‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 631 sur 633 · ZOOLOGIE — ZORILLA · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE — ZORILLA

qui permet de saisir ces animaux dans toute la variété de leurs mourements et de les reproduire avec une exactitude parfaite. La microphotographie est aussi d'un grand secours aux naturalistes en se substituant au dessin à la chambre claire (V. ce mot, t. X, p. 320), procédé long et fatigant, peu à la portée des dessinateurs de profession. La philosophie zoo logique. Cette science, inaugurée par Lamarck (1809), développée par Darwin (1859), domine aujourd'hui toute la zoologie et forme un lien puissant entre toutes les branches de l'étude des êtres vivants (V. Transformisme). A l'époque oti la théorie transformiste n'était encore considérée que comme une hypothèse plus ou moins vraisemblable, elle a suscité une si grande masse de travaux que l'on peut dire qu'elle a ouvert une ère nouvelle et des plus heureuses pour la science. Aujourd'hui que son triomphe est assuré, elle est la base indispensable de l'étude de la nature, car elle est la seule qui puisse donner l'explication des phénomènes qui se passent dans l'évolution des êtres vivants. VOntogénie, qui n'est en quelque sorte que la philosophie de l'embryogénie, nous montre comment les êtres vivants se sont développés à travers les âges géologiques ; elle nous fait comprendre les Métamorphoses qui sont incompréhensibles en dehors de la théorie transformiste ; elle relie étroitement la paléontologie à la zoologie et nous montre que ces deux sciences se confondent et ne peuvent se passer l'une de l'autre. Enfin, l'importance des sciences biologiques est si bien reconnue aujourd'hui que nos livres classiques de philosophie sont basés sur les recherches des physiologistes modernes. En effet, est-il possible d'étudier l'intelligence humaine sans connaître la structure et les fonctions du cerveau de l'homme et sans le comparer à celui des animaux ?

Applications de la zoologie. Les applications utiles des sciences zoologiques ont été étudiées aux mots Animal, Acclimatation, Elevage, Râces,Chasse, Pêche, etc., et au nom de chacun des animaux qui présentent, en raison de leur utilité ou de leur rôle nuisible, un certain intérêt pour l'homme. E. Trouessart.

BiBL. : F. HoEFER, Histoire de la Zoologie; Paris, 1878. — H. Milne-Edwards, Rapport sur les progrès récents des sciences zoologiques en France ; Paris, 1867. — V . aussi la bibliographie des articles consacrés aux différentes classes du règne animal : Mammifères, Oiseaux, Reptiles, Poissons, Insectes, Mollusques, etc. ZOOMYLE (Térat.) (V. Mqnstre).

ZOOMYLIENS (Térat.) (V. Monstre).

ZOONjTE (Biol. gén.). On appelle zoonites ou mérides, les individus primitifs dont la réunion constitue un animal à symétrie bilatérale. On sait en effet que tous les organismes sont formés par des cellules. Beaucoup d'animaux sont formés d'un seul méride : tels sont les Turbellariés et les Trématodes ; il en est de même des larves des Annélides. Mais chez ces derniers cet état n'est que transitoire ; bientôt, à la partie postérieure du premier méride, viennent se constituer, par bourgeonnement, des segments nouveaux qui seront les zoonites de l'animal adulte. A mesure qu'on remonte la série des êtres, on voit une double tendance se faire jour. D'une part, il y a accélération de l'embryogénie : chez les Crustacés et les Myriapodes, la larve est dès la naissance constituée par un certain nombre de zoonites auxquels d'autres viennent s'adjoindre plus tard ; chez les Arthropodes supérieurs et chez les Vertébrés, l'embryon est constitué, presque dès le début de l'évolution de l'œuf, par autant de segments qu'en comportera l'adulte.

