‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 633 sur 633 · ZURBARAN — ZURICH · texte numérisé non relu

ZURBARAN — ZURICH

tère qu'il pratiqua avec prédilection durant toute son existence. Revenu à Séville, il fit pour la chartreuse de Santa Maria de las Cuevas un ensemble de peintures, conservées actuellement au musée provincial, et parmi lesquelles on note, comme supérieures, un Saint Bruno s' entretenant avec le pape Urbain II, le Miracle de saint Hugo, la Vierge abritant sous son manteau des chartreux et Jésus enfant tressant une couronne d'épines. La chartreuse de Jerez lui commanda également de nombreux ouvrages, aujourd'hui dispersés, et dont quelques-uns, tels qu'une Annonciation, une Adoration des rois et une Adoration des bergers, méritent d'être spécialement signalés. Le musée du Louvre conserve deux importantes toiles de Tartiste, qui firent jadis partie de la décoration de l'église de Saint-Bonaventure, à Séville, et dont les sujets sont empruntés à la vie de ce saint docteur; un tableau de cette même suite est au musée de Berlin et un quatrième au musée de Dresde. Zurbaran est également dignement représenté dans divers autres musées. Celui de FHermitage, à Saint-Pétersbourg, possède un très beau Saint Laurent, avec la signature du maître et la date 1636; à Cadix, c'est un Saint Bruno , empreint d'un profond sentiment religieux, un Saint Hugo, évoque, et d'excellents portraits de religieux ; à Madrid, le musée du Prado montre deux compositions tirées de la Vie de saint Pierre Nolasque; plus fortunée encore, la galerie de l'Académie de San Fernando garde cinq portraits en pied de moines de la Merci, vêtus de frocs blancs aux plis amples et sculpturaux, qui sont des œuvres supérieures ; la National Galery, à Londres, a acquis à la vente du roi Louis-Phihppe ce farouche Moine en prières, qui fut jadis tant admiré au Louvre, et possède une Adoration des bergers attribuée longtemps à Velazquez. Des analogies frappantes se notent, en effet, entre les toutes premières productions des deux grands artistes, élevés dans un même milieu, abreuvés aux mêmes sources d'art et recevant, quoique de maîtres différents, un même enseignement ayant pour principe fondamental l'observation et la recherche du naturel et du vrai. En 4650 et à l'appel de Velazquez, son ami et son admirateur, Zurbaran vint à Madrid, oîi, par ordre de Philippe IV, il entreprit la décoration d'un Salon au palais du Buen Retiro ; il y peignit les Travaux d'Hercule, suite de dix compositions, dont quatre seulement sont de sa main ; elles se trouvent actuellement au musée du Prado. Zurbaran est une des grandes figures parmi cette pléiade d'artistes qui sont l'honneur et l'orgueil de l'école espagnole au XVII® siècle. Son sentiment religieux, si profond et si sincère, est bien autrement viril que ne Test celui de Murillo, et son naturalisme, moins âpre, moins artificiel d'effet que celui de Ribera, l'égale cependant sous le rapport de la sincérité et de la puissance. On cite parmi ses élèves les deux frères Polanco, Bernabé de Ayala et Gradilla. Paul Lefort.

BiBL. : Palomino, El museo pictorico. — Cean Bermu- DEZ, Diccionario de los mas ilustres profosores ; Madrid, 1800. — Ch. Blano, Histoire des peintres de toutes les écoles; Paris.— Paul Lefort, la. Peinture espagnole; Paris

ZURICH (Lac de) . Lac de Suisse , dans le canton du même nom, 40 kil. de longueur sur 4 à 4 de largeur; 88 kil. q.; ait. : 409 m. ; prof. max. : 443 m. ; eaux vertes dans le bassin supérieur, bleu vert près de Zurich. Ce bassin, qui a la forme d'un croissant allongé -d'E. en 0. et N., est formé par le Linth, qui s'y jette à Schmerikon et se déverse par la Limmat, qui en sort à Zurich. Il a des rives très fertiles couvertes de vignes et d'arbres fruitiers et parsemées d'un grand nombre de localités importantes. Il est poissonneux ; on y pêche surtout le brochet et la truite saumonée. La jolie petite île d'Ufenau a servi de refuge à Ulrich de Hutten, l'antagoniste de Rome aux premiers temps de la Réformation. Le lac de Zurich possède un service très important de bateaux à vapeur et une flottille de canots. Des lignes de chemins de fer parcourent ses bords et permettent d'en faire le tour. La presqu'île

de Rapperswil et la digue du chem. de fer isolent du reste du lac son bassin oriental ou supérieur.

