4.459 hab. Ruines du château des anciens ducs de Zœhringen, issus d'Erchanger, duc de Souabe, décapité en 917; son fils, Guntram le Riche, comte de

Sundgau et Brisgau, serait Fancêtre commun des familles deZœhringen, issue de son fils ahié Gebhard, et de Habsbourg, issue de son fils cadet Lanzelin. Le véritable fondateur de la puissante maison de Zaihringen fut Berthold le Barbu (f 4077), qui, s'étant vu frustrer du duché de Souabe, prit parti pour le pape contre Henri IV et déchaîna la guerre civile dans l'Allemagne du Sud. A sa mort, tandis que son fils cadet Hermann devenait margrave de Bade (V. ce mot), son fils aîné Berthold H (4077-4414) s'établit à Zœhringen dont sa famille prit le nom. Ils demeurèrent adversaires acharnés des empereurs franconiens et souabes. La branche aînée, dite de Zœhringen, dont Fautorité s'étendit progressivement sur la Suisse actuelle, se continua par Berthold III (4444-23), fondateur de Fribourg et de Villingen; Conrad (4423-52), frère du précédent, vicaire du royaume de Bourgogne (ou d'Arles), Berthold IV (4452-86), fils de Conrad, lequel fit sa paix avec Frédéric Barberousse et y gagna les fiefs bourguignons et l'avouerie de Genève, Lausanne, Sion ; Berthold V (4486-4248), fils du précédent, fondateur de Berne, Yverdon, Mondon, etc. H mourut sans enfants, et l'héritage des Zasliringen fut démembré, les fiefs revenant à Fempereur, les biens de Souabe au comte d'Urach, époux de sa sœur aînée, les biens d'Helvétie au comte de Kybourg, époux de la cadette ; la maison d'Urach se subdivisa en comtés de Fribourg et de Furstenberg.

BiBL. : ScHŒPFLiN, Historia Zaringo-Badensis ; Carlsruiie, 1763-66, 6 vol. — Heyck, Gesch. der Herzoqe von Zsehringen; Fribourg, 1891.

ZAFARINES. Iles du Maroc (V. Djapârines).

ZAFIBRIHAMA. ?en\^hde de Madagascar (V. ce mot).

ZAFRA (Julia Reslituta). Ville d'Espagne, prov. de Badajoz; 7.000 hab. Grand château des ducs de Medina- Celi, bâti en 4437. Carrières de marbre bleu; foires aux bestiaux. Croisement de voies ferrées vers Séville, Huelva et Merida.

ZAGAIE (V. Sagaie).

ZAGANELLI, peintre italien (V. Cotignola).

ZAGAZIG. Ville de la Basse-Egypte, ch.-l. de la prov. de Charkièh; 35.745 hab. en 4897. Prise d'eau du canal du Nil à Suez. Ruines de Bubaste. En face du val du Toumilat, à la jonction des voies ferrées d'Alexandrie à Suez et à Mansourah, c'est le centre du commerce du coton et des céréales dans le Delta oriental.

ZAGHOUAN. Ville de Tunisie, au pied du mont Zaghouan (4.340 m.), près des sources qui alimentent Tunis par aqueduc ; 2.000 hab. Teintureries. Belles ruines romaines de la Nymphée ou Temple des eaux.

ZAGORA (Mont) (V. Hélicon).

ZAGOSKINE (Michel-Nikolaiévitch), dramaturge et romancier russe, né dans un bien du gouvernement de Penza en 4789, mort à Moscou en 4852. Après avoir reçu une médiocre éducation dans sa famille qui était pauvre, il vint de bonne heure à Saint-Pétersbourg, où il reçut une place dans l'administration des Mines. En 4842 il s'engagea, et fut blessé. Revenu à Saint-Pétersbourg, il se livra tout entier à sa passion pour le théâtre. Il fit sa première comédie, le Polisson, bien accueillie par le prince Chakhovskoï, dramaturge influent, et, à partir de ce moment, fournit au théâtre de nombreuses comédies. On cite: Comédie contre la Comédie; Bogtonov ou le Provincial à la capitale; le bon Garçon, et surtout le Théâtre noble (4828), qui passe pour son chef-d'œuvre, bien que ce mot n'indique ici rien de bien relevé, ni de très nouveau. C'est à la même époque que Zagoskine se mit à cultiver un genre auquel il allait devoir des succès éclatants : le roman historique. Son roman le plus célèbre, îouri Miloslavski, parut en 4829. Dix autres suivirent, sur divers sujets empruntés à l'histoire plus ou moins réelle de la Russie. L'entrain de ses comédies et Félan patriotique de ses romans distinguèrent Zagoskine, et lui assurent encore, àFheure actuelle, des lecteurs attentifs,

ZAGOSKINE — ZALUSKI

mais il n'y a, dans toute son œuvre, rien de bien caractéristique. Ses œuvres complètes ont commencé à paraître à Saint-Pétersbourg en 1898. J. L.

