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CASTRIES — CASTRO

Germain, il se signale à Warbourg, s'empare des gorges de Stadtberg, puis, agissant séparément, bat à Clostercamp le prince Ferdinand de Brunswick qui avait voulu le surprendre, 16 oct. 1760, et est blessé à la prise d'Amœnebourg, 22 sept. 1762; il était chevalier des ordres depuis le 30 mai. Maréchal le 13 juin 1783, il remplaça, le 18 oct. 1780, presque au début de la guerre d'Amérique, M. de Sartine au ministère de la marine. Il y resta jusqu'en 1787, et on lui dut le corps d'ordonnances de 1786,1a création des écoles de marine, des sous-lieutenants de vaisseau, des canonniers- matelots; gouverneur de Flandre et de Hainaut en 1787, il émigra, en 1790, d'abord à Lausanne, puis en Allemagne, commanda en 1792 une colonne de l'armée des princes en Champagne, signa la déclaration de Louis XVIII du 23 janv. 1793, et dirigea, à partir de 1797, avec le comte de Saint-Priest, le cabinet de ce prince à Blankenburg. Un mausolée lui fut érigé à Brunswick par le duc Ferdinand. La Bibl. nat. possède de lui des Lettres, n. a. f., 31; et divers comptes, f. 7o08-10, 11,438 et

De son mariage avec Gabrîelle-Tsabeau-Thérèse de Rosset, fille du duc de Fleury,en 1743, il avait eu un fils, Armand'Charles-Augustin, né le 23 mai 1756, mort à Paris le 19 janv. 1842, créé duc à brevet par Louis XVI, brigadier en 1782, maréchal de camp en 1788, député aux Etats généraux, pair et duc héréditaire en 1814, lieutenant général le 22 juin de la même année. 11 avait fait la guerre d'Amérique, servi, en 1795, dans le corps d'émigrés envoyé par les Anglais en Portugal, et est surtout connu par son duel avec Charles de Lameth en oct. 1790. Il avait épousé, en 1778, Marie-Louise-Philippine de Bonnières, fille du duc de Guines, et son fils, Edmond- Eugène-Philippe-Hercule , né le 10 oct. 1787, fit la campagne de Russie, devint maréchal de camp et mourut le l^^août 1866 sans postérité. Son titre a passé à son neveu, Edmond-Charles- Auguste, né le 16 avr. 1838, ancien lieutenant d'infanterie, mort le 19 avr. 1886, sans postérité. Celui-ci était surtout connu comme propriétaire d'une écurie de courses qui remporta deux fois de suite le prix du Jockey-Club et le grand prix de Paris (1883-1884). Sa sœur a épousé le maréchal de Mac-Mahon.

Eugène Asse.

La descendance mâle de cette maison n'est représentée actuellement que par une branche cadette, fondée à la fin du xvi^ siècle, celle des la Croix-Meyrargues, barons de Gaujac, comtes de Castries depuis 1821, et par les huit fils du comte Gaspard de Castries (mort en 1869), dont plusieurs officiers des armées de terre ou de mer, et parmi eux Henri de Castries (né le 19 décembre 1850), capitaine d'infanterie, explorateur du Sud-Oranais, marié en 1880 avec la fille cadette du général de La Moricière.

Bibl.: P. Anselme, Hist. de l'Ordre du Saint-Esprit. — • Baron Malouet, Mém. de Malouet ; Pans, 1874, 2 vol. in -8, t. I, p. 470. ~ Pajol , les Guerres sous Louis XV ; Paris, 1880-88, 5 vol.in-8. — Mém. de Frédéric Il ; Paris, 18(3(3, 2 vol. in-8. — Wïmpffen, Commentaires des Mém. du comte de Saint-Ger^nain; Londres, 1780, pp. 147, 162, in-8. ■— Lesgure, Corresp. secrète inédite sur Louis XVI ; Paris, 1866, 2 vol. in-8. — Arneth et Geffroy, Corr. secr. entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy-Argenteau; Paris, 1874, 3 vol. in-8, t. 111,483, 489. — Mém. de Besenval, de Rocmambeau, de Mont- BARREY. — JoBEz, là Finance sous Louis XV ; Paris, 1869, t. V, VI. — Du même, Necker. — P. de Courcy, Hist. généal. des Grands Officiers de la couronne^ de 1733 à 1789; Paris, 1881, in-4. -- Forneron, Hist, gén. des émigrés; Paris, 1884, 2 voî. in- 16. — L. Plngaud, Co7t. du comte de Vaudreuil ; Paris, 1889, 2 vol. in-8.

CASTRILLO (comte de) (V. Avellaneda [Garcia del, t. IV, p. 869).

CASTRIOTA (Georges) (V, Scanderbeg).

CASTRO (en turc MtdûUû), C'est Tancienne Mytilène ; elle est restée la capitale de Tîle de Lesbos et compte environ 6,500 hab. Elle est le siège d'un évêehé grec oriental.

CASTRO. Dép. chilien formant la partie S. de File et

de la province de Chiloë, limitrophe des dép. d'Ancud, au S., et de Quinchao au N., et comprenant sur le continent les territoires au S. de Vilcun et de Minchinvâvida. Grandes forêts. 35,020 hab. Ch.-l. Castro, par 42^ 28' delat. S. et 76«9' long. 0. G. W.

CASTRO-DEL-Rio. Ville d'Espagne, prov. de Cordoue, sur le Guadajoz ; 10,261 hab. Salines ; lainages.

CASTRO -ViREYNA. Gh.~l. de province (Pérou), à 121 kil. au S.-O. de Huancavelica, sur le rio Castro, affluent du Ghunchaya. Environ 3,000 hab., presque tous chercheurs de mines {cateadores et miner os). Les anciens filons d'argent, jadis très riches, paraissent épuisés.

CASTRO (Alvaro-Perez de), général espagnol, d'une famille castillane célèbre par ses luttes contre la famille de Lara ; élevé parmi les Maures, où son père avait trouvé un appui dans sa lutte contre le roi, il se réconcilia plus tard avec Ferdinand et joua un rôle glorieux comme général de la frontière. Il mourut à Orgaz en 1240. Il avait été marié deux fois, la première à dofia Aurembiax, comtesse d'Urgel, la seconde à dona Mencia Lopez de Haro, qui devint plus tard reine de Portugal. Comme il ne laissa point d'enfants, ses biens passèrent à sa veuve. E, Cat.