ZU RICH, Canton de Suisse, borné au N. par le Rhin et le cant. de Schaflhouse, à l'E. par la Thurgovie et Saint- Gall, au S. par les cant. de Zug et de Schwytz, à l'O. par l'Argovie; 4.723 kil. q. ; 430.336 hab. (en 4900) de langue allemande, en majorité protestants. Il appartient au plateau suisse et au bassin du Rhin. Il y a cependant aux frontières S. et E. quelques sommités, dont la plus élevée a 4.295 m. Quelques chaînes de collines traversent le pays : le Pfannenstiel, le Zurichberg et l'Albis. Les vallées ne sont pas profondément tracées ; la plus importante est celle de la Limmat. Les principales rivières sont, outre le Rhin qui forme la frontière sur une longueur de 25 kil. environ, la Limmat, la Thur, la Toess, laGlatt. Il y a plusieurs lacs : ceux de Zurich, de Greifensee et Pfaeffikon sont les plus grands. Le climat est variable, assez doux sur les rives du lac, plus froid dans le reste du pays. Une grande partie du territoire est agricole et vinicole ; beaucoup d'arbres fruitiers. Cependant l'industrie est l'occupation dominante delà population. Le tissage, l'impression, la teinturerie du coton, ainsi que le tissage de la soie, occupent plus de 60.000 ouvriers. Il y a, en outre, de grandes fabriques de machines de toute espèce, des fonderies, des fabriques de papier. Les usines les plus considérables de la Suisse sont dans le cant. de Zurich.

Le chef lieu est la ville de Zurich, située à l'extrémité N. du lac et sur la Limmat qui la divise en deux parties, ainsi que sur la Sihl ; ces deux rivières y opèrent leur confluence. Par l'incorporation de plusieurs communes suburbaines, le chiffre de la population s'est élevé à 452.942hab. (en 4904). Lavilleesten plaine sur la rive gauche de la Limmat, tandis qu'elle s'élève, sur la rive droite, en gradins qui gravissent le versant du Zurichberg. Le site est très pittoresque ; du quai élevé le long du lac on jouit d'une magnifique vue sur les Alpes. Zurich possède deux églises dont la construction remonte au xi® siècle, le Grossniunster et le Fraumunster ; cette dernière jouissait de privilèges importants que lui avait conférés un roi d'Allemagne. Il y a deux hôtels de ville : un ancien, qui sert aux autorités cantonales ; un moderne, en style allemand, qui est affecté aux services communaux de la ville. Zurich est le siège de deux établissements fédéraux, l'école polytechnique située avec ses nombreuses annexes sur le versant du Zurichberg et le musée national qui occupe un très bel édifice récemment érigé et dont les collections ainsi que les intérieurs sont des plus remarquables. Il s'y trouve également une université et plusieurs établissements importants d'instruction publique, professionnelle, commerciale, etc., en outre une école vétérinaire. Zurich est le centre commercial de toute la Suisse orientale et possède des entrepôts, ainsi que des établissements financiers de premier ordre. Les environs de la ville sont très agréables et offrent plusieurs belles promenades, entre autres le grand parc de Belvoir, donné à la ville par un de ses bourgeois, et l'Utliberg, sommité de la chaîne de l'Albis que l'on gravit en chemin de fer et d'oii Ton jouit d'une vue magnifique sur la ville et sur les Alpes.

Le cant. de Zurich est une république démocratique représentative avec référendum et droit d'initiative populaire(constitutionde4869).Le pouvoir législatif est exercé par le conseil cantonal élu pour trois ans par le peuple au suffrage universel ; le pouvoir exécutif, par le conseil exécutif élu également pour trois années par le peuple ; le pouvoir judiciaire, par la cour suprême composée de neuf membres nommés pour six ans par le conseil cantonal. Le canton est divisé en onze districts, à la tête de chacun desquels se trouve un préfet assisté d'un conseil de préfecture. La fortune de l'Etat est évaluée à une quarantaine de millions. Le budget s'équilibre avec environ 7 millions en recettes et en dépenses.

Zurich a pour origine un château romain autour duquel s'étendit une ville à l'époque du royaume franc. Les droits

ZURICH — ZURLINDEN

de suzeraineté appartenaient en partie au roi, en partie à l'abbesse de Notre-Dame. Le pays fit partie du duché de Souabe, puis retourna à l'Empire. L'empereur Frédérie P^ donna à la ville une charte de ville impériale (1218). Les menées de la maison de Habsbourg-Autriche engagèrent Zurich à s'allier avec les cantons forestiers (V. Suisse), ce qui ne l'empêcha pas de poursuivre une politique hostile aux confédérés, notamment à l'époque du bourgmestre Brun et de Stussi qui s'allièrent avec la maison d'Autriche contre les Suisses. La bataille de Saint-Jacques sur la Birse ('1444) fut la conséquence de cette politique. Zurich fut l'initiateur de la réforme religieuse en Suisse ; Zwingli était curé dans cette ville. Il y eut en 1794 une révolte, qui fut promptement réprimée, de la campagne contre la ville dont la domination était très dure. Sauf à de rares intervalles de peu de durée, le gouvernement fut aristocratique et oligarchique jusqu'en 1830. A cette époque, Zurich se mit avec Berne à la tête du parti radical suisse. Il y eut en 1839, à cause do la nomination du rationaliste David Strauss comme professeur à l'Université de Zurich, une émeute populaire fomentée par un pasteur, à la suite de laquelle le parti conservateur vint au pouvoir, mais il n'y resta que six ans. Zurich joua avec Berne un rôle prépondérant dans la guerre civile du Sonderbund et dans la question de la revision fondamentale des institutions politiques de la Suisse, qui aboutit à la constitution fédérale de 1848. D^ Gobât.

Bataille DE Zurich (V. Massénâ).

