TOCANE — TOCQUEVILLE
TOCANE-Saint-Apre. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Ribérac, cant. de Montagrier; 4.893 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.
TOCÂNTINS. Fleuve du Brésil, qui confond son embouchure avec celle de l'Amazone. Il débouche sous le nom de Para, au S. de l'île Marajo, et des canaux contournant le S. de l'île le mettent en communication avec le grand fleuve. Le Tocantins a 3.400 kil. de long dans un bassin de 980.003 kil. q. Il se forme au S. de l'Etat de Goyaz par l'union de l'Uruhu, du rio das Aimas et du Maranhâo et descend du S. au N., le long d'un bassin très étroit, franchissant quantité de rapides, de chutes, de défilés; il passe à Porto Impérial, Pedro Affonso, Carolina ; son seul affluent considérable est, à gauche, l'Araguaya (3.300 kil.), qui, depuis sa source (sous le nom de rio Grande), sépare les États de Matto Grosso et de Goyaz. A 500 kil. aval de ce confluent, le Tocantins, dont la largeur moyenne de 300 m. s'élève progressivement à 1.800 m., s'élargit en un vaste estuaire qui prend le nom de rio Para et mesure à son embouchure 64 kil. de large. La navigation, gênée par les rapides, remonte jusqu'à Porto Impérial. Le Tocantins est un fleuve de plateau qui a profondément creusé son lit, souvent encaissé entre deux falaises verticales ; le plus beau de ces défilés, parfois étranglés en funils, est celui du 9® parallèle. BiBL. : Wells, dans Journ. of Roy. Geogr. Soc.., 1877, et Proceed. of Roy. Geog. Soc, ld8t).
TOCE ou TOSA. Torrent d'Italie, tributaire du lac Majeur ; long de 80 kil., il naît au S. du col San Giacomo, parcourt du N. au S., entre les Alpes Pennines et Lépontiennes, le val Formazza, se précipite de 200 m. en trois cascades, reçoit la Diveria (dr.), venu du Simplon, passe à Domo d'Ossola, reçoit à g. la Bogna, à dr. l'Anza descendue du mont Rosa.
TOC HÉ (Charles), peintre français, né à Nantes le 26 juil. 1851. Elève de Cabanel, il a exposé de nombreux portraits de littérateurs et s'est consacré à la peinture décorative (château de Chenonceau, café de l'Olympia, etc.).
TOCKUS (Ornith.). Ce genre ne diffère des Calaos que par sa taille moindre et son bec plus petit, dépourvu de protubérances. Le Tock de Levaillant est de la taille d'une Corneille, avec le plumage blanc, varié de noir et le bec rouge. Il habite le S. de l'Afrique. Ses mœurs sont celles des Calaos (V. ce mot). E. Trt.
TOCOPILLA. Ville maritimedu Chili, prov. et à 175 kil. N. d'Antofagasta. Mauvais mouillage, fréquenté à cause des aiguades du voisinage. Mines de cuivre; exportation de salpêtre.
TOCQUEVILLE. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Pont-Audemer, cant. de Quilleboêuf ; 122 hab.
TOCQUEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Saint-Pierre-Eglise ; 443 hab.
TOCQUEVILLE. Com. du dép. de la Seine Inférieure, arr. du Havre, cant. de Goderville; 311 hab.
TOCQUEVILLE-EN-C\ux. Com. du dép. de la Seine- Inférieure, arr. de Dieppe, cant. deBacqueville;265 hab.
TOCQUEYILLE-suR-Eu. Com. du dép. delà Seine- Inférieure, arr. de Dieppe, cant, d'Eu ; 223 hab.
