‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 624 sur 633 · ZINC — ZIN-GOU · texte numérisé non relu

ZINC — ZIN-GOU

S -E. du Mssouri, l'important district zincifère et plombifère de Galena-Joplin, qui s'est surtout développé depuis 4876, vient d'être étudié par Erasnius Hawortli. Les gisements, encaissés dans le carbonifère inférieur, ont subi de grandes remises en mouvement superficielles. Dans rillinois, les principaux producteurs de zinc sont la Matthiesen et Hegeier Zinc C^ et la Illinois Zinc C«. Dans l'Est, le seul producteur est la New Jersey Zinc C° et, dans le Sud, le seul est la Bcrtha Zinc and Minerai C''.

Si nous passons à l'Europe, nous avons déjà dit que la première place est occupée par l'Allemagne et, en Allemagne, par la Silésie. En dehors de la Silésie, le reste de l'Allemagne (Provinces rhénanes. Westphalie et Harz) produit 425.000 t. Au total, en 4896, on a exploité en Allemagne 70 mines de zinc occupant 13.394 ouvriers et produisant 729.942 t. de minerais, d'une valeur d'environ 22 millions. La Sardaigne, dont la production de zinc a été considérable entre 4870 et 4900, dans les mines de Malfidano, Montepoui, etc., subit actuellement une crise. Notre pays, qui est généralement peu favorisé pour les minerais métalliques, occupe une place importante en ce qui concerne le zinc. Cette production française est fourme, soit par les mines du Gard (les Malines) et des Bormettes (le Var), qui, malheureusement, semblent s'épuiser, soit par celles de l'Algérie et de la Tunisie, dont lé tableau précédent ne peut mettre en évidence le très grand développement et l'activité croissante en 4900 et 4904, activité d'autant plus intéressante à signaler (|u'on f obtient des minerais à très bon compte. En Espagne, a production vient surtout, soit de la province de Santander, soit de la région de Carthagène ; en Russie, de la. Pologne ; en Grèce, duLaurium ; en Autriche, de la Styrie, etc.

Si nous passons maintenant à la production métallargiqiié, elle peut être résumée dans le tableau suivant, par ordre d'importance en 4899, et en millions de tonnes :

PAYS

Allemagne

Belgique

États-Unis

Angleterre

France

Autriche

Totau:s: (inclus Russie, !, etc.)

La dilierence entre ce tableau et ie précédent tient à ce que la Belgique, l'Angleterre et la France tt'aitent des minerais importés, tandis que les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie exportent une partie des leurs. Ces chiffres accusent bien d'ailleurs la localisation du zinc dans un ttès petit nombre de centres de production, dont un seul, celui des Etats-Unis, a pris un développement très notable dans ces dernières années, les autres restant à peu près .«tationnaires. En Allemagne, il existait, en 4896, 30 usines à zinc ayant produit 453.000 1. de zinc travaillé, dont 97.885 t. dans la Silésie (district de Breslau), le reste dans les districts de Dortmund et Bonn. En France, il s'est produit, en 4896, un brusque essor de la production, presque doublée d'une année à l'autre ; mais cet essor n'a malheureusement pas duré, et on est retombé peu à peu aux chiffres anciens.

Les prix du zinc sont sujets à des variations importantes, dont peuvent donner une idée les cours suivants qui représentent le prix moyen de la tonne de zinc à New York, exprimé en francs : 4875, 837 fç. ;4878, 578 fr. ; 4884, 648 fr. ; 4885, 543 fr. ; 4889, 653 fr. ; 4895, 432 fr. ; 4899, 675 fr. En 4904, une baisse sensible s'est produite. L. de Launaî.

Thérapeutique et toxicologie.— Les sels de zinc employés en médecine sont le sultate, l'acétate, le chlo-