Traité de Zurich. — Traité conclu le 10 nov. 1859 entre l'Autriche, la France et la Sardaigne sur les bases des préliminaires de Villafranca (11 juil.) ; il préparait l'unité italienne (V. Italie). L'Autriche cédait à la France, qui les rétrocédait à la Sardaigne, ses droits sur la Lombardie, excepté les places de Peschiera etMantoue ; la Sardaigne prenait à sa charge les trois cinquièmes de la dette lombardo-vénitienne et 40 millions de florins de l'emprunt de 1854. Le projet de confédération italienne et les réclamations des princes expulsés de Parme, Modène et Toscane, visées dans les préliminaires, furent passés sous silence.

ZURITA (Gerénimo), historien espagnol, né à Saragosse le 4 déc. 1512, mort à Saragosse le 3 nov. 1580, Soi) père, Miguel Zurita, fut médecin de Ferdinand le Catholique et de Charles-Quint. Tonsuré en 1522, ce qui ne l'empêcha pas de se marier plus tard, Zurita fit des études remarquables à Alcalâ de Henares. Après avoir rempli divers emplois, il fut, en 1547, chargé par l'inquisiteur général don Fernando de Valdes de recueillir les bulles, brefs et actes intéressant le Saint-OfFice, et la façon dont il s'acquitta de sa tâche lui valut, en 1548, le titre de « Contador gênerai de la Inquisicion de la Corona de Aragon ». L'année précédente, les Certes d'Aragon, réunies à Monzon, avaient décidé la création d'un oflice de chroniqueur. Zurita en fut investi le 31 mai 1548, et par cédule royale du 4 mai 1549, il fut autorisé à consulter toutes les archives du royaume. Il fit, en 1550, un voyage de recherches en Sicile. En 1553, il travaillait aux Archives de Barcelone, et en 1562 il publiait la première partie de ses Anales del Reyno de Aragon, en 2 tomes. En 1566, il recevait le titre de secrétaire de la chambre du roi, et en 1568 l'inquisiteur général, don Diego de Espinosa, le nommait secrétaire du conseil suprême du Saint-Office. Entre temps, Philippe II, qui venait de fonder le dépôt d'archives de Simancas, chargeait Zurita (14 mars 1567) de recueillir les papiers intéressant l'Etat indûment conservés dans les familles, de classer les archives de Simancas et d'en dresser une sorte d'inventaire. Très bien en cour auprès du roi, Zurita obtint de lui (21 janv. 1571) la charge financière de maestroracional de Saragosse. Il se retira alors dans un couvent de sa ville natale où il poussa la rédaction de ses Anales (qui débutent à l'invasion des Arabes) jusqu'à la mort de Ferdinand le Catholique (1516); le sixième et dernier

volume parut, un an avant la mort de l'historien, en 1579. Zurita a eu ce mérite singulier de rompre avec les vieilles traditions des chroniqueurs sans critique et de ne produire que des faits appuyés sur des documents, d'où la valeur durable de son œuvre.

BiBL. : DoRMER, Progresos de la historia en el Reyno de Aragon y elogios de Gerônimo Zurita^ su primer coronista...; Saragosse, 1680, in-fol.

ZURLAUBEN. Noble famille suisse, dont les membres, sous le nom de La Tour-Châtîllon,' furent faits barons de l'Empire parOthon le Grand, et jouèrent un grand rôle dans les luttes du moyen âge en Suisse. — Pierre (xiv« siècle) futcen lutte contre les Bernois. — Antoine, mort en 1402, fut en lutte avec l'évêque de Sion, qui fut pris et tué par ses vassaux. Plus tard, il fut battu par les Valaisans et dut se réfugier à la cour de Ssi^oia. — Balthazar, son fils, sentant que le nom de La Tour était devenu odieux au peuple, prit le nom de Zurlauben (de Laube, feuille d'arbre) tiré de sa retraite dans les bois. — Oswald, arrière-petit-fils du précédent, fut au service du pape Jules II, de Sforza, de François 1^^. Un des vainqueurs de Cappel (1531).

— Antoine (1505-84), au service de la France, combattit à Dreux, Jarnac, Moncontour. Cette branche s'éteint en 1641 avec Oswald IL — Béat P^, d'une autre branche, mort en 1596, chef des gardes suisses sous Charles IX et Henri III, puis landammann de Zoug. — Conrad, son fils, militaire et diplomate auprès de Henri IV et de Louis XIII, chevalier de Saint-Michel. Auteur du traité De concordia fidei. — Henri, fils du précédent, mort en 1650, pensionné par Louis XIV pour sa bravoure. • — Béat 11, son frère, mort à Zoug en 1663, surnommé Père de la Patrie et Colonne de la religion, homme politique remarquable.

