ZOROBABEL -» ZOUAVE
jamin, qui profitèrent de la permission donnée par Cyrus pour rentrer en Palestine et travailler à la restauration du Temple et au rétablissement du culte. Cette œuvre difficile, entravée par le mauvais vouloir des Samaritains, hautainementtenus à l'écart, n'aboutit que très imparfaitement. On se demande si le nom de Sesbassar, dont use le Livre d'Esdras, désigne bien Zorobabel ou doit s'appliquer à un autre personnage. M. Vernes.
ZOBZi (Bertolomé), poète vénitien, né entre 4230 et 4235. Durant la longue guerre qui, en 42.^5, éclata entre les Génois et les Vénitiens, il fut fait prisonnier et retenu sept ans à Gênes (1266-73) Pendant sa captivité, il composa en provençal plusieurs sirventés, l'un pour défendre ses compatriotes attaqués par le troubadour génois Boniface Calvo, avec qui il se lia d'amitié, un autre pour déplorer la mort de Conradin (1268), un autre enfin à Téloge des croisés de 4270. Il est en outre l'auteur de quelques sirventés moraux et chansons amoureuses. L'ensemble de ses œuvres forme dix-sept pièces. Elles ont été publiées par E. Lévy. (Der Troubadour Bertolomé Zorzi; Halle, 4883). A. Jeanroy.
ZOSIME, historien grec contemporain de Théodose II, peut-être fils du préfet d'Epire, écrivit après 425 une histoire de la décadence de l'Empire romain en six livres, le premier va d'Auguste à Dioclétien (305 ap. J.-C); les trois suivants sont consacrés au iv^ siècle ; les deux derniers, aux événements de 395 à 440. L'auteur imite Polybe mais néglige la chronologie ; c'est un païen qui a été souvent attaqué injustement par les écrivains chrétiens.
ZOSIME ou ZOZINIE ou SOZI ME (Saint), confesseur? 43® pape, ordonné le 48 mars 447, mort le 25 déc. 418. Fête, le 26 déc. Il était né à Mesuraca (Grèce). — Sous ce court pontificat se produisirent plusieurs faits de haute importance en l'histoire des prétentions du siège de Rome à la juridiction suprême sur l'Eglise. L'un d'eux tire sa principale signification des circonstances dans lesquelles Zosime condamna la doctrinepélagienne(V. Pelage, t. XXVI, p. 263).— En 418, Apiarius, prêtre de la Mauritanie, fit appel à Rome contre une décision d'Urbanus, son évêque, qui l'avait excommunié. Zosime se prononça contre cet évêque ; mais il ne put obtenir du concile de Carthage la condamnation qu'il réclamait en vertu de l'autorité qu'il prétendait avoir été attribuée au pape par les canons de Nicée. Le concile refusa de reconnaître ces canons, qui provenaient de Sardique, non de Nicée. — Une résistance analogue fut opposée par une partie des évêques de la Gaule contre une décision de Zosime instituant l'évêque d'Arles son vicaire en Gaule et lui conférant l'autorité métropolitaine sur la prov. de Vienne et sur les deux Narbonnaises. — Le titre de confesseur dont le Martyrologe romain décore ce pape est dû à une erreur commise par Baronius. Il reste de lui treize lettres.
BiBL. : LA.NGEN, Geschichte der rômischen Kirche, 1881.
ZOSl IVI E DE Panopolis, le plus ancien des auteurs alchimiques (m® siècle), dont nous possédons les écrits authentiques. Il est cité par le Syncelle et par Photius. D'après Suidas, il avait composé vingt-huit livres sur l'alchimie et une vie de Platon. La Collection des alchimistes grecs en renferme des extraits considérables : Mémoires authentiques, Livre de la Vertu, Livre sur la Vertu et r Interprétation, etc. Une portion non moins étendue de son œuvre a été conservée dans une traduction syriaque. Plusieurs de ces livres sont consacrés spécialement à l'étude d'un métal déterminé et de ses dérivés en industrie et en orfèvrerie. Mais ils débutent, en général, par une sorte de préface mystique, fortement imprégnée de gnosticisme et parfois de magie et remplie d'allégories symboliques qui se sont perpétuées pendant tout le moyen âge. Les recettes qui suivent présentent un caractère pratique et réel. On y trouve décrits les premiers appareils de distillation. M. B.
BiBL. : Berthelot, Collection des alchimistes grecs.— Du même, Histoire de la chimie au m,oyen âge, t. H, Alchimie syriaque.
