III. Paléontologie (V. Cvcadacées
ZAMOLSCIS ou ZALMOXIS. Dieu des Gètes, dont les
Grecs firent un prophète disciple de Pythagore, lequel aurait acquis sa sagesse mystique en Egypte, puis donné aux Gètes leur religion et leur législation.
ZAMORA {Ocellum Duri ou Ôcellodurum), L Ville. — Ville d'Espagne (ancien royaume de Léon), ch.-l. de prov., à 230 kil. N.-O. de Madrid, sur un escarpement de rochers dominant la r. dr. du Duero, à une ait. de 658 m.; 45.240 hab. Terminus du chemin de fer se détachant à Médina dei Campo de la grande ligne Irun-Madrid. Eve-
ZAMORA — ZAMOYSKI
ché. C'est une petite ville sans grande importance actuelle, elle a cependant une école militaire et quelques industries : chapeaux, lainages, liqueurs, tanneries et teintureries ; elle fait un certain commerce de vins et de grains. Mais, de son passé célèbre à l'époque de la guerre des chrétiens contre les Maures, elle a gardé quelques monuments : on l'appelait Zamora « la bien ceinte », elle était, en effet, entourée d'une sextuple ligne de remparts ; il n'en reste qu'une muraille et une citadelle ; la cathédrale, romane, a été terminée en 1174, le palais épiscopal est intéressant, la maison du Cid est en ruines. Un superbe pont de seize arches traverse le Duero. Sous son nom arabe de Médina el Samourah, elle fut souvent disputée entre les Espagnols et les Maures, Prise en 712 par les Maures, en 748 par Alfonse des Asturies, vainement assiégée en 939 par Abd-ur Rahman III dont Ramiro II de Léon détruisit l'armée, elle fut reprise par Almanzor en 985 ; elle fut définitivement réunie au royaume de Léon en 1093 par le Cid. Les rois de Léon et de Castille y résidèrent souvent et y convoquèrent les Cortès.
IL Province. — Province d'Espagne, formée du démembrement du royaume de Léon, limitée par le Portugal à rO., les prov. de Salamanque au S., Yalladolid à TE. ; Léon auN., OrenseauN.-O. ; 10.615 kil. q. ; 275.354 hab. Le sol, formé de terrains anciens à l'O. et au N.-O., dans les dépendances de la Galice, de couches plus récentes dans le reste du pays, est très montagneux ; c'est le plateau de Yieille-Castille, relevé au N.-O. par les dernières ramifications des Pyrénées Cantabres (sierra de la Culebra, 1.700 m.), au S. par les plissements venus de la grande sierra qui le limite. Il y a quelques petites plaines, mais peu importantes/ Le climat est assez rigoureux, même dans la partie basse. La moyenne annuelle est de 12^ environ. Les pluies, peu abondantes, sont apportées par les vents du S.-O. Par la quantité et la régularité relative de ses cours d'eau, la prov. de Zamora serait une des plus arrosées d'Espagne, mais son fleuve, le Duero, et les affluents de celui-ci ne rendent que peu de services. Les Arabes y avaient creusé des canaux que les Espagnols ont laissé dépérir. Aussi l'agriculture n'estelle pas très prospère : il y a 133.000 hect. de forêts plus ou moins aménagées. Les terres de regadio (irriguées) couvrent seulement 17.000 hect. Des terres de secano (non irriguées), 519.000hect., produisent des céréales, 62.000 de la vigne, 135.000 sont couverts de taillis, pâturages et varennes et 72.000 sont en friche ou jachère. Il y a 512.000 moutons, 86.000 chèvres, 20.000 porcs, 27.000 bètes à cornes, 10.000 ânes, 5.000 mulets, 2.500 chevaux et 16.000 ruches. L'industrie est peu active; cependant quelques mines d'antimoine, de plomb argentifère, d'étain, de cuivre et de fer sont exploitées, ainsi que des carrières.
