CARAMAN -- CARA-MOUSTAFA
La Haye du 20 juil. 1815 au 17 juil. 1816 et y fut chargé d'affaires. Il quitta ce poste pour celui de premier secrétaire à Londres oti il fut chargé d'affaires à quatre reprises. Nommé ensuite envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Stuttgart, lel^^déc. 1820, il ne reçut ses lettres de créance que le 8 juin 1822. Il fut ensuite nommé en Saxe le 1^^^ sept. 1827, et remplacé, en 1830, parle comte de Reinhard.
3^ Frédéric-Adolphe de Riquet, comte de Caraman, né à Berlin en 1800, officier d'état-major. On lui doit d'intéressants récits de voyages.
Enfin, le marquis Victor-Marie-Joseph-Louis, chef de la branche aînée, a eu pour fils Victor- Antoine-Charles de Riquet, duc de Caraman, né en 1810, mort le 4 avr. 1868. Littérateur et philosophe, dont les principaux ouvrages sont :i^ De la Philosophie au xviii® siècle et de son caractère actuel (1840) ; 2° Histoire des révolutions de la philosophie en France depuis le moyen âge jusqu*au xvi® siècle (1845-1848) ; 3» Etudes critiques de science et d'histoire (1851, etc.).
La branche de Chimay, qui appartient à la noblesse belge, compte un grand nombre de représentants et a pour chef Joseph'Marie-Guy-Henri-Philippe de Riquet, prince de Chimay et de Caraman, né le 9 oct. 1836 (petit-fils de François-Joseph-Philippe et de Thérézia deCabarrus), ministre des affaires étrangères de Belgique. A. Debidour.
BiBL. : Le P. Anselme, Hist. généalogique. — La Ches- NAYE DES Bois, Dict. de la noblesse. — Pinard, Chronologie historique militaire. — E. Alletz, le duc de Carà^ man; nécrologie; Paris, s. d., in-8. — Azaïs, Eloge funèbre de M. le duc de Caraman ; Béziers, s. d., in-8. — M. de Caraman, Relation de la dernière maladie de mon père ; Paris, 1848, in-8 ; Fragm.ents des mémoires du duc de Caraman; Paris, 1852, in-8. — Comte G. de Caraman, Notice sur la vie m,ilitaire et privée du général marquis de Caraman; Paris, 1857, in-18, 2« édit. ; Notice biographique sur M. le comte Georges de Caraman ; Paris, 1861, in-8. --Almanach de Gotha, 1888.
CARAMANIE (V. Karamânie).
CARAMAN Y. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. de Perpignan, cant. de La Tour-de-Franee ; 507 hab.
CARAMBOLAGE (V. Billard, t. Vf, p. 847).
CARAMBOLIER (Bot.). Nom vulgaire de VAverrhoa Carambola L., arbre de la famille des Géraniacées et du groupe desOxalidées, originaire des Indes Orientales, mais répandu par la culture dans la plupart des régions tropicales. C'est le Blimbing-bula des Indiens. Ses baies pulpeuses et acides servent à préparer des boissons rafraîchissantes. On en fait également des conserves (V. Averrhoa). Ed. Lef.
CARAMEL. I. Industrie. — Lorsqu'on chauffe du sucre entre 210 et 220*, il se colore en jaune, puis en brun, répand une odeur piquante, se boursoufle et forme un liquide d'un brunrougeâtre, légèrement amer, incristallisable, visqueux, connu sous le nom de caramel.
Usage* Le caramel est employé comme matière coloranle brune ou jaune, par les liquoristes et les confiseurs.
Préparation. On prépare le caramel avec le sucre raffiné, ou, ce qui a lieu le plus souvent, avec des mélasses. Voici une des recettes les plus répandues :
Bonne mélasse de canne. . . 12 litres.
Eau ordinaire 5 —
Cire vierge 10 gr.
Mettre la mélasse dans une bassine à cul de poule, chauffer fortement, agiter continuellement avec une grande spatule en bois afin d'empêcher la mélasse de s'attacher au fond de la bassine, puis, lorsque la caramélisation est arrivée à point, enlever vivement la bassine de dessus le feu ; verser ensuite sur la masse avec précaution, par petites portions, en agitant sans cesse, l'eau préalablement chauffée à 80*. (îuand la dissolution est terminée, on passe le liquide à travers un tamis de crin.
Recherche du caramel, La présence du caramel dans les boissons et les liqueurs est souvent l'indice d'une falsification, aussi a-t-on souvent à le rechercher. Deux pro-
cédés peuvent être employés ; nous allons les décrire. Pour rechercher le caramel dans les vins blancs ou dans le cidre, on ajoute successivement au liquide à essayer, de la gélatine et du tannin, de manière à déterminer la formation d'une laque. S'il y a du caramel, la liqueur surnageant, la laque garde une teinte ambrée. Dans les mêmes conditions, les liquides purs donnent une liqueur surnageante incolore. Si on a à essayer une eau-de-vie, on devra opérer sur un échantillon préalablement débarrassé de la plus grande partie de l'alcooL LeD^'C. Amthor a donné, il y a quelques années, un procédé de recherche du caramel dans les spiritueux, au moyen de la paraldéhyde, beaucoup plus commode que le précédent, et qui, dans un grand nombre d'essais que nous avons faits à ce sujet, nous a donné de très bons résultats.
Voici comment on doit opérer. Si on a un liquide alcoolique, un vin blanc, par exemple, on ajoute de la paraldéhyde (30 centim. c. pour 10 centim. c. du liquide à essayer) et une quantité suffisante d'alcool absolu pour amener k mélange des deux liquides; il se produira, lorsque le vin aura été coloré au caramel, un précipité brun amorphe, après vingt-quatre heures de repos, tandis que le vin blanc pur donnera dans les mêmes conditions, un précipité parfaitement blanc, dû seulement au sucre. Une eau-de-vie pure non sucrée ne donnera aucun précipité. Dans les cas douteux on pourra s'assurer qu'on a affaire à du caramel, en appliquant la réaction du chlorhydrate de phénylhydrôzine, indiquée par E. Fischer. La sensibilité de la réaction de la paraldéhyde sur le caramel est très grande; malgré cela, pour les essais de liguides purs colorés, nous conseillons de concentrer ceux-ci dans le vide, sur l'acide sulfurique ; mais on devra toujours éviter l'évaporation par la chaleur, sous peine d'introduire des causes d'erreur par suite de la formation de produits de caramélisation. Ch. Girard.
