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les oeuvres vraiment belles, il faut certainement voir là un reste des traditions laissées par les castrats. H. Layoix.
BiBL. : l" Droit romain.— Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines^ y° Castratio.
2° Musique.— Adam de Balsena, Osservazioni per ben regulave il coro dei cantori délia cappella Sontagicce, 1711, in-4. — Baini, Memorie storico critiche délia vita e délie opère de Perluigi da Palestrina, 18-28, in-4. — Burney, A général Hist. of music^ 1776-1788, in-4. ■— Lemaire et Lavoix, le Chant, ses principes et son histoire; Paris, 1881, in-4. — D'Ortigue, Dict, du plain-chant, 1854, in-8. — Fantoni, Storia unioersale del canto, 1873, in-12. — Perino, iYouueHe Méthode de chant, trad. par Blondeau; Paris, 1839, in-8- — Rossi, Pinacothecu imaginum illustrium viroram^ 1629. — Santarelli, Delta Musica del Santuario e délia disciplina di suoi cantori. — Tosi, l'Art du chant, trad. par Th. Lemaire, 1874, in-12. — Pietro délia Valle, Délia Musica delV età nostra^ 1640, in-4.
CASTRATION. L Chirurgie. — Opération chirurgicale qui consiste dans l'ablation du testicule. Les affections de cet organe, traitées de cette manière radicale, sont les diverses variétés de cancer, et quelquefois les tubercules, l'hématocèle et l'ectopie du testicule. Quelques chirurgiens, ayant remarqué que le testicule en état d'ectopie subissait fréquemment la dégénérescence cancéreuse, ont proposé d'en taire l'ablation à l'âge oU le cancer est le plus commun, c.-à-d. vers la quarantième année. Dans la castration ordinaire, le testilcue étant saisi de la main gauche, on pratique sur la face antérieure du scrotum une double incision en croissant qui circonscrit un lambeau losangique, on dissèque le testicule de haut en bas, en liant au fur et à mesure les artères que l'on ouvre, et on arrive en dernier lieu au cordon qui renferme les vaisseaux et nerfs du testicule. La section du cordon se fait soit avec Técraseur linéaire, soit avec le bistouri, soit avec le thermo-cautère. Certains chirurgiens lient le cordon en masse avant de le sectionner, puis lient séparément les vaisseaux dont on aperçoit l'orifice sur la coupe du cordon ; d'autres saisissent préalablement le cordon dans une pince à pression continue et font ensuite les ligatures de la même façon; d'autres enfin lient les vaisseaux au fur et à mesure qu'ils les ouvrent. La seconde manière d'agir est préférable. Lorsqu'il existe des ganglions dégénérés dans l'aine, on les enlève en prolongeant l'incision primitive ou en taisant une autre incision. Si le testicule est situé dans l'aine ou le périnée, on l'enlève à la façon d'une tumeur ordinaire, en liant les vaisseaux au fur et à mesure qu'on les ouvre, ou en les saisissant dans des pinces à forci pressure. Après l'opération, on nettoie soigneusement le champ opératoire avec des solutions antiseptiques, on suture la plaie et on met un gros drain qui va jusqu'à l'extrémité du scrotum ou de la cavité opératoire quel que soit son siège. On applique ensuite un pansement antiseptique ordinaire. Par les procédés actuels, surtout grâce à la méthode antiseptique, les accidents consécutifs à la castration sont très rares, alors qu'avant l'emploi de la méthode antiseptique cette opération donnait une mortalité de 20 à 25 V^- L--H. Petit.