CASTRO (Inez de), reine de Portugal, fille naturelle de D. Pedro Fernandez de Castro, surnommé de la Guerra, seigneur de Galice, et de Doîia Aldonza de Villadares. En 1340, elle suivit en Portugal sa cousine Dona Constanza, fiancée à D. Pedro, fils d'Alfonso IV. Inez devint bientôt après la maîtresse de l'infant dont elle eut plusieurs enfants naturels . Après la mort de la reine, qui mourut en couches (1345), on prétend que son amant l'épousa secrètement à Bragance, en présence de l'évêque de Guarda et de quelques témoins. Trois chevaliers portugais, Pedro Coelho, Alvaro Gonçalves et Diogo Lopes Pacheco, jaloux de rinfluenee des Castro, arrachèrent au roi la mort d'ïnez et la massacrèrent au château de Coïmbre (1355). Quoique l'infant eût juré de renoncer à sa vengeance, les meurtriers, que lui livra Pedro ï^^ de Castille, moururent dans d'épouvantables supplices. Le féroce justicier les fit torturer en sa présence à Santarem. Comme le bourreau fendait la poitrine à Coelho pour en arracher le cœur : « Fouille à gauche, lui dit-il, tu trouveras un cœur plus gros qu'un cœur de taureau et plus fidèle qu'un cœur de cheval » (1357). Une tradition douteuse prétend que D. Pedro fit exhumer le cadavre de sa maîtresse et rendre les honneurs royaux à « celle qui ne fut reine qu'après sa mort ». L'histoire d'Inez a inspiré à Camoëns un épisode célèbre de ses Lusiades. Son tombeau, à Alcobaça, fut profané et pillé par les Français en 1810. Lucien Dollfus.

Bibl. : Chronica del Rey D. Pedro ; Lisbonne, 1735. — J. Barbosa, Catalogo das Ralnhas de Portugal; Lis^ bonne, 1727. ~ Ferdinand Denis, Chroniques chevaleresques de l'Espagne et du Portugal.

CASTRO (Fernando de), seigneur de Galice, mort en 1371, Il suivit d'abord le parti du comte de Transtamare, irrité contre Pedro l®^ qui avait épousé, puis délaissé sa sœur Doîia Juana (1354). Dans la suite, le comte ayant fait casser son mariage avec une fille naturelle d'AlfonsoXI, Castro se soumit au roi, qu'il servit fidèlement (1358). Après la chute de Pedro 1®% il refusa de reconnaître Enrique II et souleva la Galice contre lui (1366). Vaincu et forcé d'abandonner l'Espagne, il se réfugia en Portugal, puis en Angleterre, où il mourut.

CASTRO (Paolo de), célèbre jurisconsulte italien de la première moitié du xv« siècle. Il fut ainsi nommé du lieu de sa naissance. Il professa successivement le droit romain à Florence, à Bologne, à Ferrare et à Padoue. On a de Castro : Commentarium super codicem, Digestum vêtus et noviim et Infortiatum^cum addit, Fr, de Curte et aliorum (Lyon, 1527, in-fol.); Aliquot Bepetiti ones juris clvilis (Lyon, 1553, in-fol.) ; Consilia ex emendatione Leonardia lege (Francfort, 1582, 3 vol. in-fol.) ; Singularia, cum addit. Saraynce et aliorum (Francfort, 1596, in-fol.); Responsa sive consilia quœdam (Âmberg, 1607, in-fol.). Cujas tenait cet auteur en si

CASTRO

haute estime qu'il disait de lui : Qui non habet Paulum de Castro, tunicam vendat, et emat. — Le fils de Paolo de Castro, Angelo de Castro, enseigna aussi le droit avec succès. 11 était professeur à l'Université de Padoue, et mourut dans cette ville en 1492. On a de lui quelques ouvrages dont le principal est intitulé Aliquot Consilia matrimonialla (Francfort, 4580). G. L.

CASTRO (Alonso de), théologien espagnol, de Tordre de Saint-François, né à Zamora Ws 1495, mort en 1558. 11 accompagna Philippe II en Angleterre, lorsque ce prince y alla épouser la reine Marie. — OEuvres principales : Aduersus Hœreses libri XIV (Paris, 1534, in-fol.; Anvers, 1556 et 1568), ouvrage qui eut un succès immense : dix réimpressions en Espagne, en Italie, en France, en Allemagne, dans Tespace de vingt-deux années ; il fut traduit en français par Hermant (Rouen, 1712, 3 vol. in-l^), et même mis en vers par un Espagnol; De Justa Ilœreticorum Punitione (Salamanque, 1547, in-fol.) ; De Potestate legis pœnalis libri II (Salamanque, 1558, in-fol.; Paris, 1571 et 1578, in-fol.) ; De Sortilegiis et maleficiis eorumqiie punitione (Lyon, 1568, in-fol.) ; traité sur la Validité du mariage de Henri Vllî avec Catherine d* Aragon, Ses œuvres théologiques ont été réunies en 4 vol. in-fol. (Paris, 1565).

CASTRO (Joâo de), célèbre capitaine et navigateur portugais, né à Lisbonne le 27 lévr. 1500, mort à Goa le 6 juin 1548. 11 était issu de l'une des plus grandes maisons de son pays, et lut le condisciple et l'ami de l'infant D. Luis, fils du roi Emmanuel. Passionné pour les sciences mathématiques, il devint l'un des plus brillants élèves du célèbre Pedro Nufiez. A dix-huit ans il alla guerroyer au Maroc où il fut armé chevalier. En 1533, il prit part à l'expédition contre Tunis et par sa bravoure émerveilla Charles-CJuint lui-même. A son retour, il reçut (31 janv. 1538) une petite commanderie dépendant de Tordre du Christ. Peu après il passa aux Indes ; nommé capitaine d'un galion, il fut chargé par le gouverneur Estevào do Gama d'explorer, pour la première fois, la mer Rouge (1541), ce qu'il fit en véritable savant. Le 7 janv. 1545, il fut investi des fonctions de conseiller de la couronne, et nommé gouverneur des Indes le 28 févr. suivant. Dès le début, il eut à y combattre des musulmans et Tannée suivante il se couvrit d'une gloire immortelle par la défense héroïque de Diu, avec '\\n% poignée d'hommes contre quarante mille guerriers de Roumi-Khan, qu'il défit complètement. Ce bel exploit a été chanté par Camoëns. Sous la direction ferme et intelligente de Castro, les conquêtes des Portugais en Asie s'étendirent rapidement, ce qui lui valut le titre de vice-roi des Indes (13 oct. 1547), dignité dont il ne jouit que peu de mois.

Castro fut non seulement un capitaine illustre, doué de toutes les vertus militaires, mais aussi un hydrographe éminent, scrupuleux et plein de sagacité, comme le témoignent ses routiers de voyage dans les mers parcourues ou explorées par lui, ouvrages qui ne furent tirés de Toubli que dans notre siècle, d'abord le précieux routier de la mer Rouge : Roteiro,,. da viagem ao mar Roxo (Paris, 1833, gr. in-8 et atlas; trad. en anglais, avec des annotations par sir Walter Raleigh [1625], et en français, dans VHistoire générale des voyages^ par Tabbé Prévost), puis celui de la côte de l'Inde : Boteiro da Costa da India (Porto, 1 843, gr. in-8), enfin celui du voyage de Lisbonne à Goa, Roteiro de LisboaaGoa (Lisbonne, 1882, gr. in-8). G. Pawlowski.