IL Fiscalité. — Le caramel suit, pour l'application des droits de douane et des contributions indirectes, le même régime que les Sirops (V. ce mot).
m. Confiserie (V. Bonbon, t. Vil, p. 270).
CARAML Rivière du Var (V. Calami).
CARAMICUM. Ville de l'Espagne ancienne, station mentionnée par l'Itinéraire d'Antonin entre Brigantium (Betanzos) et Lucus Augusti (Lugo), et qui paraît être la même que Caronium de Ptolémée. On l'identifie avec Guldriz.
CARAMOUSAL. Bâtiment de commerce turc, à arrière très relevé. Il porte un grand mât avec grand voile et hunier, un petit mât d'artimon avec voile latine, et un beaupré avec trinquettte.
CARÂ-MOUSTAFÂ, grand-vizir du sultan Mohammed Khân IV (1648-87), né en 16^3, décapité le 25 déc. 1683. Fils d'un simple spahi (V. ce mot), il fut élevé par Mohammed Kupruli qui le fit rapidement monter de grade en grade et lui donna sa fille en mariage. Il fit la guerre de Crète avec son beau-père (1667-69) et succéda comme grand-vizir à Ahmed Kupruli, son beaufrère, mort le 7 nov. 1676. En cette qualité, il déclara la guerre à la Pologne (3 mars 1677), refoula Sobieski au delà du Dniester et conclut la paix en 1670. Après avoir épousé une fille de Mohammed IV, il entreprit, en 1682 de rendre la Hongrie, alors révoltée contre l'empereur Léopold P'f, vassale de la Porte avec Tôkôly pour roi. A cet effet, il envahit l'Autriche à la tête d'une armée de 200,000 hommes et, semant devant lui l'épouvante, vint mettre le siège devant Vienne, que le comte de Starenberg défendait avec 10,000 hommes seulement (14 juil. 1683). La ville allait succomber, lorsque le 12 sept, une armée auxiliaire composée de Polonais et d'Allemands arriva sous ses murs et mit les Turcs en déroute. Carâ-Moustafâ abandonna en hâte son camp du Kahlenberg, rentra en Hongrie avec les débris de son armée, mais avant de pouvoir atteindre Belgrade, se fit battre encore à Parkany (9 oct.) et perdit la place de Grân. Il fut rejoint à Belgrade par le bourreau chargé
CARA-MOUSTAFA — CARANTOMAGUS
d'exécuter la sentence de Mohammed IV. Carâ-Moustafâ s'était de bonne heure rendu fameux par ses cruautés envers les chrétiens ; il ne possédait aucune des qualités d*un général et son amour du faste, sa cupidité ne le cédaient ni à son insolence ni à son orgueil. P. Rayaisse. CARAMUEL de Lobkowitz (Jean), cistercien, évêque de Vigevano, né à Madrid le 23 mai 1606, mort àVigevano le 8 sept. 1682. Il fut successivement abbé de Melrose (Ecosse), de Dissembourg (Bas-Palatinat), évêque de Missy (suffragance de Mayence), abbé supérieur des bénédictins de Vienne et de Prague, grand-vicaire de Tarchevéque de Prague; en 1648, il concourut, avec une troupe d'ecclésiastiques armée par lui, à la défense de cette ville que les Suédois attaquaient ; il devint ensuite intendant des fortifications et ingénieur en Bohême, évêque de Kœniggratz et de Campana, archevêque d'Otrante et finalement évêque de Vigevano. — Ses livres sont beaucoup plus nombreux encore que ses titres et ses exploits : sans compter les manuscrits, plus de deux cent soixante ouvrages comprenant presque toutes les matières imaginables, grammaire, poésie, art oratoire, mathématiques, astronomie, physique, politique, droit canon, logique, métaphysique, théologie, édification. Nous ne mentionnerons que ceux qui peuvent être encore consultés avec quelque profit aujourd'hui : Theo^ logia regularis, sanctorum Benedicti, Augustiniy Francisa régulas commentarits dilueidans (Bruges, 1638, in-fol. ; Venise, 1631, in-4 ; Francfort, 1664, in4; Lyon, 1665, in-fol.); Scholion elimatum ad re^ gulam S. Benedicti, liheîlum S, Bernardi De Pr^- CEPTo ET DisPENSATioNE dîlucidans^ in quo demonstra-^ tur sanctum hune doctorem upiniones benignas sem^ per fovisse (Louvain, 4641, in-4) ; Epistola ad Gassendum de Germanorum protestantium conversione (1644); Theologia moralis\ad prima atque clarissima principia reducta (Louvain, 1643, in-fol.). Dans ce traité, oïl il avait entrepris de résoudre les questions théologiques par des règles empruntées aux mathématiques, Caramuel dépasse tout ce qui avait été osé avant lui par les casuistes les plus complaisants et les probabilistes les plus audacieux. E.-H. Vollet.
BiBL. : NïCERON, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommes illustres de la république des lettres; Paris, 1727-174.% 43 vol. in-12. — Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays- Bas; Louvain, 1753-17*70, 3 vol. in-fol. ou 18 vol. in-12. - Nie. Antonio, Bibliotheca Hispana nova ; Rome, 1772, 2 vol. in-fol. — Tardisi, Memorie délia vita di Giov. Caramuele; Venise, 1760, in-4. — Pascal, Vll^ lettre à un Provincial.
CARAMURÙ (Diogo Alvares Corrê a, surnommé Le), Portugais naufragé à Bahia vers 1510, mort près de Bahia le 5 oct. 1557. II devint chef des tribus indiennes du Brésil, épousa la princesse indienne Catherine Paraguassû (morte en 1583) et rendit les plus grands services aux Portugais lorsqu'ils s'établirent Jau Brésil et fondèrent Sam Salvador da Bahia. Les chroniqueurs nous ont transmis force légendes sur le Caramurû. Plusieurs historiens portugais et^étrangers répètent encore une fable d'après laquelle il serait venu en France et s'y serait marié devant la cour. Le poète brésilien Santa Rita Durâo lui a consacré un des plus beaux poèmes qui aient été écrits en portugais, 0 Caramurû (Lisbonne, 1781). R.-B.