II. Art vétérinaire. — La castration est une opération qui consiste soit dans l'extirpation des organes essentiels de la reproduction, soit dans l'annulation de leurs aptitudes fonctionnelles. Elle est dite de nécessité ou de convenance ; de nécessité si elle a pour but un résultat thérapeutique ; de convenance si elle a pour but d'imprimer à l'organisme des animaux des aptitudes nouvelles, qui l'approprient davantage aux exigences de la domesticité. La castration modifie profondément le caractère des mâles, caractère qui a souvent conservé quelques vestiges de sa primitive sauvagerie ; elle modifie les formes des mdividus et change la direction de leurs forces nutritives. L'animal castré ne vit plus que comme individu et non plus comme membre de l'espèce ; il accumule des substances alibiles non dépensées ; il engraisse et sa viande devient meilleure pour la nourriture de l'homme. Nombreuses sont les méthodes de castration des animaux
domestiques. Toutes consistent dans un ensemble de moyens opératoires ayant pour effet de déterminer soit une interruption entre les organes générateurs et les centres vasculaires et nerveux, soit l'annulation des testicules comme organes de la génération par une modification profonde imprimée à leur texture. La première de ces deux méthodes comprend le procédé des casseaux appliqués sur le sac des bourses (taureau et bélier) ; le procédé du fouettage ou de la ligature appliquée sur le sac testiculaire ; la méthode des casseaux à testicules couverts ou découverts chez le cheval, le taureau et le verrat ; la ligature soit à testicules couverts, soit à testicules découverts, chez le cheval, taureau ou verrat ; la torsion soit au-dessus soit au-dessous de l'épididyme ; la castration par le feu, par l'écrasement linéaire, par le ratissement, Texcision simple et l'arrachement, comme dans le chaponnage. La seconde méthode comprend le bistournage, fréquemment employé chez le bœuf et le bélier ; le martelage, l'écrasement et la ligature sous-cutanée du cordon testiculaire, à peu près tombés en désuétude.
Pratiquée chez le cheval, la castration a pour but de le rendre plus docile, de diminuer sa masse et son volume et de le rendre plus propre aux services rapides de la selle, de la voiture ou de la cavalerie. Sous l'influence de la castration le cheval devient doux, souple et maniable, docile au frein et facile à élever, si elle a été pratiquée dès le jeune âge. La castration influe sur la conformation des animaux avec d'autant plus d'énergie qu'elle a été pratiquée à une époque plus rapprochée de la naissance. On la pratique dans les douze à quinze premiers mois de la vie, jamais plus tard. Neutralisé jeune dans son sexe, le cheval vit par ses ascendants et reproduit les qualités qui lui ont été transmises. Plus tard, comme l'a dit excellemment H. Bouley, il vit par lui-même, un foyer propre d'activité s'est allumé en lui et si on vient à l'éteindre on éteint en môme temps les facultés qui en étaient le rayonnement. Pratiquée dans le jeune âge, la castration a encore un autre avantage : elle rend impuissants à la reproduction une foule d'animaux qui servent aujourd'hui à cet usage et qui n'ont, ni par eux-mêmes, ni par leurs descendants, les qualités nécessaires pour concourir utilement à la reproduction de l'espèce.
Autrefois, suivant en cela les conseils des vieux auteurs, comme Fromage de Feugré, Teissier, Hartman, Hurtrel d'Arboval, on considérait l'âge de trois à quatre ans comme le plus convenable pour la castration. Les principes de ces différents auteurs ont longtemps servi de règle de conduite aux éleveurs et en particulier à ceux de la Normandie. Le but de la castration tardive était d'obtenir le bénéfice des formes et des forces que les sujets acquièrent en se développant entiers et de réserver, de conserver pour la reproduction ceux que la perfection de leur conformation paraîtrait rendre propres à cet usage, calcul faux, car les faits n'en ont pas consacré la justesse, les reproducteurs devant être des animaux de choix, créés tout exprès en vue de leur fonction génératrice ; devant être, en outre, la plus haute expression des qualités dé leur race, concentrées en eux à force de temps, d'accouplements et de croisements intelligemment pratiqués. Aujourd'hui on préconise la castration hâtive des chevaux, qui a pour elle l'expérience des Anglais, si grands maîtres dans l'art d'améliorer et de perfectionner les espèces domestiques. Huzard fils, Yvart, Renault préconisent la castration hâtive qui facilite l'élevage en rendant les animaux moins turbulents et plus dociles : « Ce serait une erreur de croire, dit Renault (Maison rustique du XIX® siècle), qu'on peut conserver une plus grande force aux animaux, en ne les châtrant que lorsqu'ils sont adultes, lorsque leurs forces ont pris leur développement complet. Non seulement ces forces, si développées soientelles, se modifient après la castration et les animaux deviennent moins robustes ; mais encore en châtrant à une époque où les organes génitaux sont en pleine acti-
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vite fonctionnelle, on expose davantage les sujets aux suites fâcheuses que peut avoir l'opération. La castration sur le cheval doit être pratiquée de deux ans et demi à trois ans et demi ; c'est parce que, en France et surtout en Normandie, on ne châtre la plupart des chevaux qu'à quatre ou cinq ans, que Ton observe tant d'accidents ou de maladies graves après l'opération. » Magne se montre partisan de la castration hâtive chez le cheval, parce qu'elle facilite l'élevage et qu'elle influe aussi sur la santé des animaux ; de môme Goux, d'Agen ; de même encore les vétérinaires ou hippologues anglais Brettargh et W. Youatt.