BiBL. : Jacintho Freyre de Andrada, Vida de D. Joam de Castro, quarto viso-rey da India; Lisbonne, 1651, in-fol., ou 183.^, in-4. — J. da Silva et Brito Aranka, Diccion. biblioqr. portiig.

CASTRO (Nicolas de), théologien belge, né à Louvain en 1503, mort à Middelbourg en 1573. Licencié en théologie, il devint professeur au collège des Trois-Langues et fut appelé plus tard par Philippe II aux fonctions d'in-

quisiteur de Hollande, Utrecht et Overyssel. Il fut élevé, en 1560, à la dignité d'évêque de Middelbourg. Il poursuivit avec rigueur les protestants de son diocèse et mourut à temps pour ne pas voir le triomphe de la Réforme dans les provinces du nord des Pays-Bas. E. H.

BiBL. : Bor. Nederd. Oorl; Harlem, 1.595-160!, 6 vol. in-fol. — Swalue, De daden der Zeeuwen.— Hoynck van Papendrecht, Hlst. der Utrechtsche Ker; Utrecht, 1763.

CASTRO (Léon de), savant et théologien espagnol du xvi« siècle, né à Salamanque. Il étudia la scholastique, la théologie, le grec, l'hébreu, devint professeur de rhétorique à Salamanque, docteur en théologie et, près de cinquante ans plus tard, fut chargé d'enseigner la sainte Ecriture à Valladolid; il mourut fort âgé en 1586, laissant une grande réputation de savoir. Il soutint contre Arias Montanus (qui avait, disait Castro, l'idolâtrie de l'hébreu), que le texte hébraïque de la Rible nous est parvenu très défiguré, plein d'interpolations, et chercha à prouver que la Version des Septante et la Vulgate sont supérieures en exactitude au texte hébraïque. Cette théorie est le fond des ouvrages suivants : Apologeticiis pro lectione apostolica et Evangelica, pro Vulgata domini Hieronymi, pro translatione Septuaginta virorum proque omni ecclesiastica lectione contra eorum obtrectatores (Salamanque, 1585, in-fol.) ; Commentaria in Esaiam proplietam ex sacris scriptoribus grœcis et latinis confecta, adversus aliquot commentaria et interpretationes quasdam ex Rabbinorum scriptis compilatas (Salamanque, 1570, in-fol.), avec divers opuscules, sur des sujets de même nature ; Commentaria in Oseam prophetam ex veterum Patrum scriptis, qui prophetas omnes ad Christum referunt (Salamanque, 1586, in-fol.). E. Cat.

CASTRO (Alvaro-Gomez de), humaniste espagnol né à Tolède en 1515, mort en 1580. H fit ses études à l'université d'Alcalâ, se fit remarquer par ses connaissances en grec et en latin et, après avoir enseigné ces langues dans divers collèges, fut appelé à Tolède par le savant archevêque de cette ville, Rernardo de Sandoval y Rojas, qui voulait y fonder une grande école. Il y enseigna le grec et la rhétorique, puis, sur sa réputation de savoir, fut chargé par Philippe II de préparer une édition critique des œuvres d'Isidore de Séville. La mort vint le surprendre au milieu de ce grand travail, mais ses notes, suivant André Scot, sont celles qui parurent dans l'édition de cet auteur, publiée à Madrid par Joannes Grialus (Grial), comme étant son propre ouvrage. On a de lui : Idyllia aliqua, sive poemata (Lyon, 1558, in-8), poèmes latins sur des sujets religieux ; Recebimiônto que la universitad de Alcala hizo d los Reyes, cuando vinieron de Guadalaxara (Alcala, 1560, in-4) ; Recebimiento que la Impérial ciudad de Toledo hizo d la Reyna D^ Isabel cuando entre en ella d celebrar sus bodas con el sefior Rey Felipe el Prudente (Tolède, 1561, in-4) ; Publica Lœtitia qud D. Joannes Martinus Siliceus^ archiepiscopus Toletanus, Compluti susceptus est (Alcala, in-4) ; De Rébus gestis Francisa Ximenii, cardinalis archiepiscopi Toletani (Alcala, 1569, in-4 ; Franctort, 1581 et 1603, la meilleure histoire du cardinal Ximenez, écrite d'après ses papiers). En outre, Antonio vit divers fragments d'un Catalogus seu historia Archiepiscoporum sanctœ Ecclesiœ Toletanœ, et connut l'existence de plusieurs autres manuscrits. (V. Antonio, Bibliotheca Hispana nova, 1. 1, pp. 58-59.) E. Cat.

CASTRO (Rodrigo de), médecin portugais, né à Lisbonne vers 1546, mort à Hambourg le 20 janv. 1627. II était juif de naissance. On le désigne souvent sous son nom latinisé Rodericus a Castro ou Roderica Castro, Il étudia à Séville et, vers 1596, émigra à Hambourg. Il a écrit des ouvrages remarquables: De Universa mulie-' brium morborum medicina, novo et antehac a nemine tentato ordine, opus absolutissimum, etc. (Cologne,

CASTRO

1599, in-4, etHamb., 4603, 1616, 1628 etl662,m-4), livre composé avec une méthode et un esprit pratique éminents ; De Offlciis medico-politicis sive de medico politico (Hamb., 1614, in-4, plus, édit.), vrai traité de philosophie et de déontologie médicales dans lequel il se déclare partisan de la doctrine rationnelle et expérimentale et expose un véritable code de dignité et de moralité professionnelles qui s'applique à tous les temps ; enfin. De Natura et causis pestis quœ anno i596 tiambiirgen-^ semurbem afflixit (Hamb., 1596 et 1597, in-4)/

Son fils, Benedict de Castro (1597-1684), fut le médecin de Christine de Suède et publia plusieurs ouvrages devenus rares, mais peu remarquables. D^" L. Hn.

CASTRO (Andrés), missionnaire et linguiste espagnol, né à Bûrgos, mort à Toluca le 14 déc. 1577. ifétait franciscain lorsqu'il passa au Mexique en 1542 et devint définiteur de la province du Saint- Évangile de Mexico. Il apprit non seulement le nahua, mais encore le perinda, ce difficile idiome des Matlatzincs, qu'il fut le premier à évangéliser. Il écrivit un Dictionnaire, un Catéchisme et des Sermons en leur langue, sans parler d'un Traité du mariage, en espagnol. B-s.