CARAMY. Riv. du Tar (V. Calami).
CARANDA (Bot.). Nom vulgaire, au Brésil, du Cùper-^ nicia cerifera Mart., palmier du groupe des Coryphinées, qu'on appelle également Carnauba (V. ce mot et Copernicia) .
CARANOA. Hameau dépendant de la com. de Cierge, cant. de Fère-en-Tardenois, rendu célèbre par les découvertes archéologiques de M. Frédéric Moreau, qui depuis 1873, a mis à jour et fouillé à Caranda ou dans ses environs immédiats, plus de deux mille six cents sépultures dans lesquelles il a trouvé une immense quantité de silex, d'armes en pierres polies, bronze ou fer, de médailles, de poteries, et d'objets de toutes sortes,
parmi lesquels on remarque plusieurs chars de guerre gaulois. Le chiffre considérable des sépultures découvertes à Caranda surprendra moins lorsqu'on saura qu'il se trouvait dans cette localité un cimetière qui s'est perpétué depuis les temps préhistoriques jusqu'après l'époque mérovingienne. Les objets découverts par M. Frédéric Moreau forment une collection unique ; il publie chaque année le résultat de ses touilles dans un album de planches chromolithographiées. Cette publication, qui a reçu le nom générique de Caranda^ ne se trouve pas dans le commerce. C. L,
BiBL.: Collection Caranda aux époques préhistoriques, gauloise, romaine et franque.— Frédéric Moreau, Album des principaux objets recueillis dans les sépultures de Caranda {Aisne), pendant les années 1813-187^, etc. ; Saint-Quentin, 1877.
CARAN D'ACHE (V. Poiré [Emmanuel]).
CARANDINOS (Jean), mathématicien grec, né à Céphalonie en 1784, mort à Naples en 1833. Il professa avec succès à l'Université de Corfou et traduisit en grec plusieurs ouvrages de mathématiques. On a de lui quelques mémoires, notamment un Essai sur la nature du calcul différentiel, dans le Journal des Savants, sept. 1828.
CARAN 61 D>C (Ichtyol.), Famille de Poissons osseux (Téléostéens), de l'ordre des Acanthoptérygiens-Cotto-Scombriforraes, ainsi caractérisé : corps plus ou moins comprimé, oblong ou élevé, nu ou couvert de petites écailles ; yeux latéraux ; dents coniques, quand elles existent ; bouclier latéral, régnant sur toute la longueur de la ligne latérale ou borné à la région caudale, dans l'un et l'autre cas, formé de fortes écailles imbriquées, carénées, souvent terminées en pointe ou en crochet à leur partie libre. Les types de cette famille présentent les exemples conluants des modifications que certaines parties de l'animal subissent avec l'âge, surtout chez les Poissons Téléostéens. C'est ainsi que le Caranx ferdau, notamment, qui, à l'état adulte, montre un préopercule entièrement lisse, possède à divers âges des épines préoperculaires différemment développées (1-3).
Les Carangidae sont abondants, surtout dans les mers tropicales, quelques formes atteignent une taille de 0'»70 à O'^SO. Les genres compris dans cette famille sont nombreux. Nous citerons parmi les principaux : les Micro^ pteryxy Seriola, Naucrates, Temnodon, Trachynotus^ Psettusy PlataXy Equula et le genre Sparactodon, ce dernier spécial aux côtes de la Sénégambie, où nous l'avons découvert. Rochbr.
BiBL. : GuNTHER, Studif ofFishes,
GA RAN 60 PS I S (Paléont.). Agassiz a désigné sous ce nom des poissons des terrains tertiaires inférieurs de Monte- Bolca qui appartiennent à la famille des Scombéroïdes. Le corps est fusiforme ; les mâchoires sont armées de dents en velours ras ; il n'existe pas d'épine en avant de l'anale ; la dorsale postérieure et l'anale sont opposées et se continuent jusque près de la caudale; le squelette est robuste.
BiBL. : Agassiz, Rech. sur les poiss. foss., 1833-43, t. V.
CARANSEBES ou KARANSEBES. Ville d'Autriche- Hongrie, située sur le Ternes. Jadis chef-lieu de la partie serbo-croate des anciens confins militaires, aujourd'hui chet-lieu du comitat de Szôreny. Résidence d'un évêque grec-orthodoxe. Pop., en 1880 : 4,764 hab., pour la plupart roumains. Envoie régulièrement des députés roumains au Parlement. Stat. du chem. de fer de Temesvâr à Orsova. — Vignobles, sources minérales, ancienne colonie romaine. J. Monnier.
CARANTEC. Com. du dép. du Finistère, arr. deMorlaix, cant. de Taulé, sur une pointe avancée, au bord de la Manche ; 1,636 hab. Dans Téglise, croix professionnelle, à statuettes en vermeil. A 3 kil. se trouve le château du Taureau. Pèche, bains de mer, carrières de granit.
GARANTI LLY. Com. du dép. de la Manche, arr. de Saint-Lô, cant. de Marigny ; 885 hab.
CARANT0MA6US, CARENT0MA6US. Ville gauloise du
CARANTOMAGUS — CARAPACE
pays des Ruteni (Rouergue). marquée sur la Table de Peutinger, sur la rive gauche du Veronius (Aveyron), entre Segodunum (Rodez) et Dibona ou Divona (Cahors). On n'est pas d'accord sur remplacement de cette station. Le baron de Gaujal et M. Desjardins retrouvent Carantomagus soit à Carenton, au S. de Villefranche (Aveyron), soit à Villefranche même, tandis que la commission de topographie de la Gaule, sans la marquer sur la carte celtique, place cette ville en un lieu dit le Cranton, près de Compolibat (Aveyron). L. W.
BiBL. : Baron de Gaujal, D'une Ville gauloise appelée ÇarantomaguSf ou plutôt Carunto-Mag^ située dans le pays des Ruthènes, dans Mémoires de la Soc, des lettres de V Aveyron, t. II, 1840, pp. 341 et suiv. — Ern. Desjardins, Géographie de la Gaule d'après la Table de Peutinger, p. 312.