BiBL. : S.-T. Aksakov, Biographie dcZagoshine, dans les Œuvres diverses; Moscou, 1858 (en russe),

ZAGREUS (Myth. gr.) (V. Dionysos, p. 610, Mystère, Orphisme).

ZAHREZ. Lagunes dudép. à' Alger (V. ce mot, p. 156).

Z AÏ DAM ou TSAÏDAM. Région de l'Asie centrale dépendant de la prov. chinoise de Koukou-nor. C'est un désert salé, occupant une cuvette de 2.600 à 3.000 m. d'alt. , au N. du Kouen-Loun central, au S. du Koukou-nor, entre 35^ 20' et 39;> lat. N., 88« et 96« long. E. On lui attribue 180.000 kil. q. et 12.000 hab. de race mongole (Eleuthes, croisés de Tangoutes), nomades pasteurs vêtus de feutre et de peaux de mouton.

ZAÏRE (V. Congo).

ZAITCHAR ouZAJECAR. Ville de Serbie, sur le Timok; 7.000 hab., dont moitié de Bulgares. Le 7 août 1876, Osman Pacha y défit les Serbes. Marché de laine.

ZAITZEVO. Ville de Russie (V. Nikitovkâ).

ZAIZAN (Lac) (V. Dzmzan Nor),

ZAKATALY. Ville forte de Transcaucasie, sur un affl. g. du Kour. Citadelle des Lesghiens, prise, en 1804, par Gouliakov.

ZALA. Comitat de Hongrie, à la frontière de la Styrie; 5.121 kil. q.; 433.864 hab. (en 1900). Le comitat est sillonné par les montagnes du Bakony et du Balaton. La Drave le sépare de la Croatie ; cette rivière limite, avec la Mura, le territoire de Murakôz, (583 communes et 2 villes). Ch.-L: Zala-Egerszeg. J. K.

ZALA (Georges), sculpteur hongrois, né à Felsô-Lendva le 16 avr. 1853. C'est un des plus grands artistes de la Hongrie contemporaine. Il fit ses études à Vienne et à Munich, se fit connaître surtout à l'Exposition de Budapest en 1885 par son groupe : Marie et Madeleine^ acheva le monument des honvédsà Bude, commencé par Huszâr; il dirige l'atelier royal de sculpture à Budapest. J. K.

ZALANA. Com. du dép. de la Corse, arr. de Corte, cant. de Moita; 1.039 hab.

ZALATNA.Com. du comitat Alsé-Fehér (Transylvanie), centre du district minier de cette contrée. Construire sur l'emplacement de la colonie minière àWmpelum, siège du procurator œrarium romain, la commune fut fondée, sous le roi Geyzalï (1141-61), parles Saxons. Centre des mines d'or de la Transylvanie. J. K.

ZALESKI (Bogdan), poète polonais, né à Bohatyrka (Ukraine) en 1802, mort à Villepreux (Seine-et-Oise) en 1886. Elevé au milieu des steppes qu'il a chantés ensuite à maintes reprises, il fit ses études à Human, puis les compléta à Varsovie, où il composa ses premiers poèmes influencés par le romantisme venant de naître à cette époque en Pologne. Aide de camp du général Skrzynecki pendant l'insurrection de 1831, il émigra en France où il resta jusqu'à la fin de ses jours. Les revers de sa nouvelle patrie en 1870 ne l'ont pas laissé insensible, ils lui ont inspiré la Prière pour la France, admirable de sincérité et d'élévation. Ses poésies ont un caractère éminemment lyrique : il chante surtout l'Ukraine et ses charmes, et se transporte volontiers dans l'époque où il vivait dans ce beau pays. Ses recueils Paisalki (les Naïades) ; Cxajki (Barques cosaques) ; Dimiy idumki (Chansons); Szurnki (Petites chansons), appartiennent aux meilleures productions du groupe dit « ukrainien » («Ecole d'Ukraine » : Malczewski, Goszczynski, Zaleski, Czaykowski, Groza) de la poésie polonaise. Parmi les œuvres épiques, la Sainte Famille surtout mérite d'être mentionnée, elle raconte d'une façon naïve et poétique l'enfance de Jésus. On a aussi de Zaleski une excellente traduction des chants populaires serbes et un poème philosophique, VEsprit du steppe, espèce de légende des siècles avec des passages quelquefois superbes. Une des meilleures éditions de ses œuvres ^est celle de Gubryno^vicz et Schmidt {Uiblioteka Polska, t. Vlï-X),

qui ont aussi publié ses Poésies posthumes en trois volumes (Lwow, 1890). D^' V. BuGiEL.

