‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 618 sur 633 · ZELLER — ZENO · texte numérisé non relu

ZELLER — ZENO

remplaça Duruy à l'Ecole polytechnique, et l'année suivante il devint recteur de l'Académie de Strasbourg. Revenu à Paris après la guerre, il fut élu au fauteuil de Michelet à l'Académie des sciences morales, et de 1876 à 1888 inspecteur général de l'enseignement supérieur. Son œuvre est considérable, mais insuffisamment critique. Il faut citer : Ulric de Hutten (1849), thèse de doctorat; Episodes dramatiques de l^ histoire d'Italie (1855) ; les Empereurs romains (1863); Entreliens sur V histoire (1865-69, 4 vol.) ; Abrégé sur V histoire d'Italie (1864) ; Histoire de V Allemagne (1872-90, 6 vol.).

Son fils Berthold, né à Rennes le 25 sept. 1848, mort à Paris le 4 avr. 1899, professa à la Sorbonne. II publia : Henri ÎV et Marie de 3Iédicis{iS16); Etudes critiques sur te règne de Louis XIII (1879-80, 2 vol.); la Minorité de Louis XIII (1892), etc.

ZEMOUN. Ville de Hongrie (V. Semlin).

ZEWP (Joseph), homme politique suisse, né à Entlebuch (Lucerne) le 2 sept. 1834. Avocat lucernois renommé, il fut longtemps député, président du grand Conseil et chef du parti conservateur de son canton. Aux Chambres fédérales il se lit une place en vue, et en 1892 la majorité radicale du Parlement suisse le nomma membre du gouvernement central : c'est la première lois depuis 1848 qu'un membre de la droite catholique entrait au Conseil fédéral. En 1895, Zemp a été président de la Confédération. Comme chef du département des postes et chemins de fer, qu'il occupe encore en 1902, il fut chargé des négociations en vue du rachat du réseau des voies ferrées.

ZEMPLÉN. Comitat de Hongrie, à la frontière galicienne ; 6.301 kil. q.; 326.082 hab. (en 1900). Au N., le comitat est sillonné par les montagnes Beszkéd ; àl'O., par la chaîne d'Eperjes-Tokaj. Rivière principale : le Bodrog qui inonde souvent le pays. Agriculture et viticulture. 451 communes. Ch.-l. : Sâtoralja-Ujhely.

ZEN. Secte du Japon (V. ce mot et Rm Zaï).

ZÉNAGA. Peuple berbère du Sahara occidental, issu des Sanhaclja (V. ce mot) ; ils vivent au Tagant et, sous le nom de Maures, métissés avec les Arabes, nomadisent entre le Sénégal et le Maroc.

ZÉNATA ou ZÉNÈTES. Ancien peuple berbère de l'Afrique du Nord qui s'étendait sur la Tunisie et l'Algérie actuelles lors des invasions arabes. Refoulés par l'invasion hillalienne sur le Chélif et la Moulouia, ils ont contribué à former la population du Maroc. Beaucoup se sont arabisés. Ils s'étendent encore au N. du désert de Ghadamès jusqu'au Sous. On a proposé de les identifier aux anciens Massyles (V. Numidie).

ZÉNATI. Rivière du dép. de Constantine (V. ce mot, t. Xlf, p. 595).

ZEND (V. Perse, pp. 418 et 466).

ZEND-AvESTA (Littér. pers.) (V. Avesta).

ZEN KER (Friedrich- Albrecht von), médecin allemand, ne à Dresde le 13 mars 1825, mort à Reppentin le 17 juin 1898. Il pratiqua et professa à Dresde, puis à Erlangen (1862), découvrit la trichine (1860). Il est l'auteur d'ouvrages estimés sur les maladies du poumon et de l'œsophage ; il publia depuis 1865, avecZiemssen, VArchiu f. Idin. Medicin. D^" L. Un.