Au point de vue administratif, les 300 ayuntamientos ou communes sont réparties entre les 8 partidos judiciales ou districts de Alcanices, Bena vente, Bermillo de Sayago, Fuentesanco, La Puebla de Sanabria, Toro, Villalpando, Zamora. La province dépend de la capitainerie générale de Yieille-Castille, du diocèse de Zamora. J.-G. K.
BiBL. : Gabriel Puig y Larraz, Descripcion fisica y geologica de la provincia de Zamora. Resefia geografica y estadistica de Espana.
ZAMORA. Etat du Yenezuela, entre l'Apure et la cordillère de Merida; 65.317 kil, q. ; 253.418 hab. en 1894. Bien arrosé, mais dénué de moyens de communication, il ne peut exploiter ses magnifiques forêts vierges et ses riches prairies. La capitale^ est Guanare, les villes principales Barinas, Nutrias, San Carlos, Acangua, etc.
ZAMORA. Yille du Mexique, Etat de Michoacan, au pied d'un volcan; 12.000 hab.
ZAMORA (Antonio de), poète dramatique espagnol, né en 1660, mort entre 1730 et 1744. Après avoir, semblet-il, été acteur, Zamora fut attaché au conseil des Indes, puis à la maison du roi. Il est l'auteur d'œuvres lyriques
et d'une quarantaine de pièces de théâtre, la plupart fastidieuses. Parmi ses drames religieux, on peut citer un Judas Iscariote; parmi ses comédies, Mazariegosy Monsalves ; il a aussi imité, non sans talent, le Don Juan Tenorio de Tirso de Molina dans une pièce intitulée El convidado de piedra ou No hay plazo que no se cumpîa ni deuda que no se pague. lia paru, après sa mort, un recueil de ses drames, sous le titre de Comedias de Antonio de Zamora (Madrid, 1744, 2 vol. in-4).
ZAMOSC. Yille de la Pologne russe, gouv. de Lublin, sur la Topolnitza ; 10.900 hab. en 1892. Yieux château, vieille église; fabrique de meubles, etc.
ZAMOYSKI (Jean-Sarius), grand chancelier de Pologne, né à Skokéw le 1®"^ avr. 1541, mort à Zamosc le 3 juin 1605. Il fut envoyé à l'âge de douze ans à Paris, y fit ses études, fut attaché à la cour du dauphin (depuis François II), puis alla compléter son instruction à Strasbourg et à Padoue. Elu recteur de l'Académie, il publia les statuts de l'Université de Padoue : De constitutionibus univ. gymn. Patavini (Padoue, 1564); De senatu romano (Y enise 1.563). Zamoyski rentré en Pologne (1565) fut d'abord chargé par le roi Sigismond-Auguste de la mise en ordre des archives de la couronne; en trois ans, le jeune savaùt l'accomplit. Il reçut en récompense la starotie de Bielsk. Grâce à ses talents et à sa fortune princière, il acquit de l'influence sur toute la noblesse polonaise, et lorsque, en 1572, Sigismond-Auguste mourut, Zamoyski, malgré l'opposition du Sénat, fit élire roi de Pologne le duc d'Anjou, Henri, frère de Charles IX, contre Maximilien d'Autriche et le tsar. Puis il fut mis à la tète de l'ambassade qui vint à la cour de Paris apporter au prince français l'acte de son élection (1573). De retour en Pologne avec Henri III, il devint son chambellan et staroste de Knyszyn. Après le départ de Henri, Zamoyski porta au pouvoir suprême le duc de Transylvanie, Etienne Batory qui le nomma grand chancelier et grand général de la couronne (1576).
Les dix années du règne glorieux de Batory sont l'époque la plus brillante de la vie de Zamoyski. Il réorganisa l'administration de la justice, créa deux tribunaux d'appel (à Lublin et à Piotrkow), mit sur pied plusieurs régiments d'infanterie, fut l'instigateur de la guerre avec le tsar Ivan IV le Cruel qui avait envahi la Livonie. Il accompagna Batory pendant cette campagne, en prit le commandement après le départ du roi, enleva au tsar plusieurs provinces. Dès que la paix fut conclue (1582), il chassa les Suédois de la Livonie désormais polonaise et marcha contre les ïatars. Après les avoir battus, il revint à Yarsoviepour y épouser la nièce du roi (1583). Ce mariage et sa sévérité contre le noble conspirateur Zborowski, qu'il fit décapiter (1584), lui firent beaucoup d'ennemis dans l'aristocratie polonaise.