ZOSTER (Dermat.)(V.ZoNA),
ZOSTERA {Zostera L.) (Bot.). Genre de la famille des Naïadées, formé de plantes herbacées qui vivent dans la mer. Les tiges rampantes, radicantes, portent de longues feuilles linéaires, engainantes à la base. Les fleurs, monoïques, sont réunies en un épi terminal entouré d'une spathe formée par la partie inférieure des feuilles. L'axe aplati de l'épi porte toutes les fleurs du même côté, vers la fente de la spathe . Les fleurs sont disposées en deux séries parallèles oti les mâles alternent réguhèrement avec les femelles. La fleur mâle est réduite à une étamine et la femelle à un carpelle 4 -ovulé. Le Zostera marina L. forme de véritables prairies sous-marines dans les estuaires de la mer du Nord et de l'Atlantique ; ses feuilles desséchées peuvent être utilisées en guise de crin.
ZOSTEROPS (Ornith.). Genre de la famille des Méliphagidés (V. ce mot), renfermant de petits Oiseaux de la taiUe de nos Mésanges et ayant à peu près les mêmes mœurs. Leur plumage est ordinairement varié de jaune, de vert et de blanc, et tous ont un bourrelet de plumes soyeuses blanches autour de l'œil. Ils habitent l'Austra- He, la Malaisie, le Japon, la Polynésie, le S. de l'Afrique et Madagascar. On en a décrit plus de soixante espèces. Nous citerons le Zosterops madagascariensis, ou le TcHÉRicH de Latham, que ce naturaliste avait classé parmi les Fauvettes. Il est vert olivâtre dessus, jaune dessous, et habite Madagascar, où il vole par petites troupes de sept à huit, allant d'arbre en arbre pour y chercher les chenilles dont il se nourrit. Le nid est suspendu à l'extrémité d'une branche. E. Trt.
ZOTEUX. Com. dudép. du Pas-de-Calais, arr. deMontreuil, cant. de Huc(jueliers ; 407 hab.
ZOTHÈQUE (Antiq. rom.). Cabinet de repos, où l'on pouvait se retirer pour faire la sieste ou étudier à l'aise, loin des importuns. C'était une sorte de boudoir, attenant à une pièce plus grande, qu'il était de mode d'aménager dans les maisons riches ou les villas, à l'époque impériale (Pline, Epist., II, 47). Sur plusieurs inscriptions, le mot Zotheca désigne une niche où l'on plaçait une statue de divinité. P. M.
ZOTOV (Konon-Nikititch), écrivain russe, contemporain de Pierre le Grand. Il a écrit un certain nombre de traductions de l'aUemand, et un ouvrage original, intitulé Conversation d'un amiral avec un capitaine au sujet du commandement (4724).
ZOTOV (Raphaël-Mikhaïlovitch), écrivain russe, né en 4794, mort en 4874. Ecrivain d'une inépuisable fécondité, il a inondé le théâtre et les revues de pièces de théâtre et de romans (surtout de romans historiques), dont le souvenir n'a guère survécu à leur auteur.
ZOUAFQUES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. d'Ardres; 439 hab.
ZOUAVE. Les zouaves (en arabe zouaouas) tirent leur nom d'une confédération de tribus kabyles habitant les gorges du Djurjura. Créés, à l'effectif de deux bataillons, par une ordonnance royale du 24 mars 4834, au lendemain, par conséquent, de la conquête d'Alger, ils eurent d'abord, en principe, un recrutement indigène. Mais on dut bientôt y enrôler des Européens et, en 4844, à la suite d'une réorganisation, le corps fut porté à trois bataillons sous le commandement d'un colonel. En 4852, il en fut fait trois régiments, qui se couvrirent de gloire en Crimée, puis en Italie. De nos jours, les zouaves, vulgairenient appelés « chacals » ou « zouzous », forment quatre régiments, de 5 bataillons à 4 compagnies chacun, plus 2 compagnies de dépôt et un cadre complémentaire. Ils ont le même recrutement et sont sous le même régime que les troupes de la métropole. Le 4®^ régiment tient garnison à Alger ; le 2® régiment, dont le drapeau a été décoré à la bataille de Magenta, à Oran ; le 3^ régiment, dont le drapeau a été décoré au combat de San Lorenzo (Mexique), à Constantine, Sétif, Guelma, Batna ; le 4« régiment, à Tunis. Le 4^^ et le 4^ régiment ont chacun, depuis quel-
ZOUAVE — ZRINYI
ques années, leur cinquième bataillon détaché à Paris. II y a, d'autre part, 10 bataillons territoriaux de zouaves, à Alger (l^^'et 10®), Médéah, Dellys, Oran, Tlemcen, Mascara, Constantine, Bône et Bougie. Pour l'uniforme des zouaves, V. Infanterie, t. XX, p. 772.
