ZANZIBAR — ZARATE
de Zanzibar est une escale très fréquentée par les navires qui font le service de la côte orientale d'Afrique, de Madagascar, la Réunion et Maurice. Depuis l'établissement du protectorat anglais, le port a été franc de douanes, excepté pour les spiritueux, les armes et munitions de guerre, le tabac et le riz; mais un décret du 7 nov. 4899 a rétabli un droit de douane de 5 °/o, excepté sur les marchandises en transit. E. Chantriot.
BiBL.: GuiLLAiN, Zanzibar et ses habitants, dans Annales des voyages, 1857. — E. Quaas, Stadt, Ilafen und Bewohner Zanzibar's, dans Zeitschr. fur allegem. Erdh.; Berlin, 1860. — A, Germain, Zanzibar et la Côte orientale d'Afrique, dans Bullet. Soc. Géogr. de Paris, déc. 1868. — R.-F, BuRTON, Zanzi&ar, City, Island and Coast; Londres, 1872, 2 vol. in-8. — G- Rohlfs, Die Climalologie und Hygiène Ost A frikas; Leipzig, 1885. — Charles Demay, Zanzibar, colons allemands et anglais dans l Afrique orientale, dans Correspondant, nov.-déc. 1888. — Fitzgerald, Rapport siu' l'île de Zanzibar publié par le Foreign Office, 1893. — Docteur Oscar Baumann, Der Sansibar Archipel; 1896, 3 livr. in-8. — Moniteur officiel du Commerce, n°« 784, 787, 885, 908. — La Gazette de Zanzibar, ^ournal officiel du gouvernement du protectorat britannique.
ZAPODID>E (Zool.) (V. Gerboise).
ZaPOLYAI ou SZAPOLYAI. Famille noble hongroise, qui doit sa puissance aux Hunyade. Presque incomue jusqu'au XV® siècle, plusieurs de ses membres devinrent célèbres sous les Hunyade, et Jeaîi Zâpolyai fut couronné roi en i526. Les plus connus sont :
Etienne^ né vers 1430, mort en 1499. Commandant du N. de la Hongrie, il était un des plus braves capitaines de Mathias Corvin. 11 aida puissamment à la prise de Vienne, devint commandant de cette ville ainsi que de la Basse-Autriche. Il fut nommé palatin en 1492.
Jean, fils du précédent, né en 1487, mort en 1540. Un des plus puissants magnats au commencement du XVI® siècle, il tint souvent en échec l'autorité royale et augmentait sans cesse ses domaines afin de jouer le rôle de prétendant à la couronne. Il réprima la Jacquerie de Dozsa (1514), mais resta spectateur avec une armée de 40.000 hommes du désastre de Mohâcs (1526), où le roi Louis n trouva la mort. 11 réunit alors ses partisans dans les environs de Tokaj où, sur la proposition du palatin Werbôczy, ennemi des Habsbourg, il fut proclamé roi de Hongrie et couronné la même année àAlbe-Royale(ll nov.). Les partisans des Habsbourg élurent à Pozsony Ferdinand P^\ Les deux rois se combattirent dès le printemps de 1527 ; l'avantage resta aux Habsbourg, et Szapolyai ne put se maintenir qu'avec l'appui des Turcs. Le sultan Soliman le reçut comme son vassal (1529) au camp de Mohâcs et la guerre intestine continua. Szapolyai conclut également une alliance avec François P^, roi de France, qui voulait affaiblir la maison d'Autriche. Mais cette alliance ne profita guère à Szapolyai, qui ct)nclut enfin avec Ferdinand la paix de Nagy-Vârad lui assurant la Transylvanie et quelques comitats de Hongrie. H épousa, en 1539, Isabelle, fille deSigismond, roi de Pologne, et en eut un fils.