Après la mort subite de Batory (1586), il porta au trône le prince suédois Sigismond, défendit son élection contre le duc Maximilien d'Autriche, battit ce dernier à Byczyna. Bien qu'il ait fait ensuite deux campagnes victorieuses contre les Turcs (1595 et 1600) et une campagne en Livonie contre les Suédois, il ne retrouva pas auprès du faible roi Sigismond III la faveur que lui accordait Batory. Aussi tout le temps que lui laissait la guerre, le passait-il dans son château, et il n'y était pas oisif. Il bâtit les villes de Nowy Zamosc et Szarogrôd. Puis il créa en 1592, à ses frais, une académie à Zamosc, modelée d'après l'académie de Sturmius, de Strasbourg ; il établit aussi à Zamosc une bibliothèque et une grande imprimerie. Entre temps l'humaniste reparaissait et il écrivait un traité philosophique paru en 1596 sous le titre de Logica stoica» Il était en correspondance avec la plupart des humanistes émînents de l'Europe. — Son fils Thomas fut également grand chancelier. D^ Y. Bugiel.
BiBL.: BuRSius, Vita el obitus magni Joannis Zamoscii; Zamosc, 1619.— Lûnigt, Litterae procerum Europse (épistolaire de Zamoyskij ; Leipzig, 1712.— Bohomolec, Vie de Jean Zamoyski; Varsovie, 1775. — Staszyc, Etudes et
ZAMOYSKI - ZANGÏACOMI
remarques sur la vie du grand chancelier Jean Zamoijski. — DziALYNSKi, Collectanea vitam J. Zamoyscii illustrantia; Poznan, 1861. — Kallenbach, les Humanistes polonais'^ Fribourg, 1891.
ZAMOYSKI (André), né à Zdiezun en 1716, mort le
10 févr. 1792. Il fit ses études à Paris, entra dans l'armée saxonne, revint en Pologne en 1754 et fut nommé en 1764 grand chancelier. En 1776, la diète le chargea de revoir toutes les lois du royaume et d'en former un nouveau code. Aidé de Wybicki, il termina ce travail en moins de deux ans, fit imprimer son code en 1778 sous le titre de Code des lois judiciaires rédigé en vertu de la Constitution de ill6 et le présenta à la diète de 1780. L'affranchissement des serfs en formant la base (Zamoyski lui-même avait préludé à cette grande mesure dès 1760 en abolissant la servitude dans ses terres), l'ambassadeur russe Repnine et son parti le rejetèrent. Mais en 1791, il fut adopté en même temps que la constitution du 3 mai.
11 fut nommé comte d'empire peu avant sa mort. — Son fils, le comte Stanislas, né à Varsovie le 13janv. 1775, mort à Vienne le 2 avr. 1856, fut mêlé à toutes les agitations de l'époque. Il laissa sept fils, parmi lesquels le comte André, né le 2 avr. 1800, mort à Cracovie le 29 oct. 1874, devint directeur de la division de l'agriculture au ministère de l'intérieur à Varsovie et fut même, pendant la révolution de 1830, placé à la tête de ce ministère. On l'envoya ensuite à Vienne pour décider Metternich à une intervention en faveur des Polonais. Il resta en Pologne après la prise de Varsovie et travailla à son relèvement. Il affranchit les serfs dans ses vastes domaines, fonda des écoles, établit la navigation à vapeur sur la Vistule, se mit à la tête d'une banque hypothécaire et sacrifia à ces entreprises une partie de sa fortune. En 1842, il fonda les Annales d'agriculture et provoqua la création de la Société agronomviue qui eut bientôt des membres dans toutes les parties de la Pologne. L'influence de Zamoyski éveilla la jalousie du vicomte Wielopolski qui, peu avant les troubles de Varsovie, en 1862, suggéra au gouvernement russe la suppression de la Société agronomique. Zamoyski étant allé porter au tsar Alexandre II les réclamations des Polonais fut exilé de Pologne. Il se retira alors à Paris. D^ V. Bugiel.