rure et l'oxyde. Le sulfate et l'acétate ont des propriétés astringentes que l'on utilise sous forme de collyre pour les blépharites, les conjonctivites (Os'',40 pour 30 gr. d'eau distillée), et, très fréquemment encore, en injection uréthraleou vaginale dans la blennorragie (4 gr. pour 50 ou 400 gr. d'eau). A l'intérieur, ces sels sont rarement utilisés ; on a cependant préconisé l'emploi de pilules de 5 à 40 centigr. de sulfate ou d'acétate de zinc dans la iliarrhée chronique avec ulcération. Le chlorure de zinc est surtout utilisé comme caustique ; il constituait la substance active de la pâte de Ganquoin, employée pour produire des eschares ; son usage, ainsi que celui de tous les escharoliques, est presque totalement abandonné depuis les progrès de la chirurgie moderne. L'oxyde de zinc constitue un astringent faible, appliqué, soit sous forme de pommade, soit de poudre pure, ou mélangé dé poudres inertes, dans de nombreuses affections cutanées ou sur des plaies torpides. A l'intérieur, il a été très fréquemment donné en pilules, dans le traitement de l'épilepsie et de la chorée, sans résultats bien appréciables, d'ailleurs. Au point de vue toxique, les sels de zinc se rapprochent de ceux du cuivre : effets vomitifs très intenses, action irritante sur le tube digestif. Les ouvriers qui travaillent communément le zinc présenteraient parfois, d'après Schlockov, des troubles du système nerveux : douleurs superficielles daris les membres, exagération des réflexes. Les antidotes des sels de zinc sont ceux du cuivre : alcalis et carbonates alcalins, avec blancs d'œufs. J.-P. Langlois.

ZINCA6E (Tech.) (V. Galvanisation).

2INC0GRAPHI£(ïech.). Procédé gui a pur but d'imprimer les dessins en remplaçant la pierre lithogi^aphique par le zinc. Il a été imaginé en 4828 par Brugnot (V. ce nom) et consiste à appliquer sur une plaque de zinc recouverte de bitume de Judée le négatif du dessin à graver, lequel a été préalablement rendu maniable par l'adjonction d'une mince pellicule de caoutchouc dissous dans de la benzine. On développe à l'essence de térébenthine ; le bitume non insolé est dissous par l'essence, le métal se trouve donc découvert, tandis que les parties insoléeâ, c.-à-d. l'image, résistent. Par des encrages et des morsures successifs à l'acide azotique, on donne à la plaque le relief nécessaire.

ZINCOURT. Corn, du dép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. deChâtel; 446 hab.

ZINDER. Ville du Soudan central, ch.-l. d'un territoire, à 470 m. d'alt., par 43^47' lat. N. et 6«22' long. E. Son nom indigène est Damagararriy et c'est la capitale d'un prince autrefois vassal du Bornou. AuN. de la ville nègre est le faubourg touareg de Zeiigou. Zinder est surtout le marché d'échange entre les Soudanais et les Sahariens.

BiBL. : Rapport du lieut.-coL Péroz (1901), datis Bull. Afrique française. — Foureau, D'Alger au Congo^ 1901.

ZINGARO (11), peintre italien (V. Solario).

ZINGIBER (Bot.) (V. Gingembre).

ZINGIBÉRâCÉES {Zmglberaceœ L,-C. Rech) (Bot.). Les Zingibéracées, élevées au rang de famille par Engler et Prantl, sont considérées comme une simple tribu des Scitaminées (V. ce mot) par Bentham et Hooker. Ce sont des herbes à rhizome rampâîit ou tubéreux, acaules ou à tige simple enveloppée par les gaines foliaires. Les fleurs, irrégulières, ne contiennent qu'une étamine fertile. L'ovaire offre tantôt une placentation axile, tantôt une placentation pariétale. Les graines possèdent un albumen amylacé et un périsperme charnu. Genres principaux : Zingiber, Amomum, Curcmna. W. R.

ZIN-GOU. Nom posthume de la célèbre impératrice (45^ mikado) du Japon, qui aurait gouverné, comme régente, sous le nom de îki-naga-tarasi, de 200 à 269 de notre ère. Elle aurait caché au peuple la mort de son époux, l'empereur" Chuai-Tennô, aurait convoqué son armée, pacifié le S. du Japon, entretenu des relations directes avec la Chine et entrepris contré là Corée une campagne qui aurait été couronnée de succès (V. Trois-

ràn —

ZIN-GOU — zmcoNiiJt

Royaumes, t. XXXi, p. 417); la Corée, soumise, se serait engagée alors à payer chaque année un tribut au Japon et, par la suite, des guerres sans cesse renaissantes provinrent de ce qu'il fut irrégulièrement perçu, jusqu'à ce qu'il fut enfin supprimé, en 1876, en vertu d'un traité. C'est à la suite de cette guerre que les premières notions de langue chinoise, de musique et d'art, se seraient introduites dans l'empiré du Soleil-Levant. Enceinte au début de l'expédition, Zin-gou aurait su, grâce à une pierre magique placée dans sa ceinture, relarder l'accouchement jusqu'à latin des hostilités. De retour au Japon, elle aurait alors accompli les funérailles de Chuai-Tennô et mis au monde un fils qui aurait été plus tard l'empereur Ojin et qui lui succéda. C'est le dernier règne des mikados qui tient encore de la mythologie. Zin-gou, surnommée par les orientalistes la Sémiramis de V Extrême-Orient^ est adorée aujourd'hui sous le nom de Kashi-Baï'Miojin, et son image figure sur le papier-monnaie émis en 4834. Albert Thomas.

