‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 630 sur 633 · I. PROTOZOAIRES llfSS · texte numérisé non relu

I. PROTOZOAIRES llfSS

( Infusoires.

IL MÉSOZOAIRES Mésozoaires.

' Spongiaires.,

m. METAZOAIRES

I Eponges calcaires.

* Eponges siliceuses.

Hydroméduses.

[ Polypes ] Anthozoaires.

( Cténophores.

' Echinodermes |Anangiés.^^^

i Ciiitinophores

^ Néphridiés.

iropodes.

Ncmathelmintlies.

Lophostoraés.

Vers.

Mollusques.

/ Tuniciers.

\ Vertébrés.

Progrès et tendances de la zoologie moderne. — Pour compléter ce tableau historique, très abrégé, il nous reste à donner une idée de l'état actuel de la zoologie et des moyens dont elle dispose pour se développer chaque jour davantage et pour aflirmer son rôle utile dans la société moderne. Nous dirons quelques mots des Voyages et Explorations scientifiques, des Sociétés savantes, des Musées et Ménageries, des Publications scientifiques, de la Philosophie zoologique et des Applications de la zoologie.

Voyages et Explorations scientifiques. C'est vers la

fin du xviii® et le commencement du xix^ siècle que les voyages ayant un but purement scientifique se multiplièrent, grâce à l'appui des gouvernements européens, surtout de la France et de l'Angleterre. Les voyages autour du monde, dont Magellan avait été le précurseur, eurent d'abord la vogue. Le premier voyage de Cook (1768-70) fut entrepris pour observer le passage de Vénus sur le Soleil, mais il eut des résultats précieux pour la zoologie, grâce à la présence des naturahstes Banks et Solander à bord de VEndeavour. C'est par eux que l'on eut les premières notions exactes sur la faune et la flore de l'Australie. Le second et le troisième voyage de Cook (1772-75 et 1776-79), dans lequel il fut victime de son dévouement à la science, firent connaître celles de la Nouvelle-Zélande et de la Polynésie. En France, le voyage de La Pérouse (1783), entrepris dans le même but, eut, comme on sait, une fin malheureuse, mais ceux de Baudin à bord du Naturaliste (1800-4), de Freycinet à bord de VUranie (1817), de Bougainville à bord de la Téthis (1824-26), de Duperrey à bord de la Coquille (1825), de Vaillant à bord de la Bonite (1836-37), de Dumont d'Urviile au pôle sud sur V Astrolabe et la Zélée (1826- 29 et 1837-40) donnèrent lieu à des publications éditées avec luxe aux frais de l'Etat et dont la partie zoologique fut rédigée par les naturalistes Lesson, Hombron, Jacquinot, Eydoux, Souleyet, Garnot, (îuoy et Gaimard qui avaient fait partie de ces expéditions. La dernière fut le voyage de la Vénus dont la relation zoologîque fut rédigée et publiée (de 1846 à 1855) par Geoffroy-Saint- Hilaire, Duméril, etc.

En Angleterre, les voyages autour du monde ou dans les régions arctiques du Beagle (1832), ayant Darwin à son bord, du Sulphiir (1836), de Beeckey (1839), d'Adams à bord du Samarang (1843), sont à signaler pour le soin avec lequel a été rédigée leur par+ie zoologique par les naturalistes attachés au British Muséum, tels que Gray, Owen, Waterhouse, etc. Il en est de même du voyage au pôl» sud des navires Erebus et Terror dont les résultats ont été publiés de 1845 à 1875. Les autres nations ne sont pas restées étrangères à ces grandes expéditions : il suffira de citer, pour les Etats-Unis, le voyage de Wilkes dans le Pacifique (1858), rédigé par le naturaliste Cassin; pour l'Allemagne, ceux d'Otto Kotzebue (1820), rédigé par Eschscholtz, de Schmarda (1853-57); pour la Russie, ceux de Lutke à bord de la Seniavine (1821-24et 1826-29); pour l'Autriche, celui delà iVoi^ara (publié 1864-75), etc. Tous ces voyages ont augmenté considérablement nos connaissances sur la zoologie des régions explorées.

D'autres grandes expéditions maritimes plus modernes ont eu pour but et pour résultat de nous faire connaftre la faune marine et celle du fond des mers (V. Explorations sous-marines). Les campagnes du Travailleur et du Talisman en France, du Challenger en Angleterre, du National en Allemagne, sont les plus importantes, et leurs résultats ont été consignés dans des pubMcations de longue haleine : ceux du Challenger ne comprennent pas moins de quarante gros volumes avec des planches nombreuses.