— Béat-JacquesP"", mort à Zoug en 1696, fut chef des troupes des cantons catholiques et diplomate. — Conrad^ son frère, mort à Perpignan en 1682, servit sous Louis XIV en Hollande et en Catalogne, et fut nommé inspecteur général d'infanterie. — Béat-Gaspard, neveu du précédent, mort à Zoug en 1706, officier au service de Savoie, puis landammann. — Béat-Jacques II, mort à Zoug en 1717, renouvela les capitulations avec l'Espagne et la France. — Béat-Frmiçois- Placide, mort en 1770, fut lieutenant général des armées françaises et grand-croix de Saint-Louis. — Béai-Fidèle- Antoine-Jean-Dominique, né à Zoug en 1720, mort en 1795, fit plusieurs campagnes dans le régiment Zurlauben, devint brigadier, puis lieutenant général. Il a écrit de nombreux ouvrages d'érudition et d'histoire relatifs à la Suisse. Les plus connus sont : V Histoire militaire des Suisses au service de France (Paris, 1751-53, 8 vol.) ; Mémoires et lettres du duc de Rohan (Paris, 1758, 3 vol.); Tableaux de la Suisse (2®éd. ilL, Paris, 1784-88, 12 vol.), etc.

ZURLINDEN (Emile-Auguste-François-Thomas), général français, né à Colmar le 3 nov. 1837. Il passa par l'Ecole polytechnique (1856) et l'Ecole d'application de Metz (1860), d'où il sortit à la tête de sa promotion. Capitaine en 1866, il fit la campagne de 1870 aux côtés du général de Berkheim, dont il était aide de camp, d'abord au 3® corps, puis au 6^. Il prit part à tous les combats des environs de Metz. Prisonnier après la capitulation, Zurlinden fut d'abord interné à V^iesbaden sur parole ; mais il déclara reprendre sa parole et fut enfermé à la forteresse de Glogau, en Silésie. Il s'évada la veille de Noël et, profitant des fêtes, traversa toute l'Allemagne, atteignit Bâle et entra en France, où le gouvernement de la Défense nationale lui donna le grade de chef d'escadron et le nomma chef d'état-major de Tartillerie du 25® corps, avec lequel il se battit encore le 28 janv. à Blois.

Confirmé dans son grade en sept. d871, il passa deux années en Algérie et commanda l'artillerie à Mostaganem. Lieutenant-colonel du 13« d'artillerie à Vincennes, il fut nommé colonel du 25® à Ghâlons le 13 nov. 1880 et général de brigade le 24 oct. 1885. Il commanda alors l'artillerie du 10® corps, puis la brigade d'infanterie de Cher-

ZURUNDEN — ZWINGLI

bourg et fat promu général de division en 1890.^Successivement commandant de l'artillerie de Paris, puis de la 2® division d'infanterie à Arras,il fut placé en 1894 à la tète du 4^ corps d'armée au Mans. En 1895, il accepta la succession du général Mercier au ministère de la guerre; il assura l'exécution de l'expédition de Madagascar; puis, à la chute du ministère, prit le commandement du i^^ corps jusqu'en 1898, où il succéda au général Saussier dans le gouvernement de Paris : tâche délicate au milieu des difficultés soulevées par l'affaire Dreyfus. A la suite du faux Henri et des démissions du général de Boisdefire et de Cavaignac, il accepta de nouveau le ministère, mais se retira douze jours après. Il reprit les fonctions de gouverneur de Paris, mais, quatre mois plus tard, Gallifet, ministre de la guerre, le relevait de son commandement.

ZURSTRASSEN (Melchior), sculpteur allemand, né à Munster (AVestphalie) en 1832, mort à Leipzig en 1896. Ses premiers travaux attirèrent l'attention de Rauch qui fit de lui son élève. Après un long séjour en Italie, il revint à P>erlin où il exécuta une colonne cornmémorative de la guerre de 1866 et, pour la bibliothèque de l'hôtel de ville, huit bustes de personnages célèbres des lettres et des sciences. Devenu professeur à l'Académie des beaux-arts de Leipzig, il travailla activement à la décoration de plusieurs monuments de cette ville (Postes, Musée, Université, etc.).

ZUTKERQUE. Corn, dudép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. d'Audruicq; 1.617 liab.

ZUTPHEN ou ZUTFEN. Ville des Pays-Bas, ch.-lieu d'arr. de la prov. de Gueldre, sur la Berkel, affl. de l'Yssel ; 20.000 hab. Stat. du chem. de fer de Groningue à Arnhem. Grand commerce de bois ; briqueteries ; fabriques de papiers, de colle, de meubles; imprimeries, savonneries, corroiries, minoteries. Le principal édifice de la vilîe est l'église Sainte- Walburge, de style ogival. On y voit des fonts baptismaux en cuivre, œuvre remarquable de la Renaissance. La salle capitulaire a conservé l'ancienne bibliothèque dans laquelle il y a de nombreux manuscrits attachés par des chaînes de fer. — Zutphen était, au moyen âge, la capitale d'un comté situé entre la Veluwe, Munster et Clèves. Elle fut assiégée et prise en 1202, 1572, 1586, lD91'et 1672.

ZUYDCOOTE. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (E.)de Dunkerque; 402 hab.

ZUYOERZÉE. Golfe des Pa^5-Bas (V. ce mot, p. 162).

ZUYTPEENE. Com. du dép. du Nord, arr. de Hazebrouck, cant. de Cassel ; 763 hab.

2V0BN1K. Ville de Bosnie, sur la r. g. de la Drina; 3.100 hab. en 1895. Mines de plomb ; commerce de bois. En face est la ville serbe de Mali-Zvor7iik.

