CARTOUCHIÈRE - CARTULAIRE
adoptée pour l'infanterie le 8 déc. 1888, est en cuir. Elle se compose d'un dos formant patelette ; d'un devant prolongé à sa partie supérieure pour fermer l'entrée du coffret ; d'un soufflet à oreilles, reliant le dos et le devant ;
de deux passants de
ceinturon; d'une enchapure pour le triangle de suspension ; d'une patte de fermeture; d'un triangle de suspension et d'un bouton plat. Le dos, en cuir de vache noirci, a une épaisseur de S'^'^S à 3"^"^, 11 est légèrement arrondi à chaque extrémité de son bord inférieur, puis coupé en ligne droite sur une lon-
Cartouchière.
gueur d'environ 170 millim. A l'endroit oU il forme patelette, ses angles sont abattus sur une flèche d'environ 20 millim. Le devant est de même cuir que le dos. Le soufflet, de 2 millim. d'épaisseur, est fixé au devant et au dos par deux coutures. Les passants de ceinturon sont fixés à leur extrémité par une couture en forme de rectangle. Le bas des passants doit arriver à 11 millim. du fond de la cartouchière. L'enchapure du triangle de suspension est cousue à la main. La base de Fenchapure doit arriver à 88 millim. du fond de la cartouchière. La patte de fermeture, du même cuir que les autres pièces, et de 2'^'^5 d'épaisseur, a sa partie inférieure percée à l'emportepièce, d'un trou de 7 millim. de diamètre prolongé par une fente de 20 millim. de longueur. La cartouchière fermée (fig. 1), la patte doit dépasser le fond d'environ 10 millim. Le triangle de suspension est en fer étamé. 11 est tordu au double tour à sa partie supérieure, de manière à former un anneau. Enfin, le bouton de fermeture est en fer-blanc étamé, de forme plate, rivé à l'intérieur de la cartouchière. Il est placé à 12 millim. au-dessus du fond de celle-ci. Le poids de cette cartouchière confectionnée est de 200 à 220 gr. Dans la cavalerie, une cartouchière, destinée à recevoir les cartouches de revolver, fait partie des accessoires de la selle.
CARTU LAI RE. On désigne sous ce nom tout ancien manuscrit contenant la transcription d'actes authentiques relatifs à un établissement, une corporation, une ville, une famille, un individu. La plupart de ceux de ces documents qui nous sont parvenus proviennent des établissements ecclésiastiques (évêchés, églises, abbayes, prieurés, etc.), mais il s'est conservé aussi en assez grand nombre des cartulaires municipaux, quelques cartulaires de seigneuries, d'universités, de confréries, de corporations marchandes ou industrielles et de familles. Si 1 on s'en rapporte aux mentions que l'on rencontre dans les chroniques, l'existence de ces recueils serait fort ancienne : Grégoire de Tours, par exemple, parle au vii^ siècle de Tomi chartarum dans lesçiuels il est difficile de voir autre chose que des cartulaires : mais les plus anciens qui nous soient parvenus ne remontent qu'au x® siècle ; ils sont déjà plus nombreux au Xl^ et abondent à partir du xiii^. Toutes les églises, pour mettre ordre à leurs afi*aires, assurer la conservation de leurs privilèges et de leurs titres de propriété et éviter d'en produire les originaux, les firent copier dans des recueils de ce genre qu'elles multiplièrent à l'envi. La plupart des cartulaires se présentent à nous sous forme de registres, d'autres, parmi les plus anciens, sous forme de rôles ou rouleaux formés de feuilles de parchemin cousues bout à bout. Dans quelques cartulaires anciens, entre les diverses transcriptions s'intercalent des récits qui forment une espèce de chronique du monastère : c'est le cas par exemple pour le cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer rédigé vers 961 par le moine Folquin. Plus