CASTRO (Esteban-Rodrigo de), connu sous son nom latinisé Castrensis ou sous celui de Rodriguez de Castro pour le distinguer de Rodrigo de Castro, son compatriote, médecin portugais, né à Lisbonne vers 1550, mort à Pise en 1627. Il professa avec beaucoup de succès la médecine à l'école de cette ville. Ses ouvrages, nombreux, sont écrits dans un esprit philosophique et très judicieux. Citons seulement: De Complexu morborum tractatus (Florence, 1624, in-8 ; Nuremb., 1646) ; Quœ ex quibus, opusculum, sive de mutatione aliorum morborum in alios (Florence, 1627, in-12; Francf., 1617, in-12, et autres édit.) ; Compendio d'avertimenti per préservazione e curazione délia peste (Florence, 1630) ; Cornment» in Hippocratis libellum de alimento sectiones duce priores (Florence, 1635, in-fol.); Medicœ consultationes (Florence, 1644, in~4) ; Opusc, duo, Variœ exercitationes medicœ et expositio in aliquot œgrotos Hippocratis (Venise, 1653, 1656, in4); Syntaxis prcedictionum medicorum, etc. (Lyon, 1661, in-4), etc. Son compatriote, Zacutus Lusitanus, avait pour lui la plus grande admiration et l'appelait le « phénix de la médecine ». Rodriguez était poète à ses heures et, après sa mort, son fils a fait paraître des poésies de lui en espagnol et en portugais, Kimas (Florence, 1632, in-12).

D^ L. Hn.

CASTRO (Gabriel Pereira de), poète et jurisconsulte portugais, né à Braga en 1571, mort en 1632. D'abord professeur de droit à l'université de Coïmbre, puis conseiller juge à la cour des appels, il devint membre du sénat et grand chancelier. Il publia : Decisiones supremi senatus Portugalliœ (Lisbonne, 1611, in-fol.), et un traité De Manu regia (1622, in-fol.). Ce grave magistrat est encore l'auteur d'un poème épique, ayant pour sujet le fondation de Lisbonne attribuée à Ulysse, poème qui ne vit le jour qu'après sa mort : Ulyssea, ou Lis boa edificada (Lisbonne, 1636, in-8;réimpr. en 1745). Coulé dans le moule des épopées antiques, qu'il imite souvent avec bonheur, versifié avec aisance et éclat même, c'est assurément le meilleur poème épique du xvii« siècle. Les contemporains en étaient enthousiasmés, bien que les meilleurs vers n'en soient que des réminiscences des Lusiades, et qu'on y trouve plus d'érudition classique que de spontanéité et de véritable inspiration. Manoel de Galhegos, son éditeur et apologiste officiel, n'hésita même pas à mettre Castro bien au-dessus de Camoëns, et à qualifier YUlyssea de meilleure épopée moderne. G. Pawlowski.

BiBL. : F. Denis, Résumé de VHist. lilt. du Portugal, 1826. — Th. Braga, Manualda hist. da litterat.port.; 1875.

CASTRO (Jean ou Juan Castro ou de), musicien du XYi« siècle, d'origine espagnole ou portugaise. Il fut maître

de chapelle du prince de Juliers, Clèves et Berg, vers 1580, puis vice-maître de la chapelle impériale en 1582- 1584. Il est Fauteur d'un nombre très considérable de chansons, madrigaux, motets, chants sacrés et messes, répandus dans une trentaine de recueils publiés en divers lieux entre 1569 et 1623. M. Br.

CASTRO (Sébastian-Gonzalez), économiste espagnol du xvn« siècle, ne nous est connu que comme l'auteur d'un livre, curieux pour l'époque : Valor, ley y peso de las monedas antiguas de plata de Castilla, y arbitrio del consumo del vellon (MaLÛrid, 1658).

CASTRO (Alonzo Nufiez de), historien espagnol du XVII® siècle, fils d'un médecin de Philippe IV, devint historiographe de ce prince (Cronistaj, et mourut en 1670. On lui doit : Espejo Christalino de armar para générales valorosos, de desengahos para Christianos principes, historiado en la ferie historial y Panegyrica, de los heroes Augustos, que illustraron las dos familias de Girones y Pachecos (Madrid, 1648, in-8); Seneca impugnado de seneca en questiones politicas y morales (Madrid, 1650, in-8) ; Historia ecclesiastica y seglar de la Ciutad de Guadalaxara (Madrid, 1658, in-fol.) ; Exemplar de perfection ideada en las vidas de las vénérables Madrés Maria de San Pablo, y Ana de San Antonio f fundadoras del convento de San Joseph de Jésus Maria, que llaman del Caballero de gracia en Madrid (Madrid, 1658, in-fol.); Solo Madrid es corte (Madrid, 1658, in-4), ouvrage qui eut du succès, et dont il y a une 3® édition, très augmentée : Solo Madrid est corte y el Cortesano en Madrid (Miranda, 1675, in-4). Le principal titre littéraire de Alonso Nunez de Castro est d'avoir commencé le grand recueil historique ' appelé : Coronica gothica, castellana y austriaca (Madrid, 1670-1677), et qui fut continué par Diego Saavedra Faxardo. A. de Castro avait donné séparément les deux parties suivantes de cet ouvrage : Coronica de los reyes de Castilla, D. Sancho el deseado^ D, Alonso el F///0 y D. Enrique el P (Madrid, 1665, in-fol.), et Vida de San Fernando el IIP, rey de Castilla y Léon, ley viva de principes perfectos (Madrid, 1673, in-4).

CASTRO (Antonio de), jésuite espagnol du xvii® siècle, auteur d'un traité de morale publié sous ce titre singulier : Fisionomia de la virtud y del vicio al natural sin colores ni artijicios ; primera parte (Valladolid, 1676, in-4). Castro y promet au lecteur une seconde partie de cet ouvrage.

BiBL. : N. Antonio, Bibliotheca hispananova.

CASTRO (Juan Sânchez de) (V. Sanchez de Castro).

CASTRO (Manuel de), peintre espagnol, mais d'origine portugaise, mort à Madrid en 1712. Elève de Claudio Coello, il obtint, après la mort de Bartolome Perez,en 1698, la charge de peintre du roi Charles II. La médiocrité de son talent ne justifiait cependant pas cette faveur. Ses principaux ouvrages furent exécutés pour des couvents de Madrid, notamment pour ceux de la Trinité et de la Merced. Il peignit à fresque, dans ce dernier, la voûte de la chapelle de los Remédies. A l'église de Saint- Jean-de-Dieu, il fit également quelques peintures à fresque, ainsi que dans celle de San-Felipe-Neri. Aucun de ses tableaux à l'huile ne figure aujourd'hui dans les musées d'Espagne, et cette absence n'a rien de regrettable.