ZÉNITH (Astron.). Le zénith est le point de la sphère céleste où elle est rencontrée par la verticale du lieu. On l'appelle aussi pôle de l'horizon parce qu'il est éloigné de celui-ci de 90^. Le nadir est l'opposé du zénith : c'est le point où la verticale du lieu prolongée au-dessous de nous à travers le globe va rencontrer la sphère céleste. Les deux mots sont empruntés à l'astronomie arabe.

ZENO (Carlo), amiral vénitien, né en 1334, mort en 1418. A Finsu de ses parents, il s'enfuit en Grèce pour y combattre les Turcs, puis entra au service de l'empereur byzantin, et en 1376 dirigea les négociations qui devaient donner à sa patrie l'Ile de Tenedos, mais lui procurer aussi la terrible guerre de Chioggia. En 1379, il défendit

Trévise contre les Hongrois. Après la défaite de Pola, il fit avec huit galères une hardie incursion dans les eaux de la Sicile et de Gènes, puis ramena de Beyrouth un riche convoi et concourut à la reprise de Chioggia. Pour ces services, à la mort de Vittor Pisani, il fut élu grand amira . Après la paix, il passa au service de Gian-Galeazzo Visconti, Puis, de retour à Venise, il de\mt avogador de comun et procureur de Saint-Marc. Envoyé contre le maréchal Boucicaut, il le vainquit à Modon en 1403. Débarqué et envoyé contre Francesco da Carrara, il s'empara de Padoue et mit fin à la seigneurie des Carraresi. Mais, accusé de s'être laissé corrompre, malgré son innocence et sa défense, il fut privé de tous ses titres et charges et condamné à deux ans de prison. Après avoir subi cette injuste peine, il partit pour la Terre Sainte. En chemin, il aida le roi de Chypre à chasser les Génois. De retour sur la lagune en 1410, il se consacra aux lettres.

ZENO (Apostolo), poète dramatique et savant italien, né à Venise le 11 déc. 1668, mort à Venise le 11 nov. 1750. Tout jeune encore, il se consacra à la poésie lyrique. Frappé des défauts des poètes « seicentistes », il forma le projet d'en purger sa patrie et assigna cette mission à VAcdidémiedegliAnimati, qu'il fonda dès l'âge de vingttrois ans. Il composa ensuite (à partir de 1695) un grand nombre de livrets d'opéras (plusieurs en collaboration avec Pietro Pariati), qui obtinrent un très grand succès. Il menait de front les travaux Httéraires et les recherches d'érudition ; de bonne heure il s'était mis en relation avec les principaux savants de l'Italie et de l'étranger (entre autres, WolfetMontfaucon); en 1710, il fonda avecVallisnieri le Giornale de' Letterati d'italia (qui parut jusqu'en 1733 en 40 vol.). Ayant en vain sollicité un emploi à la bibliothèque de Saint-Marc, il quitta sa patrie et se rendit à Vienne, où l'appelait Charles VI, qui le nomma bientôt poète et historiographe impérial (1718). Il continua à composer pour la cour impériale des mélodrames et des opéras, dont le nombre tinit par dépasser la soixantaine. Les sujets en sont empruntés aux sources les plus variées, à l'histoire ancienne (Sésostris, Artaxercès, Thémistocle, Alexandre a Sidon, Scipion, Lucius Verus, Pyrrhus, Fahricius), aux romans de chevalerie {GC Iriganni felici), aux littératures anglaise et française {Ilamlet, Andromaque^ Iphigénie). Ces mélodrames marquent un grand progrès dans l'histoire du genre : Zeno simplifie les actions surchargées et ridiculement romanesques de ses devanciers et s'ingénie à esquisser des caractères à la fois nobles et naturels ; mais chez lui le style est inférieur à la conception: il est souvent pénible, lourd, et la versification traînante. C'est lui néanmoins qui prépara et rendit possible les réformes de Métastase qu'il désigna comme successeur à Charles IV. Il fit faire des progrès analogues au mélodrame sacré (Azione sacra), jusque-là mélange confus de personnages symboliques et réels s'exprimant dans un jargon pédantesque ; il en composa une vingtaine (publiés en 1735), presque tous sur des sujets bibliques {Isaïe, Eiéchiel, Daniel, David, Joseph, Tobie). En 1728, (ki raisons de santé le décidèrent à quitter la cour impériale. Il revint à Venise, plus riche de gloire que d'argent, et se remit à ses études de prédilection. Il entreprit un Corpus des Storici veneziani, qu'il n'eut pas le temps de terminer, et prépara une édition annotée de -la Biblioteca deir Eloquenza italiana de G. Fontanini (Venise 1753) ; ses notes, souvent ditfuses ou confuses, sont une mine de renseignements précieux. Les Dissertationes Vossianœ sont également une série d'additions et de vérifications fort savantes à un ouvrage antérieur (celui de Vossius sur les historiens vénitiens). Citons, parmi ses autres ouvrages : le Compendio del Vocaholario delta Crusca (Venise, il^r)),\Q Compendio délia storia delta repubblica di \enezia (ibid., 1774). Ajoutons enfin qu'il ' donna à Muratori la première idée de sa grande collection de documents. — Ses œuvres dramatiques ont été