BiBL. : Gasztowtt, B. Zaleski ; Paris, 1886 (cf. Bullelin polonais, 1886).

ZALEUCOS, législateur grec de Locres, du vji^ siècle av. J.-C. Suidas en fait un simple berger, mais Diodore (XII, 20) fait de lui, ce qui est plus plausible, un homme de famille aisée. On prétendit que Pallas Athéna en personne l'avait inspiré, lui dictant ses lois en songe. Zaleucos les rédigea ; puis il les promulgua, croit-on, en 644 av. J.-C., une quarantaine d'années avant le terrible Dracon dont il eut, lui aussi, la proverbiale rigueur. Cette législation nouvelle était précédée d'un beau préambule sur la Divinité. Il affirmait : « L'ordonnance de l'univers prouve surabondamment l'existence de son auteur ». C'est le Cœli enarrant gloriam Dei. Et Zaleucos énumérait et enseignait les vertus que les dieux sont en droit d'exiger des citoyens et des magistrats, conducteurs de l'Etat. Victor Glachant.

ZALUSKI. Nom d'une famille polonaise qui a joué un rôle considérable dans l'histoire politique et littéraire de la Pologne. Ses membres les plus remarquables sont :

André-Clirijsostome, homme d'Etat et prélat, né en 1650, mort en 1711. Après des études aux universités de Vienne et de Gratz, il entra dans les ordres, devint en 1674 chanoine de Cracovie, en 1683 évêque d'Ermeland. Orateur renommé, en 1683 il négocia le traité avec l'Autriche qui amena Sobieski au secours de Vienne assiégée par les Turcs. En 1699, le roi Auguste II le nomma grand chanceHer de la couronne. Brouillé avec lui, il l'interna à Dresde, puis à Ancône (1706). Cette vie active a imprimé son cachet à Fépistolaire de Zaluski qui contient des matériaux précieux pour l'histoire de son époque. Il fut publié en 1709-1 1 ,à Braunsberg, sous le titre daËpislolœ historicœ familiares (6 vol.). Zaluski a laissé aussi deux recueils de discours et de rermons et plusieurs traductions polonaises d'ouvrages ascétiques français, espagnols et italiens.

Joseph- André, prélat et bibliophile, neveu du précédent, né en 1702, mort le 9 janv. 1774. Après avoir employé plusieurs années à voyager en Allemagne, en Hollande, en France et en Italie, il entra, à son retour en Pologne, dans l'état ecclésiastique. Nommé chanoine de Plock et grand référendaire du royaume, il embrassa, à la mort d'Auguste II, le parti de Stanislas Leszczynski qui l'envoya à Home annoncer au pape son élection. Zaluski demeura trois ans en Italie, puis rejoignit Stanislas en Lorraine et obtint de Louis XV les abbayes de Fontanette et de Villars. Mais il demanda bientôt à Auguste III l'autorisation de rentrer en Pologne, et fut promu évêque de Kiev. Ce fut alors que, de concert avec son frère André- Stanislas, il entreprit de former une bibliothèque et finit par réunir plus de 230.000 vol. En 1748, il en fit don à la nation ; elle fut placée dans un bâtiment particulier à Varsovie. Zaluski continua de l'enrichir.