BiBL, : Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800.

CASTRO (Francisco de), poète dramatique espagnol, né à Madrid, mort vers 1740. Fils d'un acteur, Matias de Castro, il commença par être comédien; il devint Tun des poètes les plus populaires de son temps et fit représenter un grand nombre de pièces, la plupart du genre burlesque ; il écrivit aussi quelques poésies de circonstance et des complaintes. Directeur d'une troupe d'artistes, il publia une partie de son répertoire sous le titre de Primera parte de Alegria comica, explicada en diferentes asumptos jocosos, compuesta por Fr.

Castro

de Castro^ représentante de nna de las companias de la corte (Saragosse, 1702, in-8). Ce recueil contient quinze entremeses; un autre de douze entremeses et deux ballets parut peu après (Saragosse, 4702, in-8) et Fut suivi d'un troisième (ibid., 4702, in-8), qui renferme treize pièces comiques, sous les titres de Segunda parte de Âlegria comica^ Tercera parte, etc. Enfin, après la mort de Tauteur, un recueil de vingt-quatre de ses entremeses, sous le titre : Libro nuevo de entremeses, intltulado comieo festejo, fut publié par José de Rivas, membre de la même troupe d'artistes (Madcid, 1742, 2 vol. in-8).

CASTRO (Francisco- Antonio de), biographe espagnol du XVIII® siècle. Il a écrit : Laureola sacra de la vida y martirlo del V. P. Diego Luis de Sanuitores^ primer Apostol de las islas Marianas (Madrid, 4723, in-8), poème en octaves, divisé en huit chants ; Vida de la gloriosissima Senora Santa Ana, madré de Maria santissima, etc. (Bilbao, 4723, in-8) et un poème de circonstance sur la bataille de Villa-Viciosa : Alcides alegorico (Burgos, 4710, in-4). E. Cat.

CASTRO (Felipe de), sculpteur espagnol, né à Noya, province de Galice, en 1741, mort à Madrid en 1775. Ayant manifesté de bonne heure de grandes dispositions pour la sculpture, Castro en apprit d'abord les premiers principes avec Diego de Sande, puis avec Miguel Romay ; dans le dessein de se perfectionner dans son art, il alla d'abord à Lisbonne, puis à Séville, oii, par l'entremise du peintre Domingo Martinez, il fit la connaissance de Ranc, alors premier peintre du roi Philippe V, qui après avoir examiné deux statues de saint Léandre et de saint Isidore que le jeune artiste \enait de terminer, lui donna le conseil d'aller compléter son éducation à Rome. Castro suivit les avis de Ranc, partit pour Rome et entra successivement dans les ateliers de Maini et de Valle. En 1739, ayant obtenu au concours le prix fondé par l'académie de Saint-Luc, Philippe V le pensionna. A l'avènement de Ferdinand VI au trône d'Espagne, Castro revint à Madrid, oii il fit les bustes du roi et de la reine qui lui valurent sa nomination de premier sculpteur du roi. Il exécuta ensuite divers autres portraits, tels que ceux de Josef de Carvajal, ministre d'Etat, de don Alfonso Clémente de Arostegul, du R.-P. Sarmiento et de don Jorge Juan. Il fit, pour le palais, les trois statues des rois Luis I«^\ Fernando VI et de la reine Maria Barbara, les statues décoratives de Trajan et de Théodose, et celles de Philippe II, de Henri IV et de quelques rois goths. En 1752, Castro fut nommé directeur de l'Académie de San Fernando et, à cette occasion, il oflrit à l'Académie un bas-relief allégorique à sa fondation. En 1763, Castro était directeur général et, grâce à son zèle, les cours de sculpture de l'Académie reçurent une impulsion remarquable. Ses travaux personnels, et plus encore ses excellentes leçons, exercèrent du reste une salutaire influence sur la statuaire de son temps. P. L.

CASTRO (Agustin), polygraphe hispano-mexicain, né le 24 janv. 1728 à Gordova (Etat de Vera-Cruz), mort à Bologne, en Italie, le 23 nov. 1790. Entré dans la Compagnie de Jésus à Tepotzotlan (1746), il enseigna le latin à Oaxaca et la philosophie à Queretaro, et fut le premier professeur de droit canon à Merida (Yucatan). Après la déportation des jésuites en Italie (1767), il y publia des notices sur trois de ses confrères : /. Campoi (Ferrare, 1782); Fr. Clavigero (1787); Fr. Alegre (1788) ; ainsi que des traductions du latin ; trois autres de ses ouvrages avaient paru au Mexique, mais les plus intéressants sont inédits. Ce sont : Mitlenses reliquiœ in Zapotensi ; Descripcion de Antequera de Oaxaca, en vers ; Descriptio arcis Guatuscorum, en vers ; De los frutos preciosos de Yucatan; Historia de las encomiendas de Yucatan ; Historia de la villa de Cordova, en latin et en espagnol ; la Cortesiada, poème épique ; Historia de la literatura mexicana despues de la conquista; la Prosodia. — Un autre jésuite, Juan de Bios de Castro, né à

Zumpango (Mexique), prit l'habit de la Compagnie à Tepotzotlan en 1690, se consacra à l'instruction des Otomis et écrivit une grammaire et un vocabulaire de leur langue. B-s.

CASTRO (Juan-Francisco de), juriste espagnol, né en Galice vers 1730. Il exerça à Santiago la profession d'avocat devant l'audience royale et a laissé plusieurs écrits sur la législation, l'économie politique et l'histoire, Citons de lui : Discursos criticos sobre las leyes y sus Interprètes, en que se demuestra la incertidumhre de estas y la necesidad de un nuevo y metodico cuerpo de derecho, para la recta administracion de justicia (Madrid, 1765, 2 vol. in-4), ouvrage d'une importance considérable et très remarquable pour l'époque ; Discursos criticos sobre las leyes y sus interprètes, incertidumbres y detrimentos de los Mayorazgos y otras dispos'iciones analogas en el bien comun; su ofensa a la poblacion, agricultura, artes y comercio ; necesitad de remedîo y tentativa de algunos medios (Madrid, 1770, in-4), travail qui est comme la suite du précédent et a pour objet la démonstration du mal causé à l'Espagne par les majorats ; Dios y la Natiiraleza ; compendio historico, material y polltico del Universo, etc. (Madrid, 1780-4781, 7 vol. in-4), essai d'une philosophie de l'histoire dans le sens catholique et sans grande valeur.