ZOUG. Ville, canton et lac de Suisse (V. Zug).
ZO UÏ LA. Ancienne capitale du Fezzan, peuplée d'Arabes Chorfa, à 150 kil. E. de Mourzouk, dans l'oasis de Cherguiya.
ZOULFA. Ville de la péninsule arabique, dansleNedjd, à 115 kil. N.-O. de Toueïm. Située à l'entrée d'une vallée qui conduit à Riad, capitale de l'Etat des Ouahhabites, elle a une grande importance militaire et commerciale. Ses habitants se livrent au commerce par caravane et fréquentent les marchés de Zobeïr, Koveït et Bassorah. C'est sous ses murs qu'en 1801 Abdallah benSooud rassembla les troupes ouahhabites qui prirent et pillèrent les sanctuaires chiites du voisinage de l'Euphrate, Mechched-Ali et Kerbela. Cl. Huart.
ZOULLA. Village de l'Erythrée (V. Adulis).
ZOULOULAND. Ancienne colonie britannique incorporée au Natal (V. ce mot) le 1®"* déc. 1897. La veille, on avait annexé au Zoulouland le Tongaland. L'ancien chef des Zoulous, Dinizoulou, fut ramené de Sainte- Hélène afin de servir d'intermédiaire entre les indigènes et les Anglais. Le Natal ainsi agrandi comprend 70.890 kil. q. et 929.970 hab. (en 1901), dont plus de neuf dixièmes de noirs. L'ancien Zoulouland, situé au N.-E. du Natal dont le séparait la Tugela, mesurait 27.970 kil. q.
ZOULOUS (Anthrop.). Les Zoulous sont une des branches, la plus réputée pour sa valeur, de la grande famille cafre ou bantou. Cette famille, qui occupe l'Afrique orientale, entre le désert de Kalahari et la mer, n'a pas subi de dépression du fait de la conquête européenne, bien au contraire. L'éleveur de bétail boer ne peut pas plus se passer de la main-d'œuvre qu'elle lui fournit, que l'exploiteur de mines anglais. Le traitant qui fait des affaires ne s'enrichit qu'avec elle et grâce à elle. Et les seules petites cultures importantes par le nombre lui sont dues. La création des villes industrielles de l'Orange et du Transvaal lui ont grandement profité en faisant passer dans ses mains des salaires considérables. Aussi estimet-on que, au cours de ces cinquante dernières années, le nombre de ses représentants a triplé au S. du Limpopo. Il a augmenté de 35 «/o de 1891 à 1898, et peut être estimé aujourd'hui à près de 4 millions. Au N. du Limpopo, elle est représentée par les Matebelés ; dans la baie de Delagoa, par les Ba-Ronga; entre le Kalahari et les Etats libres d'Orange et du Transvaal, par les Betchouanas (V. ce mot), lesquels, par leur mélange avec les Bochimâns et les Hottentots, ont donné naissance à diverses populations métisses ; dans les Etats libres, surtout celui d'Orange, par les Basoutos. Son cantonnement primitif est sans doute le littoral, depuis le Limpopo, jusqu'au Cap, la grande Cafrerie proprement dite. Ses ancêtres ont, on le sait^ émigré là du Nord, peut-être sous la conduite de conquérants arabes qui ont été absorbés par l'élément noir. Mais dans aucune de ses tribus on n'a recueilli de souvenirs qui remontent au delà du présent siècle. Le créateur du peuple des Zoulous est un chef nommé Tchaka. Ce Tchaka s'était, en 1805, réfugié dans la tribu des Oumtétoua, dont le roi avait appris des Anglais la formation et l'armement d'armées régulières. Lorsqu'il devint à son tour roi de sa tribu, en 1810, celle-ci ne comptait guère que 2.000 hommes, s'occupant surtout du commerce du tabac. Il s'y créa une petite armée, s'assujettit les tribus environnantes, si bien qu'en 1820, dix ans après, les Zoulous pouvaient mettre sur pied 100.000 guerriers. Leur empire s'étendait alors sur tout le territoire du N.-E. du Cap, du moins à partir de la rivière Saint-John jusqu'à la baie de Delagoa. Il comprenait le Natal, le Zoulouland, au N. de la Tugela et une partie du Transvaal. Les conquêtes de Tchaka ont
entraîné de grandes destructions d'hommes. Elles provoquèrent aussi des migrations de tribus rivales, notamment celles des Matebelés (V. ce mot), qui, remontant vers le N. et l'O., allèrent s'établir dans le pays desMa- Chona, entre le Limpopo et le Zambèze. D'autres tribus pour y échapper firent appel aux missionnaires. Tel est le cas des Basoutos chez lesquels une mission française fut créée en 1833, et parmi lesquels il y a aujourd'hui plus de 30.000 chrétiens sur 250.000 hab. Tchaka fut massacré par son frère Dingaan en 1828. Dingaan, auteur du massacre d'un parti de Boers en 1838, fut chassé à son tour par son frère Panda en 1840. Le fameux Cettiwayo était fils de Panda. Il lui succéda officiellement en 1872. En 1879, pour se soustraire à l'influence des Anglais, il ne craignit pas de soutenir contre ceux-ci une guerre dont certains épisodes sont presque historiques. Enfin défait, il fut peu de temps après, en 1883, réinstallé comme roi des Zoulous. Ceux-ci, en somme, quoique dépendants du Natal, ont conservé une certaine autonomie, comme d'ailleurs les Basoutos (V. Cap).
