‹ La Grande encyclopédieChapitre 183 sur 397 · CARRE — CARREAU · texte numérisé non relu

CARRE — CARREAU

pecteur des forêts. Il a publié : la Panoplie, ou Réunion de tout ce qui a trait à la guerre, depuis V origine de la nation française jusqu'à nos jours (Châlons-sur- Marne, 1795, m-4, avec atlas) et un pamphlet contre les nouveaux parlements, Trigaudin le Renard ou le Procès des bêtes, in-8.

CARRÉ (Guillaume-Louis- Julien), jurisconsulte français, né à Rennes le 21 oct. 1777, mort le 12 mars 1832. Après avoir payé sa dette à la patrie et combattu dans l'armée nationale, il s'adonna à l'étude du droit et tout particulièrement des lois de la procédure jusque-là fort négligées. Ses études ne l'absorbaient pas complètement; il sut joindre la pratique à la théorie, et en praticien consommé, il plaida de nombreuses causes, soit devant les tribunaux criminels, soit devant les tribunaux civils, soit au conseil de guerre. Ses connaissances lui valurent d'être nommé successivement, en l'an XI, membre du Comité consultatif des hospices, et en l'an XIlï, membre du Comité de jurisprudence charitable, et enfin professeur de procédure civile à l'école de droit de Rennes, où il devint le collègue de Lanjuinais et de Toullier. Dans ces délicates fonctions, il fit preuve d'un dévouement tout paternel pour ses élèves. Il publia Analyse de Procédure civile (Rennes, 1811-1812, 2 vol. in-4) ; et Traité et Questions de Procédure (1819, 2 vol, in-4), refondus ensemble dans ses Lois de procédure civile (1824, 3 vol. in-4; 3«éd., publ. par A. Chauveau, Paris, 1841-1843, 7 vol. in-8) ; Introduction à f étude des lois relatives aux domaines congéables (1822, in-12); Traité du gouvernement des paroisses (1822; augm. d'un suppl., 1824, in-8) ; les Lois de V organisation et de la compétence des juridictions dvto (1825-1826, 2 vol. in-4; nouv. éd. revue et annotée par V. Foucher, Paris, 1841-1843, 9 vol. in-8) ; le Droit civil français dans ses rapports avec la juridiction des justices de paix (1829, 4 vol. in-8). Il collabora à V Encyclopédie moderne où il donna plusieurs articles intéressants et remarqués. L. Acquier.

CARRÉ (Félix), homme politique français, né à Laval le 5 nov. 1794, mort au Rocher, près Langast (Côtesdu-Nord), le 17 fév. 1866. Successivement maître de forges et agriculteur, il s'était fait remarquer par ses opinions républicaines sous les règnes de Louis XVIII, de Charles X et de Louis-Philippe, aussi les électeurs des Côtes-du-Nord l'élirent représentant du peuple à la Constituante par 79,259 voix. Dans cette assemblée, il se montra fidèle à son parti. Il ne fut pas réélu à la Législative et ne reparut plus dans la vie publique. L. Lu.

CARRÉ (Michel), auteur dramatique français, né en 1819, mort le 27 juin 1872. Elève du collège Charlemagne, il débuta par un volume de vers : Folles rimes et poèmes (1842, in-18), et l'année suivante par un drame, également en vers ; la Jeunesse de Luther (Odéon,un acte) suivie de fEunuque (1843), librement imitée de Térence. Il donna seul au Théâtre-Français Scaramouche et Pascariel (1847, un acte), puis, à partir de 1849, devint le collaborateur habituel des livrets fournis par M. Jules Barbier (V. ce nom) à nos principaux compositeurs : aussi suffira-t-il de rappeler seulement ici les titres de quelques-uns des plus grands succès dus à cette longue association : Galathée (1852); les Noces de Jeannette (1853) ; le Pardon de Ploermel (1859) ; Faust (1859) ; la Statue (1861) ; la Reine de Saba (1862); Mireille (1864); Mignon (1866); Roméo et Juliette (1867); Hamlet (1868), etc. Michel Carré avait encore signé avec M. Ch. Narrey : Van Dyck à Londres (Odéon, 1848, 3 actes)-; avec Hippolyte Lucas, Lalla-Rouck (Opéra-Comique, 1862), musique de Félicien David, et Fior d'Aliza (1868), musique de Victor Massé ; avec Edouard Martin, le Furet des Salons (Palais-Royal, 1862); avec M. Raimond Deslandes, le Tourbillon (Gymnase, 1867, 5 actes) et une Journée de Diderot (Vaudeville, 1868, un acte), etc. M. Tx.