Jean-Sigismond, fils du précédent, né le 7 juil. 1540, mort le 13 mars 1571. Il fut couronné roi le 15 sept. 1540. Pendant sa minorité, sa mère Isabelle et le Frère Georges (Martinuzzi) gouvernaient. SoKman ayant pris Bude, en 1541 , força la régente de quitter la capitale. Dix ans après, elle renonça, pour elle et pour son fils, au titre royal, et Jean-Sigismond fut reconnu, par l'empereur Maximilien et par le sultan, prince de Transylvanie (V. ce mot). J. KoNT.
BiBL. : Alex. Szilâgyi, Hist. de la Transylvanie (en hongr.), 1866,2 vol.
ZARA (serbe Zadar, lat. Jadera). Capitale de laprov. autrichienne de Dalmatie, sur une presqu'île de la mer Adriatique en face des îles Ugliano et Pasman, dont la sépare le canal de Zara; 12.000 hab. (30.000 avec la commune), en majorité Italiens. Archevêché catholique latin ; évêché grec. Forteresse déclassée en 1873. Fabrication de marasquin ; verrerie. Port au N.-E. de la ville, accessible aux navires de guerre de taille moyenne. Ville pittoresque qui possède encore une partie de son enceinte
vénitienne bastionnée et ses quatre belles portes ; celle de la Marine date des Romains ; celle de Terraferma, œuvre de l'architecte véronais San Micheli, est monumentale ; de ce côté les Vénitiens avaient isolé la ville en coupant d'un fossé la péninsule. La place dei Signori, centre de la vie locale, est ornée d'une loggia à trois arcs (par San Micheli), elle comprend la bibliothèque Paravia ; la place des Herbes ou marché est bordée du palais archiépiscopal. La cathédrale Saint-Anastase du xiii® siècle, en style romano- lombard, a été bâtie par le doge Dandolo : c'est une basilique à trois nefs avec belle façade, autel de 1233, tableaux de Palma et Carpaccio. Saint-Siméon, consacré au patron de la ville, renferme ses reliques ; San Donato (ix^ siècle) est une rotonde à trois absides, entourée d'une galerie circulaire portée par 6 piliers et 2 colonnes, elle renferme le musée archéologique ; citons encore l'éghse San Grisogono près de la porte de ce nom, celle des Franciscains, etc. Des quais ont remplacé une partie des remparts. Un beau jardin public couvre une colline au S.-E. de la ville. Celle-ci possède de curieuses citernes (alimentées depuis 1838 par un aqueduc), dont la plus belle est celle des Cinque Pozzi aménagée en 1574 par San Micheli. — Zara possède, outre les séminaires des deux rites, des écoles importantes italiennes et serbo-croate (celle-ci au faubourg albanais de Borgo Erizzo).
Zara tire son origine de la cité antique de Jadera, capitale des Liburnes, puis colonie romaine. Après la destruction de Salone par les Avares au viii^ s., elle devint ville principale de la Dalmatie, mais fut éclipsée momentanément par Blandona ou Biograd (auj. Zaravecchia^ bourgade de 8.000 hab., située à 25 kil. S.-E., sur le canal de Zara). Résidence de Kresirair III, roi de Dalmatie et Croatie (1070),etdeKoloman, roi de Hongrie, qui s'y fit couronner roi de Dalmatie (1102), Biograd fut détruite par les Vénitiens en 1127. Ceux-ci réussirent à s'emparer de Zara en 1202 avec l'aide des croisés, la reperdirent, puis en 1409 achetèrent le comté de Zara pour 100.000 ducats à Wladislas, roi de Hongrie et de Naples. Bayezîd II la prit en 1494, mais les Vénitiens la reconquirent; en 1797, elle suivit le sort de la Dalmatie et est demeurée autrichienne, sauf sept ans de domination française (1806-13).
BiBL. : BiANCHi, Antichita romance medievali diZara; 1883. — Du môme, Zara cristiania, 2 vol.
ZARAFELLO, poète napolitain (V. Ciarrafello).