BiBL. : F. Sarazin. Histoire de Vimpératrice Zin-gou, dans Mémoires de l'Athénée oriental; Paris, 1874, in-4.— I. Eggermont, le Japoii; Paris, 1885, in-12.— B.-H. Chamberlain, Things japanese ; Yokoliania, 1891, in-8.

ZINNIA (Zinnia L.). I. Botanique.— Le genre Zinnia fait partie de la famille des Composées-Radiées ; il renferme une douzaine d'espèces qui vivent toutes au Mexique. Les Zinnia sont des herbes annuelles ou vivaces à feuilles opposées. Les capitules, solitaires au sommet des rameaux, se composent de fleurs ligulées à la périphérie et de fleurs en tube au centre ; les fleurs ligulées sont seulement femelles; les fleurs en tube sont hermaphrodites. L'involucre est formé de 3 séries de bractées imbriquées, ovales, bordées de noir. Le réceptacle, conique ou cylindrique, porte des paillettes oblongues qui enveloppent les fleurs en tube. Les akènes, glabres, étroits, ne possèdent pas d'aigrettes, ceux qui appartiennent aux fleurs ligulées sont surmontés par la corolle coriace et persistante. W. R.

IL Horticulture. — Les Zinnia se recommandent par l'éclat et la durée de leurs fleurs et se cultivent isolément sur les plates-bandes du jardin, en bordures ou en corbeilles d'un brillant effet. On les obtient de semis faits en avril et on repique les jeunes plants, à demeure, dès qu'ils ont quelques feuilles, ou après un repiquage en pépinière. Des arrosages et des binages, suivant le besoin, sufiîsent à ces plantes pendant leur végétation ; elles ne demandent pas de soins spéciaux. Leur floraison dure tout l'été. On récolte les semences sur les capitules les plus beaux et les plus pleins. G. Boyer.

ZINZENDORFet Pottendorf (Nikolaus- Ludwig, comte de), fondateur de la nouvelle Eglise des Frères moraves, né à Dresde le 26 mai 1700, mort à Herrenhut le 9 mai 1760. 11 descendait d'une ancienne famille saxonne. Dès son enfance, il montra une piété fervente. Son tuteur lui fit étudier le droit à Wittemberg ; il y étudia en même temps la théologie. Alors, « pour lui faire passer ses grimaces », il le fit voyager à l'étranger. Il séjourna longtemps à Paris, où il fut en rapport avec divers membres du haut clergé, notamment le cardinal de Noailles, avec lequel il se lia d'amitié. Revenu dans son pays, il accepta, par obéissance, les fonctions de « conseiller aulique et de la justice », à Dresde, mais tout en restant fidèle à ses principes religieux. En 1722, il fut mis en rapport avec un frère morave, Christian David, qui l'intéressa à ses frères persécutés en Autriche. Zinzendorf les établit sur sa terre de Bertelsdorf, la pente du Hutberg, où ils construisirent Herrenhut (garde du Seigneur) , qui donna son nom à la nouvelle Eglise. Comme le gouvernement saxon interdit à Zinzendorf de célébrer le culte dans sa maison, il donna sa démission de conseiller aulique, passa ses examens de théologie et fut consacré évêque de l'Unité des Frères (1727). Exilé plus tard, il employa le temps de son exil (1736-47), à fonder de nouvelles églises dans la Wctterau et à faire de grands voyages en Europe et en Amérique. — Ziiizendorf avait rédigé les statuts

