TOMAN - TOMBAC
TOMAN, THOMAN, TOUMAN (V. Monnaie et Perse).
TOMASCHEK (Wilhelm), géographe autrichien, né à Olmutz le 26 mai 1841, professeur à l'Université de Vienne (1885). Sauf Die Goten in Taurien (Vienne, 1881), ses principaux travaux, très estimés, ont paru dans les comptes rendus de l'Ac. des se. de Vienne : Brumalia und Rosalia (t. LX) ; Centralasiatische Studien (t. LXXXVII et XCVI) ; Zur hist. Topogr. von Persien t. Cil); Derskytische Norden (t. CXVI et CXVII) ; Die alten Thraker (t. CXXVIII, CXXX et CXXXI) ; Hist. Topogr. Kleinasiens im Mittelalter (t. CXXIV) ; Sasun und das Quellengebiet des Tigris (t. CXXXIII).
TOMASELLI (Joséphine), cantatrice (V. Gallmeyer).
TOWIASZOV. Ville de la Pologne russe, gouv. et à 109 kil. de Lublin, ch.-l. de district, sur la r. dr. de la Zotokia; 7.150 hab. Fabriques de faïence. Commerce de bois et de toile.
TO M ASZO V. Ville de la Pologne russe, gouv. de Pietrkov, sur la Volborka ; 18.600 hab. Grandes fabriques de lainages et de toile.
TOMATE (Lycopersicum Dun.). I. Botanique. — Genre de la famille des Solanacées, tribu des Atropées, composé de plantes annuelles à tiges presque sarmenteuses, pourvues de feuilles alternes penniséquées. Les fleurs sont disposées en grappes extra-axillaires, accompagnées ou non de bractées. Le calice présente 5-6 divisions. La corolle, rotacée, a un tube court et un limbe plissé, à 5 lobes. Les étamines, au nombre de 5-6, insérées sur la gorge de la corolle, ont un filet très court ; leurs anthères allongées, acuminées, cohérentes au sommet, s'ouvrent par deux fentes longitudinales. L'ovaire est divisé en deux loges pluriovulées, quelquefois partagées en loges secondaires par de fausses cloisons ; le style, simple, se termine par un stigmate faiblement lobé. Le fruit est une baie de coloration rouge vif, orangée ou jaunâtre.
On connaît une dizaine d'espèces de Tomates qui se rencontrent en Amérique, depuis le Mexique jusqu'au Pérou. L'espèce la plus répandue est la Tomate comestible {Lycopersicum esculentum Dun. ou Solanum esculentum L.) introduite en Europe au xvi® siècle et maintenant cultivée dans tous les pays ; cette plante possède de gros fruits déprimés, irrégulièrement lobés sur leur contour. On cultive aussi, surtout en Amérique, la Tomate de Humboldt (L. Humboldtii Willd.), aux petits fruits arrondis ; la Tomate en forme de poire (L. pyriforme Poir.) et la Tomate Cimaron (L. peruvianum Jacq.). W. R.
