CATACHRÈSE -. CATACOMBES
miroir parce que sa surface aplanie et luisante rappelle celle de la glace ; feuille, un morceau d'or, d'étain, de papier, mince et aplati comme Test une feuille d'arbre. Il en résulte que souvent il y a contradiction entre le sens propre du mot et l'objet auquel on l'applique ; être à cheval sur un bâton ; ferrer ses mules d'argent ; une feuille (imprimée) de seize pages. La catachrèse est acceptable dans la mesure où le sens figuré du terme dévié de son sens primitif est assez admis par le langage courant pour que Ton ne soit pas choqué de Talliance bizarre des mots. Autrement c'est la pire forme de l'antithèse : les ténèbres visibles ; le bruit du silence. Milton, Lamartine, V. Hugo, entre autres, ont usé delà catachrèse avec plus ou moins de bonheur.
CATACOMBES. L ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE. — Sépultures souterraines des premiers chrétiens. A l'origine, elles portaient le nom de Cœmeteria, Hypogea, Martyria^ Âreœ; l'appellation de (7ateomôg est relativement récente, et s'appliqua d'abord à un cimetière, celui de Saint-Sébastien. Elle se trouve pour la première fois dans le Chronographe de 354 (XUl kal, Feb. Sebastiani in Calacumbas), puis dans une liste des cimetières romains du yi^s\èdQ(Cœmeterlum> Catacumbas ad S. Sebastianum inviaAppia). L'étymologie du mot est encore incertaine (selon Ducange, il viendrait de cumba, cavité). On s'est longtemps imaginé, bien à tort, que l'accès des catacombes n'était connu que des seuls initiés, et qu'elles servaient, avant tout, de refuge en temps de persécution ; il est certain au contraire que, dès l'origine, les catacombes furent reconnues officiellement comme lieux de sépulture, ainsi qu'il se faisait pour les autres cultes, et que rentrée même en fut publique, en quelque sorte. On ne pourrait s'expliquer autrement pourquoi ces prétendus refuges s'ouvrent presque tous sur le bord des grandes voies consulaires antiques, pourquoi ils se complètent le plus souvent par un cimetière en plein air, communiquant avec les souterrains par de larges escaliers. En réalité, la plupart des catacombes furent d'abord, et leurs noms les plus anciens en témoignent, des sépultures privées que de riches chrétiens faisaient construire dans leurs domaines. Les païens admettaient leurs aflranchis dans leurs lombes de famille ; ces chrétiens firent plus, ils y admirent tous leurs frères en religion. On a conservé le nom de quelques-uns de ces bienfaiteurs de l'humble société chrétienne, les Prétextât, les Calépode, les Tbrason, et celui de matrones, plus riches encore, Lucine, Doraitille. Ces premiers cimetières, déjà garantis par la loi comme propriétés privées, bénéficiaient aussi, en temps même de persécution, du respect absolu que professaient les Romains pour toute sépulture. Toutefois, il fallait que la superficie du sol où les chrétiens creusaient leurs cimetières leur appartînt en propre, la loi garantissant le tombeau et ses dépendances, le terrain attenant farea cedens sepulcro); et l'on sait combien grandes étaient souvent les dépendances des tombeaux païens. Or, il est à propos d'observer ici que le noyau primitif des grandes catacombes romaines s'étend peu en largeur, mais beaucoup en profondeur ; les galeries s'étagent les unes au-dessous des autres, formant parfois jusqu'à six couches successives, et atteignant une profondeur de 25 mètres. Une des raisons qui permirent le plus l'extension des catacombes, mais qui devaient, aux époques de persécutions, les exposer à de grands dangers, fut l'autorisation donnée sous le règne de Sévère à toute association pour les funérailles (collegium funeraticium) d'exister légalement, d'avoir une caisse commune et par conséquent d'acheter des terrains, à la seule condition d'être inscrite sur les registres des magistrats. Les chrétiens en profitèrent; réunis sous le titre'de collèges funéraires, ils pouvaient en toute liberté vaquer à leur culte, s'organiser en église; ils créèrent des groupes de fossores, des intendants des travaux. Mais, par là même qu'ils étaient en rapport avec l'Etat, ils s'expo-
saient à des persécutions, motivées par la sûreté de l'Etat, dont les empereurs abusèrent cruellement. Aussi furentils prudents à l'ordinaire. L'extérieur de leur culte, les abords de leurs catacombes n'offraient rien qui pût surprendre; leurs agapes rappelaient les festins des triclinia dans les grandes sépultures païennes. Enfin la richesse de mainte catacombe nous révèle que les premiers chrétiens n'étaient pas tous, comme on s'est plu à le dire, d'humbles manœuvres, des esclaves. Leurs collèges funéraires choisissaient pour patron quelque riche de famille illustre : parmi les inscriptions chrétiennes figurent plusieurs des noms les plus glorieux de l'ancienne Rome. Ainsi s'explique l'importance que prirent de bonne heure les catacombes : elles furent tout naturellement le centre d'existence des premiers chrétiens. Les persécutions accrurent bientôt cette importance : elles firent des catacombes mieux qu'un refuge pour les chrétiens, le lieu saint par excellence, où reposaient les restes vénérés des martyrs.