CASTRO (José-Rodriguez de), savant espagnol, né en Galice en 4739, mort à Madrid en 4799. Il fut bibliothécaire des rois Charles III et Charles IV. On a de lui trois poèmes en hébreu, grec et latin, sur l'avènement du premier de ces souverains, publiés sous le titre : Congratulatio régi prœstantissimo Carolo, etc. (Madrid, 4759); Biblioteca espanola{Mdiànà, 4781-1786, 2 vol. in-fol.), ouvrage plein d'érudition , malheureusement inachevé ; il offre des notices sur les écrivains rabbins jusqu'au xvii^ siècle, et sur les écrivains paiens et chrétiens jusqu'au xvni® siècle.

CASTRO (Julian de), poète espagnol de la seconde moitié du xviii® siècle. Il composa pour les aveugles des chansons et des complaintes qui eurent beaucoup de succès et mourut dans un hôpital. Son nom est aujourd'hui oublié.

CASTRO (Fernando de), professeur espagnol qui a vécu dans la première moitié du xix® siècle. Prêtre, docteur en théologie, il fuj; prédicateur de la reine Isabelle et professeur d'histoire à l'Université de Madrid. Outre un S^rmo/z (Madrid, 1848, in-4), on a de lui de nombreux manuels d'histoire qui ont eu longtemps la vogue : Ciirso elemental de historia antiqua (Madrid, 1848, in-8); Curso elementalde historia de la Èdad média (Madrid, 1848, in-8) ; Historia antigua (Madrid, 1 849,in-8) ; Historia de la Edad média (Madrid, 1849, in-8); Historia moderna,e\c, (Madrid, 1850, in-8); Historia profana gênerai y particular de Espanx (Madrid, 1850) ; Compendio rawnado de historia gênerai (Madrid, 1863, in-8), etc. E. Cat.

CASTRO (Adolfo de), érudit espagnol contemporain, né à Cadix en 1823. Il exerça quelques fonctions élevées dans l'administration provinciale et a produit une foule d'ouvrages dans les genres les plus divers. A. de Castro est un des savants les plus laborieux que compte l'Espagne et un de ceux qui connaissent le mieux la littérature de ce pays ; toutefois quelques-unes de ses opinions, comme celles sur Lesage et l'authenticité du Buscapié, sont fort contestables. Citons de lui : Historia de la muy noble, muy leat y muy heroica ciudad de Cadiz (Cadix et Madrid, 1845, in4) ; Historia de la muynobJe,., ciudad de Jerez de la Frontera (Cadix, 1845, in-4) ; En Amor todo es peligro, comédie en trois actes et en vers avec Sanchez del Arco (Cadix, 1845, in-8); los Empenos de un agravio, comédie en trois actes et en vers (Cadix et Madrid, 1845, in-8) ; Poesias de D. Pediv Calderon de la Barca (Cadix, 1845, in-8) ; el Conde duque de Olivarés y el rey D, Felipe II (Cadix et Madrid, 1846, in-4) ; Historia de los judios en Espana (Cadix et Madrid, 1847, in-8) ; et Buscapié (Cadix, 1848, in-8) (V. à ce sujet notre art. Cervantes) ; Historia de los

CASTRO

protestantes espanoles (CadÎK et Madrid, 1851, in-4) ; Examen filosofico sobre las principales causas de la decadencia de Espana (Cadix et Madrid, 1852, in-4); Gran Dlccionario de la lengua espanola (Madrid, 1 852, in-foL), ouvrage conçu sur un plan très vaste, mais qui s*est arrêté au mot Costra ; Biografta del E^ y p S'" D. Fray Domingo de Silos koreno (Cadix, 4853, in-8); Filosofia de la muerte (Cadix et Madrid, 1856, in-8); Historia de Cadix, y su provincia.,, hastai8i4 Cadix et Madrid, 1858, in-4\ non terminé); Cadiz en la guerra de la Independencla (Cadix, 1862, in-8); los Espanoles al tiômpo de Calderon (1881, in-8), ouvrage qui a obtenu le prix au concours ouvert par l'académie des sciences morales et politiques de Madrid. En outre, A. de Castro a collaboré à plusieurs recueils poétiques, donné des éditions annotées du Gil Blas de Santillane, du P. Isla (Madrid, 1852, in-fol) ; du Don Quljote (Madrid, 1852) ; de Varias obras ineditas, de Cervantes (?) (Madrid, 1874, in-8) ; et dans la collection Rivadeneyra les volumes intitulés : Poetas liricos de lossiglos XVI y XVll (Madrid, 1857) ; Curiosidades bibliograflcas (Madrid, 1855) ; Obras escogidas defilO' sofos (Madrid, 1873). C'est lui aussi qui a publié les œuvres choisies de J. Ïgnacio-Gonzalez del Castillo (Madrid, 1845, 4 vol., in-H). E. CkT.

CASTRO Alves (Antonio de), poète brésilien, né à Fazenda de Cabaceiras (prov. de Bahia) le 14 mars 1847, mort à Bahia le 6 juil. 1871. Malgré sa courte existence, il s'est fait dans l'histoire littéraire du Brésil une réputation considérable et a exercé sur ses coratemporains une influence prépondérante. Son œuvre se compose d'un volume de poésies : Espumas fluctuantes (1870), d'une inspiration tantôt impétueuse, tantôt douce et mélancolique ; de quelques fragments du poème les Esclaves^ de la Cascade de Paiilo Affonso, et d'un drame, Gonzaga, dont le sujet est la conspiration des poètes de l'Ecole de Minas, première tentative (1789) en laveur de l'indépendance du Brésil. Une des compositions de Castro Alves, le Navire Négrier, a été fréquemment récitée dans les réunions abolitionnistes du Brésil et était devenu une sorte de Marseillaise de l'Abolition. R.-B.

CASTRO DE ToRRES, poète espagnol du xvn* siècle, qui s'intitule capitaine et n'est connu que par une pièce en cinquante et une octaves : Panegirico al chocolaté (Ségovie, 1640, in-4). On y remarque une certaine verve,

CASTRO-Egas (Ana de), espagnole du xvii^ siècle, célèbre par ses talents et son esprit. Elle a écrit un petit livre remarquable par la pureté du style : Eternidad del rey D. Felipe lll nuestro senor, el Piadoso ; discurso desuviday santas costumbres (Madrid, 1629, in-8). En tête de cet ouvrage se trouvent trente-six pièces de poésie en l'honneur de D. Castro, dont sept dues à des femmes et les autres à des auteurs célèbres comme Lope de Vega, Antonio Herrera, Mira de Amescua, Montai van, J. Pellicer ; il y a aussi à la suite un court éloge en prose par Quevedo. Enfin, elle fut placée par Lope do Vega parmi les bous poètes du temps, dans le Laurel de Apolo^ sylva I. E. Cat.