Bistournage. Le bistournage est un procédé de castration que Ton emploie chez quelques espèces domestiques et qui a pour but d'annuler les aptitudes génératrices des testicules chez le mâ!e et des ovaires chez la femelle. Comme la castration proprement dite, le bistournage permet d'obtenir de certains animaux, du bœul et du bélier notamment, des produits plus abondants et de meilleure qualité. Le caractère difficile et dangereux du taureau le fait généralement castrer vers Tâge de dix-huit à vingt mois si, devenant bœuf à la suite de la castration, il doit être employé aux travaux de la ferme. Quand le mâle doit, en sortant de l'étable, aller directement à la boucherie, quand toutes ses facultés, quand toutes ses aptitudes doivent tendre exclusivement à la production de la viande, on l'opérera en très jeune âge, c.-à-d. dans les quatre ou cinq premières semaines de la vie, et le procédé de castration le meilleur et qu'on devra préférer sera celui qui éteindra du même coup et complètement l'action des testicules et permettra au jeune bouvillon de grossir et de se développer le mieux pour la boucherie. Mais beaucoup d'animaux, avant d'être livrés à l'engraissement, doivent fournir une carrière plus ou moins longue de travail ; le travail opéré par les taureaux serait un travail utile, mais le taureau est souvent peu maniable, méchant et dangereux. On a donc dû, pour le taureau, chercher un moyen de castration avec lequel il puisse conserver une grande force pour le travail tout en adoucissant son caractère et lui permettant, une fois le travail qu*on lui réclame accompli, d'être mis à l'engrais pour être ensuite livré à la consommation.
Production du travail et production de la viande constituent une aptitude mixte, que permet heureusement de conserver le bistournage. On laisse développer les testicules jusqu'à l'âge de deux ans environ, puis, au lieu de les enlever ou d'éteindre en eux toute faculté de se nourrir, on leur conserve partie seulement de leur action. Celle-ci va toujours s'affaiblissant, mais tandis qu'elle dure l'animal conserve une aptitude suffisante pour le travail, puis quand elle a pris fin, le bœuf disparaît comme animal utile du travail et devient apte à l'engraissement. H s'engraissera moins bien et moins vite que s'il avait été castré dans les premiers mois de sa naissance, il y a là une perte pour l'éleveur, mais une perte largement compensée par le travail que l'animal a produit pendant plusieurs années. A la dittérence de la castration, de l'émasculation qui consiste à enlever les organes reproducteurs et qui les retranche d'un seul coup, le bistournage laisse à l'animal ses testicules, mais il les manipule si bien qu'en changeant leurs rapports et leur position, qu'en brisant leurs enveloppes, il les atteint dans leur activité et dans leur nutrition. Le bistournage modifie les organes testiculaires, mais il ne les supprime pas ; ils continuent à végéter, peut-on dire ; la vie est diminuée en eux ; peu à peu ils s'atrophient ; la faculté génératrice est anéantie, sans enlever cependant tout appétit et tout désir sexuels, à l'inverse de la castration qui, par l'amputation des glandes testiculaires, les éteint subitement et d'une manière absolue. Le bistournage, dit Festal Philippe, ne prive pas complètement le testicule d'un© action vivifiante sur l'organisme. Bien que la fonction de sécréter le sperme soit, par le fait de ce mode opératoire,
décidément anéantie en lui, cependant l'influence de cet organe serait telle encore, après l'opération, qu'il continuerait à fournir une certaine dose de stimulus sans lequel la force et la vigueur sont impossibles. Cette opinion de Festal ne doit pas être admise sans commentaires. Si l'animal a été bistourné, si les vaisseaux nutritifs de l'organe testiculaire, si ses enveloppes ont été détruits par les manipulations de l'opérateur, la glande est condamnée immédiatement et l'animal privé immédiatement de sexe, de la même manière que dans la castration proprement dite. Si le bistournage est incomplet, si, après lui, la glande continue à vivre, c'est une preuve que le taureau n'est pas châtré et, comme le dit H. Bouley, l'opération, en ce cas, ne doit pas être considérée comme un avantage, car le but est manqué, les animaux qui se trouvent dans ces conditions étant souvent indociles, méchants, même difficiles à gouverner et inaptes à l'engraissement.