CARANUS, héraciide de la famille des Téménides. Frère de Phidon, tyran d'Argos, vivant par conséquent au milieu du viii* siècle av.^ J.-C, il aurait fondé une dynastie en Macédoine. Un oracle lui ordonna de chercher un empire à l'endroit que lui indiqueraient des chèvres. C'est ainsi qu'il fut amené à Edesse ; il entra dans cette ville au milieu d'une pluie torrentielle et de brouillards qui dérobèrent sa vue aux habitants; il l'appela Egée en souvenir du prodige. Toutefois, Hérodote, que semble suivre Thucydide, donne à cette dynastie une origine différente. Mûller pense que les deux traditions peuvent se concilier.
BiBL. : HÉROD., VIII, 137-139. — Thuc, II, 100. — p'aus., IX, 40. -MÛLLER, Dor., I, 7, 15.
CARANUS, général macédonien, un des hétères ou gardes du corps d'Alexandre. 11 fut un des généraux envoyés contre Satibarzane qui avait, pour la seconde fois, fait révolter l'Asie. Satibarzane fut vaincu et tué (330 av. J.-C). En 329, Caranus fut chargé en sous-ordre de réprimer Spitamène, le satrape révolté de la Sogdiane. A l'approche des Macédoniens, Spitamène lève le siège de Maracanda ; mais, peu après, il les bat, grâce à un corps de cavalerie scythe venu à son aide. Caranus, voulant s'abriter dans les bois qui bordent le Polytimetès, franchit cette rivière avec sa cavalerie ; mais l'opération, conduite trop précipitamment, est gênée par l'ennemi et aboutit à un désastre ; le détachement de Caranus y périt. Athénée nous a laissé la description de son repas de noces. On y voit comment le luxe et la corruption asiatiques commençaient à pénétrer chez les Macédoniens. C'est une lecture des plus curieuses. Rossignol.
BiBL. : Arrien, Anal. y III, 25, 28 ; IV, 3, 5. — Q. Curt., VI, 6, 20; VII, 3, 2; 6, 24; 7, 31. - Athénée, IV, 128, ch. II à V (éd. Teubner).
CARANX. Genre de Poissons osseux (Téléostéens), de Tordre des Acanthoptérygiens-Cotto-Scombriformes et de
Ecailles de la ligne latérale du Caranx hippos.
la famille des Carangidœ comprenant des animaux à corps plus ou moins comprimé, quelquefois subcylin-
Caranx fallax.
drique, à dorsales distinctes, la première composée de faibles épines; à écailles très petites, à ligne latéralç déli-
mitée par une carène armée d'écaillés larges, imbriquées, dont l'arête est le plus souvent terminée par une forte pointe ou un crochet. Chez certaines formes, cette ligne latérale tout entière est armée de ces sortes de boucliers. Le Caranx fallax, l'une des formes de ce genre, propre aux Antilles et aux côtes du Brésil, a le corps comprimé, la nuque élevée, et le profil du front tombant brusquement. La région supérieure du corps est d'un gris bleuâtre, les flancs et le ventre argentés. Sa chair est, dit-on, dangereuse, surtout à certaines époques de l'année. Roghbr.
BiBL. : GuNTHER, Study of Fishes.
CARAPA (Carapa Aubl.). Genre de plantes de la famille des Méliacées, tribu des Trichiliées, dont les représentants, voisins des Trichilia (V. ce mot), en diffèrent surtout par leur corolle tordue, et leurs graines charnues, dépourvues d'arille (V. H. Bâillon, Hist, des P/., V, p. 506). Ce sont des arbres élevés, à feuilles imparipennées et à fleurs plus ou moins nombreuses, disposées en panicules axillaires. On en connaît seulement trois ou quatre espèces, qui croissent sur les bords de la mer dans les régions tropicales. Le C. guianensis Aubl. ( Persoonia guareoides Willd. , Xylocarpus Carapa Spreng.) est une espèce de la Guyane dont l'écorce, appelée quelquefois Ecorce d'Andiroba, est préconisée comme tonique, astringente et fébrifuge. Ses graines fournissent, par expression, une huile jaunâtre, tantôt liquide, tantôt solide, suivant les qualités très variables d'oléine et de stéarine qu'elle contient, d'une odeur faible et d'une amertume insupportable. Les naturels de la Guyane l'emploient pour s'oindre toutes les parties du corps et se préserver ainsi des Chiques ou Puces pénétrantes. Elle est importée en grande quantité en Europe, notamment à Marseille pour la fabrication des savons. Il en est de môme de l'huile de Touloucouna on de Kundah, qui est extraite par expression des graines du Carapa guineensis Sweet (C, Touloucouna Guill. et Perr.), espèce commune dans l'Afrique tropicale occidentale. Ed. Lef.
CARAPACE (Protozoaires). Chez les Protozoaires les plus inférieurs en organisation, comme les Monériens et beaucoup d'Amœbiens, il n'existe point de carapace pour protéger le corps et on ne peut observer aucun commencement de différenciation du protoplasme qui soit susceptible d'en tenir lieu. Chez des formes un peu plus élevées, la partie périphérique de l'animal modifie légèrement sa nature primitive et devient plus dense, sans toutefois que l'on puisse encore établir une différence nette avec les parties internes : on appelle ectosarc cette zone périphérique modifiée qui se délimite mal du reste du protoplasme. Des formes plus élevées, mais appartenant encore à la classe des Amœbiens, montrent bientôt une cuticule mince ou plus épaisse, chitineuse, plus ou moins incrustée parfois de corps étrangers (Cyphoderia, Difflugia) ou bien encore on voit apparaître une véritable carapace calcaire (la plupart des Forarainifères) ou siliceuse (Radiolaires) ; il s'agit toujours d'éléments minéraux déposés au sein d'une enveloppe que l'on peut considérer comme une membrane cellulaire, il est à peu près inutile de dire, que, au fur et à mesure que ces productions externes, ces carapaces, se délimitent, la masse protoplasmique qui forme le corps de l'animal s'en détache de plus en plus et en devient complètement distincte : des ouvertures très variables pour la forme, le nombre, les dimensions, permettent au protoplasme de s'épancher au dehors en formant ce que l'on appelle les pseudopodes, de façon à permettre à l'animal la recherche de sa nourriture et à satisfaire plus amplement aux actes respiratoires. Notons cependant qu'il peut arriver, comme chez les Grégarines, que la cuticule ne soit percée d'aucune ouverture, mais cette particularité semble en rapport avec le parasitisme de ces animaux.