ZENO — ZÉOLITE

plusieurs fois imprimées (Venise 1744, 10 vol; Turin 1795,12 vol. ; Milan, Classiez; 1820). Ses lettres ont été publiées par Forcellini (Venise, 1752, 3 vol.) et J. Morelli (Venise 1785, 6 vol.) A. Jeanroy.

BiBL. : Fr. Negri, Vita di A. Zeno ; Venise, 1816. ~ TiPALDO,Biogfra/ia degli ItalianiillustrU t. \ II. — T. Con- CARi, Il Settecento ; Milan, 1900, chap. ii,

ZÉNOBIE (Septimia), reine de Palmyre, de son vrai nom Batzebina, était la seconde femme d'Odenath II, roi de Palmyre. Quand il fut assassiné avec son fils aîné Hérode, en 267 av. J.-C, Zénobie prit la régence au nom de son fils mineur Athenodore ou Baballathos. Elle l'exerça vigoureusement, défit Héraclianus, général de l'empereur Gallien, et étendit son autorité sur l'Egypte et une partie de l'Asie Mineure. Sa cour devint un foyer de culture hellénique très brillant et un refuge pour les chrétiens. La reine prit pour conseiller le rhéteur Longin. L'empereur Aurélien l'attaqua en 271 : vainqueur à Antioche et Emèse, il assiégea Palmyre ; la ville fut affamée et se rendit au printemps de 272. Zénobie avait été capturée dans sa fuite, et ses conseillers mis à mort. L'année suivante, Palmyre fut détruite. La reine figura au triomphe d' Aurélien (274) et acheva sa vie à Tibur.

ZÉNOBIE, épouse de Rhadamiste, roi d'Ibérie, qui, traqué par ses ennemis, la poignarda et la jeta dans l'Araxe; elle survécut pourtant (53 ap. J.-C). Ce drame a inspiré une tragédie de Crébillon.

ZÉNODOTE d'Ephèse, grammairien et critique grec du m® siècle avant notre ère (320-240). Il suivit les leçons de Philétas en même temps que Ptolémée Philadelphe, et fut, sous ce prince, directeur de la bibliothèque d'Alexandrie, qui venait d'être fondée. Il fut aussi le premier à donner une édition critique des poèmes homériques, d'après les plus anciens manuscrits contenus dans la bibliothèque. Ses travaux servirent de point de départ à Aristarque, qui les améliora : ce qui en reste a été publié par Diintzer, à Gœttingue, en 1848 (de Zenodoti studiis homericis), H. Bornecque.