II. Horticulture. — On en cultive plusieurs variétés comme : Tomate grosse rouge, relevée de côtes ; Tomate rouge hâtive, à feuilles crispées, plus petite que la précédente, préférée pour la culture sous châssis ; Tomate grosse lisse, recommandée pour la culture en pleine terre; Tomate Chemin, fruit rouge vif, très gros et presque arrondi, variété précoce, vigoureuse et fructifère ; Tomate Mikado, fruits très gros, lisses, rouge violacé, variété très rustique et fertile ; Tomate cerise, fruits petits, globuleux. La Tomate se multiplie de graines qu'on sème sur couche et sous châssis. Lorsque les gelées ne sont plus à craindre pour cette plante qui y est très sensible, on la repique en pleine terre. Les semis sur couche se font plus ou moins tôt, selon le climat, de janvier à mars. On sème à la volée et, lorsque les jeunes plants ont quelques feuilles, on les repique à 10 centim. de distance, en tous sens, sur une autre couche. Quand ils ont pris assez de force et que le temps est venu de leur mise à demeure, on les enlève alors facilement avec une petite motte pour la transplantation. Les soins à donner pendant la végétation des tomates sur couche, consistent en quelques arrosages, à couvrir les châssis pendant la nuit et à aérer toutes les fois que la température le permet. Les tomates sont mises en pleine terre du 15 avr. à fin mai, sur une plate-bande bien préparée en terre souple et substantielle, à exposition chaude. On les dispose à 70 ou 80 centim. de dis-
tance, en tous sens, ou en lignes espacées de 1 m., en resserrant les plants à 40 ou 50 centim. sur les lignes. On règle la végétation et la fructification des tomates par des pincements. On laisse à chaque pied trois ou quatre branches. Chacune d'elles est pincée sur trois ou quatre bouquets de fleurs, et Ton supprime, au fur et à mesure qu'elles se produisent, toutes les pousses qui se montrent ensuite à l'aisselle des feuilles. Les branches conservées sont attachées sur des tuteurs ou palissées sur un treillage. La tomate demande des arrosages copieux en été. La culture de cette plante peut se faire entièrement sur couche, c'est la culture forcée. On la sème alors en novembre et on en repique le plant sur couche en janvier. Ce plant est disposé en lignes distantes de 50 centim. et, sur les lignes, il est resserré à 30 centim. Les châssis qui abritent les tomates sont mobiles, on les élève peu à peu, à mesure que les plantes grandissent. On ne laisse porter à chaque plante que trois branches : la branche maîtresse et deux latérales. Ces branches sont arrêtées dans leur développement par des pincements, de manière à ne porter chacune qu'un seul bouquet de fleurs. On supprime les bourgeons axillaires et, suivant le besoin, on arrose et on aère les plantes ; on peut aussi pincer la première fleur des bouquets pour obtenir le développement plus beau et plus régulier de leurs fruits. La récolte commence en mal, tandis que les tomates cultivées en pleine terre, sous le climat de Paris, ne donnent leurs premiers fruits que vers le milieu de l'été. Dans les pays chauds, en Espagne et dans les stations abritées de la Provence, la culture peut se faire en pleine terre, depuis le semis, sans le secours de châssis. On sème en août et septembre, pour récolter en hiver, dès le mois de janvier. G. Boyer.
IIL Art culinaire. — La saveur appétissante de la tomate relève le goût d'un grand nombre de préparations culinaires. Elle s'emploie surtout en sauce, mais elle se mange également farcie et en salade. — Sauces aux tomates : Mettre dans une casserole des tomates coupées en deux et bien mûres, avec quelques émincés de jambon maigre, des oignons coupés en tranches, du thym, du laurier et du poivre ; laisser mijoter doucement pendant une demi-heure, ajouter deux cuillerées de bouillon, faire bouillir jusqu'à consistance convenable et passer au travers d'une passoire fine. Au moment de servir, ajouter un morceau de beurre . Pour donner à cette sauce un goût encore plus relevé, on y mélange quelques champignons et du persil très finement découpés, une petite gousse d'ail et une échalotte également hachées très menues. — Tomates farcies: Plonger les tomates dans de l'eau bouillante, en enlever la première peau et les graines à l'aide d'une petite cuillère, les emplir de chair à saucisses, additionnée d'ail, de persil, de ciboules et d'estragon hachés finement avec sel et poivre ; placer les tomates ainsi préparées dans un sautoir avec un morceau de beurre, les saupoudrer de chapelure et les faire cuire dans un four chauffé modérément ; la cuisson terminée, les servir arrosées de jus de citron. — Tomates en salade: Après les avoir plongées dans l'eau bouillante et en avoir enlevé la première peau, les couper en tranches en retirant les pépins ; couper également en tranches menues des oignons blancs ; disposer dans un saladier une couche de tranches de tomates pour une de tranches d'oignons et ainsi de suite; saler, poivrer, arroser fortement de vinaigre et laisser mariner : au bout de deux heures, retirer les tomates que l'on fait égoutter et que l'on sert assaisonnés d'huile et de vinaigre.
TOMBAC ou DEMI-OR. Alliage de zinc et de cuivre, dont les proportions peuvent varier. — Tombac blanc ou cuivre blanc : cuivre, 86 à 88; zinc, 14 à 12; ou cuivre, 97; zinc, 3; arsenic, 1. — Tombac fausse : cuivre, 88,88 ; zinc, 5,56 ; étain, 5,56. — Tombac rouge: cuivre, 91,67; zinc, 8,33. On emploie le tombac blanc pour des instruments de physique.
