CATEL — CATELET
Catel a peu écrit pour le théâtre; son premier opéra, Sémiramis (1802), tomba sous les coups d'une mémorable cabale ourdie par les ennemis du Conservatoire. Il a donné depuis : V Auberge de Bagnères; les Artistes par occasion^ op. com. (1807); Alexandre chez Apelles, ballet (1808); les Bayadères, op. (1810); les Aubergistes de qualité, op. com. (1812) ; le Premier en date, op. com. (1814) ; le siège de Mé%ières, pièce de circonstance en collaboration avec Nicole, Boïeldieu et Chérubini ; Wallace ou le ménestrel écossais, drame en trois actes (1817); Zirphile et Fteur de myrte, op. en deux actes (1818); TÔ^dé^r enlevé (\S\9), Catel a écrit de grandes compositions, à l'occasion des fêtes nationales, pour orchestre composé exclusivement d'instruments à vent et chœurs, entre autres une Symphonie militaire, marche et hymne a la victoire sur la bataille de Fleurus, paroles de Lebrun (9 juin 1794), et un Hymne a Végalité, paroles de Chénier. On lui doit en outre l'instrumentation du Chant du départ, de Méhul, des marches et pas redoublés, des ouvertures et symphonies pour musique militaire, un De Profundis composé en 1792, des quintettes pour instruments à cordes, des quatuors pour instruments à vent et quelques sonates ; rappelons enfin son active collaboration au recueil des chansons et romances civiques (Paris, 1796), et aux solfèges du Conservatoire. C'est surtout comme théoricien que Catel mérite de fixer l'attention et qu'il tient une place importante dans l'histoire de la musique au commencement du siècle. Ce fut lui qui, le premier, après Hameau, codifia les règles de l'harmonie. Raymond Bonheur.
CATEL (Ludwig-Friedrich), architecte et professeur d'architecture allemande, né à Berlin en 1776 et mort dans cette ville en 1819. Frère aîné de Frantz Catel, peintre célèbre, Ludwig Catel accompagna ce dernier dans les voyages qu'il fit à Paris et en Italie et, de retour en Allemagne, construisit dans les duchés de Saxe- Weimar et de Brunswick plusieurs châteaux empreints d'une certaine originalité. On doit, en outre, à Ludwig Catel quelques mémoires intéressants sur des sujets très divisés tels que Y Architecture militaire et la Poliorcétique des Anciens, la Construction des églises protestantes, V Emploi de la vapeur comme mode de chauffage, etc. Charles Lucas.
BiBL. : Nagler, Neues Allgemeines Kûnstler-Lexicon ; Munich, 1885, t. II, in-8, 2° éd.
CATEL (Franz), peintre allemand, néle 22 fév. 1778 à Berlin, mort le 19 déc. 1856 à Rome. 11 s'adonna d'abord à la sculpture, puis à la gravure sur bois, et grava dix compositions pour Hermann et Dorothée (1799). Ses dessins et ses aquarelles obtinrent dès lors assez de succès pour lui ouvrir les portes de l'Académie de Berlin (1806). L'année suivante il partit pour Paris, où il se mit à faire de la peinture à l'huile. En 1 812, on le trouve à Rome, dans le cénacle de Kreize, Overbeck et Cornélius, Il a surtout peint des paysages avec architectures dans le style classique. Après. un voyage en Sicile (1818), et un séjour en Allemagne, il revint en Italie où il s'établit définitivement dès 1830. En 1841, il fit un nouveau voyage à Berlin et reçut le titre de professeur à l'Académie royale. On cite parmi ses plus importants tableaux : Eruption de VEtna, le Couvent des Camaldules à Salerne, la Via Appia, V Intérieur du Panthéon, le Monte Pincio, les Ruines de Pestum, le Golfe de Naples et ligne romaine au milieu de ruines (n°^ 54 et 55 de la galerie nationale à Berlin) ; Vue de Palerme, Panorama d'Aricia, Jardin des Capucins à Syracuse, Coucher de soleil près de Naples, Orage près d'Amalfi, la Grotte Aréthuse à Tivoli, Cabaret espagnol à Rome (où figurent le roi Louis I®^ de Bavière et plusieurs artistes, Schnorr, Veit, Klenze), daté 29 févr. 1824; Castel Gandolfo (n^^ 96, 178, 205, 243, 245, 328, 387, 402 de la Pinacothèque nouvelle à Munich), etc., etc. Catel a aussi peint quelques tableaux de genre. A. M.
