CARÈNE
relevant son avant et en abaissant son arrière, effet qui devient très sensible sur les navires à grande vitesse d'aujourd'hui, les torpilleurs par exemple. Toutes les composantes horizontales donnent pour résultante une force totale R, qui agit dans le plan longitudinal du navire, dans le sens d'avant en arrière, et qui se nomme la résisiance directe, — On la représente aujourd'hui, en général, par l'expression KB^V^ dans laquelle B^ est l'aire immergée du maître couple (maîtresse section) et K est un coefiScient variable avec les formes du navire. Quelles sont donc les formes de navire qui donnent la plus faible valeur au coefficient K ? — Quelles sont les carènes de moindre résistance? Romme (1776), Chapmann (1794), Dubuat, il y a quelques années, ont fait sur ce point des expériences intéressantes. — Dubuat a prouvé notamment l'heureuse influence de l'allongement des carènes
sur leur résistance : toutefois, cet avantage est limité eti^ existe une proportion entre l'allongement et la vitesse; au: delà de laquelle la résistance s'accroît. — Enfin, les ingé**^ nieurs anglais Fronde, Reed et autres, ont montré le. bénéfice de raffinement des lignes d'eau à l'avant et à, l'arrière : ces lignes d'eau doivent présenter une c^urbel concave se raccordant à la maîtresse section : 6elle-ci ne doit pas être cylindrique, comme on avait cru pouvoir h tracer pendant quelque temps; le maître couple doit divi**; ser le navire en deux parties à peu près égales. H sembk qu'une proue aiguë prépare de plus loin le passage du maître couple dans les filets liquides, et qu'une poupé affinée facilite la réunion des molécules déplacées par le passage de ce maître couple. Toutefois raffinement de la proue paraît avoir pour limite 10° et celui de la poupe, 15^ (fig. 3). Il résulte en outre des expériences de Fronde
sur l'aviso anglais le Greyhound, qu'au delà de huit à dix nœuds, la résistance croît plus vite que le carré de la vitesse; cet accroissement est même assez marqué pour qu'on soit autorisé dès maintenant à considérer l'exposant de V comme insuffisant dans la formule KB^V^.
Arrivons maintenant à l'influence du frottement Sur la résistance de la carène. — Cette influence est considérable sur la marche des navires en fer, non pas, comme on pourrait le croire, à cause de V insuffisance de poli de la carène de ces bâtiments ; nous savons en effet qu'il se forme sur cette carène une enveloppe liquide sur laquelle viennent glisser les filets d'eau, mais parce que sur les carènes en ier viennent peu à peu se fixer des herbes marines, des coquilles, etc., qui créent des inégalités dans le tracé de chaque ligne d'eau et qui obligent les veines liquides à des déviations anormales. Certaines expériences sembleraient même prouver que, pour les navires longs et fins, l'influence du frottement l'emporterait sur celle de la largeur du maître couple : on a, en conséquence, proposé de transformer la formule KB'V^ en KSY^, S représentant l'ensemble de la surface mouillée. Pour être plus exact, M. Scott Russell a proposé la formule, peu commode pour les calculs : (KS + K'B^)V^. Dans la pratique « on admet comme forme de l'expression de la résistance celle qui convient à l'influence prédominante et l'on altère légèrement la constante pour tenir compte de l'influence que l'on considère comme secondaire » (Guyou, Théorie du navire) (V. pour plus amples renseignements les mots Résistance et Doublage).
Dimension des carènes et leurs proportions. Dans l'ancienne marine de guerre à voiles, la faculté que l'on recherchait d'abord étant celle de Vévolution^ les valeurs admises pour les rapports de la longueur L à la largeur l étaient de 3,7 pour les vaisseaux, de 3,9 pour les corvettes; le rapport du volume de la carène à celui du parallélépipède circonscrit était de 0,62 pour les vaisseaux et de 0,42 pour les corvettes; les angles d'attaque des lignes d'eau étaient 70° à la flottaison (45^ à la 5® ligne d'eau) pour les vaisseaux et 56° à la flottaison (20° à la 5« ligne d'eau) pour les corvettes. — Los clippers américains que l'on tenait à doter de belles vitesses étaient beaucoup
plus longs : j valait 4,9 ou 5,2. Certaines goélettes
vol. carène
: 0,35, avec une acuité
avaient - , , .
vol. paralp. circonse.
de lignes d'eau marquée par 17° à la flottaison et 10°
à la cinquième ligne d'eau. La nécessité d'utiliser le
mieux possible le combustible a fait augmenter peu à peu
le rapport j des vapeurs dans les proportions considérables, que permettent d'ailleurs la rigidité des carènes en fer. j est arrivé ainsi à 6, 8, 10 et 12. — L'acuité,
en certains cas (Aigle) est descendue à 8° à la flottaison et 6° à la cinquième ligne d'eau.