L'exploration des continents se poursuivait concurremment sur tous les points du globe. La faune de l'Europe est aujourd'hui bien connue, grâce aux nombreuses faunes locales auxquelles sont attachés les noms de Sélvs- Longchamps, Blasius, Ch. Bonaparte, Cornalia, Canestrini, Berlese, Costa, Crespon, Fatio, Graells, Heildreich, Nilsson, Ninni, Tschudi et de beaucoup d'autres. — La faune de l'Asie nous est connue, dans le Nord, par les voyages de Pallas, Middendorf, Schrenck, Radd», Eversmann ; dans le centre, par ceux d'Adams, Severtzovv, Eichwald, Prjevalski, David, Heude ; dans le Sud, par ceux d'ilodgson, Anderson, Blyth, Cantor, Martens, Swinhoë, Delessert, Bélanger, Jacquemont, Jerdon, Kelaart, Pennant, Stoliczka ; au Japon, par ceux de Siebold et d'autres; dans la Malaisie, par ceux d'Horsfield, Raftles,

ZOOLOGIE

Forbes, Salomon Muller, Rosenberg, Salvadori, d'Albertis, Doria, Semper, Wallace, Meyer, Weber et de beaucoup d'autres. — L'Australie et la Polynésie ont été explorées, au point de vue de leur faune, par G. Bennet, Buller, Dieffenbach, Filhol, Grey, Gould, Hutton, Krefft, Mac Coy, Vélain, Studer, etc. — La connaissance de la faune de l'Afrique a fait de grands progrès, depuis trente ans surtoutjfgrâce aux voyages de Blanford, Brehm, Ehrenberg, Hartmann, Heuglin, Lataste, Loche, Révoil, Riippel, Lefebvre, Petit et Dillon, Bianconi, Lichtenstein, Peters, Smith, Livingstone, Emin Pacha, Johnston et d'autres encore. Cette faune semble nous réserver encore des surprises, comme le prouve la découverte récente, dans le Haut- Congo, d'un ruminant de grande taille (Okapia Johnstoni), voisin de VHelladotfierium tertiaire. — La faune si spéciale de Madagascar a fait l'objet des recherches de Vinson, Pollen et des deux Grandidier.

L'Amérique septentrionale est peut-être aujourd'hui le continent dont la faune est la mieux connue, grâce aux recherches admirablement organisées des naturalistes des Etats-Unis, dont les plus connus sont L. et A. Agassiz, Allen, Audubon, Bachman, Baird, Cassin, Binney, Catesby, Cooper, Cope, Coues, De Kay, Elliot, Emmons, Girard, Godman, Harlan, Jordan, Leidy, Long, Lord, Mackensie, Merriam, Nelson, Packard, Richardson, Ridgway, Say, Tryon, Wied-Neuwied, Wilson, Yarrow, etc.

L'Amérique centrale et méridionale a été explorée par L. Agassiz, Belt, Boucard, d'Orbigny, Dugès, Gosse, Hernandez, Labat, Oviedo, Poey, Ramon de la Sagra, Schomburgk, Sloane, Salvin, Saussure, Azara, Bâtes, Berg, Burmeister, Castelnau, Cunningham, Darwin, Dœring, Gay,Gillis, Hensel, Holmberg, de Humboldt, Lund, Marie- Sibylle Mérian, Molina, Natterer, Osculati, Pôppig, Rç^gger, Spix, Tschudi, Wagner, Wallace, Wied-Neuwieif, etc. — Enfin les régions antarctiques ont vu l'expédition récente de la Belgica avec le naturaliste Racovitza.

Sociétés savantes. La création de ces associations scientifiques a aidé puissamment aux progrès de la zoologie, en permettant aux naturalistes de tous les pays de publier, rapidement et à peu de frais, le résultat de leurs recherches dans les Bulletins et Mémoires périodiques de ces Sociétés (V. Académie et Socdîté, t. XXX, pp. 448 et suiv.).

Parmi les Sociétés zoologiques libres les plus anciennes et les plus florissantes, il convient de citer la Zoological Society de Londres qui date de 1827, et à laquelle appartient le jardin zoologique de cette ville. Elle publie chaque année des Proceedings (ou bulletins) et des Transactions (mémoires, très recherchés des savant)s. Une autre Société anglaise (Ray Society) ^ fondée en 1844, publie chaque année un volume consacré à la monographie d'un groupe zoologique appartenant à la faune des îles Britanniques. C'est surtout aux Etats-Unis que les publications zoologiques ont pris une grande extension, grâce à la libérahté de James Smithson (V. ce nom), qui permit de fonder à Washington le Smithsonian Institution, et, à son exemple, des musées, des bibhothèques, un grand nombre de publications périodiques, le grand Parc zoologique national, et d'organiser le service des échanges internationaux qui envoie gratuitement dans tous les pays du monde les publications des naturalistes américains.