CATELANI (Fra Bernardo) d'Urbino, peintre et religieux franciscain, travaillait vers 1530. 11 entra dans les ordres après avoir terminé ses études de peintre et chercha par un examen approfondi des œuvres de Raphaël à s'en assimiler la manière. On voit un tableau de lui dans l'église des capucins de Cagli.
CATELANI (Angelo), compositeur et musicographe italien, né à Guastalla le 30 mars 1811, mort à Modène le 5 sept. 1866. Après avoir fait ses premières études musicales à Modène, il entra au Conservatoire de Naples sous la direction de Zingarelli. Il travailla également avec Donizetti. En 1834, il fut nommé chef d'orchestre du théâtre de Messine et il ne revint dans sa province natale qu]en 1837, d'abord à Reggio, puis à Modène, qu'il ne quitta plus. En Sicile, il écrivit un premier opéra. Il Diavolo immaginario, qui ne fut jamais représenté. Son second opéra, Béatrice di Tolosa, qui lui fut commandé par le duc de Modène, eut le même sort. Sa dernière œuvre de théâtre, Carattaco, fut représentée à Modène en 1841. Dès lors Catelani abandonna la composition et se consacra d'abord au professorat, puis à la critique musicale. 11 fut longtemps collaborateur à la Gazette musicale de Milan, et il y publia des articles importants qui lui firent une juste réputation. Parmi les travaux de Catelani, on remarque une étude sur Stradella. Ses œuvres musicales sont peu nombreuses; on y distingue entre toutes une messe des morts. A. E.
BiBL. : F.-J. FÉTis, Biographie universelle des musiciens; Paris, 1875, t. II, in-8, 2^ éd. — A. Pougin, Supplément, t. 1.
CATELET (Le) appelé aussi le CASTE LET-lês-Gouy (Castelletum). Ch.-l. de cant. dudép. de l'Aisne, arr. de Saint-Quentin ; 505 hab. Ce village, situé dans une plaine bien cultivée sur l'Escaut, à 1 kil. de la source de ce fleuve, est aujourd'hui peu considérable. 11 est surtout connu par les nombreux sièges qu'il eut à subir au cours des guerres du xvi® et du xvii^ siècle. Jusqu'à l'année 1520, il ne paraît avoir acquis aucune importance. On en trouve seulement quelques mentions éparses dans des actes des xiii^ et xiv^ siècles, voire même du xi®. En 1520, le roi François 1®^, préoccupé d'assurer de ce côté la défense des frontières du royaume^ fit construire un fort en cet endroit. Dès lors, le Catelet devint l'objet d'attaques continuelles et joua dans les guerres (jui suivirent un rôle des plus importants. Prise une première fois, en 1557, après huit jours de siège, par les Espagnols en même temps que Ham et Saint-Quentin, la place fut rendue à la France, en 1559, par le traité de Cateau-Cambrésis. Plus tard, en 1585, Balagny tenta à deux reprises de l'occuper. N'ayant pu y réussir, il l'incendia. En 1595, nouvelle attaque de la part des Espagnols qui s'en emparèrent après cinq semaines de siège et la gardèrent jusqu'au traité de Vervins. Au cours du xvii® siècle, cette place subit encore de nombreuses vicissitudes. Prise de nouveau par les Espagnols en 1636, elle leur fut enlevée l'année suivante par Gassion. Ils réussirent à la reprendre en 1650, pour la perdre derechef cinq ans après (1655). Lors de cette reprise, la garnison fut passée au fil de l'épée. Les Espagnols s'y établirent peu après une dernière fois. Le traité des Pyrénées la rendit définitivement à la France. En 1674, les fortifications furent démolies comme inutiles. Le Catelet faisait partie de l'intendance d'Amiens, du bailliage de Saint-Quentin et se trouvait jadis compris dans le diocèse de Cambrai. Au xvi® siècle, la seigneurie était en la possession des religieux du Val-Notre-Dame, qui la vendirent à Jean d'Estrées, seigneur de Valieu. En 1576, les habitants obtinrent du roi plusieurs privilèges importants, entre autres l'exemption d'aides et de tailles.