Histoire et historiens des Catacombes. —L'histoire des catacombes n'est, la plupart du temps, qu'un long récit de ruines et de désastres. Pendant la période des persécutions, les chrétiens s'efforcent d'assurer l'inviolabilité de leurs sépultures, l'entrée des cimetières est dissimulée, les grands escaliers roiipus, certains corridors comblés. Au moment de la dixième et dernière persécution, celle de Dioclétien (303), on s'était repris à espérer et à construire; les cimetières se développaient de nouveau, les chapelles se transformaient en églises. Le ravage fut plus terrible que jamais, les archives de l'Eglise pillées et détruites. Enfin, Tédit de Milan sanctionna l'existence de l'Eglise et la paix fut assurée. Désormais, bien que les catacombes restent en usage, les sépultures à ciel ouvert se multiplient, les basiliques s'élèvent sur les cryptes des martyrs, et les autels marquent sur le sol l'emplacement des tombes saintes. La vénération des reliques des martyrs fut une nouvelle cause de destruction des catacombes ; de vastes escaliers furent creusés au travers des anciens corridors et des tombes plus humbles, pour atteindre la sépulture transformée en chapelle. On se pressait autour de ces lieux saints, et de nombreux fidèles s'y faisaient creuser une tombe, au détriment des anciennes inscriptions ou des peintures, pour reposer sous la protection du saint. Cette piété imprudente eût hâté la ruine des catacombes, si le pape Damase, dans la seconde moitié du iv* siècle, ne se fût consacré à leur sauvegarde. C'est alors la période glorieuse des catacombes. Par les soins de Damase, elles sont ornées de peintures nouvelles, de marbres précieux, de riches colonnes ; les inscriptions damasiennes ont fait classer leur auteur parmi les écrivains célèbres de l'Eglise. Depuis, et pendant les premières années du v^ siècle, la concession des tombes passa de l'Eglise à la corporation des fossores. En 410, Alaric prend Rome et bientôt les catacombes ne servent plus aux inhumations ; elles ne sont plus fréquentées que comme lieux de pèlerinage. Mais elles sont de nouveau dévastées en 527 par l'invasion des Goths. Le pape Vigile et ses successeurs les restaurent peu à peu ; on y célèbre de nouveau la messe ; les pèlerins y affluent encore, bien que l'abandon de la campagne romaine aille toujours croissant. Les ravages de l'invasion lombarde, en 756, décidèrent le pape Paul V^ à faire ouvrir les tombeaux les plus illustres et à en distribuer les reliques aux principales basiliques. Ses successeurs l'imitèrent ; une inscription de Pascal I^^, dans l'église de Sainte-Praxède, atteste la translation, au 20 juil. 817, de 2,300 corps saints. La période d'oubli et d'abandon commence pour les catacombes ; seul, le cimetière de Saint-Sébastien demeure fréquenté pendant tout le moyen âge.
Après six siècles, vers 1432, quelques curieux visitent des recoins de la Rome souterraine ; la fameuse Académie romaine de Pomponius Laetus y tient de mystérieuses
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séances ; mais la vraie découverte des catacombes n'a lieu que cent ans plus tard, le 31 mai 1578. Ce jour-là, des ouvriers qui travaillaient dans une vigne de la via Salaria sentirent le sol s'effondrer, pénétrèrent dans un souterrain décoré de peintures. On accourut de partout ; Baronius explora ces cryptes inconnues; la science et le nom de la Rome souterraine étaient nés. On conserve, et Ton a publié en partie les manuscrits, les dessins des premiers savants qui étudièrent en détail les catacombes, Ciacconio, Pompeo Ugonio, Jean l'Heureux et Philippe de Winghe. Mais le véritable inventeur de la Rome souterraine fut le Maltais Ant. Bosio {V. ce nom). Après avoir passé des années à découvrir crypte par crypte et à lentement déblayer le labyrinthe des catacombes, aidé d'une prodigieuse érudition théologique, il entreprit de classer (t de commenter tous les dessins qu'il avait réunis. 11 mourut en 4629, avant d'avoir pu achever son œuvre; sa Roma sotterranea fut terminée par l'oratorien Severano et publiée, l'année 1634, en un magnifique in-folio que diverses éditions reproduisirent ou complétèrent. L'exploration des catacombes continua; Fabretti, Boldetti, Marangoni en dirigèrent les fouilles pendant le xviii^ siècle; malheureusement la méthode était incertaine, les précieuses Osservazioni de Boldetti sont amassées un peu au hasard, et un registre des fouilles, tenu au courant pendant dix-sept années par Marangoni, disparut dans un incendie. Puis vinrent les dévastations ; on envahit les corridors intacts, on brisa les inscriptions, dispersa les ossements, pour chercher les médailles, les ivoires, les pierres fines que renfermaient parfois les tombes. Un certain nombre d'objets précieux furent acquis à^des