TOCQU EVI LLE (François-Hippolyte Clérel, comte de), homme politique français, né à Paris le 1®^ nov. 1797, mort à Paris le 18 mai 1877. Entré dans l'armée en 1818, capitaine de dragons dans la garde royale, il se consacra à l'agriculture après les journées de Juillet Elu représentant de la Manche à l'Assemblée nationale le 9 juil. 1871, Tocqueville, qui s'était rallié avec éclat à la République, s'inscrivit à la gauche républicaine, appuya la politique de Thiers et combattit le ministère de Broglie. Aussi celui-ci le révoqua-t-il de ses fonctions de maire de Beaumont. Tocqueville, devenu sénateur inamovible le 15 déc. 1875, est l'auteur du mot célèbre : la France est un « pays fatigué de trop de dynasties ». On a de lui : Mémoire sur r amélioration des
chevaux normands (Cherbourg, 1842, in-8); Quelques idées sur les moyens de remédier à la mendicité et au vagabondage (1849, in-8).
TOCQUEVILLE (Charles-Alexis-Henri-Maurice Clérel de), littérateur français, né à Verneuil (Seine-et-Oise) le
29 juil. 1805, mort à Cannes le 16 avr. 1859. Elevé d'abord au château de Verneuil, près de Mantes, il fit ses études à Metz où son père était préfet (de 1817 à 1823); il fit son droit à Paris et fut nommé juge auditeur au tribunal de Versailles, en 1827 : il avait auparavant rapporté d'un voyage en Italie et Sicile des notes qui ont été publiées en partie après sa mort et qui montrent déjà un sens droit et observateur; il remplit ses fonctions judiciaires, qui lui offraient peu d'attrait, et fut nommé en 1830 juge adjoint. C'est au parquet de Versailles qu'il se lia d'une amitié profonde avec un jeune substitut, Gustave de Beaumont, qui collabora à ses œuvres et les publia complètes après sa mort. En 1831, les deux amis partirent pour les Etats-Unis, envoyés en mission pour étudier la question pénitentiaire; tout en examinant avec soin ce difficile problème, Tocqueville étudia et saisit le mécanisme et les institutions de la grande république américaine. Revenu en France, il publia avec de Beaumont : Du système pénitentiaire aux Etats-Unis et de son application en tYance (1832), ouvrage fort intéressant et remarqué. Peu après, Tocqueville profita de la destitution de son ami Beaumont pour donner sa démission (21 mai 1832) et plaida quelques causes comme avocat. Il voyagea aussi en Angleterre et prépara l'ouvrage qui devait fonder sa réputation : la Démocratie en Amérique (la première partie parut en 1835, la seconde en 1840 et la dernière édition complète date de 1868). Le succès de ce livre fut énorme : il valut à son auteur d'abord le prix Montyon (1836), puis le titre de membre de l'Académie des sciences morales et politiques (1836), et, en 1841, celui de membre de l'Académie française. En 1835, Tocqueville fît un second voyage en Angleterre où il épousa miss Motley. Devenu célèbre, il fut envoyé à la Chambre des députés par les électeurs de Valognes en 1839.
A la Chambre, de Tocqueville garda une attitude indépendante; il siégea dans l'opposition, sans être tout à fait hostile au gouvernement de Louis-Philippe; peu doué pour la parole, il travailla plutôt dans les commissions (rapports sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies en 1839 et sur l'organisation des prisons en 1843); il visita à deux reprises l'Algérie (1841 et 1846), et dans un rapport définit les principes de la colonisation ; il se prononça pour la liberté de l'enseignement et le libre échange. * Le 27 janv. 1848, dans un discours à la Chambre, il annonça la révolution. Elu à la Constituante par le dép. de la Manche, il vota avec la droite, sans montrer une hostilité absolue à la République, qu'il rêvait conservatrice. Envoyé par le général Cavaignac à la conférence diplomatique de Bruxelles pour le règlement des affaires d'Italie, il combattit la candidature à la présidence du prince Napoléon. En 1849, il fut réélu à l'Assemblée législative et en devint vice-président (juin 1849). Nommé ministre des affaires étrangères dans le cabinet Odilon Barrot~Dufaure, c'est pendant son administration qu'eurent lieu le siège et la prise de Rome : il tomba avec le ministère le
30 oct. 1849, passa l'hiver en Italie, puis revint voter avec la droite; il rédigea un rapport sur l'Algérie, demandant la fin du régime militaire. Lors du coup d'Etat du 2 Décembre, il signa à la mairie du X® arrondissement la demande de mise en accusation de Louis Bonaparte et fut emprisonné à Vincennes. Remis en liberté, Tocqueville rentra dans la vie privée et retourna à Sorrente, en Italie, où il commença la rédaction de V Ancien Régime et la Révolution, qu'il ne devait pas terminer ; la première partie parut en 1856, après un voyage d'études en Allemagne : le succès fut très grand. Tombé malade peu après, de Tocqueville alla se soigner à Cannes où il mourut.