A la diète de 1767, Zaluski s'éleva avec force contre l'immixtion de la Bussie dans les affaires polonaises. Repnine, ambassadeur de Catherine II, fit arrêter Zaluski et trois autres sénateurs qui furent déportés dans la ville russe de Kalouga, d'où les exiles ne revinrent qu'en 1773. En 1795, les Busses s'emparèrent de la bibliothèque de Zaluski. Bien qu'une partie des ouvrages ait été \o\qq pendant le transport, 262.640 vol. et 25.000 gravures ont pu arliver encore à Saint-Pétersbourg, oti ils constituèrent le fonds de la bibliothèque impériale qui venait d'être créée. Zaluski publia une Bibliothèque des poêles polonais (Varsovie, 1752-56, 5 vol. in-4); un Manuel de droit public polonais pendant l" interrègne (en latin ; trad. fr. par Duclos, Varsovie, 1764), les Analecta historica (Varsovie, 1731); le Spécimen historiée Poloniœ criticœ{Daintzig, 1733), et le récit de sa captivité en Russie. Parmi les autres membres de cette famille, nous nommerons le frère aîné de Joseph-André : André-Stanislas, né en 1694, mort à Kielce le 16 déc. 1758, évêque de Plock et grand chancelier de la couronne (1735-45), puis

ZALUSKI -~~ ZAMOBA

évêque de Cracovie et chancelier de l'Académie de celte ville. Il montra le zèle le plus vif pour rencouragement des lettres en Pologne et réunit son importante bibliothèque à celle de Joseph. — Un autre Zaluski, Joseph-Henri, (4787-4866), s'est distingué comme général. Il entra en 4807 dans l'armée française, fit les campagnes d'Espagne, d'Allemagne, de Russie et de France et reçut le titre de baron de l'Empire. En 4834, il prit part à l'insurrection polonaise, fit la campagne en qualité de général et se retira ensuite en Galicie. Il publia en français la Pologne et les Polonais défendus contre les erreurs et les injustices de MM.de Ségur, Tkiers et Lamartine (Paris," 4856). ZAMA. Ville d'Afrique, célèbre par la bataille décisive que Scipion l'Africain et Annibal (V. ce nom) se livrèrent sous ses murs en 202 av. J.-C., et qui se termina par la victoire des Romains. Plus tard, elle fut une des villes principales du royaume de Numidie : aussi portet-elle quelquefois le nom de Zama regia. Sous l'Empire romain, elle fut élevée au rang de colonie. Deux inscriptions trouvées en Tunisie sur deux points assez éloignés l'un de l'autre ont prouvé qu'il y avait eu, dans l'Afrique romaine, deux cités du nom de Zama. Mais, de ces deux villes, laquelle doit être considérée comme la Zama de Scipion ? La majorité des savants se prononcent en faveur de la plus occidentale des deux villes, dont les ruines portent aujourd'hui encore le nom de Djiama ou Djama ; ces ruines sont situées à 50 kil. environ à l'E.-S.-E. du Kef. J. T.

BiBL. : Ch. TissoT, Géographie comparée de la province romaine d'Afrique ; Paris, ISbS, t. II.

ZAMBA. Ile de Colombie, dans la mer des Antilles, sur la côte du dép. de Bolivar ; ancienne presqu'île détachée par des affaissements volcaniques du sol en 4840 et 4848.

ZAMBALES. Peuplade malaise des lies rhilippines (V. ce mot), à l'O. de Luçon.

ZAWIB ÈZE. Grand fleuve de l'Afrique australe; long de 2.660 kil., il draine un bassin de d. 430.000 kil. q. Il naît par 44^20' lat. S. et 22^40' long. E., près des sources du Kassaï (Y. Congo), entre les monts Kamaba et le lac Dilolo ; d'abord nommé Liba, dans le pays des Lobalé, il descend vers le S., absorbe la Louena (dr.), le Cabompo (g.), le Louanguingo (dr.), inondant annuellement sa vallée large de 60 à 450 kil. Dans le pays de Manbounda, le Zambèze passe du territoire portugais en territoire anglais, que plus bas il sépare. Tournant ensuite vers le S.-E., puis TE. , il pénètre dans une région accidentée où son lit resserré est coupé de nombreux rapides, de ceux de Gonyé à ceux deKatima-Motilo; ils s'étendent sur 420 kil. Puis se présente un bief navigable de 200 kil. dont l'Allemagne possède la rive droite jusqu'à l'embouchure du Tchodé ou Kouando (g.), issu des marais de Kansila et draine la vaste région des steppes où coule leCoubango et dort le lac Ngami (V. ce mot). Le Zambèze franchit ensuite la célèbre cataracte Victoria; large de 900 m., il se précipite de 420 m. au fond d'une i^orge, déchirure du basalte, croisant son lit à angle droit qui ne mesure que 30 m. de bord à bord; sorti de cette « Fumée tonnante » (Mossioutounya), le fleuve franchît de nombreux rapides, encadrés de collines boisées. Au fonfluent du Guai (dr.), il se dirige vers le N.-E. pour reprendre la direction de l'E. au confluent du Kafoué (g.), rentre en pays portugais au confluent du Loangoua (g.). Après les chutes de Tchikaronga, il reprend la direction S.-E. qu'il conserve jusqu'à la mer. Il passe à Tété, se creuse un défilé de 47 kil. dans les collines de Lupata et débouche dans la plaine côtière,où il reçoit le Chiré (g.), émissaire de la Nyassa. Large alors de 8 à 43 kil., il se divise en plusieurs bras enveloppant un grand delta; les principaux sont du S. au N. le Mélambé, l'Inhamissengo ou Tchindé où passent les navires à cause de ses fonds de 7 m. en marée haute, le Louebo oriental où passe la grande masse [des eaux. La navigation ne remonte pas au-dessus de Tété.