Le bistournage ne s'applique qu'au taureau et au bélier, qui ont les testicules pendants, les enveloppes lâches et faciles à di lacérer. On ne la pratique chez le cheval que par exception. Chez le bœuf, par l'action stimulante que le testicule bistourné conserve pendant quelques années sur l'organisme, il a sa raison d'être puisqu'il maintient à cet animal une force que l'on utilise avec profit aux travaux de la terre, jusqu'à ce que l'animal soit livré à l'engraissement et de là à la boucherie; mais chez les béliers, animaux destinés après la castration exclusivement à l'engraissement, il offre de sérieux inconvénients. « Le bistournage, dit Magne, est considéré comme laissant aux moutons de la force et de la vigueur. En effet, les moutons qui font subi sentent encore leur sexe, mangent beaucoup, prennent difficilement la graisse et fournissent une viande médiocre, dure, qui présente l'odeur et le goût désagréables de la viande de bélier. Ces inconvénients dépendent de ce qu'on ne tord pas suffisamment le cordon testiculaire et de ce que les testicules conservent en partie leur vitalité. » Le bistournage, pour le mouton, doit être abandonné, le mouton n'ayant besoin de rien conserver de son sexe, son rôle étant de faire de la laine et de la viande, et ces deux productions étant plutôt gênées que favorisées par la survie de Finfluence testiculaire.
Quoique châtré et privé de ses organes générateurs, le cheval hongre conserve une vigueur, une énergie et une vitesse supérieures à celles du bœuf, bien que chez ce dernier persiste encore, après le bistournage, l'influence stimulante des testicules. Cela tient à l'hérédité, aux services réclamés du cheval et surtout à la nourriture fortifiante et nutritive qui lui est distribuée. Quant aux animaux de l'espèce caprine, il est rare que le bistournage soit pratiqué sur eux. Il y a plus d'avantages à émasculer complètement les boucs, mais comme cette émasculation ellemême ne se pratique que dans un âge avancé et que les boucs sont peu nombreux, on les livre le plus souvent à la basse boucherie sans avoir été préalablement castrés. Quant aux jeunes chevreaux, on ne les castre jamais, pas plus que les jeunes agneaux, du reste, qui sont sacrifiés et livrés à la consommation dans les premiers mois de leur existence. L. Garnier.
m. Botanique. — La castration des végétaux consiste à enlever les étamines d'une fleur hermaphrodite avant la maturité de ces organes et la dissémination du pollen. On opère la castration sur les plantes que l'on a l'intention de féconder avec un pollen étranger pour en obtenir des hybrides (V. Hybridation).