ZWEI8RUCKEN. Ville de Bavière (V. Deux-Ponts) .

ZWENTI80LD, princede Moravie (V. Svatopluk).

ZWICKAU. Ville de Saxe, ch.-l. d'un cercle, sur la r. g. de la Mulde deZwickau; 55.829 hab. en 1900. Eglise gothique de Marie très restaurée; vieilles maisons. Riches archives. Grand centre manufacturier au N. d'un bassin houiller qui produisait, en 1896, plus de 2 millions et demi de tonnes. Fontes, machines, produits chimiques, glaces, papier, tanneries, lainages, bonneterie, etc. Aux environs, grandes fabriques de cellulose, papier, porcelaine; usines métallurgiques, etc. La ville n'avait que 6.127 hab. en 1832. Elle remonte au temps des Sorbes, fut annexée par la maison de Wettin en 1348 et fut la patrie de l'anabaptiste Thomas Munzer.

ZWILLING (Gabriel), sectaire allemand (V. Didyme).

ZWINGLl {Ulrich ou Huldreich), réformateur suisse, né à Wildhaus, dans le Toggenbourg, le 1^^ janv. 1484, mort à Cappel le 11 oct. 1531. Il a été l'un des trois grands réformateurs, et, avec Calvin, le fondateur de l'Eglise réformée. En 1506, âgé de vingt-deux ans, il fut élu curé de Claris, avant d'avoir reçu les ordres. Il y poursuivit l'étude de l'Ecriture sainte, des pères de l'Eglise et des auteurs classiques et apprit, sans maître,

le grec, qui devint sa langue favorite. C'est plus tard seulement, à Zurich, qu'il étudia l'hébreu. A Glaris (1506- 16), il se trouva pour la première fois en présence d'une pratique qui exerçait une influence corruptrice sur le peuple; les Suisses louaient leurs bras et leur vaillance à des souverains étrangers ; Zwingli accompagna plusieurs fois ses ouailles sur les champs de bataille d'Italie ; il combattit à Ravenne (1512) et à Marignan (1515), maniant l'épée et la hallebarde aussi bien que la parole et la plume. Après Marignan, il s'opposa à l'alliance française, ce qui le mettait du parti du pape ; celui-ci eut dès lors le plus grand intérêt à le ménager ; aussi Zwingii put-il commencer son œuvre réformatrice sans être inquiété. En 1516, l'administrateur de l'abbaye d'Einsiedeln (Notre-Dame des Ermites), Diebold de Geroldseck, lui offrit une place de prédicateur et une retraite paisible dans son couvent. Son séjour à Einsiedeln fut pour Zvvingli ce qu'a été pour Luther son voyage à Rome. Il y avait là une image' miraculeuse de la Vierge, qui attirait de nombreux pèlerins ; sur la porte on lisait : « Ici l'on trouve une pleine rémission de tous les péchés ». Peut-être Zwingli connut-il là déjà le vendeur d'indulgences, Bernardin Samson, le Tetzel de la Suisse. Vers la fin de 1518, il fut appelé comme curé de la cathédrale, à Zurich.

Il y entra en fon'ctions le 1^^ janv. 1519. Il se mit aussitôt à expliquer l'Ecriture sainte, en commençant par Y Evangile selon saint Matthieu. Sa prédication était simple, sans art, mais claire et à la portée de tous. Il s'attaqua aux abus de l'Eglise et gagna rapidement Zurich à la Réforme. Déjà en 1520 la majorité du conseil des Deux-Cents enjoignit aux prêtres de prêcher sur les évangiles et les épîtres des apôtres. Cependant ce n'est qu'en 1522 qu'il entra en conflit avec l'Eglise, à la suite d'un sermon sur le jeûne. Zwingli et ses adhérents prirent alors la résolution de ne pas prêcher autre chose que ce qu'enseignent les Ecritures. Comme il y eut quelques troubles dans la ville, on convoqua, à la demande de ZwingU, un colloque (29 janv. 1523), où vinrent les chefs du parti catholique, et à leur tête Jean Faber, auparavant l'ami, et maintenant l'adversaire déclaré du réformateur. On discuta sur des thèses (Scklussreden) rédigées par Zwingli ; un second colloque se réunit le 26 oct. de la même année, à la suite duquel il y eut un mouvement populaire pour enlever des églises les images, crucifix et œuvres d'art. Un troisième colloque fut convoqué (13 janv. 1524), pour empêcher ces désordres et procéder avec ordre et modération ; on abolit alors également la messe. Mais alors déjà Zwingli dut entrer en lutte avec l'anabaptisme, qui lui suscita beaucoup d'embarras. C'est aussi de 1524 à 1529 que commença et s'accentua la querelle sur la sainte Cène, qui amena la séparation entre luthériens et zwingliens.Enl525, Zwingh dédia au roi François P^ son principal écrit, Commentarius de vera et falsa religione, où il exposa tout son système doctrinal, mais qui est bien inférieur à VInstitution de Calvin. En 1528, au colloque de Berne, Zwingli décida le triomphe de la Réforme dans ce puissant canton.

