VIII. Bijouterie (V. Garantie, Monnaie, Or, etc
IX. Finances (V. Action, Conversion, Dette, Obligation, Valeurs mobilières).
BiBL. : La bibliographie des ouvrages traitant des titres nobiliaires ne peut être établie en un cadre restreint, d'autant plus qu'il est peu d'armoriaux ou de dictionnaires nobiliaires qui ne soient précédés d'une introduction relative à ce sujet. Nous renvoyons donc à : J. Guigard, Bibliothèque héraldique de lai France; Paris, 1861, in-8.
TITRE (Le). Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville,cant. de Nouvion; 307 hab.
TITSCHEIN (Neu-). Ville d'Autriche (V-Neuthschein).
TITUS, empereur romain (79-84 ap. J.-C). Titus (Titus Flavius Vespasianus) , fils de Vespasien, né à Rome le 30 déc. 41, mort à Réate, en Sabine, vers le milieu de 8 1 , fit ses premières armes en Germanie ; puis il accompagna son père en Bretagne, où il lui sauva la vie. Après avoir exercé la questure à Rome, il partit avec son père pour la Judée en 66. Mis à la tête d'une légion, il s'empara de Jaffa, et contribua à la prise de plusieurs autres villes de Palestine. Après la chute de Néron et l'avènement de Galba, Vespasien l'envoya à Rome pour assurer le nouvel empereur de son obéissance ;
Titus (Buste de la Galerie des Offices).
mais Titus, ayant appris en route le meurtre de Galba et la proclamation d'Otton, revint en toute hâte vers son père. Quelques mois plus tard, Vespasien fut salué empereur en Orient, et Titus fut chargé de terminer la guerre de Judée, pendant que son père allait prendre possession du pouvoir à Rome (69 ap. J.-C). Nommé consul l'année suivante, Titus poussa avec vigueur le siège de Jérusalem. Il entra dans la ville au mois de sept. 70; le temple des Juifs fut brûlé et beaucoup d'habitants furent emmenés en esclavage ou massacrés. Après avoir reçu la soumission du roi de Parthes, Titus se dirigea vers Rome, où il célébra avec son père un magnifique triomphe. Dès lors il fut associé à l'empire, et la puissance tribunicienne lui fut conférée. Censeur en môme temps que Vespasien, il procéda en 73-74 au dernier dénombrement officiel des citoyens romains. Le 23 juin 79, il succéda à Vespasien. Son règne ne dura que deux ans. Sur le trône, Titus fit preuve de grandes qualités. Il déclarait qu'il avait perdu sa journée lorsqu'il n'avait pas fait une bonne action. l\ refusa d'écouter les délateurs et ne poursuivit personne pour crime de lèse-majesté. Pour ne point choquer les préjugés romains, il renonça à épouser la princesse juive Bérénice, qu'il aimait et dont il était aimé.
Malheureusement de terribles catastrophes s'abattirent alors sur Rome et sur l'Italie. A peine Titus était-il monté sur le trône que se produisit l'éruption du Vésuve, qui ensevelit sous les cendres et les laves Pompéi et Herculanum (79). En 80, Rome fut à demi détruite par un incendie qui dura trois jours et qui dévora do nombreux monuments, entre autres le Capitole, le Panthéon, le théâtre de Pompée, les Thermes d' Agrippa. Titus s'efforça de réparer ces désastres ; il acheva ou entreprit à Rome la construction de nombreux monuments, tels que le Colisée, les Thermes et l'Arc de triomphe qui portent son nom. Il a été appelé « les délices du genre humain ». Il est certain que Titus fit preuve en maintes circonstances d'une bonté réelle et qu'aucune mauvaise action ne pèse sur sa mémoire. Mais son règne a été vraiment trop court pour qu'on puisse apprécier en toute certitude la valeur de l'homme et le caractère du souverain. BiBL. : Suétone, Vespasien et Titus. —Dion Cassius, liv. LXVI. — .loSÈPHE, De bello Judaïco. ~ Hoffmann, De imperatoris Titi temporibus recte definiendis : Strasbourg, 1883.