Musées et Ménageries. Lee premiers musées furent des collections oh les amateurs réunissaient sans ordre et sans méthode toutes les curiosités de la nature ou de l'art. De tels musées devaient ressembler aux boutiques de bric-à-brac de nos revendeurs modernes. C'est seulement en 1793 que fut créé le Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui prit la place de l'ancien Jardin des plantes, organisé en 1626 par Guy de La Brosse (V. Muséum). L'ancienne Ménagerie du roi, qui se trouvait à Versailles, fut le noyau de la ménagerie actuelle.

Les nombreux voyages scientifiques entrepris au commencement du XIX® siècle augmentèrent rapidement le

nombre des spécimens zoologiques exposés aux yeux du public dans les galeries de ce vaste établissement. En même temps, les progrès de la Taxidermie (V. ce mot) permirent de substituer à des peaux bourrées de foin ou de paille, telles qu'on en voyait au xviii® siècle, de véritables œuvres d'art dignes d'un sculpteur. Le mannequin qui sert de support à la peau d'un animal est aujourd'hui une carcasse de fer, de bois, de plâtre ou de carton-pâte» 011 toutes les sailhes musculaires se trouvent reproduites avec le plus grand soin. En même temps, la détermination des espèces est devenue plus facile, et Ton ne voit plus, comme autrefois, dans nos musées, de longues séries de spécimens dépourvus d'étiquettes et, par suite, sans intérêt pour le visiteur.

Mais les collections exposées aux yeux du public, qui n'a besoin de connaître que les principaux types dans chaque classe du règne animal, se doublent aujourd'hui d'une autre collection plus nombreuse et plus intéressante pourjle naturaliste de profession. A côté des animaux montés dans les galeries, tous les grands musées possèdent aujourd'hui des collections d'animaux non montés, et qui, par suite , occupant moins de place , peuvent tenir dans des tiroirs ou des cartons. Ces collections, dont les spécimens peuvent se multiplier en quelque sorte à l'infini, sont celles que le naturaliste consulte de préférence comme étant plus faciles à manier et se prêtant mieux à une étude comparative, lorsqu'il s'agit d'établir les différences que le chmat, les saisons, Tâge, la distribution géographique, apportent aux caractères distinctifs des divers types spécifiques. Les collections ostéologiques, celles d'animaux conservés entiers dans Falcool, se sont aussi multipliées.

Les ménageries d'animaux vivants et les jardins zoologiques ont surtout profité des progrès de l'hygiène moderne. Non seulement les animaux exotiques vivent plus longtemps et s'acclimatent dans nos ménageries, mais encore ils s'y reproduisent. La création récente d'un Institut psychologique, comme annexe du Muséum de Paris, permettra d'étudier de plus près les mœurs, l'instinct et l'intelligence des animaux, en introduisant dans les ménageries la méthode expérimentale.

Publications scientifiques. Les ouvrages de zoologie, qui ne peuvent se passer de figures, sont devenus, de nos jours, de véritables œuvres d'art, grâce aux progrès de la gravure, de la lithographie, de la chromolithographie, de la photographie et de la photogravure. Nous sommes loin des planches enluminées à la main dont se délectaient les naturalistes du xviii^ siècle. Les ouvrages de grand format avec planches coloriées éditées avec luxe ont eu leur apogée dans la première moitié du xix® siècle. Après ceux de Wilson et d'Audubon représentant les oiseaux et les mammifères de l'Amérique du Nord, les magnifiques planches de Gould doivent être citées comme le type le plus parfait du genre. Les mammifères et les oiseaux de l'Australie, les oiseaux d'Asie, les Oiseaux- Mouches de l'Amérique néotropicale, sont reproduits en chromo-lithographie d'après les aquarelles de W^^ Gould, de grandeur naturelle et dans des poses d'un naturel exquis, au miheu des paysages de leur pays natal, près des plantes, des fleurs et des insectes qu'ils fréquentent de préférence ou qui leur servent de nourriture. Grâce à l'emploi de poudres métalliques délayées dans Feau gommée, les reflets irisés de la gorge des Colibris sont imités avec une rare perfection. Ces beaux livres, dont le prix atteint plusieurs miUiers de francs, ne peuvent malheureusement figurer que dans les bibliothèques publiques ou dans celles de quelques riches particuliers. Leur plus grand défaut est leur format in-folio qui les rend peu maniables et encombrants, aussi les éditeurs préfèrent-ils aujourd'hui le format in-quarto, jui comporte le même luxe d'illustrations artistiques, mais avec des dimensions plus réduites et d'ailleurs suffisantes. De nombreux artistes de talent se sont voués, de nos jours, à la peinture des animaux, mais F avenir est surtout à la photographie

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