On est frappé de la grande place que la politique a prise dans l'œuvre réformatrice de Zwingli. Beaucoup en ont été scandalisés et ont été induits à porter sur lui un jugement injuste. Zwingli n'a pas été un réformateur se mêlant à la politique, mais un patriote suisse s'apliquant à réformer l'Eglise. Comme prédicateur et comme chanoine, il ne pouvait pas se désintéresser des affaires politiques, sous peine d'être considéré comme un mauvais citoyen. Ses principes politiques étaient du reste ceux de l'Eglise catholique, c.-à-d. absolument théocratiques. Pour lui, quiconque ne veut pas se soumettre à la « Loi de Dieu », n'a pas le droit de rester dans le pays, car il faut « que le Seigneur Jésus- Christ règne dans le pays ». Dans ses Scklussreden, il ne fait aucune distinction entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel : « Le prétendu pouvoir spirituel n'a aucun fondement dans l'ensei-

ZWINGLI - ZYGNEME

gnement du Christ (34). Ce pouvoir temporel est fondé sur renseignement du Christ (35) . Tous les chrétiens doivent être soumis au pouvoir temporel (37). Pourvu que celui-ci n'ordonne rien de contraire à la loi divine (38). Si les chefs sont infidèles et abandonnent la règle du Christ, qu'on les destitue, au nom de Dieu (42). Qu'ils sortent d'ici, tous ceux qui ne veulent pas l'Ecriture pour juge suprême (67). » Aussi toutes les réformes furent-elles décidées en conseil, à la majorité des voix ; et les colloques entre zwingliens et catholiques ressemblaient plutôt à des assemblées législatives délibérant sur des projets de loi, qu'à des conférences/entre théologiens. Ce qui mêla encore plus Zwingli aux affaires politiques, c'est qu'à défaut d'autre secrétaire rédacteur capable, le Conseil chargea le réformateur de rédiger tous les actes politiques, diplomatiques et militaires, et il devint ainsi le chef politique et militaire de Zurich. Il élabora, par exemple, trois projets de réorganisation de l'armée, pour la défense nationale, où se mêlent d'une manière étrange la religion et la stratégie. Il appréciait d'un coup d'œil clairvoyant la situation politique de Zurich, qui était menacé par les quatre cantons primitifs (Schwytz, Uri, Unterwalden, Lucerne) et par celui de Zug. Il s'agissait de les prévenir *pour les surprendre. ïl organisa donc la campagne de 4529, dont il (iressa lui-même le plan, et marcha en tête, avec les chefs, la hallebarde au poing. Il eût réussi, sans l'intervention malencontreuse d'un homme bien intentionné, mais peu clairvoyant, le landamman Aebli de Glaris, qui empêcha la bataille. C'est au sortir de cette campagne que Zwingli se rendit au colloque de Marbourg (V. l'art. Luther, t. XXII, p. 785). Il y réussit à arrêter avec le landgrave Philippe de Hesse les bases d'une alliance. A son retour à Zurich, il écrivit au doge de Venise, qui réconduisit ; puis il entra en négociations avec l'ambassadeur de France, de Boisrigault, et avec le deuxième ambassadeur, le général Lambert Maigret, auxquels il envoya un projet de traité « pour briser lu puissance de l'empereur » ; si le roi de France l'acceptait, on le soumettrait encore à l'examen « des savants et des serviteurs de la parole de Dieu de la Confédération ». Il ne fut pas plus heureux. Son projet fait sourire aujourd'hui ; cependant il ne manquait pas de grandeur ; pour la première fois, peut-être, la Suisse y traite de puissance à puissance avec d'autres Etats, et n'est plus seulement une agglomération de petites provinces. L'influence de Zwingli dans les conseils de Zurich et de plusieurs autres cantons fut prépondérante. Mais il resta toujours d'un désintéressement absolu. Il n'avait qu'un seul but, grandir sa patrie, et ainsi son patriotisme domina toute son œuvre réformatrice. Il fit la guerre à tout ce qui lui semblait corrompre et abaisser son peuple, les abus de l'Eglise aussi bien que les enrôlements mercenaires. Ses premiers écrits réformateurs étaient dirigés contre le jeûne et le célibat des prêtres. En 1522, il publia : en avril, un traité, De la Liberté des aliments; en juillet, une Prière et exhortation amicale en faveur du mariage des prêtres ; entre les deux, en mai, ilQGvhiixm^ Exhortation contre les enrôlements et les pensions.

Zwingli était, d'un autre côté, un humaniste, et son humanisme domina sa dogmatique aussi bien que son exégèse. Le point de départ de toute sa théologie est l'idée de l'absoluité et de la toute-puissance de Dieu. Il en résulta, à la base de son système, la doctrine de la prédestination, qui, chez lui, est plus raide et encore plus absolue que chez Calvin, car il va jusqu'à faire de Dieu l'auteur du mal. Tous les péchés et tous les crimes sont l'œuvre de la Providence : Dei ordinatione fit ut hic parricida sit, alius adulter. Seulement ces crimes, qui, pour l'homme placé sous la loi, entraînent la juste condamnation du coupable, ne sauraient être imputés à Dieu à titre de faute morale, « puisque la volonté divine est absolument souveraine, placée en dehors et au-dessus de la loi ; là où il n'y a point de loi, il n'y a point de transgres-

sion ». Tout homme étant prédestiné, soit au salut, soit à la condamnation, ce n'est plus la foi qui sauve, mais l'élection. Aussi Zwingli place-t-il dans le ciel, à côté de Moïse, des prophètes et des apôtres, du premier et du deuxième Adam, non seulement des païens comme Socrate, Aristide, Caton, les Scipions, etc., mais encore des personnages mythologiques, tels que Hercule et Thésée. Avec cette théorie, les moyens de grâce, les sacrements devenaient forcément des hors-d'œuvre, de purs symboles. Aussi n'est-ce pas sans raison que Luther lui dit à Marbourg: « Vous avez un autre esprit que nous ».