TITUSVILLE. Ville des Etats-Unis (Pennsylvanie), sur rOil-creek, au centre d'un des districts du pétrole d'où les conduites vont jusqu'à l'Océan ; 8.073 hab. en 4890.
TITYOS. Un des géants de la mythologie hellénique, fils de Gœaa et père d'Europe. La fable racontait qu'ayant voulu faire violence à Latone, il fut tué, percé de flèches par Apollon, ou frappé de la foudre et relégué dans le Tartare oh, étendu sur le sol dont il couvrait 9 arpents, il était la proie de deux vautours qui rongeaient ses viscères sans cesse renaissants.
TITYRA (Zool.) (V. Cotingidés).
TIUM. Ville antique d'Asie Mineure, sur lePont-Euxin à l'embouchure du Filias-tchai. C'était le lieu de naissance de Philœtère, d'où sortit la race des Attales. On y voit aujourd'hui de nombreuses ruines.
BiBL. ; BouTKOwsKi, Recherches historiques sur la ville de Tium, 1863.
TIVERNON. Com. du dép. du Loiret, arr. de Pithiviers, cant. d'Outarville ; 462 hab.
TIVERTON. Ville d'Angleterre, comté de Devon, sur l'Exe; 10.892 hab. en 1891. Dentelles, lainages, fonte. Eglise gothique du xv® siècle.
TIVIERS. Com. du dép. du Cantal, arr. et cant (N.) de Saint-Flour ; 250 hab.
TIVOLAGGIO. Com. du dép. de la Corse, arr. et cant. de Sartène; 110 hab.
TIVOLL Ville d'Italie, prov. et à 26kil. E. de Rome, sur la r. g. de l'Anio ou Teverone; 10.000 hab. Evêclié. La ville, aux rues étroites, est une des plus pittoresques d'Italie par les célèbres cascatelles du Teverone, par ses nionuments antiques et ses palais de la Renaissance. Signalons les jardins Garibaldi, l'usine électrique municipale de la villa Mécène, l'admirable villa d'Esté (un des plus beaux monuments de la Renaissance), œuvre de Pirro Ligorio (1549) et ses jardins, le château de Pie IL Les restes de l'antique Tihur sont nombreux, les plus fameux sont le temple rond, dit de la Sibylle, qui domine les cascades, le temple ionien devenu église San Giorgio, et au bas de la colline la villa Advienne {villa Hadriana). Ses ruines couvrent un espace de 15 kil. de tour. Elle avait été établie sur les plans de l'empereur Adrien au retour de ses voyages et pour en conserver le souvenir ; cette immense surface fut couverte de jardins, de colonnades, de pièces d'eau, avec bains, théâtre, copies des édifices d'Athènes (Lycée, Académie, Prytanée), vallée de Tempe, Tartare, temple de Sérapis, temple d'Antinous, Canope (le lieu de plaisir d'Alexandrie). Au XVI® siècle, on en retira quantité d'objets d'art dispersés entre les musées. Les archéologues se sont consumés en efforts pour identifier les vestiges visibles avec les lieux décrits par les auteurs anciens ; le site n'en demeure pas moins charmant. — Tibur fut une ville importante, fondée par les Sicules, avant Rome ; elle appartint aux
Sahins. En 357 av. J.-C, elle se brouilla avec Rome; après une lutte acharnée, elle fut prise en 335 par le consul L. Furius Camillus ; elle demeura nominalement autonome, servit de lieu d'exil à plusieurs Romains illustres, et à des captifs, tels que Sipliax et Zénobie. A l'époque de l'Empire, ce fut une villégiature très goûtée; elle fut saccagée par les Goths de Totila. Au xvi® siècle, elle appartint à la famille d'Esté, et le cardinal Hippolyte y
Cascatelles du Teverone, à Tivoli.
fit bâtir Ja villa qui est un chef-d'œuvre de la Renaissance. En 4826, une crue de l'Anio emporta une partie de la ville, et pour prévenir le retour de cet accident, on perça à travers le mont Catillo un double tunnel dérivant la moitié de l'eau de la rivière. A. -M. B.