musées, mais la déprédation fut énorme. Les plus rares épitaphes servirent à maçonner des murs, les peintures qu'on essayait d'enlever avec leur enduit s'effritaient en miettes. Séroux d'Agincourt, à la fin du xviii^ siècle, fut le plus intelligent de ces dévastateurs, et l'un des plus barbares. Mais une renaissance chrétienne commençait bientôt, et, dans la première moitié du xix« siècle, l'art chrétien primitif était remis en honneur. Il manquait aux études une méthode assurée ; le P. Marchi l'ébaucha dans un grand ouvrage qui devait classer les principaux monuments des arts chrétiens en trois séries, architecture, peinture, sculpture, et dont la première série fut seule achevée. Il était réservé à l'élève du P. Marchi, au comm. J.-B. de Rossi, de fixer cette méthode de façon définitive, et d'entreprendre victorieusement le vaste ouvrage rêvé par Bosio. Prenant pour base de sa classification une topographie rigoureuse, il essaya de reconstituer géographiquement les inscriptions chrétiennes. Toute une vaste littérature comprenant les Itinéraires du vii« et du vni® s"ècle, les MirabUia Urbls Romœ, dont un chapitre traite des cimetières, le Liber Pontiflcalis, les actes des martyrs, les sacramentaires, les livres liturgiques, les grands documents du moyen âge, jusqu'aux menues inscriptions, à ces graffiti que les pèlerins marquaient dans les stucs des murailles, furent les minutieux instruments de ses recherches. En même temps, son frère, Michel De Rossi, géologue expérimenté, dressait la carte du sol romain, indiquait les terrains propres aux catacombes. Les découvertes furent nombreuses, et continuent toujours. Ce sont surtout les admirables fouilles des cimetières de Saint-Calixte et de Doraitille, l'invention du tombeau de sainte Cécile et des tombeaux des papes martyrs du iii^ et du iv® siècle, enfin de la basilique de Sainte-Pétronille, qui ont rendu illustre à jamais le nom du comm. de Rossi. Son grand ouvrage de la Roma soterranea cridiana se compose actuellement de trois volumes (étude générale des Catacombes, étude du cimetière Saint-Calixte et des cryptes voisines) auxquels s'ajoutera bientôt un précieux tome IV (le cimetière de Domitille). Une publication périodique, le Bullettinodi arch. crist.^oiismi enregistrées, année par année, depuis 1863, les découvertes do l'archéologie
chrétienne, développe par le menu tout ce que ne peut contenir encore la Roma sotterranea. Il est temps de fixer les traits de cette Rome souterraine, exposée aujourd'hui à une dernière ruine irréparable. La Rome de 1870 s'étend de plus en plus, et envahit les voies antiques. Les constructions nouvelles 5 les fabriques pénètrent le sol des catacombes, y appuient leurs fcmdations, et la commission d'archéologie pontificale qui surveille les catacombes, ne pouvant toutes les acheter, est impuissante à les sauver. Seules, une description minutieuse et des reproductions fidèles peuvent conserver l'image des monuments condamnés à disparaître.
Architecture des Catacombes. — L'usage des sépultures souterraines est de tous les temps et de tous les pays. Les peuples riverains de la Méditerranée, les Phéniciens surtout, taillaient des nécropoles dans le roc. En Italie, les Etrusques ont laissé nombre de caveaux funèbres, souvent groupés ensemble et donnant l'aspect d'une petite cataeombe. Certaines grandes sépultures romaines, surtout le tombeau des Nasons, creusé dans la colline qui borde la voie Flaminienne et décoré de peintures et de stucs, s'offrent tout naturellement à la comparaison. Pourtant on ne peut dire qu'elles aient servi de modèle aux catacombes chrétiennes et juives. Leur principal caractère est d'être des tombeaux de famille ; au contraire, les sépultures des juifs, des gnosliques, des chrétiens sont avant tout collectives; ce sont les sépultures d'une secte, d'une communauté ; le grand principe de fraternité chrétienne, de catholicité, si l'on veut, explique l'immense étendue des principales catacombes. Mais les catacombes sont-elles réellement d'origine chrétienne ? On a longtemps soutenu qu'elles n'étaient que des carrières de pouzzolane agrandies ; opinion accréditée par les mots mal entendus d'arenarium^ de crypta arenaria que l'on trouve dans les anciens documents. L'arénaire est une carrière de sable, et l'on rencontre fréquemment des arénaires dans le voisinage des catacombes. Mais les chrétiens ont toujours évité de creuser dans ce sol trop friable, aussi bien que dans la pouzzolane ; ils ont préféré les couches homogènes et compactes de tuf granulaire qui accompagnent souvent la pouzzolane et le sable. Ce tuf a l'avantage de se travailler facilement, et il est très poreux, qualité précieuse pour assurer la sécheresse et la salubrité relative de galeries où s'accumulaient les cadavres.