Ils sont avec les Basoutos les représentants les plus purs, les plus vigoureux, les plus intelligents et les mieux faits du groupe bantou ou cafre. Beaucoup d'entre eux ont des physionomies très peu négroïdes. Ils diffèrent des vrais nègres par leur capacité crânienne notablement plus élevée, et par les proportions de leurs membres et surtout des membres inférieurs richement musclés. Leurs femmes, moins grandes, ont des traits masculins et sont très fortes. Leur buste est souvent très opulent, leurs hanches très larges, leurs cuisses et leurs jambes bien faites. Elles recherchent volontiers les unions avec les blancs. Telle est l'énergie de la race qu'elles se suicidaient plutôt que de se laisser emmener en esclavage. Les mœurs des Zoulous sont à peu près celles des Ba- Ronga, des Matebelés, des Basoutos, déjà en partie décrites. Leur vêtement est encore en général réduit au strict minimum, un morceau de cuir ou un paquet d'herbes suspendu devant et derrière pour les hommes, une cein- ' ture garnie d'une courte frange pour les femmes. Mais ils aiment beaucoup les ornements, et leur costume de guerre et de fête, sans couvrir leur corps, est très compliqué. Ils sont très attachés aux habitudes polygamiques. Les cérémonies du mariage sont si longues et si difficiles et les exigences des familles si grandes que beaucoup d'entre eux ne peuvent se procurer de femmes qu'irrégulièrement. Mais une fois mariée, leur première femme s'emploie à leur en trouver une autre pour se décharger elle-même un peu des soins de la culture et du ménage. Ils cultivaient surtout le millet, le sorgho, plantes introduites du N.-E. de l'Afrique, mais aujourd'hui le maïs l'emporte dans leur alimentation. Ils sont très bons chasseurs.
BiBL. : Grand JEAN, l'Invasion des Zoulous dans le Sud- Est africain, dans Bullet. de la Soc. neuchâteloise de géographie, 1899, XI, etc. — James Bryce, Impression of South Africa ; Londres, 1899, in-8, S*» édit. La South African philosophical Society a donné en 1898 (t. X) une nomenclature complète des ouvrages et articles parus sur l'Afrique du Sud depuis 1503.
ZOUSFANA. Rivière du Maroc (V. ce mot, p. 251).
ZOUTPANSBERG. Distr. du Transvaal (Y, ce mot).
ZOZA. Com. dudép. delà Corse, arr. de Sartène, cant. de Santa-Lucia-di-Tallano ; 286 hab.
ZOZIME (V. ZosiME).
ZRINYI (croate Zn'n ; dans les ouvrages historiques français des xvi® et xvii® siècles, Serin). Famille noble hongroise, d'origine croate, qui se vantait de descendre de la Gens Sulpicia. Du xii® au xvi® Siècle, elle était toute- puissante sur le littoral adriatique et joua un rôle important dans l'histoire de la Croatie et de la Dalmatie. Cette famille s'appela au xii^ siècle Subich, au xni® Brebir. C'est le fils de Paul Brebir, ban de Croatie et de Bosnie (4274-1312), nommé également Paul (mort en 1346) qui prit le nom de Zrinyi, emprunté à un château de Croatie. Au xvi® siècle, la famille devint illustre dans toute l'Eu-
ZRINYI — ZUCCARO
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rope, grâce à Nicolas Zrînyi, le héros de Szigetvâr, né vers 4508, mort le 8 sept. 1566. En 4529, il se distingua à la défense de Vienne assiégée par les Tiircs ; partisan de Ferdinand l^^ en Croatie, il se fit remarquer dans la campagne de 4542. Nommé ban de Croatie la même année, il remporta des victoires sur les Turcs en 4543, 4553 et 4556. Mais en 4566 le sultan Soliman vint l'assiéger avec une grande armée, dans la forteresse de Szigetvâr. Zrinyi, qui n'avait que 3.000 hommes, fit une résistance héroïque, du 5 août au 5 sept.; quand les remparts, minés et démolis par l'artillerie, s'écroulèrent, les défenseurs, réduits à 600, se retirèrent dans le donjon; le surlendemain (7 sept.), Nicolas Zrinyi se jeta sur les Turcs et périt dans la mêlée ; les Hongrois survivants se firent sauter avec le donjon et 3.000 assaillants. L'avant-veille, le sultan Soliman était mort dans sa tente.