BiBL. : Viola, Storia di Tivoli; Rome, 1819, 2« édit. — NiuBY, Analisî délia Caria de' dintorni dl RorriQ-^ 1819, t. lïl. ~ BoissiER, Promenades archéologiques, 1881.
TIVOLI (Platon de) (V. Platon de Tivoli).
TIXTLA (Ciudad Guerrero). Ville du Mexique, Etat de Guerrero, à 1.296 m. d'alt., à 40 kil. E. de Chilpancingo ; 6.000 hab. Ancienne capitale de l'Etat.
tlYARI. Tribu de Turquie d'Asie, vilayet de Van, professant la religion nestorienne ; on les évalue à 400.000. Ils sont administrés par leur patriarche, le Mâr-Chimoun (seigneur Simon), lequel réside à Kotch-Hannès, à 8 kil. N. de Djulamerk, l'ancien chef-lieu. Les patriarches se succèdent d'oncle à neveu. Les Tiyaris parlent un dialecte araméen et vivent en bons rapports avec les missionnaires protestants américains.
TIZAC-DE-CuRTON. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Libourne, cant. de Branne ; 206 hab.
TIZAC-DE-G\LG0N. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Libourne, cant. de Guîtres ; 478 hab.
TIZI. Locahté d'Algérie, dép. d'Oran, arr. et cant. de Mascara ; gare du ch. de fer d'Arzeu à Aïn-Sefra, d'où se détache l'embranchement de Mascara.
TIZI-Ouzou. Ch.-l. d'arr. du dép. d'Alger, à 490 m. d'alt. ; 27.466 hab. dont 4.497 Français. La population agglomérée est de 4.559 hab. Tizi-Ouzou, qu'un chem. de fer relie à Alger, est le centre de la plaine du Sebaou, remise à la colonisation française après l'insurrection kabyle de 4874.
TIZIANO Vecellio, peintre italien (V. Titien).
TJANI. Peuple de l'ïndo-Chine (V. Chiam).
TJUTTCHEV, poète russe (V. Tioutchev).
TJYENG Tjong, roi coréen (V. Ri).
TJY0UN6 Tjong, roi coréen (V. Ri).
TKADLIK (François), peintre tchèque (V. Kadlik).
TLACOTALPAM. Ville maritime du Mexique, Etat et à 80 kil. S.-E. de Vera Cruz, à l'embouchure du Papaloapan,
433 — TIVOLI — TLLMCEN
dans une lagune du golfe de Campêche; 40.000 hab. C'est le centre commercial du pays marécageux oh vivent les Jarochos, population qui a ses mœurs à part.
BiDL. : Lucien Biard, la Terre chaude.
TLAXCALA. I. Ville. — Ville du Mexique central, cap. de l'Etat de ce nom, à 37 kil. N. de Puebla et 2.220 m. d'alt., sur le rio Atoyac; 2.874 hab. Vieux palais épiscocopal, ruines de l'ancien Mexique. La « ville du pain », aujourd'hui déchue, était, à l'arrivée des Espagnols, le centre d'une puissante république oligarchique de race aztèque ; elle se rallia au conquérant. La république de Tlaxcala, qui occupait à peu près le territoire de l'Etat actuel, était séparée de l'empire de Mexico par un mur de 40 kil. fermant le passage naturel. Elle pouvait armer 400.000 hommes. Sous le régime espagnol, elle conserva quelque temps son autonomie, puis déclina.
II. Etat. — Le plus petit des Etats du Mexique, sur le plateau central d'Anahuac, confinant à 1*0. à l'Etat de Mexico, presque enclavé dans celui de Puebla à l'E. et au S.; 4.432 kil q., 466.800 hab. (au 20 oct. 4895). Ce sont des Indiens de haute taille, vifs et braves, qui vivent d'agriculture, tissent la laine et le coton, font des poteries. Leur sol est fertile et riche en minerai de fer. Au S.-E. s'élève le volcan boisé de Malinche. A. -M. B.