BiBL. : Ch, Mazade, la Pologne contemporaine; 1862.
ZAMPIERl (Domenico) (V. Dominiquin).
ZANA. Localité d'Algérie, dép. de Constantine, arr. et à 27 kil. N.-O. de Batna ; ruines de la ville romaine Diana Veteranorum.
ZANARDELLi (Giuseppe), homme d'Etat italien, né à Brescia en 1826. Docteur en droit de l'Université de Pavie, il prit une part active aux insurrections de 1848-49, s'exila, mais rentra à Brescia après l'amnistie de 1851 et vécut de leçons privées. Après l'affranchissement de l'Italie, il fut élu député d'Iseo (1860) au Parlement, où il n'a cessé de siéger depuis lors, s'associant à la gauche. Il a continué d'exercer à Brescia la profession d'avocat. Il prit part à l'expédition des Mille de Garibaldi (1860), fut chargé d'organiser la prov. de Bellune en qualité de commissaire royal. Quand la gauche arriva au pouvoir, Depretis lui confia le portefeuille des travaux publics (1876-77), Cairoli celui de l'intérieur (1878-81); il fit alors voter la réforme électorale. Appelé ensuite au ministère de la justice (1881-83), il se retira quand Depretis inaugura le « transformisme », évolution vers la droite ; Zanardelli fut alors un des chefs de l'opposition qualifiée de « pentarchie ». Revenu au ministère de la justice avec Crispi (1887-91), il prépara le nouveau code pénal italien dul^** janv. 1890. Appelé à la présidence de la Chambre, ce vétéran de la gauche, respecté de tous les partis, l'occupa de nov. 1891 à fév. 1894, se retira, mais y fut rappelé en avr. 1897. En déc. 1897, le cabinet di Rudini lui confia de nouveau le portefeuille de la justice, mais il se démit en mai '1898, ne pouvant s'entendre avec ses collègues conservateurs. Réélu président de la Chambre en nov. d898, comme candidat favorable
au ministère Pelloux, il se démit lorsque ce ministère adopta une attitude réactionnaire. Le 45 fév. 1901, après la retraite de Saracco, Zanardelli fut chargé de former un ministère. A l'exemple de ce qu'avait réussi en France Waldeck-Rousseau, il s'appuya franchement sur la gauche avancée, s'entendant avec les socialistes et donnant de larges satisfactions à la démocratie,
ZANCLÉEN (GéoL). Nom donné par les géologues italiens au sarmatien (V. Néogène).
ZANCLODON (Paléont.). Ce nom a été donné en 1875, par Plieninger, à des dents de reptile très comprimées latéralement, tranchantes, finement crénelées, trouvées dans le trias supérieur des environs de Stuttgart ; ces dents indiquent un Dinosaurien de l'ordre des Théropodes. Le genre est le type de la famille des Zanclodontidées, caractérisée par des vertèbres pleines et biconcaves ; deux vertèbres au sacrum ; les pubis très étalés distalement ; pas d'inter-pubis ; ischions robustes, unis distalement; fémur plus long que le tibia ; cinq 'doigts à la main et au pied. Cette famille est limitée au trias d'Europe ; elle comprend, outre Zanclodon, les genres Dimodosaurus, Therodontosaurus, Palœosaurus, E, S.
ZANDER(Jonas-Gustaf-Wilhelm), médecin suédois, né à Stockholm en 1835. Il créa en 1865, à Stockholm, un institut médico-mécanique pour l'application de la gymnastique au traitement des maladies. Il a exposé ses appareils dans diverses expositions universelles.