IV. Droit pénal. — Le crime de castration consiste dans l'amputation ou la mutilation volontaire d'un des organes nécessaires à la génération. A Rome, ce crime était frappé de la peine capitale : Si quis post hanc sanction em in orbe romano eunuchos fecerit, capite puîiiatur (Loi 1 au code de eunuchis)» Il en était de même dans notre ancien droit. Jousse, t. lU, p. 834, s'exprime, à ce sujet, en ces termes : « Ceux qui se mutilent eux-mêmes dans
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les parties nécessaires à la génération sont punissables de la mort. Les chirurgiens ou autres qai mutilent les autres pour en faire des eunuques doivent être punis de mort. » Le code pénal de 1791 édictait la même peine. Dans notre législation actuelle, la castration est prévue et réprimée par l'art. 316 du C. pén. ainsi conçu : « Toute personne coupable du crime de castration subira la peine des travaux forcés à perpétuité. Si la mort en est résultée avant Texpiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort. » Ainsi, cet acte est, au point de vue de la peine, assimilé à Thoraicide volontaire et puni, dans le premier cas, comme le meurtre, et, dans le second, comme l'assassinat. Le mot castration n'a pas, dans notre droit pénal, le sens restreint qu'on lui donne en médecine. Ce terme signifie l'ablation de l'un quelconque des organes génitaux, et non pas seulement, comme en chirurgie, l'ablation des testicules. On doit également l'appliquer à la mutilation des organes sexuels de la femme, bien que, étymologiqueraent, il ne semblerait désigner que l'amputation des organes virils. La peine reste la même quelle que soit la durée de la maladie que la castration a pu produire. Il n'y a aggravation qu'en cas de mort dans les quarante jours du crime ; mais il faut, bien entendu, que cette mort ait été le résultat direct de l'acte. Aux termes de l'art. 325 du C. pén., le crime de castration est excusable, s'il a été immédiatement provoqué par un outrage violent à la pudeur. Le bénéfice de l'excuse peut être invoqué non seulement par celui qui a subi l'attentat, mais encore par tous ceux qui en ont été les témoins. La peine sera alors réduite à un emprisonnement de un an à cinq ans. Mais il n'y aurait plus seulement excuse, il y aurait justification dans l'hypothèse d'un viol ou d'une tentative de viol, parce que l'agent pourrait alors être considéré comme étant en état de légitime défense. La castration, dans ce cas, ne serait pas punissable. Jules Chancel.
CASTRE d'Auvigny (Jean du) (V. Auvigny).
CASTREJON (Antonio de), peintre espagnol, né à Madrid en 1625, mort à Madrid en 1690. Il eut pour maître Francisco Fernandez. Bien qu'il ait peint plusieurs compositions importantes, notamment le Martyre de sainte Lucie pour l'église de San Felipe el Real, détruit par un incendie en 1718, la Présentation de la Vierge au Temple pour l'église de San Ginés, et diverses autres pour d'autres églises et des couvents, son œuvre principale et la meilleure consiste surtout en tableaux de chevalet. 11 collabora aussi avec des peintres de fleurs, de paysages, de perspectives, dont il étoffait les tableaux. 11 est en effet l'auteur des petites figures qu'on rencontre dans les ouvrages de Roque Ponce, de Josef Garcia et de Gabriel de la Corte. P. L.
BiBL. : Cean Bermudez, Diccionario de los mas Unstrès profesores ; Madnd, 1800.
CASTRÉN (Mathias-Alexander), célèbre voyageur, ethnographe et linguiste finlandais, né à Tervola (OEsterbotten) le 2 déc. 1813, mort à Helsingfors le 7 mai 1852. Elevé sous le cercle polaire et acclimaté aux rigueurs boréales, sachant conduire une barque à travers les cataractes et manier le fusil, il avait à peine terminé ses études à l'Université de Helsingfors (1836) qu'il fit un voyage en Laponie (1838) ; il en rapporta des matériaux pour sa thèse De afjinitate declinationum in lingua fennica, esthonica et lapponica (Helsingfors, 1839, in-4), qui lui valut le titre de dbcent (1840). En 1839, il parcourut TE. de la Finlande et la Karélie russe pour y recueillir des chants mythiques, des traditions et des éclaircissements sur le Kalevala^ dont il donna une traduction suédoise (1841), aussi fidèle que poétique, d'après la première édition malheureusement incomplète. En 1842, étant à Arkhangelsk, après avoir visité avec E. Lœnnrot la péninsule lapone, il fut chargé par l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg d'une mission philologico-ethnographique en Sibérie, et pour s'y prépa-
rer il s'avança par le pays des Samoyèdes, des Zyriaenes et des Ostiaks à travers l'Oural jusqu'à Obdorsk, où il arriva en nov. 1843, La maladie le força de retourner en Finlande (1844). Lorsqu'il fut remis, il partit pourKazan (1845), traversa de nouveau l'Oural pour aller à Tobolsk, descendit ITrtich jusqu'à Samarova, remonta le bassin de rOb jusqu'à Tomsk (1846), d'où il gagna lenisseisk, explora l'Ienissei jusqu'à Tolstoï-nos sur la rive orientale de son estuaire, le remonta jusqu'à sa source, chez les Soyotes, en Chine (1847), poussa jusqu'à lrkoutsk,Nijne- Oudinsk (1848), Kiachta, Niertchinsk, puis avec une santé ruinée il retourna à Saint-Pétersbourg (1849) par Omsk et Ou fa. Dans ce pèlerinage de quatre ans qu'il fit à la recherche du berceau de ses ancêtres, il étudia le tchéréraisse, le mordouine, le votiak, le vogoul, l'ostiak, le toungouse, le soyote, le bouriate et plusieurs idiomes tatars, aussi l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg se l'attacha-t-elle comme adjoint avec un traitement de 600 roubles, et une chaire de langue et de littérature finnoise fut créée pour lui à l'Université de Helsingfors (1851). La tuberculose et la mort ne lui laissèrent malheureusement pas assez do délai pour exposer de vive voix et par écrit les résultats de ses immenses recherches.