de l'Unité réorganisée, en se conformant, autant que possible, à ceux de l'ancienne Eglise morave ; ces statuts furent adoptés en 1727 ; douze anciens durent en assurer le maintien. Les paroisses furent organisées pâv bandes composées de personnes de même sexe et de même genre d'éducation. Plus tard, on y ajouta les ehœuî^s, chœurs d'hommes mariés, de célibataires, de petits garçons et d'enfants ; de veuves, de femmes mariées, de vierges, etc. Ces chœurs avaient leurs réunions d'édification particulières, et des cantiques et jours de fête qui leur étaient propres. Les Frères se rattachèrent à l'Eglise luthérienne de leur pays, mais sans s'y absorber. Ils voulaient moins être une communion de foi qu'une communion de charité, une « Eglise philadelphique ». Zinzendorf consacra à l'Unité, non seulement toute sa force et son temps, mais aussi toute sa fortune. A sa mort, il laissa une dette d'environ 7 millions, contractée uniquement pour les besoins de l'Eglise, et dépassant de beaucoup la valeur de ses biens. L'Eglise se constitua son héritière, servit à ses filles une pension viagère, et éteignit complètement la dette au bout d'une quarantaine d'années. — Zinzendorf eut pour successeur Gottlieb Spangenberg, qui consolida l'Eglise et contribua à lui enlever tout caractère sectaire. Elle fut divisée en trois provinces : le continent européen, avec 1 8 communautés ; l'Angleterre, avec 34 ; l'Amérique, avec 28. Bien que le nombre des Frères n'ait guère dépassé 20.000 ou 30.000, ils ont déployé une activité missionnaire considérable ; leur église compte plus de 300 missionnaires et une centaine de mille païens convertis. La littérature concernant l'Eglise est très riche. Zinzendorf lui-même écrivit 108 traités religieux et composa beaucoup de cantiques. C. Pfendèr.

BiiiL. : Spangenberg, Leben des Grafen von Zinzendorf; Barby, 1722. — Sghroeder, Der Graf Zinzendorf und Herrenhut, oder Geschichte der Bruder Unitœt ; Nordhausen, 1857. — G. Burckhard, Zinzendorf und die Brudergemeinde ; Gotha, 1866. —Félix Bovet, le Comte de Zinzendorf ; Paris, 1865, 2 vol.

ZIPAQUI RA. Ville de Colombie, dép. de Cundinamarca, à 45 kil. N. de Bogota, à 2.630 m. d'alt. ; lO.OOOhab. Salines très riches.

ZIPS. Comitat de Hongrie (V. Szepes).

ZIRALDI, miniaturiste italien (V. Giraldi).

ZIRGON (Miner.). Silicate de zircone anhydre, Zr Sic-*, constituant l'élément caractéristique de certaines syénites. Densité : 4 à 4,7 ; dureté : 7,5. Cristallise dans le système quadratique ; toutefois Mallard le considère comme monoclinique, l'apparence quadratique résultant de groupements cristallins. Clivage net ; cassure conchoïdale ou inégale. Double réfraction très accusée. Eclat vitreux, souvent adamantin. Couleur : rouge, brun, jaune, gris, vert, incolore. Infusible au chalumeau, insoluble dans le sel de phosphore, difficilement solubîe danâ le borax. S'électrise par frottement. Le zircon jaune et brun abonde surtout dans les syénites éléolitiqueS, appelées, pour cette raison, syénites zirconiennes. Il existe aussi dans les alluvions aurifères de beaucoup de localités. La variété hyacinthe, aux arêtes adoucies, est rouge brunâtre orange. Elle se rencontre dans les basaltes et les tufs, notamment à Expailly (Haute-Loire). Elle est très estimée par les joailliers. La bijouterie fantaisie a aussi employé, sous le nom de jargon de Ceylan, des cristaux incolores de zircon ; ils prennent une jolie taille et un poli adamantin très vif, mais ils n'ont, en réalité, que peu de valeur. Le malacon est un zircon hydraté à 3 % d'eau et isomorphe avec l'hyacinthe. Uauerbachite et la bragite sont également des variétés de zircon.

ZIRCONIUIVI (Ghim.). Form. \ ff ^^- |^' =" ^f^^^' ^ ^ » Atom. Zr =: 90,7.

