CARGAISON - CA^RGO-BOAT
S« éd. in-8. — Caumont, Dictionnaiire de droit marilime ; Paris, 1867, m-8, table générale, v'* Cargaison, -^Bali^oz, Répertoire méthodique et alphnàétique de législation, etc.; Paris, 1850, t. XVIIl. v» Droit maritime, n'» 1529, 1610 et suiv. — Deî^jardïns, Traité de droit commercial mari" time ; Paris, 1878-1887, 6 vol. in-8, passim. — Lyon- Caen et Renault, Précis de droit commercial; Paris, 1879-1885, t. Il, 2 vol. in-8.
CAR6ESE ou GAR6HESE. Corn, du dép. de la Corse, arr. d'Ajaccio, cant. de Piana ; 4,001 hab. Bâtie régulièrement, sur une hauteur qui domine le golfe de Sagona, territoire bien cultivé. Le bourg de Cargèse présente une particularité intéressante et des plus remarquables. Il est habité par une colonie grecque, transplantée en Corse il y a plus de deux siècles et qui a conservé Ja langue et sous plusieurs rapports la physionomie de sa patrie d'origine. En 1676, des habitants de la province de Mania, dans Tancienne Laconie, voulant fuir le despotisme des Turcs, firent demander à la république de Gênes des terres pour s'y établir. Le gouvernement génois leur en concéda en Corse, dans les domaines de Paomia et Ruvida, non loin du lieu où est aujourd'hui Cargèse, Il voyait avec faveur de nouveaux sujets, ses obligés, s'établir au milieu des Corses, dont la fidélité était plus que douteuse. Les Maïnotes, comme une colonie de la Grèce antique, partirent au nombre de sept cent quarante et vinrent prendre possession des terres qui leur étaient assignées. Mais les habitants du pays virent avec un extrêmô déplaisir ces co-partageants, alliés des Génois, leur suscitèrent mille querelles et leur contestèrent la possession des terres. Finalement, lorsque, à la suite de l'insurrection qui commença en 4729, l'intérieur de la Corse se fut soustrait à la domination génoise, la colonie grecque, menacée d'être exterminée, dut chercher un refuge dans la ville d'Ajaccio, sous la protection d'une citadelle dont les Corses ne pouvaient s'emparer. Les Grecs y vécurent pendant quarante années comme ils purent. Enfin, lorsqu'on 4769 Tile fut passée aux mains de la France, ils demandèrent un nouvel établissement. On leur assigna le territoire de Cargèse et on les aida à bâtir le village qui fut érigé en marquisat, au profit de M. de Marbeuf, lieutenant général et gouverneur de l'île. Les Grecs de Cargèse eurent encore à souffrir de la diversité des races, au milieu des troubles de la Révolution, puis en 1814. Depuis, toute trace de mésintelligence a disparu. Les principales familles grecques ont pris place parmi 'les familles les plus importantes du pays. Quelques-unes d'entre elles prétendent descendre de la dynastie impériale des Comnène, qui a régné à Constantinople. La duchesse d'Abrantès, femme du maréchal et auteur de mémoires, était une Comnène et avait la prétention de descendre des souverains du Bas-Empire. Cargèse est aujourd'hui divisé à peu près également et selon le rite religieux, en Grecs descendant des Maïnotes et en Latins, ou anciens Corses ; toutefois, s'il existe à Cargèse comme dans presque toute la Corse des dissidences locales, elles sont peut-être moins accentuées qu'ailleurs et ne correspondent plus à la race. Depuis leur arrivée en Corse, les colons ont abandonné la religion grecque schismatique, mais ils conservent le rite grec-uni. Leurs offices sont célébrés, selon ce rite, dans une église spéciale, par un archimandrite qui, tout en ayant fait ses études à Athènes, dépend de l'évêque d'Ajaccio. L'archimandrite sert aussi d'instituteur pour la langue des aïeux. On par'e couramment trois langues à Cargèse : le grec moderne, le français et l'italien. Les descendants, des anciens colons, bien que sincèrement français, recherchent les occasions d'entretenir quelques rapports avec la Grèce, en ce qui concerne la langue et les traditions. Le costume national, excepté pour leur prêtre, a été depuis longtemps abandonné par eux, mais les traits ont conservé le type priniitif et les noms de famille, dont le plus connu est celui de Stephanopoli, sont conformes à l'origine. Quoi qu'il en soit, on peut prévoir que l'homogénéité, longtemps maintenue par les persécutions dont la colonie a
été l'objet et encore très sensible aujourd'hui, ne tardera pas à disparaître. Le territoire de Cargèse produit du blé, du vin, de l'huile. Les rochers du golfe de Sagona, baignés par la mer, donnent une mousse ou lichen, connu en pharmacie sous le nom de mousse de Corse et qui est un puissant vermifuge. On l'appelle dans le pays Erba greca, parce que ce sont les Grecs de Cargèse qui en ont découvert et fait connaître les propriétés. A. Corazzï.