D'autre part, il y a fusion de plus en plus parfaite entre les zoonites. Chez les Vers supérieurs, chaque méride contient une paire de ganglions nerveux, et tous les organes sont répartis entre les divers zoonites ; chacun de ceux-ci forme un tout à peu près autonome. Chez les Arthropodes, la centralisation, encore peu marquée chez la larve, fait de grands progrès chez l'adulte ; le système nerveux central se condense, les organes primitivement

répartis par paires dans chaque méride sont remplacés par des organes compacts. La fusion se fait d'avant en arrière : dans la tête et le thorax des Insectes, la segmentation primitive est à peine distincte ; elle l'est bien davantage dans Tabdomen. Ainsi, à la constitution primitive du corps en mérides disposés en série linéaire tend à se substituer une organisation nouvelle en régions du corps chargées chacune de fonctions bien définies. Ces faits sont encore bien plus nets chez les Vertébrés : chez l'adulte, les zoonites ne sont plus représentés que par les vertèbres avec leurs paires de côtes, par les ganglions du Sympathique et par un certain nombre de vaisseaux, de muscles et de nerfs qui conservent la segmentation primitive. Tous les organes internes sont fusionnés. Mais, chez l'embryon des Vertébrés, on peut suivre le remplacement progressif des organes primitifs par des organes compacts. BiBL. : E. Perrier, les Colonies animales et la transformation des organismes ; Paris, 1898.— L. Laloy, l'Evolution de la vie ; Paris, 1902.

ZOOPHYTES. Cuvier désigna tout d'abord sous le nom de Zoophytes la deuxième classe de ses Animaux invertébrés, en raison de leur aspect phytoïde, puis, sous ce même nom, le quatrième embranchement de son Règ^ie animal, embranchement qu'il appela par la suite Animaux rayonnes et comprenant les Ëchinodermes, les Vers intestinaux, les Acalèphes, les Polypes et les Infusoires. Milne-Edwards appela Zoophytes le quatrième embranchement de sa classification et divisa ce dernier en : 1° Radiaires (Ëchinodermes, Acalèphes, Polypes) ; 2« Sarcodaires (Infusoires, Spongiaires). Le mot Zoophytes n'est plus employé aujourd'hui ; les animaux qu'il désignait se répartissent dans les types des Ëchinodermes, des Cœlentérés et des Protozoaires. D'^ L. Hn.

ZOOSPORES (Bot.). Cellules primordiales de certaines Cryptogames, à membrane albuminoïde portant un ou plusieurs prolongements en forme de cils vibratiles. A un certain moment, ces cils tombent et les cellules, s'entourant d'une membrane de cellulose, se fixent par des crampons qui naissent de la zone où se trouvaient les cils, tandis que l'extrémité opposée s'allonge pour constituer le thalle. Les cellules ne doivent pas être confondues avec les corps protoplasmiques ciliés que l'on rencontre dans beaucoup d'Algues, et qui ne sont pas de vraies zoospores. D^ Henri Fournier.

ZOOTECHNIE. La zootechnie est l'art d'élever, de perfectionner et d'adapter à des besoins déterminés les animaux domestiques. Elle participe donc à la fois de la zoologie, de l'économie rurale et de l'art vétérinaire et, aussi ancienne qu'eux, en a suivi tous les progrès. On la distingue en zootechnie générale, comprenant l'ensemble des règles communes à tous les animaux, et en zootechnie spéciale, s'appliquant à chaque espèce en particulier. Elle est naturellement enseignée dans toutes les écoles d'agriculture (V. Acclimatation, Agriculture,

BATIMENTS RURAUX, DOMESTICATION, HâRAS, RACES, VÉTÉ- RINAIRE, etc., et les articles consacrés à chaque espèce d'animaux domestiques).

ZOPPO Di LuGANO, peintre italien (V. Discepoli [J.-B.]).

Z0R6, peintre hollandais (V. Sorgh).

ZORILLA (Manuel-Ruiz)^ homme politique espagnol, né à Osma (Vieille-Castille) en 4834, mort à Burgos le 13 juin 1895. Après de remarquables débuts au barreau de Madrid, il fut, dès 4856, élu député aux Cortès, où, dans les rangs de l'opposition progressiste et anticléricale, il acquit en quelques années, car son éloquence, une notoriété et une influence considérables. Ayant participé à l'insurrection du 22 juin 4866, il dut se réfugier en France, oîi il contribua à préparer de loin la révolution de septembre 4 868, qui coûta le trône à la reine Isabelle. Rentré en Espagne à cette époque, il fut appelé par le nouveau gouvernement au ministère des travaux publics (8 oct.), se compromit par ses intrigues en faveur du duc de Gênes et dut donner sa démission en déc. 4869, mais fut peu après

