II. Charcuterie (V. Charcuterie
TOI RAS (Jean du Caylar de Saint-Bonnet de), né à Saint- Jean-de-Gardonnenque le i^^ mars 4585, mort à Fontanella en Milanais le 44 juin 4636. Page de Condé, lieutenant de vénerie et capitaine delà volière du roi, puis capitaine auxgardes, il combattit bravement à Saint-Jeand'Angély, à Montauban, à Montpellier. Il défendit Saint- Martin-de-Ré contre Buckingham pendant cinq mois. A Casal il résista six mois à Spinola, et fit soixante sorties. Nommé maréchal de France, chargé du commandement de l'armée d'au delà des Alpes, il conclut la paix de Cherasco et négocia une ligue entre Savoie et Venise. Mais il portait ombrage à Richelieu ; deux de ses frères avaient
pris part à la révolte de Montmorency. Le cardinal dissimula d'abord, le fit nommer chevalier de l'ordre, et l'invita avenir le trouver. Il resta prudemment en Italie, et fut dépouillé de ses gouvernements et pensions. Il refusa les offres des puissances étrangères et resta en exil jusqu'au jour où le roi lui permit d'accepter la lieutenance générale de son allié, le duc de Savoie. Il mourut en visitant une brèche. Son portrait est au château de Beauregard et (parMellan) dans la collection Clairambault.
H. Hauser.
BiBL. : Aloysius Juglaris, Excell.^ lierois J. Toerasii.., epitaphium; Turin, 1636. — Cl.-F. Taone, Oratione funèbre dell, ecc. S'« G. Teorasio..; Turio, 1636. —Michel Baudrier, Hist. du maréchal de Toiras; Paris, 1644, iri-fol. et 1666, 2 vol. in-12. — Ern. Deleuze, Notice sur le ynaréchal de Toiras; Alais, 1855, in-8.
TOISE. I. Métrologie. — Ancienne mesure de longueur, qui a été en usage en France jusqu'à l'adoption du système métrique. Avant 4688, la toise dont on faisait usage était la toise carlovingienne ou toise des maçons,^ qui était égale à 6 pieds de Charlemagne ou 4''%9603. (^nXmsMh^ûiMdL^iov^lditoised* ordonnance, dite aussi toise de V Académie ou toise du Pérou (V. Base, t. V, p. 574), et qui valait 6 pieds de roi ou 4 '^\ 949036594 2 (valeur exacte ayant servi de base au système métrique). Pour les surfaces, on employait, outre la toise carrée, carré d'une toise de côté, qui contenait, par conséquent, 36 pieds carrés ou 3"^ ^ 7 987436338, des parallélogrammes ayant 4 toise de longueur sur 4 pied, 4 pouce, 4 ligne, 4 point de largeur, et respectivement dénommés toise -pied (63^^«^ï,3424) , toise-pouce (5^"aci ^760) , toise-ligne (J^^^m^d669), toise-point (3«"*q,6639). De même, à la toise cube, qui était un cube de 4 toise de côté, égal à 7 "^^.4038903430, venait s'ajouter, comme mesures de solidité, une série de parallélipipèdes dont la base avait 4 toise carrée et la hauteur 4 pied, 4 pouce, 4 ligne, 4 point : toise-toise -pied (4 "^«,232984), toise-toisepouce (iO^^'^^SMl 66), toise-toise- ligne (S^'^'^^md^U), toise- toise-point (74 4''"''', 4 09485). Dans le système de transition qui prépara le passage des anciennes mesures au système métrique (décr. 44 févr. 4842), la toise usuelle valait 2 m., la toise usuelle carrée 4 m. q., la toise usuelle cube 8 m. c. Dans le Piémont, on a fait longtemps usage de la toise de Turin (tesa), valant 4"',744, et dans la Suisse française, jusqu'en 4876, d'une toise de 6 pieds, valant 4^^,80.
IL Anthropométrie. — Instrument destiné à mesurer la taille humaine et consistant essentiellement en un montant vertical gradué en centimètres et millimètres et fixé sur un plateau. L'homme à mesurer se tient debout, nu, sur le plateau, les talons joints, et l'on fait descendre, jusqu'à ce qu'il affleure son sinciput, un curseur horizontal glissant le long du montant. On se sert aussi, afin de déjouer les simulations, principalement de la part des conscrits, de toises horizontales. L'homme se tient alors couché, ce qui l'empêche de « se rentrer ».
BiBL. : Peters, Zur Geschichte und Kr'Uik der Toisenmaszslâbe ; Berlin, 1886.