Le caractère aimable et droit de Tocqueville, son élo-
TOCQUEVILLE ^~ TODLEBEN
queiït amour du bien, son style [erme et simple, ses vues élevées le firent aimer et estimer de ses contemporains; esprit ouvert, il eut dès sa jeunesse le sentiment de l'avènement irrésistible de la démocratie : mais il ne sut pas l'aimer ; défiant vis-à-vis d'elle, il ne l'acceptait que comme un fait et n'avait qu'une sympathie médiocre pour elle. Les conservateurs le revendiquent, bien qu'il se fît une idée bien différente de la religion et de la liberté politique ; il détestait, selon son expression, « le fumet de sacristie ». Outre ses trois ouvrages principaux, on doit à de Tocqueville : Etat social et politique de la France (1834, trad. en anglais par StuartMill); Histoire philosophique du règne de Louis XV (1846) ; Coup d' œil sur le règne de Louis XVI, de son avènement au 33 juin 1189 (1850). Ses Œuvres complètes ont paru en 9 vol., de 1860 à 1865, par les soins de G. de Beaumont. Ph. B. BiiîL. : Jaques, Alexis de Tocquevilte; Vienne, 1876. — Souvenirs d'Alexis de Tocqueville; Paris, 1893. — D'Eich- TAL, Alexis de Tocqueville et la Démocratie libérale ; Paris, 1897.
TOCU YO. Ville du Venezuela, Etat de Lara, sur le fleuve Tocuyo, à 655 m. d'alt. ; 5.000 hab. ; fondée en 1545.
TODAS (Ethnogr.). Les Todas sont une tribu, occupant dans les Nilgiri un plateau élevé de 2.000 m. qui a été l'objet d'une attention toute particulière en raison de ses caractères physiques et de son organisation sociale. De Quatrefages s'en est longuement occupé [Journal des Savants, 1873-74). Thurston en a donné une étude anthropologique précise [Madras government Muséum Bulletins, 1896, 1, 4). Ils sont venus dans les Nilgiri du N.-E. à une époque qui n'est point reculée. Et ils ont conservé, très purs et développés mJme en ne s'alliant qu'entre eux (ils sont en petit nombre, un millier, et n'étaient en 1847 que 337), leurs caractères distinctifs. Leur pilosité est extraordinaire et comparable à celle des Aïnos, car ils ont des poils sur le dos et la poitrine, la partie externe des bras, les jambes. Leur chevelure et leur barbe sont longues et abondantes. Les femmes ellesmêmes ont souvent le dos couvert de poils fins. Ils sont grands (1"\70). Tous leurs téguments sont foncés, leur peau ayant une teinte cuivrée. Leur physionomie est expressive, et leurs femmes seraient presque belles n'était la lourdeur du bas du visage. Chaque famille habite une case d'une seule pièce faite de planches jointoyées avec un mélange d'argile et de bouse de vache. Ils vivent presque exclusivement de laitage, de racines et de fruits sauvages. Le lait de toutes les bêtes du troupeau d'un village est réuni dans la laiterie commune où chacun reçoit chaque jour la portion nécessaire à sa consommation. Ce qui reste après cette distribution est seul partagé entre les propriétaires des animaux proportionnellement au nombre de têtes que possède chacun d'eux. Le laitier chargé de traire les bufflesses est le grand prêtre de la tribu. On ne lui parle qu'à voix basse. Il habite une chambre contiguc à la laiterie qui est elle-même une chapelle que les femmes ne doivent jamais approcher. Une bufflesse d'une lignée choisie est l'objet d'un véritable culte. Elle est sanctifiée par le port pendant trois jours d'une clochette divinisée. Les Todas adressent des saints au soleil, à la lune, en répétant une formule sacrée, la même dans toutes les circonstances. Ils font une offrande à la terre-mère avant de manger. Une fois par an, ils sacrifient un veau au fond de la forêt et le font cuire avec du feu sacré, le feu allumé par frottement de deux branches et entretenu avec le bois de certains arbres. Leurs mariages sont très précoces. Ils n'élèvent jamais plus de deux filles, tuant les autres à la naissance. Le régime matrimonial est par suite polyandrique. La fille n'est mariée à son premier mari que de son plein consentement et après une épreuve qui lui permet de le juger. Mais les frères et les proches parents, même des amis du premier mari, jouissent des mêmes droits que lui. La femme vit tour à tour un mois avec cha(îun de ses époux. Cette organisation familiale tend toutefois à disparaître avec l'infanticide même qui maintenait
l'infériorité numérique des femmes. Les Todas brûlent leurs morts et leur sacrifient des bufiles. Zaborowski.