CARGESE (Algérie) (V. Sidi-Merouân).
CARGIACA. Corn, du dép. de la Corse, arr. de Sartène, cant. de Santa-Lucia-di-Tallano ; 362 hab.
CAR6NEULE. Variété caverneuse et cloisonnée de dolomie, très répandue dans la région des Alpes Occidentales où ces roches rudes au toucher, à aspect scoriacé, appartiennent au Keuper (trias supérieur) et viennent se relier aux gîtes salifères de Bex et de Tarentaise. De pareilles dolomies cloisonnées, à grain cristallin, s'observent ensuite très développées, soit dans le Muscbelkalk (trias moyen) des Corbières, de la Souabe et de la Franconie, soit et surtout au milieu des assises marines, qualifiées de zechstein, qui terminent la permien dans l'Allemagne centrale (V. Dolomie et Calcaire). Ch. Vélain.
GAR60-B0AT (Mar.). On donne ce nom anglais aux navires à vapeur affectés spécialement au transport des marchandises. Les paquebots à grande vitesse embarquent aussi d'importants chargements, mais, en raison des frais considérables qu'il entraîne, ce moyen de transport est très onéreux et ne peut être supporté que par des marchandises de valeur qu'il est avantageux de faire voyager rapidement, tant pour assurer leur bonne conservation qu'en raison du préjudice pécuniaire causé par leur immobilisation à bord. Le cargo-boat doit au contraire efi'ectuer des transports au meilleur marché possible. — La coque en fer ou en acier est construite économiquement et cependant très robuste ; les formes des fonds sont très pleines, ce qui permet d'établir de vastes cales de chargement, il en est de même pour les extrémités. Il résulte de ces dispositions que les coques des cargo-boats sont loin de posséder l'élégance de forme des paquebots et des navires à voiles, elles ressemblent plutôt à d'énormes caisses à fond plat et à côtés verticaux, ce qui simplifie singulièrement leur construction, car sur la plus grande partie de leur longueur les couples ont même profil, et le bordé est composé presque exclusivement de surfaces planes. Il est aussi très avantageux, au point de vue de l'abaissement du prix de revient du transport, que ces navires puissent prendre de forts chargements ; ils jaugent aujourd'hui de 4,200 à^3,000 tonneaux, et leurs dimensions tendent toujours à s'accroître. Les machines des cargo-boats sont très simples et capables de leur imprimer des vitesses comprises entre huit et dix nœuds. Lorsque le navire doit toujours posséder des chargements de même nature, du charbon ou des grains par exemple, on peut balancer les poids à bord de manière à placer la machine sur l'arrière et la totalité d u chargement sur J'avant de celle-ci ; cette disposition est très avantageuse, car le navire ne se trouve pas coupé en deux par l'appareil moteur, et elle diminue beaucoup la longueur de la ligne d'arbres ainsi que la capacité de son tunnel. Si au contraire le chargement doit être quelconque, il est nécessaire de placer la machine au milieu du navire, de manière à pouvoir répartir également le poids sur l'avant et sur l'arrière. Les cargo-boats possèdent un outillage qui leur permet de charger et de décharger rapidement avec un équipage peu nombreux ; de grands progrès ont été réalisés dans ce sens, car il suffit maintenant d'un seul jour pour décharger un navire de 2,000 tonneaux dans un port convenablement aménagé. — L'armement est des plus simples. Le cargo-boat qui navigue au cabotage ne porte que deux mâts goélette ; le long-coursier a le phare de l'avant carré. 11 peut y établir une misaine, un double hunier et un perroquet. Les bras, les écoutes et les drisses sont en chaîne, la manœuvre peut se faire facilement, avec peu de monde, à l'aide des treuils
GARGO-BOAT - CARGUE
à vapeur ou des appareils hydrauliques. 11 existe généralement un appareil à gouverner à la main sur Tarrière et une commande à vapeur du gouvernail sur la passerelle. Les aménagements pour les logements du capitaine et des officiers sont très confortables et situés dans un roof ou sur une dunette, le poste de l'équipage est à Tavant. Les cargo-boats peuvent en outre être aménagés pour recevoir un certain nombre de passagers de chambre qui voyagent ainsi plus lentement, mais aussi plus économiquement que sur les paquebots à grande vitesse.
