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CASSEMENT — CASSE-NOIX

du pivot d'une plante lors de la plantation. Le cassement i se pratique sur les arbres à fruits à pépins ; sur le Pécher et rAbricotier, il pourrait provoquer la maladie de la gomme. On Texécute depuis juillet jusqu'à la fin de Tété. Le choix des rameaux à casser, le nombre des yeux à laisser au-dessus de la cassure et le moment opportun pour l'opération, sont déterminés par la position, la vigueur des parties à traiter. Fait sans discernement, le cassement peut conduire à un résultat immédiat opposé à celui qu'on attendait. C'est ce qui arrive lorsqu'on casse de bonne heure ou trop court une branche vigoureuse : ses yeux se développent en rameaux à bois. Cependant, lorsqu'un arbre très vigoureux reste infertile, même sous une taille longue, on cassera ses rameaux mais seulement vers Textréraité. G. B.

CASSE-MOTTE (Agric.) (V. Herse, Rouleau).

CASSEN. Com. du dép. des Landes, arr. de Dax, cant. de Montfort ; 524 hab.

CASSEN EU IL. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Cancon, traversée par le Lot et la Lède; 1,754 hab. — Nombre d'auteurs ont cru pouvoir identifier cette localité avec le Cassinogilum où Charlemagne possédait un palais, et où naquit Louis le Pieux. Casseuil (Gironde) a plus de droits à cette attribution ; mais l'origine du Casseneuil agenais est assurément fort ancienne. Au lieu dit Malpertus, sur les bords du Lot, on voit un refuge en terre, au confluent d'un petit ruisseau. On a reconnu des silos funéraires au lieu dit Saint-Joseph, et des tombes en pierre de l'époque carolingienne à Pechneyrat; près de l'église, un cimetière roman d'une grande étendue, divisé en petits caveaux bâtis en briques. Durant les guerres du xiii^ siècle, la place forte de Casseneuil ne subit pas moins de trois grands sièges, dont l'un par Simon de Montfort (1214). Sa destruction fut stipulée dans un traité passé entre saint Louis et Raymond VII, comte de Toulouse (1221^). Casseneuil fut un chef-lieu de bailliage. Cette juridiction seigneuriale, qui avait appartenu aux puissantes familles d'Alaman et de Lautrec, fut rattachée, à l'époque moderne, à la baronnie de Cancon. — Du côté de la Lède, quelques restes des anciens remparts subsistent encore. Des maisons à balcons de bois, des xv^ et xvi^ siècles, y sont soudées d'une façon pittoresque. L'église paroissiale est décorée de curieuses peintures à la détrempe des premiers temps de la Renaissance. G. Tholin.

CASSE-NOISETTE. I. Economie domestique. — Instrument de table dont le nom indique suffisamment l'usage. 11 est en fer, en fonte ou en bois et a soit la forme d'une pince entre les branches de laquelle se place la noisette, soit encore celle d'une pièce creuse percée d'un trou où passe une vis qui vient appuyer sur le fond. Le casse-noix a les mêmes formes, mais de dimensions un peu plus grandes.

11. Archéologie. — - Au moyen âge on nommait ce petit ustensile truquoise ou turquoyse et il y en avait de fort belles. Telle devait être celle dont il est fait mention dans le testament de Jehanne d'Evreux (1392) « une truquoise d'argent à casser les noisettes pesant 6 onces et prisées IX francs » ; dans l'mventaire de Charles VI (1420), il est question « d'une petite, turquoyse d'argent doré, à quasser noysettes ». Les mentions analogues sont d'ailleurs fort rares dans les anciens documents. Les vieux lexicographes donnent au mot turquoise, qui prend aussi les formes turquoyse, truquaise et tricaise, le sens de pinces à arracher les clous, de tenailles à l'usage des maréchaux. On a proposé de le faire dériver de l'allemand troc-eisen qui a une signification analogue. Ce terme a été usité chez nous jusqu'au xviii"* siècle, mais seulement dans le sens de tenailles et de pinces, et il existe encore sous la forme tricoise.