CARRÉ DE RussEROLLEs ( Joseph-Xavicr) , érudit tourangeau contemporain. II a réuni l'ensemble de ses recherches sur la Touraine dans une vaste publication, sous le titre de Dictionnaire géographique, historique et bio^ graphique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine (Tours, 1879, 6 vol. in-8). Cet ouvrage fait partie des Mémoires de la Société archéologique de Touraine. CARRÉ-Kerisouet (Ernest-Louis-Marie), homme politique français, né à Lamballe (Côtes-du-Nord) le 24 avr. 1832, mort le 15 déc. 1877. Il était à la tête^ des forges de Vaublanc, après avoir suivi les cours de l'Ecole centrale, lorsqu'en 1869, il se présenta comme candidat officiel dans la cinquième circonscription des Côtes-du- Nord et fut élu par 13,729 voix sur 22,553 votants. Pendant la guerre franco-allemande, il fut chargé par Gambetta d'organiser l'armée de Rretagne avec le vicomte de Kératry qu'il suivit dans sa retraite. Aux élections générales du 8 fév. 1871, il fut élu représentant du peuple à l'Assemblée nationale le cinquième sur treize avec 73,244 voix. Dans cette Assemblée, il fit partie du centre gauche. Le 20 fév. 1876, aux premières élections pour la Chambre des députés qui eurent lieu par application des lois constitutionnelles de 1875, il fut candidat dans l'arr. de Loudéac, mais fut battu par M. Veillet, candidat monarchiste. L'élection de ce dernier ayant été invalidée, M. Carré-Kerisouet fut élu député le 20 mai suivant par 10,213 voix. A la Chambre des députés comme à l'Assemblée nationale, il fit partie du centre républicain. Il fut un des 363 députés qui protestèrent par leur vote contre le coup d'Etat du 16 mai 1877. L'état de sa santé ne lui permit pas de solliciter de nouveau les suffrages des électeurs aux élections qui suivirent la dissolution de la Chambre. Louis Lucipia.

CARREAU. I. Maçonnerie, — Pierre qui a plus de largeur dans le sens du parement d'un mur que de queue dans le sens de Tépaisseup. La figure ci -contre indique le plan d'une assise d'un mur. C est un carreau ; R est une boutisse; P est un parpaing; la boutisse est donc une pierre qui occupe moins

d'étendue en parement qu'en queue ; le parpaing est une pierre qui traverse toute l'épaisseur du mur. IL Vitrerie (V. Verre).

IIL Commerce. — Carreau du Temple (V. Temple). IV. Mines. — On désigne sous le nom de carreau l'emplacement situé près de l'orifice d'un puits d'exploitation de mines, et où l'on dépose les produits de l'extraction ou bien où on les déverse sur les wagons du jour. Le carreau de la mine contient ordinairement les bâtiments destinés à abriter les manutentions du jour, et dans chaque pays ces constructions s'individualisent par des caractères particuliers, les conditions se modifient suivant les convenances ou les nécessités de chaque localité. L'importance des établissements se mesure en général d'après T'importance du gîte, son étendue, sa durée et les produits qu'on en attend. Il n'en est pas de plus grandioses que ceux construits dans le bassin houiller de la Ruhr. D'une part, les morts-terrains à niveaux superposés aux terrains houillers rendent très coûteux l'établissement d'un puits ; d'autre part, les exigences du Rergamt ont obligé les exploitants à élever leurs molettes d'extraction à plus de 20 m. Ils ont dû construire en conséquence des tours d'une hauteur correspondante, qui ont reçu pour ornement des créneaux, des tourelles et tous les attributs des constructions féodales. Rien n'est plus frappant que ces constructions, anormales au point de vue industriel, mais qui donnent aux installations un caractère d'importance et de stabilité. Ces types d'installations

Carreau.

Page 1