ZENON, philosophe grec, né à Cittium (Chypre) vers 350 av. J.-C, mort en 264. C'est le fondateur de l'école stoïcienne. Il fut commerçant, puis s'adonna, à Athènes, à la philosophie, suivit les leçons de Cratès de l'école cynique, de Stilpo de l'école de Mégare, de Xénocrate et Polémon de l'école académique, et en 308 fonda sa propre école près du Portique (Stoa), dont elle reçut le nom. Sa doctrine est analysée à l'art. Stoïgisx\ie; lui-même se regardait comme le continuateur des cyniques ; son livre sur l'Etat était, disait-il, écrit « sur la queue du chien ». Très considéré des Athéniens et du roi de Macédoine, Antigone Gonatas, Zenon, dit-on, mit fin volontairement à ses jours.

ZENON, empereur romain d'Orient (474-91), né en 426, mort le 9 avr. 491. Isaurien du nom de Traskalissseos, il épousa Ariadne, fille de l'empereur Léon I®^, fut promu patrice, commandant de la garde et de l'armée d'Asie et reçut alors le nom de Zenon. A la mort de son beau-père, il exerça la régence (janv.-nov. 474) au nom de son fils Léon, à la mort duquel il fut lui-même proclamé empereur. Les gens de Constantinople insurgés contre lui proclamèrent Basiliscos (475) ; Zenon sortit de la capitale, mais finit par l'emporter avec l'aide des Ostrogoths (477). Il eut de fréquents dissentiments avec ces redoutables auxiliaires, jusqu'au jour où il s'entendit avec leur roi Théodoric pour les expédier à la conquête de l'Italie. Il eut moins de succès dans les querelles religieuses; son édit d'union, VHenoticon.ne put réconcilier monophysites et orthodoxes ; ses généraux Illos et Leontios révoltés en Cilicie et Syrie furent cependant domptés (484-88).

ZENON d'JElée, philosophe grec, qui vécut entre 490 et 430 av. J.-C. Disciple préféré de Parménide, il soutint la doctrine de l'unité de l'Etre par des arguments célèbres (V. Elée [Ecole d'] et Achille) ; il fit ressortir les antinomies qui existent dans les notions du teni(ps, de

l'espace et du mouvement, qu'on les regarde comme subdivisés en parties finies ou divisibles à l'infini. On conte aussi que Zenon, ayant conspiré contre un tyran, montra dans les tortures une constance inébranlable.

ZENON DE Si DON, philosophe épicurien, né vers 150 av. J.-C II devint chef de l'école épicurienne vers 100, fut le maître de Cicéron et de Philodème; les papyrus d'Herculanum ont révélé beaucoup de ses écrits (Cf. l'art. Epicure, t. XVI, p. 57).

ZENTHÂN. Ville de la Tripolitaine, à 150 kil.S.'de Tripoli ; 6.000 hab. y vivent dans des chambres et galeries creusées dans le roc, perpétuant les mœurs des anciens Troglodytes (V. ce mot).

ZÉOLITE (Miner.), famille naturelle de silicates, qui remplissent les amygdales dans les roches basiques vacuolaires et qui figurent aussi parmi les dépôts des sources thermales. Toutes hydratées, ce qui fait qu'elles gonflent et bouillonnent lorsqu'on les soumet à la flamme du chalumeau (en grec, Zsw, je bous), les zéolites sont, en outre, presque toutes aluminifères. Les rapports d'oxygène y sont alors les mêmes, abstraction faite de la proportion d'eau, que dans la famille des feldspaths, c.-à-d. 1 : 3 : 4, 1 : 3 : 6, i;": 3 : 8, 1 : 3 : 9 (V. Feldspath) . Les protoxydes sont la potasse, la soude, la chaux, la baryte. Presque toutes les zéolites sont de couleur blanche. Leur densité varie de 2 à 2,5, leur dureté de 4 à 6. Les acides les décomposent parfaitement. La dessiccation à 100° leur enlève une notable partie de l'eau de combinaison. Placées dans un milieu saturé d'humidité, elles absorbent de 4 à 12 Vo d'eau, s'évaporant ensuite à l'air libre.