TOMBANT - TOMBOUCIOU
TOMBANT (Blas.). Se dit d'une flèche posée en pal, la pointe en bas.
TOMBE (La). Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Provins, cant. de Bray-sur- Seine ; 499 hab.
TOMBEAU (V. Funérailles et Clmetière, AKcerrEC- TURE, notamment pp. 694-696, Sculpture, et les §§ Beauxarts des articles consacrés aux principaux pays. V. aussi le texte et les gravures des art. Beni-Hâssan, Bersheh, Phénicie, Palestine, Jérusalem, Telmessus, Mausolée, Dédicace, C^ciliaMetella, Catacombes, Caire, Barqouq, Iaroslav, Amiens, Bourgogne, Brezé, Brissag, Bruges, Bréda, Bachelier, Baume, Pilon, Anguier, Amadeo, Tolède, Charlotten bourg, Agra.
TOMBEAU DE LA Chrétienne (Khour-er-Roumia). Monument de l'Algérie, dép. et à 50 kil. S.-O. d'Alger, sur une colline de 263 m. ; c'est le mausolée du roi de Maurétanie Juba, qui résidait à loi Caesarea (Cherchell); l'aspect est celui d'un édifice rond de 30 m. de haut, reposant sur un soubassement carré de 63 m. de côté; autour de la base se déroule une colonnade de soixante colonnes en-
Tombeau de la Chrétienne.
gagées d'ordre ionique ; aux quatre points cardinaux, quatre portes hautes de 6"^, 20. Au-dessus de la colonnade, on s'élève par 83 degrés, hauts chacun de 0^^,58, qui se rétrécissent graduellement et donnent au mausolée l'aspect d'un cône tronqué. A l'intérieur on a trouvé des galeries et des caveaux, aucun sarcophage, beaucoup d'objets romains. A. -M. B.
BiBL. : V. Revue africaine, 1867, articles de Berbrugger.
TOMBEBŒUF.Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve- sur-Lot^ cant. de Monclar ; 832 hab,
TOMBEREAU. Sorte de charrette entourée de planches des quatre côtés et servant au transport des terres de déblai, du sable, des petits matériaux de construction, du fumier, des ordures. La caisse est analogue, comme forme, à celle de la brouette, mais de capacité beaucoup plus grande : O'^'^jBO à 2"^^, 50. Elle est portée par une paire unique de roues de grand diamètre et traînée par un cheval entre les limons, auquel on ajoute, si la charge est trop lourde, un ou deux chevaux en flèche, mais jamais davantage, car ils ne rendraient pas, en plus grand nombre, assez d'effet utile. Elle n'est, d'ailleurs, qu'articulée sur les brancards et, pour opérer son déchargement, on la fait basculer en arrière, sans que le cheval soit dételé, en renversant, au moyen d'une manette, une barre de fer qui réunit son avant aux dits brancards. En même temps, on enlève le fond postérieur, qui est mobile, et fixé par des clavettes. On estime, dans les conditions les plus ordinaires, c.-à-d. pour des déblais de densité moyenne 1,6 et en supposant la résistance de traction égale à 0,12, que la limite de chargement d'un tombereau à 1 cheval est de0"^'',4f5, celle d'un tombereau à 2 chevaux 1"^«,15, celle d'un tombereau à 3 chevaux 1"^'^,85. Il y a donc avantage, en général, à faire usage de tombereaux à plusieurs chevaux. Le temps moyen de transport est, d'autre part, évalué à vingt minutes par mètre cube à charrier à une distance de 100 m., chargement, marche et déchargement compris.
TOM BIGBEE. Rivière des Etats-Unis, quîs'unit à l'Alabama pour former la Mobile, tributaire de labaiedecenom ; elle a 700 kil. de long dans un bassin de 49.000 kil. q., et est navigable sur 500 kil. de Mobile à Columbus.
TOMBISSEUR (Chasse) (V. Fauconnerie).