TLEMCEN. Ville d'Algérie, ch.-l. d'arr. du dép. d'Oran, sur un plateau dominant la vallée du Saf-Saf, tributaire de laTafna ; 34.866 hab., dont 24.622 agglomérés (3.472 Français, 2.882 juifs naturalisés, 2.649 étrangers. Des chemins de fer la relient à Oran, à Sidi-bel-Abès et à Nemours. Sa situation est remarquable, sur les pentes inférieures du mont Nador, dominant la plaine qui se déroule jusqu'à la mer (à 44 kil.) et au débouché oriental de la grande dépression qui, derrière les monts du Rif, se prolonge jusqu'à Fez et constitue la route naturelle entre le Maroc et l'Algérie. Abritée des vents du S., au milieu de magnifiques jardins et d'excellents vignobles, sur son plateau incliné de 840 à 730 m. d'alt., Tlemcen occupe 90 hect. ; sa forme est un quadrilatère irrégulier de 3.800 m. de tour, entouré d'une enceinte française et défendu par un fort.
Cette ancienne capitale, percée aujourd'hui de larges rues, comprenait au moment de la conquête trois quartiers, celui des Koulouglis, celui des juifs au centre et celui des Hadars, la ville arabe. Aux environs, de nombreuses ruines attestent la splendeur passée de Tlemcen ; on distingue des vestiges de sa triple enceinte ; les défenses étaient concentrées surtout au S.-O., les autres côtés donnant sur des ravins presque inabordables. Des 64 mosquées subsistant en 4848, beaucoup ont disparu. Celles qui restent comptent parmi les beaux monuments de l'art arabe. La grande mosquée bâtie en 4436, ornée d'un minaret de 35 m., par le fondateur de la dynastie abd-el-ouadite, a sa nef portée par 72 colonnes ; la mosquée d'Aboul-Hissan (vers 4300, transformée en école) renferme d'admirables sculptures ; celle d'Ouad-el-imam (4340) a un minaret décoré de belles faïences vernissées; celle de Sidi-el-Haloui (4353) en dehors des murs, étincelante de mosaïques, avec son minaret orné de faïences, n'est pas moins remarquable par ses 8 colonnes d'onyx et leurs chapiteaux. Le Méchouar, ancien palais des Almohades au xii^ siècle, puis des Abd-el-Ouadites, n'a conservé que son minaret du xiv® siècle et son enceinte crénelée, rectangle de 460 m. sur 280 m., occupé maintenant par les établissements mihtaires. En dehors de l'enceinie est le Sahridj, grand bassin de 220 m. sur 450 m. avec 3 m. de fond, creusé par le sultan Abou Tachfin (4318- 37). Tlemcen est d'ailleurs abondamment arrosé. Le musée renferme de nombreux objets isolés, statues, fragments d'architecture, pierres tombales, monnaies, étalon de la coudée royale de Tlemcen (4328) ; celle-ci a été retrouvée dans la Kissaria, le quartier commerçant du N. où les chrétiens catalans, provençaux, itahens venaient faire les échanges avec les musulmans, dans la capitale du Maghreb.
TLEMCEN — TOBERENTZ
A côté de la ville moderne appelée Taghart s'élevait la première Tlemcen, la Pomaria des Romains, Agadir des Arabes, aujourd'hui déserte et occupée par des vergers ; on y voit encore les remparts de TE. et du N. et le haut minaret, d'une mosquée de 789, plusieurs fois restaurée, un vaste réservoir, la Kouba de Sidi-Daoudiibn-Nacer. — A l'E., un vaste cimetière renfermant le tombeau du savant Senoussi (+• 1489) sépare de la ville le faubourg de Sidi-bou-Medin ; le tombeau du marabout et la mosquée voisine sont des chefs-d'œuvre de l'art musulman ; la Médersa (1347), où enseipèrent Mohammedes-Senoussi et Ibn-Khaldoun, est aussi du plus haut intérêt, quoique dégradée. — De l'autre côté, à 2 kil. de Tlemcen, est Mansourah, la Victorieuse, cité bâtie parle
Tour de Mansourah, à Tlemcen.