ZANDVOORT. Station balnéaire de Hollande, à l'O. d'Haarlem ; 3.000 hab. Plage très fréquentée.
ZANELLA (Giacomo), poète italien, né à Chiampo (prov. de Vicence) le 9 sept. 1820, mort à Padoue le 17 mai 1889. Ordonné prêtre en 1843, il enseigna d'abord au séminaire de Vicence, puis, après une longue suspension que lui infligea l'Autriche à cause de ses tendances libérales, il fut nommé professeur de lycée à Venise, puis à Padoue ; en 1866, il monta dans la chaire de littérature italienne de l'Université de cette dernière ville, et prit sa retraite en 1876. La publication de son premier recueil (1868) lui valut une rapide et retentissante réputation ; après avoir été salué comme un rénovateur de la poésie lyrique en ItaHe, il est aujourd'hui redescendu au second rang, qu'il gardera. Son succès s'explique par la conformité des sentiments qu'il exprimait avec ceux de la grande masse du public bourgeois en Italie ; croyant, il essaye de concilier le dogme avec la science et les tendances modernes ; prêtre, il conserve à l'Eglise son respect et son amour, mais applaudit à la révolution qui a fait l'unité de l'Italie. Ses vers, que ne recommande aucune éminente qualité de forme, sont faciles et harmonieux ; on y trouve çà et là de charmantes images et des descriptions de la nature d'un charme presque virgilien. Ses œuvres ont été réunies par F. Lampertico, (Florence, 1894) en 2 vol., auxquels il faut ajouter le petit recueil intitulé Astichello (Milan, 1884) et un volume de traductions en vers (Varie uersioni poetiche, Florence, 1888). En prose, Zanella a laissé 2 vol. de critique (Paralleli letterari, Vérone, 1885, et Storia délia letteratura italiana dalla metii det secolo XVIll ai giorninostri, dans la collection Vallardi, Milan 1880). BiBL. : G. Chiarini, dans Nuova Antologia, 1"'" juin 1888. — G. Mazzom, Commemorazione di G. Zanella ; Padoue. 1889. •— A. FoGAzzARO, G. Zanella e la sua fama, dans Nuova Antologia, l^" nov. 1893.
ZANESVILLE. Ville des Etats-Unis, Ohio, sur le Mus- Idngura; 21.000 hab. en 1890. Mines de houille et de pétrole; poterie, verrerie, fonte, minoterie, etc. Nœud do voies ferrées.
ZAN PARA. Etat du Soudan, de langue haoussa, englobé dans le Soko to , situé entre le Gober au S , , le Gando à l'O ., le Sokoto au N., le Katsena à l'E. Pays riche en bétail et en grains; la capitale actuelle estKaoura, l'ancienne Zyrmi.
ZANGIACOMI (Joseph), homme politique français, né à Nancy le 19 mars 1766, mort à Paris le 12 janv. 1846. La famille, d'origine italienne, faisait partie de la maison
ZANGÏACOMI — ZANZIBAR
du roi de Lorraine Stanislas. Avocat à Nancy (1785), puis, en 1790, procureur-syndic du dép. de la Meurthe, il fut élu par ce même département à la Convention, le huitième et dernier (6 sept. 1792). Il appartint au centre. Il fut nommé membre du comité de Défense générale (9 janv. 1793). Il vota pour la détention de Louis XVI pendant la guerre, et son bannissement à la paix, pour l'appel, pour le sursis. Il s'occupa surtout d'assistance publique. Il fit partie du conseil des Cinq-Cents jusqu'en l'an VI, puis devint substitut au tribunal de cassation. Juge de cassation en l'an Vllï, baron de l'Empire en 1810, maître des requêtes (1813), conseiller d'Etat, il fut chargé de rapports qui exigeaient beaucoup de science et de netteté d'esprit ; président de la Chambre des requêtes de la cour de cassation en 1831, pair de France (11 oct. 1832). H. MoNiN.
ZAN6UEBAR (V. Zanzibar).