Nicolas, arrière-neveu du précédent, fils de Georges Zrinyi, ban de Croatie, né à Zâgrâb le 22 avr. 4616, mort à Csâktornya le 48 nov. 4664. Zrinyi était guerrier et poète. Son père était mort victime de la colère de Wallenstein ; il ejitra dans l'armée, se distingua de bonne heure el devint ban de Croatie (4647). Il combattit brillamment les Turcs. Le pape et les souverains catholiques, entre autres Louis XIV, le comblèrent d'honneurs. La destruction du pont d'Eszék (1663) eut un grand retentissement dans toute l'Europe. Ennemi du général autrichien Montecuccoli, il démissioùna après la paix de Vasvâr et périt à la chasse, peut-être assassiné. Il a créé par son épopée Obsidio Szigetiana, appelée ordinairement la Zrinyiade (4654), la littérature épique en Hongrie. Son commerce assidu avec Virgile et le Tasse lui inspira l'idée de chanter la mort héroïque de son illustre aïeul lors de la défense de Szigetvâr. Cette épopée a quinze chants et montre un poète de haute envergure. Outre cette œuvre, Zrinyi a écrit des idylles, des élégies et plusieurs ouvrages de tactique. — Pierre, frère du précédent, né à Verbovâcz le 6 juin 4624, exécuté le 30 avr. 4674 à Wiener- Neustadt. Aussi vaillant guerrier que son frère, il combattit en Allemagne et en Bohême, se distingua surtout dans la défense de la Croatie et battit le pacha de Bosnie à Ottosâcz (46 oct. 4663). Il succéda à son frère comme ban de Croatie, mais la paix de Vasvâr, conclue à l'insu des Hongrois par Léopold P^, fit de lui un ennemi de l'Autriche, Après la mort de Wesselényi (V. ce nom), il devint l'âme de la conjuration et entra en pourparlers avec Louis XlV. La cour de Vienne le destitua en 4669 et envoya le général Spankau contre lui. Zrinyi, espérant pouvoir se concilier l'empereur, se rendit avec son beau-frère Frangipani à Vienne, où ils furent emprisonnés et décapités.
Jean ou Balthasar, le dernier des Zrinyi, fils du précédent, né vers 4650, mort en 4703. Il fut élevé à Prague, et puis surveillé à Vienne. Lorsque Léopold dut fuir devant les Turcs àLinz (4683), on accusa Zrinyi d'avoir montré le chemin aux Tatars qui poursuivaient l'empereUr. (tétait une Calomnie ; Zrinyi passa les vingt dernières années de sa vie dans la prison de Gratz, n'adressant la parole à personne. En lui cette illustre famille s'est éteinte.
Hélène, sœur du précédent, née en 4643, morte en 4703. Mariée à François P^ Râkoczy (4666), elle en eut deux enfants : François II, le futur allié de Louis XIV, le dernier prince magyar de la Transylvanie, et Juliette. Après la mort de son mari, elle épousa, en 4682, Eméric ThÔkôly(V. ce nom), dont elle partagea la vie orageuse. Elle défendit pendant deux ans la forteresse de MUnkâcs contre les Autri^iens, et ne la rendit que sur les^'menaces de la garnison (TO88). Emmenée à Vienne avec ses deux enfants, elle fut enfermée au couvent des tJrsulines. En 4692, on lui permit de rejoindre son tnari, mais elle dut se séparer de ses enfants. Elle accompagna Thôkôly enTurqUie, d'âboM à Cofistantinople (4699), puis à NiComédie (4700) où elle mdurut. 6es celidres reposent au couvent des bénédictins français à COùstantitiople, à côté de celles de son iik Fi'ançbis il RâkoÇzy. J. KoNr.