sultan mérinide Abou-Yacoub en 1302, lors du siège de sept années qu'il dirigea vainement contre Tlemcen ; la ville née de son camp devint très prospère, puis déclina. Il en reste les remparts en pisé (comme d'habitude) qui avaient 4.095 m. de tour, 12 m. de haut, les ruines d'une belle mosquée de 100 m. sur 60 avec son minaret de 40 m., et, sur la route de Tlemcen, la porte deBab-el- Khremis de 1299.
Tlemcen n'a pas encore retrouvé sa splendeur passée et ses 100.000 hab. ; cependant elle progresse : la culture maraîchère, celle du tabac, ont une réelle extension, ainsi que la minoterie, la fabrication de l'huile et du vin. On fait aussi des lainages, des couvertures, des tapis. Le commerce se développe et a un grand avenir du côté du Maroc.
Histoire. — La ville romaine de Pomaria, dont les inscriptions ont fait connaître le nom, eut un évoque au V® siècle, mais l'importance de Tlemcen date de l'époque musulmane. Ses fondateurs furent les Beni-Ifren, puissante tribu berbère du groupe des Zenata. Sa situation stratégique la fit grandir et elle devint le centre des Zenata. En 972, Bologghin la détruisit et transplanta les habitants à Achir, sa capitale, à l'E. du Chélif. Elle se releva et, en 1080, les Almoravides l'occupèrent. Ce fut l'occasion de son extension au delà de l'enceinte d'Agadir ; le chef almoravide bâtit à côté la nouvelle ville de Taghart qui supplanta l'ancienne. Au xiii® siècle, lors de la décomposition de l'empire almohade, Tlemcen devint la capitale d'un sultanat indépendant régi par les Abd-el-Ouadites (V, Abd-el-Ouadites), qui étaient de la famille des Zenata. Ce fut l'époque la plus brillante de Tlemcen ; les commer-
çants et les aventuriers y affluaient de toute la Méditerranée occidentale; ses écoles étaient célèbres. En lutte perpétuelle avec les sultans mérinides du Maroc (V. ce mot), les Abd-el-Ouadites succombèrent en 1337; mais, en 1359, la branche cadette des Beni-Zeyyan (V. ce mot) reprit Tlemcen et reconstitua le royaume. Elle le conserva jusqu'en 1554,0(1 ies Turcs d'Alger s'en emparèrent; en 1670, le dey Hassan détruisit la ville. Le maréchal Clauzel y parut en janv. 1836, mais le traité de la Tafna la céda à Abel-el-Kader, qui en fit sa capitale. Elle fut définitivement conquise par les Français le 30 janv. 1842 ; trois ans après, Abd-el-Kader y fut battu. Le 13 oct. 1858, on l'érigea en chef-lieu d'arrondissement. A.-M. B.
BiBL. : V. Algérie. — Abbé Barges, Tlemcen; Paris, 1859. — Brosselard, Inscriptions de Tlemcen aux t. III, IV et V du Journ. Soc, alg.