2ANK0V (Dragan), h om^me politique bulgare, né àSistov en 1828. Marchand à Vienne, puisjournalisteàConstantinople, où son journal Bulgaria (1859) soutint l'union de l'Eglise orthodoxe avec Rome, il entra dans l'administration turque, fut tour à tour assesseur judiciaire àRoustchouk (1854), adjoint chrétien des pachas de Nich et Viddin, professeur au lycée ottoman et censeur des journaux bulgares, redevint journaliste à Constantinople. Après les massacres bulgares de 1876, Zankov fit avec Balabanov une tournée auprès des grandes puissances pour la défense de ses compatriotes. Durant la guerre russo-turque, les vainqueurs le nommèrent vice-gouverneur de Tirnova, puis gouverneur de Varna. Il joua un grand rôle à la première assemblée nationale de Tirnova (1879), organisa un parti libéral, fut le premier agent de la Bulgarie à Constantinople ; le prince Alexandre le nomma président du Conseil (avr.-déc. 1880), puis ils se brouillèrent, et Zankov, après le coup d'Etat de 1881, combattit à la fois le prince et les Russes ; il fut emprisonné à Vratza (1882- 83), redevint président du Conseil (sept. l883-juil.l884), mais fut battu aux élections par son rival Karavelov ; il se rapprocha alors de la Russie, et son ardente campagne contre Karavelov et le prince Alexandre contribua à l'abdication de ce dernier (1886). Durant la régence et la terreur stambouloviste, Zankov vécut à Constantinople, puis à Saint-Pétersbourg. Il rentra en 1895.
ZANNESELLO. Famille d'artistes (V. Canozio).
ZANNONE (Ilot) (V. Pontines, t. XXVII, p. 279).
ZANSKAR (Géogr.) (V. Dzanskar et Himalaya).
ZANTE (Ile) (grec Zakyjithos). La plus méridionale des îles Ioniennes (Grèce), située à 18 kiL delà côte d'Elide ; 434 kil. q. ; 45.032 hab.;(en 1896). L'aspect sur la carte est celui d'une demi-ellipse terminée par trois caps, au N. le cap Skinari, au S.-E. le cap Ilieraka, au S. le cap Maralhia, ces deux derniers séparés par le golfe de Khiéri. De formation calcaire, elle offre à la mer un front 0. escarpé; les hauteurs, qui atteignent 830 m., s'abaissent à l'E. sur une plaine fertile qu'abrite au S.-E. le mont Skopos (483 m.). Le climat est très doux. Les sources sont assez nombreuses, mais aucune ne suffit à créer même un ruisseau. Zante a été souvent ravagée par des tremblements de terre, en dernier lieu celui du 8 févr. 1893 qui abattit le tiers des maisons. L'île renferme, près de Khiéri, des sources de poix ou bitume déjà décrites par Hérodote (IV, 195). Aménagée en terrasses, l'Ile est couverte de vignes et d'arbres fruitiers ; elle exporte pour plus de 2 millions de fr. de raisins secs, mais importe de Russie les blés nécessaires à son alimentation. Zante produit aussi un vin blanc muscat réputé, d'excellentes olives, etc. Elle forme un nome distinct comprenant les petites îles Strophades et divisé en 10 dèmes ou communes. Le ch.-l. est la ville de Zante. — L'antique Zacynthe dépendit peut-être du royaume homérique d'Ithaque, fut colonisée par les Achéens et demeura autonome, figurant dans la ligue maritime, sous l'hégémonie d'Athènes, de Sparte, puis des Macédoniens et enfin de Rome. Les Normands I
l'occupèrent auxi^ siècle, lesOrsini après la IV^ croisade, puis les Tocchi, comtes de Céphalonie, vassaux des Angevins de Naples. Les Vénitiens l'achetèrent au xv*^ et la repeuplèrent avec des réfugiés grecs des lies de Chypre, de Crète, du Péloponèse. L'aristocratie est encore d'origine vénitienne, et une partie de la population du rite latin. Après 1797, Zante suivit la destinée des îles Ioniennes (V. cet art.), occupée tour à tour par les Français (1797), les Turcs (1799), les Russes (1803), les Français (1807), les Anglais (1809), faisant enfin retour à la Grèce en 1864.