D'après la nature de leur base, les zéolites forment six groupes, comprenant chacun un nombre variable d'espèces. — 1*> Zéolites sodiques : la Mésotype et ses deux variétés, la Natrolite on fïerre de soude, en masses fibro-compactes jaunes, composées de noyaux sphéroïdaux radiés, et la Radiolite de Brevig, de structure identique. •— 2« Zéolites sodico-câlciques : VAnalcime et ses variétés, la Cuboïte et la Picranalcime ; VEudnophîte; la Gmélinite; la Faujassite ; la Thomsonite,et ses variétés, la Comptonite, la Mésole ou Féroëlite, la Scoulérite ou Pierre de pipe de l'Amérique du Nord ; la Mésolite; la Pectolite, — 3^ Zéolites calcico-potassiftUEs : la Christianite et sa variété, la Phillipsite ou Uarmotome calcaire des Allemands; la Gismondine; VApophyllite ou Tessélite. — ¥ Zéolites à base de CHAUX, de potasse ET DE SOUDE : la Cliabosie et sa va-riété, la Phacolite, en cristaux lenticulaires; la Stilbite et ses deux variétés, la Sphérostilbite ou Desmine et la Puflérite; V Heiilandite ; ï Epistilbite ; la Lévyneet sa variété, la Mésoline. — 5° Zéolites calcifères : la Scolésite; VOkénite ou DyscJasite, dont une variété asbestiforme n'est qu'une woUastonite altérée ; la Laumonite; la Prehnite; la Datolite ; la Homilite. — 6« Zéolites barytiques : VEdingtonite; VHarmotome ; la Brewstérite, qui contient 8 à 9 **/o de strontiane et qu'on rencontre surtout dans les roches éruptives basiques d'Ecosse et d'Irlande. — Des articles spéciaux ont été consacrés aux plus importantes des diverses espèces qui précèdent.

Les zéolites procèdent d'un petit nombre de types cristallins. L'Analcimeet la Faujassite appartiennent au système cubique, l'Edingtonite, la Gismondine au système quadratique, la Mésotype et la Natrolite au système rhombique , l'Apophyllite, la Brewstérite, la Christianite, la Datolite, la Desmine, l'Epistilbite, l'Harmotome, la Heulandite, la Laumonite, la Phillipsite, la Scolésite, la Stilbite au système monoclinique, l'Inésite, la Mésolite au système triclinique, la Chabasie et la Gmélinite au système hexagonal. Mais leurs rapports paramétriques diffèrent fort peu et les principales ont toutes un réseau pseudo-cubique. Quant à leurs propriétés optiques, on n'a pu les établir avec certitude en raison de l'eau de combinaison dans laquelle elles sont noyées.

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ZEOLITE - ZEFiO

Mallard a rattaché à la famille des zoolites quelques autres espèces de silicates hydratés, crypto-cristallins : la Bravaisite, qui est un silicate d'alumine avec fer, chaux, magnésie, potasse et eau; la Carpholite, dans laquelle l'alumine et la silice sont unies à l'oxyde manganeux et ù l'eau ; la Glauconie, silicate hydraté d'oxyde ferrique et de potasse, dont il convient de rapprocher la Teire Verte ou Céladonite ; la Nontronite, en rognons jaunes ou verdâtres; la Chlorophœite, qui forme des aiguilles cristallines vertes; la Palagonite, qui forme la base des tufs dits palagoni tiques. L. S.

ZEPCE. Ville de Bosnie, cercle de Travnik, sur la r. g. de la Bosna; 2.100 hab. musulmans. Elle garde un défilé emporté d'assaut en 1697 par le prince Eugène.