Une cataeombe se compose essentiellement d'aw^wlacres ou galeries entre-croisées, le plus souvent très étroites, à plafond plat ou légèrement voûté, et dont les murailles droites et planes contiennent des niches oblongues, régulièrement percées les unes au-dessus des autres, où l'on déposait les morts. Ces niches (loci ou loculi) sont le plus souvent rectangulaires, parfois en forme de trapèze, s'emboîtant les unes au-dessus des autres, pour épargner le terrain. Elles sont fermées soit de briques, soit de plaques de marbre munies généralement d'un signe, d'une marque symbolique, ou d'une inscription plus ou moins complète. Dans le ciment qui les fixe sont empreintes parfois d'autres marques, une coquille, une lampe, une médaille, un verre colorié, un ivoire, servant de point de repère aux visiteurs ou à la famille du mort. Il arrive que le loculus contienne deux corps, disposés de façon que les pieds de l'un correspondent à la tète de l'autre; il s'appelle alors bisomus. Il est très rare de trouver plus de deux corps dans un loculus. On voit aussi, parfois réunis ensemble, plusieurs loculi de très petite dimension, destinés à des corps d'enfants. Des caveaux (cubicula) s'ouvrent par des portes sur les galeries ; c'étaient d'ordinaire des sépultures de famille. Souvent on y trouve des sarcophages appliqués aux parois ou abrités par des voûtes en arc (arcosoUa) à fond plat ou arrondi comme le cul de four d'une abside. Ces arcosolia sont plus rares dans les galeries dont ils eussent interrompu les grandes lignes. En l'absence de sarcophages qu'il pouvait être trop coûteux ou matériellement impos-
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sible de faire pénétrer dans la catacombe, on creusait la sépulture dans la paroi directement surplombée par la voûte de Varcosolium^ et on la recouvrait d'une plaque de marbre horizontale (mensa) pareille à une table d'autel. Tout ce dédale des galeries souterraines était éclairé en grande partie par de petites lampes fixées aux murs, mais aussi par des puits de forme ronde ou carrée, lumi' naires ou lucernaires, descendant jusqu'aux étages inférieurs des catacombes, et y portant l'air et la lumière. Ces lucernaires, qui se terminaient en cheminées audessus du sol, furent pour la plupart creusés après la paix de l'Eglise ; certains sont assez ingénieusement disposés pour éclairer à la lois plusieurs cryptes. C'était en même temps des puits servant à l'extraction des matériaux, au transport des sarcophages; puits analogues aux cuniculi employés par les Romains dans leurs travaux civils, pour éclairer les égouts, les canaux de drainage. Enfin des escaliers assez étroits font communiquer ensemble les divers étages de la catacombe; mais, après la paix de l'Eglise, on y creuse de vastes escaliers d'entrée, aux revêtements de marbre, qui mènent directement à un vestibule ouvrant sur la voie consulaire, ou dans la basilique élevée sur le sol même du cimetière. L'amoncellement des terres excavées ou bien était rejeté au dehors, ou bien servait à combler les galeries déjà pleines de sépultures, celles aussi qui pouvaient conduire, en temps de persécution, à une crypte précieuse. Tout ce travail d'architecture, dont l'unité habituelle témoigne de la direction suprême d'un intendant, se faisait par les mains des fossores* On voit encore aux catacombes, en beaucoup d'endroits, les lignes tracées sur les murailles à l'endroit oti le fossor devait ouvrir une porte, creuser un arcosoliurrif un loculus. Diverses fresques nous ont conservé l'image de ces humbles ouvriers, tantôt au repos, le pic sur l'épaule, tantôt travaillant à ciel ouvert, ou taillant une voûte dans le tuf. Une gravure de Boldetti nous montre même l'un d'eux, le fossor Diogenes, peut-être un architecte, debout dans un cubiculum, ayant à ses pieds le pic, la hache, un petit marteau, le ciseau, le compas, et une sorte de tige de fer (une sonde?).
Décoration des Catacombes. — Comme les sépultures païennes, les catacombes se prêtaient à la décoration : c'est dans leurs corridors obscurs, dans leurs cryptes modestes ou glorieuses que se forma l'art chrétien. Cet art, à ses débuts, ne se distingue guère de l'art païen environnant; il n'a pas de moyens d'expression particuliers ; c'est un système ornemental des plus simples, qui continue la tradition païenne, avec choix et mesure, se bornant aux motifs de pure décoration, bannissant la mythologie et les nudités indécentes. Là réside, pendant quelque temps, son unique originalité , et d'ailleurs pouvait-on demander autre chose à la société chrétienne que de s'adapter lentement et par d'insensibles transformations les formes, l'extérieur du monde où elle vivait? En principe donc, l'architecture, la peinture, la sculpture chrétiennes relèvent de la tradition romaine. Dès la fin du i^^ siècle, c.-à-d'. dès que les catacombes commencent à s'étendre, elles commencent à s'orner. Des revêtements de stuc, aux murs et aux voûtes, portent des peintures ; des reliefs de stuc, parfois travaillés avec une admirable finesse (catacombe de Priscille), encadrent les premières scènes bibliques. Dans les galeries plus pauvres, lorsque la peinture fait défaut, le tuf est parfois grossièrement sculpté, en cordons le long des voûtes, en pilastres munis de leurs chapiteaux sous les arcosolia des cryptes, il est faux de se représenter, ainsi qu'on l'a fait plus d'une fois, l'Eglise primitive comme ennemie jalouse des beaux-arts, et luttant contre eux de la même ardeur dont elle combattait l'idolâtrie. Tout au contraire, si l'on étudie attentivement les catacombes, on remarque que l'art y a commencé par une merveilleuse expansion, une richesse, une variété, une liberté de sujets tout à fait étonnantes. Puis, dès le m® et le iv® siècle, cet art va déclinant, s'appau-
vrissant, à mesure que la religion s'étend et s'accroît, et ce n'est désormais que dans les monuments à ciel ouvert, dans les basiliques qu'il renaîtra, cette fois original et avec une vigueur qu'il ne connaissait pas aux Catacombes. L'explication de ce fait est fort simple : l'état florissant des beaux-arts au temps des Flaviens, des Antonins, et la conversion à la foi chrétienne de riches et puissants personnages, durent favoriser singulièrement l'expansion de l'art chrétien. Le monde romain, habitué à la décoration artistique, ne pouvait guère y renoncer, même en se convertissant. D'autre part, aux iii« et iv« siècles, à mesure que la foi chrétienne s'accroissait, le nombre des artistes diminuait ainsi que la fortune publique et privée; l'art, qui décline toujours aux époques troublées, ne pouvait que souffrir des persécutions ; aussi eut-il tout naturellement sa renaissance à l'époque glorieuse et paisible qui suivit l'édit de Milan.
