‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 94 sur 633 · C:i2|16 ^ c^H^Cl rz: C^^H» -f- HCl · texte numérisé non relu

C:i2|16 ^ c^H^Cl rz: C^^H» -f- HCl

On peut encore préparer le toluène en décomposant à la température du rouge un mélange de styrolène et d'hydrogène (Berthelot) :

2C*«H8 -f H^ m 2Ci4H8 |« c^H2.

Comme le styrolène est préparé directement à partir de l'acétylène, cette réaction montre que l'on peut faire la synthèse du toluène à partir des éléments, uniquement par des réactions pyrogénées ; elle explique la présence du toluène dans les goudrons de houille.

Enfin le toluène prend naissance dans la réaction ménagée de l'acide iodhydrique sur les corps de la série benzylique : acides, aldéhydes, alcalis (Berthelot).

Il y a lieu aussi de mentionner que Sainte-Claire Deyille, qui a étudié le toluène, est parvenu à l'obtenir en distillant le baume de Tolu, ce qui indique l'origine du mot toluène.

Le toluène est un liquide incolore, très réfringent, possédant une odeur analogue à celle de la benzine. Sa densité, analogue à 45", est 0,856. Il reste liquide aux températures les plus basses que Ton puisse produire : aussi est-il employé comme corps thermométrique pour la mesure des très basses températures. Chauffé, il bout à 444^.

Sa chaleur de formation par les éléments est -f- 2^^\3 et sa chaleur de combustion 933,8. Il fournit quatre séries de dérivés par substitution, trois séries dérivées de la benzine (or tho, meta, para), et une série dérivée du méthane.

L'action du chlore sur le toluène varie suivant les conditions. A froid et en présence d'un peu d'iode, on obtient une série de dérivés de substitution. Les chlorures ainsi formés sont analogues aux produits de substitution de la benzine ; comme ces derniers, ils ne sont pas saponifiables par les alcalis en solution. Seuls les alcalis fondus les décomposent ; mais au lieu d'être un alcool comme pour un dérivé chloré d'un hydrocarbure de la série grasse, le produit de la réaction est un phénol. — Si l'action du chlorure se produit à la température d'ébullition du toluène, sans addition d'aucun réactif auxiliaire, il se fait aussi des dérivés de substitution. Mais ces dérivés sont différents des composés précédents. La potasse les saponifie facilement en donnant naissance à des alcools ; Tammoniaque les change en aminés. Ils sont tout à fait analogues aux éthers chlorés de la série grasse. On peut s'expliquer la formation de ces deux séries de dérivés isomères en admettant que les deux carbures qui constituent le toluène, benzine et méthane, gardent en se réunissant une certaine individualité. Le produit de la substitution doit être différent suivant que cette substitution se fait dans le noyau

TOLUÈNE — TOMAISON

Denzénique, ce qui est le cas à froid et en présence d'iode, ou bien dans le radical méthyle, ce qui est le cas à la température d'ébullition du toluène.

L'acide azotique agit sur le toluène comme sur la benzine : il donne des dérivés nitrés par substitution dans le noyau benzénique. En dissolvant à froid le toluène dans l'acide azotique fumant, on obtient les trois toluènes raononitrés, C^^H^(AzO'*) : l'orthonitrotoluène, le paranitrotoluène et le métanitrotoluène. Le composé para est celui qui domine : c'est un corps solide fondant à 54°, bouillant à 238" et possédant Fodeur d'amandes amères. En employant l'acide azotique fumant et chaud et en prolongeant son action, on prépare les trois dinitrotoluènes C*^H^(AzO^)^. Enfin, si l'acide azotique est mélangé d'acide sulfurique, il se produit les trinitrotoluènes : D^lP(AzO^)^.

L'action de l'acide sulfurique porte aussi sur le noyau benzénique. Le produit de la réaction est un acide sulfoné monobasique, bibasique ou tribasique, selon que c'est un corps monosubstitué, bisubstitué ou trisubstitué. Les dérivés monosubstitués sont les trois acides : orthotoluolsulfonique, paratoluolsulfonique, métatoluolsulfonique et paratotuolsulfonique, dont la formule commune est (]i4|i8g2Q6^ Ces trois acides sont cristallisés; ils donnent des sels qui le sont aussi. C'est le dérivé para qui se forme en plus grande abondance. Ces acides sulfonés ne sont pas analogues aux éthers sulfariques gras. Traités par les solutions alcalines, ils ne sont pas saponifiés. La potasse et la soude fondues les décomposent ; mais le produit de la réaction est un phénol au lieu d'être un alcool, et le sel alcalin formé est un sulfite. Les phénols formés dans l'action de la potasse fondue sur les acides monotoluolsulfoniques portent le nom de crésylols.