ZARATE (Francisco-L6pez de), poète espagnol, né à Logrono en 1590, mort en 1658. Zarate remplit les fonctions de secrétaire de Rodrigo Calderon, marquis de Siete Iglesias. Il est l'auteur de poésies lyriques, d'églogues et d'un grand poème en vingt-deux chants : Poema herôico de la Invencion de la Cruz, publié à Madrid en 1648, mais écrit une vingtaine d'années auparavant. Les œuvres de Zarate, parmi lesquelles on retrouve certains morceaux attribués faussement à Lope de Vega, ont été imprimées à Alcalâ, en 1651.
ZARATE (Antonio Gil y), auteur dramatique espagnol, né àl'Escurialle 1^^^ déc. 1793, mort à Madrid le 27 janv. 1860. Elevé à Paris, il revint en Espagne en 1811. Il s'adonna aux sciences physiques et mathématiques, revint en France de 1817 à 1819 pour s'y perfectionner, puis entra au ministère de ITntérieur (1820). Relégué à Cadix pour avoir été officier de la milice nationale, il ne put rentrer à Madrid qu^en 1826. De 1826 àl835,'il fut professeur de français à l'école du consulat de France. En 1835, il fut rappelé à ses fonctions au ministère de l'intérieur. Ses opinions politiques lui ont valu tour à tour des suspensions d'emploi et des réintégrations. C'est ainsi qu'il fut un moment directeur de l'instruction publique, sur laquelle il a pubhé un ouvrage en 3 vol., en 1855 {De la instruccion pûhlica en Espana). Il a enseigné l'histoire moderne (introduccion d la historia moderna, 1841) auL/iceode Madrid et a pu-
ZÂKATE - ZEIRIDES
blié un bon Manuel de littérature (1 84*2-44) souvent réimprimé. C'est surtout comme auteur dramatique que Gil y Zârate s'est fait un nom. Il débuta par des traductions, entre autres, celle du Verre d'eau, de Scribe, puis par des comédies : El entremetido, Cuidado con las novias, Un ano despues de la boda (182lo-26). Il a surtout composé des drames, dont ceux qui ont eu le plus de célébrité sont : Doua Blanca de B or bon (1835); Cdrlos II et hechizado (1836), d'un romantisme invraisemblable; Rosmunda (1840), épisode de l'histoire d'Angleterre; Masaniello, etc.
ZARAVCHAN. Fleuve du Turkestan (V. Zerafchan).
ZARIQ(Mythol.assyr.) (V.Nergal).
ZARLINO (Giuseppe), savant musicien et théoricien italien, né à Chioggia, dans l'Etat de Venise, le 22 mars 1517, mort à Venise le 14 févr. 1590. Choisi, le 5juil. 1565, pour remplir la place de premier maître de Saint- Marc, il conserva vingt-cinq ans ces fonctions, jusqu'à sa mort. Bien que le mérite de Zarlino comme compositeur soit facile à percevoir dans les oeuvres, malheureusement très rares, qui subsistent encore de lui, c'est surtout aujourd'hui ses ouvrages théoriques qui doivent retenir l'attention des historiens de la musique. Les Islituuoni harmoniche (Venise, 1588) sont la source principale ou tous les théoriciens ont puisé pendant près de deux siècles, et Zarlino a eu ce mérite, outre celui d'exposer et d'expliquer aussi clairement qu'il était possible les règles et la théorie de la musique de son temps, de pressentir quelques-uns des principes (celui du renversement des accords par exemple) qui ont le plus contribué au développement de la science harmonique
ZARNCKE (Friedrich), philologue allemand, né à Zahrenstorf (Mecklembourg) le 7 juil. 1825, mort à Leipzig le 15 oct. 1891. Il fonda en 1850 la revue critique Litterar. Centralblatt fur Deustschland, devint professeur à l'Université de Leipzig (1858). Ses ouvrages qui font autorité sont l'édition du Narrenschiff de Seb. Brant (1854), celle des Nibelungen (1856), Mittelhochdeutsches Wœrterbuch (avec W. Millier, 1863, 2 vol.) ; de nombreux mémoires dans les Comptes rendus de l'Ac. de Saxe y sur Héliand, la Légende troyenne des Francs, le Prêtre Jean, Christian Beuter, la Philologie de Gœlhe, etc., enfin une série délivres sur les universités allemandes du moyen âge.