Métal qui appartient, comme l'étain, le titane et le thorium, à la famille du carbone et du silicium. On le rencontre, sous forme de siUcates, dans quelques minéraux rares : zircon, hyacinthe, auerbachite, etc. (V. Zikcon). Il existe aussi à l'état de niobate dans l'eudialyte, la fer-

ZIRCONIUM - ZMIÉÏNOGORSK

gusonite, la wœhlerite, à l'état de titanate dans la polymignite, etc. Berzélius Ta, le premier, isolé en 1824 et en a étudié les combinaisons. Mais l'oxyde de zirconium ou zircone avait été caractérisé comme oxyde nouveau par Klaproth dès 1789. Le zirconium s'obtient pur à rétat cristallin, à l'état graphitoïde et à l'état amorphe (Troost). Le zirconium cristallin est en larges lamelles dures et brillantes paraissant dériver d'un prisme clinorhombique et de densité 4,1S ; le zirconium graphitoïde forme de petites écailles légères d'un gris d'acier ; le zirconium amorphe est une poudre noire devenant brillante sous le brunissoir. Le zirconium se combine avec le brome, le chlore, le fluor, l'iode. Le chlorure de zirconium est anhydre ou hydraté. Le premier est un sublimé blanc dont la densité de vapeur est, par rapport à l'hydrogène, égale à 115,75. Il y a, en 'outre, un oxychiorure. Le seul oxyde est la zircone^ qui est à l'état de silicate dans le zircon et autres minéraux analogues, mais qu'on prépare aussi en calcinant le zirconium à l'air ou en le faisant fondre avec des alcalis. Elle forme une poudre blanche ou des fragments durs, rayant le verre et faisant feu sous le briquet. Sa densité varie, suivant le degré de calcination, de 4,35 à 4,9. Elle est infusible, mais, introduite dans une flamme, devient incandescente eten accroît le pouvoir éclairant. Elle comporte de nombreuses combinaisons, fonctionnant tantôt comme acide, tantôt comme base : zirconates de potassium, de calcium et de magnésium, sulfure, azoture, azotate; carbonate, chlorate, sulfates et sulfites, sélénite, tellurate, borate, arséniate, silicate, etc., de zirconium. Comme combinaisons organiques, on ne connaît guère qu'un sulfocyanate et un ferricyanure. L. S.

ZIRKEL (Ferdinand), minéralogiste allemand, né à Bonn le 20 mai 1838. D'abord préparateur de minéralogie et de géologie à Vienne, il est devenu en 1863 professeur à l'Université de Lemberg, puis en 1868 à celle de Kiel, en 1870 à celle de Leipzig, où il a succédé à Naumann . Il s'est plus particulièrement adonné à l'étude microscopique des espèces minérales et des roches. Il peut même être considéré comme l'un des fondateurs de la pétrographie (V. Roche, t. XXVÏÏÏ, p. 765), Il a fait en Ecosse, dans les Pyrénées, dans l'Amérique du Nord (1874), de grands voyages d'études. En 1894, il a exploré Ceylan et les Indes. Outre des mémoires et des notes dans les recueils spéciaux, il a publié : Reise nach Island im Sommer 1860, avec Preyer (Leipzig, 1862) ; Lehrbuch der Pétrographie (Bonn, 1866,' 2 vol.; 2® édit., Leipzig, 1893-95); Die mikroskopische Beschaïïersheit der Mineralien und Gesieine (Leipzig, 1873), etc. Il a donné en 1885 une nouvelle édition des Elemente der Minéralogie de Naumann. L. S.

ZIRKNITZ (slave Cerknica). Ville d'Autriche, prov, de Carniole, sur le lac de ce nom ; 1.500 hab. Le lac de 7ÂrkniU est situé à 8 kil. E. d'Adelsberg, dans un vallon sans issue, où sa superficie varie de 21 à 56 kil. q. ; sa profondeur maxima est de 5 m. ; il renferme quatre îlots. Dans cette région fissurée du Karst, un dédale de canaux souterrains alimente le lac et l'écoulé. Les crues consécutives aux pluies peuvent faire monter le niveau de J "^,30 ; le lac se déverse alors par les cavernes de Velka-Karlauza et Mala-Karlauza dans le val de Saint-Canzian. De janv. 1 834 àfévr. 1835, il fut à sec (cf. l'art. Karst).

BiBL. : Martel, les Abîmes ; Paris, 1891.