Il peut arriver que le protoplasme sorte par les ouvertures de la carapace et vienne envelopper complètement
GàRàPACE — CARASSIN
celle-ci pour lui former à son tour, pour ainsi dire, une enveloppe. Les Radiolaires nous présentent un exemple de cette disposition par leur capsule centrale^ sur laquelle d'ailleurs, par l'intermédiaire de grands piquants, peut s'insérer un squelette extérieur treillissé qui peut revêtir les formes régulières les plus inattendues et les plus compliquées. Tous ces appareils sont sécrétés par le protoplasme. Chez les Infusoires proprement dits, il existe une sorte de cuticule plus ou moins rigide produite par le protoplasme sous-jacent, un peu différent par ses caractères de sa masse profonde (ectosarc) ; d'ordinaire très mince, elle peut devenir plus ou moins épaisse, plus ou moins distincte du corps, plus ou moins incrustée, comme chez la plupart des représentants de la famille des Tintinnodés, ou encore former une vraie cuirasse comme dans les Colépidés, les Péridiniens, etc. Nous ne manquerons pas, à propos de chacun des groupes qui composent le vaste embranchement des Protozoaires, de traiter en particulier les caractères si importants que fournit la carapace de ces animaux. R. Moniez.
CARAPANOS (Constantin), archéologue grec, né à Arta d'Epire (l'ancienne Ambracie) le 13 mars 1840. Il étudia successivement à Famin, Corfou, Athènes et fut reçu docteur en droit en 1861. Après avoir été attaché à Tambassade turque à Paris, il fonda avec son beau-père, le banquier grec Zographos, une maison de banque que les événements d'Orient le forcèrent à liquider en 1876. M. Carapanos reprit alors ses études archéologiques et il entreprit à Tcharakovista, sur les ruines du temple d'Apollon à Dodone, des fouilles qui illustrèrent son nom. Les résultats de ces recherches, exposés au Trocadéro en 1878, sont décrits et commentés dans l'important ouvrage de M. Carapanos intitulé Dodone et ses ruines (Paris, 1878, 2 vol. in-4.). Actuellement (1889), M. Carapanos poursuit des fouilles archéologiques à Corfou. E. B.
CARAPELLA. Petit fleuve d'Italie, qui prend naissance sur le versant oriental de l'Apennin et se jette, après 42 kil. de cours, dans le g. de Mant'redonia (Adriatique) après avoir reçu les eaux du lac de Salpi,
CARAPUS. Genre de Poissons osseux (Téléostéens), de l'ordre des Physostomes et de la famille des Gymnotidœ, ayant pour caractères principaux : la tête écailleuse ainsi que le corps, celui-ci allongé, anguiliforme, pas de barbillons ni de nageoire caudale, absence complète de nageoire dorsale, une série de dents coniques à chaque mâchoire, narines larges situées au-dessus de la lèvre supérieure. La seule forme jusqu'ici connue de ce genre est le Carapus fasciatus, excessivement commune dans les eaux de l'Amérique et des Andes et pouvant atteindre une longueur de 4 à 6 m. Rochbr.
BiBL. : GuNTHER, Sludy of Fishes.
CARARIC, roi d'un pays appartenant aux Francs, mais qu'on ne peut déterminer avec certitude. Il vivait à l'époque de Clovis qui l'appela à son secours Jors de la guerre contre Syagrius (486). Cararic resta neutre, attendant le résultat de la lutte pour s'allier au vainqueur. Clovis, pour se venger, s*empara de lui et de son fils, les fit tondre et ordonner l'un prêtre et l'autre diacre. Comme Cararic pleurait de cette humiliation, son fils lui dit : « Ce feuillage est coupé sur un arbre vert, bientôt il repoussera rapidement ; puisse l'auteur de ces maux mourir aussi rapidement. » Ce mot fut rapporté à Clovis qui les fit périr et s'empara de leur royaume et de leurs trésors. Cet événement, dont on ne peut fixer la date, est rapporté par Grégoire de Tours dans un récit poétique où la critique contemporaine a reconnu avec raison l'inspiration de ces traditions orales et de ces chants populaires dont l'historiographe du vi« siècle s'est plus d'une fois servi. Grégoire de Tours paraît, il est vrai, placer le meurtre de Cararic et de son fils à la fin du règne de Clovis, mais rien ne prouve que celui-ci ait attendu aussi longtemps pour se venger d'un fait qui s'était passé en 486. C. Bayet.
BiBL. : Grégoire de Tours, Hist. Francorum, l. II,
c. 41. — JuNGHANS, Hisi. de Hilperik et de ChLodovech, trad. Monod, pp. It5 et suiv. — Lecoy delà Marche, Clovis^ ses œuvres politiques^ dans Rev. des questions liistor., 18»j6, pp. 447 et suiv. -- Monod, Etudes critiques sur les sources de Vhist. mérovingienne ^ p. 93. ~ Rajna, Storia dell epopea francese, 1884, pp. 87 et suiv.— Kurth, les Sources de Grég. de Tours, dans Rev. des ouest. hist., cet. 1888, p. 437.
CA RASA US, trouvère du xni® siècle. On n'a sur lui aucun détail biographique. Les manuscrits ont conservé sous son nom cinq chansons amoureuses qui ont été publiées, en dernier lieu, par M. Scheler, dans ses Trou* vères belges, nouvelle série (1879, pp. 97-103). Elles sont adressées soit à Jean de Dampierre, soit à Henri de Louvain.
BiBL. : Histoire littéraire de la France,- 1. XXIII, p. 536 (art. de P. Paris).
