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CATALANS — CATALEPSIE

xi\® siècle, des aventuriers, originaires pour la plupart de la Catalogne oudeTAragon, qui, formés en bandes, prirent part à toutes les i-uerres de l'époque, en Italie, en Sicile et dans Tempire byzantin. Plusieurs de ces compagnies de Catalans, commandées par Roger de Flor, furent appelées en Orient par Tempereur Andronic Paléologue pour défendre Constantinople menacée par les Turcs. Leur chef épousa la nièce de l'empereur et fut créé grand duc ; mais employé contre les Turcs et contre les Bulgares il se fit détester à ce point que l'empereur jugea bon de s'en débarrasser en le faisant assassiner. Privées de leur chef les bandes catalanes se fortifièrent dans Gallipoli, s'allièrent aux Turcs contre les Grecs, se répandirent en Macédoine, en Thessalie, en Béotie et en Attique, signalant leur passage par toutes sortes d'exactions et de cruautés, ravageant et dévastant les pays qu'elles occupaient.

CATALÂO. Ville du Brésil, prov. de Goyaz, sur un petit affluent du Paranahyba ; 9,000 hab. (1883).

CATALAUNL Peuple gaulois de la Belgique, qui, à l'époque de César, paraît avoir été dans la chentèle des Hemi. Il est probable que ce peuple a emprunté son nom à la station de Durocatalauni de l'Itinéraire d'Antonin, au IV® siècle la résidence d'un évêque et aujourd'hui Châîons-sur-Marne. Le nom de Catalauni paraît pour la première fois dans la Notice des Provinces, où une civitas Catellaundrum, issue, comme l'a démontré M. d'Arbois de Jubainville, de la civitas Tricassium (Troyes), figure parmi les cités de la seconde Belgique. Sur là carte de la Gaule de M. Longnon, les Catalauni ont au N. les Rémi, à l'E. les Mediomatrici et les Lenci, au S. les Tricasses et à l'O. les Suesslones. L. W.

BiBL. : Ern. Desjardins, Géographie de la Gâule romaine^ II, 455-456. — Revue numismatique, 1863, 2' série, Vin, p. 74.— H. d'ARBOis DE Jubainville, Des Oi-igines de la ChampagnCydans Revue archéologique, \S^] ,1^ série, III, pp. 216-220.

CATALAUNIQUES (Champs) ou MAURICIENS. Plaine de la Champagne, célèbre par la sanglante victoire que les populations confédérées de la Gaule, commandées par le général romain Aétius (V. ce nom) et Théodoric, roi des Visigoths, y ont remportée, en 451, sur Attila, roi des Huns. Malgré Idace qui prétend que les champs catalauniques s'étendent « non loin du territoire de Metz » et malgré Jornandès qui leur donne une dimension exagérée de 100 lieues gauloises de long sur 70 de large, on admet généralement que c'est dans la plaine des enviîons de Châlons-sur-Marne que fut livrée cette fameuse bataille qui délivra la Gaule de l'invasion des Huns. L. W.

BiBL.: Idace, C/iron.Oiymp., 305. — Ammi en Marcellin, XV, 27; XXVII, 2. -Eutrope, IX, 9- —Eumène, Paneg. Consi., 4. — Jornandès, De Regno7mm et temporumsuccessionSf 51.

CATALDI (Pietro-Antonio), mathématicien italien, né à Bologne en 1548, mort en 1626, professeur à l'Université de Bologne où il avait enseigné pendant quarantetrois ans, après avoir d'abord professé à Florence et à Parme. 11 fonda à Bologne une académie de mathématiciens, la plus ancienne connue, qui fut supprimée par ordre du Sénat. Libri ( Histoire des sciences mathématiques en Italie) a le premier appelé l'attention sur les écrits de Cataldi, qui sont au nombre d'une trentaine, et qu'il faisait distribuer gratis dans les villes d'Italie, pour répandre le goût des mathématiques. Ces écrits, qui sont devenus fort rares, contiennent souvent des idées neuves pour l'époque et leur auteur a incontestablement joué le rôle de précurseur pour la théorie des nombres (Trattati di mimeri perfetti, Del Modo brevissimo di trovare la radicequadratadellinumeri) (1613) et sur certains points de l'algèbre : La Nuova Algebra propoùonale (1619) ; V Algebra discorsiva numérale et lineare (1618) ; r Algebra applicata (1622). T.