TODEA [Todea Willd.) (Bot.). Les Todea sont des Cryptogames vasculaires appartenant à la famille des Osmondacées. Ils se distinguent des Osmunda (V. ce mot) en ce que leurs feuilles fertiles sont semblables aux feuilles stériles. Les sores sont composés de sporanges nus munis d'un demi-anneau. On cultive dans les serres tempérées le T, bar bar a Moore et le T. super ba Col. Le T. barbara, originaire de l'Australie, a de grandes feuilles bipinnées à pinnules coriaces. Le T. superba, qui provient de la Nouvelle-Zélande, possède des feuilles tripennatifides d'environ 1 m. de longueur; les pinnules, translucides, sont découpées en segments linéaires. Plusieurs Todea fossiles se rencontrent dans les terrains jurassiques.
TODESCHINI (Antonio), pape (V. Pie III).
TODL Ville d'Italie, prov. de Pérouse, sur la r. g. du Tibre ; 5.000 hab. Evêché. C'est la Tuder des anciens Ombriens, Tudertuni du moyen âge. On y voit des ruines d'une triple enceinte étrusque, romaine et lombarde, d'un temple, de thermes, d'un théâtre étrusque, d'un amphithéâtre romain, des tombeaux étrus|ues. La cathédrale renferme des fresques de Spagna ; l'église Santa Maria délia Consolazione est un lieu de pèlerinage ; bâtie en 1604, en forme de croix grecque surmontée d'une coupole flanquée de demi-coupoles, c'est une des belles églises de la Renaissance italienne. Le palais communal de style gothique renferme un Couronnement de la Vierge de Spagna (1511); citons encore le palais du gouvernement (1"293) et le palais Atti (1552). •— Todi fut une commune autonome jusqu'au xiv® siècle : disputée ensuite entre les Michelotti, les Fortebracci et les Baglioni, elle fut conquise par les papes.
TODIER (Ornith.). Genre de Passereaux, du groupe des Syndactyles, type de la famille des Todidœ que l'on place près des Momotsetàes Couroucous (V. ces mots). Ces Oiseaux ont le bec dé la longueur de la tête, large à la base qui est garnie de longs poils r aides, déprimé, presque droit ; les narines latérales, percées dans une membrane ; les ailes courtes, arrondies, la queue médiocre, large, un peu échancrée, les tarses assez courts, les deux doigts externes subégaux, réunis jusqu'aux trois quarts de leur longueur. Le genre Todus forme à lui seul cette famille avec une demi-douzaine d'espèces, toutes des Antilles et du S. du Mexique. Le Todier vert {Todus viridis) est de la taille d'un moineau avec le plumage d'un vert brillant, la gorge rouge et une touffe de plumes bleues aux oreilles, le ventre blanc et les flancs roses. Il habite la Jamaïque et d'autres Antilles. Les mœurs sont celles des Gobe-Mouches, et le nid est creusé en galerie dans la terre ou le tuf tendre de la crête des ravins, à une certaine hauteur. Les œufs sont gris tachetés de brun. Le Perroquet de terre des créoles de Saint-Domingue (Haïti) est le Todus angustirostris qui a les mêmes mœurs.