tard, pour donnera ces transcriptions un caractère d'authenticité, on les fit vérifier par des commissions où figuraient des notaires susceptibles de donner aux écritures le caractère d'actes publics ; un certificat en bonne forme est alors ajouté par eux au cartulaire et souvent à chacune des transcriptions qu'il contient. On trouve des cartulaires ainsi dressés à partir du xiii« siècle et ils devinrent très fréquents aux siècles suivants. A la fin du xviii« siècle encore, l'archiviste de l'abbaye de Saint-Bertin, Dom de Witte, faisait parapher à chaque page et authentiquer par deux notaires royaux le Grand cartulaire de Saisit- Bertin qu'il avait dressé. Dans la plupart des cartulaires ecclésiastiques les actes sont disposés en ordre méthodique : tout d'abord les privilèges généraux des papes, des souverains (empereurs ou rois), des seigneurs, des évêques, etc., puis les titres des propriétés classées topographiquement. Très souvent, les premiers compilateurs avaient ménagé à la fin de chaque division des feuillets blancs où leurs successeurs ajoutèrent les actes nouveaux en respectant d'abord l'ordre primitif, puis sans ordre lorsque quelques-uns des espaces laissés vides eurent été comblés. On rencontre aussi quelques cartulaires où les pièces sont classées chronologiquement, mais c'est l'exception, et ils ne sont pas antérieurs au xiv^ siècle. La plupart des abbayes, en dehors^ des grands cartulaires généraux, en formaient qui étaient relatifs à certaines catégories d'actes. Nous avons conservé par exemple celui des acquisitions de l'abbaye de Wissembourg : Traditiones possessionesque Wissemburgenses, le cartulaire des Serfs (Liber de servis) de Marmoutiers, etc.
On a beaucoup discuté aux derniers siècles sur l'autorité des actes transcrits dans les cartulaires. Ces discussions, aujourd'hui que ces documents ont seulement pour nous un intérêt historique, n'auraient plus de raison d'être. Le fait qu'un acte a été transcrit dans un cartulaire ne saurait en aucune manière en garantir l'authenticité. Il incombe à la critique de les apprécier comme s'il s'agissait de copies isolées. Toutefois, les irrégularités qu'on rencontre dans la teneur des actes transcrits dans les cartulaires ne sont pas nécessairement une présomption de faux. Les copistes des cartulaires ont fréquemment supprimé ou modifié les formules des originaux, ils les ont parfois abrégés, souvent en ont rajeuni le style, y ont quelquefois intercalé des phrases explicatives; il est arrivé môme qu'ils les ont transformés en notices, c.-à-d. qu'ils se sont contentés de les résumer, en substituant à la forme personnelle le discours indirect.
Les cartulaires nous ont conservé nombre de documents dont les originaux sont aujourd'hui perdus, aussi constituent-ils une catégorie importante des sources de l'histoire du moyen âge. L'école historique de nos jours en a tiré un grand parti pour l'histoire du droit, des usages, des mœurs, de la condition des personnes et des terres, en un mot pour toutes les parties de l'histoire de la civilisation. Depuis les beaux travaux de Benjamin Guérard, particulièrement, les érudits ont mis au jour un grand nombre de cartulaires. Il faut regretter, cependant, que l'espèce d'engouement dont ils ont été l'objet ait été quelque peu préjudiciable à l'étude et à la publication des pièces originales plus difficiles à bien publier que les recueils tout faits, mais aussi beaucoup plus intéressantes.
On a donné abusivement le nom' de cartulaire à des recueils factices de pièces originales ou de copies, réunies ensemble et reliées. C'est dans les archives du midi de la France que l'on rencontre surtout des recueils de ce genre. C'est aussi par abus que certains registres ou copies de registres officiels de chancellerie ont pris le nom de cartulaire. Beaucoup d'érudits ont appelé de ce nom, par analogie, les recueils de chartes qu'ils ont publiées d'après des originaux ou des copies isolées. Enfin, une autre catégorie de documents a reçu au moyen âge le nom de cartulaire : on a appelé ainsi dans le midi de la France les registres des minutes des notaires.