Quant à ses voyages, on connaît assez les premiers (1838-1844) par les relations qu'il en rédigea (formant le 1. 1 de ses Nordlska resor och forskningar; Helsingfors, 1852, 2^ éd. 1870) ; les autres, par ses correspondances et ses rapports (t. Il du même recueil, 1855). Ses Conférences sur la mythologie finnoise n'étaient qu'un mémento pour son cours, il se proposait de les remanier pour l'impression; elles ont néanmoins été publiées telles quelles par C.-G. Borg (t. III du même recueil, 1853), et sont encore ce qu'il y a de meilleur sur le sujet ; mais ses notes hâtives et incomplètes sur ï Ethnographie des peuples altaïques (t. IV,* 1857) ne sont pas à la hauteur de la science actuelle. Ses deux thèses latines, ses mémoires et écrits de circonstance remplissent deux petits volumes (t. V, YI, 1858, 1870), dont le dernier, à la différence des cinq autres, n'a pas été traduit en allemand. Il écrivit sur treize des trente à quarante langues et dialectes qu'il parlait ou lisait, mais il ne publia luimême que deux thèses philologiques et les Grammaires zyriœne (Helsingfors, 1844) et tchérémisse (Kuopio, (1845), toutes quatre en latin, plus ujie Grammaire ostlake en allemand (Saint-Pétersbourg, 1849}, dont la 2® éd. a été éditée (ibid., 1858) par le savant Schiefner, ainsi que les Grammaires samoyède (ibid., 1854) avec dictionnaire (1855), toungouse (1856), bouriate (1857), koibaleet karagase (1857), ostiake du lénisséi et kotte (1858). Ces grammaires en allemand forment les t. VI-XII de Castren's Nordische Reisen und Forschungen (Saint- Pétersbourg, 1854-8, in-8) dont les t. Ï-V (1853-62) sont remplis par les traductions des écrits suédois. Ces œuvres sont toujours la base de la linguistique comparée des idiomes altaïques, dont Castrén fut le fondateur. — Son fils Robert Castrén, né à Helsingfors le 16 août 1851, mort à Degerœ le 30 août 1883, fut rédacteur du Dagblad de Helsingfors et représentant de la ville de Nykarleby à la diète de 1877. Il publia en suédois : Du Ser-^ vice militaire obligatoire (1880 ; en finnois, par O.-J. Cantell); la Députation finlandaise de i 808-9 (1879), et Episodes de Vllistoire contemporaine de la Fin-lande (1881, inachevé). — Un oncle du grand voyageur, Mathias Castrén (1764-1845), pasteur (1789) et prévôt de Kemi (1791), publia : Calendarium florœ et Faunce frân Kemi^ dans les Actes de la Société d'économie rurale (t. I), et laissa en manuscrit des Souvenirs sur la prévôté de Kemi, qui comprenait alors toutes les paroisses de la Laponie finlandaise. Beau vois.
BiBL. : Not. sur M.-Al. Castrén, en suédois, par C.-G, Borg; Helsingfors, 1853, par J. V. Snellman, en tête du t. VI de Nordiska resor ^ 1870, et en finnois par E.-O. Edlund; Hetsingfbrs, 1868.
