CAROTIDES — CAROTTE
lée. On voit alors les deux artères et la jugulaire interne, séparée des autres par le nerf hypoglosse ; on sépare celle que Ton \eut lier de la jugulaire, en distinguant la carotide interne de Texterne par l'absence de branches collatérales sur la première. L.-H. Petit.
CAROTO (Giovanni- Francesco), ])eAnire véronais, né à Vérone en 1470, mort en 4545. Elève de Libérale, il se rend bientôt à Mantoiie, où il prend une large place dans les dernières productions de l'atelier de Mantegna. 11 imite même si parfaitement la manière du vieux maître, que nombre de ses panneaux de jeunesse ont souvent passé pour œuvres authentiques de Mantegna ; aujourd'hui encore, bien des Madones, dans les galeries privées ou publiques d'Europe, mériteraient à ce point de vue un examen attentif. Caroto a plus d'une fois changé dans sa longue carrière. Ses œuvres de jeunesse participent du réalisme des vieux Véronais ; le dessin en est épais, les colorations rougeâtres ; les têtes aux yeux saillants sont trop fortes pour les corps. Plus tard, ces défauts disparaissent ; les compositions sont animées et naturelles, d'un équilibre savant ; la couleur est chaude et fondue, comme celle de Corrège. Sur la fin de sa vie, assoupli à l'excès, il cherche à imiter Raphaël et Michel- Ange. Toutes ces fluctuations de goiH et de manière font de Caroto un artiste curieux à étudier, mais peu original. En tout cas, il fut infatigable, et il serait difficile d'énumérer toutes ses productions. La galerie de Modène possède de sa première manière une Vierge avec l'enfant Jésus et le petit saint Jean, dont les mouvements marquent Tétude de la statuaire antique. Dans un paysage orné de citronniers, l'entant Jésus, droit sur les genoux de sa mère, soulève son voile, et agace son petit compagnon. Dessin, draperie et modelé sont tout à lait mantegnesques. Ijne Madone analogue (sans le petit saint Jean) est conservée à la Casa Maldura de Padoue ; elle date de 4501. H y a deux variantes, plus simples, du même tableau à la galerie Stœdel de Francfort et au musée de Berlin : les chairs y sont dures, les figures monotones et presque sans demi-tons. L'auteur de ces panneaux a ôt se servir de dessins de Mantegna ; et, s'ils sont vraiment de Caroto, on peut lui attribuer aussi plusieurs autres petites œuvres mantegnesques, telles que le NoH me tangère et la Madone entourée de saints, de la National Gallery, à Londres ; la Vierge, du musée de Turin, et la miniature de la Circoncision, à la Bibliothèque de cette même ville.
Après un long séjour à Mantoue, Caroto dut revenir en 4508 à Vérone. Il se rapproche alors de la manière de 1 Jberale et de Giolfino, qui aiment les têtes larges et rondes, les fronts hauts, les joues pleines, les lèvres rouges et gonflées, les yeux puissants. Il abuse des lignes courbes, il exagère le creux ou le relief ries muscles. On voit un exemple de ces défauts dans le Christ adoré par la Vierge et les saints, du musée de Vérone. Mais, pour bien juger le talent de ce peintre fécond, il faut admirer ses Fresques de la chapelle Spolverini à Santa- Eufemia de Vérone : elles représentent des scènes du livre de Tobie. C'est là que se montrent les qualités dont il a été parlé plus haut, l'équilibre des mouvements, Tharmonie du dessin et du coloris. Non que l'originalité y perce vivement: les archanges rappellent Franeia et Costa; les saints, Peruzzi et Timoteo Viti ; la pratique oscille indifléremment entre la fresque et l'huile. Cette phase très productive de son talent dure quelques années; il faut citer une Visitation et le Christ se séparant de sa mère, à S. Bernardino de Vérone, la Vierge du musée Brà, les fresques de Santa Maria in Organo, enfin de nombreuses décorations d'habitations privées. On ignore l'époque oii il visita Milan et Casai ; mais Vasari affirme qu'il y exécuta des œuvres considérables pour les Visconti et les Montférrat. En 4528, la Vierge glorieuse adorée par des saints, de San Ferme Maggiore, marque son entrée en plein xvi« siècle, et ri'mitation avouée de
Raphaël et de Michel-Ange. C'est le commencement de la décadence du peintre, qui ne cesse d'ailleurs de produire ; les galer-es de Vérone et de Mantoue conservent de nombreux morceaux de cette période. Une Résurrection de Laxare, à l'évêché de Vérone, porte son monogramme et la date de 4534 ; à San Giorgio, une Vierge glorieuse est datée de 4545, l'année probable de sa mort. Talent souple et conciliant, praticien toujours actif, il eut dans son pays et mérita le surnom de Prêtée des peintres. Son frère Giovanni Caroto, et son élève Antonio Benzono, sont à peine dignes d'une mention. A. Pératé.