CARTULAÏRE -» CARTWRIGHT
On â plusieurs fois tenté de dresser des bibliographies des cartulaires et recueils de chartes inédits ou publiés ; aucun des inventaires qu'on a dressé jusqu'ici n'est complètement satisfaisant. Le Catalogue général des cartulaires des archives départementales par la commission des archives départementales et communales (Paris, 4847, in4), publié à une époque où nos archives étaient encore très mal connues, est très incomplet. M. Ulysse Robert a publié dans le Cabinet historique (t. XXIll, 4878 et t. XXIV, 4879) un Inventaire des cartulaires conservés dans les bibliothèques de Paris et aux Archives nationales^ suivi d'une bibliographie des cartulaires publiés en France depuis 1840, Le plus riche de ces répertoires est certainement celui qui est dû à M. H. Oesterley : Wegweiserdurchdie Literatur der Urkundensammlungen ; Berlin, 4885-4886, 2 vol. in-8. La partie relative à la France y est malheureusement criblée d'erreurs. A. G.
CARTWRIGHT (Thomas), puritain anglais, célèbre controversiste, né vers 4535, mort à Warwick en 4603. Quelques années après avoir terminé ses études à Cambridge, il fut élu professeur de théologie à cette université (4569). Mais il dut bientôt renoncer à renseignement publie à cause de son hostilité contre l'Eglise anglicane. Privé de sa chaire, obligé de quitter Cambridge, il se rendit à Genève. Il y fut accueilli par Théodore de Bèze, dont il devint l'ami. En 4572, il retourna en Angleterre, où il se compromit de nouveau en attaquant l'église établie, dans son Admonition to the Parliament.^ Il soutint, à cette occasion, une controverse très vive avec Whitgift, archevêque de Cantorbéry. En 4573 et années suivantes, il remplit sur le continent les fonctions pastorales auprès de communautés protestantes anglaises, notamment à Anvers. L'évêque de Londres, Aylmer, le fit arrêter en 4585, puis, bientôt après, relâcher, grâce à rintervention de lord Burghley. Tour à tour privé du droit de prêcher, cité devant les cours ecclésiastiques (Chambre étoilée), jeté en prison, remis en liberté, il meurt enfin épuisé par les fatigues qu'il avait endurées dans sa vie errante. — Parmi ses ouvrages, les principaux sont : Metaphrasis et Homiliœ in Ecclesiasten (Londres, -1604); In librum Salonionis qui inscribitur Eeclesiastes (Londres, 4604); Comment, upon epistle to the Romans (Londres, 4612) ; Confutation of the Rhemisfs Translation, glosses and annotations on the New Testament (4648); Harmonia evangelica cornmentario analytico, metaphrasticOf practico illus^ trata (Amsterd., 4647). G. (J.
CARTWRIGHT (Christopher), théologien et hébraïsant anglais, né dans le comté d'York en 4602, mort en 4658 à York, où il était pasteur. Sa connaissance approfondie des écrits rabbiniques éclate dans toutes celles de ses œuvres où il a l'occasion de commenter les livres bibliques. On lui doit, entre autres ouvrages : Electa Thargumico-Rahbinica sive Annotationes in Exodum ex triplice Thargum seu Chaldaica paraphrasi (4658) ; Mellificum Hebraicum seu observationes diversimodœ ex Hebrœorum monumentis desumptce^ dans les Critici sacri (4660, vol. IX); Treatise of Justifijing Righteousness (4676), etc.
CARTWRIGHT (William), théologien et poète anglais, né en 4644, mort le 22 déc. 4643. Après avoir terminé ses études à Oxford, il fut consacré au ministère ecclésiastique (4638). Il fut, vers cette époque, chargé de faire un cours de métaphysique à l'Université. En 4642, il accepta les fonctions de precentor (préposé aux chœurs) de la cathédrale de Salisbury et revint mourir à Oxford l'année suivante. Pendant sa courte carrière, Cartwright s'illustra à la fois comme prédicateur et comme poète. Ami de Ben Jonson, il composa, comme lui, diverses pièces de théâtre réunies sous le titre de Comédies^ tragicomédies and other poems (4647 et 4654). Plusieurs d'entre elles ont été réimprimées par Dodsley dans son recueil des anciens poètes, Collection ofoldplay s (4780).