TMÈSE (Gramm.). Lorsqu'un mot composé est formé de deux éléments qui sont unis ensemble au point de lui donner l'apparence d'un mot simple, il peut arriver que ces deux éléments soient séparés par l'intercalation d'un ou de plusieurs autres mots ; on a donné à ce phénomène le nom de tmèse (t{x^<ji;, coupure). H est remarquable surtout en grec, dans la langue poétique, où les verbes composés avec une préposition sont ainsi fréquemment séparés en leurs deux parties non seulement par une particule, mais encore par le sujet ou le complément du verbe et même par plusieurs autres mots ; par exemple vs^o; TUËpi îràvxa %o(.lûr,tu pour îrsptxaXÛJCTeî Tziyx», L'origine de la tmèse est que primitivement les prépositions étaient des adverbes, et que dans l'ancienne langue elles avaient conservé la valeur adverbiale ; en réalité, dans la plupart des cas de tmèse, le sens adverbial de la préposition apparaît nettement. Il en est de même en latin, où la tmèse est d'ailleurs beaucoup moins fréquente. Un reste du peu de consistance de l'union du verbe avec la préposition composante se voit encore dans ce fait que l'augment et le redoublement sont intercalés entre la préposition et le verbe simple. Un phénomène analogue se constate par exemple en allemand, pour les verbes dits séparables, dont la particule composante, dans certaines constructions, est rejetée à la fin de la phrase : abschreiben, mais icii schreibe ab ; de même abzuschreiben, abgeschrieben. Enfin certaines langues romanes, comme l'espagnol, ont la faculté d'intercaler le pronom complément entre les élément composants du futur et du conditionnel, c.-à-d. entre l'infinitif et l'auxiliaire ; c'est là encore une sorte de tmèse. M. Beaudouin.
TMOLOS. Mont d'Asie Mineure, d'une ait. d'environ 2.000 m. et d'une longueur de 145 kil. qui, avec le Misoghis, forme un vaste ovale dans lequel coule le Caïstre. Il porte aujourd'hui le nom de Boz-Dagh. Le Tmolos, placé entre les vallées du Caïstre et de l'Hermus, se termine à l'E. de Smyrne ; le défilé de Nymphi le sépare du Sipyle. Dans la mythologie grecque, Tmolos, dieu de la montagne de ce nom, était le père de Tantale. R. Dd.
TOA. Rivière de Porto-Rico (V. ce mot).
TOARCIEN (GéoL) (V. Lias).
TOARIPI (Ethnogr.) (V. Papous).
TOAST. Ce mot anglais, qui désignait à l'origine la tranche de pain rôti que les Anglais prenaient avec leur boisson (auj. avec le thé), a été appliqué au fait déboire à la santé d'une personne, pafce que l'usage était de remettre à celui qui devait porter cette santé une rôtie avec le verre. Le mot toast en est venu à signifier particulièrement l'allocution prononcée en portant à la santé.
TO BAS. Peuple de5oZmeetduPara^waî/(V. ces mots).
TOBERENTZ (Robert), sculpteur allemand, né à Berlin en 1849, mort en 1895. Elève aux Académies de Berlin et de Dresde, il se rendit à Rome en 1872. Jusque-là, il avait été sous l'influence du style de Rauch, comme en témoignent son Persée et plusieurs bustes. A son retour d'Italie, en 1875, c'est de Reinhold Begas qu'il se rapproche par les tendances réalistes qu'il montre dans Sion
TOBERENTZ ^^ TOCAIMA
Pdtre au repos (Galerie nationale de Berlin). Toberentz exécuta plusieurs grands travaux décoratifs, comme la fontaine monumentale de Gôrlitz et une statue équestre de l'empereur Barberousse, à Goslar. Après la mort du sculpteur Paul Otto, en 1893, il fut chargé déterminer le monument de Luther, à Berlin. U était professeur depuis 4895 et avait inventé un appareil pour faciliter la mise au point. J. Bain ville.