TODLEBENouTOTLEBEN(Edouard-Ianovitch,comte), général russe, né à Mitau (Courlande) le 20 mai 1818, mort à Wiesbaden le l®*" juil. 1884. D'une famille de riches négociants, il fut élève de l'Institut des ingénieurs de Saint-Pétersbourg, entra en 1837 dans le corps du génie, se fit remarquer en 1854 dans la campagne du Danube et, l'année suivante, fut envoyé en Crimée, où, dans l'espace de moins d'une année, de capitaine il passa général-major (général de brigade). Grâce à lui, Sébastopol (V. ce mot), qui était une ville ouverte, fut transformée en une redoutable place forte et put résister de longs mois. Récompensé, après la guerre, par les plus hautes distinctions, promu en 1860 lieutenant général et nommé, la même année, directeur du génie au ministère de la guerre, il fut accusé par la presse française, après la guerre franco-allemande de 1870, d'avoir aidé de ses conseils l'état-major ennemi pour l'organisation du siège de Paris. En 1877, après le premier échec des Russes de-
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vànt Plevna, il fut mis à la tête de l'armée russo-roumaine, réussit, en moins de trois mois, à faire capituler Osman Pacha, puis, les préliminaires de paix conclus, resta encore en Turquie, comme commandant en chef du corps d'occupation, jusqu'en mars 1879. Il était depuis quatre ans, lorsqu'il mourut, gouverneur de Vilna. Il a publié : Défense de Sébastopol (Saint-Pétersbourg, 4864).
BiBL. : Brialmont, le Général comte Totleben ; Bruxelles, 1884. — Krahmer, General adjudéLiit Graf Totleben; Berlin, 1888.
TODMIR, roi visigoth (V. Visïgoths).
TODOS Santos (Baie) (V. Mexique, t. XXIIÏ, p. 873).
TOORA. Oasis du Maroc, à 225 kil. E. de Maroc ; Foucauld y cite 54 ksour ; l'oued qui l'arrose naît au S. du Grand Atlas et se jette, au bout de 160 kil., dans l'oued Reris, affl. dr. de Toued Zig.
TŒDI. La plus haute cime des Alpes suisses, dans le cant. de Glaris; 3.623 m. au-dessus de la mer. Les nombreux glaciers qui couvrent ses flancs en rendent l'ascension ditficile.
TŒKŒLY (V. Thôkôly).
TŒMŒS. Défilé de Transylvanie (V. Predeal).
TŒNNING. Ville de Prusse, prov. de Slesvig-Holstein, sur la r. dr. de l'estuaire de l'Eider ; 3.096 hab. (en 1895). Elle est bâtie sur pilotis. Son port creusé en 1613 exporte du bétail vers l'Angleterre et en importe de la houille. Douane importante. Tœnning, fortifiée en 1644, fut le point d'appui des ducs de Holstein-Gottorp contre les Danois; les Suédois la démantelèrent en 1713; le château, érigé en 1580, fut démoli eu 1735.
TCÊNSBERG. Ville de Norvège, à 115 kil. de Christiania, dans le district de Jarlsberg et Laurvik, au fond du fjord de Tœnsberg, qui ouvre sur le Skager-Rak et qui, séparé par un isthme étroit d'un bras du tjord de Christiania, s'y relie par un canal datant du xiii^ siècle et achevé seulement en 1891. Population en 1891 : 7.247 hab. C'est une ville de hardis marins, habitant presque tous la presqu'île voisine de Nœtterœ et l'île Thjœmœ, et qui partent tous les ans, au mois de mars, pour la pêche de la baleine et du phoque dans l'océan Glacial. Flotte de commerce en 1896 : 162 navires, de 81.357 tonnes. Ville d'une extrême ancienneté, la plus vieille de Norvège, fondée, suivant la tradition, dès 871, par Harald Harfagre, elle était considérée, au temps de l'Union de Calmar, comme une des meilleures forteresses du royaume (ruines, au Slotsfjeld, du vieux château dit Tœnsbergshus et du manoir de Jarlsberg, connu jadis sous le nom de Saeheim). A la fin du moyen âge, le commerce y était monopolisé par les Hanséates de Rostock.