ZARPATH. Ville ancienne de Phénicie (V. Sarepta).
ZARZIS (lat. to^^^s). Ville maritime de Tunisie, enface de Djerba ; elle comprend cinq quartiers ou villages entourés de jardins, le long du rivage argileux et sablonneux. Fortin, mauvais ancrage, pêcherie d'épongés.
ZATAS ou SOVRACA. Rivière de Portugal (V. ce mot).
ZAYNOS (F. de), magistrat espagnol (V. Ceynos).
ZBARAZ. Ville de Galicie (Autriche), près de la frontière russe, sur la Gniezna, affluent du Sereth ; 9.000 hab. Vieille citadelle.
ZEA (Bot.) (V. Maïs).
ZEA (Francisco-Antonio), botaniste et homme d'Etat espagnol, né à Medelin (Nouvelle-Grenade) le 21 oct. 1770, mort à Bath (Angleterre) le 18 nov. 1822. Sa réputation précoce de littérateur et surtout de botaniste lui valurent une chaire à Santa Fé de Bogota, mais, suspect par ses opinions en faveur de l'indépendance des colonies espagnoles, il fut arrêté, amené à Cadix (1797), maintenu deux ans en prison, enfin envoyé en France pour y poursuivre ses études scientifiques. Il ne rentra en Espagne qu'en 1802 et devint directeur du cabinet botanique de Madrid. En 1808, il se rangea dans le parti français et fut préfet du roi Joseph à Malaga. En 1814, il regagna l'Amérique et rejoignit Bolivar, le libérateur, qui le fit intendant de son armée, puis sénateur et ministre des finances de la Nouvelle-Grenade (1817). En 1819, Zea présida un moment, à la place de Bolivar, le congrès d'Angostura, devint vice-président de la république de la Nouvelle- Grenade, puis de l'Etat nouvellement consti-
tué, la Colombie. Il passa alors en Europe pour essayer de faire reconnaître la Colombie par l'Angleterre, l'Espagne et la France. Ses eiforts n'aboutirent qu'à négocier un emprunt avec les banques anglaises (1821), emprunt pour lequel il fut désavoué et qui ne fut reconnu par le congrès ^colombien que trois ans après sa mort, en 1825.
ZÉBÉDÉE, père des apôtres Jacques et Jean (Marc, i, 19-20); c'était un pêcheur aisé du lac de Tibériade.
ZEBRAK, écrivain tchèque (V. Lomnicky).
ZÈBRE (Zool.) (V. Cheval, t. X, p. 1122).
ZÉBU (ZooL)(V. Boeuf).
ZECHSTEIN (Géol.) (V. Permo-Carronifère).
ZEDERIK. Canal des Pays-Bas (V. cet art., p. 168).
ZEDLITZ (Joseph-Christian, baron de), poète autrichien, né à Johannisberg (Silésie autrichienne) le 28 févr. 1790, mort à Vienne le 16 mars 1862. Il servit brillamment dans les hussards et fut plus tard employé et ami de Metternich. Ses œuvres, d'un]romantisme prétentieux, sont : Totenkrœnze (1828); des drames {Ber Stem von Sevilla, Kerker und Krone, etc.), des poèmes épiques (Waldfrœulein, etc.), et des poèmes, dont Fun fameux, la Bévue nocturne, Die nœchtliche Heerschau.