ZORILLA — ZOROBÂBEL

élu président des Cortès (janv. 1870), accueillit avec empressement Amédée de Savoie, proclamé roi d'Espague, et devint président du conseil des ministres (24 juil. 1871). La confiance témoignée par la Chambre à son rival politique Sagasta le détermina à quitter le pouvoir le 3 oct. suivant. Il se démit même, quelques mois plus tard (31 mai 1872), de son mandat et fit mine de renoncer à la vie politique. Mais il ne tarda pas à y rentrer et reparut à la tête du ministère (13 juin) avec un programme de réformes démocratiques que l'état troublé de l'Espagne ne lui permit pas de réaliser. L'abdication d' Amédée (4 fév. 1873) fut suivie de sa propre chute et même de sa retraite en Portugal, d'od il ne rentra qu'en 1874, rallié au parti de la république conservatrice représenté par Castelar. Bientôt après, le coup d'Etat militaire de Martinez Campos fit monter sur le trône Alphonse XIL Ruiz Zorilla qui, non seulement ne se rallia pas au nouveau régime, mais se déclara partisan de la république radicale, fut chassé de son pays (fév. 1875) et alla vivre à Paris où, rejoint par son coreligionnaire Salmeron, il publia en déc. 1876 un manifeste démocratique qui eut en Espagne un grand retentissement. Accusé de conspiration par le ministère Canovas del Castillo, il vit ses papiers saisis par le gouvernement français (juil. 1877), qui le frappa d'expulsion. Réfugié en Suisse, il ne put rentrer à Paris qu'en mars 1879. Le parti libéral, qui était arrivé aux affaires avec Sagasta, lui permit de rentrer dans sa patrie. Mais il s'y refusa, d'accord avec ses amis politiques (juin 1881) et, du fond de l'exil, continua d'entretenir l'agitation républicaine et les espérances de son parti en Espagne. En 1888, par un nouveau manifeste, il réclama la convocation d'une assemblée constituante et exposa son programme de réformes. Le rétablissement du suffrage universel (1890) accrut son influence. Sa candidature aux Cortès, en même temps que celles d'un assez grand nombre de ses partisans, triompha aux élections générales de mars 1893. Mais la défection de Castelar qui, en présence des embarras extérieurs de l'Espagne, se rallia à la monarchie (1894) et les habiles manœuvres de Sagasta neutralisèrent ce dernier succès. A. D.

ZORILLA y Moral (Don José), poète espagnol, né à ValladoMd le 21 févr. 1817, mort à Madrid le 22 janv. 1893. Fils d'un haut fonctionnaire de Ferdinand VU, Zorilla fit ses études au séminaire des nobles à Madrid et entra dans la carrière judiciaire à Tolède. Invinciblement attiré vers la littérature, il abandonna ses fonctions pour venir à Madrid où il entra dans le journalisme (1836) ; il se fit connaître par une élégie qu'il lut sur la tombe de Larra (Figaro). En 1841 parurent ses Cantos del Trouador, collection de légendes poétiques, où il a mis le meilleur de son talent. En 1843, il publia les Flores perdidas. Puis vinrent au théâtre les triomphes de El Zapatero y el Rey, Don Juan Tenorio (1844), Traidor, inconfeso y Martir (1849). Vers cette époque Zorilla fit de longs séjours à Paris et à Bruxelles ; c'est à Paris qu'il publia son beau poème de Granada, accompagné de la Leyenda de Alhamar (1853-54). En 1855, il partit pour le Mexique où il se vit l'objet des plus glorieux hommages. En 1866, il revint à Madrid, où il publia El Album de un loco (1867), puis un Poema religioso (1869), en 1877 des Composiciones varias. Membre de l'Académie espagnole, il fut honoré par elle de sa médaille en 1885 ; en 1887, une pension lui fut votée à titre de récompense nationale et, le 22 juillet 1889, on remit solennellement au poète, dans le palais de Charles-Quint, à Grenade, une couronne d'or. Zorilla est le plus célèbre des romantiques espagnols ; il a imité la manière de Chateaubriand et de Victor Hugo. Ses légendes les plus renommées sont : la Princesa dona Luz; Historia de un Espanol y dos Francesas; Margarita la Tornera, qui font partie des Cantos de! Trovador. Il en a publié depuis quelques autres : La Rosa de Alejandria ; la Leyenda del Cid ; el Cantar del

RomerOy qui sont regardées comme inférieures. Pour son théâtre, il s'est inspiré de la forme de Calderon. Des pièces que nous avons citées. Don Juan Tenorio, la plus populaire, se joue encore chaque année dans toute l'Espagne, à la Toussaint. On peut citer encore parmi ses œuvres dramatiques : A buen juez mejor testigo; La Mejor Razon ta Espada;El punal del Godo; la Princesa dona Luz et Marguerita la Tornera, ces deux dernières tirées de deux de ses légendes.

