CARÊME - CARÈNE
in-8) ; ta Pronostication des pronostications composée par Carême Prenant^ docteur es deux facultez de Bacchus et de Vénus (4612, in-8) ; Oraison funèbre de Carême Prenant, composée par le serviteur du roy des melons Andardois (1623, in-8) ; le CaresmePrenant et les jours gras de Tabarin et d'Ysabelle (1622, in-8), etc.
CARcME (Marie-Antoine), célèbre cuisinier, né à Paris le 8 juin 1784, mort à Paris le 12 janv. 1833. Tour à tour chef de bouche de Talleyrand, de George IV d'Angleterre, de l'empereur de Russie, du prince de Wurttemberg, du marquis de Londonderry, de la princesse Bagration, de M. de Rothschild, il acquit une notoriété européenne surtout en cuisinant pour les congrès d'Aix-la-Chapelle, de Vienne et de Laibacb. Il a laissé quelques ouvrages spéciaux publiés à ses frais et fort bien illustrés. Ce sont : le Cuisinier parisien ou Vart de la cuisine française au xix« siècle (Paris, 1828, in-8) ; le Pâtissier royal parisien (Paris, 1828, 2 vol. in-8) qu'on réimprimait encore en 1879 (Paris, 2 vol. in-12) ; VArt de la cuisine française au xix® siècle (Paris, 1833, 5 vol. in-8); le Pâtissier pittoresque (Paris, 1842, ¥ éd.); le Maître d'hôtel français, traité des menus a servira Paris, à Saint-Pétersbourg, à Londres, à Vienne (1820, 2 vol. in-8). On lui doit encore un ouvrage dans un autre ordre d'idées : Projets d'architecture pour les embellissements de Paris et de Saint-Pétersbourg (Paris, 1821-26, in-fol. avec pi.).
BiBL. : Fred. Fayot, le Livre des Cent et Un, 1883. — LouANDRE et BouRQUELOT, Littérature française contemporaine^ t. JI.
CARÉNAGE. Opération qui consiste à réparer oU à entretenir la coque d'un navire, mis à sec dans un bassin, hissé sur cale, échoué sur un gril ou abattu en carène. Lorsqu'elle est d'une certaine importance, elle prend le nom de radoub (V. ce mot). — On donne aussi ce nom à l'emplacement choisi pour les navires qui doivent procéder à cette opération. Aux Antilles, le carénage est une sorte d'abri ou de cul-de-sac où les navires se retirent pendant Thivernage.
CAR EN ÇA (Gorges et étangs de) (Pyrénées-Orientales). Au S. du village de Tanès entre Valls, à 1 kilom., sur la rive dr. de la Tet, s'ouvre la vallée de Carença. On y pénètre par une gorge très étroite qui, ne laissant de passage qu'au torrent et à un petit sentier, s^élargit peu à peu sans que ses parois soient jamais distantes de plus de 150 m. En remontant le torrent pendant cinq heures, on arrive au lac de Carença (2,266 m. d'alt.), de cinq hect. environ, puis au lac Noir (2,400 m.) et enfin au lac Bleu (2,450 m.). Ces lacs sont situés entre le pic de l'Enfer (2,870 m.), les deux pics de la Vache (2,830 m.), qui ferment le fond de la vallée, et le pic de la Fosse du Géant (2,881 m.). Ils ont une assez grande profondeur et renferment beaucoup de truites.
CARENCY. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. de Vimy, sur la Souchez ; 502 hab. Tour romane et souterrains de l'ancien château. La seigneurie de Carency, possédée successivement par les maisons de Bourbon, des Cars et de Bettencourt, fut érigée en marquisat en 1663 en faveur de Jacques Toustain de Frontebosc, passa ensuite dans la maison de Dreux et enfin dans celle de Montmorency.
CAR EN E. I. Marine. — Ce mot atout d'abord, en français comme en latin, signifié quille, puis s'est appliqué à toute la partie du navire immergée. — C'est ce que l'on nomme souvent aussi les œuvres vives, par opposition avec les œuvres rhortes, la partie qui émerge. — Il est d'une haute importance pour la marche du navire et par conséquent pour la meilleure utilisation de son propulseur que la carène présente aux filets liquides le moins de résistance possible. Il y a là à considérer deux éléments : la forme même de la carène, plus ou moins favorable à l'écoulement des molécules de l'avant à l'arrière, et
la résistance de sa surface au frottement de ces molécules. — En effet, supposons, pour simplifier la question, le navire immobile dans un courant animé d'une vitesse égale et de sens contraire à celle que possède véritablement le navire (fig.l), la pression que le liquide en mou-
Fig. 1 .
vement exerce sur un élément de la carène peut être décomposée en deux forces, la première normale à l'élément, c'est la pression ; la deuxième tangente à l'élément, c'est le frottement. Cette dernière force varie évidemment avec la fluidité du liquide et avec le ,'degré de rugosité de la carène. — Occupons-nous d'abord de la pression, — La pression du liquide sur l'élément considéré se compose : 1<> d'une partie de la pression hydrostatique totale, celle qui s'exerce sur le navire en repos aussi bien que sur le navire en mouvement, et qui se traduit par la poussée (tu) que l'on applique, dans tous les calculs, au centre de carène (V. ci-après) ; 2^ de la pression hydrodynamique qui résulte du choc des molécules d'eau en mouvement. — La première de ces pressions étant connue, il est facile de calculer la part qui revient à l'élément de carène considéré ; reste à évaluer la seconde. Bouguer, Euler et Newton, au siècle dernier, se sont préoccupés de figurer la résistance d'an élément de carène de surface to, au choe d'un filet liquide de vitesse u auquel cet élément présente une inclinaison «, et ils ont adopté la formule : R =z k. to. u^. sin^ a, dans laquelle k est un coeflScient qui ne dépend que de la nature du liquide* Malheureusement, les expériences faites depuis le siècle dernier ne permettent pas de se contenter de cette expression fort simple; on constate en effet que chaque filet liquide est dévié de sa direction avant d'avoir atteint l'élément to, et que d'ailleurs la carène s'entoure d'une sorte d'enveloppe liquide qui progresse avec elle dans une certaine mesure. — On remarque même que les filets liquides qui rencontrent un élément de carène perpendiculaire à leur direction, comme c'est le cas dans la marche d'un chaland (fig. 2), ne glissent pas sur la paroi ellemême, mais sur une masse liquide formée de remous, de tourbillons, dont l'ensemble affecte la forme d'une proue,
Fig. 2. — Carène.
à l'avant, et d'une poupe à l'arrière. — Dans ces conditions le problème de l'évaluation de la résistance de la carène à la pression hydrodynamique, ou, inversement, de cette pression, devient fort complexe et Ton n'en a pas encore obtenu la solution théorique.
On sait seulement, grâce à de nombreuses observations et expériences, que les pressions hydrodynamiques s'exercent sur la proue et sur l'avant de la maîtresse section du navire de manière à s'ajouter à la pression hydrostatique, et, sur l'arrière, de manière à s'en retrancher, formant, quand on les décompose, trois composantes : normale à la ligne d'eau, verticale et horizontale, — La composante verticale tend à modifier l'assiette du navire en