A. Lefranc.
BiBL. : Bulletin de la Société académique de Saint- Quejitin, t. IV, 3« série : Mémoire de M. Ognier sur le Siège et la prise du Catelet en 1551. — Bulletin de la Société académique de Laon, t. IV, 3® série ; Notice sur le Catelet et ses sièges. — Même recueil, t. XXI. — Çh, GoMART^ le Siège du Catelet en 1595 (passim).
CATELEY — CATENA
CATELEY ou CATELY (Anne), cantatrice anglaise, née à Londres en 1737, morte à Londres le 15 oct. 1789. A une voix charmante et d'un timbre plein de suavité, elle joignait un véritable talent de chanteuse, un goût exquis et, à la scène, des qualités remarquables de déclamation. De 1767 à 1781 elle appartint au personnel de rOpéra de Londres, où son traitement était de 300 livres sterling et où elle obtint des succès considérables. Elle épousa le général Lasalle.
CATElfER (Le). Com. du dép. de la Seine-ïnlérieure, arr. de Dieppe, cant. de Longueville ; 289 hab.
CATELLAN-Câumont (Jean-Antoine, marquis de), né à Toulouse en 1759, mort le 14 avr. 1834. Avocat général au parlement de Toulouse en 1789, il défendit vigoureusement les privilèges des Parlements. Sous la Restauration, il refusa la première présidence de la cour de Toulouse. Député de la Haute-Garonne en 1815 et 1816, il fut créé pair de France par ordonnance royale du 9 mars i819. C'est lui qui fut rapporteur de la loi relative à la poursuite et au jugement des crimes commis par la voie de la presse ou par toute autre publication (1822). 11 la fit adopter tout en faisant des réserves pour l'avenir.
A la famille des Catellan appartiennent encore :
Jean de Catellan, seigneur de la Masquère, conseillerclerc au parlement de Toulouse, né vers 1618, mort en 1700. 11 a écrit : Arrêts remarquables du parlement de Toulouse qui contiennent beaucoup de décisions nouvelles sur toutes sortes de matières (Toulouse, 1703, puis 1705 et 1730, 2 vol. in-4).
Jean de Catellan, né à Toulouse, mort le 15févr. 1725, évoque de Valence (1705). 11 a écrit : Antiquités de V église de Valence (Valence, 1724, in-4).
Clair e-Priscille Catellan de la Masquère, née à Narbonne en 1662, morte à la Masquère en 1745, maîtresse de l'Académie des Jeux floraux. Elle a publié beaucoup de poésies, entre autres un Eloge de Clémence îsaure, fondatrice des Jeux floraux de Toulouse^ inséré dans le Mercure d'août 1723.
GATE L LA NO (Francesco), poète italien, né à Livourne vers 1700, mort vers 1760. 11 écrivit les volumes suivants : Raccolta degV Inni del Corpus Domini colla loro traduzione in rime toscane (Pise, 1849, in-8) ; Anacreonte, poeta greco, tradotto in rime toscane; Di Erone e di Leandro poema greco di Museo^ tradotto in verso, ces deux traductions dans le même volunie (Venise, 1753, in-8). Catellano publia ses ouvrages sous le nom de Cidalino Prio, son pseudonyme académique.
BiBL. : G.-M. Paitoni, Biblioteca degli aatori antichi greci e latini volgarizzati; Venise, 1766-1767, 5 vol. in-4.