TOBIE et Livre de ToBiT.Tobie est le personnage principal du Livre de Tobit, un des ouvrages les plus attachants parmi les deutéro-canoniqucs de l'Ancien Testament. Reuss, qui dénomme cet ouvrage un « conte moral », déclare que cette production «respire, d'un bout à l'autre et presque dans chaque ligne, la saine et touchante piété du vrai judaïsme des derniers siècles avant l'ère chrétienne et atteste ses regrets, sa résignation et ses espérances nationales, sans qu'elle porte déjà l'empreinte de ses haines et de son besoin de vengeance ». L'écrivain, inconnu d'ailleurs, nous fait assister à un drame de famille, sans chercher à rehausser l'intérêt de son sujet par la haute situation de ses héros. — Un honnête Israélite, Tobit, déporté à Ninive lors de la ruine du royaume des Dix-Tribus, est frappé, au cours de l'exercice des plus hautes vertus, par la perte de la vue et différents accidents, notamment des pertes d'argent ; il charge alors son fils Tobie de se mettre en route pour réclamer à un banquier un dépôt, qui le tirera d'embarras. Le jeune homme part, accompagné d'un homme de bonne volonté, Azarias, qui n'est autre que l'ange Raphaël. A Ecbatane, Tobie reçoit l'hospitalité d'une famille juive alliée et y épouse sa cousine Sara, qu'il délivre des obsessions d'un démon jaloux, grâce à une recette merveilleuse fournie par son compagnon. Enfin Tobie rapporte à son père la somme destinée à rétablir l'aisance, en même temps que Raphaël, le prétendu Azarias, rend la vue à l'aveugle. — C'est, on le voit, l'histoire d'une famille de justes tombée dans l'adversité et qui doit son salut à l'intervention divine ; on a justement signalé la place considérable faite aux anges et aux démons. Ce trait, à lui seul, indique une époque récente de composition, qui est sans doute le second, sinon le premier siècle avant notre ère.
BiBL. : Ed. Reuss, Philosophie religieuse et morale des Hébreux, Ancien Testament ; Paris, 1878, vi« partie.
TQB LACH. Village du Tirol,danslePusterthal, au pointoù la ligne des ch. de fer du S. de l'Autriche, de Villach à Franzensfeste, atteint son point culminant; le plateau deToblach (4 .204 m.) est la ligne de faîte entre les vallées de la Drave (bassin de la mer Noire) et de l'Adige. A 4 .233 m est le petit lac de Toblach. Le village est un centre d'excursions alpestres vers le pays des dolomites et la vallée d'Aippezzo.
TOBNA. Localité d'Algérie, dép. de Constantine, subdivision de la com. mixte de Batna, à 4 kil. S.-O. de Barika (V. ce mot) ; on y voit les ruines de la ville romaine de Tubunœ, d'un camp du vi® siècle, etc.
10 BOL. Rivière de Sibérie, affl. g. de l'Irtych, longue de 4.294 kil., dans un bassin de 446.000 kil. q. LeTobol naît au S.-E. de l'Oural, dans le gouv. de Tourgai, se dirige vers le N. à travers des bas-fonds marécageux, touche au gouv. d'Orenbourg et finit dans celui de Tobolsk dont le ch.-l. est à son confluent avec l'Irtych ; la navigation commence à Kourgan et se poursuit sur 535 kil.; le Tobol est gelé six mois, de novembre à fin avril. Tous ses affluents notables lui viennent de la gauche de l'Oural : rOui (444 kil.), ITsset (454 kil.) grossi du Miias; la Tavda (4.045 kil.) formée de la Lozva (g.) et de la Sosva (dr.) et navigable sur 630 kil.
TOBOLSK. Ville de la Sibérie occidentale, ch.-l. de gouvernement, sur la r. dr. de l'Irtych, à peu de distance de l'entrée dans cette rivière du Tobol ; position, 58« 42' lat. N., 66° long. E. de Paris, à 3.000 kil. S.-E. de Saint-Pétersbourg ; 440 m. d'alt. ; 20.400 hab. en 1897. Evêché. Une des plus anciennes villes de Sibérie, Tobolsk a été fondé, en 4587, par un groupe de 500 Co-
saques, venant de Tioumen, sous la conduite d'un nommé Daniel Tchoulkov. VOstrog (campement des Cosaques), établi d'abord sur le bord du Tobol, dut être transféré, à la suite d'inondations, sur l'emplacement actuel de la ville qui se développa assez rapidement, grâce à sa position sur un grand cours d'eau et à son importance administrative, ayant été érigée, en 4686, en chef-lieu de toute la Sibérie. Les nouvelles divisions de l'Asie russe et le transfert, en 4824, à Omsk, de l'administration de la Sibérie occidentale, firent perdre à Tobolsk une grande part de ses avantages ; seule, l'ouverture de la navigation, en été, apportera la ville. une certaine animation. La ville compte environ 2.500 maisons d'habitation (une cinquantaine seulement en pierre), 20 églises, un couvent d'hommes ; comme la plupart des villes du N. de la Russie, Tobolsk a été dévastée à plusieurs reprises par des incendies. L'industrie est exercée par les bannis : briqueterie, savonnerie, distillerie, etc.