Le cargo-boat muni des derniers perfectionnements est de beaucoup le véhicule le plus économique pour le transport des marchandises. Un semblable navire possédant une machine à triple expansion, portant 2,500 tonnes de charbon et de marchandises et filant 8 nœuds 6, soit 16 kil. à l'heure, ne consomme que 10,5 tonnes de charbon par jour, ce qui revient à une dépense de 1 1 gr. de charbon par tonne kilométrique à la vitesse précitée. E. C. CARGUE (Mar.). Les cargues sont des cordes fixées par une extrémité sur les ralingues d'une voile et servant à la replier sur elle-même lorsqu'on veut la soustraire à Faction du vent ou la serrer. Les voiles carrées se repHent sousleurs vergues, les voiles auriques sous leur corne et le long du mât. La disposition des cargues est très variée ; leur passage , leur nombre, dépendent de la grandeur de la voile et de son espèce; nous allons passer en revue les cas les plus intéressants.
Voiles carrées. — Une voile carrée possède : des cargues-points^ frappées aux points inférieurs, servant à les ramener sous la partie centrale de la vergue et sur l'arrière de la voile; des cargues-fondy frappées sur les ralingues de fond, servant à les ramener au centre et sur le devant de la vergue ; des cargues-boulines, frappées sur les ralingues de chute, servant à les relever le long de la vergue. Il y a donc ordinairement six cargues : deux cargues-points, deux cargues-fond et deux carguesboulines ; on diflérencie deux cargues de même espèce par la dénomination de tribord ou de bâbord, selon le côté de la voile où elles sont fixées. — Les cargues passent dans des poulies de retour fixées dans le gréeraent, de façon qu'elles relèvent la voile et la mettent en position convenable pour être serrées, puis redescendent sur le pont où l'équipage cargue la voile en halant sur leurs extrémités libres. — Si la surface de la voile est grande, l'effort à faire sur la cargue, lorsque la brise est fraîche, est souvent considérable. La cargue, au lieu d'être simple, est alors passée en double, ce qui diminue de moitié la force qui doit y être appliquée ; c'est le cas des cargues-points des basses voiles et des huniers; dans d'autres cas, la cargue simple forme une itague qui se termine par un palan : c'est la disposition des cargues-fond de basse voile. Pour la même raison, on augmente quelquefois le nombre des cargues; c'est ainsi que sur les basses voiles de grande surface, il existe deux cargues-boulines de chaque bord, celle d'en dedans et celle à' en dehors frappée au-dessus de la première. Enfin on multiplie les points d'action de la cargue-fond de basse voile et de hunier, on la fait passer dans un margouillet frappé sur
Cargo-Boat.
la ralingue de fond, en dedans des points où elle y est fixée elle-même. — Les perroquets et les cacatois, ayant une surface beaucoup moindre que les basses voiles et les huniers, ont un système de cargues moins complet. Le perroquet n'a pas de cargue-bouline, ses cargues-points sont simples, il n'a qu'une cargue-fond qui se divise en deux branches frappées sur la ralingue de fond, de part et d'autre de son milieu. Le cacatois n'a que deux carguespoints simples.
Voiles auriques. — Les voiles auriques : brigantine et voile goélette, possèdent des cargues frappées sur leur ralingue de chute arrière et passant dans les poulies estropées sur la corne ou le long du bas mât ; nous avons vu au mot Brigantine la disposition de ces cargues, qui est la même sur chacune des faces de la voile, et leur classification en cargues-hautes, cargues-basses et étrangloirs. On adopte maintenant sur tous les navires où l'on ne dispose pas d'un équipage nombreux une autre installation des cargues, qui fait descendre à la partie inférieure de la corne toute la ralingue d'envergure de la voile, celle-ci se trouve ramenée contre le bas mât par les cargues, dont toutes les poulies de retour sont estropées sur ce mât.
Voiles