BibL. : Sur le héros de Szigetvâr : F. Salamon, les Premiers Zrinyi, 1865 (en hongrois) ; Correspondance et actes de Nicolas Zrinyi, édités par S. Barabas, dans les Monumenta de l'Académie, 1898 et 1899, 2 vol. — Sur le poète : F. Salamon, dans ses Etudes littéraires, 1889, I. — Jean Arany, Zrinyi et le Tasse, dans les Œuvres en prose,
1879. — J. HoRVÂT a édité les œuvres de tactique (1891). La biographie la plus complète est celle de Charles S: CHY, dont 3 vol. ont paru dans les monographies histori
ques (1^97-1900). - Sur Pierre Zrinyi, V. la bibliographie de l'art. Wesselényi. — Sur Hélène Zrinyi : la biographie de Michel Horvàth, 1873.
ZSCHIiVliyiER(Emil), peintre allemand, né à Grosswig, près de Schmiedeberg (Mersebourg), le 44sept. 4842. Son œuvre, qui se trouve en grande partie dans des collections particulières, est composée de paysages de son pays natal : landes, forêts, etc.
ZSCHOKKE (Johann-Heinrich-Daniel), écrivain allemand, né à Magdebourg le 22 mars 4774, mort à sa campagne de Blumenhalde (Suisse) le 27 juin 4848. Il quitta le gymnase pour s'engager dans une troupe de comédiens errants (4788), entra Tannée suivante à l'Université de Francfort-sur-l'Oder, publia un roman très goûté, Abœllino der grosse Bandit (4794), en tira un drame, suivi d'une tragédie, Jm^ws von Sassen (4796), voyagea et se fixa dans les Grisons où il prit la direction d'une institution scolaire à Reichenau et rédigea l'histoire du pays (Gesch, des Freistaats der dreiBûnde in Rhœtien, 4798). Il fut élu député au parlement d'Aarau, chef du département de l'instruction publique, commissaire fédéral en Unterwalden, puis aussi pour Uri, Schwytz et Zug, pacifia ces cantons et fut ensuite chargé d'organiser la Suisse italienne (4800), et nommé administrateur de Bâle. Il se retira quand prévalut la tendance fédéraliste, se fixa en Argovie, où il publia : le Schweizerbote (4804-32) ; des ouvrages sur les forêts (Gebirgsfœrster, 4803, 3 vol. ; Alpenwœldler (4804), propageant les idées libérales, la franc-maçonnerie, publiant divers recueils, en particulier une revue mensuelle, Erheiterungen (4844-27), etc. Il eut en 4843-44 une influence pacificatrice, fut élu au grand Conseil, au consistoire, etc., rédigeant d'excellents ouvrages de vulgarisation populaire, et des romans imprégnés du même esprit {Bildern aus der Schwei%,i^^^~ 26, 5 vol.); 8QsStundenderAndacht{iS09-\6),œmYQ souvent rééditée (4890, 8 vol.), sont une des meilleures expressions du rationalisme. Les œuvres complètes de Zschokkè forment 3B vol. (Aarau, 48^1-54).
BiBL. : Wernly, Vater H. Zschokkè ; Aarau, 1894.
ZSOIVIBÔLYA(aIl. Hatzfeld). Ville de Hongrie, comitat de Torontal, sur le chem. de fer de Budapest à Verciorova; 40.000 hab. Colonie sociale fondée en 4748 au milieu du Banat. Château et haras du comte Csekonics. Grand marché agricole.
ZUANl. Corn, dudép. de la Corse, arr. de Corte, cant. deloita ; 503 hab.
ZU6ER (Jean-Henri), peintre français, né à Rixheim (Alsace) le 24 juin 4844. Elève de l'Ecole navale (4861 ), il abandonna la marine (4868) pour se consacrer à la peinture. Elève de Gleyre, il débuta au Salon de 4869 avec deux toiles. Grande rue de Peking et la Tour de porcelaine du Palais d'été. Parmi ses œuvres ultérieures, nous citerons : lés Rochers de San Montana, la Mare, Lisière de forêt, uneUdlte,le Vieux Chêne, une Soirée à Versailles, En pleine forêt {Haute- Alsace), Journée d'octobre (bords de la Loue).
2UB1RL Rivière de Navarre (V. ce mot).
ZUCCÂRI (Anna), femme de lettres ital. (V. Radius).
ZUCCARO ou ZUCCHËRO (Taddeo), peintre italien, né à Sin Angelo in Vado en 4529, mort en 4566. Elève de Pompeo da Fano et de Giacorno da Faenza, il se rendit à Rome, ou il produisit un grand nombre d'ouvrages exécutés d'un pinceau facile, mais qui né sont point e^tempts d'une certaine monotonie dans U composition. On cite de lui, principalettient, ses fresques du château dé Càparolâ, près de Vitêrbe, où sont représétités divers épisodes de la vie des Farnège; G. C.