Les anciens casse-noisettes appartiennent à deux types bien différents. Les uns, et c'est le type le plus ancien, sont en forme de pinces (il y en a aussi dont les deux

branches sont unies par une charnière), les autres sont constitués par une vis dont la monture sert à tenir le fruit ; on comprend que la coquille est brisée lorsque la vis vient la serrer fortement. On connaît des casse-noisettes en forme de pinces qui datent des xiv^et xv« siècles, ils sont généralement en fer ou en bronze ; on y remarque des anneaux qui semblent indiquer que ce petit ustensile était porté suspendu à la ceinture par des cordons.

Les casse-noisettes à vis sont plus rares que ceux en forme de pince. On n'en connaît pas d'antérieurs au XVI® siècle. Les musées et les collections particulières en renferment quelques-uns de fort beaux en fer finement ciselés ; on a aussi fabriqué et on fabrique encore en Suisse et en Allemagne des casse-noisettes en bois et à vis. Les casse-noisettes en bois sculpté sont assez nombreux dans les collections. Souvent l'artiste qui les a exécutés s'est inspiré d'une pensée caricaturale et, dans cette donnée, il s'en trouve qui présentent un véritable caractère ; beaucoup de ces objets sont de provenance allemande; il n'y a pas bien longtemps que le Nussknacker de Nuremberg trouvait encore sa place sur des tables opulentes. C. L.

CASSE-NOIX. I. Ornithologie. — Les Casse-Noix {JSucifraga Briss., Caryocatactes Cuv.) constituent, dans la famille des Corvidés (V. Corbeau), un genre parfaitement distinct. Ils se reconnaissent à leur taille relativement faible, à leur tête forte et aplatie, à leur bec allongé, muni en dessus d'une arête presque rectiligne et terminé par une pointe émoussée, à leurs ailes obtuses, avec la quatrième rémige plus longue que les autres, à leur queue arrondie, de longueur médiocre, à leurs tarses robustes, mais assez élevés et garnis de scutelles, à leurs doigts armés d'ongles crochus et surtout à leur plumage dense, souple et coloré en brun plus ou moins foncé, avec de nombreuses taches blanches. Ce genre comprend un petit nombre d'espèces qui habitent l'Europe, la région himalayienne, la Chine et le N.-O. de l'Amérique et qui se distinguent les unes des autres par les dimensions, les nuances et le dessin du plumage, mais qui ont toutes les mêmes mœurs. L'espèce européenne porte, dans les catalogues ornithologiques, le nom de Nucifraga caryocatactes. Elle habite d'ordinaire les forêts d'arbres résineux qui couvrent les flancs des hautes montagnes de l'E. et du S.-E, de la France, de la Suisse, de l'Autriche, de l'Allemagne, de la Suède, de la Norvège et de la Laponie ; mais elle se montre, à des intervalles irréguliers, dans les plaines de la Provence, du Languedoc, de la Lorraine, de la Normandie et de la Picardie, où sa présence attire immédiatement l'attention, en raison de la livrée particulière dont les adultes sont revêtus. Les Casse- Noix, en effet, lorsqu'ils sont parvenus à leur développement complet, portent un costume d'un brun fuligineux, parsemé sur le dos, la poitrine et le ventre, d'une multitude de taches blanches en forme de larmes ; leurs ailes et leur queue sont d'un noir glacé de verdâtre avec des gouttelettes blanches sur les couvertures alaires et de larges bordures blanches sur les rectrices. Ils ont les yeux bruns, le bec et les pattes noirs et mesurent de 35 à 38 centira. de long. Ces oiseaux, en liberté, se nourrissent de vers, de mollusques, d'insectes, de petits mammifères, d'œufs d'autres oiseaux, de fruits et de graines de toute sorte et particulièrement de noisettes et de graines de Pintis cembra. On a même constaté qu'ils contribuent à la dispersion de cette espèce de Pin, dont ils sèment les graines jusque dans les endroits les plus inaccessibles. Comme d'autres représentants de la famille des Corvidés, les Casse-Noix ont l'habitude de cacher dans des troncs d'arbres et dans des fentes de rochers, le superflu des fruits dont ils font leur nourriture. M. de Sinéty a même constaté qu'ils ont la faculté d'accumuler dans leur œsophage et dans une sorte de sac, situé au-dessus de leur mandibule inférieure, une certaine quantité de noisettes

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