TŒPFER (Karl), auteur dramatique et romancier allemand, né à Berlin le 26 déc. 1792, mort à Hambourg le 22 août 1871. Avant de s'adonner à la littérature, il avait été acteur à Strelitz, Breslau, Brunn et Vienne. Ses meilleures pièces sont : Der Kônigs Befehl, Der beste Ton, Freiennach Vorschrift etRosenmûller und Fin/ce, qui est resté au répertoire. Il a publié aussi : Zeichnungen ans meinem Wanderleben, souvenirs de sa vie d'acteur; Œuv. dram,y Leipzig, 1872, 4 vol.
TŒPFFER (Rodolphe), écrivain suisse, né à Genève le 31 janv. 1799, mort à Genève le 8 juin 1846. Fils du peintre genevois Wolfgang-Adam Tœpffer (1766-1847), il se voua d'abord à la peinture, puis à l'étude des lettres et des arts. Il fut professeur d'esthétique à l'Académie de Genève, plus tard chef d'un pensionnat de jeunes gens. Ses œuvres, du genre moraliste, plaisent par l'humour, la bonhomie parfois ironique et l'originahté de la fantaisie. Les principales, dont plusieurs ont été illustrées par luimême, sont Le Presbytère (1839, 2 vol.) qui commença sa réputation, les Nouvelles genevoises (1839, 2« édit. ill., 1845), la Bibliothèque de mon oncle (1843), les Voyages en zigzag (1848), et Rose et Gertruâe (1845). Une édition complète de ses œuvres a été publiée en 5 vol. (PariS; 1852-61). Il faut également mentionner sa Col-
lection d'histoires en estampes (6 livr., Genève, 1846- 47), avec les curieux types de M. Jabot, M. Crépin, M. Pencil, le D^ Festin, M. Cryptogame, etc.
BiBL.; Blondel et Mirabaud, R. Tœpffer; Paris, 1887,
TŒPLER (August), physicien allemand, né à Bruhl, près de Cologne, le 7 sept. 1836. Professeur de physique à Riga d'abord, puis à Gratz, et, depuis 1876, au Polytechnicum de Dresde, il s'est fait connaître de bonne heure par d'intéressantes recherches sur les mouvements vibratoires, particulièrement sur les flammes vibrantes et le caléidophone, puis s'est occupé plus spécialement d'électricité. La machine qui porte son nom est, comme celle de Holtz, à induction, et rappelle, sous plusieurs rapports, son dispositif. On doit encore à Tœpler d'autres travaux sur le magnétisme, sur l'optique, etc. Il n'a publié que des mémoires insérés dans les Annalen de Poggendorff et dans les recueils des Académies de Berlin et de Vienne.
TŒUFLES. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Moyenneville ; 572 hab.
TOFFANA (Acqua) (V. Acqua Toffana).
TOFOUA. Ile de Polynésie (V. Tonga).
T06E(Antiq.rom.)(V.CosTUME,t.XlI,p.ll55etsuiv.).
TpGES. Com. du dép. des Ardennes, arr. et cant. de Vouziers; 396 hab.
TOGGENBURG. Vallée suisse, dans le cant. de Saint- Gall. Longue de 60 kil., elle comprend la partie supérieure du cours de la Thur (V. ce mot) et s'étend sur 551 kil. q. peuplés de 55.000 hab. Etroite et sauvage à son origine, elle s'élargit et devient plus propre à l'agriculture dans sa partie inférieure. La population est très laborieuse et industrieuse. On y rencontre l'industrie manufacturière et l'industrie à domicile. Les comtes de Toggenburg étaient une puissante famille qui joua un rôle important dans l'histoire de la Suisse. Elle s'éteignit en 1436, et les barons de Raron, ses héritiers, vendirent le pays à l'abbaye de Sain t-Gall (1468); leurs châteaux étaient Alttoggenburg, au pied du Hœrnli, et Neutoggenburg près de Lichtensterg. L'oppression des protestants suscita en 1712 la guerre de Toggenburg entre Berne et Zurich et les cantons forestiers soutenant l'abbé ; la victoire resta aux protestants à Vilmergen (25 juin 1712).