CASTRÉN (Carl-Alfred), historien finnois, né à Sot-
kamo le26nov. 1845, mort à Helsingfors le 22 avr. 1873. Parent éloigné du grand voyageur et neveu de Thistorien Kajaani, il faisait encore ses études lorsqu'il alla recueillir de la bouche du peuple, en OEsterbotten, en Tavastland et en Savolaks (1864), des Souvenirs de la guerre de i 808-9 (Helsingfors, 1865). Dans les conditions précaires de précepteur , de correcteur d'imprimerie et d'employé aux archives de l'Etat (1871), et malgré sa mauvaise santé, il trouva le temps d'étudier dans les sources et de publier : Exposé des vicissitudes du lœn de Kajana, de 1650 à 1750(1867); Notices militaires sur le lœn d'Ouleàborg sous Gustave lll (1870); mais il ne put achever la Guerre de i 8 08-9, dont il parut des fragments : en suédois, dans Hufvudstadsbladet (iHlO et suiv.); en finnois, dans Joukahainen (t. Vil). Il y a aussi des mémoires de lui dans Kirjallinen Kuukauslehti (1870-1872). B-s.
CASTRENSES. Pendant les premiers siècles de l'empire romain, certains employés subalternes de la maison de l'empereur s'appelaient ministri castrenses et appartenaient au collegium castrense. Ces ministri castrenses étaient sous les ordres d'un procurator castrensis. Ces faits sont établis sur de rares textes et par des inscriptions mentionnées par M. Héron de Villefosse, dans le Dictionnaire des Antiquités de Daremberg et Saglio, t. IIÏ (art. Castrenses), Le procurator castrensis paraît avoir été plus tard remplacé par un vir spectabilis castrensis sacri palatii qui commandait aux ministeriales domini. On appelait fiscus castrensis la caisse qui fournissait aux dépenses de la maison militaire de l'empereur. Sur les Castrensis nummi, V. Monnaie MiuiAmE. A. W.
CASTRENSIS (Rod.) (V. Castro).
CASTRENSIS sacri Palatii. On appelait ainsi un fonctionnaire du bas Empire ayant rang de spectabilis (V. ce mol) , et qui avait sous ses ordres les pages, architectes et gens de service de l'empereur. C'était donc ce que nous appellerions aujourd'hui un majordome.
CASTRES. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Saint- Quentin, cant. de Saint-Simon ; 402 hab.
CASTRES. Com. du dép. de la Gironde, arr. de Bordeaux, cant. de La Brède, sur un tertre qui domine la Garonne et le Gua-Mort ; 750 hab. La commune a sur le Guamontun port qui reçoit des barques de 12 à 20 tonneaux ; c'est un entrepôt asssz considérable des bois, résines et autres denrées des landes. Fabrique de tuiles et de chaux. On a trouvé à Castres un camp romain (mon. hist.), des médailles et diverses fondations antiques.
CASTRES (Castra Albiensium), Ch.-l.d'arr. du dép. du Tarn; 27,427 hab. Cette ville est située à 171 m. d'alt. , sur la rive droite de l'Agout et au confluent de la Durenque : toutefois son faubourg de VillegoudonySuv la rive gauche de l'Agout, se peuple de plus en plus ; elle y est unie par deux ponts. Collège communal ; musée d'histoire naturelle, etc., en formation (hôtel de ville) ; commission des antiquités du dép. du Tarn, fondée en 1877. Industrie active (draps forts, bonneterie de laine, filature, toilerie, tannerie, fonderie de cuivre, construction de machines, papeterie, etc.), en concurrence, depuis un demi-siècle, avec celle de Mazamet qui l'emporte pour la filature de laine et les draps-nouveauté. Le développement industriel a triplé, depuis 1789, la population do Castres, et en a fait la première ville du département : il manque à son commerce des voies ferrées plus directes, soit sur Montpellier (par Bédarieux, en construction), soit sur Toulouse.
