CAROTIDES
semblent beaucoup à ceux de la carotide primitive, disphagie, douleurs, vertiges; ils ont une grande tendance à se porter vers le pharynx, et on peut les voir dans l'arrière-gorge où leurs battements, sont si superficiels qu'on croirait que la tumeur, recouverte seulement d'une mince couche de tissus, va se rompre. Leur plus grand danger consiste à les confondre avec un abcès de l'amygdale et à les inciser, ce qui est déjà arrivé; en pareil cas la mort est presque foudroyante. Le traitement est semblable à celui des anévrysmes de la carotide primitive ; il faut préférer la compression à la ligature, comme moins dangereuse, car les deux moyens n'ont pas donné de bien bons résultats. Les anévrysmes artério-veineux de la carotide interne et de la jugulaire interne sont aussi très rares, car on en compte à peine une dizaine de cas ; ils succèdent, comme ceux de la carotide primitive, à la blessure simultanée des deux vaisseaux. Les symptômes sont aussi les mêmes et la gravité n'est pas plus grande. On ne pourrait prendre cette affection que pour une affection semblable de la carotide externe, comme on l'a fait quelquefois, mais la confusion pourra être évitée si on se rappelle que la carotide externe n'a pas de veine satellite et ne peut, par conséquent, être le siège d'un anévrysme artério-veineux. De fait, on n'en a jamais observé sur cette artère. Les anévrysmes intra-crâniens artériels siègent principalement sur la portion de la carotide interne au delà du sinus caverneux ; on n'en a observé que quelques cas dont les symptômes se confondaient tellement avec ceux d'autres tumeurs de la base du crâne que le diagnostic en a presque toujours été impossible. Comme traitement, on préconise encore la compression et la ligature. Les anévrysmes artério-veineux siègent dans la portion de la carotide que traverse le sinus caverneux. On donne comme phénomènes de cette affection les suivants : exophthalmie, paralysie des muscles de l'œil, soulèvement de cet organe, isochrone aux pulsations radiales, souffle intermittent, moins fort et moins continu que dans l'anévrysme artériel, disparaissant tous lorsqu'on venait à comprimer la carotide primitive, et reparaissant seulement dès que l'on cessait la compression ; il n'y avait pas de signe de compression cérébrale. La mort peut survenir par rupture de la paroi de l'anévrysme (Nélaton). Dans un cas, la ligature de la carotide a déterminé la guérison de l'affection.
Anévrysmes de la carotide externe. Ces anévrysmes sont plus rares encore que ceux des autres carotides. Ils ont les mêmes signes et la même marche que les autres anévrysmes (V. ce mot). Les anévrysmes artério-veineux produisent un développement des veines du front et du cuir chevelu qui en impose parfois pour une affection semblable des branches de la carotide, ou pour des varices artérielles. La ligature et la compression ont amené la guérison dans quelques cas.
Ligature des carotides. On pratique ces ligatures pour remédier à des hémorragies des carotides ou de leurs branches, ou à des anévrysmes du cou. de la face ou du crâne, quelles que soient leur origine et leur nature. On les pratique encore pour prévenir une trop grande perte de sang dans les opérations exécutées sur la face ou dans la bouche. La ligature de la carotide primitive diffère suivant qu'elle est pratiquée dans les deux tiers supérieurs ou dans le tiers inférieur. La première est assez facile. La tête étant dans l'extension et renversée du côté opposé à celui de l'opération, on fait une incision de 8 à 10 centim. le long du bord interne du muscle sterno-cleido-mastoïdien, à partir du cartilage thyroïde. L'aponévrose cervicale étant divisée, on écarte en dehors le sterno-mastoïdien et en dedans les sterno-hyoïdien et thyroïdien avec un crochet mousse, et on aperçoit la gaine du vaisseau ; on attire de même en haut ou en bas le muscle omo-hyoïdien que traverse l'artère, puis le nerf hypoglosse, on comprime en haut et en bas de la plaie la veine jugulaire pour l'effacer, et alors seulement on ouvre la gaine de l'artère, en
arrière de laquelle on fait passer le fil à ligature. Au tiers inférieur, on peut découvrir l'artère soit par une incision en /, dont la branche verticale suit le bord interne
Fig. 2. — c, ligne d'incision pour la ligature de la carotide primitive; c', incision pour la ligature de la carotide externe ou interne; ^, ligne d'incision pour la ligature de l'artère linguale (d'après le professeur Farabeuf).
du sterno-mastoïdien, et la branche horizontale le bord supérieur de la clavicule, soit par une incision verticale située entre les deux chefs du muscle sterno-mastoïdien ; après avoir mis ce muscle à nu, on écarte ses faisceaux avec des crochets mousses et on voit d'abord la veine jugulaire interne, puis le nerf pneumogastrique, puis l'artère. On passe l'aiguille courbe sous l'artère de dehors en de-
Fig. 3. — 6, tronc du nerf pneumo-gastrique ; /i, carotide primitive gauche; i, muscle omo-hyoidien ; /i, veine jugulaire interne (d'après le professeur Farabeuf).
dans, pour ne blesser ni la veine ni le nerf, A la suite de la ligature de cette artère, on a observé divers accidents : des désordres dans les fonctions du cerveau par anémie ou ramollissement (hémiplégie) , des hémorragies par ulcération et rupture de l'artère, inflammation du foyer de la pluie ou du sac anévrysmal, des congestions pulmonaires et des pneumonies, *^enfin le retour prématuré du sang dans la plaie ou dans le sac.
Ligature de la carotide interne et de la carotide externe. On fait une incision qui, partant du bord supérieur du cartilage thyroïde au niveau du bord intérieur du muscle sterno-mastoïdien, est prolongée en haut et en bas, le long de ce bord, dans l'étendue de 6 à 8 centim. Après la peau, on incise successivement le tissu cellulaire, sous-cutané, le peaucier et l'aponévrose cervicale superficielle. On rencontre alors des ganglions lymphatiques, qu'on écarte ou qu'on extirpe, puis on arrive sur l'aponévrose cervicale profonde, qu'on incise sur la sonde canne-