ZÉPHYRE (Myth. gr.). L'un des Vents divinisés dans la religion des Grecs et des R.omains,déjàconnu d'Homère et d'Hésiode, et plus tard Tobjet defables gracieuses, en rapport avec sa nature bienfaisante et avec l'idée du printemps où il souffle de préférence. Zéphyre est en effet la personnification du vent d'ouest, fils d'Astrseos et d'Eos, amant de la nymphe Chloris qui représente la verdure printanière et père avec elle de Garpos, le dieu des fruits. Avec la Harpye Podargé, il enfante des cavales ; sa rapidité le désigna pour être messager des dieux. Aussi le représente-t-on avec des ailes dans le dos et aux pieds, drapé dans des voiles blancs et portant dans son sein une brassée de fleurs. Au cirque de Rome la couleur blanche des tuniques de cocher lui était consacrée et signifiait la rapidité.

ZÉPHYRIN (Saint), martyr? 16^ pape, né à Rome, élu en 203 ; mort en 220 (20 déc. ou 26 août). Fête le 26 août. L'histoire de ce pape est inséparable de celle de son successeur, Calixte. Toutes deux ont été très discutées en ces derniers temps (Y. Calixte I®^, t. VHI, p. 930 ; Philosophoumena, t. XXVI, p. 732). — Deux lettres apocryphes ont été attribuées à Zéphyrin. Vers l'époque où il mourut, aucune persécution n'eut lieu à Rome pouvant justifier le titre de martyr dont on l'a gratifié. E. H.-V.

ZERAFCHAN ou SAREFCHAN (le Distributeur d'or). Fleuve du Turkestan russe, long de 750 kil., depuis sa source dans un glacier des monts Koksou (Pamir) jusqu'au point où il se perd dans des lagunes sablonneuses, à 30 kil. de la riv. dr. de l'Amou-daria. Il draine un bassin de 37.230 kil. q. également répartis en pays de montagne et de plaine. Commençant à 2.550 m. d'alt. sous le nom de Match a, il parcourt des gorges étroites, dévalant, d'E. en 0., 7 m. par kil. jusqu'au confluent du Yagnaou.

Après Pendjekent, sa vallée s'élargit et les villages se multiplient dans la plaine irriguée par les canaux qu'il alimente et fertilisée par son limon. C'est la région de Samarkande. Le Zerafchan se divise à Tchoponati en deux bras enserrés de digues, et eux-mêmes subdivisés (Akdariaau N., Kara-daria au S.). Graduellement ses eaux s'évaporent; il arrose encore, mais plus chichement, la plaine de Bokhara, puis disparaît dans les sables, près de la station de ch. de fer de Khodjà-Daoulek. Il n'a plus la force d'atteindre l'Amou-daria. Son débit vers Samarkande varie de 32 m. c. par seconde en janvier à 620 en juillet. C'est le Sogdàes anciens, qui donnait son nom à la Sogdiane.

ZERBST. Ville d'Allemagne, principauté d'Anhalt, sur la Nuthe; 16.983 hab. en 1895. Ancienne enceinte avec tours de 1430 ; vieilles maisons, colonne de Roland (1445) ; églises Nicolaï des xii® et xv® s., Saint-Barthélémy avec clocher isolé de 1215 ; hôtel de ville du xii® s., embelli en 1480, agrandi en 1610. Anciens couvents de cisterciennes (1294-1542), d'augustins (1390-1525) et de franciscains (1250-1531), transformés, le premier en caserne, le second en hôpital, le troisième en collège. Bière amère très renommée ; cultures maraîchères. On y travaille l'or, l'argent, les produits chimiques, fait des machines, des voitures, etc. Citée en 1007, Zerbst fut acquise en 1307 par les princes d'Anhalt (V. ce mot) et

devint, de 1603 à 1793, capitale d'une principauté de leur famille.

ZERGOUN.Rivièred'Algéric(V.ORÂN[Dép.d'],p.456).