CATALECTA. Titre donné à un recueil de petites pièces aussement attribué à Virgile (V. Virgile).

CATALECTICANT (Math.). On appelle Catalecticant d'une forme binaire du degré ^n l'invariant qui égalé à

zéro exprime que cette forme est la somme de n puissances de degré 2w.

CATALECTIQUES (Métrique). Les métriciens anciens

appelaient vers catalectiques, de y.aiaXTÎyw, cesser, finir,

les vers qui s'arrêtaient sur un pied incomplet, comme

l'ïambique suivant, auquel il manque la dernière syllabe :

)(^a''poiaa vu{i.(pa, yaipé^by o'o y«[j.6pdç.

Les vers dont le dernier pied était complet s'appelaient acatalectiques. Ceux auxquels il manquait un pied entier (trochée ou ïambe), s'appelaient brachycatalectiques. Parmi les catalectiques on distinguait les catalectiques Tuapà [x:ay c7'jXXa67]y ou in duas syllabas, ceux à qui il manquait une syllabe, c.-àd. se terminaient par un pied de deux syllabes au lieu de trois comme les hexamètres dactyliques, et les catalectiques Traoà 8uô cuXXa6àç ou in unam syllabam, comme les pentamètres, où il ne reste que la première syllabe du dernier dactyle. A. Waltz.

CATALEPSIE. C'est une affection ou plutôt un état nerveux encore très peu connu, regardé par quelques auteurs comme une maladie spéciale, mais que la plupart s'accordent à considérer comme un élément symptomatique commun à plusieurs maladies nerveuses et à l'aliénation mentale. Elle est caractérisée par la suspension des manifestations intellectuelles et volontaires et surtout par l'exagération de la propriété qu'ont les muscles de la vie de relation de prendre et de conserver les diverses positions qu'on leur communique. Cette propriété est tellement développée qu'on voit de^ cataleptiques garder pendant des heures entières les attitudes les plus incommodes, semblables à des statues, sans paraître éprouver la moindre fatigue. Cet état s'accompagne de divers symptômes qui apparaissent succcessivement et l'ensemble prend le nom d'accès cataleptique ; en général, les accès sont séparés par des intervalles plus ou moins prolongés. Presque toujours leur début est brusque et souvent il coïncide avec une émotion vive ; rarement il est précédé de prodromes, sauf chez les hystériques, oti il est annoncé par des vertiges, de la céphalalgie, des bâillements, une sensation de constriction à la gorge, ou par tout autre phénomène du même genre. Parfois, l'accès débute si brusquement que le malade interrompt sa phrase au milieu d'un mot ou s'arrête court dans un mouvement commencé. Fehr rapporte le cas d'un magistrat qui, injurié au milieu de son réquisitoire, demeura muet, la bouche ouverte, les yeux menaçants et le poing tendu vers son insulteur. Un homme, observé par Franck, fut pris en montant une échelle, un autre en jouant aux cartes. Boerhnave a vu un malade pris en saluant son médecin qui s'en allait. Une dame pieuse tombait toujours en catalepsie à l'élévation, une autre entrait en catalepsie extatique chaque fois qu'elle entendait un psaume retraçant l'amour du Christ. Pendant l'accès, le corps est immobile et raide comme une statue et conserve la position dans laquelle il a été surpris, les yeux sont largement ouverts, le rt^gard est fixe et la physionomie exprime le sentiment qui animait le malade quand il a été surpris par la crise, douleur, colère ou frayeur. La motilité volontaire est suspendue, mais si l'on veut faire mouvoir les membres, on n'éprouve presque pas de résistance, car ils se laissent étendre et fléchir docilement « comme une cire molle », prenant et gardant toutes les attitudes qu'on leur donne. On peut ainsi mettre le sujet dans les positions les plus fatigantes sans qu'il présente ni mouvement ni relâchement musculaire. Tous les modes de la sensibilité sont complètement abolis, et l'intelligence, la conscience et la mémoire ont disparu ; le cataleptique ne parle plus et reste dans un état de mort apparente, insensible à toutes les excitations du dehors. Pendant l'accès, la respiration est régulière, quoique un peu lente, le cœur bat et, selon toute probabilité, les diverses fonctions de la vie végétative continuent à s'accomplir