Bien des motifs innocents et gracieux sont communs à l'art chrétien primitif et à l'art païen : guirlandes de feuillages et de fleurs où volent des oiseaux, scènes de vendanges et de moisson, représentation des saisons, du ciel, de l'océan, des forces de la nature ; scènes de mythologie où l'allusion chrétienne est transparente : Eros et Psyché, Ulysse et les Sirènes, enfin le plus délicat des sujets païens, Orphée charmant les bêtes sauvages. Déjà les paraboles de la vigne et de la moisson étalent données par les textes saints; l'Orphée lui-même est adopté par l'Evangile, il devient le Bon Pasteur. C'est là le type par excellence de l'art des catacombes : le pâtre divin qui rapporte sur ses épaules la brebis égarée. On le retrouve partout, au médaillon central des plafonds des caveaux, ou au fond des arcosolia ; il est peint sur les murs des ambulacres et gravé au trait (grafflto) sur le marbre des inscriptions. Auprès du Bon Pasteur, et mainte fois en pendant avec lui, on voit une figure de femme largement drapée, les bras levés dans l'attitude de la prière : c'est Vorante : 1 ame chrétienne entrant dans la joie céleste, ou même, à une époque plus tardive, la figure de l'Eglise qui répond à la figure du Christ, Puis des signes et des images symboliques qui rappellent au chrétien ses luttes et ses espérances : surtout le poiS' son Çiyjihq sacré dont les cinq lettres grecques sont les initiales du nom de Jésus-Christ, Fils de'' Dieu, Sauveur), ïancre et le navire, Yagneau^ le vase mystique, la colombe, la palme. Souvent une partie de ces symboles sont réunis sur une même épitaphe. A ces images se joignent des allégories, comme la figure du pêcheur, le poisson portant la corbeille eucharistique, la table du banquet céleste où sont conviés les élus ; des sujets touchant à l'histoire et au symbole tout ensemble. Moïse frappant le rocher, le Baptême du Christ, les épreuves de Jonas et de Daniel, Noê dans V arche, Adam et Eve, le Sacrifice d'Abraham; enfin les Miracles du Christ : la Guérison du paralytique, et, le plus fréquent de tous, la Résurrection de Lamre. Deux des plus curieuses chambres du cimetière de Saint-Calixte, les chambres des Sacrements, peuvent donner une idée très juste de ces décorations historico-symboliques ; on y a trouvé, avec vraisemblance, un ensemble d'allusions aux principaux sacrements dans la façon dont y sont groupées une partie des images mentionnées plus haut.
On remarquera que toutes ces représentations évitent avec soin les souvenirs cruels et les mystères douloureux du Chris tianisnie : la croix n'apparaît aux catacombes qu'après la paix de l'Eglise ; encore est-elle symbolique et d'aspect riant, entourée de fleurs (on ne connaît pas de représentations du Crucifix antérieures au vi® siècle) . Si les figures de David entre les lions, des Hébreux dans la fournaise doivent enseigner aux fidèles la constance dans les tourments, les représentations de martyre sont absentes de l'art des catacombes. On ne les trouvera, et rarement, qu'à l'époque où l'art, devenu historique, s'emploie à éterniser la gloire d'un saint
CATACOMBES
(c'est ainsi que le poète Prudence, à la fin du iv® siècle, raconte avoir vu, dans une chapelle toute décorée de marbres précieux, l'image peinte du martyre de saint Hippolyte) .
Les catacombes renferment divers portraits du Christ, barbu, aux longs cheveux (cat. de Saint-Pontien à Rome, de Saint-Gaudiosus, à Naples) ; ce sont des oeuvres de décadence. Le plus souvent il est représenté enfant, sur les genoux de sa mère, dans la scène de V Adoration des Mages. Il faut citer, comme ensembles décoratifs bien complets encore aujourd'hui, outre les chambres de Saint-Calixte dont on a parlé, diverses parties des catacombes de Domitille, Prétextât, Priscille, La grande entrée du cimetière de Domitille ouvre sur un large escalier menant à un ambulacre de belles proportions, éclairé par un lucernaire. La voûte en est ornée de charmants rameaux de vigne où se jouent des amours dont l'élégance de style pourrait appartenir à la ûa du 1®^ siècle. Les parois de la galerie présentent aussi de petits génies ornant le fond des nichés destinées aux sarcophages, un Daniel entre les lions, un banquet. Les salles voisines ont de gracieux motifs de décoration : aux murs du triclinium, l'Amour et Psyché cueillent des fleurs ; dans le cubiculum d'Ampliaius, il y a de légères architectures pompéiennes, des animaux très vivement rendus, boucs, brebis et bœufs ; la vigne de la voûte reproduit celle du vestibule. Une autre chambre, des plus anciennes et des plus précieuses, porte à son plafond un Bon Pasteur dans un médaillon cerclé d'où rayonnent vers les angles de la salle les quatre branches d'une croix de Malte ; dans le champ de ces divisions, des paons et des guirlandes de fleurs. Sur les parois, des génies, des brebis bondissantes avec le vase de lait ; au fond de l'arcosolium de gauche, un petit paysage pompéien du meilleur style. Dans la catacombe de Prétextât, un magnifique vestibule, autrefois orné de reliefs de terre cuite et de colonnes de porphyre, mène au célèbre cubiculum de Saint' Janvier, chef-d'œuvre de Tarchiteclure et de la peinture chrétiennes au temps des Antonins (vers l'an 475) : une voûte cintrée en calotte à quatre côtes, que termine au sommet l'ouverture d'un lucernaire, est décorée d'une ravissante allégorie des quatre Saisons : ici des guirlandes de fleurs, et de jeunes enfants, garçons et filles, cueillant des roses ; là des épis que fauchent les moissonneurs ; puis des branches de vigne, pleines de nids d'oiseaux ; les vendangeurs, échelles dressées, y font leur récolte ; enfin des branches d'olivier au-dessous desquelles travaillent de jeunes cueilleurs d'olives. Dans la catacombe de Priscille, une première galerie, bordée de précieuses épitaphes, mène à un ambulacre spacieux, au centre duquel s'ouvre la chapelle grecque. C'est une salle toute revêtue de fresques dont les figures élancées, le style pur, rappellent, plus que toute autre œuvre chrétienne, l'antiquité grecque. Une simple décoration architecturale, à fond rouge, terminée par une guirlande de perles, supporte, à droite et à gauche, deux belles fresques représentant Suzanne accusée et justifiée; une Adoration des mages orne le petit arc de la voûte, d'où les peintures sont presque partout tombées; un Noé, un Moïse, les Hébreux dans la fournaise se distinguent sur les autres parois. L'arc des deux portes est orné d'admirables feuillages décoratifs en stuc.