TOMBLAINE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. et cant. (0.) de Nancy; 1.209 hab. Ecole pratique d'agriculture. Filature et tissage de flanelle. Fabrique de fécule et de produits alimentaires.
TOMBOLA. Sorte de loterie de société, où l'on gagne des objets de valeur diverse, mais en général minime, offerts comme lots, et où l'on tire les numéros comme au jeu de loto. Les tombolas accompagnent surtout les fêtes de bienfaisance ou populaires. Les billets en sont alors généralement vendus et le produit s'en ajoute à la recette. D'autres fois, ils sont distribués gratuitement en même temps que s'acquitte le droit d'entrée et constituent alors un attrait de plus. L'organisation des tombolas est soumise, en principe, aux mêmes conditions d'autorisation administrative que celle des loteries (V. ce mot).
TOMBOUCTOU ouTIMBOUCTOU (rin-bouktou, i^uïis de Bouktou, en arabe, ou ToumbouctoUy la cavité, en langue sonrhaï). Ville du Soudan français, au N. du grand coude du Niger, par ^6^43' lat. N. et 5^17' long. 0., à 2.400 kil. S. d'Alger. Elle est à 10 kil. N. du fleuve dans une plaine sablonneuse, semée d'étangs et de buissons de mimosées et de palmiers. La ville a la forme d'un triangle de 6 kil. de tour, la pointe au N. ; des ruines l'entourent au N. et à rC, témoignant d'une étendue autrefois plus considérable; la grande mosquée est à la pointe N. ; une citadelle a été bâtie par les Français, ainsi que deux forts au N. ; elle n'a plus d'enceinte, les Peuls l'ayant détruite en 1826. Les rues sont larges, les maisons à un étage, assez vastes, en briques rondes séchées au soleil. Tombouctou se divise en six quartiers : Sanégoungou au S., le plus peuplé, avec deux marchés, et la mosquée de Sidi-Yahîa ;Sararaïka au centre, où réside le cheikh Youboukaïna, au N. du précédent, où fut le palais des rois sonrhaï ; Bagindi, à l'O. du précédent, quartier bas, parfois inondé; Sankoré à la pointe N., le quartier sonrhaï, avec la grande mosquée à cinq nefs ; Sanghéréber au S.-O. , avec une mosquée à onze nefs. Le port est à Kabara, sur le bras septentrional du Niger. Tombouctou tire ses aliments de Djenné et du Macina, son bois de Kabara, elle n'a d'eau que celle des mares ou des citernes. C'est essentiellement une ville de commerce, enrichie par le transit entre le Soudan et les routes qui traversent le Sahara vers le Maroc, Insalah (Touat et Algérie) et Ghadamès ; elle revend aux Soudanais le sel des mines de Taodeni, les produits venus du Nord et ceux de l'industrie locale, bijoux d'or, objets de cuir; elle leur achète la kola, la gomme, les plumes, les tissus de kano, l'ivoire, etc. Ce commerce a beaucoup baissé, cependant on l'évalue encore à plus de 50.000 tonnes employant 400 caravanes et 140.000 chameaux. La population sédentaire était réduite vers 1895 à 6.000 âmes, et doublée au moment des marchés ; elle est formée de Sonrhaï (nombreux surtout à Kabara), de Kountah, de métis Rouma, de Peuls, de Touareg, de Marocains, de négociants de tous les pays de l'Afrique du Nord. L'influence politique locale appartient surtout au clan des Bekkaya (V. Soudan). La culture musulmane est assez florissante, et Tombouctou possède sa bibliothèque islamique.
La ville parait avoir été fondée par les Touareg vers 1077; la prise de Oualata par les Mandingues, en 1325, transféra le marché central du pays à Tombouctou. Elle fut un centre du second empire sonrhaï et un foyer de civiUsation musulmane. Les Marocains la conquirent en 1591, et leurs fusiliers andalous s'y fixèrent et furent l'origine de la race métisse des Rouma, laquelle se rendit indépendante au xvii® siècle. Au suivant, les Touareg prirent le dessus ; puis Tombouctou fut disputée entre eux et les Peuls; ceux-ci l'occupèrent de 1826 à 1846 ; une en-