De quelque manière que l'on apprécie l'œuvre de Zwingli, on ne peut méconnaître qu'il a été un grand et noble caractère. Sans doute on lui a reproché les écarts de sa vie privée, comme prêtre ; mais il ne faut pas oublier que sa conduite était celle de la généralité des prêtres de son temps ; il vivait eau te, non caste, ménageant au moins les apparences. En 4524, il se maria avec Anna Reinhard, la veuve deMeyer de Knonau. Il eut une belle vie de famille, de belles et fortes amitiés. Il fut un homme profondément sympathique, désintéressé, affable, plein de verve et d'esprit ; bon prédicateur, d'une grande érudition et un fidèle pasteur. La peste ayant éclaté à Zurich alors que Zwingli se trouvait, pour sa santé, aux bains de Pfeffers, il revint au miheu de son troupeau décimé, fut lui-même atteint du mal et pensa mourir. Mais une autre mort lui était réservée. Sa fin fut le digne couronnement de sa carrière. Ce qu'il avait prévu arriva. Les cantons protestants ayant décrété le blocus des cinq cantons catholiques, ceux-ci surprirent les Zurichois, non préparés et isolés. Zwingli reconnut aussitôt qu'il n'y avait aucun espoir de victoire. Il ne se mêla pas cette fois de la conduite des troupes, qu'il accompagna cependant au combat. On se rencontra àCappel. Aux 8.000 hommes des cinq cantons catholiques, Zurich n'en put opposer que 700. Zv\^ingli se tenait au troisième rang, appuyé sur sa hallebarde. 11 fut trois fois renversé, puis abattu pour ne plus se relever et achevé par un officier ennemi. L'un des vainqueurs, le vieux îlansSchœnbrunn, anciennement chanoine à Zurich, voyant son corps inanimé, s'écria avec larmes : « Quelle qu'ait été ta foi, je sais que tu as été un loyal confédéré; que Dieu te pardonne tes péchés». Zwingli a, en effet, puissamment contribué à grandir sa patrie. — Les œuvre de Zwingli ont été publiées d'abord par son gendre : Opéra Zwingli, latine edid. Rud Jualter (1544, 4 voL in-foL). L'édition la plus complète est : Of^era omnia edid. Schuler et Schulthess (1829-42, 8 vol. gr. in-~8). Un excellent choix en a été fait en allemand (L. Usteri et S. Voegelin, Zwinglis Schriften im Auszuge ; Zurich,

1818, 2 vol.). Ch. PfENDER.

BîBL. : Zwingli Vita a. Myconio, dans Y Use quatuor Reform.— HoTTiNGiLR^ Zwingli und seine Zeit, trad. franc, par A. Hurabert; Lausanne, 1814.— V. CiiAui'FOUR-KESTN]<:a, Etude sur les réformateurs du xvi" siècle; Paris 1853, 2 vol — Noël, Essai sur le caractère et la doctrine de Zwingli ; Genève, 1850.— C. Tournier, Zwingli sur la sainte Cène ; Strasbourg, 1853. — La meilleure biographie et la plus scientifique est celle de Môrikofer, Ulrich Zwingli.nach den urkundlichen Quellen ; Leipzig, 1867-69, 2 vol.— V. les histoires ecclésiastiques du xvr* siècle.

ZWOLLE. Ville des Pays-Bas, ch.-l. de la prov. d'Overyssel, sur la Zwarte-Water, qui se jette dans le Zuiderzée ; 30.848 hab. (en 1900). Fabrique de matériel de chemins de fer ; fonderies, scieries; fabriques d'huile, de produits chimiques ; distilleries. Gymnase, école bourgeoise supérieure, école industrielle. L'église ogivale de Saint-Michel est du xv^ siècle ; les orgues sont remarquables ; Tliôtel de ville contient une superbe salle gothique ; les Halles datent de la Renaissance. Zwolle est le Heu de naissance du grand peintre Gérard Ter Borch (1617-81) et deThomme d'Etat J.-R. Thorbecke (1796-1872). Zwolle a été détruit par des incendies en 1224 et 1324, éprouvépar de graves inondations en 1775, 1784 et 1825, et a subi des sièges meurtriers en 1566, 1606, 1672 et 1813.

ZY6NEME (Bot.) (V. Zygnémées).