BrBL. : Wegelin, Gesch, der Landschaft Toggenburg ; Saiiit-Gall, 1857.
T06HRAÏ (Abou-Ismaïl-Hoseïnel-), poète arabe d'origine persane, né à Ispahan en 1033, mort vers 1121. Il entra dans la chancellerie des sultans seldjoukides, où, comme l'indique son nom, il eut pour charge d'écrire le toghra ou paraphe du sultan ; il vécut au service de Malik-Chah (f 1092) et de Mohammed, puis il passa en qualité de vizir à la cour de Masoud, prince de Mossoul ; ce dernier, s'étant révolté contre son frère Mahmoud qui régnait en Perse, fut vaincu à Asterabad, près d'Hamadhan (1120); le vizir de Mahmoud fit mettre à mort Toghraï qu'il accusait d'avoir provoqué la révolte de Masoud. Le plus célèbre des poèmes de Toghraï est la Lamiat-el-adjerUt qu'il composa en 1112 et qui appartient au genre élégiaque. Il a été publié par Pocock (Oxford, 1661) et traduit par Golius (Utrecht, 1707). Cette traduction a été réimprimée en 1769 par van der Sloot.
BiBL. : Brockelmann, Gesch. der arabischen Litt., I, p. 247.
TOGHRIL (V. Seldjoukides).
T06HRUL (V. PersIè).
TOGLAKABAD. Localité de l'Inde, à 14 kil. S. de Delhi, ruines de la capitale des Toglak, fondée par Ghiyased-din (1321) et délaissée pour Firoûzabad par le troisième empereur de cette dynastie. Puissantes murailles de granité bleu, flanquées d'énormes tours rondes; un grand étang compris dans l'enceinte et auj. desséché enveloppait le rocher où s'élève le massif mausolée des Toglak.
BiBL. : RoussELET, Vlndc des rajahs.
TOGNY-Aux-BœuFS. Com. du dép. delà Marne, arr.de Châlons-sur-Marne, cant. d'Ecury-sur-Coole ; 230 hab.
TOGO — TOILETTE
TOGO. Colonie allemande de l'Afrique occidentale (V. Côte des Esctaves et Colonisation). Comprise entre le Dahomey (français) et la Côte-d'Or (anglaise), elle embrasse 87.200 kil. q. dans ses limites arrêtées au 41<* lat. N. (cf. l'art, et la carte Soudan) par l'entente francoallemande de 1897. On évalue la population à 2 millions d'hommes, dont 118 Européens (juin 1899). L'exportation fut en 1899 d'environ 4 millions de fr., l'exportation de 3.300.000 fr. (graines et huile de palme, 2.700.000 fr.; gomme, 450.000 fr., etc.).
TOGROUL, roi mongol (V. Kéraïtes et Mongolie).
TOILE. L Industrie. — Le nom de toile est spécialement appliqué à tous les tissus en lin, chanvre ou étoupes, mais il s'emploie aussi pour quelques tissus spéciaux en coton, tels que la toile de Vichy, présentant un petit effet de rayures ou de carreaux en couleurs, et les toiles peintes, cretonnes, calicots, etc., décorés de dessins obtenus par impression (V. ce mot). Les variétés de toiles proprement dites sont nombreuses. Nous citerons : la batiste, très fine et légère; les toiles à blouses, toiles à sarreaux, généralement fines et qui souvent sont teintes en bleu ou noir; les toiles de ménage, toiles à draps, mouchoirs, etc.; toiles à bâches, toiles à prélart, très fortes et auxquelles on donne ordinairement un apprêt qui les rend imperméables; les toiles d'emballage, les serpillières, faites en étoupes ou en jute, de même que les toiles à sacs; les toiles à voiles, très fortes, avec chaînes en fil retors, toutes ces toiles se faisant en armures taffetas ; puis toutes les toiles façonnées pour hnge de toilette, ou ouvrées ou damassées pour linge de table. Ces toiles sont fabriquées en France, principalement dans les départements de l'Ouest et du Nord.