CASTRO Y Aguila (Tomas de), écrivain espagnol du xvii® siècle. Il était licencié en droit et avocat à Antequera. Il a publié un livre intitulé Remedios espirituales y temporales para preservar la Republica de peste y conseguir otros buenos sucesos en paz y en guerra (Antequera, 1649, in-4). C'est surtout un traité de piété et l'auteur y fait une sortie furieuse contre les comédies. Dans cet ouvrage, il cite divers travaux sortis de sa plume et relatifs à des questions litigieuses dont il avait eu à s'occuper ou à l'histoire d' Antequera. Un de ces travaux se trouve à la Bibliothèque nationale de Madrid, en mss. et porte le titre de Antidoto y remedio unico de danos publicos y conservacion de monarquias. E. Cat.

CASTRO Y Anaya (Pedro de), écrivain espagnol du XVII® siècle, natif de Murcie. Il composa très jeune des nouvelles dont cinq ont été publiées sous le titre de Au-

roras de Diana (Madrid et Murcie, 1632, in-8). Elles sont ainsi nommées parce qu'elles sont censées avoir été contées de bon matin à Diana, dame illustre, qui, par suite d'une maladie grave, était sujette à des accès de mélancolie. Ce genre était alors à la mode; aussi le livre eut-il de nombreuses éditions (Madrid, 1637, in-8 ; Mâlaga, 1640, in-8 ; Coïmbre, 1654, in-8). E. Cat.

CASTRO Y Bellvis (Guillen de), un des plus célèbres poètes dramatiques de l'Espagne, né à Valence en 1569, d'une famille connue et bien apparentée. On a fort peu de détails sur son existence. Il est probable qu'il fit de bonnes études et qu'il se distingua de bonne heure comme poète, car, n'ayant encore que vingt-deux ans, il fut nommé membre de l'académie des Nocturnos, qui venait de se fonder à Valence. Cette ville était alors un centre littéraire très actif; il y avait*de nombreuses fêtes, des concours lyriques et le théâtre surtout brillait d'un vif éclat. C'est là qu'avaient été représentées les premières compositions de Lope de Rueda, de Alonso de Vega, de Lifian, de Timoneda, de Morales ; c'est là qu'avaient acquis du renom ou que l'acquéraient en ce moment même Artieda, Tarrega, ^Gaspar de Aguilar et bien d'autres. Dans ce milieu favorable, le jeune Guillen de Castro devait déployer facilement ses rares qualités de dramaturge. Ajoutons que les légendes et les glorieuses traditions de sa ville natale, la Ciudad del Cid^ allaient lui inspirer sa meilleure œuvre. D'après les quelques renseignements que nous avons sur sa vie, il aurait été d'un caractère diàicile, hautain, susceptible pour tout ce qui touche au point d'honneur, volontiers querelleur et en même temps d'une grande légèreté. Nommé capitaine d'une compagnie de cavalerie chargée de défendre la côte du royaume de Valence, il abandonna bientôt cet emploi pour aller au royaume de Naples. Il gagna les bonnes grâces du comte de Bénévent et occupa quelques fonctions administratives importantes. En 1620, nous le trouvons à Madrid, depuis longtemps célèbre, bien accueilli par les grands et par les lettrés de la capitale. Le duc d'Osuna lui fit une pension d'environ mille écus ; le comte-duc d'OIivarés lui en fit obtenir une autre du roi, et le titre de chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, en 1623. Après un court séjour à Valence vers cette époque, il revint à Madrid, où il vécut avec sa seconde femme, travaillant beaucoup pour le théâtre. Suivant la plupart des biographes, il s'était aliéné ses protecteurs, avait perdu ses pensions et n'avait alors d'autres ressources que les produits de sa plume. Il mourut en cette ville le 28 juil. 1631, si pauvre, dit-on, que ses funérailles furent payées par la charité publique, à l'hôpital de la Corona de Aragon. Un portrait du poète, qui paraît authentique, est conservé actuellement à l'Académie de San-Cârlos, à Valence.

Guillen de Castro jouit de son vivant d'une grande célébrité. Rojas de Viilandrada, dans son Viaje entre-tenidOy 1603, le nomme parmi les compétiteurs de Lope de Vega. Cervantes le mentionne dans son Viaje del Par^ naso (1614), et, plus tard, dans le prologue de ses comédies, vante la grâce et la douceur des œuvres de Castro. Aux grandes joutes poétiques, qui eurent lieu à Madrid, en 1620 et 1622, en l'honneur de saint Isidore, le poète valencien eut sa bonne part de récompenses ; au premier concours, il mérita les éloges de Lope pour une cancion et des dizains ; à celui de 1622, il remporta le premier prix pour une pièce en octaves. En maint endroit de ses ouvrages et notamment dans le Laurel de Apoïo, le grand Lope de Vega vante le vif génie, l'éclat, l'esprit ardent de Guillen de Castro et dit que

Piden sus versos oro y bronze eterno.

Montalvan, dans le chant IV de Orfeo, n'est pas moins élogieux :

Del Valenciano Euripides la lira Tan digna delronaano Anûteatro Me diera en la tragedia y en la historia Por D. Guillen de Castro honor y gloria.