ZYGNÉMÉES — ZYRMI

ZYGNÉMÉES (Bot.)- Algues de la famille des Conjuguées, ayant l'aspect d*un gazon dressé à la surface de Feau à une hauteur de 3 centim., à thalle formé d'un filament simple, cloisonné transversalement en cellules cylindriques et dont les parois croissent d'une façon inégale, de sorte qu'il semble animé de mouvements particuliers. Les zygospores se forment par la conjugaison de deux filaments voisins qui s'envoient des protubérances dont l'anastomose est suivie de la contraction du corps protoplasmique entier, formant ainsi par rénovation totale une cellule qui va donner naissance à l'œuf en s'unissant à travers le canal à sa congénère, soit que les deux gamètes parcourent un chemin égal, soit que l'une des deux seule se transporte vers l'autre, et alors l'œuf se constitue à l'intérieur de l'une des cellules conjuguées. Principaux genres : Zygnema, Spirogyra, Serogogonium, Zygogonlum. D^ Henri Fournier. *

ZYGODACTYLES (Ornith.). Nom donné aux Oiseaux qui ont deux doigts en avant et deux en arrière et qui constituent l'ordre des Grimpeurs de Cuvier. Tels sont les Pics, les Coucous, hsJacamars, les Barbus, les Gouroucous, les Aracaris,\es Toucans, les Perroquets (V. tous cos mots). Sous le nom de Faux-Zigodactyles, on a distingué des précédents les Touragos et les Musophâges dont le doigt externe peut se diriger en arrière à volonté, comme chez les Rapaces nocturnes, mais qui ne sont pas de véritables Grimpeurs (V. Oiseau). E. Trt.

ZYGŒNA. I. Ichtyologie (V. Marteau).

lï. Entomologie. — Genre de Lépidoptères hétérocères, de la famille des Zygénides, caractérisé par les antennes épaisses, renflées et terminées en pointe obtuse, les palpes grêles, la spiritrompe longue, le thorax robuste, l'abdomen assez long, conique, les ailes supérieures étroites, ordi-" nairement d'un bleu ou vert foncé chatoyant avec des taches symétriques le plus souvent rouges, les ailes inférieures rouges et bordées de noir bleu. Leurs chenilles, qui vivent généralement sur les Légumineuses, sont courtes, molles, pubescentes, à divisions segmentaires profondes et à tête très petite et rétractile. Leurs chrysahdes sont cylindrico-coniques, obtuses ; leurs coques, ovoïdes ou fusiformes et de consistance papy racée.

Ce genre renferme de nombreuses espèces répandues partout. A citer : Zyg. exulans Rein., qui vole sur les hauts sommets des Alpes, jusqu'aux limites de la végéta-

tion. Sa chenille vit deux ans. Zyg. fUipendulœ L., commune en Europe; Zyg. occitanica VilL, abondante dans les localités où croît le Dorycnium sujfruticosum VilL, qui nourrit sa chenille.

ZYGOÎVIATIQUE (Anat.) (V. CrAne).

ZYGOiVlATUBUS (Paléont.) (V. Nototherium).

ZY60PHYLLU1V1 (Zygophyllum L.) (Bot.). Genre de Rut acées-Zygophy liées, formé d'une cinquantaine d'arbres et d'arbustes de l'Orient, de l'Afrique australe et de l'Australie ; feuilles opposées stipulées ; fleurs axillaires hermaphrodites, avec périanthe double tétra- ou pentamère ; 8-10 étamines libres, à anthères biloculaires introrses ; ovaire libre pluriloculaire ; fruit capsulaire à quatre ou cinq angles, graines albuminées. Le Z. fabago L.k){i Fa~ bagelle est propre à la région méditerranéenne ; ses boutons à fleurs, de saveur acre et amère, sont employés, en Syrie, comme condiment, à l'instar des câpres. Les graines du Z. coccineum L. du N. de l'Afrique, et des Z. sessilifoliumL. etZ. spinosum L. du Cap, sont préconisées comme anthelminthiques. D^ L. Hn.

ZY60S (Mont) (V. Pinde).

ZYGOgPORES (Bot.). OEuf de certaines Cryptogames constitué par la fusion de deux corps protoplasmiques, rarement de trois, en vertu d'un phénomène de conjugaison égale déterminant l'union et la pénétration réciproque avec contraction équivalant à une véritable combinaison des protoplasmes comme des noyaux après laquelle la masse conjuguée s'entoure d'une membrane de cellulose. Il n'y a aucun fait de sexualité dans la formation des zygospores, comme cela a lieu lorsque l'œuf se constitue par conjugaison de corps différenciés (anthérozoïdes et oosphères). D^^ Henri Fournier.

ZYMASE (Chim.). Nom générique de divers ferments azotés solubles qui existent dans les solides et les liquides de l'économie. La nephrozymase, notamment, se rencontre dans les urines, tant normales que pathologiques, les my crozymases àa.ïis le sang et dans le foie.

ZYMOTIQUE (Path.). Les maladies zymo tiques sont les maladies infectieuses en tant qu'elles sont envisagées comme engendrées par des zymases (Béchamp) ou des ferments pathogènes (V. Fermentation, § Pathologie).

ZYRIANES (Ethnogr.) (V. Finnois).

ZYRi^L Ville du Soudan. Ancienne capitale du pays haoussa de Zanfara, à 75 kil. 0. de Katséna.

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