CATENA (Vincenzo di Biâgio, nommé communément), peintre vénitien, mort à Venise en 1531. Ce fut un homme de remarquable industrie, qui, d'une condition très humble, s'éleva à la célébrité. En fréquentant dans l'école des Bellini les maîtres les plus célèbres, il s'appropria peu à peu leur style et réussit plutôt par son talent d'imitation que par une originalité signalée. Né à Trévise, où il dut apprendre les rudiments de l'art, il vint à Venise fort jeune. On l'y connaît, en 1495, sous le nom de Vincenzo de Trévise ; il est employé à la salle du conseil et gagne trois ducats par mois. Mais déjà il commence à tirer parti, pour vivre, de ses peintures religieuses, qui sont d'ailleurs de faible promesse : il aime les figures rondes, exsangues, une manière décolorée qui sera imitée plus tard par Previtali. Ses premières études sérieuses sont marquées par trois tableaux votifs, dont le premier imite Giovanni Bellini, et lui fut longtemps attribué : une Présentation au Temple, conservée au musée de Padoue ; une Vierge entourée de saints f à Liverpool ; une Trinité, à San- Simeone de Venise. Ici déjà s'affirme son amour minutieux de la nature dans le portrait, par exemple dans la figure du donateur qui s'agenouille aux pieds de la Vierge {Madone de Liverpool), et on le voit en même temps
fidèle observateur des vieilles traditions dans cette Trinité où Dieu le Père, assis sur les nues, tient de ses mains le crucifix au-dessus duquel plane la colombe de l'Esprit- Saint. Catena continue ainsi plusieurs années, imitant Bellini avec un talent moindre, mais avec autant de succès que Basaili. Au début du xvi^ siècle, il était praticien assez renommé pour que le doge Leonardo Loredano le chargeât de peindre le Tableau d'autel de la chapelle Pregadi au palais ducal. C'est une œuvre assez ambitieuse, mais de petite originalité : le doge s'agenouille aux pieds de la Vierge, sous la protection de saint Mare et de saint Jean-Baptiste, tout comme Agostino Barbarigo dans l'important retable de Giovanni Bellini provenant de Santa-Maria degli Angeli de Murano. La Vierge et l'Enfant sont du pur Bellini ; les draperies manquent d'ampleur et de grâce. Un tableau bien supérieur, témoignant d'une imagination naïvement pieuse et d'une grande habileté d'exécution, est celui qu'il donna, en 1520, à l'église Santa-Maria-Mater-Doraini, de Venise; il représente la Glorification de sainte Christine, La jeune sainte, aux formes délicates, est agenouillée sur les bords du lac de Bolsène, tandis que des anges gracieux soulèvent la meule suspendue à son cou ; d'en haut, le Sauveur la bénit. On peut bien relever encore l'imitation de Bissolo dans le type du Christ, celle de Bellini dans les anges, mais l'œuvre est bonne et agréable. A cette période de la vie du peintre, où abondent les réminiscences des maîtres contemporains, il faut rapporter des œuvres moins importantes, telles que la Vierge entre saint Joseph et saint Georges^ au monastère de Mont alto, près de Messine ; la Madone entourée de saints, de la galerie de Berlin, et la Vierge entre saint Pierre et saint Jean- Baptiste, à l'Ermitage de Pétersbourg. Le vrai titre de Catena^ à la renommée lui vient de ses portraits. Il y a de lui, au Belvédère de Vienne, un intéressant buste d'homme, en toque noire, vêtu de bleu et de rouge, les mains sur un livre; au musée de Berlin, le portrait d'un membre de la famille Fugger, une de ses productions les plus achevées, qui le rapproche, plus que toute autre de ses peintures, de l'école bergamasque ; Catena, s'il eût persévéré dans cette voie, jouirait aujourd'hui de la réputation d'un Moroni ou d'un Holbein.
La dernière phase de la vie du peintre est marquée par une imitation très heureuse des plus belles œuvres de Giorgione. Sa création la plus importante est un tableau de la National Gallery, une Madone devant qui se prosterne un chevalier ; le souvenir de Giorgione paraît nettement dans la figure du page qui tient le heaume et dans la haie d'arbres à la verdure claire et froide qui font un cadre au saint Joseph pensif. La National Gallery possède encore un Saint Jérôme dans sa cellule, faussement attribué à Giovanni Bellini. Le saint, en vêtement de cardinal, son lion accroupi à ses pieds, lit dans une chambre ouverte, dont la fenêtre laisse voir un coin de ciel bleu, des collines, une église blanche. L'œuvre est charmante ; c'est un joyeux mélange de chairs roses, de vêtements pourpres et bleus, sur lesquels tranche la fourrure aux tons roux et chauds. H faut mentionner encore une belle Sainte famille, au musée de Dresde ; elle vient du palais Pesaro de Venise et porte la fausse signature d'André del Sarto ; une Circoncision, dans la collection Leuchtenberg, à Pétersbourg ; une Madone, à la galerie Hoser de Prague ; un Saint François glorieux, à SS. Giovanni e Paolo, de Venise ; enfin, à l'Académie de Venise, une Flagellation, œuvre de complète décadence, qui annonce la fin prochaine du peintre. Une lettre du 10 sept. 1531 nous le montre malade et alité dans sa maison de San Bartolommeo di Rialto ; on peut présumer qu'il ne survécut guère. A. Pératé.
BiBL. : Rio, De l'Art chrétien, 1874, IV, 105 et suiv. -- Crowe et Cavalgalsele, Hist. of painting in North Itahj, r, 247.
CATENA (Piétro), mathématicien italien, né à Venise,