L'origine de Castres est un monastère fondé en 647 près d'un ancien camp romain par trois seigneurs d'Austrasie, et qui devint plus tard une abbaye bénédictine. Après la croisade des Albigeois, la ville avec son territoire fut réunie à la France par Louis Vill (1225). Sans l'aveu du roi Philippe V, sans l'avis des habitants et contrairement aux usages canoniques qui réservaient aux grandes villes les sièges épiscopaux, Jean XXII érigea
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l'abbaye en évêché (1317). Jean le Bon fit de Castres et du Castrais un comté pour Jean comte de Vendôme (1356). Ce comté passa ensuite à la maison d'Armagnac, qui en fut dépouillée par Louis XI (août 1-477) : ce roi en fit don à son gendre, Pierre de Beaujeu, et il ne revint définitivement au domaine de la couronne que sous François I«^, en 1519. La ville de Castres avait souffert de la croisade des Albigeois, elle avait connu l'inquisition; elle supportait avec impatience la domination des évoques, non moins royale et administrative que religieuse, depuis le concordat. En 1561, elle se déclara haiitement pour la réforme calviniste, et resta fidèlement attachée à cette cause. Les catholiques y rentrèrent sous Charles IX; mais en août 1574 elle rouvrit ses portes aux protestants, fut administrée au nom du roi de Navarre par le vicomte de Turenne, et reçut le futur Henri IV en 1585. Par Tédit de Nantes, une des Chambres mi-parties, ou Chambre de l'Edii, fut établie à Castres. Sous Louis VlIl, Castres se déclara pour le duc de Rohan et, bravement J commandée par la duchesse, brava les efforts du maréchal de Thémines (1625-1626) : cependant l'armée royale ne s'éloigna qu'après avoir procédé autour de la place de sûreté protestante à une entière dévastation. Après la prise de la Rochelle et l'édit de grâce d'Alais (1629), Castres ouvrit ses portes, et fut aussitôt démantelée. En 1678, Tévèché de Castres devint suffragant du nouvel archevêché d'Albi. En 1679, Louis XIV transfère à Castelnaudary la chambre de l'édit ; il la réunit ensuite au parlement de Toulouse, afin de la supprimer aussitôt par la révocation de l'édit de Nantes, tout en conservant leurs charges aux magistrats nouveaux convertis. Quoique suspecte à l'ancien régime. Castres avait conservé certains privilèges, vestiges plus curieux qu'importants de sa constitution municipale. Elle était administrée par quatre consuls élus à temps et par un conseil de 30 membres : les 4 consuls sortant de charge, 24 conseillers politiques, le syndic du chapitre et un grand vicaire (l'élément ecclésiastique tempérait l'élément communal). Toutes les mairies vénales ayant été rachetées par le Languedoc en 1774, le premier consul de Castres était regardé comme maire ; la ville ayant acquis l'office de lieutenant général, c'étaient les consuls qui exerçaient la police, et qui, tous les six ans, nommaient (pour la forme) un procureur du roi en l'Hôtel de Ville. Les dépenses municipales étaient payées sur les tailles ; les revenus des droits municipaux de boucherie, fours, poids de place, etc., venaient en moins imposé. Le droit royal de coupe (^^ du prix de vente) portait sur les grains vendus au marché par les forains; il gênait plus le commerce qu'il n'enrichissait le trésor. En 1789, Castres venait de perdre la maîtrise particulière des eaux et forêts, transférée à Saint-Pons. Elle avait perdu son présidial depuis 1751, et restait simplement le siège d'une sénéchaussée (ressort de Toulouse). Elle avait, depuis 1765, des casernes pour 680 hommes et 144 chevaux, 6 couvent? « une maison d'ignorantins et une de dames-noires, consacrées «surtout à la conversion des enfants non catholiques. Castres fut chef-lieu du dép. du Tarn de 1790 à 1798 : Albi lui fut alors substitué comme siège départemental et diocésain.
Principaux monuments. — La tour romane de l'église primitive du moyen âge (enclavée dans l'ancien évêché) ; le donjon carré du xii® siècle (bâtiments du collège actuel) ; la cathédrale de Saint-Benoît (1678-1718), inachevée (tableaux de Coypel, Despax, Rivalz, copies de Lesueur, quatre bonnes statues) ; Notre-Dame de la Plate (xviii^ siècle), avec deux tableaux de Despax, un retable et des fonts baptismaux en marbre de Barata (père et fils) ; l'ancien évêché, devenu l'hôtel de ville, bâti sur les plans de J.-H. Mansard, avec un jardin dessiné par Le Nôtre sur le modèle de celui des Tuileries. La Place Nationale, fort belle, est ornée d'une fontaine monumentale. Promenade des Lices (anciens boulevards); joli