Augmentation de la grandeur des carènes. La dépense de combustible est à peu près proportionnelle à la surface du maître couple ; si l'on double les dimensions linéaires, d'un navire la surface de ce maître couple est qùadruplée : pendant ce temps la capacité intérieure, qui varie comme le cube d'une dimension linéaire, devient huit fois plus forte ; il y a donc avantage pour l'armateur à augmenter les dimensions de ses navires ; aussi voyonsnous en ce moment le nombre des navires à vapeur dimi* nuer et leur tonnage moyen augmenter rapidement. A la vérité interviennent alors des questions accessoires, le tirant d'eau, qui augmente en même temps que le déplacement et qui interdit au navire l'accès de certains ports ; l'inconvénient d'obliger le navire à attendre longtemps son plein de charge, ce qui accroît les frais généraux ; le danger d'engager un capital considérable sur un seul navire, etc., etc. R. D.
11. Botanique, — On donne le nom de carène, en botanique descriptive, à une arête saillante constituée d'ordinaire par la nervure médiane que l'on observe fréquemment sur certaines bractées ou écailles, notamment chez les Glumacées, Graminées et Cypéracées. D'une manière générale, ce mot s'applique à toute saillie courbe longitudinalement offrant plus ou moins d'analogie avec la carène d'un bateau. On désigne tout particulièrement sous ce nom la pièce inférieure de la corolle des Papilionacées formée par le rapprochement ou la soudure des deux pétales antérieurs (V. Corolle), P. Maury.
IlL Hydrostatique. — Centre de carène» Surface des centres de mrène. Si l'on considère un corps flottant
CARÈNE — CARESANA
sur un liquide, on appelle plan de flottaison le plan de la surface libre du liquide, la partie du corps flottant située au-dessous du plan de flottaison est ce que Ton appelle la carène, le centre de gravité du volume de la carène estle centre de carène. Supposons que Ton déplace le centre de gravité du corps flottant en modifiant le mode de distribution de ses masses mais sans changer ni son poids ni sa forme extérieure, la surface de flottaison se déplacera dans le corps, et le centre de carène également; le lieu des centres de carène, dans cette hypothèse, est ce que Ton appelle la surface des centres de carène, l'enveloppe des surfaces de flottaison est la surface des flottaisons. Autrefois, ces deux surfaces jouaient un rôle important dans la théorie de l'équilibre des corps flottants, li. Laurent.
BiBL. : Charles Dupin, Applications de géométrie et de mécanique à la marine, aux ponts et chaussées, etc. : Paris, 1822.
CARÈNES (les) (Carinœ) ^qmvtier de l'ancienne Rome (V. Rome).
CARENNAC. Corn, du dép. du Lot, arr. de Gourdon, cant. de Vayrac, sur la Dordogne; 898 hab. Eglise romane (mon. hist.) ; il y faut remarquer la porte extérieure dont le tympan est orné d'une grande statue du Christ entouré des animaux symboliques et des douze apôtres ; cette porte donne accès à un vestibule, dont la porte a des chapiteaux historiés. Le chœur a été reconstruit à la fin du xiii« siècle. Au N. de l'église, galerie de cloître datant du xv® siècle. La maison Tillac au S. de l'église a conservé une belle cheminée de la Renaissance, — Exploitation de pierre de taille. Mine de fer. Vins blancs.
CARENO (Aloisio di), médecin italien, né à Pavie en 1766, mort en 1810. 11 exerça sa profession à Vienne (Autriche) et s'appliqua surtout à propager la vaccine. Il a publié plusieurs opuscules sur ce sujet (1791, 1801), une traduction de Jenner (1799), et entre autres : Observ. de epidemica constitutione anni i789 in civico nosocomio Viennensi (Vienne, 1790, 1794, in--8) ; à la 2« éd. est joint : Tentam. de morbo pellagra, etc., publié aussi séparément (Vienne, 1794, in-8) ; Diss, medicO'Chirurgiche pratiche, etc. (Vienne, 1790), in-8).