BiBL. ; RiEMANN, Rcchevches archéologiques sur les îles Ioniennes ; Paris, 1879, 3 vol.
ZANTE. Ville de Grèce, sur une baie de la côte E. de l'île ; 14.096 hab. en 1896. Archevêché grec ; évêché latin. Bon port; église Saint-Denys ;fort vénitien. C'est le centre du commerce de l'île.
ZANTHORHIZA (Bot.) (V. Xantuorhiza).
ZANTHOXYLON (Bot.) {7MnthoxylonL,),G^mï^ de la famille des Rutacées-Zanthoxylées, composé d'arbres et d'arbrisseaux odorants souvent armés d'épines. Les feuilles, ponctuées-pellucides, sont alternes ou opposées; elles peuvent être simples ou composées. Les fieurs, petites, verdâtres, sont généralement unisexuées ; elles manquent parfois de périanthe. Les fleurs mâles possèdent 3-5 étamines et un ovaire rudimentaire. Les fleurs femelles contiennent des étamines stériles et 3-5 ovaires distincts munis chacun d'un style saillant. Le fruit est formé de 1-5 coques indépendantes ne renfermant qu'une ou deux graines. Les Zanthoxylon (9 espèces) vivent dans l'Asie orientale et dans l'Amérique du Nord. On cultive quelquefois dans les jardins le Z. sorbifolia L. W. R.
ZANZIBAR. Jeu de dés qui se joue d'ordinaire avec trois dés: l'as compte cent ; le six compte soixante, et les autres points pour leur valeur nominale seulement. La partie se joue en un nombre déterminé de points, le nombre des joueurs est illimité. On peut convenir de jouer : soit à un gagnant qui est celui ayant le premier amené le total convenu, ou sur un coup unique le plus gros chiffre; soit à un perdant qui est sur un coup unique celui qui a amené le point total le plus faible ; sur une partie, celui qui, après élimination des vainqueurs successifs, reste le seul en dessous du total convenu. Le Zanzibar est très pratiqué en France sur le comptoir des marchands de vin. — Il se joue également avec une petite roue de loterie, une roulette, etc.
ZANZIBAR. L'île de Zanzibar est située entre le 5*^ et le 6° lat. S. à 48 kil. environ de la côte orientale d'Afrique. La superficie de l'île peut être évaluée à 1 .620 kil. q. — La plus grande longueur est de 80 kil. et la largeur de 32 à 43 kil. De formation madréporique, l'île est peu élevée ; les faibles ondulations qui la sillonnent dans toute sa longueur ne dépassent pas 135 m. d'alt.; la pointe S. est une falaise noire, rocheuse et bien boisée ; la pointe N. est basse, bordée de récifs. — Située en pleine zone équatoriale, Zanzibar a un climat chaud et humide, dont la réputation d'insalubrité pour l'Européen paraît assez justifiée ; elle est exposée tour à tour aux moussons du S.-O. et du N.-E* Au point de vue pluviométrique, l'année est partagée à Zanzibar en deux saisons d'inégale durée : le début des pluies correspond au passage du soleil au zénith, le 4 mars et le 9 oct.; les pluies sont particulièrement abondantes en mars, avril et mai, avec maximum en avril ; le minimum est en septembre. Il n'y a pas de mois sans pluie. La hauteur moyenne annuelle des pluies varie, suivant différentes évaluations, de 1.168 millim. à 3.000 millim. — La moyenne de la température annuelle est de 26<^,8 ; mars est le mois le plus chaud (28«,4); juillet, le mois le plus frais (25**, 1), et les extrêmes absolus sont 32^,6 et 20^^,4.
La végétation est très luxuriante (palétuviers, cocotiers); mais la fertilité est assez inégale. Les parties les plus productives de l'île sont celles qui se trouvent abritées des vents du S.-O.; dans la partie N.-O., le sol, coralli-