ZISKA ou ZIZKA (Jean),béros bohème, né à Troznow, près de Budweiss, en 1360, mort devant Pribyslav le 11 oct. 1424. De petite noblesse, il vint à la cour du roi Venceslas ; quoiqu'il eût perdu l'œil droit dans son enfance, il se fit remarquer à la guerre, combattit avec les chevaliers teutoniques au Tannenberg (1410), avec les Hongrois contre les Turcs, dans les rangs anglais à Azincourt (1415). Après le supplice de Jean Hus (V. ce nom), Zizka et Nicolas de Husinetz devinrent les chefs de ses partisans ; Zizka leur donna leur organisation mili-

taire et fit ériger sur les hauteurs d'Austie la forteresse de Tabor (1420); puis il vint défendre Prague contre l'empereur Sigismond. Retranché avec 4.000 hommes sur le mont Vitkov (auj. Zizkaberg), il repoussa les assauts de 30.000 (14 juil. 1420); il suppléait au manque de cavalerie en entourant son camp de chariots contre lesquels se brisait l'effort de la chevalerie féodale ; le 1 ®'' nov. 1420, il vainquit Sigismond à Pankratz, et le lendemain s'empara du montWyschehrad, près de Prague. La mort de Nicolas de Husinetz le laissa seul chef des Hussites (1421) ; il perdit son second œil, crevé d'une flèche au siège de Raby, mais n'en continua pas moins de diriger ses troupes ; vainqueur de Sigismond à Deutsch-Brod (8 janv. 1422), il envahit la Moravie et l'Autriche ; une révolte de Prague contre son autorité fut comprimée (1424).

ZITELMANN (Ernst-Otto-Konrad), écrivain allemand, né à Stettin le 26 nov. 1854, mort à Rome le 24 janv. 1897. Il a publié, sous le pseudonyme de Telmann, de nombreux romans (Sonnenblak, 1875 ; Frische Blœtter, 1880, 2vol.; Unterm Slrohdach, 1892, 3 vol.; etc.) et des poésies lyriques [In der Einsamkeit, 1876 ; Von Jenseils des Grades, 1897; etc.).

ZITTAU. Ville de Saxe, cercle de Bautzen, près de la frontière de Bohême; 30.921 hab. en 1900. C'est le centre de l'industrie des cotonnades et des toiles en Saxe. Non seulement la ville renferme d'importantes filatures et tissages ; mais ceux-ci s'étendent sur une trentaine de villages voisins. Zitlau fabrique aussi des machines, de la fonte, du verre, des fleurs artificielles, etc. Cultures maraîchères, mines de lignite.

ZITTAU (Pierre de) (V. PiERUEde Zittau).

Z ITT EL (Karl- Alfred von), géologue allemand, né à Bahlingen (Bade) le 25 sept. 1839. Il devint, en 1863, professeur de minéralogie à Carlsruhe, puis, en 1866, fut appelé à occuper la chaire de paléontologie et à diriger le musée paléontologique à Munich. Il prit part en 1873-74 à la mission deRohlfs dans le désert libyen. Ses ouvrages sont remarquables ; signalons, entre autres : Aus der L/rzeit (Munich, 1875, 2 vol. in-8) ; Handbuch der Palœontologie, avec Schimper, Schenk et Scudder (Munich, 1876 et années suiv. ; trad. fr., 1883-94, 5 vol. in-8).

ZIU-SAN-Kata. Lac du Japon (V. ce mot).

ZIZ. Rivière du Maroc (V. ce mot, t. XXIII, p. 251).

ZIZANIE (Bot.). La Zizanie (Zizania aquatica L.) est une Graminée qui vit sur le bords des lacs et des cours d'eau de l'Amérique du Nord. C'est une plante monoïque dont les épillets sont groupés en vastes panicules. Le fruit est récolté par les Indiens pour leur alimentation.

ZIZIM, fils de Mohammed H (V. Djem).

ZIZYPHUS(Bot.)(V. Jujubier).

ZLASS. Tribu de la Tunisie centrale, forte de plus de 30.000 âmes; elle s'étend sur les plaines autour de Kairouan et jusqu'aux montagnes et vit de ses troupeaux. Les Zlass sont à peu près sédentaires, ils passaient pour belliqueux et maraudeurs. En 1881, ils se révoltèrent contre la France, mais furent domptés par la prise de Kairouan. Mélisses d'Arabes et de Berbères, ils sont divisés en trois fractions, Ouled-Iddir, Ouled-klielifa, Ouled- Sendassen, auxquels on ajoute les petites tribus des Kaoubs et des Gouazines.