CARENSES. Pline appelle de ce nom les habitants d'une ville de la Tarraconaise (Espagne ancienne), au district de Csesaraugusta. L'ethnique Karesis se trouve aussi dans une inscription, qui a été trouvée avec plusieurs autres débris antiques, au village de Santacara, sur le fleuve Aragon. Il semble donc qu'il y avait là une ville antique de Kara ou Cara,
CARENTAN. Ch.-l. de cant. du dép. de la Manche, arr. de Saint-Lô; 3,232 hab. Situé au milieu de vastes prairies marécageuses sur l'Ouve ou la Douve et la Taute et sur le canal de Vire et Taute. — Ville très ancienne, elle doit à l'importance de sa position comme clef du Gotentin d'avoir joué un assez grand rôle dans l'histoire militaire et d'avoir subi de nombreux sièges. Prise par Geoffroy Plantagenet en 1142 et par Edouard III en 1346, puis par Duguesclin en 1364, elle le fut de nouveau en 1404 par le duc de Clarence ; Talbot ne put s'en emparer en 1417, mais elle n'en tomba pas moins au pouvoir des Anglais peu après et ce fut seulement en 1449 que le connétable de Richement la reprit. Elle eut à souffrir aussi des guerres de religion. Plusieurs fois aux mains des protestants et désignée par le traité d'Amboise de 1563 pour être une de leurs places de sûreté, elle fut définitivement recouvrée par les catholiques en 1574, En 1589 elle fit sa soumission à Henri IV. Etait le chef-lieu d'une élection et d'un bailliage. Fut ravagée par les deux grands incendies de 1679 et de 1800. A été démantelée en 1853. — Eglise ancienne, de divers styles du XII® au XVI® siècle, très ornementée ; ruines d'un château fort des xu« et xiv® siècles ; collège du commencement du XVII® siècle (ancien couvent). — - Communique avec la mer au moyen de l'écluse du Haut-Dick placée au confluent
des rivières d'Aure'et de Taute et reliée au port par un magnifique canal; son petit port est très actif, il fait un commerce très important de beurre, d'œufs et de gibier
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Eglise de Carentan.
avec l'Angleterre, de bestiaux gras, de vins et d'eaux-devie. Les armes de la ville sont : d'azur à un sautoir d'argent. — Un assez grand nombre de personnages historiques sont nés à Carentan, entre autres le poètegazetier Loret (mort en 1665) et l'avocat Elie de Beaumont (mort en 1786). — Le fort du Pont d'Ouve, bâti en plein marais, à 2 kil., a pu servir de défense à tout le Cotentin. M. B-x.
BiBL. : De Pontaumont, Histoire de la ville de Carentan ; Cherbourg. 1863, in-8. — Du même, Histoire de Vancienne élection de Carentan; Paris, 1866, in-8, pp. 17-19.
CARENTOm (en breton Kerantoir, c.-à-d. la ville aux couvreurs, nom dû aux ardoisières du territoire de cette commune). Corn, du dép. du Morbihan, arr. de Vannes, cant. de la GaciHy ; 3,981 hab. Cette localité est mentionnée dès le ix® siècle. L'église de Saint-Marcou a conservé quelques parties romanes. Ruines de l'ancienne commanderie de Saint-Jean, au hameau dir Temple. Carentoir a été chef-lieu de canton de 1792 à 1837. — Exploitation de schiste argileux. Nombreux moulins.
BiBL. : GuiLLOTiN DE CoRsoN, Noticcs Iiistoriqucs sur l'ancienne paroisse de Carentoir, 1868, in-8.
CARENTOMAGUS (V. Carantomagus).
CARENTONIEN (Géol.). Terme appliqué par M. de Lapparent dans son Traité de géologie, au sous-étage supérieur du cénomanien qui comprend de la sorte le rotomagien ou craie glauconieusede Rouen, et le carentonien ou couches à ichthyosarcolithes (calcaires à Caprinelles) et à ostracées de la Charente. Ce nom a été emprunté à M. Coquand qui le premier (Bull, de la Soc, géol. de France, 2^ sér., t. XIV, 1856) a eu le mérite de signaler l'importance des dépôts de cet âge dans les Charentes (V. Cénomanien) . Ch.' Vélain.
GARES (Géog. anc.) (V. Carie).
CARESANA (Christophe), compositeur italien, né en 1655, mort à Naples en 1713. Il fut organiste de la chapelle royale de Naples, 11 a publié en 1680 un recueil de Solfeggi a più voci, très estimés, que Choron a réimprimés en 1818 ; un recueil de chants religieux (1681) ; cinq
CARESANA — CARET
livres de Duetti de caméra (1693) et des motets à 2, 3, 4 voix (1700); il a laissé en manuscrit des messes de Requiem et deux oratorios.