BiBL. : Vasari, éd. Milanesî, IX, 172. — Crowe et Cavalcaselle, f/isL o/" Pamiing in North Italy, 1,481.
CAROTTE. L Botanique. — Nom vulgaire du Daucus Carota L., plante de la famille des Ombellitères et du groupe des Daucinées. C'est une herbe bisannuelle, dont la tige dressée, striée ou sillonnée, plus ou moins rude et hérissée, haute de 4 à 8 décim. et très rameuse, porte des feuilles deux ou trois fois pennées, à folioles pinnatifides, à lobes lancéolés et mucronés. Les fleurs, de couleur blanche ou rosée, forment par leur réunion de larges ombelles planes, dont les rayons nombreux et très inégaux se redressent à maturité et leur donnent une apparence concave. Chaque ombelle est accompagnée à sa Lise d'un involucre polyphylle et a son centre occupé par une fleur stérile d'un pourpre foncé. Le fruit, comprimé par le dos, se compose de deux aehaines oblongs présentant chacun cinq côtes primaires fililormes, hérissées de soies courtes, et quatre côtes secondaires égales, dévoppées en ailes qui sont découpées presque jusqu'à la base en longues soies presque épineuses, disposées sur un seul rang.
Le Daucus carota se rencontre communément en Europe dans les champs, les pâturages, sur le bord des chemins, surtout des terrains calcaires. On le cultive depuis un temps immémorial en plein champ et dans les jardins pour sa racine alimentaire. Celle-ci, à l'état sauvage, est grêle, dure, fibreuse, d'un goût acre et aromatique. Mais, par la culture, elle devient grosse, charnue, d'une saveur douce et sucrée. Ed. Lef.
11. Agriculture. — La culture de la carotte comme plante fourragère est dé)à très ancienne. Dans un roémoire adressé à la Société d'agriculture de Londres, Billing en parle comme étant cultivée de temps immémorial dans les terrains sablonneux du comté de Suffolk. Toutefois, ce n'est que depuis la publication de ce mémoire et sur les recommandations d'Arthur Young que la carotte a été généralement admise dans la grande culture. En France, la culture de cette plante a été vivement recommandée par Bozier et Yvart notamment, mais sa propagation ne devint générale qu'à dater de 4825, époque à laquelle M. Vilmorin introduisit de Belgique la variété connue sous le nom de carotte blanche à collet vert. Il n'est pas de racine fourragère qui soit plus goiitée de tous les animaux et qui leurVéussisse mieux. Le principe aromatique et excitant qu'elle contient (carotine) lui assure la préféférence sur la pomme de terre, les navets, les raves et môme la betterave. Elle est un peu moins nutritive que la pomme de terre, mais elle rend beaucoup plus et les animaux la préfèrent; les chevaux, surtout, en sont très friands. La carotte donne au lait et au beurre une qualité supérieure; elle est pour les brebis et les agneaux le meilleur fourrage. Enfin, cuite à moitié, elle engraisse lacilement les porcs et donne au lard un excellent goiît. Les feuilles ou fanes sont également très goûtées des animaux.
On connaît une trentaine de variétés de carottes. Celles qu'on cultive le plus généralement comme plantes fourragères sont, d'après M. Heuzé, au nombre de six, savoir : 4^ La carotte rouge longue de Flandre : racine fusiforme, longue, régulière et très enterrée; peau et chair rouges. Variété très répandue et très bonne. 2«La carotte rouge pâle de Flandre : racme fusiforme, peu régulière longue, enterrée, offrant un collet enterré et développé ;