ZLATOVRATSKI (Nicolaiévitch), romancier russe, né à Vladimir en 1845. Il est surtout connu comme peintre de la vie des paysans qu'il nous présente avec un réalisme doucement ému. Ses œuvres ont été réunies en trois gros volumes (Moscou, 1897). On peut citer surtout : les Jurés de village, les Politiciens de village. Croquis de communauté villageoise, Histoire d'un village, (sous le titre russe de Oustoï), l'une de ses œuvres les plus importantes, celle où il dessine le type de l'illuminé Strogui ; puis encore : les Cœurs d'or; Comment ce fut alors, etc. J. L.

ZMIÉÏNOGORSK. Localité de Sibérie,gouv. de Tomsk,

ZMÏÉÏNOGORSK — ZODIAQUE

à 258 kil. S.-O. de Biéisk ; 6.000 hab. Mines de plomb argentifère découvertes en 1736, abandonnées en 1869.

ZNAIM (tchèque Znojmo). Ville d'Autriche, prov. de Moravie, sur la Thaya (que franchit un beau viadnc) ; 14.516 hab. en 1890, en majorité allemands. Hôtel de ville surmonté d'une tour à neuf pointes (xv® siècle). Ancien château des margraves de Moravie. Vieux temple païen circulaire du x® siècle tranformé en chapelle, église gothique Saint-Nicolas (1348), couvent de dominicains (1222), etc. — Tanneries, vinaigre, toiles, cotonnades; marché agricole, commerce de concombres, de vin, etc. — Znaïm fut la capitale d'un duché vassal de la Bohême, détruite en 1145, restaurée en 1226 par Ottocar qui en fit une ville royale privilégiée. Le 11 juil. 1809, Marmont y battit l'arrière-garde de l'archiduc Charles, et le lendemain fut signé l'armistice de Znaïm, préliminaire de la paix de Vienne (14 oct. 1809).

BiBL. : HiJBiNER, Geschichtliche Denli-wûrdigheilen der Sladt Znaïm; Znaim, 1869.

ZOANTH AIRES (Zoantharia M.-Edw.). I. Zoologie. — Ordre de Cœlentérés, formant, avec les Alcyonaires, la classe des Anthozoaires ou Coralliaires (V. ce mot).

IL Paléontologie (V. CoralliâiresJ.

ZOARAH. Ville maritime de Tripolilaine,à 105 kil. 0. de Tripoli, près de la frontière de Tunisie. Oasis ensablée. La saline voisine de Ras-el-Makhbas fut exploitée du xiii® au xvm^ siècle parles Vénitiens.

ZOBÉIDA, épouse du khalife Abbaside Haroun-er~ Rachid, dont elle était la cousine, étant fille de Djafar, fils du khalife Mansour ; elle fut la mère du khalife El- Amin. Elle est célèbre par sa chasteté et sa conduite vertueuse : elle employa ses immenses richesses à des constructions d'utilité publique, citernes et caravansérails, surtout à La Mecque. Le luxe qu'elle déploya est resté fameux. D'après Massoudi, elle contribua à la chute des Barmécides. Elle mourut à Bagdad en juin 831 . Son tombeau s'y voit encore, sur la r. dr. du Tigre ; il a été réparé sous le gouverneur ottoman Hassan Pacha, qui y fit ensevelir sa propre femme, Aiché-Khatoun, en 1718. C'est à elle qu'on attribue la construction de la ville persane de Tebriz. Cl. Huart.

ZOBI. Ancienne ville romaine (V. Msila).

ZOCHOWSKA (Séverine) (V. Duchinskï).

ZODIAQUE (Astron.). Le zodiaque est la zone céleste, large de 17^, qui s'étend de chaque côté de Vécliptique (V. ce mot) et dans laquelle se meuvent les planètes. On la divise dans sa longueur, à partir du point vernal ou équinoxe de printemps, en douze parties, égales chacune à 30*^. Ce sont les douze signes du zodiaque, appelées aussi par les anciens maisons du Soleil, parce que cet astre, dans sa révolution annuelle apparente autour de la Terre suivant l'écliptique, les parcourt successivement. Le poète Ausone en a, dans deux vers bien connus, donné les noms, dans l'ordre de ce parcours :

Sunt Aries. Taurus, Gemini, Cancer, Léo, Virgo, Lilaraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Ampliora, Pisces

Ils n'ont pas changé, et les voici en français, avec le jour et l'heure, en temps moyen civil de Paris, de Ventrée du Soleil dans chacun d'eux, en 1902-1903 :

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