CARASCOSA (Michèle, baron), général napolitain, né en 1780. Il se montra, tout jeune encore, partisan de la Révolution française, devint général sous Murât, reçut de lui le commandement de l'armée après la défaite de Tolentino en 4815, et, assisté du général Colletta, conclut avec le général autrichien et le représentant anglais la convention de Casalanza (20 mai). Suspect comme muratiste sous Ferdinand I®»*, il reçut cependant de pleins pouvoirs pour réprimer le soulèvement des Carbonari en 1820 ; niais, sans troupes, il ne put qu'ouvrir de vaines négociations. Après le triomphe des constitutionnels, il fut nommé ministre de la guerre. Quoiqu'il eût fait d'heureuses réformes, on le remplaça, au départ du roi, par Parisi, puis par Colletta. Au moment de l'invasion autrichienne, il commanda Tarmée auprès de laquelle se rendit le régent, fils du roi, et, après la défaite du général Pepe à Rieti, il se retira derrière le Volturne. Quand les Autrichiens entrèrent à Naples, menacé par la police, il s'embarqua pour l'Espagne. 11 passa de là en Angleterre, où il finit ses jours. Il y eut un duel avec Pepe. Carascosa a publié des Mémoires historiques, politiques et militaires sur la révolution du royaume de Naples en 1820 (Londres, 1823). F. H.
CARASSIN (ïchtyoU).Nora francisé du genre Carassius^ créé pour des Poissons osseux (Téléostéens), de la famille des Cyprinidœ et différencié des vrais Cyprins (V. ce mot), dont il est démembré : par l'absence de barbillons aux deux côtés de la bouche et par les dents pharyngiennes, au nombre de trois ou quatre seulement de chaque côté, et placées sur une seule rangée.
Ce genre ne comprend que deux formes, la plus connue est le Carassius auratus L., Poisson rouge ou doré de tous les aquariums. Son corps, assez épais, est oblong, couvert de grandes écailles; la tête est forte, le museau
Carassius auratus L.
court, l'opercule strié ; la nageoire dorsale longue compte une vingtaine de rayons, l'anale comprend cinq rayons branchus et trois osseux, la caudale est très échancrée. La coloration est très variable, le plus ordinairement sa teinte géu'^rale est d'un rouge vermillon orangé, certains individus sont rosés, d'autres entièrement blancs, certains verdâtres portent de larges taches noires. Le Carassin doré paraît être originaire de Chine et particulièrement de la province de Tche-Kiang ; son introduction en Europe remonterait, dit-on, vers l'année 1691. Quoi qu'il ensuit, il est aujourd'hui très répandu dans tous les pays civilisés et il est devenu réellement indigène dans toutes les parties
CAHASSIN - CARAUSIUS
de la zone tempérée ; il prospère parfaitement dans les rivières de France, et on le pêche assez souvent da«s la Seine, où on le méconnaît, car il a perdu sa parure brillante et n'a plus qu'une livrée d'un brun verdâtre.
Ce Poisson est doué de la faculté singulière de se modifier^considérablement au gré des éleveurs, et les Chinois
Long-Tsing-Yu, ou Œil de Dragon.
sont passés maîtres dans ce que l'on pourrait appeler la fabrication de ces monstruosités. On en connaît six des plus remarquables entre toutes, ce sont : !<> le Ya-Tan-yu m œuf de Cane, animal raccourci et renflé au milieu, sans nageoire dorsale, à deux anales et à caudale quadriiobée ; â^ le Long-Tsing-yu ou œil de Dragon, Poisson Télescope que nous figurons ; 3« le Chovi-yu ou dormeur, qui se tient constamment au fond de Teau; 4*» le Kin-Teon-yu ou sauteur, ayant l'habitude de s'élancer hors de Feau ; 5** le Nin'Eubk-yu ou nymphe, teinté de nuances tendres et irisées ; 6** enfin le Ouen~yu ou le lettré, dont les couleurs semblent figurer des caractères chinois, simulacre obtenu par l'application sur les écailles du Poisson d'une pâte que l'on croit être arsenicale. L'élevage du Poisson rouge donne lieu à un véritable commerce. On le cultive en grand dans certaines parties de la France, le midi et l'ouest particulièrement. A Oldenbourg, en Allemagne, dit Sauvage, se trouve un établissement qui peut fournir trois cent mille poissons par an. RocHBR.
BiBL. : Sauvage, dans Brehm, les Poissons, éd. franc. — GuNTHER, Study ofFis/ies. — CuviER et Valenciennes, Hist* nat. générale des Poissons.
CARAT ou KARAT, Poids servant à évaluer le poids des diamants et valant Ogr. 2052 ; il se divise en quatre grains.
CARATA. Lac sur la côte orientale de la rép. de Nicaragua (V. Nicaragua).
CA RATAS CA. Lac ou plutôt lagune, sur ia côte N. de la rép. de Honduras (V. Honduras),
ÇARATE (Augustin de) (V. Zarate).
CARATHÉODORY (Etienne), médecin turc, né à Andrinople le 47 mars 1789, mort à Constantinople le 11 avr. 1867. Il fut élevé à l'école de cette ville. A Fâge de seize ans, il la quitta et passa à Cydonie, ville de l'Asie Mineure. Le collège de Cydonie était alors au nombre des établissements d'instruction les plus renommés en Grèce. Ses études achevées, Carathéodory revint à Andrinople. On était en 1809. Ses goûts le déterminèrent à quitter la Turquie pour étendre son instruction. 11 partit pour l'Italie. Inscrit parmi les élèves de l'Université de Pise, il étudia les sciences mathématiques et physiques, puis se tourna |du côté de la médecine et reçut le grade de docteur en 1819. Doué d'une grande activité d'esprit, il avait visité Florence, Ancône, Slilan, Rome et Venise, fouillant les bibliothèques, fréquentant les théâtres, cultivant les lettres et la poésie. En 1816, il fit paraître à Trieste des idylles où l'on sentait l'inspiration de Théocrite, de Moschus, de Bien, d'Ovide, de Virgile et de Gessner. En 1819, il retourna à Andrinople, il
prit la direction de l'école de cette ville et il la transforma en pmnase. U y enseignait le grec, l'italien, les mathématiques, l'anthropologie. Au bout de cinq ans, en 1824, il renonça à la direction de cette école et se livra tout entier à l'enseignement et à l'exercice de la médecine. Il s'y fit bientôt une grande renommée. En 1826, il se transporta à Constantinople. Il ne tarda pas à attirer l'attention sur lui et, en 1827, le sultan Mahmoud II le choisit pour son médecin. Il fut aussi celui d'Abdul-Medjid de 1828 à 1861. Ce fut lui qui fut chargé de fonder l'école impériale de médecine, il y occupa une chaire pendant quarante années. Il enseignait en français ou en turc la zoologie et la botanique. Son activité n'avait d'égal que son zèle à servir tout le monde. Il visitait les pauvres dans les plus misérables quartiers. L'influence qu'il s'acquérait ainsi, il la faisait servir aux intérêts de la Grèce et de la littérature. Il surveillait les écoles, il remettait en honneur Homère et Démosthène. Il n'y avait pas de commissions importantes dont il ne fût membre. Lorsqu'en 1861 on fonda le Syllogue grec^ ses concitoyens le choisirent pour en être le premier président. Il avait un goût prononcé pour les langues et une facilité singulière à les apprendre. On lui a entendu dire qu'il pouvait lire l'Ecriture Sainte en dix-huit langues. Il était en toute chose un modèle de science et de vertu. Il a laissé en manuscrits beaucoup d'ouvrages d'érudition, de critique et de controverse religieuse. Gidel.