Le gouv. de Tobolsk couvre une superficie de 4.397.692 kil. q., peuplé, en 4897, de 448.484 hab., s'étendant de 54°42' lat. N. jusqu'à 72'' 54', c.-à-d. bien au delà du cercle polaire. Ses limites sont au N. l'océan Glacial, à l'O. l'Oural ou la Russie d'Europe, au S. le gouv. d'Akmolinsk, à l'E. les provinces de Tomsk et de l'Iénisséi. L'immense territoire présente une surface presque uniforme sur toute son étendue, avec une légère inclinaison du S. au N. A l'O., le terrain s'élève légèrement, à mesure que l'on approche de l'Oural. Le sol offre des aspects divers : au S., la terre noire ; au centre, l'argile, du sable ; à l'E. et au N., des marais, des steppes salins ; les cultures ne sont possibles que dans les régions méridionales du gouvernement. Vu la faible densité de la population, les productions sont amplement suffisantes pour les besoins locaux ; il en est même exporté des quantités notables vers l'Oural. Toute la partie N. du gouvernement, à partir du 57^ de lat., est couverte de forêts impénétrables : cèdres, pins, bouleaux. Les cours d'eau, assez importants, appartenant tous au système de l'Ob, ainsi que plusieurs lacs fort vastes (Tchana, 3.000 kil. q. de superficie. Grand et Petit Medvejiy ou de l'Ours), sont riches en poissons. Le climat est partout très sévère ; la moyenne annuelle varie de 0^ (à Tobolsk), à ~4^ (Berezov). En dehors des Russes, on compte 47.000 Tatars, 30.000 Ostiaks, 6.600 Samoyèdes, 6.000 Vogouls, des Polonais, des Juifs, etc. La population vit au midi d'agriculture et d'élevage, au N. de chasse et de pêche. Le sol est fertile au S. du 57^ lat. N. ; la récolte atteint 4 millions d'hectol. de seigle, presque autant de blé, 6 millions d'avoine, 4.500.000 de pommes de terre, etc. On compte environ 430.000 rennes, des chevaux, des bœufs. Le nombre des fabriques situées à rO. du gouvernement était de 2.300 en 4894, avec une production de 44 millions de fr. ; les moulins et les distilleries dominaient, puis les raffineries de suif. Le chemin de fer transsibérien traverse le pays, sur la lisière méridionale. Un autre relie Tioumen à Ekaterinbourg. — Au point de vue administratif, le gouvernement de Tobolsk est divisé en dix cercles [okroûgs), dénommés d'après leurs chefs-lieux, avec les chiffres suivants (des villeschefs-lieux) : Tobolsk (20.400hab.),Tioumen (30.000 hab.), KourganJ (40.500 hab.). Tara (7.000 hab.),Ichim (7.000 hab.), Tioukalinsk (4.000 hab.), Yaloutorovsk (3.400 hab.), Tourinsk (3.000 hab.), Tara (4.400 hab.), Berezov (4,000 hab.). P. Lem.
TOBBOUQ. Port de la Tripolitaine, prov. de Barkah, à 300 kil. E. de Benghazi. Mouillage de 9'^,70 à 44«^,60, bien abrité par une presqu'île. Ruines de la ville grecque à'Antipyrgos,
BiBL. : D ovE YRiEa, Tobrouq^ dans Bull, Soc. géogr., 1890.
TOC (F. du), historien français (V. Fauvelet).
TOCAIMA. Ville de Colombie, prov. de Cundinamarca, à 408 m. d'alt. Mines de cuivre et d'or ; beau pont suspendu sur le rio Bogota.