ZUCCARO — ZURBARAN
ZUCCARO ouZUCGHERO (Fedenco),peintre italien, né en 1542, mort à Ancône en 1609, frère du précédent. Il suivit les leçons de son frère, et se lit connaître à Rome par d'estimables peintures. De là il se rendit à Florence, où il peignit un Lucifer^ de dimensions colossales, et des figures hautes de 50 pieds pour la grande coupole de la cathédrale. De retour à Rome, il se vit confier encore quelques travaux importants, mais il se fit des ennemis qui l'obligèrent à quitter la ville. Zuccaro se vengea par son tableau de la Calomnie, dans lequel il avait représenté ses accusateurs avec des oreilles d'àne. Puis il parcourut la Flandre, la Hollande, l'Angleterre, et revint encore à Rome où il rentra en grâce auprès du pape. Un nouveau voyage le conduisit en Espagne, et la faveur de Philippe II lui valut une riche pension. A dire vrai, ce fut plutôt au charme de ses manières et à l'agrément de sa conversation qu'à l'originalité de son talent ^que ce peintre avait dû ses succès. Vers la fin de sa vie, il reçut le titre de prince de l'Académie de Saint-Luc. G. C.
ZUDAUSQUES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. de Lumbrcs; 477 hab.
ZUG. Le plus petit des cantons suisses, borné par les cant. de Zurich, Schwytz,Lucerne et Argovie ; 239 kil. q.; 25.045 hab. (en 1900) de langue allemande professant la rehgion catholique. Ce pays qui fait partie du plateau suisse a un climat très doux; le châtaignier y prospère.. La principale rivière est la Lorze. Il y a un lac, le lac deZug, 13 kil. 1/2 de longueur et 4 1/2 de largeur, dans lequel on pêche un poisson très renommé. Le cant. de Zug est un grand verger qui produit énormément de fruits ; il fait une exportation importante de pommes et d'eau de cerises. L'industrie y a pris un assez grand développement; on y trouve des tissages de soie et de coton, des fabriques de papier et un grand établissement de lait condensé. Le chef-lieu est Zug, jolie petite ville, située au bord du lac; 6.597 hab. ; école industrielle et gymnase ; plusieurs couvents et églises ; arsenal intéressant.
Le cant. de Zug est une démocratie représentative avec référendum. Le pouvoir législatif est exercé par le Grand Conseil, l'exécutif par un conseil d'Etat de sept membres, élus par le peuple, et le pouvoir judiciaire par la cour d'appel composée également de sept membres élus par le Grand Conseil. Le budget de l'Etat est à peu près de 1/2 million. Le pays de Zug était au moyen âge une possession des ducs d'Autriche, qui en avaient fait jusqu'à un certain point leur base d'opération contre la ligne des Waldstetten. Pour ce motif, ceux-ci s'en emparèrent et Tadmirent dans leur alliance (1352).
ZUIDERZÉE. Golfe des Pays-Bas (N. ce mot, p. 162).
ZULIA. Fleuve de Colombie et de Venezuela (V. ces mots). — Etat du Venezuela, qui enveloppe le golfe de Maracaïbo; 157.800 hab. en 1894. Région tropicale humide et fiévreuse, très boisée. Cap. Maracaibo.
ZULLICHAU. Ville de Prusse, district de Francfortsur-rOder ; 7.561 hab. en 1895. Le 23 juil. 1759, les Russes de Soltikov y battirent les Prussiens.
ZULPICH. Ville de la Prusse rhénane, district de Cologne, sur le ch. de fer de Diiren à Euskirchen; 2.000 hab. C'est l'ancienne ville romaine de Tolbiacum, du pays des Ubiens, au croisement de voies romaines vers Trêves, Reims, Cologne, Xanten, etc. Les rois francs y résidèrent. Il est très douteux que ce soit en ce point que Clovis remporta sa grande victoire de 496 sur les Alamans ; Thierry, roi de Bourgogne, y vainquit son frère Théodebert, roi d'Austrasie (612). Au x^ siècle, Zulpich passa aux mains de l'archevêque de Cologne.
ZULULAND (V. Zoulouland).