ZAMBEZIA. Nom collectif donné aux possessions anglaises des deux rives du Zambèze concédées à la Compagnie British South Africa. Elles s'intercalent entre les colonies portugaises d'Angola et de Mozambique et représentent un territoire dont l'Angleterre a dépouillé le Portugal. Le règlement des frontières fut inscrit dans les conventions de mars 4890 et mai 4894. Le nom officiel est British Central Africa embrassant 4.665.000 kil. q. , peuplés, croit-on, de 4.350.000 âmes; on dislingue le Nyassaland entre le lac Tanganika et l'Etat du Congo, administré par un commissaire britannique, et la sphère d'action de la Compagnie britannique d'Afrique méridionale, dont la partie au S. du Za i.bèze est couramment dénommée Bhodesia.

ZAMBDANGA. Ville maritime au S.-O. de l'île de Mindanao {Philippines), résidence du gouverneur ; fondée en 4635 par les Espagnols, dont c'était l'arsenal principal. Climat très sain.

ZAMBRI ou Z INI RI, général de l'aimée du roi d'Israël (Dix-Tribus), Ela, l'assassina à Thersa, mais dut se résigner à céder la place à Amri. Il périt dans l'incendie du palais royal où il mit lui-même le feu.

ZAMBRI NI (Francesco), homme de lettres italien, né à Faenza le 25 janv. 4840, mort à Bologne le 9 juil. 4887. Il prit part d'abord aux mouvements de 4834 et suivants, jusqu'à ce qu'en 4854 il s'établit à Bologne ; et, après la constitution du royaume, s'étant assuré le concours de savants renommés, il entreprit la publication des Testi di lingua, puis celle de la Collezione di opère inédite o rare dei primi tre secoli délia lingua, de la Scella di curiosità letterarie inédite o rare, et enfin il fonda la revue // Propugnatore. Dans ces différentes collections, il publia plus de deux cent vingt-cinq textes. Par son impulsion, le mouvementlittéraire auquel il avait donné origine se propagea dans toute lltalie, et ses résultats sont très importants. Son œuvre principale est : Le opère volgari a stampa dei secoli XIIl e XIV indicate e descritte (Bologne, 4878).

ZAMET (Sébastien), né à Lucques vers 4549, mort à Paris le 44 juil. 4644. Valet de la garde-robe de Henri III, son esprit d'intrigue et son habileté financière lui valurent une grosse fortune et l'amitié de deux rois. Il servit les amours de Henri IV avec la belle Gabrielle. Son fils légitimé, /ean, baron de Murât, maréchal de camp, mourut au siège de Montpellier en 1622. Son frère Sébastien fut aumônier de Marie de Médicis et évêque de Langres.

ZAMIA (ZaîniaL.). I. Botanique. — Genre de la famille des Cycadées, composé d'arbustes à tige courte portant des frondes pennées à folioles calleuses à la base. Les fleurs, dioïques, se composent d'un axe mince qui porte étroitement serrées sur ses flancs un très grand nombre d'étamines ou de carpelles. Les étamines, amincies à leur base, ont leur extrémité dilatée en une sorte d'écusson pelté portant sur ses bords de nombreux sacs polliniques. Les carpelles, à peu près de même forme, portent deux ovules sessiles. Les Zamia vivent dans l'Amérique tropicale et subtropicale ; on en connaît une trentaine d'espèces.

II. Horticulture. — Les plantes de ce genre appartientiennent à la serre chaude ou tempérée, bien éclairée et sèche. Elles demandent une terre riche, légère, et des arrosages modérés. On les multiplie de graines et de boutures ou pousses feuillées nées sur leur souche.

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