CASTRO

L'œu\re dramatique de Guillen de Castro, dont l'Espagne ne possède aucune bonne édition, est considérable. La première partie de ses comédies, publiée à Valence (1621, in-4; suivant quelques biographes, il y en aurait une édition de 1618, ibid. in4) comprend : Don Quijote de la Mancha, mise en scène des amours de Dorothée et de Ferdinand et de la folie de Cardenio, avec des redondillas remarquables, a été imitée par Guérin de Bouscal et représentée sous cette forme au théâtre du roi, à Paris, en 1635; el Curioso impertinente, égSilement tirée d'une nouvelle insérée dans la première partie du D. Quijote de Cervantes; el perfecto Cabellero ; el Conde Alarcos; las Mocedades del Cid, primera parte, comédie fameuse et qui a servi de modèle à notre Corneille ; las Hazanas del Cid, segunda parte, suite des aventures du héros, comédie inférieure à la précédente, mais où se décèle encore le génie dramatique de notre poète et qui forme avec la précédente une véritable épopée ; la Humilda soberdia; el desengano dichoso; el Conde de Irlos; los Mal Casados de Valencia, comédie d'intrigue, où une dame, travestie en page, brouille deux époux, et qui semble contenir des allusions et des aventures personnelles de l'auteur; el ISaeimiento de Montesino ou el Conde Grimaldos ; Progne y Filoména. Guillen de Castro, en 1625, publia un second recueil de douze comédies, dédié à sa cousine doîia Maria Ana de Figuerola y Castro (Valence, in4) ; il contient : Enganarse enganando; el Mejor exposo San José; los Enemigos hermanos; Cuanto se estima el honor ; el JSarciso en su opinion, qui servit de modèle à Moreto pour el Lingo don Diego; la Verdad averiguada y en ganoso casamiento; la Justicia en la piedad, drame émouvant, oii un prince de Hongrie, pour des crimes atroces, est condnmné à mort par son propre père ; mais le peuple admire la loyauté du prince qui a refusé le trône que lui offraient des sujets rebelles et le délivre. La variété des mètres, la rapidité de Faction, l'élévation des sentiments en font une des pièces les plus remarquables du théâtre espagnol. Pretender con pobreza; la Fuerza de la costumbre; el Vicios en los extremos; la Fuerza de la sangre ; Dido y Eneas. Deux autres comédies sont attribuées à Guillen de Castro dans Doce Comedias de cuato poêlas nalurales de la insigne y coronoda cludad de Valencia, etc. (Valence, 1608, et Barcelone, 1609) et paraissant bien être de lui ; ce sont el Amor constante, pièce d'un réel mérite, et el Caballero bobo. Dans un autre recueil (Doce Comedias de varios autores.,. ; Tortosa, 1638), on lai attribue el Cerco de Tr'emecen, sujet que Lope de Vega a aussi traité. Enfin, paraissent encore être de lui : Las Maravlllas de Babilonia, comédie dévote où l'on voit la chaste Suzanne, les deux vieillards et aussi Nabuchodonosor broutant l'herbe des champs avec les bêtes (Flor de las Mejor es doce comedias de los mayores ingenios de Espana; Madrid, 1652) ; el Prodigio de las montes y Martir del cielo o Santa Barbara; où il y a des scènes assez semblables à celles du Magico Prodigioso de Calderon ; las Canas en el papeU y dudoso en la venganza, donnée souvent à tort comme étant de Calderon; el ISieto de su padre. Alla van leyes do quieren reyes, en tout trente-trois ou trente-quatre comédies. Plusieurs autres encore sont indiquées comme étant de Castro, mais avec moins de vraisemblance. Notre poète a de plus collaboré à quelques pièces de Mira de Amescua et écrit des poésies lyriques ainsi que des discours en prose lus à l'académie des Nocturnes. Outre les éditions que nous avons indiquées cidessus, il y en a d'innombrables de las Mocedades del Cid, E. de Ochoa a aussi reproduit los Mal Casados de Valencia, dans son Tesoro del teatro Espanol, et, dans le vol. XLlll de la bibliothèque Rivadeneyra (Dramaticos contemporaneos d Lope de Vega, Madrid, 1858), ont pris place les sept meilleures comédies de notre auteur.

Les oeuvres dramatiques de G. de Castro sont toutes

remarquables et mériteraient une étude détaillée qui n'a pas été faite et que nous ne pouvons donner ici. Bornonsnous à dire que le drame espagnol, chez ce contemporain de Lope de Vega, est déjà arrivé presque à sa perfection ; les œuvres du poète valencien ont même quelque supériorité sur celles du Fenix de los Ingenios, sous le rapport de l'action, de l'entente de la scène et des caractères, mais son imagination est moins féconde et moins originale. L'un et l'autre puisent aux sources les plus diverses ; ils empruntent leurs thèmes à l'Ecriture, aux légendes religieuses, à la mythologie, à la vie ordinaire, à l'histoire nationale. Guillen de Castro semble avoir été porté surtout à s'inspirer des traditions historiques populaires ; il s'en est servi notamment dans el Conde Alarcos, el Conde de Irlos et el Cerco de Tremecen, et c'est à elles qu'il doit sa meilleure inspiration. Son principal titre de gloire, en effet, et il suffirait à rendre son nom immortel, c'est d'avoir fourni à notre Corneille les éléments du Cid, Il les avait lui-même empruntés aux romances antiques en l'honneur du héros, romances que les Valenciens chantaient encore de son temps. 11 a fait passer dans son drame quelque chose de leur souffle épique et de leur ardent patriotisme. 11 3; a ajouté beaucoup et on peut dire que le caractère de Cliimène et l'idée dramatique de la lutte entre la passion et le devoir sont sa véritable part de création. Avec ces éléments divers, le drame de G. de Castro est-il supérieur à celui de Corneille ou est-il moins beau ? Question bien souvent agitée et à laquelle on répond différemment, suivant qu'on se rallie à telle ou telle école littéraire, que l'on est né de ce côté ou de l'autre côté des Pyrénées. Chez nous, on donne ordinairement la palme à Corneille ; la lutte entre la passion et le devoir est, dans son œuvre, marquée d'une manière plus spéciale et plus intense ; la composition entière a plus d'unité et répond mieux à la conception classique sur les conditions delà tragédie; les mœurs sont moins grossières, les personnages" plus raffinés. D'autre part, les critiques espagnols disent (et aujourd'hui notre critique plus compréhensive par suite de l'étude plus approfondie des diverses littératures est bien près d'accepter leur opinion) que toutes les beautés véritables qui élincellent dans l'œuvre de Corneille sont déjà dans Guillen de Castro, que le poète français s'est souvent contenté de traduire son modèle (et cela est tellement vrai qu'il en a même traduit les passages ampoulés et amphigouriques). Dans le drame espagnol, qui obéissait à des règles moins sévères, l'action ne se précipite pas en vingt-quatre heures et ne se passe pas tout entière au môme lieu. Les •événements sont mieux amenés, l'évolution des caractères est plus vraisemblable et l'œuvre garde dans l'ensemble une couleur locale et un air de vérité réellement supérieurs. La lutte de la passion et du devoir dans le cœur de Chimène n'est pas non plus le seul ressort du drame, tel que l'a conçu G. de Castro. On y voit aussi revivre les mœurs féodales et chevaleresques, les luttes acharnées contre les infidèles (dont il ne reste dans Corneille que le récit d'une bataille), les trahisons des cours, les vieux sentiments d'honneur et de patriotisme, et la seconde partie, las Azanas del Cid, bien qu'inférieure à la première, forme avec elle, ainsi que nous l'avons dit, une magnifique épopée à la représentation de laquelle devaient vibrer tous les cœurs espagnols. Sur ces questions que nous ne pouvons qu'indiquer en passant, on trouvera des considérations intéressantes dans TicKNOR, Demogeot {Hisl. des litt. étrangères, t. H); SisMONDi (notes dans la trad. espagnole); Alberto Lista, de Puibusque (Hist, comparée des littér. française et esp.) ; Baret (Inf, de la litt. provençale sur les litt, du midi de r Europe); Schack (Geschichte der dramatischen Kunst in Spanien), etc. E. Cat.

CASTRO Y Castillo (Jeronimo de), historien espagnol. Il vivait à la fin du xvi® siècle et au commencement du xvii«, et était prédicateur au couvent de la Sainte-Trinité à Madrid ; il publia un ouvrage laissé par son père Julian

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