La mosaïque, qui se développe si rapidement dans l'art des basiliques, ne présente que peu d'exemples aux catacombes, encore ces quelques œuvres sont-elles à demi détruites ; il en reste un exemplaire curieux à la bibliothèque Chigi, les portraits de Flavius Julianus et Maria Simplicia, sa femme (iv® siècle). Enfin on ne doit pas oublier, comme participant à la décoration des catacombes, les verres à fond d'or où étaient gravés des sujets chrétiens, et les lampes de terre cuite ou de bronze.
Topographie des Catacombes. — On peut classer ,
les catacombes romaines en deux grandes divisions, dont la première comprend ce qu'on appelle proprement la Rome souterraine, c.-à-d. les catacombes qui, sur les voies romaines, ne dépassent pas le troisième mille ; la seconde comprend les cimetières suburbicaires qui s'étendent, sur les voies romaines, au delà du troisième mille. En voici, d'après le travail de Kraus, l'énumération aussi complète que possible, accompagnée de la bibliographie particulière des cimetières les plus importants. Les catacombes sont classées ici selon le mode le plus ordinaire, celui de leur groupement sur chacune des voies consulaires antiques.
Catacombes romaines. — 1° Sur la Via Appia : 1. Cimetière de Saint-Calixte, formé à l'origine par la crypte de Lucine (Pomponia Grœcina, v. 58), et par la crypte àe Sainte-Cécile (fin du ii^ siècle). 11 devint cimetière de l'Eglise dès les premières années du m® siècle,
Section du cimetière de Saint-Calixte,
époque où le prêtre Calixte, depuis pape, l'administrait. 11 s'agrandit considérablement au début du iv^ siècle, vers le moifient de la paix de l'Eglise. H engloba alors le cimetière de Sainte- Balbine, celui de Sainte- Sotère, les arénaires de Saint- Hippolyte, et diverses régions anonymes. Il avait pour centre la crypte des Prtj9<25 (découverte en 1851 par de Rossi), tombeau officiel des papes du iii'^ siècle, dont les épitaphes sont encore en grande partie conservées, avec une célèbre inscription du pape Damase. Un passage étroit relie cette crypte à celle de Sainte-Cécile, d'où le corps de la sainte fut enlevé en 817 par Pascal P^, et transporté à l'église du Transtévcre. A une des extrémités de la catacombe est la crypte du pape Corneille; moins éloignée, celle d'Ewsèbe, où Ton a trouvé les fragments de la plus curieuse des inscriptions damasiennes. Le cimetière de Calixte est riche en peintures des m® et iv® siècles (notamment la crypte de Lucine, les chambres dites des Sacrements). II est complètement étudié, et toutes ses peintures sont reproduites dans les trois premiers volumes (surtout le second) de la Roma sotterranea du comm. de Rossi. 2. C. de Sainte-Balbine (N.Bullettino, 1867, 1, 1872, 49). 3. C. de Prétextât, avec les caveaux des saints Januarius, Urbanus, Felicissimus, Quirinus, Tiburtius, Valerianus et Maximus, Malgré les ravages qu'a subis ce cimetière, on y remarque encore les restes d'une belle décoration (ornements de terre cuite, colonnes d^ porphyre, charmantes peintures représentant les Saisons), il n'a pas
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encore été étudié comme il le mérite (V. Bull, 1863 jusqu'à 4868, et 1874); 4. C. à^ Saint- Sébastien (adcatacumbas), avec les deux cubicula où, selon la tradition, furent conservés quelque temps les corps des apôtres Pierre et Paul (V. 5m//. 1877).
2^ Sur la Via Ardeatina : 5. C. de Domitille (dit aussi de Sainte-Pétronille ou des Saints- Ndrée-et-
Crypte des papes au cimetière de Saint-Calixte.