BiBL. : Marinos Papadopoulos Vrétos 1866 ('EOvixov ^HjxspoXdyiov ; Paris et Athènes).— Ulmpartial^ journal français publié à Smyrne n« 1846, article anonyme. — Le Temps ('Atwv), journal grec publié à Athènes, article anonyme n» 2,237. — Bioç IlT£<pàvou KapaOsoStop^ , 'laipou, lecture faite dans l'assemblée du Syllogue grec le 16oct. 1867 par M. Tantalidès. Cette biographie a été publiée à Constantinople chez Antoine Coromilas. On trouvera quelques détails sur Carathéodory dans le livre de M. Chassiotis intitulé l'Instruction publique chez les Grecs; Paris, 1881.
CARATOMUS (V. Cassidulus).
CARATTI. Mesure de capacité usitée à Naples, elle vaut 18hectol.42.
CARAUD (Joseph), peintre français, né à Cluny (Saôneet-Loire) le 5 janv. 4821 ; élève d'Abel de Pujol et de C. Mûller. Portraitiste et peintre de genre, peintre de petites scènes intimes, de sujets anecdotiques, M. Garaud a exposé à partir de 1843. Il a peint au début quelques tableaux italiens et quelques tableaux algériens, puis il s'est attaché à un genre tout français, C ce genre où Meissonnier s'est fait une place à part. On se rappelle de M. Garaud quelques scènes empruntées à notre histoire théâtrale et littéraire ou à l'histoire, telle qu'on la retrouve dans les mémoires. M. Garaud a peint, dans cette donnée, la Reine Marie-Antoinette au Petit Trianon ; VAbbé Prévost lisant Manon Lescaut chez une actrice; la Représentation d Athalie par les de^ moiselles de Saint-Cyr; Louis XV et M^^ Dubarry; le Roi Louis XVI dans son atelier de serrurerie. Il a emprunté plusieurs compositions au Mariage de Figaro* Parmi les nombreuses scènes de genre dont il est l'auteur, on peut citer le Billet surpris, la Chaise a porteurs, le Premier-né, réexposé au Champ-de-Mars en 1867; le Printemps, l'Abbé complaisant (Exp. de 1878), la Pie (Exp. de 1882). M. Garaud a obtenu une médaille de 3® classe en 1859, de 2« classe en 1861, un rappel de médaille en 1863 et a reçu la décoration de la Légion d'honneur en 1867, Ant. V.
CARAUSIUS, tyran de la Bretagne de 287 à 293. Né chez les Menapii, peuple de la Gaule Belgique, il avait commencé sa carrière militaire sur les flottes impériales ; l'empereur Maximien, collègue de Dioclétien, l'éleva à à une haute position en le chargeant de garder avec une flotte le détroit entre la Belgique et la Bretagne (le Pas de Calais), quiétait infesté par les pirates francs et saxons. Le nouvel amiral fut accusé de s'entendre avec les pirates
CARAUSIUS — CARAVAGE
et de garder pour lui une partie du butin ; Maximien donna Tordre de Tarrêter et de le mettre à mort. Alors Carausius se révolte ouvertement, passe en Bretagne et y prend le titre d'empereur (287). 11 se montra digne de cette usurpation par l'énergie avec laquelle il administra son royaume ; il équipa une flotte nombreuse, qui lui assura la domination sur les mers voisines; Gesoriacum même (Boulogne-sur-Mer) tomba entre ses mains. Maximien prépara une grande expédition pour soumettre l'usurpateur; mais la supériorité navale de son adversaire le força à lui abandonner le royaume qu'il avait conduis et même à lui reconnaître par un traité régulier le titre d'Auguste (290). On a des monnaies de l'usurpateur dont le revers offre trois têtes, Carausius, Dioclétien et Maximien, entourées de cette orgueilleuse légende : Carausius et fr aires sui. Quand Constance Chlore eut été nommé césar avec le gouvernement des Gaules et de la Bretagne, il recommença l'expédition où. Maximien avait échoué; Carausius fut alors assassiné par son préfet du prétoire, Allectus (293). Celui-ci prit sa place et la garda trois ans ; la Bretagne ne fit retour à l'Empire qu'en '^dQ, après en avoir été détachée pendant neuf ans. G. L.-G.
BiBL. : AuRELius Victor, de Cœsaribiis, — Eutrope, Historia romana, — Duruy, Hist. des RomainSj t. VI (édit. illustrée). — Egkhel, Doctrina nummorum veterum, t. VIII, étudie les monnaies de Carausius.
CARAYACA. Ville de la prov. de Murcie (Espagne), sur le fleuve du môme nom (affluent duSegura), dans un canton fertile, est un centre industriel actif (papeteries, teintureries, tanneries, huiles, savons, etc.). Eglise construite sur les plans de Herrera ; ruines d'une vieille forteresse au-dessus de la ville ; 15,017 hab., ch.-l. de district. E. Cat.