ZÉDOAIRE (Bot.)- On donne ce nom, dans le commerce, à divers rhizomes de Curcuma (V. ce mot), et principalement du Curcuma zedoaria Rose. (Amomum zedoaria Wall.), qui fournirait surtout la Zédoaire longue, et du Curcuma aromatica Rose, qui fournirait la Zédoaire ronde ou Zérumhet. Ces rhizomes sont doués d'une odeur aromatique et d'une saveur camphrée, un peu amère, et possèdent des propriétés stimulantes qui les font entrer dans le baume de Fioravanti. Les Zédoaires sont aussi utilisées comme condiments. D^ L. Hn,
ZÉE (ïchtyoL). Genre de Poissons Acanthoptérygiens de l'ordre des Squamodermes, famille desScombéroïdes, caractérisé par deux dorsales distinctes, l'antérieure formée de rayons spinaux qu'accompagnent des lambeaux membraneux, longs et filiformes; série d'épines fourchues sur le côté du corps. A ce genre appartiennent la Zée épineuse (Méditerranée) et la Zée forgeron ou Dorée, poisson de 60 centim. de longueur, à reflets métalliques sur un fond gris d'argent, rayé de bandes jaunâtres avec deux taches noires sur le dos. Il est commun sur les côtes d'Europe.
ZEEKOE. Affluent de V Orange (V. ce mot).
ZEE M AN (Reinier NooMs, dit), peintre et graveur hollandais, né à Amsterdam en 1612; excellent dessinateur, d'un vigoureux sentiment pictural, quoique la perspective aérienne et la netteté du coloris soient souvent insuffisantes. Peintre de marines, il a parfois imité Claude Lorrain. On a des tableaux de lui au Louvre, à Amsterdam, Rotterdam, Vienne, Cassel, Copenhague, etc. Son œuvre gravé comprend 175 planches.
ZEGERS (Gérard), peintre flamand (V, Seghers).
ZEGGERS-Cappel. Com. du dép. du Nord, arr. de Dunkerque, cant. de AVormhoudt ; 1.545 hab.
ZEIA. Rivière de Sibérie, affl.g. de l'Amour ; 1.1 60 kil., dont 700 navigables, dans un bassin de 223.000 kil. q. Issue des monts Stanovoï, elle descend au S. -0., puis au S.-E., absorbe le Ghilioni, traverse un défilé abrupt de 50 kil., puis entre en plaine. Sa vallée fut le passage des premiers explorateurs russes vers l'Amour. Elle est colonisée par des paysans russes.
ZEILA. Ville maritime d'Afrique, sur le golfe d'Aden, au N. du Somaliland britannique; 6.000 hab. Rade fréquentée, car c'est l'un des débouchés sur la côte des routes vers le Harrar et le Choa. Occupée par les Egyptiens en 1875, puis, après leur retraite, par les Anglais en 1884.
ZEIRIDES. Dynastie musulmane du N. de l'Afrique, issue de Yousouf ibn Zeiri que le Fatimite Mouiz laissa comme gouverneur au Maghreb lorsqu'il partit pour la conquête de l'Egypte (969). Les Zéirides devinrent indépendants de fait et se divisèrent en deux familles, l'une régnant à Fez, l'autre à Kairouan et Tunis ; celle-ci prit
ZËIRIDES — ZELLER
de son fondateur le nom de Badisides. Après avoir dominé la Méditerranée et les îles, les Zéirides furent affaiblis par leurs dissensions, la lutte contre les Normands de Sicile et les nomades du Sahara, et ils furent supplantés par les Almoravides (cf. l'art. Maroc).
ZÉISME. Intoxication par le mais moisi. Le maïs gâté contient une huile grasse ou, plus exactement, une oléorésine (Lombroso) et une matière extractive très amère, la pellagroséine ou maUine, L'action de ces produits donne lieu à des convulsions, des attaques tétaniques, à la narcose et à la parésie. Le zéisme, combiné à des conditions de grande misère, entre dans la production de certaines formes de pellagre (V. ce mot).