TOISON. I. Zootechnie et Economie rurale. — La
toison est le revêtement laineux des ovidés ; son étendue, sur laquelle on doit d'abord porter l'attention, est très variable avec les variétés, les individus, le régime alimentaire, etc. ; elle doit être aussi grande que possible : la sélection individuelle des reproducteurs et Talimentation permettent d'atteindre ce résultat. La toison est composée de mèches formées par le groupement des brins de laine et disposées, suivant la constitution de ces derniers (V. Laine), en contact les unes des autres (mèches carrées), ou plus ou moins écartées (mèches pointues) ; dans le premier cas (laines des mérinos) la toison est dite fermée, dans le second cas (laine des races anglaises) la toison est dite ouverte; la toison fermée est, à tous égards (homogénéité, tassement, finesse et souplesse, élasticité, résistance, propreté, etc.), supérieure à la toison fermée. L'enlèvement de la toison, ou tonte, est une opération
très importante devant être exécutée avec beaucoup de soin. La tonte annuelle est la plus généralement adoptée ; en certains pays, en Italie, par exemple, l'usage est de tondre deux fois par année, mais on obéit alors surtout à des considérations hygiéniques, car il s'agit d'éviter les souffrances causées par l'élévation de la température. L'époque de la tonte est, avant tout, subordonnée à la race, et, encore plus, aux conditions météorologiques de la région ; en général, nos races indigènes doivent être tondues plus tôt que les races exotiques, car, dès le milieu du printemps, elles commencent à perdre leur laine ; il convient, dans tous les cas, d'attendre le moment où la température est devenue sensiblement constante ; les moutons ont, en effet, la peau fine et délicate et habituellement fortement protégée ; ils sont par suite très sensibles aux écarts de température et, surtout, aux refroidissements qui provoquent chez eux des pleurésies souvent mortelles ; dans nos régions la fin de mai et le mois de juin conviennent le mieux dans les années normales ; on y fait, à cette même époque, la tonte des agneaux nés à l'automne précédent ; dans les climats méridionaux, il faut obéir aux mêmes règles (Midi do la France, avril-mai ; République Argentine, fin septembre-fin octobre, etc.) et opérer, de préférence, pendant le printemps, surtout lorsque la tonte se fait après lavage à dos. Il faut enfin choisir une belle journée et suspendre l'opération dès que le temps devient froid et pluvieux. Chaque mouton est couché sur une table ou sur le sol, et immobilisé par la ligature des quatre pattes en un seul faisceau ; puis la toison est attaquée à l'une de ses extrémités, soit au ciseau, dans les petites exploitations, soit avec des forces^ instrument composé d'une tige d'acier recourbée se terminant par deux lames larges et pointues, fonctionnant comme celles des ciseaux, soit enfin à la tondeuse ; cette dernière donne un travail beaucoup plus rapide avec moins de fatigue, la toison se détache beaucoup plus facilement dans son entier, et, enfin, les blessures de la peau ne sont plus à redouter ; son emploi est préférable, à tous égards, à celui des forces. Si le temps est beau, les sujets tondus peuvent rentrer immédiatement au troupeau ; mais, pour peu que les journées et surtout que les nuits soient fraîches, ils doivent rester à la bergerie durant quelques heures ou même quelques jours, afin que leur peau s'habitue un peu à sa nudité. Lorsque la gale est à redouter, les moutons passent, aussitôt après la tonte, dans un bain d'eau arsenicale où ils sont frottés vigoureusement ; cette pratique, courante dans les grands troupeaux argentins et australiens, assure la repousse rapide et intense de la laine ; si elle n'est pas soigneusement exécutée, il faut fréquemment recommencer le traitement à la main, quelques mois plus tard. Les toisons tombées entières, à plat, et la coupe en dessus, sur le sol, sont roulées ; on replie la bande en deux dans le sens de la longueur et on la roule en commençant par la queue ; quand on est arrivé aux épaules on met le pied sur la toison, on tord la laine des épaules et du cou de manière à en former une sorte de lien que l'on noue autour de la toison. Celle-ci peut encore plus simplement être doublée en bande longue que deux personnes relèvent, la tenant chacune par un bout, et tordent un peu, puis elles en forment un gros nœud simple. La conservation doit se faire en un lieu frais et légèrement humide, afin d'empêcher la dessiccation qui entraîne une perte notable du poids. La vente des toisons lavées (V. Lavagr, Dessuintage), commune pour les mérinos de Bourgogne et de Champagne, et des toisoîis en suint (Beauce, Brie, Soissonnais, Amérique du Sud, etc.), se fait au poids ; dans le premier cas, la qualité est facile à vérifier, mais, dans le second, l'estimation du rendement, très variable avec la propreté relative et avec la qualité du suint, prête à de nombreuses discussions, souvent au détriment du vendeur. Aussi a-t-on conseillé, comme étant plus loyal que l'achat en bloc, celui des toisons conditionnées au préalable en divers choix (pre-
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mier, second, bas morceaux) ; ce procédé, beaucoup plus recommandable à tous égards, est recommandé aujourd'hui par les organisateurs de nos grands marchés de laines (Dijon, Châteauroux, etc.). J. T.