Achillée), près de Tor Marancia, c'est la plus imposante des catacombes, avec celle de Priscille, pour l'antiquité des inscriptions et des peintures. Elle communique avec une basilique construite en 395, dont les ruines ont été admirablement explorées en 1874 par de Rossi. Peintures célèbres dans Tambulacre et plusieurs cryptes du ii® siècle (V. BulL 1864 jusqu'à 1868, 1873 jusqu'à 1875, 1879, 1880). Tout le t. IV de la Roma sotterranea du comm. de Rossi doit être consacré au cimetière de Domitille. 6. C. des Saints-Marcus-et-Marcellianus, 7. C. de la Nunziatella (V. BulL, 1877).
3« Sur la Via Ostiensis ; 8. C. de Comodllla (Fellcîs et Adaiicti), au deuxième mille (V. Bull., 1875). 9. C. Pauli apostoli in prœdio Lucinœ, derrière l'abside de Saint-Paul-hors-les-Murs. 10. C. Zenonis ad. s. Anastas'amad Aquas Sa/mw, près des Trois-Fontaines(V.Bw//., 1869, 1871). 11. C.alponticello di S. Paolo (V. BulL, 1869). 12. C. de Saint-Cyriaque (V. BulL 1869). 13. Caveau de Sainte-Thècle, annexe de Saint -Paul.
4° Sur la Via Portuensis ; 14. C. de Pontien, ad Ursum pileatum {V. BulL, 1867, 1869), Je. C. s. Felicis. s. ad insalsatos, 16. C. du pape Saint-Jules. 17. C. de Generosa, ad Sextum Philippi, étudié par De Rossi {RomasotL,]\\,6iS'691).
5^ Sur la Via Aurélia : 18. C. de Saint-Pancrace. 19. C. de Calépode, tous deux près de la villa Doria Pamfili. 20. C. de Ludne. 21. C. du pape Félix.
6" Sur la Via Cornelia : 22. Le tombeau des papes, au dessous du Vatican. C'est de là que provient le sarcophage de Livia Primitiva (musée du Louvre). 23. C. ad Nymphas Catabassi.
7« Sur la Via Flaminia : 24. C. de Saint- Valentin et du pape Jules, dont l'entrée est dans une cave, sur
la route de Ponte-Molle. Peintures : un Crucifiement (V. Marucchi, la Cripta sep. di. S. Valentino (Rome, 1878). 25. G. passata Prima Porta.
S^ Sur la Via Salaria Vêtus : 26. C. de la Vigna Galli. 27. C. ad clivum Cucumeris. 28. C. de Saint-Hermès (Basillœ, Protiet Hyacinthi), où le P. Marchi découvrit en 1 845 le tombeau des martyrs Protus et Hyacinthus (V. Marchi, Monum., 237, pi. XLVII, XLVIII ; Perret, III, pi. 32-76. BulL, 1870, 1873, 1875).
9*^ Sur la Via Salaria ISova ; 29. C. de Saint-Pamphile. 30. C. Maximi ad S. Felicitatem, où reposèrent les corps de sainte Félicité et de son plus jeune fils Silanus. Cimetière important, à demi détruit par les constructions de la Rome moderne. De Rossi y a découvert, en 1884, la crypte de Silanus (V. BulL 1863, 1873, 1884, 1885). 31. C.septem virginum in horto Hilariœ. 32. C. Jordanorum, où reposèrent les corps des trois fils de sainte Félicité (V. BulL, 1873). 33. C. de Thrason et Saturninqul renferme de belles peintures, des verres coloriés, etc. (V. BulL, 1865, 1867, 1868). 34. C. Novellœ. 35. C. de Sainte- Priscille, qui renferme d'admirables fresques et les plus importantes inscriptions. Plusieurs papes (Marcellinus et Marcellus, Silvesler, Siricius et Cœ'estinus) y furent enterrés (V. BulL, 1870, 1873, 1880, 1886).
10^ Sur la Via Nomentana: 36. C. Ostrianum(c. majus, ad Nymphas, Pétri, Fontis S. Petrï), on l'on conserve une chaire de saint Pierre (V. BulL, 1864, 1869, 1873, 1880). 37. C. de Sainte- Agnès, qui communique
Escalier secret correspondant avec l'arenarium du cimetière de Saint-Calixte.
avec le précédent (V. Armellini, Il Cimitero di S. Agnese; Rome, 1880). 38. C. de Saint- Nicomède dans la villa Patrizi, tombeau de sainte Felicola, sœur de sainte Pétronille.
Il"" Sur la Via Tiburtina ; 39. C. de Saint- Hippoly te, décrit par Prudence. On y a trouvé, en 1551, la statue de marbre, très mutilée, du saint (musée de Latran). 40. C. de Cyriaque ou de Saint-Laurent, où fut enseveli le diacre Laurent, dans le domaine de la matrone Cyriaca. On y a trouvé de beaux sarcophages (V.5w//., 1863, 1864, 1867,1869,1870,1875).
12" Sur la Via Labicana : 41 . C. Castuli, où fut enterré le martyr Castulus, intendant de Dioclétien. 42. C. des Saints- Pierre-et-Marcellin, ad duos lauros (Gorgonii, Tiburtii, Helcnœ), à trois milles de la porte Labicane. Le tombeau de sainte Hélène, mère de Constantin le Grand, en (ait partie. Nombreuses peintures (agapes) (BulL, 1872, 1873). 43. C. Quattuor coronatorum.
