‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 83 sur 633 · TOILETTE — TOISON · texte numérisé non relu

TOILETTE — TOISON

Mais c'est là une précaution diflficile à faire suivre, et on doit se contenter de demander une telle toilette matin et soir. Les dentifrices utilisés sont souvent plus dangereux qu'utiles, on leur demande une action sur le tartre trop énergique, une simple poudre au charbon ou à la craie très tinement pulvérisée, légèrement aromatisée avec de la menthe ou toute autre essence, constitue un excellent dentifrice, les médecins qui se sont occupés de cette question arrivent même à réclamer purement et simplement un lavage des dents avec la brosse chargée de savon ordinaire.

Les oreilles doivent être l'objet de soins analogues, les accidents consécutifs à la formation de bouchon de cérumen sont, en réalité, très fréquents, et un certain nombre d'otites graves n'ont pour causes primitives que le défaut de soins du conduit auditif. Il faut éviter les cure-oreilles pointus qui peuvent déterminer une perforation de la membrane du tympan, le mieux est d'utiliser un instrument mousse, telle que la curette ordinaire ou une simple tige d'allumette recouverte de ouate. Il est bon, quand la sécrétion cérumineuse est abondante, de laver le conduit avec une solution légèrement glycérinée, puis de sécher ensuite à la ouate. Le port d'un tampon de ouate, sauf des indications formelles, est plutôt nuisible.

Enfin nous ne serions pas complets, si nous ne signalions pas l'utilité du lavage des narines, où s'accumulent tant de poussières^ un simple reniflement à l'eau froide suffit, mais en temps d'épidémie grippale ou des autres affections respiratoires, on utiliserait avec avantage une vaseline mentholée appliquée dans les narines et suivie d'un reniflement avec de Teau chaude.

Les pieds enfermés dans des chaussures rendues imperméables par le cirage ou le vernis exigent des ablutions fréquentes, quotidiennes. Contre les sueurs des pieds, souvent si fétides, on peut utiliser les solutions tanniques ou alcooliques, on a conseillé dans ces derniers temps les lotions de formol à 4 ou 2 <*/o.

Les organes génitaux réclament des soins constants et qu'une pudeur ou plutôt une pruderie ridicule font trop souvent négliger. L'enfant et surtout la fillette doivent être initiés à la nécessité de ces soins intimes, et il est de toute utilité de prévenir la jeune fille en voie de formation des mesures de propreté qu'elle doit prendre au moment des règles. Les lavages à l'eau froide ou tiède, suivant les sujets, sont les seuls à conseiller, et il faut s'élever contre l'usage continuel des injections vaginales antiseptiques dont abusent beaucoup de femmes.

Les parfums et les essences possèdent des propriétés antiseptiques incontestables, quoique peu actives ; il est donc ridicule de les défendre, mais il n'en est pas de même des cosmétiques et des fards qui presque tous renferment des substances nuisibles pour la peau, il ne faut pas oublier que les soins de la toilette ont un but très précis : débarrasser la peau et les muqueuses des corps étrangers qui s'opposent à leur fonctionnement normal; par suite, toutes les substances qui gênent les fonctions évacuatrices de la peau sont dangereuses. En résumé, l'eau pure, froide autant que possible, et le savon simple sont les deux agents indispensables et suffisants pour assurer une toilette hygiénique. J.-P. Langlois.

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