ZORILLE (Zool.). Genre de Mammifères Carnivores de la famille des Melinœ (V. Blaireau), caractérisé par des dents au nombre de trente-quatre et plus semblables à celles des Martes qu'à celles des Blaireaux. La forme du corps rappelle aussi les Martes : les membres sont courts, à cinq doigts en avant, la queue moyenne, touffue à son extrémité ; le pelage est long et lâche. Le Zorille du Ck? (Iclonyx Zorilla), de la taille du Putois, à pelage noir rayé de blanc sur les flancs, rappelant par sa coloration et son odeur offensive les Moufettes (V. ce mot), habite l'Afrique, au S. du Sahara. Une seconde espèce (Iclonyx lybica), habite le N. de l'Afrique, l'Algérie, l'Egypte, i'Abyssinie et l'Asie Mineure. Les mœurs diffèrent peu de celles de notre Putois. Une espèce fossile {Ictonyx antiqua) habitait le S. de la France aux époques miocène et pliocène. E. Trouessart.

ZORN (Anders-Leonard), peintre suédois, né à Utmedal le iS févr. 1860. En 1882, il s'établit pour quelques années à Londres, où il obtint de grands succès comme peintre de portraits. En 1889, il vint demeurer à Paris^ mais continua à faire de très fréquents séjours en Suède, en Amérique (1893) et ailleurs. Son talent de coloriste, l'habileté de ses jeux de lumière, son extraordinaire virtuosité, lui ont valu une grande réputation. Parmi ses tableaux, citons : un Eté en Suède (1 «90) ; Portrait de M. Spuller, Brasserie à Stockholm,, la Valse, Dans râtelier (1891); Minuit en Suède, Omnibus, Réveil (1892); Ma femme, Grand* mère, Paysage, Vénus de la Villette, Dimanche matin en Dalécarlie (1893); un Toast, Foire, Margit (1894) ; Portrait de Renan, Lecture (1895) ; Portrait de T artiste (1896); Portrait du roi Oscar (1898); Mère, Nuit du M janvier à Mora, etc. Zorn est aussi graveur de mérite et même sculpteur à l'occasion. Th. C.

ZORN DE BuLAcïi (Hugo, baron de), homme politique alsacien, né le 8 févr. 1851 ; rallié à l'Allemagne, il a représenté Erstein-Molsheim au Reichstag (1881-87 et depuis 1890), et à la diète alsacienne ; il a été nommé en janv. 1895 sous-secrétaire du département de l'agriculture et travaux publics du ministère d'Alsace-Lorraine. ZORNDORF. Village de Prusse, au N.-E. de Custrin où, le 25 août 1758, Frédéric II livra une meurtrière bataille aux Russes.

ZOROASTRE. Nom grec du législateur légendaire de la religion des anciens Perses, professée par eux à l'époque des Achéménides et des Sassanides et conservée par les Parsis (V. les art. Avesta, Parsisme et Perse). L'orthographe exacte serait Zamiîte/i^râ^ dont les Parsis ont fait Zardusht (Zerdoucht). On admet que Zoroastre a réellement vécu au VI® siècle av. J.-C. dans l'Iran oriental, auprès d'un prince Vishtâspa (qui n'est pas le personnage de ce nom père de Darius). Ce prince, peut-être Bactrien, protégeait Zoroastre dont il partageait les doctrines ; de même les frères Frashaoshtra Hvôgva et Dshâmâspa Hvôgva , parents de lui par sa femme. Les rédactions récentes de r Avesta et les écrits pehlvis (V. ce mot) ont transfiguré Zoroastre en un être surhumain. Sur sa doctrine dualiste et l'évolution historique du mazdéisme, V. AtesTa; cf. aussi Ahurâ Mazda, Angra Mâinyu, MrruRA et les art. Parsisme, Pehlvi, Perse, où l'on trouvera la bibliographie.

ZOROBABEL, le premier restaurateur de l'Etat juii après la captivité de Babylone, membre de la famille dé David. Il aurait pris, avec onze autres chefs, la tête de la colonne de 42.000 exilés des tribus de Juda et de Ben-

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