« Peut-être n'y a-t-il pas dans les annales de la littérature anglaise, dit Allibone, un autre exemple d'un auteur plus admiré par les esprits les plus distingués de son temps que Cartwright ne paraît l'avoir été. De fait, il est aujourd'hui plus connu par les éloges que les autres ont faits de lui que par ses propres ouvrages. » G. Q.
BiBL. : Allibone, Dictîonary of engllsh literature and british and american authors ; Philadelphie, 1880.
CARTWRIGHT (John), écrivain politique anglais, né à Marsham le 47 sept. 4740, mort à Londres le 23 sept. 4824. Entré dans la marine en 4758, il fut nommé en 4766 premier lieutenant et en 4767 commissaire à la cour de vice-amirauté de Terre-Neuve. De retour en Angleterre (4770), il refusa de servir contre les colonies américaines, et devint major de la milice du Noltinghamsbire en 4 775, A partir de cette époque, il s'occupa uniquement de politique et, en 4780, il commença sa fameuse campagne en faveur de la réforme parlementaire, prit part à d'importants meetings, se déclara en faveur de la Révolution française et voulut célébrer la prise de la Bastille, ce qui brisa sa carrière militaire (4792). Il écrivit, pour exposer ses idées, une foule de brochures et d'articles de revues. Sa propagande effrénée lui valut, avec le nom populaire de Père de la Réforme, un emprisonnement (1843) et un procès pour sédition (4820). Le nom de Cartwright est intimement lié à l'histoire de la réforme parlementaire en Angleterre. ]l est un des plus ardents fondateurs de la Society for constilidional information (4780). Ses écrits politiques forment 52 volumes. Nous citerons les principaux: American indépendance, the glory and interestof Great Britain (1774, in-8); Take your choice ; Représentation and respect ; Imposition and coniempt; Long parliaments and sclavery; Annual parliaments and liberiy (4777, in-8); the People's Barrier against undue Influence and corruption (Londres, 4780, in-8) ; the Commonwealth in danger (Londres, 4795, in-8) ; the Constitutional Defeîice of England internai and externat (1796, in-8); An Appeal civil and military , on the subject of the English constitution (4797-98, in-8; 2« éd. trèsaugm. 4799) ; the Trident, or the national policy of naval célébration (4802, in-4); England's Mgis on the military énergies of the Ewipire (1803-4806 ; 2 vol. in-4 2) ; the State of the nation (4809, in-8) ; Reasons for Reformation (1805, in-8); ihe Comparison ; in which MockReform, Half Reform and Constitutional Reform is considered (4810, in-8). R. S.
BiBL. : F.-D. Cartwright, the Life and correspondenee of major Cartwright; Londres, 1826, 2 vol. in-8. — A Memoir of John Cartwright ^ the Re former ^ with a Likeness of that honest and consistent patriot ; 1831. — Leslie Stephen, National Biography ; Londres, 1887, t. IX.
CARTWRIGHT (Edmund), inventeur anglais, né à Marsham le 24 avr. 1743, mort à Hastings le 30 oct. 4823. Frère du précédent. Il fit de bonnes études à Oxford où il fut élu fellow de Magdalen Collège en 4764, puis devint clergymann. En 4784, dans une visite aux filatures d'Arkwright, il conçut l'idée du métier à vapeur qui porte son nom, puis à Doncaster il inventa la machine à peigner la laine ; pour ces inventions, il prit successivement trois brevets en 4789, 4790 et 4792. Cette invention bouleversa l'industrie manufacturière au point que près de cinquante mille ouvriers présentèrent une pétition au parlement pour demander l'interdiction de cette machine. Cette manoeuvre ayant échoué, une émeute brûla à Manchester des métiers de Cartwright, qui fut peu de temps après déclaré en faillite pour dettes (1793). Loin de se décourager, l'infatigable inventeur se rendit à Londres où il inventa une nouvelle machine où l'alcool devait remplacer la vapeur d'eau, et devint l'associé de Fulton. Ses découvertes profitèrent surtout à d'autres, aussi, en 4809, sur la demande de cinquante fabricants de Manchester, le Parlement lui vota une récompense