ZEISS (Karl), mécanicien allemand, né à Weimar en 4816, mort à léna le 3 déc. 1888. Il fonda à léna, en 1846, une fabrique d'instruments d'optique, qui fut bientôt réputée pour ses excellents microscopes et qui prit, à partir de 1866, grâce au concours du physicien Abbe, un rapide développement. En 1875, Karl Zeiss, son fils Roderich et Abbe s'associèrent. En 1889, après la mort du fondateur, Abbe en fit la Karl Zeiss-Stiftung, administrée par Abbe, Schott et Czapski, et copropriétaire, depuis 1891, de la verrerie fondée à léna en 1884 par Otto Schott. La « Karl Zeiss-Stiftung » est aujourd'hui l'une des maisons d'instruments d'optique les plus célèbres du monde entier. Elle est connue surtout par ses objectifs photographiques et par ses instruments de mesure optique. Elle occupe 500 ouvriers. L. S.
ZEITBLOM (Bartholomœus), peintre allemand, né à Ulm entre 1450 et 1455, mort vers 1517. Elève de Hans Schiichlin dont il épousa la fille en 1483. Les volets de l'église de Kilchberg (aujourd'hui au musée de Stuttgart) avec les figures ^n grandeur naturelle des saints Georges, Florian, Jean-Baptiste et de sainte Marguerite, qui sont certainement de sa main, caractérisent la première manière de Zeitblom : les gestes de ses personnages sont r aides, les vêtements ont des plis durement cassés. Mais le dessin est déjà d'une remarquable pureté. Dans un petit volet qui se trouve au musée national de Munich et qui représente la vierge entre deux évéques, apparaît le type féminin que Zeitblom ne cessera de reproduire par la suite : visage un peu maigre et allongé, au menton étroit, bouche aux lèvres fines, longs yeux ombragés de beaux cils, riche chevelure blonde. Les vêtements sont drapés avec plus d'art et de mollesse. Ce qui manque à Zeitblom, c'est le sens du dramatique : sa Moii de Marie (église de Binger, près Sigmaringen), et sa célèbre Vera icon de l'autel d'Eschach (à Berlin) en sont la preuve. Mais Zeitblom rachète amplement ce défaut par son dessin élégant et son coloris harmonieux, où il fait parfois des trouvailles admirables. En ce sens, ses œuvres les plus caractéristiques sont peut-être : l'autel de l'église de Blaubeuren (près d'Ulm), qui contient la vie de saint Jean-Baptiste et dt'S scènes de la Passion ; l'autel de Heerberg (reconstitué au musée de Stuttgart), où les figures de {Annonciation rappellent les madones du Francia ; et enfin la légende de saint Valentin (musée d'Augsbourg). J. B.
ZEITOUN. Ville de la Syrie septentrionale, vilayet d'Alep, sandjak de Marach, sur un affl. du Djihan (Pyrame). Elle occupe une crête intermédiaire entre le Berut-dagh et l'Achyr-dagh. C'est un des refuges des Arméniens'qui y opposèrent, en 1895, une héroïque résistance aux Turcs. En décembre, une capitulation négociée par les puissances européennes intervint, leur assurant l'amnistie.
ZEKAT. Impôt arabe (V. Impôt, t. XX, p. 610).
ZÉLANDE. Province des Pays-Bas, comprise entre la Belgique, le Brabant septentrional, la Hollande méridionale et la mer du Nord. Elle s'étend sur une longueur de 77 kil. du S. au N., et une largeur de 58 kil. de l'E. à rO. Elle se compose d'une partie continentale, la Flandre zélandaise, qui touche à la Belgique, et des îles de Walcheren, Nord-Beveland, Sud-Beveland, Schouwen,Duiveland,
Philipsland et Tholen, toutes situées entre les bouches de l'Escaut. Sa superficie totale est de 1.785 kil. q. dont 750 de terrée ferme; la population est de 220.000 hab. (en 1900), soit 293 par kil. q. Le sol consiste surtout en polders conquis sur les eaux et protégés par des digues puissantes. Ces terres produisent en abondance le lin, les céréales et les plantes fourragères ; une grande partie de la population se livre à l'élève du bétail et à la pêche. On y trouve d'importantes fabriques de toiles, des teintureries, des distilleries, des brasseries, etc. Le ch.-lieu de la province est Middelbourg ; elle se subdivise en 3 arr. : Middelbourg, Goes et Zierikzee. Les villes principales sont : dans l'île de Walcheren, Middelbourg et Flessingue; dans l'île deSchouwen, Zierickzee, Brouwershaven ; dans l'île de Sud-Beveland, Goes, Kattendyke, etBorsele ; dans la Flandre zélandaise, Terneuzen, l'Ecluse, Breskens, Oostburg, Axel, le Sas-de-Gand, et Hulst.