CARAVAGE (Polydore de), peintre italien ; il s'appelait Polidoro Caldaraf mais, comme il était né vers 1495 à Caravaggio, dans le Milanais, ses contemporains lui ont donné le nom de sa ville natale, et ce nom lui est resté. 11 est mort à Messine en 1543. Venu fort jeune à Rome, il s'y trouva sans métier et sans ressources et, pour vivre, fut contraint d'accepter les plus humbles besopes. A l'époque où le Vatican était une ruche laborieuse, il servit d'aide aux maçons ; il gâchait le mortier et transportait les pierres. Son seul délassement consistait à suivre d'un œil attentif le travail des peintres qui couvraient alors de fresques glorieuses les murs du palais pontifical. C'est ainsi qu'il connut Raphaël, Jean d'Udine et quelques-uns de leurs collaborateurs. Bien accueilli par ces grands maîtres, qu'intéressait le zèle intelligent du jeune ouvrier, Caldara essaya de faire de la peinture et il y réussit. On dit même que sous la direction de Jean d'Udine il eut une certaine part à la décoration des Loges, car il a débuté par l'arabesque et il est toujours resté fidèle à l'ornement. Il étudia curieusement les œuvres de Fart antique, et il y apprit à la fois les fières allures du style et un peu de cette mythologie qu'il admirait d'abord sans la connaître et qui devint bientôt le thème ordinaire de ses inspirations. Caldara fut en réalité l'élève de l'atelier du Vatican : c'est en raison de cet apprentissage que les historiens le classent dans l'école romaine, malgré ses origines lombardes.
C'était alors l'usage à Rome de peindre la façade des palais. Associé à un camarade florentin, Maturino, qui était lui-même un artiste des plus habiles, Polydore de Caravage décora de bas-reliefs simulés et de grisailles à deux tons un grand nombre de maisons romaines. Vasari nous fournit une précieuse énumération des travaux que les deux peintres exécutèrent à cette époque. Ils imitaient les saillies de la pierre sculptée ou même les luisants du bronze, empruntant de préférence leurs motifs à l'allégorie, à la fable ou à l'histoire des héros de l'antiquité, et mêlant volontiers aux figures des trophées d'armes, des mascarons et tous les caprices de l'ornementation chère à la Renaissance. En même temps, Caldara multipliait les
dessins; il inventait des compositions chimériques, des arabesques, des modèles de vases qui, répandus et imités dans tous les ateliers italiens, sont devenus un des éléments caractéristiques du style décoratif au xvi® siècle.
Polydore de Caravage était jeune encore lorsque le siège et le sac de Rome (1527) vinrent interrompre ses travaux. Son ami Maturino étant mort à la même époque, il eut un accès de découragement et alla chercher fortune ailleurs. Il se rendit d'abord à Naples, où il ne fut pas menacé de mourir de laim comme le raconte Vasari ; car il y fut au contraire accueilli avec l'estime qu'il méritait; il y trouva du travail et il y fonda môme une école. A une date que nous ne savons pas, il quitta Naples et se retira en Sicile. Il a longtemps habité Messine, où il a formé plusieurs disciples. Il y travaillait encore en 1535 lorsque Charles-Quint, revenant de Tunis, traversa pompeusement la ville. Des arcs de triomphe furent élevés, suivant l'usage, pour fêter l'arrivée de j'empereur victorieux, et ce fut Caldara qui fut chargé de dresser et de décorer ces fragiles monuments de l'enthousiasme municipal. Le laborieux artiste songeait à retourner à Rome, il avait gagné quelque argent, lorsque sa fortune, réelle ou supposée, lui devint fatale. En 1543, il fut traîtreusement volé et assassiné par un de ses élèves, Tonno Calabrèse, qui avait peut-être des dispositions pour la peinture, mais qui fit bien voir ce jour-là que le meurtre était son aptitude essentielle.
Les peintures de Polydore de Caravage ne sont pas très nombreuses. Toutes* celles qu'il avait faites avec Maturino sur les façades des maisons romaines ont péri, effacées par l'action du temps ou détruites par la pioche des démolisseurs. Pour celles qui décoraient l'intérieur des églises, il en reste çà et là quelques vestiges. Ainsi on voit encore à Saint-Sylvestre de Monte-Cavallo deux compositions tirées de la légende de Marie-Madeleine. Les deux scènes s'encadrent de paysages que Vasari admirait beaucoup, car c'est à ce propos qu'il déclare que Polydore dessinait les rochers et les arbres avec une maestria sans égale. Caldara s'étant formé à l'école des fresquistes du Vatican et ayant fait surtout de la décoration murale, ses tableaux sont infiniment rares dans les collections publiques. On ne peut guère citer qu'un Méléagre au musée du Capitule ; un Portement de croix au Musée de Naples, un Passage de la mer Rouge, peinture en clair-obscur, au musée Brera, de Milan. Enfin, le Louvre possède un important tableau de Caldara, Psyché reçue dans VOlympe^ œuvre qui donne une idée suffisamment exacte du style que le maître lombard, devenu Romain, avait adopté à la suite de sa collaboration avec Raphaël et de ses études d'après les bas-reliefs antiques. Le musée national a aussi de lui un certain nombre de dessins à la sanguine où se manifeste une savante recherche de l'élégance. Les graveurs italiens Bonasone, Santi Bartoli, Cherubino Alberti, d'autres encore, ont multiplié les estampes d'après les compositions de Polydore de Caravage. Ces gra,vures ont couru le monde et elles ont exercé une influence évidente sur les orfèvres, les céramistes, et en général sur tous les artistes qui vivent du décor. Paul Mantz.
BiBL. : Vasari, le Vite de' pittori. — Lanzi, Storiapittorica delta Italia; Bassano, 1818.
CARAVAGE (Michel-Ange de) ou Michelangelo Merisi (et non Amerighï ou Merigi) , peintre italien, né à Caravaggio, dans le Milanais, en 1569, mort à Porto-Ercole en 1609. Le maître que nous appelons Caravage, en souvenir de sa ville natale, a joué un très grand rôle dans l'histoire de la peinture italienne. Il était fils d'un maçon, travailla lui-même comme muratore et garda toute sa vie les allures d'un rude ouvrier. Venu tout jeune à Milan avec son père, il fut d'abord occupé aux humbles besognes de son premier métier. C'est en préparant l'enduit des murailles que les peintres couvraient de leurs fresques qu'il sentit s'éveiller en lui les vagues ambitions de l'artiste. On ne dit pas quel fut son maître. Après avoir vécu quatre ou cinq ans à Milan^