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CASSE-NOIX — CASSE-TÉTE

qu'ils ont préalablement épluchées et qu'ils peuvent ainsi transporter à une grande distance.

Les Casse-Noix se reproduisent dans les grandes forêts des montagnes et s'ils s'approprient quelquefois les bauges des Ecureuils, ils établissent plus souvent leurs nids sur les arbres, à la manière des Geais. Ces nids, faits de bûchettes et de brindilles de hêtre, de pin et de sapin, sont tapissés intérieurement avec des lichens, de la mousse, des herbes fines, du foin, des aigrettes de chardon, etc. Ils renferment de trois à cinq œufs blancs ou bleuâtres, parsemés de points bruns et violets. La voix de ces Corvidés est criarde et perçante et leurs allures rappellent, d'après Brehm, plutôt les allures des Pies que

Casse-Noix;. (Nucifraga caryocatactes L.).

celle des Geais. Ils grimpent lestement le long des troncs et des branches, frappent l'écorce à grands coups de bec pour en faire sortir des insectes, se suspendent aux rameaux à la façon des Mésanges. Sur le sol, au contraire, ils semblent maladroits et, au repos, ils paraissent d'autant plus laids qu'ils se tiennent souvent les pattes ll(:chies, la tête rentrée et les plumes ébourifl'ées. Leur vol est léger, mais peu rapide et généralement peu soutenu. Etant doués d'un naturel confiant, les Casse-Noix se laissent prendre facilement et s'apprivoisent aisément ; mais il faut se garder de les enfermer avec des oiseaux plus faibles qu'eux ou même avec des petits mammifères, car ils leur tordraient le cou et les dévoreraient. Quand on leur donne des noix on peut voir combien ils méritent leur nom vulgaire, car, après avoir pris le fruit entre leurs pattes et l'avoir tourné et retourné, ils en font sauter adroitement la coquille. Dans les montagnes du Cachemire et du Sikkim, le Casse-Noix vulgaire est remplacé par deux espèces, l'une plus fortement, l'autre moins tachetée de blanc que l'espèce européenne et désignées sous le nom de JSucifraga multipunctata Gould et de N, hemispila Vig. E. Oustalet.

IL Economie domesticue (V. Casse-Noisette).

BiBL. : Brisson, Ornith.^ 1760, t. II, p. 51. — G. Cuvier, Règne animal, !'« éd., 1817, t. I, p. 399.— Vieillot, Galerie des oiseaux^ pi. 105. — J. Gould, B. Eur.^ pi, 213. — De Sinéty, iVofe sur les mœurs du Casse-Noix, dans C.R. Ac. Se. ; Paris, séance du 2 mai 1853. — Degland et Gerbe, Ornith. europ.,2'^ éd., 1867, t. I, p.206. — L. Magaud-d'Aubusson, les Oiseaux de la France^ P* monogr. Corvidés, 1884. — R.-B. Sharpe, CaL B. Brit. Mus., 1877, t. m, p. 82.

CASSE-PIERRE (V. Broyeur et Cassage).

CASSERIO (Giulio), anatomiste italien, né à Plaisance en 4545, mort à Padoue en 4616. Il contribua avec les Vésale, les Colombo, les Ingrassias, etc., à la renaissance de Tanatomie. Il fut d'abord le domestique de Fabrice d'Aquapendente qui le remarqua, le fit étudier et lui confia la préparation des pièces anatomiques pour ses démonstrations. Casserio succéda à son maître dans la

chaire d'anatomie et de chirurgie de l'Université de Padoue en 1609, mais ne l'occupa que sept ans. Les travaux les plus originaux de Casserio sont ceux qu'il a entrepris sur les organes de la parole et de l'ouïe et c'est lui qui a découvert le muscle externe du marteau : De Vocis auditusque organis hist. anatomica, etc. (Ferrare, 1600, in-fol.; Venise, 4607, in-fol.). Citons encore: Pentœstheseion^ hoc est de quinque sensibus liber organorum fabricant, actionem et usum continens (Venise, 4609, in-fol. ; Francfort, 4640, 4642, 4622, in-fol.) ; Tabulas anatomicœ LXXVllI, etc. (Venise 4627, in-fol.; Francfort, 4632, 4656, 4707, in.4), ouvrage dont les planches sont presque aussi belles que celles de Vésale ; Tabulée de formato fœtu (Amsterdam, 4645, in-fol.). D- L. Hn.

CASSEROLE (Econ. dom.). Ustensile de cuisine en cuivre rouge étamé avec queue en fer que Ton confectionne dans les ateliers de chaudronnerie de cuivre par les procédés ordinaires du martelage et de l'emboutissage (V. Chaudronnerie). On fait aussi des casseroles en fer battu, en fer-blanc et en fonte.

CASSES (Les). Corn, du dép. de l'Aude, arr. et cant. (N.) de Castelnaudarv ; 326 hab,

CASSE-TÊTE. Riv. du Manitoba qui se jette au S. du lac Ouinipeg, elle coule au N.-N.-O. à travers des prairies et des bois. Les Anglais l'appellent Broken-headriver.

CASSE-TÊTE. L Archéologie. — La première arme inventée par l'homme fut, sans aucun doute, le casse-tête ou plutôt la massue de bois. Chez bien des sauvages le massue est encore une arme essentielle, mais qui tend à être abandonnée en face de nos armes frappant à une très grande distance. Sa forme primitive fut celle d'une lourde canne, d'un bâton plus ou moins conique ou terminé par un nœud ou le renflement anguleux d'une racine. Par la suite, l'homme rendit cette arme plus maniable et plus terrible, en fixant un bloc de bois à un manche léger, ou en ménageant des tranchants ou des pointes dans le bois brut. Il se servit aussi, les légendes nous l'assurent, de mâchoires d'animaux. Certains de nos sauvages actuels par exemple, ont des massues de bois dont l'extrémité est taillée en arêtes vives qui blessent cruellement. Encore au temps de la pierre polie, on se servait en Europe de casse-tête en bois brut. On en a trouvé deux, par exemple, à la station lacustre de Robenhausen en Suisse (canton de Zurich). L'un est un bâton terminé naturellement par une boule; l'autre se termine par un cylindre creusé de rainures circulaires assez resserrées pour garnir toute cette extrémité de véritables arêtes. A cette époque toutefois, les casse-tête étaient faits de deux pièces : d'un manche en bois ou d'un double manche en bois et en corne de cerf, et d'une masse de pierre. On fabriquait spécialement à cet effet des disques de pierre dure ou en silex taillé sur les doux faces et tranchant au pourtour, avec trou d'emmanchement au milieu. Mais les haches ordinaires en silex et en pierre polie, les haches à deux tranchants et les haches-marteaux avec trou au milieu, n'étaient pas uniquement des outils. Et dès qu'elles servaient d'armes, elles s'emmanchaient et se maniaient généralement comme de véritables casse-tête.

Ces casse-téte de pierre étaient encore certainement en usage longtemps après que le métal s'était répandu, car la pierre employée de la sorte, remplissait absolument le même office que le métal. Nous ne trouvons pas d'engins spéciaux pour casse-tête à l'âge de bronze et au premier âge

Sommet de casse -tête trouvé dans un puits du comté de Wilts en Angleterre. (D'après Ewans.)

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