La Zélande forma dès le haut moyen âge un comté dont la possession fut longtemps disputée entre les seigneurs de la Hollande et ceux de la Flandre. La lutte ne prit fin que par le traité conclu le 6 mars 1323. Louis P"^ de Flandre se désista de ses prétentions en faveur du comte Guillaume III de Hollande. Philippe le Bon força Jacqueline de Bavière à lui céder la Zélande par le concordat de Deift le 3 juil. 1428. Le comté appartint alors à la maison de Bourgogne, puis à la maison d'Autriche, son héritière, jusqu'à la création de la République des Provinces-Unies en 1579. Après la chute de la République, la Zélande forma une province du royaume de Hollande, puis, après l'annexion de 1810, le dép. des Bouches-del'Escaut. Le traité de Paris la rendit au royaume des Pays- Bas qui l'a conservée par les traités de 1839.
ZELAYA. Ville du Mexique (V. Celaya).
ZELL-am-See. Village d'Autriche, prov. de Salzbourg, dans le Pinzgau, à 754 m. d'alt.,^au bord du joli petit lac de ZeU (470 hect., 69 m. de prof.). Villégiature alpestre très fréquentée, au pied des glaciers des Hohe Tauern.
ZELL (Matthœus), prédicateur et réformateur alsacien, né à Kaysersberg le 21 sept. 1477, mort à Strasbourg le 9 janv. 1548 H fit ses études à Fribourg-en-Brisgau. Comme prédicateur à la cathédrale de Strasbourg, il propageait dès 1521 la doctrine de Luther. En 1524, il fut excommunié à la suite de son mariage avec Catherine Schûtz. Secondé par Bucer, Capiton et Hédion, il travaillait avec zèle à l'introduction de la Réforme à Strasbourg. Esprit essentiellement pratique, il ne se mêlait guère aux querelles théologiques de son époque.
BiDL. : RôHRicH, Gesch. derReform. im Elsass ; Strasbourg, 1830.— Erichson. m. Zell ; Strasbourg, 1878.
ZELLA. Oasis de la Tripolitaine, à 550 kil. S.-E. de Tripoli, dans le désert de Libye ; 1.200 hab. 100.000 palmiers avec l'oasis de Tirsa au N.
ZELLER (Eduard), philosophe et théologien allemand, né à Kleinbottwar (Wurttemberg) le 22 janv. 1814. Privat-dozentà Tubingue, il y fonda en 1842 les Theologische Jahrbilcher qui furent Jusqu'en 1857 l'organe de l'école théologique critique dite de Tubingue. Il professa ensuite à Berne (1847), Marbourg (1849), où il dut passer de la Faculté de théologie à celle de philosophie, à Heidelberg (1862), Berlin (1872-94). Son œuvre capitale est sa grande histoire de la philosophie grecque : Die Philosophie Griechen in ihrer geschichtlicher Ent~ wickelung (1844-52, 3 vol. séparément remaniés et réédités; trad. franc.). (îitons aussi : Die Apostelgeschichte (1854) ; De Hermodoro Ephesio et Hermodoro Platonico (1859), etc.
ZELLER (Jules-Sylvain), historien français, né à Paris le 23 avr. 1820, mort à Paris le 25 juil. 1900. Agrégé d'histoire en 1844, et docteur es lettres en 1849, après avoir enseigné successivement à Bordeaux, à Strasbourg, à Rennes et à la Faculté d'Aix, il fut nommé, en 1858, maître de conférences à l'Ecole normale, et peu de temps après professeur suppléant à la Sorbonne. En 1869, il