Les agents oxydants changent le toluène en acide benzoique,

CA4fl8 4- 302 — C^^H^O* 4- HW,

Cette réaction se produit avec le permanganate de potasse à froid, avec l'acide azotique étendu et chaud, avec le mélange chromique à Tébullition. Si on fait passer un courant d'oxygène dans du toluène bouillant en présence de chlorure d'aluminium, la réaction est différente : il se fait du crésylol (Friedel et Crafts) :

Le toluène, sous l'influence de l'acide iodhydrique, forme des hydures comparables à ceux de la benzine.

Les propriétés chimiques générales du toluène se retrouvent dans tous les hydrocarbures formés par l'union de la benzine et d'un carbure de la série grasse.

mu,D,«E.p.„.jK,'::::: a?»*;,-

On connaît trois toluidines : Torthotoluidine, la métatoluidine, la paratoluidine. Chaque toluidine se produit par réduction du nitrotoluène correspondant. L'orthotoluidine se produit quand on réduit l'orthonitrotoluène, la métatoluidine, le métanitrotoluène, etc.

C^4H7(AzO^) + 3H2 =: Ci^H«(AzH3) + 4H0.

Mais comme la séparation des nitrotoluènes, qui se forment en même temps dans l'action de l'acide azotique fumant sur le toluène, est difficile, on réduit le mélange des nitrotoluènes et on sépare ensuite les toluidines formées. Comme c'est le composé para qui domine dans le nitrotoluène brut, c'est la paratoluidine qui forme la plus grande partie de la toluidine commerciale.

L'orthotoluidine a été découverte, en 4868, par Rosensthiel. C'est un liquide incolore, de consistance huileuse, bouillant à 201 <*, un peu soluble dans l'eau, miscible en toutes proportions avec l'alcool et Téther. La métatoluidine est un liquide incolore, bouillant à 497°, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther. La paratoluidine cristallise en larges tables incolores, fondant à 45°, bouillant à 200°.

Les toluidines sont isomères de la benzylamine et de

la méthylaniline. Mais tandis que les toluidines et la benzylamine traitées par l'acide iodhydrique à 280° donnent du toluène, la méthylaniline traitée de la même façon se dédouble en benzine et formène (Berthelot). Les toluidines et la benzylamine sont les aminés qui correspondent au toluène : pour la benzylamine, l'ammoniaque est substituée dans le groupe méthyle; pour les toluidines, elle est substituée dans le noyau benzénique. La chaleur de formation par les éléments des cinq alcalis isomères diffèrent peu, la toluidine l'emportant sur leurs isomères toluidine ortho + 5*'^\9; meta liq. + 5°*^; para solide -f- 44,0; méthyl aniline liq. — 3,4; benzylamine liq. -t- 2,0. A. BouzAT.

TOLUIFERA {Toluifera L.) (Bot.). — Genre de Légumineuses-Papilionacées-Sophorées, synonyme de Myroxylon L. f.. et comprenant deux ou trois arbres, à nombreuses variétés, de l'Amérique tropicale, à feuilles alternes imparipennées, à fleurs en grappes axillaires ou

Toluifera. — Branche florifère.

terminales ; réceptacle turbiné, pétales lancéolés, 40 éta* mines libres, ovaire à 1 ou 2 ovules ; fruit longuemen * ailé; péricarpe à lacunes chargées de baume. L'espèce type, T, balsamum L. (Myrospermum toluiferum A. Bich., Myroxylon toluifera H. B. K.), arbre de 20 à 25 m. de haut, croît en Colombie, au Venezuela et à la Nouvelle-Grenade et produit le véritable baume de Tolu. Bâillon y rapporte comme simples variétés le Myroxylon Pereirœ Royle (M, sonsonatense (Erst.), de TAmérique centrale, producteur du baume du Pérou (par digestion du fruit dans un liquide alcoolique) et le M. balsamiferum R. et Pav. (M, peruiferum Lamb.), propre au Pérou et au Brésil, introduit aux Antilles. — Le T. peruifera L. f., de l'Amérique du Sud, a passé à tort pour fournir le baume du Pérou; son bois, très aromatique, est recherché pour l'ébénisterie.

TOLUOL (Chim.) (V. Toluène).

TOLZ. Ville de la Haute-Bavière, sur l'Isar; 4.485 hab. (en 4895) ; sources iodo-bromurées et sulfureuses de Krankenheil, à 830 m. d'alt.

TOLZ AT. Rivière du dép. de Lot-et-Garonne (V. ce mot, t. XXII, p. 588).

TOM. Rivière de Sibérie, affï. g. de FOb, danslegouv. de Tomsk, dont elle arrose le ch.-l. ; longue de 843 kil., dans un bassin de 57.000 kil. q., elle sort des monts Abakan, devient navigable à Kouznetzk.

TOMAISON (V. Bibliographie, t. Vï, p. 628).

Page 1