L*accès a une durée qui peut varier de quelques minutes à plusieurs heures ; tantôt il finit brusquement et l'on voit alors le malade achever la phrase ou le geste interrompu par Tattaque sans avoir aucune conscience de ce qui s'est passé, tantôt l'exercice des facultés revient graduellement, comme à la fin d'un long sommeil terminé par un rêve. Il peut arriver que l'accès soit incomplet et ne présente que quelques-uns des caractères indiqués; c'est ainsi que certains sens peuvent être conservés et que rintelligence elle-même peut subsister, mais la roideur musculaire caractéristique ne manque jamais, bien qu'elle puisse cependant ne frapper qu'une moitié du corps ou seulement quelques muscles. C'est, à proprement parler, le petit mal cataleptique. On tient actuellement la catalepsie pour une névrose, c.-à-d. qu'on pense qu'elle se produit sans qu'il existe pour cela de lésions anatomiques des centres nerveux. On en a, il est vrai, constaté dans quelques autopsies : troubles circulatoires et œdème du cerveau dans un cas, ramollissement des corps optostriés et tumeur cérébrale dans d'autres ; mais ces faits sont exceptionnels et la cause véritable de la catalepsie reste encore inconnue.

La catalepsie peut devenir contagieuse par imitation quand elle éclate dans une réunion de sujets impressionnables : elle s'est montrée dans la plupart des grandes épidémies convulsives ou hystériques et elle était considérée comme une variété spéciale de possession. C'est de la catalepsie hystérique et contagieuse que présentèrent, en 1610, les Filles de Sainte-Ursule d'Aix : « Or, il arriva sur le soir, quand on avait coutume de faire venir Magdeleine pour l'exorciser, qu'on la trouva toute raide comme une statue de marbre et toute endormie, et il fallut la porter à quatre dans l'église où elle resta fort longtemps sur le marche-pied du maître-autel. » C'est encore elle que l'on retrouve parmi les troubles nerveux qui eurent pour théâtre, de 1632 à 1639, le couvent des Ursulines de Loudun et que décrivit La Ménarday : « Une d'elles demeura quelque espace de temps appuyée seulement sur le talon droit, le corps violemment replié en arrière, la tête contre les talons, à deux doigts proche de terre, les bras étendus, le pied gauche en l'air... » La catalepsie se montra encore chez les convulsionnaires du cimetière de Sainl-Médard et dans une foule d'autres épidémies de nervosisme, dont quelques-unes ont pu être étudiées tout récemment encore. La catalepsie a donc des relations très étroites avec l'hystérie, et chez les sujets hystériques on peut la provoquer avec la plus grande facilité, par la simple occlusion des yeux, par exemple, ou bien encore en leur faisant fixer avec attention un objet brillant. On arrive au même résultat en les surprenant par un bruit inattendu, tel qu'un coup donné sur un gong ou simplement en faisant vibrer un diapason. Quand un sujet hypnotisé (V. Hypnotisme) présente l'état léthargique, on le fait très facilement passer en catalepsie en lui ouvrant brusquement les yeux devant une lumière. 11 reste alors comme pétrifié, les yeux ouverts, susceptible de prendre les attitudes les plus diverses au gré de l'expérimentateur ; en plaçant ses membres dans une position qui répond à une attitude passionnelle, on suscite chez lui une expression de la physionomie qui correspond au sentiment exprimé par cette attitude. 11 suffît d'abaisser ses paupières pour le faire rentrer en léthargie, état comparable au sommeil naturel ; en lui ouvrant un œil et en laissant l'autre fermé, on peut même développer une héraicatalepsie et une hémiléthargie, qui occupent chacune une moitié du corps.

La catalepsie est une complication fréquente des maladies mentales ; elle se montre de préférence au cours des psychoses dépressives, telles que la lypémanie, le délire des persécutions et la stupeur. Cette dernière revêt même les caractères d'un état semi-cataleptique et toutes les transitions peuvent être observées entre elle et la catalepsie. 11 est du reste à remarquer que la catalepsie qui

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