13° Sur la ViaLatina.M. C. Aproniani : 45. C. Gordiani et Epimachi. 46. C. Simplicii et Serviliani. 47. C. Quarti et Quinti. 48. C. TertuUiani, tous les cinq étudiés par Roldetti.
Catacombes juives. On en connaît quatre : celles de la Via Portuensis au pied du Colle Rosato (V. BulL, 1864, 1872); celles de Porto (V. BulL, 1866); celles de la Vigna Cimarra sur la Via Appia (V. BulL, 1867);
(:a.tâcombes
enfin celles de la Vigna RandaninU les plus célèbres, sur la via Appia (V. Bull., 1865, 1867).
Catacombes hérétiques» Elles comprennent : le tombeau de Primigenius et de Primigenia sur la Via Prsenestina ; une sépulture sabellienne à Tor Marancia ; une sépulture gnostique sur la Via Latina ; enfin le cimetière syncrétique de Prétextât, dont les peintures ont soulevé de nombreuses polémiques (V. Garrucci, les Mystères du Syn-crétisme phrygien; Paris, 1854).
Catacombes sub- URBiCAiRES (d'après le travail de H.
Stevenson, dans la Heal Encyklopœdie de Kraus, art.
cité).
1^ Sur la Via Ostlensis , au 7^ mille, hypogée (?) de Saint'Cyriaque avec ruines d'une chapelle ; au 10'' mille, sépulture de Sainte Prisca (de Tatiana et de Martina). Ostie même fut un centre religieux important, et possède de nombreux martyrs ; on y a trouvé des fragments d'inscriptions chrétiennes d'une haute antiquité.
2« Sur la Via Ardeatlna, au 7" mille, C. de Feli-cola, et plusieurs hypogées, particulièrement celui de Saint'Proculus au 19« mille.
3*^ Sur la Via Appia,2S}i 5^ mille,
petite sépulture chrétienne; intéressant cimetière d'J/bano, avec peintures des v^ et ix'' siècles (V. Franconi, la Catacomba e la bas. costantiniana in Albano ; Rome, 1877). Nombreux restes chrétiens aux environs de Marino, Grotta Ferrata, Tusculum.
4*^ Sur la Via Latina, sépultures aux 4^ et 5*^ milles ; au 30% C. Hilarii.
5^ Sur la Via Labicana, au lO"" mille, C. S. Zotici (V. Stevenson, // Cim. di Zotico; Modène, 1876); au 14% C. 5. Hyacinthi.
6"* Sur la Via Prœnestina, au 12^ mille, G. S. Primitivi ; au 25^ mille, G. S. Agapiti.
7*^ Sur la Via Tiburtina, au 9*^ mille, sépulture des sept fils de Symphorose (V. Stevenson, Scoperta délia bas. di S. Sinforosa; Rome, 1878).
8^* Sur la Via Nomentana, au 7^^ mille, l'intéressant C. de Saint-' Alexandre, tombeau du pape Alexandre P**, avec une basilique (V. Bull., 1879) ; au 15^^ mille, C. de Primus et Felicianus.
9^ Sur la Via Salaria, au 24^ mille, C. de saint
Iniérieur de catacomb
Antimus ;ain SO'^jC. des martyrs Tièwr/zw^, Hyacinthus et Alexander ; sur la route d'Interamna, à 30 railles de Rome, C. de saint Getulius.
10^ Sur la Via Flaminia, C. au 13^^ et au W mille (territoire de Capena); au ^S'^ mille (t. de Rignano), C.
des martyrs Abun^ diîis , Abundan" tius, Marcianus et Johannes.
W Sur la Via Claudia , au 1 8^mille, C. de Marcianus, Macarius et Stratoclius; sur la Via Cassia, au 20« mille, G. de Févêque Alexandre; sur la Via Triumphalis , au 6*' mille, G. des martyrs Euseblus, Vincentius, Pèregrinus et Pontianus (?).
12° Sur la Via Aurélia, au 12*^ mille, G. de Basi- /zdés;aul0^mille, C. des martyres jRmfina et Secunda.
i3^ Sur la Via Portuensis, au 6"" mille, basilique damasienne et G. des saints Simplicius, Faustinus [et Beatrix (V. de Rossi, R. S., m, 647 et suiv.) Près de Porto, G.desainteB^'nosa.
Porto et \ile de Porto sont très riches en inscriptions chrétiennes , sarcophages . etc.
{Bull., 1866).
Gatacombes d'Italie ET DE Sicile. — On connaît des catacombes chrétiennes à Otricoli, Terra di Soriano ( Orta ) , Tarquinia, Vulci, Cere, Bolsène, Terni, Spolète, Subiaco, Vindena. (Sur les catacombes d'Ombrie et de
crypte de Saint-Corneille au cimetière de Saint-Calixte.
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Pierre tombale du iii« siècle (cimetière de Saint-Calixte
Toscane, V. Bull., 1871, pp. 83-116.) A Chiusi, intéressantes catacombes des saintes Mustiola et Catherine
CATACOMBES
(V. Liverani, le Cat, e antichita di Chhisi ; Sienne, 1872). A LucqueSy la Cella de' Sanii; des sépultures à Brescia, Padoue, Milan^ la grotte de saint Biagio à Castellamare; le C. de Prata^ près à'Avellino; le G. martyrum amiternensium à Aquila; les C. de Pouzzoles, du cap Misène, de Noie, se rattachant à l'église napolitaine;