ZUMALA-Cârrecui [(Tomâs), général espagnol, né à Ormaiztegui (Guipuzcoa) le 29 déc. 1788, mort àCegama (Biscaye) le 25 juin 1835. Etudiant en droit à Pampelune en 1808, il s'engagea comme volontaire pour combattre les Français, se fit remarquer, au cours de la guerre de l'Indépendance, par sa bravoure autant que
par ses talents militaires, parvint au grade de capitaine en 181 3, fut destitué comme ultra-royaliste en 1822 parle gouvernement constitutionnel, prit peu après du service dans l'armée de la Foi et, après le rétablissement de l'absolutisme, devint lieutenant-colonel (1825), puis colonel. Son dévouement à don Carlos lui valut d'être mis en disponibilité un peu avant la mort de Ferdinand VU (1833). Il refusa de reconnaître la reine Isabelle et, dès le mois d^oct. 1833, organisa dans les provinces basques des bandes carlistes qui grossirent rapidement, et à la tête desquelles il tint en échec pendant près de deux ans, d'abord les généraux Saarsfield, Valdès, Quesada, Rodil (1833-34), puis le vieux guerrillero Mina, qui renonça bientôt à la lutte (1834), enfin, pour la seconde fois, le général Valdès (avr. 1835). Sa parfaite connaissance du pays, la rapidité de ses mouvements et son impitoyable énergie déconcertaient et intimidaient les troupes constitutionnelles, sur lesquelles il eût peut-être encore gagné du terrain s'il n'eût reçu, à l'attaque de Bilbao (15 juin 1835), une blessure qui parut d'abord légère, mais ne tarda pas à s'envenimer et à laquelle il succomba quelques jours après. A. I).
ZUiVlSO. Poste portugais du Mozambique, sur la r. g. du Zambèze, au confluent de la Louangoua, à 405 kil. 0. de Tété. Région très fertile.
ZUMBUSCH (Kaspar), sculpteur allemand, né à Herzebrock (WestphaHe) le 23 nov. 1830. Elève de Halbig à Munich, il se fit connaître par un buste du Roi Louis 11 ; son projet de monument au roi MaximiHen fut adopté peu après. A partir de ce moment, il produisit un grandnombre d'œuvres : statue du Comte Rumford, à Munich ; tombeau du Prince Auguste de Prusse (château de Bellevue, à Berlin); monument commémorât] f de la guerre, à Augsbourg. Nommé professeur à Vienne, il exécuta dans cette ville une statue de Beethoven (iSSO), le monument de Marie-Thérèse, etc. Il a aussi, pour satisfaire à un caprice du roi Louis II de Bavière, sculpté toute une série de statuettes de marbre représentant des héros des opéras wagnériens.
ZUNI (Monts) (V. Etats-Unis, t. XVI, p. 537).
ZUNTL F'amille d'imprimeurs italiens (V. Giunti).
ZUNZ (Leopold), érudit juif allemand, né à Detmold le 10 août 1794, mort à Berlin le 17 mars 1886. Initiateur de la critique scientifique des écrits rabbiniques, il a publié : Die gottesdienstlichen Vorlrœgeder Juden (i 832 ; 2^ éd., 189::i); Die sijnagogale Poésie des Mittelalters (1855); Die Ritus des synagogalen Gottesdienstes ('iS$9);LiUeraturgesch.dersynagog.Poesie(iS6^),Gic.
ZURBARAN (Francisco de), peintre espagnol, né à Fuente de Cantos (Estramadure) en 1598, mort à Madrid en 1663. Ses parents étaient d'humbles laboureurs et ne s'opposèrent point au désir d'être peintre que leur fils manifesta. On le conduisit à Séville,*où il entra dans l'atelier de Juan de las Rolèas. Grâce aux excellentes leçons de ce maître, Zurbaran, d'ailleurs doué de dons innés pour la peinture, fit de si rapides progrès qu'on augura de bonne heure qu'il y avait en lui l'avenir d'un grand artiste. A peine comptait-il vingt-cinq ans que le marquis de Malagon lui confiait l'exécution des neuf grandes compositions qui décorent la chapelle de saint Pierre dans la cathédrale de Séville. Il fit là ses preuves de puissant coloriste et se vit prévue tout de suite chargé de la décoration du maître-autel de l'église du collège des jésuites de Saint-Thomas-d'Aquin. Cette vaste composition, la plus grande qu'ait peinte Zurbaran, est considérée comme son chef-d'œuvre. Elle représente le Triomphe ou V Apothéose de saint Thomas d'Aquin et fait partie aujourd'hui des ouvrages provenus du séquestre des couvents et conservés au musée de Séville. Zurbaran après avoir achevé cette Apothéose, qui fut très admirée, alla peindre ensuite une suite de compositions, empruntées à la vie de saint Jérôme, au couvent de Guadalupe. Il y rencontra ses modèles préférés et y Étiena cette vie monastique et ans-