ZERMATT (franc. Praborgne). Village de Suisse, cant. du Valais, à 1.620 m. d'alt., sur la r. g. du Matter,affl. g. du Rhône ; 763 hab. Cette agglomération de modestes chalets et d'hôtels somptueux, rendez- vous des alpinistes en été, est le point de la Suisse autour duquel se trouvent concentrées le plus de curiosités naturelles. Le spectateur aperçoit, au fond, les énormes massifs du mont Rose, du Breithorn et du Cervin et, des deux côtés, les immenses glaciers de Mischabel, de la Dent Blanche et du Weisshorn. Zermatt est relié par un chemin de fer à crémaillère avec la ligne Lausanne-Simplon. Un autre chemin de fer grimpe au Gornergrat, au pied du mont Rose, à 3.000 m. d'alt.

ZERMEZEELE. Corn, du dép. du Nord, arr. d'Hazebrouck, cant. de Cassel ; 337 hab.

ZÉRO. I. Mathématiques.— Zéro n'est pas tout à fait, en mathématique, synonyme du néant, zéro est un nombre qui désigne la quantité qui peut être ajoutée à d'autres sans modifier le résultat de l'addition. Par exemple, si les quantités sur lesquelles on spécule sont des nombres proprement dits, et si l'on considère la multiplication ordinaire comme un mode particulier de l'addition définie comme une opération dont le résultat est indépendant de l'ordre dans lequel on considère les parties, les nombres proprement dits seront représentés par d'autres nombres appelés logarithmes, et l'unité sera représentée par le nombre zéro, qui, comme l'on voit, ne représente pas le néant; de même, une température peut être représentée parle nombre zéro, qui, ici encore, n'est certainement pas synonyme de néant. Zéro est donc bien un nombre qui désigne le plus souvent une véritable quantité, et qui, par suite, répond à la notion du nombre tel qu'il a été défini aux art. Nombre, Mathématiques, Philosophie, Unité (V. au sujetdusigneOFart. Chiffres). — On appelle zéros d'une fonction f\x) les racines de l'équation f{x) = 0.

II. Physique.— Zéro absolu. — Etant donné un corps à la température ordinaire, nous savons abaisser ou élever sa température ; et la première question qui se pose est celle-ci: peut-on indéfîniiiient faire varier sa température dans les deux sens ; à priori, rien ne fait prévoir qu'on ne puisse élever de plus en plus la température d'un corps, mais il n'en est pas de même si l'on envisage la variation inverse. Considérons en effet un gaz quelconque : soit V^ son volume à la température de la glace fondante ; son volume V^ à une température t quelconque est donnée par

l'équation V^ = V^ ii-\- ^V Si l'on fait dans cette

formule i^ -ziz -- 273^ on a V^ =: 0, de sorte que cette formule conduit à cette conclusion que la température ne saurait dépasser — 273^. Remarquons, en outre, que lorsqu'on chauffe un volume V^ de gaz, mesuré à zéro (glace fondante), successivement à 273, 2 X 273, 3 X 273, etc., son volume augmente d'une, deux, trois, etc., fois sa valeur en même temps qu'il faut lui fournir pour cela des quantités de chaleur Q,2Q, 3Q, etc. Il est donc naturel de penser que si, prenant le même volume de gazV^> à la température de la glace fondante, on lui retire la môme quantité Q de chaleur, son volume diminuera encore de V^, ce qui l'amènera à être nul.

Considérons encore la formule qui donne la pression p,. d'un gaz à la température t quand on connaît sa pression Pq à la température de la glace fondante ; on a p^ =: ;f?^

H + ^ V On voit que p^ devient nulle si l'on fait

^ = — 273 ; mais, d'autre part, dans la théorie des gaz, la pression est proportionnelle à la force vive des molécules, par conséquent cette force vive est nulle à — 273» et à cette température le corps n'a plus d'énergie.

Ces diverses considérations ont conduit à penser qu'on ne pouvait pas refroidir les corps au delà d'une certaine

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