Toile cirée. — La toile cirée est une toile ordinaire, en lin, en chanvre, en jute ou en coton, qu'on a recouverte d'un enduit d'huile siccative. L'opération se pratique de la façon suivante. La toile, fortement tendue dans un châssis en bois, reçoit d'abord, au moins dans les fabrications soignées, un encollage à la farine, qu'on ponce une fois sec. On étale ensuite, dessus et dessous, une série de couches d'huile siccative, au nombre de sept ou huit en général, qu'on laisse chacune sécher et qu'on ponce, en mêlant, le plus souvent, à la première de la craie, afin de la rendre à la fois plus épaisse et plus solide. Puis on imprime, à l'endroit, les teintes et les dessins qu'on désire, en passant la toile, comme pour les papiers peints, sur une table d'impression ou en y appliquant des formes et des découpures de bois ou de cuivre, qu'on a préalablement recouverte de couleurs, ou encore, pour les imitations de marbres ou de bois, en opérant à la brosse, avec des couleurs à la colle. Enfin on vernit, et on n'enlève du châssis qu'après s'être assuré de la complète siccité. La moleskine (V. ce mot) est une toile cirée très mince, très souple, et enduite d'un seul côté. Le linoléum (V. ce mot) imite la toile cirée et la remplace avantageusement dans beaucoup d'usages.
Toile métallique. — Les toiles métalliques sont tissées à la façon des toiles unies ordinaires, par des tisserands et à l'aide d'un métier à tisser à deux marches et à deux lisses (V. Tissage). La trame et la chaîne, qui sont faites de fils de cuivre ou de fer, en sont toutefois, d'une manière générale, beaucoup moins serrées, et comme, en outre, lesdits fils sont moins souples que ceux de lin ou de coton, il est nécessaire de prendre un certain nombre de précautions spéciales, notamment de modérer le choc du battant. Aussi le tissage de ces toiles est-il relativement assez lent. Elles ont de nombreuses applications : garde-manger, tamis, pare-étincelles, lampes de sûreté, etc. Ce dernier emploi (V. Lampe, t. XXI, p. 846) est basé sur une propriété très curieuse qu'elles possèdent et qui a été découverte au commencement du xix® siècle par H. Davy : si on place une pareille toile en travers de la flamme d'une bougie ou d'un bec de gaz, on constate que la flamme ûe se conserve qu'au-dessôus, sans traverser
les mailles, pourvu que ces dernières soient seulement au nombre de 100 à 125 par centim. carré. Et pourtant les gaz combustibles, eux, les traversent, ainsi qu'on peut s'en assurer en plaçant au-dessus une allumette enflammée: il se produit alors, en effet, une nouvelle flamme, qui, du reste, si on éteint la première, ne la rallume pas. Il y a donc interception de la flamme, mais non des gaz. H. Davy a expliqué le phénomène par le refroidissement rapide que les fils métalliques, bons conducteurs de la chaleur, font éprouver aux gaz traversant la toile et qui amène ces gaz à une température inférieure à la température de combustion. Mais une objection se pose : la flamme est également interceptée lorsque la toile est portée au rouge ; elle l'est encore quand à la toile métallique on substitue une toile en fils d'amiante, lesquels sont, on le sait, très mauvais conducteurs de la chaleur. Tyndall a alors donné cette autre explication, d'ordre thermodynamique : en plaçant la toile métallique sur la flamme ou la flamme sur la toile métallique, on transporte le mouvement moléculaire de la flamme, qui est très intense, mais très léger, à la toile, qui est, elle, relativement très pesante ; il se produit comme un choc, qui ralentit et affaiblit cette intensité au point qu'elle devient impuissante à propager la combustion de l'autre côté de la flamme.