CARESME (Philippe), peintre et graveur français, né à Paris le 22 fév. 1764, mort à Paris le l®»^ mars 1796. Elève de Cii. -Antoine Coypel, il fut agréé à l'Académie royale en 1766, mais exclu en 1778 pour n'avoir pas fourni son morceau de réception, c.-à-d. un des plafonds de la galerie d'Apollon. Caresme a pris part aux Salons de 1767, 1769, 1775, 1777, par des allégories , des bacchanales , des scènes champêtres et quelques études de nature morte. Au début de la Révolution, il grava, d'après ses propres dessins, deux planches aujourd'hui recherchées : les Dames de la halle se rendant à Versailles, le 5 octobre ilB9 et V Exécution du marquis de Favras ; on cite également de lui un portrait de Reine Audu, l'héroïne de ces mêmes journées des 5 et 6 octobre, et les Dernières paroles de Chalier dans les prisons de Lyon, composition gravée par Tassaërt ; mais c'est surtout comme peintre à gouasse (gouache) de sujets galants et même erotiques que Caresme est connu aujourd'hui : on lui attribue notamment les illustrations d'un manuscrit fameux exécuté pour le financier La Popelinière : Tableaux des mœurs du temps dans les différents âges de la viCy celles d'un exemplaire du Balai de Du Laurens, ayant appartenu à Ch. Nodier, etc. Diderot, qui n'est point louangeur pour les artistes ses contemporains, dit en parlant des dessins de Caresme du Salon de 1767 : « Ils sont charmants et un grand maitre ne les désavouerait pas » ; éloge que ne justifient pas les spécimens possédés par les musées de Nantes et de Bordeaux, ou par quelques particuliers. Caresme avait obtenu par l'intermédiaire de Joseph Vernet la commande de deux tableaux pour la cathédrale de Rayonne : une Nativité de la Vierge et une Annoncia-
tion, encore intactes en i 863. Ses compositions familières ou grivoises ont été interprétées par une foule de graveurs : Anselin, Bonnet, Briceau, Elluin, Flipart, Patas, etc. M. Tx,
BiBL. : Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, — Salons de Diderot (éd. Assézat). — R. PoRTALîs, les Dessinateurs d'illustrations au xviii» siècle. — Chronique des Arts (1863), notes de MM. Paul Mantz et Léon Lagrange.— Bellter de la Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de Vécole française,
CARESTINl (Giovanni), chanteur dramatique italien, né à Monte-Filatrano, dans la marche d'Ancône, sans doute à la fin du xvii® siècle, mort vers 1760. On le surnomma Cusanino, parce que, dès l'âge de douze ans, il devint le protégé de la famille des Cusani, de Milan. Doué d'une voix de contralto superbe et d'une rare étendue, en possession d'un physique avantageux et plein d'élégance, avec cela chanteur consommé, à l'habileté pleine de hardiesse, et comédien excellent, Carestini obtint au théâtre d'immenses succès au cours d'une carrière qui se prolongea pendant près de quarante années. Sa première apparition à la scène eut lieu à Rome, en 1721, dans un opéra de Bononeini, Griselda; en 1723, il était appelé à Prague, pour y chanter aux fêtes du couronnement de l'empereur Charles VI ; en 1724, il se produisait à Mantoue, et en 1725 il chantait à Venise le Seleuco de Zuccari. On le retrouve en 1728 à Rome, où il reste jusqu'en 1730 et oti il se fait surtout applaudir dans deux opéras de Vinci : Alessandro nelV Indie eiArtaserse. Trois ans après, le célèbre Senesino ayant quitté l'Angleterre, Carestini fut appelé pour le remplacer. Il retourna ensuite en Italie, se produisit notamment à Parme, de là se rendit en 1754 à Berlin, de 1755 à 1758 à Saint-Pétersbourg, puis se décida à prendre sa retraite. A. P.
CARET (Erpét,). Nom vulgaire d'une Tortue du genre Chelonia de la famille des Cheloniidœ (V. ces mots), le Chelonia imbricata L. , dont le principal caractère
Caret (Chelonia imbricata L.).
est tiré de l'imbrication des plaques du disque ; la l lante dans son milieu ; la partie supérieure du corps est carapace est relevée en une carèno plus ou moins sail- I généralement jaune, jaspée de brun, les plaques de la